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 INTRIGUE : Nouvel An 1667

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Isabelle de Saint-Amand

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Fermé à double tour depuis qu'un ex-mousquetaire l'a brisé
Côté Lit: Amants de passages aussi rapidement oubliés
Discours royal:



Coeur à vif ϟ
On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu

Âge : 29 ans
Titre : dame de Louvel, chevalier de Saint-Amand
Missives : 386
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime18.09.12 2:55

Trianon

Il fallait bien l’avouer, j’avais mis une éternité à choisir ma robe. Coquetterie féminine ? Ou tout simplement envie de faire enrager mon interlocuteur ? Allez savoir… Mais savoir Derek perdant patience dans le salon dont seulement une porte le séparait de moi m’amusait au plus haut point. On prend l’amusement ou on le trouve, ça n’a pas toujours besoin d’être intelligent. Et je devais bien avouer que ces derniers temps je n’avais pas vraiment eut du temps pour rire, bien au contraire. Pas plus que je n’avais de temps pour les petites crises de propriétés de celui qui était mon richissime amant du moment. Et encore, s’il avait été à peu près aimable, ça aurait pu être plus intéressant et plus agréable. Mais l’héritier du duché et futur électeur de Saxe ne me faisait hélas pas ce plaisir, hélas. Au contraire, monsieur se croyait tout permis. Ce qui en retour faisait que je me permettais de lui demander des « cadeaux » de plus en plus importants, ce qui déclenchait des réactions de propriétaires… Et cela continuait comme un cercle infernal. Un cercle très vicieux qui semblait bien nous plaire, pour le moment. Mais plus le temps passait et plus je commençais à me dire que Derek et moi, c’était de moins en moins supportable. J’avais besoin d’air.

Mais cela ne m’empêchait pas de mettre la plus belle robe possible, et ce n’était pas autant pour lui que pour moi. J’adorais en mettre plein la vue. Celle que j’avais choisie ce soir était d’un magnifique dégradé d’orange et de rouge. Flamboyante. D’autant plus visible que l’opposé total d’avec la couleur de mes yeux les rendait encore plus visibles. Pour mes cheveux, j’avais laissé les doigts experts d’Antoinette faire ce qu’ils avaient à faire, et de même pour le maquillage. Pour les bijoux, j’avais choisis un collier offert par Derek, autant lui montrer que je savais en faire bon usage, et dont le rubis centrale était presque de la même teinte que ma robe. Il fallait bien que tout soit parfait. Mais en regardant l’heure tourner, je me doutais bien que monseigneur commençait à s’impatienter de l’autre côté de la porte. Aussi m’amusai-je à réellement prendre mon temps. La soirée allait de toute façon être plutôt désagréable. Alors pourquoi s’y précipiter ? Je n’étais pas du genre à poser la tête moi-même sur le gibet. Hélas il allait bien falloir entrer dans la fausse aux lions…

- Il m’est bien égal , Isabelle, que vous soyez aux bras d’un autre de vos amants, mais pour l’amour de Dieu, mettez le dans un placard et sortez de là – habillée de préférence- ou bien vous pourrez dire adieu à ce cadeau qui m’a coûté les yeux de la tête ! Vous savez pertinemment que je déteste attendre !

Devant mon mutisme, Antoinette se crut obligée d’insister :

-Madame…

-Je sais, Antoinette, je l’ai entendue. Laisse-le s’égosiller, cela ne le rendra pas plus aimable hélas.

Bien sûr que je savais qu’il détestait attendre. Et j’adorais le faire enrager. Pourtant, je finis par me lever, et enfilais la capeline que ma femme de chambre me tendait, avant d’entrer dans le petit salon. Derek, sur la causeuse, semblait au bord de l’explosion.

-C’est à croire que vous vous êtes mise en devoir de rivaliser avec Monsieur dans votre toilette ! Je préfère de loin quand vous vous mettez à nu devant moi, l’attente est moins longue.

-Cela a au moins l’avantage de vous faire taire, rétorquai-je en enfilant mes gants, avant de rabattre la capuche sur ma tête.

Sans vraiment l’attendre, je me dirigeais vers la porte d’entrée de l’appartement et l’ouvris moi-même.

-Eh bien, vous venez ? Cela fait au moins une demi heure que vous me rabattez les oreilles avec mon retard, et c’est vous qui restez là. Le roi n’attend pas…

Et il y aurait du beau monde ce soir, c’était certains.

Galerie des Glaces

Evidement, tout le monde était là… Après avoir laissé ma cape à l’entrée, je pris le bras de Derek, offrant un sourire de circonstance aux gens que je connaissais, jouant de mon éventail.

-Etes-vous satisfait ? Nous ne sommes pas si en retard que ça…

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Marie-Thérèse d'Autriche

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Un homme qui ne le mérite pas
Côté Lit: Il ne devrait y avoir que mon époux
Discours royal:



R e i n e . D e
♡ COEUR ♡


Âge : 28 ans
Titre : Infante d'Espagne, Reine de France
Missives : 172
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime18.09.12 3:31

Marie-Thérèse se sentait épuisée. La fin de sa grossesse la mettait à rude épreuve. Ce n’était pas la première fois – et elle espérait que ce n’était pas la dernière – qu’elle tombait enceinte, et elle avait déjà eut ce sentiment. L’accouchement était proche, très proche. Aussi aurait-elle voulut garder la chambre pour les jours à venir mais hélas, c’était impossible. Ce soir était la soirée de Nouvel An du roi, et elle ne pouvait pas se permettre d’être absente, quel que soit son état. Aussi avait-elle fait un effort surhumain, dans une jolie robe d’un bleu pâle, rappelant celui de ses yeux, ses cheveux coiffés à la dernière mode mais avec la modestie qui la caractérisait. Le fard disposé sur ses joues visait à dissimuler sa fatigue autant qu’à l’embellir. Si cela n’avait tenu qu’à elle… Mais cela ne pouvait pas tenir qu’à elle. Elle était reine de France, et ce rôle, elle y avait été préparée toute sa vie. Faisant un signe de croix à l’intention du petit crucifix qui surplombait sa coiffeuse, elle pria Dieu de lui donner la force de supporter cette soirée, et surtout, surtout, de ne pas accoucher ce soir. Ca serait du plus mauvais effet !

Une autre raison pour laquelle Marie-Thérèse n’avait pas envie de se montrer ce soir, alors que cela aurait dut lui donner un peu plus de mordant, était le retour de la maîtresse royale. La souveraine ne s’était pas vraiment intéressée au sort de cette femme qu’elle n’estimait guère, mais avec qui elle restait polie. Jalouse ? Sans aucun doute. Après tout, c’était avec son mari que Madame de Leeds passait ses nuits et cela ne l’enchantait pas vraiment, même si Louis finissait toujours la nuit dans son lit, au final. Un instant, Marie-Thérèse faillit renoncer, avant de se reprendre. Leeds était ce qu’elle était, mais elle, était reine de France, fille du roi d’Espagne. Elle se mordit la lèvre pour s’en persuader, avant de réussir à se lever, chose plutôt difficile vu la taille de son ventre. Elle aurait aimé embrasser le petit Louis, le Dauphin, avant de se rendre auprès de son époux, mais l’enfant devait déjà dormir surement. Elle baissa les yeux. Demain… Sa femme de chambre finit d’attacher la rivière de diamant autour de son cou, ainsi que les boucles d’oreilles assorties, et Marie-Thérèse s’examina d’un œil critique dans le miroir. Pas si mal, pour une reine enceinte jusqu’aux yeux. Elle n’avait qu’une hâte, récupérer sa taille de guêpe. De Bagnes la tira de ses tristes pensées en passant la tête par la porte entrebâillée :

-Pardonnez-moi, votre altesse, mais il est temps d’y aller! Votre majesté ne peut faire attendre le roi et l’heure tourne!

-Je suis prête, répondis la jeune reine avec son accent espagnol dont décidément, contrairement à sa tante avant elle, elle n’arrivait pas à se débarrasser.

