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 INTRIGUE : Nouvel An 1667

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime30.09.12 16:22

Hector de Valois taquiné par une précieuse, on pourrait croire que c’était frais et nouveau. Mais pas tant que ça, le Dieu Janus a bien deux facettes et le duc n’en a pas moins trois ou quatre. Celui qui est accompagné d’assassins à la dague sous cape, peut se montrer tout à fait délicieux. La démonstration était en cours. Un comédien ayant raté sa vocation rentrait sur la scène de la vie et la comtesse des Barres représentait l’atout 21 dans un jeu de tarots. Il voulait atteindre quelqu’un à travers la dame à l’éventail et c’était un prêtre : Thimoléon de Choisy. Olympe connaissait l’almanach de tout le gotha français sur le bout des doigts. Ces doigts remplis de bagues, il les embrassait généreusement d’un baise main, avec le désir de glaner toute information sur l’homme d’église. L’éloignement de l’abbaye de Longchamp ne devait pas poser de problèmes à cette curieuse, le Choisy était l’ami d’enfance du Bourbon cadet. Elle le connaissait, Valois en aurait donné sa main à couper.

« Allons, allons, mon ami ! Pas de panique : je vous taquine ! »
- Si une chose devait paniquer en moi madame, ça serait mon cœur. Vous le faites furieusement s’emballer. Si j’osais je vous ferais palper les conséquences de votre torture.

Beau parleur et pour ne rien gâcher étrangement beau ce soir. Hector jetait un coup d’œil rapide à son reflet dans l’un des miroirs. Son habit bleu nuit rehaussait sa physionomie. Il brillait de mille feux, les bordures cousues d’or de son pourpoint étincelaient grâce aux lustres de la galerie. Olympe ne pourrait pas résister longtemps, si tenté qu’elle résiste déjà.

- Peut-être aurais-je même l’audace de m’enquérir moi-même, de l'état du vôtre. Saigne t-il dès que je m’éloigne de vous ma chère ?

Le revers de sa main caressa avec lenteur ce qu’il prenait pour le dessus de sa poitrine et s’arrêta à l’emplacement du cœur. Son point fort était qu’il n’était pas réputé pour ses frasques, ses compliments n’avaient pas le ton de la duperie. Il restait veuf et inconsolable, après l’épisode Noailles, ça valait mieux pour tout le monde et surtout pour lui.

- Si je n’étais pas pourchassé par le souvenir de ma regrettée femme. Je vous dirai que …

Il soupira à faire pitié et sa tête s’affaissa sous le poids d’un chagrin insurmontable. Etre malheureux la ferait s’inquiéter, elle essaierait une approche qui sait. Les gens qui ont du cœur ont parfois de drôles de réactions, mais il comptait bien sur celle-là. Ce n’était pas tout puisque Valois pariait aussi que ses confidences en suspend allaient faire s’allumer la flamme de la curiosité chez la comtesse. Si ça l’intéressait de savoir ce qu’il avait à dire, elle questionnerait. Il retira en tout cas sa main du décolleté comme si ça le brûlait. Ses yeux humectés pourtant sans l’aide de gouttes de citron, laissaient apercevoir l’affreuse étendue de son malheur.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime30.09.12 19:36

- Si le froid et la neige m'incommodent, madame ? S'exclama Éléonore, d'excellente humeur, oh, je puis vous assurer qu'il n'en est rien. Après tout, j'ai grandi dans des contrées où l'hiver était bien plus rude que celui que nous connaissons à Versailles qui n'est rien d'autre qu'une plaisanterie à côté ! Je ne cesserai jamais de m'étonner du manque de résistance du gibier versaillais, incapable de supporter quelques températures un peu fraîches quand des caribous parviennent à survivre dans des conditions plus difficiles.

Éléonore Sobieska était bien loin de se douter de la méfiance qu'éprouvait Helle de Sola à son égard, elle pensait avoir assez endormi sa méfiance pour que la jeune femme blonde la tienne au courant de l'avancée de ses recherches sur son époux, qu'elle soit une alliée de circonstance. Elles partageaient la haine des Danois et tout ce qui y ressemblait de près ou de loin et cela n'était pas joué pour la rousse. Mais Éléonore voyait en Helle cette épistolière douce et inoffensive que Marysienka lui avait décrite dans ses lettres, pas une intrigante capable de la rouler ! Elles étaient pourtant faites du même acier toutes les deux, elles avaient appris à ne faire confiance à personne, surtout pas à quelqu'un qui paraît toujours joyeux et aimable sans raison valable et elles avaient faim de revanche sur la vie. La Polonaise aurait dû reconnaître un alter-ego chez Helle. Au lieu de cela, elle se faisait duper en beauté... Et ne soupçonna pas le moindre instant que l'homme qu'Helle lui présentait comme un ami, un certain comte de Vejle, n'était autre que la personne qu'elle traquait et que Frédéric l'avait chargée de tuer. Aussi, elle se tourna vers l'homme blond de haute stature et le salua courtoisement, un large sourire aux lèvres.

- C’est un amateur de chasse, comme vous. Vous devriez pouvoir échanger bien des anecdotes à ce sujet, n’est-ce pas Viktor ?

Les yeux d’Éléonore se mirent à pétiller et elle se dit qu'en effet, avec une telle stature, l'homme en face d'elle devait être un formidable chasseur. Il suffisait de voir ses larges paumes et ses épaules carrées – qui formaient d'ailleurs un contraste amusant avec la petitesse de Helle à ses côtés – pour s'en convaincre. Elle n'aurait pas aimé l'avoir en ennemi. La réponse qu'il lui fournit ne l'étonna pas autre mesure (elle le voyait mal chasser le lapin) mais la question sur ses proies favorites lui laissa un sourire ironique sur les lèvres.

- Vous avez raison, monsieur, le gros gibier est bien plus intéressant. J'avoue que ce que je préfère dans la chasse, c'est la traque, tout le plaisir en est ôté sinon. Qui peut donc se complaire dans de simples mises à mort ? J'ai entendu dire que votre roi – vous êtes Danois, n'est-ce pas ? - laissait ses serviteurs rabattre le gibier pour lui et se contentait de donner le coup fatal... J'ignore si cela est vrai mais cela est fort ridicule et lâche. Et il ose en récupérer les honneurs... !

Éléonore n'avait pas la moindre idée des pratiques de chasse de Frédéric III mais ne perdait jamais une occasion de cracher son nom avec mépris, surtout devant Helle qui ne l'aimait guère non plus. Et ces paroles possédaient un double sens bien plus effrayant que l'on n'aurait pu soupçonner derrière le visage rieur de la jeune femme. Car derrière ces histoires de sangliers et de caribous, elle ne pouvait s'empêcher de songer à la grande traque qui lui occupait l'esprit et l'avait conduite à Versailles. Qu'elle utilise Helle de Sola comme appât ou non, elle parviendrait bien à mettre la main sur cet Ulrich car une proie laisse toujours des pistes. Pour le moment, elle comptait bien profiter de sa soirée du nouvel an et de la compagnie de cet homme qu'elle trouvait de plus en plus sympathique.

- On en trouve aussi l’hiver, quelques fois, si cela peut vous consoler. Versailles possède un domaine surprenant...
- Vraiment ? L'on m'avait dit qu'il n'y avait que quelques perdrix çà et là à se mettre sous la dent avant l'arrivée du printemps. Mais je sais patienter même si je n'en ai pas la réputation... C'est bien ainsi qu'aucune de mes proies ne m'échappe ! Vous m'avez l'air d'être un connaisseur, monsieur, j'espère que nous aurons l'occasion de partager une partie de chasse tous les deux. Sans vouloir méjuger de vos capacités évidentes, et je vais confiance à mon amie Helle lorsqu'elle fait des éloges aux gens, j'aimerais bien voir lequel d'entre nous arriverait à toucher le premier, le plantigrade effrayant venu du Nord ou la renarde tapie dans l'ombre ?

Éléonore eut un petit rire puis décida d'abandonner le couple, Helle n'avait certainement pas mis le grappin sur cet homme sans excellente raison. Elle les salua donc chaleureusement en renouvelant son invitation puis s'éloigna. Le roi avait relâché Aymeric de Froulay, peut-être aurait-elle enfin la danse promise et ce, sans se faire reconnaître par Ferdinand d'Anglerays. Avant de rejoindre le petit groupe, elle fit un détour vers le buffet et prit quelques macarons. Elle ne vit que trop tard qu'elle se trouvait non loin du prince Édouard du Danemark et de la jeune femme blonde qui devait être son épouse et que le jeune homme semblait l'avoir remarquée. Elle se tendit imperceptiblement. Non qu'elle ne l'aimait pas (quoique) mais... Lui adresser la parole en public n'était certainement pas la chose la plus discrète au monde ! Éléonore chercha à fuir mais la foule était compacte autour d'elle et elle se résigna à voir approcher Édouard.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime30.09.12 22:15

Gabrielle de Longueville était ravie d'avoir trouvé quelques victimes pour occuper son temps et son esprit. Elle n'avait aucune espèce d'affection pour quelqu'un comme Philippe d'Artagnan, certes duc de Gascogne mais qui évoluait dans un monde bien trop éloigné du sien. Comme toujours à Versailles, on se saluait, on se faisait des sourires hypocrites car en apparence, on vivait dans un monde policé, aimable et charmant où l'on se respectait à défaut de vraiment s'apprécier. La cour, c'était cela. Une galerie de visages connus aux expressions figées dissimulant haines et rancœurs. Parfois certaines de ces passions remontaient à la surface et les vautours se précipitaient pour s'emparer des restes. Gabrielle de Longueville faisait intégralement parti de cet univers sans pitié. Elle avait besoin de se mettre quelque chose – une histoire, une rumeur, un complot – sous la dent. Et la jeune femme savait bien que le dernier des d'Artagnan et sa charmante amie allaient lui fournir ce qu'elle recherchait. A leur corps défendant.

- Je suis bien impoli de ne pas vous présenter mademoiselle de Froulay, la cousine du comte de Froulay et sœur d'un bon ami à moi. Les deux ayant des obligations, je me suis proposé pour être le chaperon de mademoiselle qui ne vient que très rarement à la Cour. Je suis désolé de ne point cacher de fiancée sur mes terres mais je garderais ce petit trait, il plaira sans doute à quelques uns ici.

Tiens, tiens, écoutez-le ! Gabrielle qui avait gardé les yeux fixés sur la jeune fille en attendant la réponse se retourna vers celui qui la lui avait fourni et adressa un sourire éblouissant au jeune homme. Elle avait vu le comte de Froulay peu de temps auparavant dans la foule, il recevait son cadeau des mains du roi et ne paraissait pas être particulièrement débordé par de possibles « obligations ». Lui non plus, elle ne le connaissait pas personnellement (pas encore tout du moins) mais on ne pouvait manquer sa haute stature... Et son rôle auprès du roi. Un homme plutôt intéressant... Et qui laissait sa cousine au bras d'un étranger à leur famille. Gabrielle de Longueville fronça un instant les sourcils mais son attention fut distraite par le rire de la jeune femme, décidément bien en verve :

- Prenez garde qu’on ne vous soupçonne pas de l’y tenir enfermée, on vous inventerait vite une fiancée absolument monstrueuse ! Je suis ravie de faire votre connaissance, madame de... ?

Si Gabrielle fut vexée par ces paroles (et elle le fut, personne ne pouvait en douter), elle n'en laissa absolument rien paraître. Au contraire, son sourire parut encore s'agrandir. Même ses yeux se mirent à pétiller comme si la jeune fille venait de faire une bonne plaisanterie. En réalité, la duchesse avait compris qu'elle n'était pas tombée sur une demoiselle sans défense. Elle avait beaucoup plus de répondant que pouvaient ne le laisser penser la spontanéité qu'elle avait laissé apparaître dans la danse avec Philippe ou sa mise assez simple. Oh oui, elle était bien insolente pour se montrer aussi cavalière avec la cousine du roi mais Gabrielle n'était guère impressionnée. Elle en avait vu des jeunes filles de cet acabit, elles ne faisaient jamais long feu parmi les requins car les Précieuses et les bigotes aimaient à les dévorer, chacune avec leurs armes et leurs reproches.

- Oh, monsieur d'Artagnan ne m'a pas présentée, quel chaperon épouvantable, lança-t-elle comme une boutade alors que son regard était redevenu froid et dur, vous devrez absolument être mon amie pour réparer cette erreur. Je suis Gabrielle de Longueville... Vous connaissez peut-être ma famille même si vous n'avez pas grandi parmi nous, mon père était gouverneur de Normandie et mon oncle est monsieur de Condé, se moqua-t-elle assez méchamment, pour avoir voyagé en province, il me semble que le nom de ce dernier est plutôt connu, dites-moi si je me trompe.

Elle ponctua sa tirade d'un geste de la main comme si tout cela n'avait aucune importance... Après tout, cette demoiselle de Froulay voulait montrer qu'elle était ignorante ? Et bien Gabrielle jouerait le jeu.

- Pour vous répondre, je n’appartiens à aucune maison, je passe trop peu de temps à Versailles pour cela. Et puis, entre nous, je trouve Paris bien plus passionnante. N'êtes-vous pas d'accord ?
- Voilà un point commun entre nous deux, mademoiselle,
s'exclama la duchesse, je préfère aussi bien souvent me trouver à Paris, c'est l'endroit où j'aime me délasser, la cour peut être si épuisante même pour quelqu'un qui en connaît tous les rouages, aussi je vous comprends. Mais je vous avoue que ce qui me plaît à Paris, ce sont plutôt ses salons et ses cercles lettrés, cela explique pourquoi nous ne nous sommes jamais rencontrées. Mais qui peut savoir ? Un beau mariage avec quelqu'un d'aussi titré que monsieur d'Artagnan vous donnera peut-être une place parmi nous, la vie offre parfois ce genre de chance !

Son ton resta mielleux pour les saluer avec toute la courtoisie du monde alors qu'elle venait de déverser une part de son venin le plus naturellement du monde. Elle savait qu'elle les avait sans doute vexés... Mais il ne faisait pas bon se mettre à dos une Longueville ! D'ailleurs, elle cracha le reste de son poison au courtisan qui l'attendait au buffet pour t'aider d'apprendre ce qu'elle avait dit :

- Monsieur d'Artagnan va épouser une demoiselle de Froulay... Une jeune femme d'une grande ignorance et sans esprit. Hélas, la cour n'est plus ce qu'elle était, on ne cesse de se marier de plus en plus bas à l'heure actuelle !

