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 INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !

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Sofia Farnèse


Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

Âge : 24 ans
Titre : Princesse Farnèse, Princesse Chimay par mariage
Missives : 1402
Date d'inscription : 03/09/2011


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !   INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur ! - Page 2 Icon_minitime11.08.13 16:36

Sofia avait à peu près apprécié la fête avant l'arrivée de Francesco. Sa discussion avec les deux autres Contarini lui avait mis du baume au cœur. Raphaella et elle se ressemblaient en beaucoup de points, ce qui en faisait de grandes amies ; quant à Alvise, elle l'appréciait aussi, mais il est vrai qu'il était plus un animal de compagnie, une sorte de bête qu'on flatte ou qu'on caresse quand il fait quelque chose de bien.

« On peut raisonnablement dire que j’allais bien, mais je crois que c’est depuis que vous avez fait votre apparition, je me sens renaître, bella Sofia ! Vous m’avez manqué comme le soleil  peut manquer à un Vénitien exilé dans de froides contrées.
Oh que vous êtes charmant, mon petit Alvise, cela me touche. » répondit la Farnèse avec un petit sourire.

La jeune femme était surtout flattée, il était difficile pour une femme dans son genre de résister aux compliments et ne pas se sentir un peu pousser des ailes. Elle l'écoutait distraitement avec un petit sourire parler peinture et de Fontainebleau, où elle acquiesça pour approuver ses paroles. Dommage qu'il lui faille lui mentir pour qu'il fasse des reproductions de peinture, même s'il sera sans doute au courant un jour ou l'autre ... Mais tout cela vola en éclats lorsque le gondolier stupide vint tout gâcher, éclaboussant tout le monde de son sale ego. S'il savait qu'il s'enfonçait davantage, peut être aurait-il moins parlé. Mais entre ce déballage de méchancetés et le coup de la fontaine, il avait définitivement signé son arrêt de mort, du moins de mort socialement parlant. Si la mort n'en voulait, comme en témoignait le Nouvel An, Sofia ferait tout pour le détruire, et s'était alliée avec plaisir avec la nouvelle duchesse de Valois pour ce qui allait venir.

Prenant une nouvelle coupe de champagne, feignant la conversation avec une dame qui faisait la conversation pour deux, ridiculement déguisée en tigresse alors qu'elle avait le physique d'une dinde. Elle vit « Gabrielle » en compagnie du gondolier putride et ne put s'empêcher d'esquisser un sourire malsain. Le piège commençait à se refermer, surtout quand ils montèrent à l'étage. Elle n'écoutait plus le caquètement de la dinde tigrée qui parlait dans le vide avec passion du voyage de son mari à Parme, de sa rencontre avec les Farnèse, c'est-à-dire la famille de Sofia. Qu'est ce qu'elle pouvait s'en moquer ! Sa famille pouvait recevoir qui ils voulaient, surtout des personnes de seconde zone, elle s'en moquait comme de sa première robe de taffetas. La princesse prit son mal en patience en voguant de conversation en conversation, guettant l'heure sur l'horloge avant de succomber à l'envie d'écouter aux portes. C'est qu'elle ne voulait pas trop en entendre, juste les plaintes de Francesco, savoir qu'il avait été trompé par Gabrielle, qu'il avait couché avec une gueuse alors qu'il y avait tout donné, croyant être avec une princesse de sang.

Estimant qu'il était peut être temps, Sofia monta à l'étage et chercha la chambre de l'ambassadeur de pacotilles. Il résonnait encore la musique d'en bas, mais il n'y avait pas d'autres bruits. S'approchant d'une porte, elle entendit des bruits quelqu'un qui se levait d'un lit. Il y eut un silence un instant, puis elle entendit les hurlements de Francesco. Elle mit sa main devant sa bouche pour rire en silence, ne manquant pas une miette de ce qu'il se passait à l'intérieur. On aurait dit un dément, partagé entre la peur, le dégoût et la colère. C'était encore mieux que ce qu'elle avait imaginé. C'était juste magistral, du grand Contarini et c'était bien la première fois que Sofia avait une certaine sympathie pour son ancien fiancé. Car c'est double plaisir de tromper le trompeur. Puis, comme si de rien n'était, elle redescendit, s'adressant à Francesco malgré son absence :

« Prends garde à mon courroux, et ce n'est qu'un avant-goût. C'est la vengeance d'une louve, si tu me cherches, tu me trouves » lâcha t'elle avec un sourire satisfait.