Mais le ton ne semblait pas convainquant, ce qui poussa le prêtre à venir plus avant :

-Votre majesté se doit de paraître à ces festivités. Le peuple vous aime et serait inquiet de ne pas vous savoir présente. Et votre majesté sait que je connais assez le peuple pour que ces paroles ne soient pas vaines.

Mais avant que la souveraine ait eut le temps de répondre, une de ses dames de compagnie intervint :

-Mon père, vous ne voyez pas que sa majesté souffre de fatigue? Il y a bien plus important que ces fanfreluches de la nouvelle année…

-Le devoir royal, madame. Allons majesté, je vous assure que je resterai à vos côtés pour qu’aucune force maléfique ne vienne troubler cet enfant. La duchesse de Leeds ne viendra pas étaler son retour devant vous…

Marie-Thérèse grimaça légèrement à l’entente de ce nom. Puisqu’il le fallait… Jean de Bagnes avait raison, hélas. Et chacun dans la maison de la reine pouvait constater avec facilité qu’il avait de plus en plus d’influence sur la fragile infante d’Espagne.

-Puisqu’il le faut, fut la simple réponse de la souveraine, avant de se mettre en marche vers sa corvée du soir.

-Il ne s’agira que de l’affaire d’une petite heure, votre majesté. Mais dites-moi le père confesseur est-il donc bien malade? Je suis inquiet pour sa santé....c’est bien sûr un grand honneur pour moi de vous accompagner, mais s’il s’avérait que sa santé doive décliner, des mesures seraient à prendre, vous ne pouvez rester sans un tel soutien à Versailles... Le père de Joigny et moi restons bien sûr à disposition de votre majesté pour tout conseil en ce sens. Vous connaissez nos positions.

Marie-Thérèse haussa les yeux au ciel. Toujours les mêmes rengaines… Cela commençait à la fatiguer. Elle n’avait jamais été fine tacticienne politique mais n’était pas sotte au point de ne pas savoir où ces messieurs voulaient en venir, hélas. Aussi répondit-elle simplement par une pirouette :

-Plus tard, monsieur, plus tard. Ce n’est vraiment pas le moment d’aborder le sujet. Après la naissance du prince, peut être…

Etre évasive était le meilleur moyen de gagner du temps. A la vérité, elle aurait donné beaucoup pour avoir un autre homme à la place de confesseur que celui qu’elle avait en ce moment et qui la terrifiait, lui rappelant par trop les prêtres espagnols de son enfance. Mais la vérité était tout simplement qu’elle n’avait pas la tête à ces histoires. Enfin, ils parvinrent à la galerie des glaces :

-Je serais présent si sa majesté le souhaite.

-Ne vous éloignez pas, souffla la jeune femme, avant de s’avancer vers son royal époux.

La révérence qu’elle lui fit fut très approximative, vu son état, mais elle doutait qu’il lui en tienne rigueur.

- Madame, vous voilà bien en beauté pour cette nouvelle année que nous souhaitons des plus fastueuses.

-Je remercie votre Majesté pour son compliment.

Et ce fut tout. A vrai dire ils échangeaient rarement plus de mots. Ils entrèrent dans la Galerie des Glaces et Marie-Thérèse offrit un sourire de circonstance à l’assemblé. Que faire d’autre ? A peine assise, elle fit signe à De Bagnes de se rapprocher.

-Rendez-moi cette soirée un peu plus supportable, mon père, vous me serez d’une grande aide.

Un frisson la parcourus. Cette galerie était peut être magnifique, mais elle ne l’empêchait pas de mourir de froid en ce premier janvier.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime18.09.12 12:24

HÔTEL DE BOURGOGNE

- Je vous en prie, monsieur, permettez-moi de vous accompagner, suppliait Éris en s'accrochant aux fanfreluches que Racine avait revêtues pour l'occasion et dans lesquelles il se sentait si peu à l'aise. Ce qui ne l'empêchait pas de bomber le torse et de lever le menton, fier d'avoir l'air d'un vrai homme de cour.
Le dramaturge eut le malheur de ne pas répondre « non » tout de suite. A vrai dire, Jean Racine n'avait aucune envie que sa petite protégée l'accompagne lors de la fête du nouvel an, surtout au vu de ce qui s'était passé lors de la dernière sortie de la jeune fille à Versailles – journée maudite par excellence. Mais Jean Racine était faible et il n'eut qu'à croiser le regard plein d'espoir d’Éris pour céder.
- Très bien, très bien, lâcha-t-il à contrecœur, même si une part de lui-même se réjouissait à l'idée qu'elle veuille passer la soirée avec lui. Grand naïf !
La demoiselle poussa un glapissement de joie et disparut à toute allure afin d'aller se préparer, arrachant un soupir à Racine qui ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Et voilà, lui qui espérait ne pas se faire remarquer... Ils allaient commencer par arriver en retard.


GALERIE DES GLACES, VERSAILLES

La galerie était bondée au moment où arrivèrent Racine et la jeune fille, d'une beauté à couper le souffle dans cette robe pourtant fort simple par rapport à celles que portaient ces riches comtesses ou marquises – le dramaturge n'avait jamais été très objectif la concernant de toute façon. Tout ce beau monde s'amusait déjà, le roi distribuait ses cadeaux et Racine se prit à espérer qu'il l'oublie, sachant fort bien, le genre d'objets qu'offrait Louis XIV à ses invités. Étrangement, voir des personnes aller à droite et à gauche en discutant gaiement le rendit morose. Il n'attendait rien de cette soirée. Le roi avait choisi de ne pas lui renouveler sa confiance en lui demandant la représentation d'une de ses pièces, ce que l'on pouvait comprendre mais il en fallait peu pour vexer le jeune homme. Il aurait préféré se trouver à des kilomètres, poursuivre l'écriture de sa pièce Andromaque qu'il espérait monter assez vite – les vers avaient recommencé à chanter dans son esprit – et ne pas se retrouver ici comme une simple pièce rapportée. Ses connaissances vinrent le saluer, Colbert l'un de ses protecteurs en premier lieu, lequel l'amena devant une Madame toujours aussi furieuse contre son dramaturge mais qui n'en laissa rien paraître. Racine dut ensuite saluer le toujours si sérieux Boileau, son camarade au collège d'Harcourt puis son rival détesté, Corneille, dont les amis aimaient à se moquer de ses pièces. Il entraperçut également Molière quelques pas plus loin, plongé en une discussion animée et Racine, pensant que l'on avait demandé à ce théâtreux de pacotille de faire l'animation pour la soirée, prit à cœur de l'éviter soigneusement. Pas question de supporter les fanfaronnades de ce raté.

Toutefois, lorsque lui et Éris finirent par tomber sur la représentation de la fête, il s'aperçut qu'elle n'avait strictement rien à voir avec une bouffonnerie de Molière.
- Qu'est-ce donc que cela ? Demanda Racine sans cacher sa perplexité devant des ombres projetées sur une toile blanche qui semblaient amuser les quelques personnes – sans nul doute déjà bien éméchées, il n'y avait pas d'autre explication – qui les observaient bouger.
- Des ombres chinoises, répondit une voix laconique (et bien connue) à ses côtés.
Maryse d'Armentières et Racine échangèrent un regard qui en disait long. Il avait fallu attendre ces fameuses ombres chinoises pour que ces deux-là soient d'accord, un jour à marquer d'une croix blanche !
- Mais c'est absolument..., souffla le dramaturge, ébahi.
- Ridicule ? Compléta la princesse.
Voilà qui avait parfaitement résumé les pensées du dramaturge. Il salua le couple Calenberg (Matthias cachait mal sa satisfaction de voir son épouse et son ami se parler sans se battre) puis s'éloigna toujours en compagnie d’Éris. Dire qu'on avait décidé de le remplacer par... ça ! Il lui faudrait en toucher deux mots à Colbert, ce n'était pas avec deux marionnettes que la renommée de la cour de France allait franchir les frontières ! Toujours plongé dans ses reproches intérieurs, il vit à peine arriver la jolie Sofia di Parma.