Le courtisan renchérit avec mauvais esprit, ravi d'avoir une nouvelle à faire circuler. Avec lui Gabrielle était assurée que d'ici la fin de la soirée, toute la fête serait au courant du futur mariage de Philippe. Elle resta silencieuse quelques minutes, balayant la foule du regard. Elle laissa échapper une grimace en distinguant Francesco di Venezia... Aux prises avec une dame de la reine, une certaine Sofia di Parma... En voilà, une scène intéressante...
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Elisabeth d'Alençon


Elisabeth d'Alençon

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: seul Dieu peut m'indiquer qui aimer
Côté Lit: Je me réserve pour mon futur époux, je ne suis pas de celles qui se donnent!
Discours royal:



When your faith is strong, you dont need a proof


Âge : 20
Titre : duchesse d'Alençon, abbesse de Remiremont
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Date d'inscription : 17/07/2012


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime04.10.12 0:14

Décidément, ce petit monsieur ne manquait pas d’intérêt. Pour un peu, Elisabeth se serait dit qu’elle ferait mieux de fréquenter la noblesse de moindre importance plus souvent. Fort heureusement, elle n’en était pas là, comment pourrait-il en être autrement ? Quelles que soient leurs opinions communes, ils n’étaient pas du même rang et il faudrait s’en tenir à l’Etiquette, quoi qu’il arrive. De plus, ils ne semblaient pas avoir les mêmes opinions sur la morale : il semblait trouver parfaitement normal qu’un homme dont la femme ne satisferait pas tous les devoirs conjugaux puisse vouloir s’essayer au vice. Elisabeth, elle, en frémissait d’avoir ce type de conversation avec un homme. Seulement, le jeu en valait la chandelle :

Elle observait au loin ce bellâtre démoniaque qui conversait avec ce petit ange que la vie lui avait apporté au moment où sa sœur lui manquait le plus. A sa grande satisfaction, Christine ne semblait pas enchantée d’être avec lui. La duchesse se promit de la débarrasser à tout jamais de cet homme, peu importe le péché qu’il lui faudrait commettre pour en arriver là. Elisabeth observa à nouveau le chevalier avec qui elle parlait. Tout les séparait, il ne s’agissait certes que d’une alliance provisoire.


- Monsieur, il faut savoir avant tout que si cela se sait, mon cousin le frère du roi ne nous le pardonnera pas.

Elle rajouta en fronçant le nez :

- Il est rare que les pécheurs remercient correctement leurs sauveurs ! Si la disgrâce ou l’opprobre vous font peur, peut-être serait-il préférable d’arrêter là notre conversation.

Si le chevalier lui disait que dans ces conditions, il devait réfléchir, Elisabeth devait s’avouer que cela la décevrait beaucoup : il lui avait semblé lire la même haine dans les yeux de cet homme et l’espoir s’était remis à naître en elle : elle n’était pas abandonnée dans ses efforts pour faire de la Cour un endroit où tous les chrétiens viendraient chercher un exemple de vertu.

- Quant à moi, je soutiendrai à qui veut l’entendre que si Dieu n’était pas de mon côté, il ne m’enverrait pas les alliés les plus inattendus afin de m’aider dans ma cause.

Elle tient néanmoins à bien faire comprendre au chevalier qu’il devrait rester à sa place tout le temps que durera leur alliance.

- Soyons bons amis afin de servir cette cause, mais il n’est pas question de familiarités entre nous monsieur, je suis et resterai princesse de sang, ce liquide royal coule dans mes veines. Si vous restez loyal, soyez sûr que je saurai vous récompenser. Trahissez-moi et je vous détruirai !

Dire qu’elle était en train de sceller un pacte contre l’un des hommes les plus en vues de la Cour ici, au centre de l’attention, avec un hobereau, ce qui ne manquerait pas d’attirer l’attention sur elle. Cependant, cette fois, Elisabeth était sûre que tout se déroulerait selon ses volontés.

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Elles vieillissent d'autant plus vite qu'elles confondent l'Amour et l'eau bénite

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Louis XIV


Louis XIV

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime06.10.12 15:48

Quant à votre vie, permettez-moi, Sire, d’y veiller tout de même. Sait-on jamais...

La petite phrase de Froulay eut pour effet de faire sourire le monarque. Après tout, leur rencontre se fit grâce à un sauvetage du roi par Aymeric ! Et puis la guerre s'annonçait rude alors qui sait si cela n'allait pas se répéter ! Seul l'avenir nous le dira …

Comme durant les fêtes du Nouvel An, Louis XIV distribuait cadeaux et promotions, c'était l'occasion de voir qui venait et récompenser les fidèles parmi le reste de la foule. S'il y en avait un qui était toujours là, c'était bien son frère. Il avait du sûrement râler de ne pas être passé le premier mais cela était la faute du duc de Bouillon qui s'emmêlait les pinceaux dans ses noms. Enfin son frère ne trouverait rien à redire, il était fidèle à son frère, son roi en toute circonstance. Puis il était facile de balayer une crise d’ego grâce à un commandement. Cela faisait des semaines que Philippe le harcelait littéralement pour aller se battre et que le roi lui répondait par sa célèbre formule « Je verrais. » Voilà, la patience fut récompensée et cela se voyait dans le regard de Philippe qui repartit lui aussi avec son cadeau pour repartir vers Ferdinand.

Louis XIV fixait Bouillon qui rayait un nouveau nom avant de chercher ceux qui restait. Le prochain était Molière qui le saluait toujours avec bonhomie et de grande humeur. Puis ce fut au tour de Jean Racine, son second dramaturge de venir. On pouvait croire le Roi fâché contre Racine à propos de ce vers déclamé lors de son anniversaire. Sur le coup, il l'était vraiment, mais un monarque savait se montrer juste, la preuve en le recevant.

Monsieur Racine, j'espère que vous appréciez la nouvelle distraction avec ces ombres. Molière m'en a dit beaucoup de bien. Qu'en pensez vous ?

Bien sûr, là n'était pas l'objet de la conversation principale mais il était toujours bon d'avoir un avis d'un homme de goût, d'un artiste. Molière était « ravi » selon ses propres termes. Mais revenons davantage au pourquoi Racine était là, outre pour recevoir son présent.

Je vous ai fait venir à moi pour vous parler de guerre. Soyez en rassuré, je ne vous enverrais point vous battre, je veux vous garder en vie. J'ai dans l'idée que vous écriviez mon histoire et cette guerre est le parfait moment pour les commencer. Vous m'accompagnerez donc, et je vous confie de coucher sur du papier tout ce que vous voyez, entendez. Votre plume saura trouver les bons mots, j'en suis certain.

C'était un grand honneur, une promotion exceptionnelle que Louis XIV accordait à Racine. C'était aussi un moyen de se racheter, il ne fallait pas croire que le monarque faisait cela par bonté d'âme. Puis Racine put récupérer son cadeau, il eut le droit à une magnifique boîte à bonbons avec des confiseries venues de loin que tout le monde vantait les saveurs.

Bouillon chercha dans sa liste et partit à la recherche de Paris de Longueville. Mais après quelques longues minutes, il revint bredouille.

Le prince de Neuchâtel est introuvable, Sire.
Allez cherchez dans les salons, il est forcément là, il ne manquerait pas un tel événement ni une telle soirée pour se montrer !

S'il savait … Paris de Longueville avait déserté le Nouvel An versaillais. Quand Louis allait l'apprendre, pas sûr qu'il le prenne bien …

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« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
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Megan Campbell


Megan Campbell

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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


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Titre : Baronne de Campbelltown et espionne très personnelle de Charles II
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime06.10.12 18:00


-Ah ! Mademoiselle, où êtes-vous donc allé fourrer votre nez ! C’est impensable ! Votre frère s’impatiente…..et vous n’allez pas vous rendre au bal du Nouvel An dans cet état ! Si votre…..mère vous voyait !

La pauvre femme de chambre s’épuisait à démêler les cheveux de l’écossaise qui se fichait de savoir si son frère l’attendait. Assise de force sur le petit fauteuil, elle observait distraitement son reflet dans le miroir de la coiffeuse. Ils avaient presque touché au but, Colonna et elle ! Il ne manquait qu’un petit détail, une preuve et ils pourraient lever le voile sur cette sordide affaire de disparition.
-Et ces bottes, j’en fais quoi, continuait Bess ?
-Laisse-les, je m’en occuperai, fit Megan évasivement en repoussant le fauteuil.

Elle prit la robe pendue au paravent, choisie la veille. D’un vert sombre réhaussé de broderies d’argent ; le décolleté n’allait pas jusqu’à la provocation, mais s’ouvrait suffisamment pour souligner la féminité de la jeune femme.
-Elle vous ira à ravir, du moins si je parviens à démêler votre tignasse !


Après une dure bataille contre la saleté et les nœuds capillaires, Megan était parvenue à éviter quelques remarques désobligeantes de la part de William. Elle n’en n’avait nul besoin aujourd’hui, alors qu’une nouvelle année apportait son lot de surprises à venir. 1666 tournait sa page pour commencer le chapitre 1667. De nouvelles rencontres, de nouveaux visages et qui sait, de nouvelles aventures sous son chapeau d’homme. Ce soir, le chevalier de Langlay avait été parfait aux côté de Colonna !

La Galerie des Glaces ne pouvait être plus somptueuse qu’elle ne l’était ce soir et à peine arrivée dans la salle du bal, l’écossaise lâcha enfin le bras de son chaperon pour s’éclipser. Il lui tardait de retrouver quelques visages familiers et déjà, plus loin, elle apercevait la mine solitaire d’Enola of Dorset. La Tudor. Celle pour qui Megan était en France, et pour qui son roi la tenait isolé de la cour.
Un jeu dangereux, que celui que jouait l’écossaise contre l’héritière, mais dont elle prenait pleinement conscience.
Elle se faufila entre quelques courtisans et prenant un verre de jus de fruits sur un plateau, rejoignit celle qu’elle qualifiait d’amie malgré toute l’animosité politique qu’elle ressentait.

-Enola, lui souffla-t-elle en s’approchant ! Que je suis heureuse de vous voir ici…je vous avoue que ces fêtes françaises me font tourner la tête…elles ne valent pas celles que nous avions à Whitehall, mais par tous les diables français, elles sont somptueuses !
Elle rit assez discrètement pour ne pas faire retourner quelques têtes voisines.
-Eh bien, quelle décision avez-vous prise pour cette guerre qui s’annonce ? Retournez-vous en Angleterre, pour quitter cette terre trop impie pour nous, ou préférez-vous rester et faire tête basse ?
Elle sirota son jus, goûtant par la même occasion quelques petits fours. Revenir au monde réel lorsqu’elle avait passé la soirée avec le chevalier de Langlay était un exercice sans facilité, mais Megan avait pris l’habitude assez jeune pour qu’elle parvienne à oublier ses réflexes masculins. Elle se retint toutefois d’essuyer ses doigts sur sa robe.
-Pour moi, la situation est claire…vous avez surement appris mes récentes fiançailles avec ce gentilhomme français, le comte de Froulay. Je dois donc rester en France, cela serait fort peu bien vu par la cour si je manquais à mes engagements !

Elle lâcha un faux soupir de contrainte, les plans de la Tudor pour cette guerre l’intéressant particulièrement. Où qu’elle aille, elle la suivrait comme son ombre…

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«


scottish girl:
 
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Morgan Stuart


Morgan Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime06.10.12 19:13


N’oubliez pas Madame, qu’une fade silhouette fait rejaillir la beauté d’une femme et la fait paraître plus lumineuse. Aussi, si vous craignez que nous ternissions votre teint, nous pouvons prendre congé de vous.

Ah ce fameux esprit Mortemart, Morgan le découvrait au travers du frère et de la sœur tous deux en grande forme. Après tout, ils avaient une réputation à défendre. Si l'anglais connaissait les traits d'esprits de son ami Vivonne, il découvrait ceux d'Athénaïs qui étaient aussi assassins que sa beauté était grandiose. Après tout, les plus belles fleurs sont celles avec des épines, cela vaut aussi pour les jolies femmes. Mais il n'oserait pas séduire la sœur de son amie juste sous ses yeux, Richmond avait quand même un peu de dignité, même si celle-ci diminuait avec le nouveau verre qu'il avait dans les mains.

C'est là que la conversation tourna vers la marquise de Listenois, celle qui aurait dit qu'elle était la nouvelle favorite. Il était facile de raconter tout et n'importe quoi à ce sujet quand Amy of Leeds était loin de la cour, sous la coup d'un ravisseur. Mais qu'en était-il aujourd'hui ? La marquise de Montespan avait son avis là-dessus.

La marquise de Listenois ? Pardieu ! Je rate toujours les derniers commérages de la cour !
Elle ment. Elle n'est certainement pas assez belle pour attacher le roi, je crois que c'est évident.
Si vous saviez de quoi pouvait se contenter le roi, il y a de cela quelques années.
Nous pourrions aller lui demander, cependant. Poussée dans ses retranchements, elle pourrait avouer qu'elle a tout inventé pour se rendre intéressante, vous ne pensez pas?
Quelle bonne idée ! s'exclama Morgan, sans vraiment savoir dans quoi il s'embarquait.

Il fallait avouer qu'il se moquait un peu de ce qui se passait à la Cour de France mais cela lui manquait un peu de s'amuser de la sorte !

Vous, qui semblez bien la connaître, partez devant, nous vous suivons!
h bien soit, alea jacta est, soyons ce soir vainqueurs ! Venez donc, allons découvrir qui tente de me voler ce cher ami. Notre roi semble si innocent des griffes cachés par un gant de soie…
Il ne serait pas de trop pour elle d'avoir quelques ''amis''. lâcha Richmond avec un large sourire.

Et voici tous les trois s'avancer vers la marquise qui se trouvait avec le Chevalier de Lorraine. Quelle compagnie bien étrange ! Mais celui-ci s'en allait, c'était le moment d'en profiter.