Elle reprit son manteau et quitta la fête. Elle partait comme elle était arrivée, de manière impolie car sans dire ni bonjour ni au revoir à l'auteur de la fête, ni sans donner un cadeau. Enfin, si, elle avait fait un cadeau dont Francesco n'était pas prêt d'oublier ! Elle en riait encore alors que la carrosse quittait le manoir pour rejoindre son hôtel particulier versaillais. C'était tellement amusant, une vengeance inutile et puérile mais qui faisait tellement de bien. Sur la route, il restai des flaques des pluies de la veille, et en passant la tête pour prendre l'air, elle eut l'occasion de voir des gueux éclaboussés par son carrosse, ce qui la fit rire davantage encore. Décidément, cette soirée était un peu sa fête à elle.

En rentrant chez elle, ses servantes furent étonnées de la voir de retour si tôt, la Farnèse avait fait confectionner sa robe-paon avec le souci de la perfection dans le moindre détail, s'était si minutieusement préparée pour quoi ? Deux heures de festivités ? Pourtant, cela suffit amplement à Sofia, avec son sourire radieux et ce fou rire qui ne la quittait pas alors qu'on lui enlevait cette robe qui ne servirait probablement plus jamais et qui allait prendre de la place pour rien dans les placards de la princesse. Mais cela importait peu pour Sofia, qui avait eu sa petite vengeance après l'humiliation du soir et cette conversation de sourds avec cet abruti des eaux croupies. Le savoir vexé, humilié et traumatisé la satisfaisait largement. Sofia put s'endormir sur ses deux oreilles, ayant accompli une partie de son projet …

Fin pour Sofia.

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !   INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur ! - Page 2 Icon_minitime09.09.13 16:53

    Sur le coup, Nicolas n’avait pas réellement enregistré ce qui se produisait. Il ne comprenait pas exactement comment la scène allait se passer. Il ne se faisait pas trop d’illusions; les manières du mousquetaire étaient moins léchées que celles de l’Ambassadeur, alors il allait y avoir quelques faux-pas. Il pensait aisément se faire pardonner par un cadeau qu’il avait rapidement planifié pendant son attente. Maintenant qu’il suivait un valet qui le menait à Francesco, il se demandait si c’était vraiment une bonne idée. Il en doutait gravement, mais peut-être que cela lui ferait plaisir. Ne jamais sous-estimer le bénéfice d’un travail fait à la main, si vous suivez le train de pensée de Nicolas. Bon, peut-être allait-il être atroce comme c’était la première fois sur un tiers, mais il ne s’était jamais plaint de ses propres traitements.

    Peut-être qu’il avait envie de reculer et de se mettre à courir dans l’autre direction. D’accord, ce n’était pas peut-être. C’était certainement. L’envie de prendre ses jambes à son cou était présente, il ne pouvait le nier. Mais il avait attendu longtemps pour être reçu par l’Ambassadeur. Il n’allait certainement reculer maintenant, non? Non? Il dut prendre une longue inspiration avant d’entrer dans la pièce, ce qu’il fit presque avec regret.

    Soudainement, il était devant lui. Et il était dans sa chambre… Dans sa chambre aux draps défaits… Et lui, torse nu. Merde, merde! Oh Seigneur! Nicolas, les yeux paniqués, se retourna, se trouvant face à une porte close. Le valet était déjà parti, ayant refermé la porte derrière lui. Trop tard pour retourner, donc? Tentant de réprimer le tremblement qui le prenait, il accorda un nouveau regard à l’Ambassadeur, mordant sa lèvre inférieure à la vue de ses obliques. Non, non! Putain! Pourquoi pouvait-il penser ça? Tout le bordel avec Élodie de Froulay n’était pas suffisant? Oh mon Dieu, il allait aller en Enfer… Bon, d’accord, il y était destiné depuis longtemps, mais là, c’était autre chose. Se retournant complètement, s’adossant au battant de la porte, Nicolas resta un long moment silencieux, tentant d’accepter la vision qui s’offrait à lui et l’effet qu’elle avait sur lui.