- Oh vous avez amené notre Eris, que vous êtes jolie mademoiselle ! Et vous monsieur, élégant mais l'air peu inspiré par cette soirée.
Ce fut cette voix qui le tira de ses pensées et pour la première fois depuis le début de la soirée, Racine eut un sourire sincère pour son amie à laquelle il portait une affection de grand frère.
- C'est que, jusqu'à votre vue, nous nous ennuyions à mourir, n'est-ce pas Éris ? Répliqua le dramaturge d'un ton brusquement léger puis redevenant sérieux, il poursuivit : avez-vous ces nouvelles ombres...
Il allait cracher sur ce qu'il venait de voir mais une toute autre voix, bien plus charmeuse et teintée d'accent italien l'interrompit :
- Bonsoir signora. Il me semble que nous nous sommes déjà croisés… Je me trompe ? Vous êtes ravissante : j’espère que vous accepterez de m’accorder une danse…ou plus… en votre compagnie…
Racine faillit s'étouffer devant tant d'impolitesse et Sofia, à ses côtés, parut tendue. Qui était cet homme qui n'avait que faire du chaperon d'une jeune fille ? Mais ce qui faisait le plus mal à Racine, c'était le regard qu'Eris accordait à son interlocuteur. Elle semblait avoir oublié tout ce qui l'entourait... Et lui par la même occasion.
- Monsieur, intervint Racine d'un ton furieux, où sont donc vos bonnes manières ? Ne vous a-t-on jamais appris que...
Ce fut Bouillon qui interrompit la scène surréaliste d'un gueux cherchant à apprendre le respect à un prince vénitien. Il venait chercher le dramaturge que le roi réclamait à ses côtés. Contraint de s'éloigner, Racine lança un regard furibond à Francesco puis se tourna vers Sofia pour lui réclamer de défendre bec et ongles la petite Éris, bien incapable de résister au charme du Vénitien avant de partir à grands pas – le roi n'attendait pas.

Spoiler:
 
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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


Âge : 25 ans
Titre : Duc de Gascogne
Missives : 638
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime22.09.12 11:09

GALERIE DES GLACES

« Et ce sans que personne ne me connaisse... Cela dit, ce n’est pas bien difficile. Mets-toi en faction à n’importe quelle porte de ce château et tu en apprendras plus en une journée qu’en dix ans. Certains devraient apprendre à ne pas considérer les gardes comme des meubles. »
« Tu serais une bonne espionne avec une technique aussi imparable. »
répondit-il, mi-amusé mi-sérieux.

Après tout, Élodie n'avait pas tort, les gens ne faisaient pas attention aux domestiques ni au petit personnel, à croire que les nobles les croyaient trop stupides ou tous muets. A moins d'embaucher une aveugle et un muet, comme l'avait fait son père ! Enfin, il ne fallait pas qu'il pense à ses affaires familiales ce soir et se concentre sur la fête, en commençant par proposer à sa cavalière du soir à danser. Qu'elle était belle quand ses joues rougissaient de la sorte. Mais avant de danser, il fallait fuir quelques personnes.

« Pas ici ! Je vois mon cousin là-bas, et s’il nous voyait, il serait capable de venir poser des questions ! »

Philippe tourna la tête pour voir ledit cousin et la suivit dans le salon d'à côté où ils seraient plus tranquilles, du moins il l'espérait, tout en écoutant Élodie d'une oreille attentive, et rire franchement quand elle raconta sa rencontre avec le plus grand ami du roi dans une taverne.

SALON DE LA GUERRE

« Mais pour te répondre, je crois ne pas être totalement incapable de danser... Alors oui, cher duc, je vous accorde cette danse ! »
« Quel honneur, mademoiselle ! »


Elle réussissait à lui arracher un large sourire, chose qui n'arrivait plus si souvent ces derniers temps, cela faisait du bien de lâcher prise. Et quel plaisir d'emmener Élodie à la Cour, Philippe savait que cela n'arriverait pas tout le temps alors il fallait en profiter, comme personne ne semblait se soucier de leur présence. Enfin, cela était mal jugé la Cour car à peine la danse terminée, le duc de Gascogne se trouva face à la duchesse de Longueville, personnalité connue de la Cour mais dont il n'avait pas le plaisir de faire la conversation. Cela ne sentait pas bon avec ce ton trop enjoué.

« Mademoiselle la duchesse. » salua poliment la jeune femme.

Mais déjà Gabrielle s'était tournée vers Élodie qui semblait attiser sa curiosité. Trop de questions n'étaient jamais bon signe et si d'Artagnan avait une sainte horreur du mensonge, il devait bien faire quelque chose, surtout en voyant hésiter la jeune femme à ses côtés un instant de trop. Tant pis, il prit la parole.

« Je suis bien impoli de ne pas vous présenter mademoiselle de Froulay, la cousine du comte de Froulay et sœur d'un bon ami à moi. Les deux ayant des obligations, je me suis proposé pour être le chaperon de mademoiselle qui ne vient que très rarement à la Cour. Il sourit doucement à la duchesse avant de reprendre. Je suis désolé de ne point cacher de fiancée sur mes terres mais je garderais ce petit trait, il plaira sans doute à quelques uns ici. »

Pour un homme qui n'aimait pas mentir, il se sentait presque à l'aise. Il espérait qu'Elodie s'en sortirait aussi bien. Après tout, en tant que mousquetaire, elle devait savoir retomber sur ses pattes.

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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime22.09.12 19:54


Nouvel An
le roi et la Cour - plus particulièrement, Charles et Elisabeth
« Calmez votre hâte, madame » répondit Charles en lui souriant. « Ne pensez-vous pas aussi que l’impuissance de l’épouse de Monsieur entre en jeu dans cette partie d’échec ? Monsieur ne fait que chercher d’agréables plaisirs loin de ce lit conjugal qui doit lui faire horreur. » Charles esquissa un demi-sourire. Combien ce qu’il venait de dire s’appliquait à lui-même… Son épouse passait la plupart de ses nuits dans les bras d’un marquis et lui-même vaquait à ses occupations, toujours en charmante compagnie. Et Charles ne s’en cachait pas, il aimait autant les femmes que les hommes. Aussi répréhensible par l’Eglise que fût un tel sentiment, il n’en avait jamais eu honte. Et contredire ses règles de vie pour se bien faire voir de la duchesse d’Alençon n’était pas dans ses intentions. Le prince s’ennuyait sûrement sous les draps, pour aller voir ailleurs, sous ceux d’un autre. Et Charles ne pouvait l’en blâmer. C’était Lorraine, qu’il haïssait. Et rien que cette profonde haine pouvait l’unir à cette ennemie bigote et sotte qu’était l’abbesse de Remiremont. Quel gâchis… Elle était bien jeune et bien trop belle pour se laisser faner de la sorte !

« En ce qui concerne monsieur de Lorraine, je crois comprendre que mon avis rejoins le votre sur tous les points. J’exècre cet homme et je pense avoir bien vu qu’il en était de même pour vous, duchesse. » Charles manqua éclater d’un rire moqueur lorsqu’elle fit remarquer le manque de sang moral et religieux de la célébration du Nouvel An. Il hésita à lui faire remarquer que c’était le moyen pour le roi et tous les courtisans parfumés, amidonnés et emplumés de faire montre de leur puissance et de leur richesse. Lui-même, vêtu de brocart et de fin tissus cachait difficilement l’infériorité de son rang quant à la plupart des invités présents. Chevalier… Charles était tout en bas de l’échelle nobiliaire. Mais sa fortune – enfin, celle de Gabrielle pour être exact – lui permettait de se hisser au niveau des grands ducs de la Cour.