Mes chers Belzébuth et Astaroth, qui se lancera ? Vous, Richmond, la connaissez-vous ? J’ai fait sa connaissance il y a de cela quelques jours, je peux également vous introduire si vous le souhaitez.
Je vous laisse nous introduire, vous êtes le plus diplomate de nous trois après tout !

Pauvre marquise, qui n'avait pas l'air de comprendre pourquoi les Mortemart et un duc anglais venaient la saluer de la sorte. Cela paraissait si peu naturel mais chacun dans son rôle et Morgan la salua avec un large sourire.

Mademoiselle, j'ai entendu tellement de bien à votre égard, j'aurais été peiné de ne pas pouvoir saluer une dame telle que vous.

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime06.10.12 20:43

    - Enola...

    La jeune Tudor se retourna vivement, pour voir la petite bouille rousse de Megan of Scotland. Elle souriait tellement ce soir qu'Enola n'avait qu'une seule envie: lui arracher la peau du visage avec ses ongles. Elle ne supportait pas l'hypocrisie, depuis l'affaire Rosalyn. Puis l'affaire Christine. Alors que cette jeune femme au visage bon enfant lui sourit, qu'elle fasse mine qu'elles étaient les deux meilleures amies du monde, alors que Lady Dorset savait très bien que c'était totalement faux. Campbell. Il était difficile de trouver plus écossais que ça, comme nom de famille. Et la tignasse rousse qui couronnait ses cheveux la trahissait trop. Ne restait plus qu'à la démasquer devant tout le monde, pour que sa peau rougisse tant qu'on ne puisse plus faire la différence entre la chevelure et le visage. Qu'elle soit traînée dans la boue, avec son royal patron avec elle.

    - Que je suis heureuse de vous voir ici…je vous avoue que ces fêtes françaises me font tourner la tête…elles ne valent pas celles que nous avions à Whitehall, mais par tous les diables français, elles sont somptueuses!

    - En effet, très chère. L'éclat de Versailles est bien à l'image de son souverain.

    À cette réponse, Megan rit discrètement, histoire de ne pas attirer l'attention sur elle. Ris toujours, très chère. Time is short. Don't waste it. Londres ne serait pas en reste, lorsqu'elle, Enola, serait Reine. Il faudrait qu'elle dépasse Versailles, même. L'Âge d'Or, interrompu par l'avènement des Stuarts, puis des Cromwell, reviendrait sous les Tudors. Enola serait même prête à le jurer sur la Bible.

    - Eh bien, quelle décision avez-vous prise pour cette guerre qui s’annonce ? Retournez-vous en Angleterre, pour quitter cette terre trop impie pour nous, ou préférez-vous rester et faire tête basse?

    Elle sirota son jus, goûtant par la même occasion quelques petits fours, l'air tellement insouciante que c'en était enrageant. Vraiment. En même temps, Enola en saisit un, prenant bien garde de ne pas salir ses doigts. Une reine doit savoir garder la classe, quoi.

    - Pour moi, la situation est claire…vous avez sûrement appris mes récentes fiançailles avec ce gentilhomme français, le comte de Froulay. Je dois donc rester en France, cela serait fort peu bien vu par la Cour si je manquais à mes engagements!

    Enola releva la tête. Oui, elle avait entendu parler de tout cela. Aymeric de Froulay. Au fond, c'était n'importe quoi, ce mariage. Megan avait beau être son ennemie, elle savait très bien qu'au fond, elle ne l'aimait pas vraiment. C'était clair comme l'eau de roche. Peut-être l'épousait-elle simplement pour rester en France, pour mieux la surveiller, elle. Mais il ne devait pas y avoir seulement elle. Megan devait très bien savoir qu'elle était, pour l'instant, faible, sans soutien, à part la Cromwell qui insistait pour l'assister. Mais oui, rêve toujours, la puritaine. Il devait y avoir autre chose. Et Enola tenait à le savoir dans l'immédiat.

    Elle entraîna Megan dans un coin de la Galerie des Glaces, où il y aurait moins d'oreilles indiscrètes. Moins, car c'était impossible, dans le théâtre vivant de Versailles, de garder un secret. Ou presque. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver dans ce poulailler doré. Pour que la favorite royale soit enlevée alors qu'elle était enceinte et dans ce cas-là doublement gardée, il fallait bien qu'il y ait du confidentiel à quelque part.

    - Vous marier, Megan?

    Elle avait pris un air le plus triste, le plus incrédule possible, afin de persuader son amie qu'elle commettait une grosse erreur en épousait Aymeric de Froulay.

    - Depuis quand éprouvez-vous une quelconque inclinaison pour ce gentilhomme? Ne gâchez pas votre vie en faisant un mariage arrangé par votre frère, de grâce! Vous êtes une battante, dans le fond. Il faut résister.

    Enola baissa légèrement le regard, pour ensuite le diriger vers Megan pour mieux la transpercer.

    - À moins... que vous n'ayez une autre idée en tête...

    Les dés sont jetés. Le reste appartient à la Fortune.


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime06.10.12 20:44

Racine bouillonnait de devoir laisser Éris aux prises avec Francesco même si elle était sous la bonne garde de Sofia en qui il avait confiance pour se débarrasser de l'opportun – même s'il était loin de se douter de quelle manière radicale elle voulait le faire disparaître. On ne disait pas non à un roi lorsqu'il réclamait votre présence, combien même le chambellan chargé de vous amener jusqu'à lui semblait un peu perdu dans ses notes et tournait avec inquiétude les feuilles qu'il avait entre les mains. Racine jeta un regard un peu méprisant à Bouillon, surtout lorsqu'il s'aperçut que celui-ci avait fait appeler Molière avant lui, lequel Molière repartait tout sourire une fourchette à escargot – ou quelque chose de cet acabit – entre les mains. On y était, Racine aurait le droit à un cadeau qu'il offrirait sans nul doute à une de ses servantes. Du moins si l'une d'entre elles trouvait un intérêt au cadeau en question ce qui n'était pas gagné. Au moins, le dramaturge était assuré que le roi n'irait jamais vérifier qu'il conservait bien ses présents, l'avantage d'habiter à Paris et de n'y inviter aucune personne bien en cour. Enfin tant que le roi lui offrait quelque chose, c'était plutôt bon signe. Au moins, avait-il fini par lui pardonner l'incident de son anniversaire.

Mais Racine et Bouillon après avoir traversé la foule se trouvaient déjà devant le souverain et l'écrivain se ploya en une profonde révérence. Révérence qu'il faillit rater en entendant les premières paroles de Louis :
- Monsieur Racine, j'espère que vous appréciez la nouvelle distraction avec ces ombres. Molière m'en a dit beaucoup de bien. Qu'en pensez vous ?
Le dramaturge prit le temps de se relever et se retint de lancer un regard furieux à son comique concurrent. Molière en disait du bien ? Racine le connaissait assez bien pour savoir qu'il n'en pensait rien. De toute façon, il fallait être de très mauvais goût pour aimer et même cet écrivaillon ne serait pas tombé aussi bas. Mais quel hypocrite alors ! Encore un flagorneur qui cherchait à rester dans les bonnes grâces du roi en lui mentant. Racine finit par se rendre compte que Louis XIV attendait une réponse et répliqua avec une certaine réticence qu'il dissimula derrière un sourire :
- C'est tout à fait original, sire, je n'avais encore jamais vu cela nul part mais votre cour est toujours à l'affût des nouveautés. Cela m'a véritablement ravi, votre Majesté a toujours de si bonnes idées pour divertir Versailles !
Bon, c'était un mensonge qui ne coûtait rien. Toutefois, le roi ne releva pas et enchaîna avec une nouvelle à laquelle le dramaturge ne s'attendait pas :
- Je vous ai fait venir à moi pour vous parler de guerre. Soyez en rassuré, je ne vous enverrais point vous battre, je veux vous garder en vie...
Racine faillit lever les yeux au ciel mais se rappela à temps qu'il se trouvait devant le roi de France. Il n'était pas de sang bleu après tout, pas question d'aller tenir une épée dans des régions lointaines, il avait bien d'autres choses à faire et...
- J'ai dans l'idée que vous écriviez mon histoire et cette guerre est le parfait moment pour les commencer. Vous m'accompagnerez donc, et je vous confie de coucher sur du papier tout ce que vous voyez, entendez. Votre plume saura trouver les bons mots, j'en suis certain.
Historiographe du roi ! C'était un honneur exceptionnel, plus que tout ce qui Racine aurait pu imaginer. Mais en cet instant, cela signifiait surtout quitter Paris, sa troupe et l'écriture d'Andromaque pour se consacrer à des récits de batailles, ce qui ne l'enthousiasmait pas plus que cela. Se forçant à prendre toutefois un air réjoui – après tout, Louis venait de le distinguer de manière éclatante et de faire taire toutes les mauvaises langues qui le disaient en disgrâce -, Racine s'inclina plusieurs fois en balbutiant des remerciements mais déjà on lui tendait une affreuse boîte et on le repoussait pour laisser la place au prince de Neuchâtel (comme quoi, Bouillon était vraiment perdu).

Il était toujours un peu abasourdi par la tournure des événements quand un homme se faufila près de lui et lui murmura d'une voix teintée de dégoût :
- C'est vraiment horrible, n'est-ce pas ? Vous non plus, vous n'avez rien dit ? Demanda Molière.
Racine se tourna à demi vers lui.. Enfin un sujet sur lequel les deux hommes étaient d'accord ! Ces ombres chinoises avaient au moins le mérite de faire l'unanimité.
- Tant qu'à faire, j'aurais préféré que ce soit vous qui fassiez une représentation ce soir... Parce que me remplacer par... ça..., lui concéda Racine qui regardait avec un certain intérêt Bouillon revenir sans Paris de Longueville – ce qu'il n'était pas doué celui-là !
- Moi aussi... Ne peut-on rien faire pour arrêter ce gâchis ? Nous allons être la risée de toute l'Europe avec une chose pareille !
- Je parlerai à Madame et à Colbert qui a à cœur l'image du roi, peut-être pourront-ils agir ?
- Je ferai de même avec Monsieur.

Et oui, ceux qui se retournaient vers cet étrange duo croyaient rêver et pourtant, c'était bien réel... Racine et Molière qui se parlaient sans hurler et sans que cela se termine en bagarre. C'était une trêve provisoire bien sûr. Juste le temps de faire en sorte que ces ombres chinoises ne soient plus qu'un mauvais souvenir.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime07.10.12 22:31

    La belle Indienne semblait mal à l’aise. Il était clair qu’elle ne se sentait pas à sa place parmi les courtisans. Anne avait tenté de l’amuser en répondant au salut de sa main, mais le visage de la jeune femme avait vite retrouvé une mine contrariée. Heureusement, le temps et les festivités étaient de bons sujets de conversation pour laisser passer la gêne. Anne sentait le poids du regard des courtisans, et elle s’en délectaient. La marquise aimait se sentir au centre des attentions, même si ces-dernières se traduisaient par des commérages ou des regards réprobateurs. Elle-même observait les autres invités, parfois des pieds à la tête, le regard méprisant. Mais bien vite Tala mit fin à cette occupation en lui tendant un présent.

    « J’ai pensé que vous aimeriez un cadeau utile et original à la fois, voici donc un présent qui le sera sans aucun doute ! C’est un petit sac ou j’ai placé quelques plantes qui selon la culture abénaquise ont pour but d’éloigner le mauvais sort et d’apporter paix et sérénité à celui qui le porte.

    -Oh, c’est vraiment adorable, Tala ! Anne était ravie de ce présent. C’était comme si Tala avait lu dans ses pensées. Il fallait avouer que la marquise ne s’était intéressée à l’Indienne que pour apprendre les secrets des Indiens concernant les potions. Anne avait beaucoup entendu parler de ces peuples, et elle s’était laissée dire qu’ils avaient leurs propres méthodes pour soigner toutes sortes de choses. Ce cadeau tombait donc fort bien. Il était le moyen d’entamer la conversation sur les coutumes du peuple de Tala et de connaitre quelques secrets inconnus des autres empoisonneuses, concurrentes redoutables. Je vous remercie de tout mon cœur ! Ce cadeau me touche vraiment. Anne caressait le velours, ravie. Puis, ne pouvant attendre de rentrer chez elle pour assouvir sa curiosité, elle ouvrit délicatement le petit sac puis le porta au nez. La marquise perçut alors quelques chuchotements et en fut encore plus ravie. Anne n’aurait su dire quelles herbes avait pu y mettre Tala pour qu’il y ait cette odeur, mais elle trouvait que le tout sentait très bon.

    -Je suis ravie que le cadeau vous plaise, marquise. J’ai bien hésité avant de vous l’offrir, de peur que cela ne comble vos attentes… Je sais bien qu’il n’est pas coutume en France d’offrir ce genre de présent, mais sachez que dans ma culture il est symbole d’amitié et...

    Tout en écoutant Tala, Anne aperçut Denise de l’autre côté de la galerie. Que faisait cette idiote là-bas ? Anne lui avait pourtant dit de la suivre ! Retenant avec peine un soupir désespéré, Anne prit la main de Tala et elles traversèrent ainsi la Galerie des Glaces. Si on ne les avait pas remarquées avant, alors là, c’était fait. La marquise savait bien que ce n’étaient pas là les manières d’une courtisane, et qu’il était extrêmement impoli d’interrompre quelqu’un. Elle aurait en plus aimé en savoir plus sur les éléments qui composaient son cadeau. Mais sa demoiselle de compagnie n’avait rien compris, ou n’en faisait qu’à sa tête, ou les deux. Anne prit alors une résolution : écrire aux parents de la jeune fille et inventer quelque histoire pour qu’elle soit enfermée au couvent. Un sourire cynique se dessina sur ses lèvres. Quelle merveilleuse idée ! Enfin arrivée près de Denise, Anne lâcha la main de Tala : Je suis vraiment désolée de vous avoir interrompue, très chère. Ma demoiselle de compagnie devait me rejoindre pour que je puisse, à mon tour, vous offrir un présent. Mais cette dernière –Anne lança un regard courroucé vers Denise qui baissa immédiatement la tête- s’est sûrement perdue dans la Galerie. La marquise tendit la main vers Denise qui lui remit un objet. Se tournant alors vers Tala, un grand sourire aux lèvres, elle montra son cadeau : Ceci est un ornement de corsage. Je sais que les corsets doivent être pour vous un objet de torture. C’est pourquoi j’ai pensé que les décorer pourrait vous aider à les porter. Je l’ai fait faire à partir d’un bracelet qui appartenait à ma mère et qui compte beaucoup pour moi. Les cristaux de roche qui ornent ce bijou proviennent d’Aurillac, une ville lointaine, où j’ai grandi. Je vous l’offre donc comme un porte-bonheur.