    Définitivement, il était perdu… Se fondant dans une révérence profonde, le souffle toujours coupé, Nicolas ne savait plus quoi dire, quoi faire. Apparemment, quelqu’un avait eu la même idée que lui. Son long corps toujours plié en deux, le mousquetaire décida de fixer son regard sur les détails du tapis.

    -Je… Je venais souhaiter un bon anniversaire à votre Magnificence… J’ignorais qu’il serait dans cette tenue. Pardonnez-moi pour cette intrusion… Et également pour le mensonge que j’ai dû dire pour me retrouver en votre présence.

    Nicolas se releva, fixant son regard dans celui de l’autre homme. Il eut finalement assez de courage pour soutenir ces yeux si bleus.

    -Je croyais mon cadeau original, mais je vois que quelqu’un a eu la même idée.

    Puis, avec un sourire taquin, Nicolas reprit confiance en lui. Ça ne pouvait être si mal s’il le désirait. Manifestement, il y avait des chances pour que ce soit partagé. Oh, il pouvait toujours se confesser si jamais il s’en sentait l’envie plus tard. Pour le moment, plus important l’attendait.

    -Dois-je partir, monsieur?

    Était-ce quelque chose de vraiment acquis? Quoiqu’il en soit, il y avait un certain jeu de pouvoir qui s’était établi entre eux. Nicolas donnait du « monseigneur » et de «votre excellence » à l’Ambassadeur, le tout avec un air suffisamment moqueur pour que sa soumission paraisse fausse et il lui semblait que Contarini ne détestait pas avoir ses rougissements feints et ses mordillements de lèvre faussement innocents.

    -Ou vous pouvez me suggérer quelque chose qui vous plairait et je me ferai un devoir de vous l’offrir au plus vite.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !   INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur ! - Page 2 Icon_minitime11.10.13 23:07

Il y avait une chose que Perrine goûtait autant, et peut-être même plus que l’intrigue dans laquelle elle se complaisait allègrement : c’était de voir les choses se dérouler comme elle l’avait prévue, et ses plans aboutir aux résultats escomptés. Le succès, dont certains se moquaient pourvu qu’ils puissent continuer à comploter, était pour elle cette petite touche finale, indispensable, qui donnait tout son piquant à l’affaire – et, il fallait bien l’admettre, flattait son orgueil qui se plaisait à voir ses machinations bien huilées suivre leur cours et s’achever comme elle l’entendait. Elle ne jouait pas que pour le plaisir de participer, et c’était bien la perspective d’une nouvelle victoire (plus que celle de passer une nuit dans les bras de Contarini) qui provoqua la moue indécente qui tordit ses lèvres lorsqu’elle vit paraître l’ambassadeur sur le pas de la porte. Il affichait le sourire fier et assuré des pires séducteurs, persuadés que personne ne peut leur résister. A la place de ce sourire, alors même qu’elle lui tendait une coupe de champagne censée célébrer le retour de leur… entente, elle se prit à imaginer les sentiments bien moins glorieux qui s’y peindraient un peu plus tard, à n’en pas douter, de la surprise à la colère, en passant par l’horreur, tout en savourant par avance la délicieuse idée que ce qu’elle imaginait n’était sans doute pas à la hauteur de ce qu’elle verrait. Perrine n’avait pas pour habitude d’apprécier qu’on la renvoyât à sa condition, mais le plaisir coupable de l’intrigue avait décidément bien des effets sur elle, jusqu’à finalement la pousser à oublier tout ce qui aurait dû la pousser à refuser le rôle que Gabrielle se proposait de lui faire jouer.
« Après notre dernière rencontre, je n’aurai jamais imaginé vous retrouver parmi mes cadeaux d’anniversaire. Vous me surprendrez toujours Gabrielle, lui disait alors Francesco. »
Rien que pour l’ironie de cette réplique, Perrine songea définitivement que le jeu en valait la chandelle.