« Vous piquez mon intérêt, madame » répondit Charles à la question de la duchesse. Un sourire sadique se dessina sur sa bouche et il continua. « Vous avez toute mon attention, s’il s’agit d’ourdir un complot contre cet homme » fit-il en se penchant vers elle pour ne pas attirer les oreilles indiscrètes. Et Dieu seul savait combien d’oreilles comptaient les murs et vastes salles de Versailles !
© Belzébuth


Dernière édition par Charles C. de Terrollet le 30.09.12 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 16:45

Bonté divine ! S’affubler d’une épouse était déjà pénible en soit quand les penchants du chevalier se tournaient vers les hommes. Mais avec cette fiancée, Philippe était loin de se sentir gâté. On lui avait dépeint une femme aux humeurs changeantes, vivre avec elle ne serait pas une sinécure de chaque instant. Malheureusement ce n’était pas tout, parce comme l'affirme le proverbe, un malheur ne vient jamais seul. Le ciel aurait pu lui faire la charité de lui donner une marquise docile, mais c'était trop demandé. Insolente, dérangeante et dérangée leur couple ferait rire derrière les éventails. Dire que maintenant il devait se pavaner avec elle, Lorraine galant jusqu’à la racine des cheveux se transformait en un profond goujat au contact de la Christine. L’agacement de l’attente faite exprès et ce titillement d’excuses plates le sauvegardaient de sa conscience.

- Je fais peut-être erreur, mais il me revient en mémoire que l’horloge que j’aie vue chez vous fonctionnait pourtant très bien. Vile pendule, le froid en aura gelé les rouages !

Le pensait-elle aussi stupide ? Un sourire constipé de sa part dut lui prouver le contraire. Prodigieusement excédé, il prit sa main pour la faire avancer dans la galerie des glaces. Quand le rideau de fin tomberait sur cette plaisanterie, il serait le plus heureux des hommes. Il voulait encore se sentir libre avant que son père ne lui passe la corde au cou. 1667 serait l’année de son mariage, c’était convenu, mais même le Seigneur tout puissant ne lui dicterait pas ces faits et gestes pour le jour de l’an. Ce n’était qu’une question de minutes avant qu’il ne se débarrasse de Christine et qu’ils s’en portent le mieux du monde l’un comme l’autre.

« N’ayez crainte, monsieur, je serai bien la dernière à vous retenir. Vos... compagnons m’en voudraient trop pour que je prenne ce risque. »

Le regard appuyé de Listenois fut foudroyé par celui devenu noir de Lorraine. Quelle mauvaise idée que celle de lui rappeler si peu élégamment que sa sexualité typique ne lui avait pas échappé.

« Bien, alors soyons brefs, monsieur. Que voulez-vous ? Que nous paradions dix minutes en jouant aux fiancés avant de pouvoir profiter de la soirée chacun de notre côté ? »

Dès que ça concernait leur éloignement, Lorraine constata qu’ils accordaient très bien leurs violons. Leur franchise réciproque les sauverait qui sait, d’un assassinat conjugal un jour.

- Votre vivacité d’esprit m’enchante mademoiselle. Vous lisez en moi comme dans un livre ouvert, mon père sera ravi de cette complicité naissante entre nous, je ne manquerai pas de le lui faire savoir.

Le chevalier n’était pas impatient à l’idée de lui passer l’alliance au doigt mais pour Christine c’était un euphémisme. L’allusion au père et ce rappel de leurs noces n’étaient pas innocents.

- Voilà votre présent, ouvrez le dès maintenant avant notre petite parade.

Il lui avait lancé le paquet comme les enfants des rues échangent une balle. A l’intérieur, il y avait le cadeau le plus cynique qu’on puisse imaginer. Un baume à appliquer sur les tempes et qui calmait les humeurs féminines lors de leur période menstruelle.

- Je voulais vous prouver à quel point votre santé m’est chère. Ah et bonne année bien sûr.

La pomme d’Adam du malheureux s’écorchait déjà mais c’était bientôt fini, il fallait tenir bon jusqu’au bout.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 17:26

Si Helle était soulagée de l’absence d’animosité d’Ulrich à son égard ? Bien entendu. Il commençait à s’éloigner, le temps où elle redoutait ses colères aussi rares que terrifiantes, et elle commençait à croire que finalement une véritable entente était possible. Ils ne s’étaient retrouvés que depuis quelques jours et pourtant ne faisaient pas partie de ces couples qui s’ignorent royalement ou font montre à l’égard l’un de l’autre d’une terrible froideur. C’aurait pu être le cas ; mais fut-ce par affinité ou même uniquement pour Ellen, il ne faisait aucun doute que les Sola communiquaient, et même, curieusement, qu’ils commençaient à s’entendre. Jamais Helle n’aurait accepté le bras d’un homme qu’elle aurait abhorré, quand à Ulrich, il était aisé de comprendre que s’il détestait quelqu’un, il ne serait pas difficile pour lui de le lui faire sentir. Ils étaient loin d’être cordiaux et encore moins affectueux mais au moins… Ils semblaient s’entendre. Et c’était bien plus que tout ce que Helle avait espéré en venant à Versailles. Peut-être qu’un divorce ne serait pas nécessaire, finalement.

« Une allergie que je partage, madame. Allons plutôt chercher la princesse dans les salons, nous nous en porterons mieux. »

Certes, leur entente relative se basait surtout pour le moment sur une détestation commune des membres de la famille d’Ulrich, mais c’était un début comme un autre. Helle acquiesça et le laissa l’entraîner dans le salon suivant, sans même jeter un dernier regard au duo qui était maintenant dans leur dos. Plus loin ils se trouveraient, mieux elle se porterait. Le prince Edouard l’avait déçue, elle n’avait aucune envie de se retrouver face à lui de sitôt.

GALERIE DES GLACES.

Aussitôt qu’ils ne furent plus dans la même que les danois honnis, Helle se sentit mieux respirer. Décidément, aurait-elle développé une réelle aversion physique pour ces êtres-là ? Le sujet méritait d’être étudié. Elle demanderait son avis au duc de Sudermanie, lui que toutes les bizarreries intéressaient… Le couple danois louvoya dans la foule qui s’était empressée de venir assister aux festivités, quand Ulrich lui désigna une silhouette devant eux.

« La voilà, mais fort occupée. Voulez-vous que nous la laissions régler ses comptes avec l’ambassadeur ? »

Helle ne put retenir un sourire franchement amusé à la vue de Sofia avec Contarini. Elle se souvenait fort bien de sa propre rencontre avec le personnage à cette drôle de fête chez le duc de Longueville, souvenir mémorable s’il en était… Sans compter les nombreux récits que Sofia lui en avait fait. Elle ne ut donc qu’opiner :

« Si nous ne voulons pas nous retrouver malgré nous entre feux croisés, retournons la voir plus tard en effet. » se contenta-t-elle de commenter juste avant de voir une tornade rousse d’avancer vers eux.
- Madame de Sola, c'est un plaisir ! s’exclama Eléonore Sobieska qu’Helle ne s’attendait pas à voir ici, je me suis fort ennuyée depuis notre dernier entretien ! Je sais que vous vous complaisez dans l'écriture épistolaire mais j'ai besoin de bouger quant à moi et l'arrêt de la chasse est la chose la plus triste de l'hiver.
« Je suis terriblement navrée de l’apprendre, Frau Sobieska. Vous auriez dû venir me rendre visite, nous aurions fait seller les chevaux pour aller faire de longues promenades, la campagne est si belle en cette saison ! A condition que le froid et la neige ne vous incommodent pas bien entendu. » répondit Helle avec un sourire non moins aimable. Mais malgré la bonne humeur dont elle faisait preuve face à la polonaise, elle n’oubliait pas la méfiance qu’instinctivement elle lui inspirait. Cette « veuve noire » qui avait parcouru l’Europe et avait été mêlée à toutes les affaires louches possibles lui paraissait trop enthousiaste et sympathique pour être honnête, surtout depuis qu’elle l’avait vue en train de parler avec le princesse du Danemark…