    Anne sourit tendrement. Tout était pur mensonge. Le bijou à partir duquel elle avait fait faire cet ornement de corsage ne lui était pas cher du tout. Pas plus qu’il n’avait appartenu à sa mère. Anne détestait sa mère et jamais elle n’aurait accepté de présent de sa part. Le bijou venait sûrement d’un quelconque amant –la marquise ne se souvenait plus du quel exactement- et comme elle l’avait vu trainer dans sa chambre, elle avait eu l’idée de l’offrir à Tala. Elle sourit tendrement à Tala, comme émue et touchée.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime13.10.12 17:53

Ainsi donc elle s’appelait Eléonore. Du coin de l’œil, en faisant semblant d’écouter la conversation de la petite Agnès –réellement intéressante, mais le Fou avait d’autres préoccupations en tête depuis quelques instants- Ferdinand suivit les yeux la chevelure rousse s’éloigner avec cette gracieuse agilité qu’il lui avait toujours connue. Elle avait vieilli, bien sûr… Encore que, ce ne serait pas le mot qu’aurait employé Ferdinand. Oui, elle avait grandi, oui, elle était plus femme, oui elle avait de petites pattes d’oie au coin des yeux ; mais pour lui, elle n’avait pas pris une seule année. Faisant un calcul rapide, il s’aperçut qu’elle devait avoir à peine plus de trente ans, désormais. Il esquissa un sourire en se disant que diable, il n’avait pas dû rajeunir lui non plus ! Quinze ans déjà, mordious… Alors que sa silhouette disparaissait dans la foule, il fut saisi d’une bouffée de nostalgie qu’il réprima bien vite. L’espace d’un instant, il s’était revu quelque quinze ans plus tôt, ouvrant la porte d’une petite chambre dans Paris, prêt à lancer un « bonjour ! » joyeux à son invitée et ne découvrant qu’une pièce déserte et pas même un mot d’explication… Un souvenir auquel il avait de moins en moins pensé avec les années mais qui lui avait laissé un désagréable goût d’amertume et une curieuse sensation de… Désarroi. Comme si, en disparaissait soudainement, elle lui avait volé quelque chose dont il avait pourtant terriblement besoin et dont il n’avait pas vraiment eu conscience jusqu’à s’en retrouver démuni. Heureusement, cette impression avait fini par s’estomper, et aujourd’hui qu’il la revoyait, il n’éprouvait rien d’autre qu’un peu de mélancolie et surtout du soulagement. Soulagement de savoir enfin qu’après tout, elle avait l’air d’aller bien…

Après les assiettes gracieusement offertes les années passées, voici le plateau. Je vais avoir un service entier à l'effigie du roi mon frère d'ici quelques années ! s’exclama Monsieur, le rappelant soudainement à la réalité.
« C’est pour se rappeler à votre bon souvenir Monsieur, il doit être jaloux de tous ces mignons à qui vous accordez votre attention sans plus penser à votre pauvre frère croulant sous les charges de l’Etat ! Au pire, cela vous fera plus de munitions à fracasser sur la tête de mademoiselle Joséphine. » improvisa Ferdinand en essayant de masquer ce qui pouvait rester de déstabilisation sur son visage.
Avez-vous vu le baron de Bonrepos qui est passé devant nous ? Tout à l'heure, il arborait une sculpturale perruque et à présent, il n'en a plus et traîne une odeur de brûlée. Croyez vous ce que je pense ? Oh quel imbécile tout de même ! J'aime ce genre d'événements rien que pour ces petits plaisirs !

Haussant un sourcil amusé, Ferdinand chercha le baron en question des yeux et laissa échapper un de ses fameux ricanements qui ne présageaient rien d’aimable pour ceux qui en étaient l’objet.

« Quel dommage que sa perruque n’ait pas brûlé un peu plus avant… Ce n’est pas comme si sa cervelle aurait été une grande perte, de toute manière. Je crois même que son épouse aurait été ravie de ce joli feu de joie, on dit qu’elle n’a d’yeux que pour ce sieur de Terrollet qui rattrapera bientôt le duc de Longueville de réputation… Pour peu je la soupçonnerai d’avoir enflammé elle-même son mari pour dégager le terrain, c’est une véritable harpie ! » débita-t-il en attrapant une coupe de vin au passage et en la faisant tinter contre celle levée de Monsieur. Puis, délaissant le pauvre baron dont les oreilles devaient siffler désagréablement, il chercha des yeux Froulay qui avait disparu de son champ de vision, pour y réapparaître quelques instants après.
« Tiens Froulay, ravi de voir que vous revenez parmi nous, nous ne sommes donc pas de si mauvaise compagnie... Dites-moi Monsieur, à votre avis quelles surprises nous réserve la nouvelle année ? Regardez-moi tout ça : une assemblée réunie rien que pour le plaisir de nos yeux, prête à se livrer à tous les travers sous notre regard acéré et à en subir les conséquences… Oh tenez, je vois la marquise de Montespan comploter avec son frère et le duc de Richmond… Diable, je plains mademoiselle de Listenois. Elle n’est pas tombée en de bonnes mains. »

Puisque c’était tout ce que la soirée semblait prête à lui offrir, et bien soit, il commérerait avec Monsieur ! Du moins en attendant le prochain revirement de situation…


Dernière édition par Ferdinand d'Anglerays le 13.10.12 18:11, édité 1 fois
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Philippe d'Artagnan


Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
Date d'inscription : 01/06/2008


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime13.10.12 18:00

Salon de la guerre

« Prenez garde qu’on ne vous soupçonne pas de l’y tenir enfermée, on vous inventerait vite une fiancée absolument monstrueuse !
Philippe s'en amusa et sourit. Je suis ravie de faire votre connaissance, madame de... ?
Oh, monsieur d'Artagnan ne m'a pas présentée, quel chaperon épouvantable !
Je plaide coupable, mademoiselle. » répliqua Philippe, poli mais marquant une distance.
« Vous devrez absolument être mon amie pour réparer cette erreur. Je suis Gabrielle de Longueville... »

Et s'en suivit un flot de paroles qui, prises au premier degré paraissait une conversation banale, mais en réalité, ce n'était qu'un lot de venin craché au visage d’Élodie, et il ne pouvait rien faire. Comment lutter contre une Longueville, doublée d'une précieuse à la langue fourchue. Alors il fallait rester silencieux, l'air poli mais avec un peu moins de sourire. Sa belle s'en sortait plutôt bien, avec ce sourire de façade qui allait si bien à la Cour les entourant. Mais l'adversaire était bien trop forte, elle avait un sens aiguisé de la répartie – après tout, elle n'avait que cela à faire, à s'entraîner dans les salons – et les bombarda comme un régiment de canons envoyant leurs boulets simultanément sur leurs ennemis.

« Mais qui peut savoir ? Un beau mariage avec quelqu'un d'aussi titré que monsieur d'Artagnan vous donnera peut-être une place parmi nous, la vie offre parfois ce genre de chance ! »

Philippe ne répondit pas mais fit un sourire très froid, presque moqueur. Comment peut-on oser dire de pareilles horreurs sur les gens avec autant de facilité ? Cela le dégoûtait, pire, il en avait presque envie de vomir. Heureusement, la duchesse de Longueville partait où les deux jeunes gens la saluèrent mais rapidement, le caractère de Philippe, son naturel et sa franchise revenait. Il n'y avait qu'à voir sa moue dégoûtée, son front plissés et ses yeux assombris pour comprendre que ce qui venait de se passer ne lui avait pas plu du tout. Sans quitter du regard Gabrielle qui s'en allait, il se mit à dire :

« Comment peut-on être aussi infect ? J'avais presque oublié pourquoi j'avais évité Versailles depuis mon retour, mademoiselle de Longueville m'a donnée la réponse. »

Il vit un courtisan, qui se tenait à côté de la duchesse, se tourner vers eux. Et elle continuait, Philippe leva les yeux au ciel, puis se tourna vers Élodie, un air un peu contrarié.

« Nous ne nous sommes pas fait une amie ce soir, il faudra faire attention les prochaines fois. Enfin surtout toi, moi je n'écoute jamais ce genre de remarques, j'en ai assez entendus ! il soupira pis tenta de retrouver son sourire. Mais ce nouvel an était fait pour nous amuser, essayons d'oublier cette mégère ! »

Il montra son bras à Élodie pour s'éloigner du salon de la guerre pour se rendre dans les autres salons, où l'ambiance était plus amusante, même si des regards se tournaient parfois vers eux. Et pour tenir sa promesse de passer une bonne soirée, Philippe préféra tourner cela à la plaisanterie. Il se pencha vers sa belle pour parler doucement.

« As tu vu comme on nous regarde ? Je suis sûr que nous faisons des jaloux car j'ai la plus jolie fille à mon bras. Il n'y a qu'à voir les rombières alentours ! »

Il se moquait allègrement et tant pis si cela ne faisait pas bon chrétien, cela se défoulait et le gascon n'en avait pas le moindre remords !

______________________


Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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Isabelle de Saint-Amand


Isabelle de Saint-Amand

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Fermé à double tour depuis qu'un ex-mousquetaire l'a brisé
Côté Lit: Amants de passages aussi rapidement oubliés
Discours royal:



Coeur à vif ϟ
On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu

Âge : 29 ans
Titre : dame de Louvel, chevalier de Saint-Amand
Missives : 386
Date d'inscription : 02/01/2012


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime14.10.12 23:57

Trianon

Il y a des jours où je me demandais pourquoi j’avais bien put décider de jeter mon dévolu sur lui. Ils étaient plusieurs à la cour à vouloir mes faveurs, et bien plus aimables ! Hélas, ils n’avaient pas tous sa position politique ni ses ressources presque infinies. Mais connaissant ma patience je ne serai pas capable de le supporter encore très longtemps, je m’en doutais bien. Tout avait une fin, même le pire… Pour le moment, je faisais de gros efforts sur moi-même pour ne pas le remettre à sa place bien plus sèchement que ce que je venais de faire et peut être même y ajouter une gifle qui aurait surement fait baisser d’un ton son orgueil d’enfant gâté habitué à avoir tout ce qu’il voulait. Il avait encore de la chance d’être un amant acceptable, même si j’en connaissais des plus agréables. Et je le connaissais assez pour savoir que si je ne sortais pas parfaitement apprêtée et maquillée pour cette soirée du Nouvel An, j’aurais au moins autant de reproches que si je prenais mon temps. Il ne servait donc à rien de se presser pour de toute façon avoir des remarques fort peu agréables. Ca serait lui faire trop d’honneur.

Mais il fallut bien finir par être prête à un moment ou à un autre, et monseigneur n’eut même pas la décence de faire un compliment. A savoir pourquoi on se donne tant de mal pour leur plaire ?

- Ne vous couronnez pas de lauriers trop vite Isabelle! Si je me tais c'est uniquement parce qu'à chaque fois un peu plus, je me désole en remarquant les traces qu'ont laissées les années qui passent sur votre corps. Et alors je me dis qu'il devait être ô combien plus sublime autrefois et je me désespère de ne vous avoir connu quand vous étiez encore de première fraicheur.

-Insulte ou compliment ?
répondis-je d’un ton suprêmement désintéressé.

S’il pensait me toucher, il se trompait grandement, j’avais entendu bien pire. Mais je pensais plutôt à son naturel de capricieux qui n’a pas l’habitude qu’on ose s’insurger de ses paroles. L’éducation des grands laisse vraiment à désirer. Une fois totalement prête, je ne pus m’empêcher de lui lancer une ultime pique qu’il avait de toute manière bien méritée, et qui eut le privilège de le laisser un rien choqué.

-Le roi n'attend pas ?! Et vous croyez que le prince héritier de Saxe attend lui, peut être? Non. Mais bien sûr ça vous en faites peu de cas. Quel "chauvinisme" Madame!

Je ne répondis pas, laissant un sourire léger étirer mes lèvres alors que je lui tournais le dos pour passer la porte, ce qui en disait long sur mes pensées.

Galerie des Glaces

Après un coup d’œil à l’assemblée – il me sembla apercevoir Elodie au loin, Longueville était là aussi, il était toujours là, bien sûr, sans parler de toutes les dames de la reine, à commencer par Eleanore… - je fis remarquer à Derek que de toute façon nous n’étions pas si en retard que cela. Mais bien sûr cela fut loin de l’apaiser, le contraire eut été étonnant.

- Si c'est ce qui vous inquiète, vous aurez votre cadeau malgré votre attitude déplorable à mon égard, nul besoin de faire semblant de vous soucier de mon avis. Mais pour vous répondre, nous avons fait une entrée satisfaisante, et vous faites un parfait écrin pour ce collier si j'en crois certains regards qui se sont posés sur vous.

Je soupirais, un rien excédé. S’il continuait, il allait vraiment finir par m’agacer. Pour une fois, je me moquais éperdument de son cadeau, mais il aurait été trop facile de le lui faire remarquer. Quand aux regards… Cela me faisait toujours plaisir même s’il avait le don de tourner les compliments en presque insulte. Enfin, il avait fait un effort… Adoptant pour une conduite plus agréable, je lui souris, un sourire magnifique.

-Cessez donc de faire l’enfant un instant, voulez-vous ? lui demandais-je d’un ton doucereux. Je suis certaine que cette soirée ne vous satisfait pas plus que cela, mais il est toujours bon de savoir se faire remarquer, n’est ce pas ce que vous m’avez répété à maintes reprises ?

-N'avez vous pas d'amis à retrouver ? Qu'est donc devenu ce grand maigrichon tout pâle et aussi bavard qu'un muet. Celui à la mine endeuillée en permanence.. mais si vous savez, il vous accompagnait chez mon ami Longueville je crois! Remarque avec sa mine de croque mort il aurait gâché cette soirée...


Je tiquais, il avait donc remarqué ? Eh bien, il s’était bien gardé de me faire une crise de jalousie plus tôt. C’était étonnant…

-Vous devez surement parler du père de Joigny ? Nous sommes amis depuis un certain temps… et un ton plus bas j’ajoutais : vous n’avez aucun soucis à vous faire à son sujet.