L’âne déguisé en lion et la vipère dissimulée sous son costume de colombe trinquèrent, mais avant que cette dernière n’ait l’occasion de s’intéresser aux pâtisseries qui accompagnaient le champagne, son amant d’un soir l’attira dans ses bras et surtout vers l’imposant lit, non sans souffler sur son passage quelques bougies qui plongèrent la pièce dans une pénombre qui faisait parfaitement l’affaire de la fausse duchesse. Estimant qu’il ne fallait pas abuser de sa bonté et jugeant à l’empressement de Contarini qu’elle n’avait pas besoin de trop en faire pour accomplir son méfait, elle laissa à celui-ci l’initiative d’ôter cette fourrure grotesque dont il s’était affublé, ainsi que la robe à plume dont elle était elle-même vêtue, et c’est dans un nuage de duvet blanc qui ne manquait lui non plus pas d’ironie qu’ils tombèrent dans le lit et s’y abîmèrent en attendant le dénouement prochain d’une farce qui, du point de vue de Perrine du moins, aurait certes pu s’avérer moins agréable. L’ambassadeur de Venise n’était en effet pas mauvais amant, et méritait sans nul doute ses titres de gloire auprès des demoiselles les moins farouches, ce dont elle ne se priva pas de profiter bien qu’elle attendît le moment où il se rendrait compte de son erreur. C’est donc partagée entre l’impatience d’en finir et le plaisir que l’on pouvait prendre dans les bras d’un amant aguerri que la camériste laissa échapper le soupir qui perturba visiblement Francesco et le poussa brusquement à se redresser et quitter le lit. Comprenant que l’heure du dénouement était venue, Perrine adopta une pause lascive sur le matelas, repoussant les draps froissés pour lui apparaître entièrement, et alla même jusqu’à lui adresser un sourire parfaitement diabolique lorsqu’armé d’un chandelier, il s’approcha à nouveau d’elle pour la remettre sur ses pieds.

C’est très précisément l’instant où il la dévisagea et où elle vit son visage se transformer que Perrine grava dans sa mémoire pour en faire le récit à Gabrielle. La réaction qui s’en suivit ne la déçut pas.
« SANTA MADRE DELLE PROSTITUTE ! hurla l’ambassadeur horrifié, tirant un petit ricanement sardonique à celle qui n’était finalement pas duchesse de Longueville.
- Oh, votre cadeau vous déplaît ? minauda cette dernière en arborant une moue déçue. »
Pour toute réponse, il la repoussa brusquement contre un meuble et lui envoya roulés en boule ses vêtements de plumes, tout en continuant à hurler de probables insultes auxquelles elle n’entendait rien – il lui suffisait de toute façon de voir son air défait et horrifié pour être satisfaite. Tout en se rhabillant vaguement, elle l’observa tourner en rond, cédant à ce qui ressemblait presque à une crise de panique – pouvait-on avoir la phobie de tout ce qui ne rassemblait pas tous ses quartiers de noblesses ? Il fallait absolument qu’elle lui présente certains de ses camarades pour vérifier l’expérience – ravissant toujours plus Perrine qui se demanda si elle allait réussir à retranscrire avec autant de vivacité et d’émotion la réaction de l’ambassadeur dupé à la véritable Gabrielle. Elle était de nouveau à peu près présentable lorsqu’il retrouva son calme, et avant qu’elle ne s’avise de prononcer le moindre mot, il se saisit de son bras et approcha son visage déformé par la colère tout près de sien pour lui parler.
« Va donc dire à ta maitresse que ses farces de bohémienne lui coûteront bien plus que sa jolie tête.
- Je suis sûre qu’elle sera ravie d’avoir de vos nouvelles… rétorqua Perrine avec un sourire insolent. »
Là-dessus elle se laissa pousser dehors, une moue goguenarde aux lèvres, se gardant bien d’être vexée et retrouva sans plus attendre le chemin de la sortie, puis de l’hôtel de Longueville.

Il était déjà fort tard lorsqu’elle parvint à son but mais il ne faisait pas de doute pour la vile camériste que Gabrielle attendait le compte-rendu de sa folle nuit, aussi se rendit-t-elle directement dans les appartements de son amie, qu’elle trouva en effet réveillée. Dans un bruissement de plumes et de tissus, elle se laissa tomber auprès d’elle.
« Je crois que notre pauvre ambassadeur n’a jamais eu aussi peur de sa vie, siffla-t-elle, amusée. Je ne parle pas italien, mais je crois bien que nous avons réussi notre petite farce… Crois-moi, tu aurais voulu voir sa réaction. »
Réaction qu’elle s’empressa de lui conter après lui avoir confié la facilité avec laquelle le fat s’était laissé piéger. C’est dans un éclat de rire mauvais que les deux diaboliques amies conclurent cette soirée haute en couleur, et ce plaisant petit succès.