« Oh, mais je manque à tous mes devoirs. Frau Sobieska permettez-moi de vous présenter Herr Viktor, comte de Vejle. Il vient lui aussi du Danemark, c’est un vieil ami de la famille. » enchaîna-t-elle en désignant Ulrich. Le choix de le présenter sous un autre nom et surtout un autre « titre » n’avait rien d’innocent : il lui avait spécifié lui-même qu’il désirait rester le plus discret possible, et puis… Si Eléonore fricotait avec les danois, il valait mieux qu’elle ne sache pas son identité. « C’est un amateur de chasse, comme vous. Vous devriez pouvoir échanger bien des anecdotes à ce sujet, n’est-ce pas Viktor ? »
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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 19:30

GALERIE DES GLACES

Tout ce beau monde qui étincelait de beauté, seul Versailles savait le faire ! Et certaines cours italiennes, Sofia ne pouvait qu'approuver mais la Cour de France avait quelque chose de plus, un je-ne-sais-quoi qui en donnait plein la vue. Enfin, si on enlevait le spectacle du soir avec ces affreuses ombres chinoises. Mais quelle idée de mettre ce genre de divertissement, là était le seul point décevant, il fallait en parler à un homme de goût. Et justement voici Racine, accompagné d'Eris dans une jolie robe, qui se trouvait non loin de là. Sûr qu'il aurait de quoi dire sur ces choses qui n'avait pas grand chose à voir avec la fête !

C'est que, jusqu'à votre vue, nous nous ennuyions à mourir, n'est-ce pas Éris ?
« Que vous êtes flatteur ! »
« Avez-vous ces nouvelles ombres... »

L'italienne allait pouvoir donc cracher sur ces stupides ombres que le dramaturge avait lui aussi remarqué cela mais il fut coupé par une personne que Sofia n'avait, pour une fois, pas vu arriver mais dont la voix était semblable entre mille.

« Bonsoir signora. Il me semble que nous nous sommes déjà croisés… Je me trompe ? Vous êtes ravissante : j’espère que vous accepterez de m’accorder une danse…ou plus… en votre compagnie… »

Sofia se raidit et fut outrée du manque de politesse de la part de l'ambassadeur italien. Non seulement il coupait la conversation nette mais en plus il se permettait de faire du charme à Éris devant ses chaperons, sans d'ailleurs les saluer. Racine voulut remettre à sa place mais n'eut pas le temps, c'est exactement à ce moment-ci que le duc de Bouillon, grand Chambellan du roi, vint demander à Racine de le suivre car le roi le demandait. C'était bien le moment de donner des cadeaux, tiens ! Et Éris qui regardait le vénitien comme s'il était un dieu vivant, c'était intolérable.

« La politesse, monsieur, serait de saluer tout le monde, on ne sélectionne pas les saluts, nous ne sommes pas des animaux. Elle tentait d'être polie mais son ton restait sec et il lui était pas possible de sourire sans moquerie. Mademoiselle n'est pas là pour danser avec des individus de votre espèce. »

Il était difficile de se contenir face à Francesco mais la princesse ne devait pas s'en débarrasser de suite, il fallait le retenir encore quelques instants, le temps de lui trouver un verre et mettre le poison en toute discrétion. Mais apparemment, il n'allait pas s'en aller de suite alors elle aurait largement le temps de mener à bien sa petite vengeance. Elle chercha Helle dans la foule, besoin d'une complice mais elle n'était pas là, tant pis, elle devra faire la conversation avec Francesco.

« Vous n'avez pas trouvé de greluches à mettre à votre bras ? Regardez, mademoiselle de Listenois préfère être au bras du favori de Monsieur, au risque de sa vie, cela veut tout dire. »

Elle eut un petit sourire tout en le regardant et croqua dans un délicieux macaron. Vite, que Racine revienne et qu'elle se débarrasse de ce gêneur !

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 20:31

Galerie des Glaces

Louis n’était en rien vaniteux, mais il avait ses petites fiertés et outre sa femme, ses enfants et Bianca, Athénaïs en faisait partie. Quelles que pouvaient être leurs disputes, il se plaisait toujours à la voir, elle et son humeur aussi flamboyante que sa chevelure. La jeune femme qu’était devenue la petite Françoise semblait parfois venue d’une de ces lointaines contrées qu’il n’avait encore visité !
-Une présentation dans les formes, Richmond ? N’allons pas aussi loin, plaisanta Louis, ravi de son mauvais jeu de mot. Ma chère soeur, l’appela-t-il poliment, permettez-moi de vous présenter un ami, anglais, certes, mais dont la compagnie ne saurait vous déplaire. Monsieur le duc de Richmond, voici ma sœur cadette, madame de Montespan.
- Madame, connaissant votre frère, je ne savais pas que la famille Mortemart pouvait avoir des joyaux tels que vous, commença Richmond.
-Heureusement ce que nous partageons est caché pour ma part dans un délicieux emballage, répliqua-t-elle.
Louis détourna le regard de Richmond pour approuver la réplique de sa sœur. Trait familial dont ils faisaient leur marque, mais il s’étonnait presque toujours de la vivacité d’esprit de sa cadette.
-J'ose espérer que notre compagnie comblera votre solitude. Les belles dames ne devraient jamais être seules.
-Une femme belle est mieux seule qu'entourée de gens qui pourraient gâcher sa beauté, monsieur, répliqua Athénaïs dans un mouvement d’éventail. Vous êtes heureusement digne d'être à mes côtés, monsieur de Richmond, mais il s'en est fallût de peu.
-De grâce Richmond, ne croyez pas que je choisis mes amis selon les goûts de ma sœur, se défendit Louis d’un voix amusée. N’oubliez pas Madame, qu’une fade silhouette fait rejaillir la beauté d’une femme et la fait paraître plus lumineuse. Aussi, si vous craignez que nous ternissions votre teint, nous pouvons prendre congé de vous.

Mais avant qu’il ne lance un regard moqueur à sa cadette, un valet leur présenta un plateau sur lequel il attrapa trois coupes de vin qu’il leur tendit. Il détourna ainsi momentanément le regard d’Athénaïs qui visiblement n’avait perdu aucune seconde pour se lancer dans son jeu de minauderies auprès de l’anglais…et inversement. Il retint un léger soupir. Face à l’alcool que Richmond pourrait boire ce soir, Athénaïs n’avait peut-être aucune chance, il parlait en connaissance de cause ! Et il ne tenait particulièrement pas à devenir l’oncle de quelques Stuart perdus dans la nature !
-Saviez vous qu'elle se dit la nouvelle favorite de votre roi ? Je ne sais si cela est vrai, la voyant parader au bras du chevalier mais quand une histoire est dite et redite, on peut la prendre pour vérité.
-La marquise de Listenois, s’étonna Louis ? Pardieu ! Je rate toujours les derniers commérages de la cour !
-Elle n'est certainement pas assez belle pour attacher le roi, je crois que c'est évident.
-Si vous saviez de quoi pouvait se contenter le roi, il y a de cela quelques années, s’amusa Louis pour la taquiner.
-Nous pourrions aller lui demander, cependant. Poussée dans ses retranchements, elle pourrait avouer qu'elle a tout inventé pour se rendre intéressante, vous ne pensez pas?
-Oh, Athénaïs, murmura Louis en buvant son verre. Je ne crois pas que ce soit là une excel…

Mais la jeune femme glissa son bras sous le sien avant de se tourner vers Richmond pour le pousser à les mener vers la marquise. Il leva les yeux au ciel, terminant de sa main libre son verre avant de le reposer.
-Eh bien soit, alea jacta est, soyons ce soir vainqueurs ! Venez donc, allons découvrir qui tente de me voler ce cher ami. Notre roi semble si innocent des griffes cachés par un gant de soie…
Il lança un regard à Athénaïs, sachant pertinemment qu’elle prendrait ces paroles pour elle. Mais au lieu de l’en tancer, il préférait s’amuser de ses espoirs, tant que ceux-ci ne passaient le cap de la réalité. Il lui tapota affectueusement la main, devinant que ce petit geste pouvait aussi bien l’agacer que la laisser indifférente.
Le petit trio s’avança ainsi vers la pauvre victime désignée par le vice de la Montespan.