Du moins pas avec lui… Deux yeux bleus et des boucles blondes s’imposèrent à mon esprit un instant, et je frémis en y pensant avant de chasser ce visage de mon esprit de peur qu’il se précise un peu trop.

-Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous mais je vois plus de têtes indésirables que je ne le souhaiterais. On peut difficilement faire pire en matière de dernière fête avant longtemps...!

Attrapant une coupe de champagne sur un plateau, je pris une gorgée avant de répondre, mon regard s’attardant un bref instant sur Eleonore, ainsi que de Bagnes qui lui, en fidèle ambitieux, ne quittait pas la reine d’une semelle :

-Je ne puis qu’être de votre avis… Hélas on ne peut pas aller contre l’avis du roi…

Une chance que je ne sois pas de service ce soir, il m’aurait fallut supporter de Bagnes toute la soirée durant. Mais en parlant de gens qu’on préférait éviter, Lully marchait droit vers nous. Je tiquais. Il était persuadé que j’étais la maîtresse d’Eric de Froulay, autrement dit la parfaite couverture d’Elodie. Heureusement que la possessivité de Derek n’était pas à son plus haut niveau.

-Monsieur Lully ! Je vous aurais plutôt cru en train de diriger vos musiciens. Cette charmante aubade que nous entendons n’est donc pas de vous ?

Le sourire était charmeur, mais la pique était facile. Et de toute façon, je ne connaissais rien en musique.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime16.10.12 16:05

GALERIE DES GLACES (je crois Razz )

L’air sembla à Christine plus respirable lorsqu’elle se fut éloignée du chevalier, si bien qu’elle préféra ne pas songer à ce qui se passerait lorsqu’ils devraient partager une vie entière. Claude ne pouvait définitivement avoir fait pire choix. Avait-il simplement songé aux catastrophe qui pourraient s’en suivre ? Après tout, elle pourrait très bien finir par faire de Lorraine comme elle l’avait fait de Puzieux (paix à son âme) au détour d’une crise... Incident diplomatique assuré.
Lasse, elle secoua la tête pour se débarrasser de ces mauvaises pensées et, tout en donnant à sa manoeuvre d’éloignement un air tout à fait naturel, balaya l’assemblée du regard pour tenter d’y déceler un visage ami.

La cour, à quelques rares exceptions près, s’était réunie au grand complet, ce qui permit à la marquise de noter qu’elle n’avait que peu de proche, au vu de la rare fréquence à laquelle elle croisait leurs regards dans la foule. Elle adressa un salut au Fou du roi, détourna ostensiblement les yeux de l’étrange duo que formaient Racine (auquel elle préparait une amère surprise) et Molière, grimaça à la vue cette garce de princesse Farnèse, se dissimula d’Eléonore Sobieska derrière une imposante silhouette, ignora fièrement la présence d’Enola et enfin, se dirigea vers le buffet et une coupe de champagne pour éviter subtilement de rencontrer Elisabeth. En un mot, Christine était bien seule dans cette assemblée, mais ne s’en formalisa pas outre mesure. Elle était de toute façon de trop mauvaise humeur pour faire une convive agréable.

Sirotant doucement son champagne, elle jeta un regard perplexe à l’attraction vers laquelle convergeait une bonne partie des regards. Des jeux d’ombres, qui happèrent un moment son attention sans qu’elle sût quoi en penser. Voilà qui était... étrange. Mais pour rien au monde elle n’aurait admis, même pour elle-même, qu’elle aurait préféré voir une une pièce - ou alors de Molière - aussi ne fit-elle pas de commentaire. L’idée, après tout, avait ceci d’amusant qu’elle surprenait tous ceux qui s’y arrêtaient.
Sur ces observations, Christine s’apprêtait à envisager l’idée de faire le tour des salons attenants à la Galerie pour y chercher meilleure compagnie quand un petit groupe se dirigea - ou plutôt fondit sur elle. Surprise, elle dévisagea avec une pointe de méfiance le trio que formaient les deux Mortemart et le duc de Richmond, dont les pas s’arrêtèrent bel et bien devant elle. Que diable lui voulaient-ils ?

« Mademoiselle, j'ai entendu tellement de bien à votre égard, j'aurais été peiné de ne pas pouvoir saluer une dame telle que vous, lança l’anglais avec un immense sourire. »
En dépit du cruel manque de naturel de toute cette manipulation, Christine, qui commençait à s’ennuyer fermement, s’arma à son tour d’une mine tout ce qu’il y avait de plus avenante, et salua comme il se devait ses nouveaux compagnons.
« Vous me flattez, monsieur, répondit-elle après s’être légèrement inclinée, j’ignorais que l’on parlait de moi à la cour. »
Elle afficha une mine amusée, prête à jouer un nouveau rôle. Elle ne pouvait s’en empêcher, mais un observateur attentif aurait sans doute noté que ce soir, face à ce trio-là, l’idée n’était pas des plus mauvaises.
« Que me vaut l’honneur de vous avoir tous trois face à moi ? interrogea-t-elle en terminant sa coupe de champagne. Je ne m’attendais pas à me trouver en une si éminente compagnie ce soir... »
Elle adressa un sourire tout ce qu’il y avait de plus naturel à la marquise de Montespan (connue pour être une véritable harpie, ce dont elle ne doutait pas) puis à son frère, duc de Vivonne, que tout le monde à la cour connaissait comme le plus proche ami du roi. Tout un panel de titres que ne valaient pas les siens. Cette nouvelle année commençait d’une drôle de façon...
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime16.10.12 17:05

GALERIE DES GLACES (je crois aussi PTDR )

« Vous avez raison, monsieur, le gros gibier est bien plus intéressant. J'avoue que ce que je préfère dans la chasse, c'est la traque, tout le plaisir en est ôté sinon. Qui peut donc se complaire dans de simples mises à mort ? J'ai entendu dire que votre roi – vous êtes Danois, n'est-ce pas ? - laissait ses serviteurs rabattre le gibier pour lui et se contentait de donner le coup fatal... J'ignore si cela est vrai mais cela est fort ridicule et lâche. Et il ose en récupérer les honneurs... ! »
Ulrich esquissa un rictus à cette tirade, non sans se demander comment Eléonore Sobieska, qui n’était certainement pas danoise, pouvait avoir entendu parler des pratiques de chasses de son demi-frère. Il ne releva toutefois pas ce détail, se fiant (chose rare) à l’attitude d’Helle qui venait de lui improviser une fausse identité. Se méfiait-elle de cette vive rousse ?
« Il n’est pas grand amateur de chasse, il faut le dire. Il s’évite parfois même la mise à mort en envoyant quelque courtisan le faire à sa place. »
Ce qui était précisément le cas de la polonaise, mais en l’état actuel de la situation, Ulrich n’avait pas là-dessus le moindre doute.

« Vraiment ? reprit Eléonore après que le Danois lui eut confié que l’on trouvait toutes sortes de proies à Versailles, y compris en hiver (de quel genre, c’est ce qu’il n’avait pas précisé). L'on m'avait dit qu'il n'y avait que quelques perdrix çà et là à se mettre sous la dent avant l'arrivée du printemps. Mais je sais patienter même si je n'en ai pas la réputation... C'est bien ainsi qu'aucune de mes proies ne m'échappe ! Vous m'avez l'air d'être un connaisseur, monsieur, j'espère que nous aurons l'occasion de partager une partie de chasse tous les deux. Sans vouloir méjuger de vos capacités évidentes, et je vais confiance à mon amie Helle lorsqu'elle fait des éloges aux gens, j'aimerais bien voir lequel d'entre nous arriverait à toucher le premier, le plantigrade effrayant venu du Nord ou la renarde tapie dans l'ombre ?
- Les chasses ne sont pas rares à Versailles... Nous aurons l’occasion de trancher cette question, madame. »
De trancher, oui, c’était le cas de le dire. Sur cette conversation aux doubles sens absolument effrayants qu’ils ne pouvaient avoir saisi, la "renarde" les salua avec entrain et disparut dans la foule, sous le regard éternellement froid du danois. Drôle de personnage.

Lorsqu’il l’eut perdue derrière un couple ridiculement perruqué, il baissa les yeux vers Helle, restée silencieuse, et arqua un sourcil perplexe.
« Viktor, comte de Vejle ? fit-il en la dévisageant. Je ne peux que vous féliciter de cette idée, madame, mais... Qui est cette femme ? »
Il saisit deux verres sur un plateau qui passait non loin, et en proposa un à la baronne, avant de lever à nouveau les yeux sur la foule. La chevelure rousse lui apparut à nouveau, à côté d’une pyramide de macarons et, plus important, de son frère. Il leur jeta un regard glacé, puis avala une gorgée de champagne.
« Quoi qu’il en soit... mauvaises fréquentations. »
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Édouard du Danemark


Édouard du Danemark

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Brisé... la vérité est si douloureuse !
Côté Lit: Un vrai défilé... surtout en ce moment.
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Danois séducteur en chasse

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime21.10.12 1:32

A l'arrivée de sa femme, Édouard eut un sourire rayonnant. Il ne l'avait pas vu approcher tout occupé qu'il était à expliquer les raisons de son absences à sa soeur bien-aimée. Peu de gens à la Cour du Danemark comprenait le lien qui l'unissait à la belle blonde. Elle avait laissé un très mauvais souvenirs et de vilaines migraines à Frédéric à cause de son caractère très prononcé et son attitude de petite peste qu'elle adoptait uniquement avec les hommes, de préférence, pour bien montrer qu'elle les menait à la baguette et non pas l'inverse. Un comportement que Frédéric méprisait profondément parce qu'il brisait tous les codes protocolaires de la Couronne et qu'en plus il attirait sur eux certaines moqueries de la part des nobles danois et étrangers. Oui, Bianca, la splendide princesse de Brabant était toujours très classe, très élégante mais elle ne se laissait pas faire. Elle disait les choses comme elles lui venaient sans prendre la peine de mettre des gants. Cette franchise, cette audace, ce flegme et cette grande intelligence restaient des qualités admirables pour le prince héritier. Et puis, Bianca était la personne qui avait toujours été à ses côtés. Quand il avait besoin d'un conseil, elle était présente, quand il voulait parler de son couple, de son mariage ou de son enfant aussi. Et vice-versa. L'éloignement n'avait nullement altéré leur complicité. Bianca n'eut pas le temps de répondre à sa question puisque sa femme les salua tous les deux. Délicatement, avec toute la douceur et le charme dont il était capable, Édouard fit un baise-main à son épouse et se recula un peu pour l'admirer. La voix sincère et ravie de cette apparition, il lui dit :

- Ma Dame, vous êtes ravissante ! Cette robe est parfaitement ajustée et que Dieu me damne mais son tissu est également splendide ! J'étais justement en train d'expliquer à Bianca les raisons de votre absence. De vous voir présente ici ce soir à mes côtés m'emplit de joie. J'espère que votre voyage s'est bien passé et qu'il n'a pas été trop éreintant. Je m'en voudrais que vous soyiez exténuée davantage à cause de ces festivités.

Venant de lui, c'était sincère. Bien que leur mariage ait été arrangé par Fédéric pour éviter que le Danemark ne perde la face devant la Suède, Édouard et Gisela étaient déjà amis d'enfance. Leur union n'avait fait que les rapprocher davantage. Le Prince accordait un intérêt tout particulier à ce qu'elle soit heureuse et il se préoccupait vraiment de ses attentes. Elle était mère de leur enfant, et bien qu'il ne lui soit malheureusement pas tout le temps fidèle, elle pouvait compter sur lui en toute circonstance. Édouard avait un grand sens de l'honneur et de la politesse. On voyait qu'il était enfant d'un Roi et le terme goujat était loin d'être approprié lorsqu'on parlait de lui. Le jeune homme garda la main de son épouse dans la sienne, comme s'il s'agissait d'un heureux cadeau en cette soirée un peu morose. Le prince connaissait la position de Frédéric dans la future guerre qui s'annonçait. Il se plaçait contre Louis XIV, en soutien au chevalier de Lorraine. Ce conflit allait faire beaucoup de mal. Et malgré cela, il était impossible de l'arrêter. Tous les esprits s'y préparaient, Édouard avait déjà prévu de faire ses bagages dans le cas où il serait éjecté de Versailles, ce qui risquait fort d'arriver. S'il avait été Roi, il n'aurait pas pris de position particulière. Après tout, ces affaires étaient tellement futiles ! Mais il n'était que prince et cette situation lui convenait d'ailleurs complètement ! Pour rien au monde il ne voulait accéder au trône et il priait tous les jours pour que son demi-frère ait enfin un héritier qui survive !

Tandis qu'il relâchait la main de sa douce, il jeta un petit coup d'oeil dans la salle et son regard se posa sur Éléonore Sobieska, cette femme mystérieuse qui lui avait sauvé la vie. Sa présence l'inquiéta quelque peu. Il craignait qu'elle ne soit là pour le protéger encore une fois d'une quelconque menace. Le Prince s'excusa auprès de Bianca et de Gisela :

- Je vous prie de m'excuser, j'aimerais goûter à ces délicieux macarons là-bas. Bianca, raconte-donc à ma douce et bien-aimée, tes idées de cadeaux pour Noël vis à vis de Christian !

Il savait que le sujet pourrait occuper les deux femmes. Il s'éloigna d'elles et s'approcha des tables pour prendre un macaron et le goûter. Sobieska était face à lui. Il fit mine de regarder les autres mets et salua le jeune femme de la tête.

- Vous ici... Je ne l'aurais pas cru. Le hasard fait bien les choses ! J'espère que vous passez une soirée agréable... à moins que vous ne soyez encore en mission pour me protéger d'une menace ? Dois-je m'attendre à une attaque ? Je n'ai pourtant rien remarqué de douteux ce soir...

En même temps, Édouard était quelqu'un de particulièrement insouciant. Il n'avait pas totalement conscience du danger et toute sa soirée, il l'avait passée à parler et danser avec sa soeur sans montrer le moindre signe de vigilance. La jeune femme l'avait probablement constaté. Et si le coeur lui en disait, elle tenait la les débuts d'une remarque cinglante bien méritée. Sans s'en rendre compte, Édouard lui fit un franc sourire, qui charmait de nombreuses demoiselles à son insu. Il était content de la voir, maintenant qu'il savait qui elle était. Il était loin de se douter qu'il tombait au plus mauvais moment.