Fin de cette intervention utile et crédible de Perrine - sans rancune Cesco What a Face 
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !   INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur ! - Page 2 Icon_minitime29.10.13 22:23

- Écoutez … Je ne suis pas vraiment celle que je laisse paraître .. je suis … avait commencé Pauline de Blaingirey avant de s’interrompre. Diable, elle avait l’air bien grave, tout à coup. Ferdinand redouta soudainement une révélation dramatique ou tragique qui viendrait rompre tout le charme de cette soirée ; non pas qu’il était quelqu’un d’insensible, mais pour sa dernière soirée à Versailles avant son départ à la guerre, il aurait préféré éviter les tragédies. A cet instant précis, elle avait tout l’air de quelqu’un qui s’apprête à lui apprendre d’un ton fataliste : "Chéri. J'ai quelque chose à te dire... il y a une famille de chinois dans notre salle de bains." Ferdinand retint une grimace. Et surtout, attendit la suite.

- Je suis écossaise et non française.

Haussant un sourcil étonné (à la fois de l’originalité de la révélation et de son importance moindre comparé à ce à quoi il s’attendait), il comprit pourquoi il avait eu tant de mal à identifier cet accent étranger qu’il n’avait jamais réussi à situer au fil de leurs rencontres. Il ne rencontrait pas des écossais tous les jours, et lorsque cela arrivait… Cela n’arrivait pas, le nombre d’écossais à la cour du roi soleil n’étaient pas exactement légions ni dans l’intimité du souverain.

Rasséréné, Ferdinand prêta une oreille attentive au récit qui s’ensuivit, en oubliant un peu le verre qu’il tenait toujours à la main à peine entamé. Une histoire de mariage raté comme on en voit tant, il en était à peine surpris. Un mari volage, une épouse bafouée… Brièvement, il se demanda si Pauline elle-même avait pris sa revanche sur son mari en s’oubliant dans les bras d’amants de passage et balaya cette hypothèse de ses pensées, songeant qu’il était peu correct d’imaginer des choses pareilles au sujet d’une femme qui avait visiblement souffert de la situation. Enfin, ça n’aurait été que justice. Elle n’aurait pas été la première à passer par là, et certainement pas la plus condamnable, songeait-il.

- J’ai bien peur que cette première expérience m’ait dégoûtée des hommes, telle vous me voyez là, je reste célibataire, rendez-vous compte à mon âge. Presque vingt-cinq ans, qui pourrais-je intéresser tandis que l’on choisit des pucelles de dix-sept ans en mariage ?
« Combien voulez-vous que je vous en cite ? » s’amusa Ferdinand. « Vous vous sous-estimez madame, j’en ai vu de plus âgées que vous se remarier très honorablement… Et elles étaient aussi diablement moins ravissantes. » ajouta-t-il avec un sourire en coin.
- A votre tour à présent, qui se cache derrière ce perroquet loufoque, ce Fou du roi, ce badin de toutes les minutes ? Comment votre épouse et vos enfants arrivent-ils à vous supporter ? demanda Pauline de Blaingirey. Question bien innocente et certainement justifiée, mais qui rappela à Ferdinand à quelle hypothèse de vie il avait justement renoncé quelques jours plus tôt, et ce brusque retour à la réalité… le fit éclater de rire.

« Qui sait, ma chère ? » interrogea-t-il joyeusement en accompagnant cette question rhétorique d’un geste un peu théâtral à la manière d’un Hamlet s’adressant au crâne de son cher Yorrick. « Vous savez comment ça se passe à la cour. Tout le monde porte des masques, la question est de savoir si le Fou en est exempté ou s’il est encore plus atteint que les autres. Je vous laisse méditer là-dessus… » conclut-il en prenant un air mystérieux volontairement appuyé qui ne lui allait pas du tout, le visage à quelques centimètres de celui de la jeune femme. Puis il recula et jeta un regard aux alentours, fit un coucou de la main à un serveur qui les observait et détourna aussitôt les yeux, tira un sourire sardonique au bouffon. « Pour répondre à votre seconde question, ils ont d’autant plus de facilité à me supporter qu’ils n’existent pas ! J’ai failli me marier, mais je le confesse, j’ai moi-même mis fin à ce projet il y a quelques jours. J’avais demandé à ma promise " M'aimerais tu toujours si j'étais un homme-tronc ?", et elle a hélas fait preuve de franchise… Comprenez-moi, et si je rentrais de la guerre sans bras ni jambes ? J’aurais l’air fin avec une épouse qui n’en aurait rien à fiche ! »