-Mes chers Belzébuth et Astaroth, fit-il avant qu’ils ne soient à portée de voix de Listenois, qui se lancera ? Vous, Richmond, la connaissez-vous ? J’ai fais sa connaissance il y a de cela quelques jours, je peux également vous introduire si vous le souhaitez.

Il attrapa au vol un nouveau verre de vin, plus par habitude que par réelle envie. Point trop n’en fallait, mais ce soir, n’était-ce pas une nouvelle année ?
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Paris de Longueville

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Une servante de ma connaissance...
Côté Lit: la servante sus-citée l'a déserté, profitez-en!
Discours royal:



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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 22:27

Ce qu’il se passait à l’hôtel de Longueville le soir du 31 décembre 1666.



-Je vous avais dis le vert ! LE VERT, et non le bleu ! Me voyez-vous dans cette tenue de deuil ? Oui ? Alors déguerpissez, descendez aux cuisines où vous serez peut-être bon à quelque chose ! Peste soit les valets aveugles ! Lastours ! Lastours, où vous cachez-vous, il n’y a que votre jugement qui soit fiable dans cette maison !

Le valet de chambre du jeune prince accouru, le rouge aux joues, portant la veste d’un vert pâle, rehaussé de fines broderies d’or et aux revers pourpre.
-Voilà voilà, monseigneur ! Ah ! cet idiot de Gabin se trompera toujours. Je m’occupe de lui, monseigneur !

Paris répondit par un haussement de sourcils et tendit les bras pour que son valet lui passe la veste. En réalité, il pensait bien à tout autre chose qu’à ses vêtements. Bien qu’il se soit réconcilié avec Gabrielle – et cette réconciliation valait tous les cadeaux de Noël royaux ! – il gardait une lourde rancœur envers Perrine et sa mauvaise foi. Il ne l’avait revu depuis le retour des deux jeunes femmes. Leur dispute avait été bien pis que ce qu’il avait pu imaginer, ne s’attendant à autant de mauvaise foi de la part de la camériste !
C’était lui, le dupé, et c’était elle qui lui renvoyait à la face toute sa colère ! Il n’aurait pas fait cette soirée si elle n’avait brutalement disparue ! Elle l’avait trompé, presque trahie, et c’était lui le fautif ?!

-Monseigneur, restez en place, demanda poliment Lastours en ôtant un dernier pli.
Il s’éloigna de son œuvre, laissant le jeune homme arranger sa cravate dans le miroir en pieds.
-C’est parfait, nous pouvons y aller, je crois que ma sœur m’attend.
-Elle s’impatiente, monseigneur, osa Lastours.
-Parfait.

La mine sombre, il descendit du deuxième étage, rejoignant le hall d’entrée où on lui tendit son chapeau à plume d’or balayant le sol. Passant une cape chaude, il quitta enfin l’hôtel, distinguant la silhouette de Gabrielle dans le carrosse.
Mais à l’instant où le marchepied se dépliait pour lui, une seconde silhouette passa devant les fenêtres éclairées du premier étage. Une silhouette féminine, bien connue, qui s’arrêta devant les vitres, observant le carrosse. Paris sentit son estomac se nouer et s’arrêtant une courte seconde, considéra la silhouette.

Perrine. Elle était là, comme cloîtrée derrière cette vitre. Il se doutait qu’elle devait l’éviter autant qu’il essayait de le faire, mais ce soir, il la perçu comme Cendrillon, pauvre princesse abandonnée le soir de bal. N’attendait-elle pas son prince charmant, ou du moins ne cherchait-elle pas à le faire venir ?
Il tourna la tête vers Gabrielle qui ne pouvait voir Perrine, cachée par le rideau du carrosse.
-Gabrielle je… Il jeta un œil rapide vers la porte d’entrée et en une courte seconde, pris une décision. Je te rejoindrai plus tard. J’avais un important courrier à terminer pour Neuchâtel, il doit partir dès ce soir…. Tu sais comme je déteste que ces affaires soient retardées.
Il jeta à Gabrielle un regard presque suppliant, mais sans attendre sa réponse, descendit du marchepied et referma la porte.
-Je te rejoins !

Il couru plus qu’il ne marcha vers la porte d’entrée, et lâchant cape et chapeau au valet, grimpa quatre à quatre les escaliers. Pourvu qu’elle soit encore là, dans le petit salon de Gabie ! Il sentit son cœur battre un peu plus vite à l’idée d’une éminente et énième dispute ou colère de Perrine mais baste ! Il fallait parler et ce soir, Gabrielle n’était pas là.
-Perrine, l’appela-t-il en ouvrant la porte du salon ! Gabrielle nous fiche la paix ce soir…et même le tout Paris, alors parlons, même si tu ne le veux pas.
Il claqua la porte derrière lui, le regard n’attendant aucune réplique de mauvaise foi de la part de la jeune femme.



Ce soir, un prince n’aurait pas son cadeau royal !

______________________



"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime23.09.12 23:26

Éclipsé. Lully venait tout bonnement d'être éclipsé aux yeux de Monsieur et la scène n'était évidemment pas passée inaperçue pour certaines personnes. Bientôt, toute la salle de réception saurait que la tentative d'approche du compositeur était tombée à l'eau.
Déjà lassé de ces festivités, le musicien se rendit en quelques enjambées devant les tables sur lesquelles trônaient une multitude de verres. D'un signe de la main il demanda un remontant et bien vite il porte une coupe de vin à ses lèvres pour en descendre la moitié d'une traite.

Dieu que ces réceptions devenaient de plus en plus insupportables. Tout en sirotant son verre, le florentin se demanda s'il ne ferait pas mieux de se rendre à Florence. De toutes façons, entre Monsieur qui était plus occupé par la "guerre" qui se jouait entre trois hommes pour ses faveurs, Louis qui se préparait pour celle qu'il mènerait dans quelques temps, Luigi qui devait sûrement être en train de roucouler avec son irlandaise, personne n'aurait besoin de sa musique ou même de sa présence.
Depuis son petit coin, l’italien se mit à observer les convives. D’un côté il y avait le jeune d’Artagnan accompagné de la jeune Froulay dont les frères n’étaient pas très loin, de l’autre se tenait Bianca avec son frère et son épouse, Isabelle de St-Amand avait trouvé un cavalier en la personne de Derek de Saxe sur qui Lully n’avait aucune information… A cette pensée, il se dit qu’il pourrait bien sauver quelques personnes des piques du fou du Roi en le questionnant sur le noble germanique. Au moins ça l’occuperait et il pourrait en profiter pour en apprendre un peu plus sur les rumeurs qui parcouraient le château. Dès qu’il en aurait l’occasion, il s’entretiendrait avec le baron d’Anglerays.

Des nouvelles têtes firent leur apparition et la décision qu’il venait de prendre se renforça dans son esprit. Il avait eu vent de la présence d’une princesse venant du Nouveau Monde mais il n’avait pas eu l’occasion de la voir de ses propres yeux.
Vidant cul sec son verre, il le tendit pour qu’il soit remplit à nouveau. Une fois la chose faite, il aperçut l’ambassadeur vénitien encore dans les jupes de la Princesse Farnèse. Il fallait l’avouer : Francesco était tenace et n’en faisait qu’à sa tête au grand dam de la jeune noble.
De loin, il vit que Racine était lui aussi présent. Depuis le fiasco de sa dernière pièce, comment osait-il se montrait à la Cour ? A sa place, Lully aurait été tellement mort de honte qu’il aurait plié bagage et fuit Versailles. Quoique, à cet instant c’était presque le cas mais le florentin n’avait cure des « on-dit » et conscient de ne pas arborer le masque adéquat, il sortit de la salle pour aller se rafraîchir les idées.