______________________

Edouard

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime22.10.12 20:30

Pressé de s’éloigner au maximum du tumulte qui avait envahi la salle depuis les arrivées au goutte-à-goutte des courtisans, Lully marchait d’un pas rapide vers la sortie afin de pouvoir prendre l’air quelques instants.
Mais il s’arrêta en chemin pour observer Elodie et Philippe à quelques mètres de lui et en compagnie de Gabrielle de Longueville.
S’emparant d’un autre verre, il regardait avec intérêt les expressions du trio qui allaient de l’air contrarié, voir presque constipé, de D'Artagnan à la mine réjouie de la Duchesse, sûrement ravie d’avoir atteint son quota de méchanceté gratuite.
Alors qu’il s’apprêtait à les rejoindre, un nouveau couple pénétra dans la Galerie et ce fut avec étonnement qu’il découvrit Isabelle de St-Amand au brun d’un prince germanique. Voilà que les choses devenaient soudainement intéressantes…

Se dirigeant vers Derek et Isabelle, un sourire bien hypocrite, Jean-Baptiste s’arrêta devant eux avant d’incliner respectueusement le buste afin de les saluer.
« -Monsieur Lully ! Je vous aurais plutôt cru en train de diriger vos musiciens. Cette charmante aubade que nous entendons n’est donc pas de vous ?
« - Madame de St-Amand, c’est toujours un plaisir de vous voir à chaque fois que nous nous croisons. Nouvelle année, nouvelles résolutions, comme on dit. Je pensais vous trouver en compagnie de Monsieur de Froulay, comme vous êtes assez… complices.»
, répondit le compositeur en jetant un coup d’œil vers Derek, un sourire espiègle aux lèvres.

C’était presque devenu un rituel entre ces deux-là de s’envoyer des piques sous le couvert de sourires que l’on pourrait qualifier de sincères si on ne connaissait pas leur relation. Si elle avait ouvert les hostilités en le titillant sur la musique des festivités, lui avait à peine déguisé le fond de sa pensée.
Bien sûr, cela faisait des mois et des mois qu’Eric de Froulay et Isabelle faisaient tourner en bourrique le florentin. L'italien avait d’ailleurs mis de côté cette affaire vu les derniers évènements qui avaient agités la cour durant les semaines qui venaient de s’écouler.
Se tournant vers Derek, Lully lui adressa son plus beau sourire hypocrite. Si ce prince fréquentait St-Amand, pas sûr qu’il soit aussi blanc que la neige.

« - Veuillez me pardonner cette impolitesse Monsieur ! Je me présente : Jean-Baptiste Lully, Compositeur royal et Surintendant de la musique. A qui ai-je l’honneur ? Votre cavalière a tellement d’amis qu’il est difficile de s’y retrouver… »

Et puis, ça le divertirait d’être l’auteur d’une quelconque querelle de couple. Une fois la graine du doute semée, il suffisait d’attendre pour qu’elle éclose et fasse son petit trou dans l’esprit et détruise tout sur son passage. Les conséquences,ne plaisaient pas à Jean-Baptiste habituellement mais ce soir, il allait s’amuser et mettre à profit le savoir que Monsieur s’était fait un devoir de lui inculquer quand ils se fréquentaient.
Passant son regard de Derek à Isabelle, il jaugea la situation et jugea qu’il était temps pour lui de prendre congé une fois que le prince saxon se soit présenté.

« - C’était un véritable rafraîchissement de tomber sur vous deux. Profitez-bien de la soirée Monsieur de Saxe, vous êtes tellement bien accompagné ce soir. Je vous laisse en paix, vous avez sûrement du monde à saluer. Au plaisir Madame de St-Amand ! »

Et comme si de rien n’était, il repartit vers la sortie comme il l’avait prévu.
L'air glacial de l'hiver, bien avancé, lui fouetta le visage dans le hall d'entrée et son esprit qui s'était quelque peu échauffé se calma un tantinet.
Après quelques secondes, il retourna dans la Galerie, bien décidé à s'amuser aux dépends de D'Artagnan et de la jeune soeur Froulay.
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Megan Campbell


Megan Campbell

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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime22.10.12 21:15

Megan détestait la danse et plus encore celle dans laquelle l'emmenait la Tudor. Néfaste. Elle la savait ainsi, son rôle même en France le lui prouvait, mais elle ne pouvait s'empêcher d'écouter et de suivre l'héritière anglaise sans montrer une once de méfiance.
La croire naïve à ce point était pourtant une terrible erreur tactique; la France ne l'avait accueillie qu'en raison d'une mission et non d'un éloignement familial. Megan se rappelait sans cesse son statut de double-espionne, la poussant à ne croire qu'en des preuves matérielles et à ne se fier qu'à son propre instinct.

Enola était de ces pâtes dont il ne fallait pas goûter soi-même, mais dont l'odeur alléchante attirait irrésistiblement. Sa petite moue sombre donnait envie à l'écossaise de la voir s'épanouir et s'éclore tel un bourgeon. Vengeance n'allait pas irrémédiablement de pair avec morosité, selon elle.
Elle suivit pourtant la jeune femme en levant les yeux au ciel. Que diable allait-elle trouver à redire à ses choix?! Des amies s'aidaient, se confiaient secrets et tourments, mais selon la jeune Campbell, toute vérité n'était pas bonne à dévoiler, même à Enola qu'elle appelait son amie. Surtout à Enola.
Elles atteignirent un coin moins peuplé de la Galerie des Glaces et posant son verre sur un plateau, elle attendit les remontrances d'Enola, le regard buté d'avance.
- Depuis quand éprouvez-vous une quelconque inclinaison pour ce gentilhomme? Ne gâchez pas votre vie en faisant un mariage arrangé par votre frère, de grâce! Vous êtes une battante, dans le fond. Il faut résister.

Megan étouffa un petit rire. Arrangé par son frère? Pour une fois, celui-ci n'avait rien à redire à ce choix!
-Mon coeur est à l'Ecosse, Enola, vous le savez de longue date, répondit Megan dans un sourire franc. Et puis...mon frère n'a cette fois pas eu de mot à dire à cet arrangement, ce Froulay n'est d'ailleurs pas un homme des plus ennuyeux.
Résister. Le mot était ironique, toutes deux ne faisaient que cela depuis de nombreuses années, et Megan doutait par ailleurs de la réelle franchise d'Enola à son encontre. Une Tudor amie avec une écossaise et qui plus est, une Campbell? L'union était impossible, mais Megan n'avait toujours pas sur toucher du doigt la raison qui poussait Enola à rester proche d'elle. L'anglaise devinait-elle ses petites manipulations? Possible...et ce terme "résister" ne pouvait alors être totalement innocent.
-Je ne peux résister plus longtemps sans attirer quelques foudres et soupçons sur un mariage secret, Enola. De plusieurs maux, j'en choisis un moindre...Froulay et moi avons un excellent ami en commun, il me rappelera mon pays, ajouta-t-elle dans un sourire. Inutile de lâcher le nom de Richmond, la Tudor comprendrait si elle le souhaitait.
-Je suis satisfaite, conclu-t-elle amusée.

Elle ne savait si elle l'avait convaincue, car sa compagne s'apprcha d'elle, son regard pâle posé sur le sien. L'Ecossaise senti comme une eau glacée lui passer par le corps et en quelques secondes, elle regretta à nouveau ces mensonges et ces non-dits. Et si Enola était sincère avec elle? Si chacun de ses mots n'étaient que coïncidence et qu'elle ne doutait pas un seul instant de ses réelles motivations?
Elle se retint de se mordre la lèvre pour ne pas se trahir et soutint le regard de la jeune femme.
- À moins... que vous n'ayez une autre idée en tête...
Sa voix était sincère, peut-être même avec quelques accents d'ennui, mais les mots transperçèrent Megan et la firent revenir sur terre, dans la Galerie flamboyante.
Sincérité et Tudor ne pouvait aller de pair! Il fallait qu'elle se grave ces quelques mots! Même Enola, son amie, ne pouvait déroger à cette règle. Il fallait jouer, oser, se défausser, comme à chaque fois.
-Une autre idée? Elle eu un petit rire et vérifia autour d'elle qu'aucune oreille ne les écoutait.Me détacher de l'emprise de mon frère, Enola. Voilà l'idée. Ce Froulay est un homme de bien, il me laissera en paix et éloigné d'Archibald aussi longtemps qu'il vivra.

Elle se tut un moment et observa rapidement le regard d'Enola. Lui faire confiance? Elle ne le pouvait entièrement. Pourtant, en songeant aux véritables raisons qui la poussaient à rester en France, elle ne pu s'empêcher de songer à la seule affaire qui pourrait les rapprocher. James d'York. L'unique Stuart que Megan voulait voir évincé...séparer le bon grain de l'ivraie.
-En réalité, commença-t-elle...il y a en effet une autre raison, plus officieuse. Elle baissa la voix et se rapprocha d'Enola. Rester en France au bras de Froulay me permettra d'approcher le terrain militaire, où vous savez que résidera James d'York.

Elle posa son regard vert sur les prunelles d'Enola. Dans cette affaire, elle jouerai à quitte ou double, mais le jeu en valait la chandelle.
-Je vous ai déjà parlé de mon animosité envers lui...il faut saisir chaque opportunité, ne croyez-vous pas? Je suis certaine que nous pourrons agir efficacement en duo. Me suivrez-vous, demanda-t-elle dans un sourire mystérieux?

Elle ne dévoilerai pas les dessous de l'affaires, mais si Enola acceptait, le puzzle se mettrait en place avec une facilité déconcertante. Le tout était de ne pas oublier la sournoiserie d'Enola, qu'oubliait bien trop souvent Megan.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime27.10.12 14:55

N’étant guère instruite dans le domaine de la chasse –si elle aimait chevaucher, tuer des animaux n’était pas réellement dans ses passe-temps préférés- Helle garda le silence tout le temps que dura la conversation entre Eléonore et son mari. Après l’avoir présenté sous un nom qui n’était pas le sien, elle avait craint qu’il ne trahisse la supercherie, soit par inadvertance soit tout simplement parce qu’il en aurait été agacé, ou que savait-elle. Mais assez curieusement, il l’avait suivie sans même paraître surpris. Ce constant n’avait pas été sans étonner la jeune danoise – avait-il compris qu’elle avait de bonnes raisons de se méfier de la polonaise ? Et qu’évidemment, elle ne pouvait les lui exposer devant elle ? Dans tous les cas, une sorte de miracle avait eu lieu : Ulrich lui avait fait confiance. Un bref instant, certes, mais c’était déjà quelque chose. Helle sourit aimablement et s’inclina pour saluer Eléonore Sobieska lorsqu’elle s’éloigna avec la vivacité d’une renarde, se demandant une fois de plus ce que cette femme pouvait bien avoir derrière la tête la concernant. Car elle était sûre d’une chose : son amitié n’était pas inintéressée. Le tout était de découvrir ce qu’elle voulait réellement.

« Viktor, comte de Vejle ? Je ne peux que vous féliciter de cette idée, madame, mais... Qui est cette femme ? » demanda Ulrich en brisant le silence songeur qui venait de tomber.
« C’est moi qui devrais vous féliciter d’avoir suivi mon improvisation, monsieur. Quant à cette femme, il s’agit d’Eléonore Sobieska, la sœur de l’Hetman Jan Sobieski qui, comme vous le savez peut-être, se bat pour le trône de Pologne. C’est une intrigante patentée, et sa réputation de renarde et veuve noire n’est plus à faire en Europe. En temps normal je n’aurais pas prêté attention à ces rumeurs, mais en apprenant qu’elle était plus ou moins liée à votre chère famille, j’ai changé d’avis. » expliqua Helle en attrapant la coupe qu’il lui tendait. Et comme pour venir corroborer ses dires, Eléonore apparut de nouveau dans leur champ de vision, en compagnie d’Edouard.
« Quoi qu’il en soit... mauvaises fréquentations. »
« Je suis ravie de voir que vous êtes de mon avis. Et comme vous m’avez dit vouloir garder votre présence à Versailles discrète aux yeux de votre famille, vous comprenez maintenant le pourquoi de mon petit mensonge. Et puis Viktor de Vejle, ça ne vous va pas si mal. » conclut-elle en détournant son regard du duo dont elle se méfiait tant.

Deux ou trois personnes de sa connaissance, qu’elle avait rencontrées lors de salons littéraires, vinrent la saluer et échanger quelques mots. Souriante, Helle évoluait parfaitement à son aise dans cette foule de mondains dans laquelle elle avait appris à se fondre. Elle se doutait que ce n’était pas là la tasse de thé d’Ulrich mais… Bah, il était venu à cette fête, il allait bien falloir qu’il fasse au moins l’effort de rester quelques minutes, même s’il devait rester silencieux en arborant une mine patibulaire. Elle avait compris qu’il ne fallait pas trop en lui en demander en une seule fois. En levant les yeux, Helle aperçut un visage familier – et bien plus sympathique que celle d’Eléonore.

« Mes respects, chère duchesse. » fit Helle sans se départir de son sourire en esquissant une révérence à l’adresse de Gabrielle de Longueville. « Je savais bien que l’on pourrait compter sur votre présence à ce Nouvel An, cette fête est d’une splendeur telle que je n’en ai jamais vue en Suède ! Néanmoins je préfère vos salons –il y est plus facile de converser qu’au milieu de cette foule. Comment vous portez-vous, depuis notre dernière conversation ? »

L’amitié qui unissait Gabrielle de Longueville et Helle de Sola pouvait paraître surprenante au vu de la différence sociale entre les deux, mais l’une avait été assez intelligente pour voir qu’il serait dommage de dire non à cette amitié, et l’autre pour briller assez discrètement aux yeux de la première pour s’attirer sa sympathie sans lui faire de l’ombre. Un joli jeu d’échecs dans lequel elles avaient été toutes les deux gagnantes, en somme.
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Philippe d'Orléans


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Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime27.10.12 16:22

Quel cadeau sans goût. Mettre son effigie sur un plateau, son frère ne faisait pas dans la dentelle en guise de représentation. De toute façon, il ne sera jamais utilisé, il sera mis avec le reste de la collection dans un de ses cabinets, mais pas en vitrine ! Monsieur ne les sortirait que lors d'une visite royale, histoire de faire bon genre. Mais pour l'instant, le prince donna l'objet au premier mignon qui passait pour s'en débarrasser, tout en critiquant ce présent qu'il n’appréciait guère. Heureusement, Ferdinand comprenait et s'en amusait.