Balivernes bien entendu, et elle devait bien s’en douter vu le ton badin qu’il avait adopté, mais elle n’était pas obligée de savoir qu’il avait été pris de honte et de remords à l’idée d’épouser la fille de l’homme qui avait tué sa mère pour se venger de façon absolument puérile en lui faisant vivre un enfer tous les jours. Ils n’étaient pas encore assez intimes pour ça. A vrai dire, même Hector n’était pas au courant. Et au regard des derniers évènements, c’était certainement mieux ainsi.

« Vous voyez, vous n’êtes pas si seule que ça. Et dites-vous que moi, j’ai déjà trente-six ans ! Cela dit… » Ferdinand fit semblant de réfléchir, puis reprit sur un ton plus bas, et même… presque charmeur. « Oublions les maris et les fiancées ratés pour ce soir. Nous sommes entre gens de bonne compagnie et j’entends bien en profiter. Je ne suis pas sûr que beaucoup de soldats puissent se vanter comme moi de passer leur dernière soirée de liberté avec la plus ravissante des femmes de Versailles. »
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Francesco Contarini


Francesco Contarini

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je m'aime tellement ! Quoique, il est possible que je l'aime elle aussi...
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Titre : Nobilis Homo vénitien, Ambassadeur déchu, Banquier de la Main de l'Ombre & bras droit de Victor d'Amboise
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur !   INTRIGUE : Joyeux Anniversaire Monsieur l'Ambassadeur ! - Page 2 Icon_minitime07.11.13 15:41


    Plongé dans ses sombres pensées, Francesco buvait longuement un verre de vin. Un rictus de dégoût restait plaqué sur son visage depuis sa découverte de la gueuse dans son lit. Il était sous le choc. Regardant successivement ses mains, les draps froissés de son lit… Tout cela lui était insupportable ! Pourquoi tant de haine ? se disait-il en jetant un regard à son reflet (si beau) dans le miroir. Son valet tenta, tant bien que mal, de rassurer son maître. Il lui suggérait qu’il finirait par oublier tout cela… Mais l’ambassadeur lui jeta un regard outré par l’intermédiaire de son reflet :

    « Tu veux que j'oublie, Paolo ? s’exclama Francesco avec un rire nerveux. Ce cerveau n'oublie rien, dit-il rageusement en martelant son front avec son index. Je n'ai jamais rien oublié depuis que ma mère a arrêté de m'allaiter. C'était un mardi, il pleuvait. Va plutôt me chercher Ruzé au lieu de dire des inepties ! »

    Une fois le valet partit, il poursuivit de scruter son image, la mine défaite. Etait-ce parce qu’il était séduisant qu’on le détestait tant ? Il était tellement absorbé par son double et ses dilemmes intérieurs qu’il n’entendit même pas Paolo revenir dans la chambre pour lui annoncer l’arriver de Nicolas de Ruzé. Un drap serré autour de sa taille, à demi-nu, l’ambassadeur se donnait des airs de tragédien grec. Ce n’est que lorsque le mousquetaire se décida à ouvrir enfin la bouche que le vénitien prit conscience de sa présence. Il frissonna légèrement au son de sa voix. L’italien se tourna dans sa direction pour trouver le beau français courbé bien bas dans une révérence. Ruzé semblait nerveux.

    -Je… Je venais souhaiter un bon anniversaire à votre Magnificence… J’ignorais qu’il serait dans cette tenue.

    -Pourquoi vous êtes là ? lança Francesco sur un ton amer. Vous m’avez acheté un poney ?

    Il était si seul tout à coup ! C’était le plus beau jour de l’année, son anniversaire, et voilà qu’on lui plantait des couteaux dans le dos. Francesco avait l’impression de ressentir parfaitement la douleur de feu l’empereur César… Quelle tragédie… Il ne savait plus qui croire.