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime25.09.12 23:05

« Quel honneur, mademoiselle ! »
A ces mots, Elodie s’inclina élégamment face au jeune duc, un immense et sincère sourire aux lèvres. Un salut presque cavalier, comme Eric en avait l’habitude, mais elle se reprit au dernier moment - et il n’y avait de toute façon personne pour leur prêter la moindre attention.
Là dessus, le couple qui n’était pas censé en être un ce soir put rattraper la musique et se lancer avec d’autres dans un joyeux menuet durant lequel Elodie ne se déshonora pas. Après tout, avant de courir la ville sous les traits d’un mousquetaire, sa mère avait tout de même tenté d’en faire une demoiselle accompli, et ce avec quelques succès. La danse en faisait partie, sans doute dans la mesure où il ne s’agissait pas de rester sagement immobile à broder ou faire quelques gammes. Et puis elle avait déjà eu bien d’autres occasions de danser à la cour. La seule différence notable avec ce soir de Nouvel An c’était que jusque là, elle se trouvait à la place de Philippe.

L’air n’était pas long, aussi la danse prit-elle rapidement fin. Les danseurs se saluèrent, et Elodie songeait à proposer de gagner les jardins superbement illuminés, malgré l’épaisse couche de neige qui les recouvrait, quand une silhouette se dessina soudain à leurs côtés.
« Bonsoir monsieur le duc, lança qu’elle ne reconnut pas de prime abord, vous voir à la cour est toujours un plaisir... »
La demoiselle redressa la tête à ces mots, dévisageant un instant la nouvelle venue. Si elle n’avait pas reconnu sa voix, ses traits ne pouvaient échapper à personne : Gabrielle de Longueville, duchesse de son état, et vipère de haute renommée. Que diable pouvait-elle leur vouloir ?
« Madame la duchesse, la salua sobrement Philippe. »
Elodie fit de même, mais n’eut guère le temps d’ajouter quoi que ce soit. Déjà, la duchesse fraîchement revenue d’un long voyage en province se tournait vers elle, un sourire carnassier aux lèvres. Merveilleux.

« Mademoiselle... J'ignorais que monsieur d'Artagnan avait une fiancée, l'aurait-il cachée sur ses terres ? Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vue à la cour... A quelle maison appartenez-vous ? J'aurais été ravie de devenir votre amie. »
Elodie hésita un court instant devant cette longue liste de questions, auxquelles elle n’avait pas préparé de réponses. Mais contre toute attente, ce fut Philippe qui reprit la parole.
« Je suis bien impoli de ne pas vous présenter mademoiselle de Froulay, la cousine du comte de Froulay et sœur d'un bon ami à moi. Les deux ayant des obligations, je me suis proposé pour être le chaperon de mademoiselle qui ne vient que très rarement à la Cour. Je suis désolé de ne point cacher de fiancée sur mes terres mais je garderais ce petit trait, il plaira sans doute à quelques uns ici. 
- Prenez garde qu’on ne vous soupçonne pas de l’y tenir enfermée, lança Elodie en riant, on vous inventerait vite une fiancée absolument monstrueuse ! Elle sourit, puis revint à la duchesse. Je suis ravie de faire votre connaissance, madame de... ? »

Elle retint une moue aussi mielleusement effrayante que celle de la duchesse, dont elle connaissait évidemment le nom. Mais il fallait bien camper le rôle de la nouvelle venue à la cour, et de plus, elle n’appréciait que moyennement cette Précieuse - et ce d’autant plus depuis qu’elle était venue mettre son nez entre Philippe et elle.
« Pour vous répondre, je n’appartiens à aucune maison, je passe trop peu de temps à Versailles pour cela. Et puis, entre nous, je trouve Paris bien plus passionnante. N'êtes-vous pas d'accord ? »
Elodie ponctua ses paroles d’un grand sourire, consciente qu’elle n’était pas entrain de se faire une amie. Tant pis, elle s’en passerait fort bien !
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime27.09.12 0:32

Christine ne parvenait à résoudre ce qui, du fait d’avoir été fiancée sans même en entendre parler avant ou de l’amère trahison que représentait ce contrat alimentait le plus sa colère. Car c’était bien là une trahison, de son frère envers elle, et du marquis français envers son pays. Et pour ajouter à son malheur, la jeune femme ne pouvait ignorer qu’il s’agissait ce soir de la dernière fête qu’elle passerait à Versailles jusqu’à la fin de la guerre. Que Claude n’espère pas parvenir à lui faire accepter un mariage qui l’éloignait de la cour pour une contrée qu’elle abhorrait plus que toute autre !
La marquise aurait pu se consoler en songeant que Lorraine n’était guère plus enthousiaste qu’elle à cette idée, mais elle avait pour cette nation tant de haine que même ce point-là ne pouvait lui faire voir les choses sous un meilleur angle. Aussi n’avait-elle en aucun cas l’intention de se rendre ne serait-ce que vivable aux yeux du chevalier, qui se rendrait de toute façon bien vite compte de quelle folle on l’avait affublé. Le pauvre homme n’était pas au bout de ses mauvaises surprises.

Il restait toutefois un point sur lequel tous deux pouvaient s’entendre, celui qui consistait à leur éviter de rester trop longtemps aux côtés l’un de l’autre. Pourtant, à la réplique cinglante de Christine qui évoquait tout sauf subtilement le peu de temps qu’elle souhaitait passer avec lui ce soir, Philippe de Lorraine ne se priva pas d’une réponse toute aussi perfide que les précédents mots de la marquise.
« Votre vivacité d’esprit m’enchante mademoiselle. Vous lisez en moi comme dans un livre ouvert, mon père sera ravi de cette complicité naissante entre nous, je ne manquerai pas de le lui faire savoir. »
L’intéressée le gratifia d’un regard plus noir que la pierre du bijoux qui pendait à son cou, et elle dut puiser dans tout le peu de contrôle qu’elle avait sur elle-même pour ne pas l’abandonner sur le champs - geste qui les aurait fort soulagés, mais risquait de leur attirer quelques mauvais ragots.
« Grand bien lui en fasse, siffla-t-elle. Achevons, s’il vous plaît, je n’ai pas toute la nuit à vous accorder.
- Voilà votre présent, ouvrez le dès maintenant avant notre petite parade. »

Christine rattrapa le paquet que le chevalier lui lança, non sans avoir coulé un regard méfiant sur le discret emballage. Inutile de préciser qu’elle ne s’attendait pas à quelque chose de formidable, ou du moins pas dans le bon sens du terme. Pourtant, elle ne put s’empêcher de pâlir de colère à la vue du baume. Le chevalier savait-il seulement à quel point il avait visé juste ?
« Je voulais vous prouver à quel point votre santé m’est chère. Ah et bonne année bien sûr, claironna bon grès mal grès Lorraine.
- Votre sollicitude me touche... Je n’ai pour ma part pas de présent à vous offrir, mais je promets de m’employer à vous rendre cette année... merveilleuse. »
Le ton était cynique, le sourire hypocrite à souhait, et les mots tout sauf volontiers prononcés. Un Enfer. Voilà tout ce qu’elle lui ferait vivre.
Tout en regrettant de n’avoir songé à un mauvais cadeau, Christine adressa à une connaissance qui la salua un signe de tête. Combien aurait-elle donné pour se trouver à cet instant auprès de n’importe qui pourvu qu’il ne s’agisse pas de Lorraine ! Même Colonna aurait mieux fait l’affaire - et ça n’était pas peu dire.