Au pire, cela vous fera plus de munitions à fracasser sur la tête de mademoiselle Joséphine.
Non, Joséphine ne mérite pas qu'on la frappe avec un présent du roi, ce serait lui faire trop d'honneur ! plaisanta le prince.

Le pauvre mignon derrière baissait la tête et on pouvait voir ses lèvres remuées où il disait je m'appelle Marie-Adélaïde, pas Joséphine …, Pauvre garçon martyrisé, mais quelle idée d'arborer un nom si ridiculement féminin ! Mais on passa vite à autre chose, l’œil aiguisé du prince passait au crible fin toute la population versaillaise, et il y avait foule. Certains s'étaient fait élégants mais d'autres paraissaient ridicules, engoncés dans leurs costumes et certaines dames ne devraient plus mettre de décolletés une fois un certain âge passé. Mais de tous ce fut le baron de Bonrepos qui attira son attention et comme il était mieux de partager son point de vue, il en parla volontiers à Ferdinand, lui qui avait les bons mots pour les bonnes histoires.

Quel dommage que sa perruque n’ait pas brûlé un peu plus avant… Ce n’est pas comme si sa cervelle aurait été une grande perte, de toute manière. Je crois même que son épouse aurait été ravie de ce joli feu de joie, on dit qu’elle n’a d’yeux que pour ce sieur de Terrollet qui rattrapera bientôt le duc de Longueville de réputation… Pour peu je la soupçonnerai d’avoir enflammé elle-même son mari pour dégager le terrain, c’est une véritable harpie !
Si tel est le cas, j'espère que mon épouse n'en prendra pas exemple ! Mais vous parliez de séducteurs, tant que cette femme ne tombe pas dans les bras de l'ambassadeur vénitien … Mais en parlant d'homme à femmes, où est monsieur du Perche ? Versailles perd de son glamour sans des hommes de sa prestance.

Lui, un peu groupie ? Oh, on admire avec les yeux ce qu'on ne peut avoir ! Il était toujours plaisant d'avoir dans son champ de vision, de beaux garçons. Mais il fallait revenir à une chose encore meilleure, c'était les ragots. Plus qu'un plaisir, une véritable passion !

Dites-moi Monsieur, à votre avis quelles surprises nous réserve la nouvelle année ? Regardez-moi tout ça : une assemblée réunie rien que pour le plaisir de nos yeux, prête à se livrer à tous les travers sous notre regard acéré et à en subir les conséquences…
Avouez que sans eux, nous nous ennuierions. Parler de la guerre serait pénible, nous deviendrons tous comme Colbert !
Oh tenez, je vois la marquise de Montespan comploter avec son frère et le duc de Richmond… Diable, je plains mademoiselle de Listenois. Elle n’est pas tombée en de bonnes mains.

Il tourna la tête pour voir la petite scène et eut un regard snob et condescendant à souhait. Depuis qu'il savait qu'elle allait épouser Lorraine, cette fille ne lui inspirait guère de pitié.

Bien fait. Il ne reste plus à voir comment elle s'en sort face à trois courtisans de haute volée. Il décida de tourner la tête pour voir autre chose et son visage s'éclaira avec un grand sourire. Regardez cher baron qui est la charmante compagnie de mon cousin Valois. Voyez vous cette délicieuse jeune femme ? La reconnaissez vous ? Oh elle est adorable dans cette robe !

Philippe gloussa, amusé de voir que la ''femme'' qui accompagnait un des plus beaux partis du royaume n'était autre que son ami de toujours, son merveilleux Choisy qui venait en comtesse des Barres !


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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime27.10.12 22:35

L'attention de Gabrielle de Longueville s'était fixée sur un point de la salle bien précis sur lequel elle dardait un regard inquisiteur. Depuis qu'elle avait appris ce qu'il avait osé faire à son petit frère – qui brillait tout particulièrement ce soir-là par son absence d'ailleurs -, elle haïssait cet homme méprisable plus que tout autre au monde – à l'exception du roi peut-être. Il l'avait séduite pour la mettre dans son lit et ceci fait, il n'avait pas hésité à s'en prendre au frère de sa maîtresse, comme si elle ne faisait que d'un vulgaire tableau de chasse, oubliant par la même occasion l'affection possessive que l'aînée avait pour son cadet. Encore que pour saisir ce dernier point, il était sans doute nécessaire de connaître les relations ambiguës qu'entretenaient les Longueville. En tout cas, à l'heure actuelle, tout ce qu'elle avait aimé en lui, tout ce qui l'avait attiré dans ses bras, son arrogance, son assurance, sa liberté de ton, tout cela l'irritait et la conduisait à le haïr. Si elle l'observait ce soir-là avec grand intérêt, ce n'était pas par obsession pour lui ou pour la vengeance qu'elle comptait bien exercer sur lui. C'était parce que l'expression qu'arborait l'Italienne devant lui ne trompait personne. C'était un mélange de mépris et de haine qui transparaissait dans ce sourire carnassier. Et Gabrielle se disait que décidément, il lui fallait faire la connaissance de cette Sofia di Parma.

- Ah, mademoiselle de Longueville !
A cet appel bien loin de respecter les exigences de son rang, Gabrielle détourna les yeux de ce spectacle ô combien passionnant et tourna la tête vers le chambellan royal qui paraissait affolé et s'essuyait son front en sueur. Ce Bouillon était vraiment un imbécile et donnait chaque jour une preuve de plus de son incompétence, il ne lui suffisait donc pas d'avoir jeté l'opprobre sur son nom en épousant une Mancini. Bien décidée à ne pas lui faciliter la tâche, la mine renfrognée, la jeune femme leva un sourcil pour lui signifier de poursuivre :
- Me voilà fort heureux de vous voir, je recherche désespérément votre frère, il est demandé par Sa Majesté et je me disais que...
- Mon frère ? Mais enfin, pensez-vous que je passe mon temps à le surveiller ? S'exclama-t-elle d'un ton désagréable, fatiguée qu'on lui demande une fois où se trouvait Paris avant de se raviser et de pointer de son index l'autre bout de la Galerie des glaces comme si elle venait d'apercevoir quelque chose : oh mais n'est-ce pas lui que je vois passer au bras d'une jeune fille en robe verte ?
Gabrielle eut la satisfaction de voir Bouillon partir presque en courant pour fondre la foule. Il n'était pas prêt de dénicher Paris à cette allure-là. Pendant quelques centièmes de secondes, elle s'inquiéta de savoir que son frère n'allait pas se présenter devant le roi. Mais elle haussa les épaules, après tout, il assumait les conséquences de ses actes, elle au moins était bien là pour représenter la famille.

Elle était perdue dans ces réflexions quand une nouvelle fois, une voix interrompit le cours de ses pensées. Mais c'était cette fois-ci le ton d'une amie et le visage de Gabrielle de Longueville s'éclaira lorsque ses yeux se fixèrent sur la jeune femme blonde qui venait de prendre la parole :
- Mes respects, chère duchesse. Je savais bien que l’on pourrait compter sur votre présence à ce Nouvel An, cette fête est d’une splendeur telle que je n’en ai jamais vue en Suède ! Néanmoins je préfère vos salons –il y est plus facile de converser qu’au milieu de cette foule. Comment vous portez-vous, depuis notre dernière conversation ?
Helle de Sola était aussi blonde que Gabrielle était brune mais elles avaient bien plus en commun que ne le laissaient supposer leurs différences d'origine. A la vérité, la duchesse appréciait réellement – ce qui était assez rare pour être noté – la jeune femme rencontrée dans les salons parisiens. Gabrielle aimait à s'entourer de personnes qui avaient bel esprit et des choses intéressantes à dire tant qu'elles la laissaient briller parmi eux. C'était très exactement le cas de la Danoise qui savait mener son jeu de manière fort subtile. Mais ce qui était étonnant, ce n'était pas de voir Helle lui adresser la parole... C'était de la voir avec son compagnon, un grand homme blond à la mine patibulaire et dont Gabrielle avait également fait la connaissance mais dans un tout autre contexte. Il se trouvait que parfois, dans le cadre de la main de l'ombre, Ulrich de Sola avait pour mission de la protéger d'éventuels agresseurs. Et il avait pour qualité d'être toujours discret et efficace. Il fallait bien dire que l'on se sentait en sécurité avec un tel homme ! Là encore, la duchesse avait un a priori positif sur lui. Ce fut donc avec un sourire sincère qui s'adressait à ses deux interlocuteurs que Gabrielle répliqua :
- Bonsoir, je suis ravie de vous voir... Ensemble. J'ai eu l'occasion de vous rencontrer tous deux et de sympathiser mais je n'avais pas eu la chance de vous voir en couple. Je n'aurais évidemment manqué cet Nouvel An pour rien au monde même si j'ai été en province pendant ces derniers mois. J'ai vivement regretté nos conversations, madame, soyez-en certaine. Mais Versailles me réclamait à nouveau, une Longueville ne peut rester loin de la cour longtemps sous peine de déchoir même si elle a des obligations en province.
Gabrielle osa un coup d’œil à Ulrich qui devait comprendre, lui, ce dont il retournait réellement sous ce terme très diplomatique d'« obligations »
- Je suis en tout cas de votre avis mais contrairement aux salons, cette soirée n'a pas pour but de nous laisser converser. Si les salons nous permettent de briller, de faire la conversation, d'échanger, les fêtes données par le roi ne sont l'occasion pour lui que de chercher à nous éblouir et à nous aveugler. Tant que nous dansons, nous ne réfléchissons pas.
Pour faire passer ces paroles proprement séditieuses, Gabrielle eut un dernier sourire charmant et termina la coupe de vin qu'elle tenait à la main.
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Thimoléon de Choisy


Thimoléon de Choisy

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Libre comme les cieux : il brûle comme l'enfer !
Côté Lit: Tous les anges et les démons de cette terre s'y étendent pour mon plus grand plaisir...
Discours royal:



    ANDROGYNE
    l'Allure stupéfiante.


Âge : 23 ans
Titre : Abbé de Saint-Seine - Comtesse des Barres - les yeux et les oreilles de la Cour...
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime28.10.12 0:01

    - Si une chose devait paniquer en moi madame, ça serait mon cœur. Vous le faites furieusement s’emballer. Si j’osais je vous ferais palper les conséquences de votre torture.

    -Oh ! s’exclama la Comtesse en posant « involontairement » une main sur sa gorge avant de donner une petit tape amicale sur la main du Valois. Quel vil charmeur vous faites, Monsieur ! ajouta la jeune femme en gloussant. Heureusement que mon fard peut dissimuler le feu de mes joues ! Vous me mettriez dans un de ces embarras.

    A vrai dire, la précieuse n’avait que faire de l’embarras. Chasseresse, Olympe aurai voulu dévorer avec une multitude de sensuelles bouchées l’homme qui se tenait devant elle.

    -En tout cas, Monsieur, sachez que j’ai en ma possession le meilleur remède pour votre cœur si palpitant, dit-elle avec un clin d’œil malicieux.

    Une vraie débauchée voilà ce qu’elle était !

    - Peut-être aurais-je même l’audace de m’enquérir moi-même, de l'état du vôtre. Saigne-t-il dès que je m’éloigne de vous ma chère ? demanda Hector en posant sa main sur son cœur.

    -Ne vous engagez donc pas aussi vite, mon ami, répondit Olympe en lançant un faux regard de reproche.

    C’est alors que la main du Valois vint caresser sa poitrine…euh…enfin son cœur ! Diantre ! Quel manque de subtilité !...Mais quelle finesse pourtant ! Olympe de savait plus où donner de la tête. Si sa perruque était une théière, elle aurait sifflée tellement elle était bouillante ! Peut-être que Lazarre avait trop forcé sur le laçage de son corsage ? Non, non, Olympe n’était tout de même pas si bête. Mais le Duc était si attendrissant !

    - Si je n’étais pas pourchassé par le souvenir de ma regrettée femme. Je vous dirai que …

    Il soupira longuement et sa tête s’affaissa sous le poids d’un chagrin bien soudain. En temps normal, Thimoléon n’aurai point été dupe et aurait sentit le coup fourré mais… c’est d’Olympe dont on parle ce soir… Ah ! Même triste, il était beau ! La Comtesse ne pouvait supporter de le voir dans cet état.

    -Han ! Monsieur ! Point de tristesse et de longs soupirs en ma compagnie ! dit-elle en relevant avec douceur le visage d’Hector lui offrant un sourire réconfortant et chaleureux. Qu’avez-vous donc en ce jour de fête ?

    C’est alors qu’elle vit les yeux brillants du Duc, au bord des larmes. Ne pouvant s’en empêcher elle prit ses mains entre les siennes, plus familière, si touchée par tant de détresse… Elle se demandait bien ce qui pouvait arriver au Valois pour être si triste. Elle était si curieuse !

    -Non, non séchez donc ses larmes, mon ami !

    Elle écoutait avec attention chaque mot, chaque parole que lui confiait le Duc. Il parlait bas et ils s’étaient mis un peu à l’écart afin de ne pas être entendu de tous. Plus le Duc avançait dans ses explications et plus la Comtesse multipliait les gestes d’attention envers l’homme. Il n’y avait là point de jeu de cour ou faux semblant, Olympe était touchée par les paroles d’Hector de Valois. Elle ne s’attendait pas à tant de confidences pour ce début de soirée ! Elle posa alors une main tendre sur celle de l’homme qui se confiait à elle.

    -Je connais quelqu’un qui pourrait peut-être vous aider, dit-elle avec un sourire réconfortant. Comme vous le savez surement j’ai un large cercle de relations. L’un d’eux, vous le connaissez surement, est l’abbé de Choisy. Il me semble qu’il n’est pas ici ce soir malheureusement, dit-elle, parfaitement dans son rôle. Il arrive qu’il vienne loger chez moi lorsqu’il ne rentre pas à l’abbaye, c’est un vieil ami de ma famille. Il se fera un plaisir de vous venir en aide ! N’hésitez surtout pas à venir à mon hôtel, le Temple du Goût, il y est souvent.