    -Pardonnez-moi pour cette intrusion…, poursuivit Nicolas. Et également pour le mensonge que j’ai dû dire pour me retrouver en votre présence.

    -Comment vous en vouloir ? fit l’ambassadeur avec un sourire triste en retrouvant un peu ses esprits en se massant les tempes. Je suis l’attraction du jour, n’est-ce pas ? S’exclama-t-il en levant les mains. Et puis : relevez-vous donc mon ami, ajouta-t-il en soupirant. Tout ambassadeur que je suis, je ne mérite pas tant de protocole. Gardez cela pour le roi Louis, dit-il en agitant vaguement une main pendant qu’il servait un deuxième verre de vin pour son dernier invité.

    Le Contarini qui refusait la flatterie ? Oh non, il n’était pas dans son état normal ! Nicolas se releva, silencieux. Puis l’ambassadeur lui apporta son verre avant de plonger ses yeux dans les siens. La nervosité du français était toujours aussi palpable. Le vénitien trouvait bien du réconfort à constater que son charme opérait toujours malgré les derniers événements de ce soir…

    -Je croyais mon cadeau original, mais je vois que quelqu’un a eu la même idée, fit le mousquetaire avec un sourire taquin alors qu’ils trinquaient.

    Le regard du français s’était porté en direction du lit défait, le lieu du crime. A cette évocation, Francesco frissonna de nouveau. Il fallait clairement éviter ce sujet, surtout ce soir. Mais Ruzé ne savait pas…

    -N’y prêtez donc pas attention Il mio amico, fit le vénitien avec un sourire en détournant le visage du français de la vue du lit avec ses doigts. Ce n’était pas un si beau cadeau que cela...

    Il était si attendrissant avec cette naïveté feinte. Francesco était bien décider à laver la souillure laissée par la gueuse des Longueville. Quoi de mieux qu’un Adonis servit sur un plateau d’argent ?

    -Dois-je partir, monsieur ?

    -Pourquoi cela ? fit Son Excellence avec une moue faussement boudeuse. Ne sommes nous pas bien ?…, il approcha son visage du sien Là ?… un peu plus Tous les deux ?

    Et il déposa un baiser sur les lèvres du français. Il était diabolique quand il s’agissait de tenter les autres. C’était sa spécialité et un de ses passe-temps. Même désespéré, Francesco trouvait un moyen de jouer les Don Juan. Il ne connaissait que cela pour se remonter le moral. D’autres discutent, jouent aux cartes, font de la broderie, cueillent des fleurs, écrivent, boivent, mangent, fument… Son Excellence, elle, préférait s’envoyer en l’air !  

    -Ou vous pouvez me suggérer quelque chose qui vous plairait et je me ferai un devoir de vous l’offrir au plus vite.

    A cette phrase pleine de loyauté (et surtout de soumission), le vénitien ne bouda pas son plaisir, retrouvant l’entrain qui lui manquait.

    -Oh... Vous savez mon beau Ruzé... Quand j’ai envie de quelque chose, je n’ai pas besoin de demander, voyez-vous ?

    Et sans plus de cérémonie, Francesco enleva la ceinture du mousquetaire et la laissa tomber sur le plancher avant de lui lancer un sourire pervers.

    -Vous n’aurez plus besoin de ça pour ce soir..., dit-il en haussant les épaules avant de s’attaquer à la chemise de son invité qui trouva le même sort que la ceinture.

    Puis il attira son invité près de la cheminée devant laquelle était tombée la peau de lion avec laquelle l’ambassadeur s’était déguisé pour ce soir.

    -Veuillez m’excusez si je n’ai pas de lit à vous proposer, avoua Francesco. Mais ce lit, dit-il en désignant celui qui trônait dans la pièce. Il ne me plait plus. Je pense le faire brûler dès demain.

    On pouvait compter sur Francesco pour que cela soit fait... Pour lui, ce lit était à présent maudit ! Sans même attendre une réponse ou quelconque objection du français il le poussa d’une main sur la peau de bête.

    -As-tu déjà dansé avec le diable au clair de Lune ? demanda le vénitien avec un regard plus enflammé que jamais pour son nouvel amant avant de le rejoindre.

    Tel Zeus changé en aigle, il se jetait sur le beau Ganymède... On se console avec pas grand chose, finalement...

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La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.

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