    Quelle performance ! Parler de soi-même à la troisième personne : une grande première pour cet androgyne. En tout cas, que cela soit François-Thimoléon ou Olympe qui entendent les confidences et les confessions d’Hector de Valois : « ils » gagnaient sur toute la ligne ! C’est dans ces moments-là que Thimoléon voyait à quel point son travestissement pouvait lui rendre de tels services. Peut-être devait-il songer à élargir la gamme de ses personnages ? Il en parlerait à Monsieur lorsque le moment s’y prêterai et à Guillaume lorsque celui-ci daignera remontrer le bout de son si joli minois…

    -Aaah ! J’aime mieux ce sourire, Monsieur ! Tenez, dit-elle en attrapant un verre de champagne poser près d’elle. Je vous l’offre, profitez de la fête, étourdissez-vous un peu ! Vous le méritez bien !

    Elle s’éloigna un peu à contre cœur d’Hector puis se retourna en lui lançant un sourire radieux.

    -Ce soir mon ami, j’ai très envie de danser. Si le cœur vous en dit… Vous savez où me trouver.

    Puis la Comtesse reprit son chemin, presque aussi guillerette qu’une adolescente en fleurs. Elle s’avança dans la Galerie des Glaces, à la recherche de personnes bien précise cette fois. Et ce n’était autre que Philippe d’Orléans ! Plus resplendissante et étourdissante que jamais elle s’avança vers lui comme si elle était la reine de la fête. Il était en compagnie de Ferdinand d’Angleray, si charmant et si drôle !

    -Votre Altesse ! Monsieur d’Angleray ! Quelle joie ! S’exclama-t-elle en faisant une révérence. Mon Nouvel An ne serai rien sans vous. Alors ? Que dites-vous de ma tenue ? demanda-t-elle en tournant sur elle-même. C’est un cadeau de notre Athénaïs !

    Il est vrai que la Comtesse se laissait davantage aux familiarités ce soir, mais cela ne changeait pas beaucoup de sa frivolité habituelle.

    Oh ! D’ailleurs en parlant de cadeau, Philippe… dit-elle soudain en posant une main sur l’épaule du Prince.

    Elle claqua des doigts et son valet Lazarre apparut à ses côtés comme par enchantement, fendant la foule, un grand paquet entre les bras.

    Je l’ai fait faire tout spécialement pour vous ! expliqua-t-elle. Vous n’arrêtiez pas de me parler de cet affreux anglais et des vases qui n’arrêtaient pas d’être brisés… Je me suis dit que je devais intervenir ! dit-elle avec un petit sourire en échangeant un regard entendu avec Ferdinand.

    Elle espérait voir des étoiles dans les yeux de son ami d’enfance. Il commençait à déchirer le papier dévoilant morçeau par morçeau un grand vase en porcelaine sur lequel était peint….

    L’accident ! dit-elle sur un ton théâtral une fois le cadeau déballé, elle trépignait sur place. Cela vous plait-il mon ami ?


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« J'ai connu une Madame Monsieur jadis ! »


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime28.10.12 2:58

- Une autre idée?

Megan ricana doucement et vérifia autour d'elle qu'aucune oreille ne les écoutait. Enola ouvrit toutes grandes ses oreilles. L’heure était aux confidences. Elle le sentait.

- Me détacher de l'emprise de mon frère, Enola. Voilà l'idée. Ce Froulay est un homme de bien, il me laissera en paix et éloignée d'Archibald aussi longtemps qu'il vivra.

Un peu déçue, Enola baissa légèrement les yeux. Elle s’attendait à beaucoup plus. Elle s’attendait à un aveu de sa part, mais en y repensant, c’était tout à fait dans le genre de Megan de faire une chose pareille. Enola savait comment son « amie » s’entendait mal avec son frère, à cause de deux forts caractères, et puis… Peut-être bien qu’elle aimait vraiment Aymeric de Froulay.

- Eh bien… je vous souhaite tout le bonheur possible, Megan.

Elle était sincère. Elle aurait aimé, elle aussi, un jour, pouvoir rencontrer le grand amour. Mais elle, une reine sans trône, rencontrer le grand amour, pour tomber plus facilement par la suite? Non. Elle ne pouvait pas. C’était injuste, et dans sa révolte de jeune fille qui, malgré une dure vie, garde une petite parcelle de romantisme, elle pouvait parfois en pleurer le soir, seule dans son lit, bien malgré elle.

- En réalité… il y a en effet une autre raison, plus officieuse.

Megan baissa la voix et se rapprocha d'Enola. La jeune Lady Dorset ouvrit toutes grandes ses oreilles, prête à entendre sa confidence. Ça y est. Elle allait enfin cracher le morceau.

- Rester en France au bras de Froulay me permettra d'approcher le terrain militaire, où vous savez que résidera James d'York.

- James d’York? Mais n’est-ce pas le cousin de Charles Stuart?

Enola eut envie de se gifler. Elle avait toujours été incapable de parler de Charles II par Charles II. Elle rougit légèrement et baissa la tête, marmonnant doucement « Pardon, Sa Majesté le Roi » bien à contrecœur.

- Je vous ai déjà parlé de mon animosité envers lui...il faut saisir chaque opportunité, ne croyez-vous pas? Je suis certaine que nous pourrons agir efficacement en duo. Me suivrez-vous?

Enola leva la tête. Bien sûr que oui, qu’elle la suivrait. Nuire à un Stuart? C’est ma spécialité, très chère ennemie. Restait à savoir deux choses : le dessous de l’affaire, et aussi, le plus important de tout : pour quelle raison irait-elle en Lorraine? Aucune. Il fallait en parler tout de suite avec Megan.

- J’accepterai avec joie de vous aider dans votre entreprise, Megan… Seulement, je n’ai ni charge à la Cour, ni grande influence, et la petite rente familiale que je possède suffit tout juste à me payer un appartement convenable près de Versailles et le minimum de personnel… Il faudrait que je me trouve un bon alibi pour me rendre en Lorraine. Peut-être la duchesse d’Alençon pourrait m’aider… Vous savez, dit Enola avec un petit rire moqueur, cette bigote a entrepris de me convertir au catholicisme, depuis qu’elle s’est prise d’amitié pour moi en voulant me réconcilier avec Mademoiselle de Listenois… mais je ne crois pas qu’elle aille sur le champ de bataille… Il faudra donc que je trouve un moyen.
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Francesco Contarini


Francesco Contarini

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime28.10.12 21:12

    A peine le vénitien avait-il ouvert la bouche qu’un gueux s’apprêtait à le réprimander. Comment osait-il avec son air débrayé ? Heureusement le Duc de Bouillon vint interrompre cet épouvantail parlant, mais c’était sans compter sur sa délicieuse princesse qui se fit évidemment un plaisir de prendre le relai. Elle était raide, son visage en cœur était de marbre et ses yeux lui lançaient des éclairs furieux.

    - La politesse, monsieur, serait de saluer tout le monde, on ne sélectionne pas les saluts, nous ne sommes pas des animaux.

    A ses mots, l’ambassadeur lui lança un sourire en coin des plus amusés et un regard brûlant.

    -Seriez-vous vexée très chère principesa ? Je m’apprêtais à le faire… Seulement la beauté de cette jolie colombe m’a pris de court ! ajouta-t-il en lançant un regard à la jolie blonde avant de lui faire un baise main, uniquement pour rendre la Farnèse hystérique.

    -Mademoiselle n'est pas là pour danser avec des individus de votre espèce.

    -Oh Sofia ! Mon espèce est celle des gentilhommes et celle-ci est bien trop rare en ce monde pour que vous osiez priver cette douce enfant ! N’est-ce pas mademoiselle ?
    demanda-t-il en se tournant vers sa charmante victime qui ne le quittait pas des yeux.

    L'italienne bouillonnait, il le sentait. Prête à exploser et pourtant obliger de garder un masque de convenance et de bonnes manières, le pauvre « ange ». Et Francesco ne cessait d’enfoncer le clou, attiser sa colère, sa jalousie… Sofia ? Il la connaissait par cœur. La jeune femme avait choisi de jouer contre lui : elle allait être servie !

    -Vous n'avez pas trouvé de greluches à mettre à votre bras ? Regardez, mademoiselle de Listenois préfère être au bras du favori de Monsieur, au risque de sa vie, cela veut tout dire.

    -Cela n’est pas grave,
    fit Francesco en haussant les épaules, indifférent de voir la Listenois en question au bras d’un mignon.

    Lorsqu’il reporta son attention sur Sofia, celle-ci lui jetait un petit sourire tout en savourant un macaron. Elle complotait quelque chose. Francesco connaissait beaucoup trop bien ce regard mais il n’était pas question d’en être perturbé ! Il se tourna de nouveau vers la pupille de son ex-fiancée et reprit la conversation comme si de rien n’était :

    -N’écoutez donc pas les ruminements de cette pauvre princesse, ma chère, dit-il avec un sourire faussement bienveillant. Elle est devenue triste, aigrie avec le temps… Son célibat l’a bien amoché...

    Francesco savait qu’il plongeait le tranchant de ses paroles dans une plaie encore ouverte. Il n’y allait pas de main morte, mais il commençait à se lasser de tous ces piques verbales trop convenus à son goût. Il voulait la tester, jusrte pour voir.

    -Si vous voulez réussir : il vous faut voir le monde et le croquer à pleines dents ! s’exclama-t-il comme s’il décrivait des contrées lointaines et magiques.

    Puis il offrit son bras à la jolie blonde en jetant un regard mauvais à Sofia :

    -Venez, amusons-nous.

    Il entraina la demoiselle sur la piste mais ne lâchait pas Sofia du regard comme pour la mettre au défi, comme pour lui dire : « Qui est encore toute seule à présent ? ». Ce soir, Francesco avait définitivement décidé de ne pas la ménager. Il n’était pas au bout de ses surprises.


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La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.

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Je suis Kuzco:
 
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 4 Icon_minitime29.10.12 11:14

Regardez cher baron qui est la charmante compagnie de mon cousin Valois. Voyez vous cette délicieuse jeune femme ? La reconnaissez vous ? Oh elle est adorable dans cette robe !

La deuxième partie de la tirade de Monsieur se perdit quelque part entre sa bouche et l’oreille de Ferdinand ; car dès que celui-ci eut entendu le nom de Valois, il détourna le regard et une ombre passa brièvement sur son visage. Ses mains –qu’il avait croisées dans le dos- se crispèrent en même temps que sa mâchoire alors que le souvenir de leur dernière conversation lui revenait en mémoire avec la force d’une claque retentissante. Plusieurs semaines avaient passé il est vrai ; mais il semblait que son propre cerveau le trahissait et avait imposé un tabou sur le nom de celui qui avait été son meilleur ami.
Heureusement c’était un bon comédien doublé d’un homme qui avait une grande capacité à ne pas voir ses problèmes lorsque ceux-ci devenaient trop encombrants ; aussi retrouva-t-il bien vite le sourire et ce fut comme si de rien n’était qu’il salua aimablement Choisy –ou plutôt la comtesse des Barres- lorsqu’il vint à eux.

-Votre Altesse ! Monsieur d’Angleray ! Quelle joie ! Mon Nouvel An ne serai rien sans vous. Alors ? Que dites-vous de ma tenue ? C’est un cadeau de notre Athénaïs ! babilla la comtesse en tournoyant avec le ravissement d’une jeune fille à son premier bal.
« Ma chèèèère comtesse, votre robe est absolument sompt-u-euse mais elle n’est que l’écrin dont vous êtes le diamant ! » s’exclama Ferdinand avec une révérence mille fois exagérée et une voix faussement théâtrale qui venait démolir tout le potentiel sérieux de sa déclaration. Il la ponctua d’ailleurs d’un baisemain fort galant mais aussi fort comique puisque l’on aurait cru voir là le pire des précieux possibles. Voire un des mignons de Monsieur. La comtesse se tourna d’ailleurs vers lui.
Oh ! D’ailleurs en parlant de cadeau, Philippe… Je l’ai fait faire tout spécialement pour vous ! Vous n’arrêtiez pas de me parler de cet affreux anglais et des vases qui n’arrêtaient pas d’être brisés… Je me suis dit que je devais intervenir !
« J’ai l’impression que les vases deviennent une malheureuse espèce en voie de disparition à Versailles, Monsieur, vous devriez suggérer à votre frère de faire passer une loi à ce sujet. Voilà qui serait autrement plus utile qu’aller guerroyer contre la Lorraine pour trois bouts de terre. » remarqua Ferdinand d’un ton narquois.
L’accident ! Cela vous plait-il mon ami ?

Il fallait reconnaître que l’attention était touchante. Il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour savoir que Choisy et Monsieur étaient probablement les deux amis les plus soudés de Versailles, aussi surprenant cela puisse-t-il paraître. Ferdinand attendit que Monsieur eut réagi pour, à nouveau, jouer son rôle de bouffon.

« Ah, voilà bien ce que l’on peut appeler une amie véritable. » soupira-t-il avec exagération. « Et le présent est autrement plus élégant que le service de vaisselle de notre bon Louis. D’ailleurs chère comtesse, je vous prends à témoin de ce que j’appellerais une injustice flagrante : figurez-vous que je n’y ai même pas eu droit moi, au service frappé de la tête de notre bon roi ! Moi son fou, son bouffon, celui qui s’échine à longueur de journée pour amener le début d’une ébauche d’un sourire sur la face triste et grise de sa Majesté qui ne pense qu’à la guerre à longueur de journée ! Quelle ingratitude, ces têtes couronnées, tout de même. Heureusement que Monsieur était là et m’a fait présent de cette superbe cape et de sa compagnie, autrement mon Nouvel An eut été aussi triste qu’une pierre. Ah, roi ingrat, souverain à la mémoire courte, est-ce ainsi que tu remercies le plus fidèle de tes serviteurs ! » se lamenta-t-il en levant un poing tragique en direction de Louis XIV à l'autre bout de la pièce, avec autant de conviction d’un tragédien de Racine. Mais avec moins de crédibilité. Mais au moins, il s’amusait !

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INTRIGUE : Nouvel An 1667
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