Lasse de ce jeu, elle tendit son bras à Philippe, et ce non sans un soupir.
« Puisque parade il doit y avoir, hâtons-nous, lança-t-elle sèchement. »
Il ne s’agissait après tout que de satisfaire aux apparences et aux regards acérés de quelques courtisans, ce qui ne devait pas leur prendre plus de quelques minutes. Tous deux allèrent donc saluer qui de droit, notamment le couple royal. Devant le roi, Christine baissa discrètement les yeux, gênée par le souvenir de cette scène dont elle en savait dire avec certitude si elle l’avait hallucinée ou non.
Le couple si mal assorti finit par s’éloigner, et quelques longues minutes plus tard, la marquise décida qu’il était inutile d’en faire plus.
« Bien, je crois que nous en avons assez fait. Je vous abandonne à Monseigneur le Prince. Bonne soirée, chevalier. »
Là-dessus, sans même un réel salut, elle tourna les talons, quittant au plus vite ce fiancé qu’elle n’aurait que trop l’occasion de supporter par la suite.
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Derek de Saxe

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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
Côté Lit: Surprise, ça bouge!
Discours royal:



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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime28.09.12 19:12

Trianon sous bois.


C'est à croire qu'elle le faisait exprès. Il était sur le point de se lever et d'enfoncer la porte sans crier gare quand elle sortit enfin de son antre.
Avouons le, l'attente en valait le coup, il n'aurait pas à rougir de l'avoir à ses côtés.. enfin peut être un peu car Isabelle n'était pas spécialement connu pour son exclusivité. Mais qu'importe l'avis des autres après tout tant que s'en trouvait satisfait!

Il ne put s'empêcher de noter pour lui même que les couleurs qu'elle avait choisies attiraient délibérément le regard, et que dire de ce collier qu'il lui avait offert pour une occasion quelconque -ou tout simplement pour la rendre plus douce -et qui scintillait de mille feux. En un mot, l'ensemble était tape à l'oeil mais assez savamment dosé pour que cela ne frôle pas le vulgaire.
Tant d'efforts! Ce n'était pas pour lui, c'était certain. Peut être était elle déjà à la recherche d'un autre étalon...

-C’est à croire que vous vous êtes mise en devoir de rivaliser avec Monsieur dans votre toilette ! Je préfère de loin quand vous vous mettez à nu devant moi, l’attente est moins longue.

-Cela a au moins l’avantage de vous faire taire.

- Ne vous couronnez pas de lauriers trop vite Isabelle! Si je me tais c'est uniquement parce qu'à chaque fois un peu plus, je me désole en remarquant les traces qu'ont laissées les années qui passent sur votre corps . Et alors je me dis qu'il devait être ô combien plus sublime autrefois et je me désespère de ne vous avoir connu quand vous étiez encore de première fraicheur.

En vérité il n'avait rien à redire sur le physique de sa compagne. Rien!
Mais elle le cherchait délibérément, elle tendait littéralement le baton pour se faire battre!Une chance pour lui, sa remarque était tombée dans l'oreille d'une sourde. Il ne subirait donc pas les conséquences de sa remarque gratuite et méchante ce qui n'était pas négligeable sachant que la soirée avec son amante risquait de toue façon de ne pas être triste!

-Eh bien, vous venez ? Cela fait au moins une demi heure que vous me rabattez les oreilles avec mon retard, et c’est vous qui restez là. Le roi n’attend pas…

Elle venait à peine de sortir et déjà elle était insupportable. Et quel toupet elle avait de l'invectiver pour ne pas réagir au quart de seconde près ,alors qu'il avait dû patienter et ronger son frein pendant près d'une demie heure.Avec un soupir à peine dissimulé, il s'avança et passa son bras à celui d'Isabelle tout en maugréant quelque chose qui ressemblait vaguement à:

-Le roi n'attend pas ?! Et vous croyez que le prince héritier de Saxe attend lui ,peut être? Non. Mais bien sûr ça vous en faites peu de cas. Quel "chauvinisme" Madame!

Galerie des Glaces

Ils arrivèrent bien après tout le monde. Le roi était occupé à distribuer à ses fidèles sujets des cadeaux de circonstance, et les effusions allaient bon train un peu partout dans la pièce... enfin pas vraiment.
La blonde à éviter affichait un sourire aussi faux que celui d'Isabelle tout en se promenant au bras d'un mignon de Monsieur,l'air aussi ravi qu'un chat jeté dans l'eau froide, celui -dont -on- ne -devait -pas -prononcer- le- nom- parce -qu'il -était sans- intérêt était en train de faire son numéro habituel devant la bellissima Sofia, et le dramaturge en vogue regardait avec une tête de chien battu une autre blonde qui elle de son côté préférait fixer avec toute la dévotion et l'amour d'un chien fidèle le Narcisse.

Elle avait vraiment mauvais goût. Mieux valait admirer un homme de lettre qu'un courtisan en manque d'attention, pour la simple raison que le premier vous prenait pour muse alors que le second vous délaissait aussi vite qu'une étoile filante passe dans le ciel.

-Etes-vous satisfait ? Nous ne sommes pas si en retard que ça…

- Si c'est ce qui vous inquiète, vous aurez votre cadeau malgré votre attitude déplorable à mon égard, nul besoin de faire semblant de vous soucier de mon avis. Mais pour vous répondre, nous avons fait une entrée satisfaisante, et vous faites un parfait écrin pour ce collier si j'en crois certains regards qui se sont posés sur vous.

Compliment au compteur: 1. Et oui!Parfois le Saxon pouvait se montrer parfait gentilhomme même si ce n'était pas monnaie courante.

-N'avez vous pas d'amis à retrouver ? Qu'est donc devenu ce grand maigrichon tout pâle et aussi bavard qu'un muet. Celui à la mine endeuillée en permanence.. mais si vous savez, il vous accompagnait chez mon ami Longueville je crois! Remarque avec sa mine de croque mort il aurait gâché cette soirée...

Jalousie? Peut être un peu. Après tout même si ce n'était que purement physique entre eux, le duc de Saxe Weissenfels était un peu possessif et puis surtout, il n'était pas totalement en faveur de la liberté de moeurs pour les femmes.Maigre consolation: au moins grâce à cela, il pouvait se satisfaire du fait que les frais d'Isabelle, toujours de plus en plus élevés, étaient partagée entre lui et les autres Messieurs que fréquentait la froide Française.

-Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous mais je vois plus de têtes indésirables que je ne le souhaiterais (plus précisément, une polonaise et un vénitien, et puis on pouvait compter aussi cette imbécile qui était sous le charme du précédent tant qu'à faire, même si il ne la connaissait pas. ). On peut difficilement faire pire en matière de dernière fête avant longtemps...!

Il avait la chance d'avoir une belle femme à côté de lui, mais il trouvait le moyen de se plaindre. Insatisfait chronique, voilà ce qu'il était.




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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime29.09.12 16:18

Ulrich n’avait, depuis leur dernière entrevue, pas eu l’occasion de revoir la princesse, et ignorait où en était son projet de nuire à Contarini. Lui même ayant été happé par d’autres évènements - l’arrivée d’Helle en étant le principal - n’avait guère pris le temps de songer à leur conversation. Aussi ne lui sembla-t-il pas idiot de la laisser faire de l’ambassadeur ce qu’elle souhaitait sans les interrompre, di Venezia étant assez grand garçon pour se sortir tout seul du charmant piège qu’était la princesse.
« Si nous ne voulons pas nous retrouver malgré nous entre feux croisés, retournons la voir plus tard en effet, approuva Helle, qui devait également avoir entendu parler de Francesco. »

Ulrich hocha ma tête, et le couple Sola s’apprêtait à tourner à nouveau mes talons quand un tourbillon d'étoffes et de cheveux roux se planta devant eux, en la personne d’une jeune femme tout sourire.
« Madame de Sola, c'est un plaisir ! s’exclama l’inconnue avec enthousiasme, je me suis fort ennuyée depuis notre dernier entretien ! Je sais que vous vous complaisez dans l'écriture épistolaire mais j'ai besoin de bouger quant à moi et l'arrêt de la chasse est la chose la plus triste de l'hiver.
- Je suis terriblement navrée de l’apprendre, Frau Sobieska, répondit Helle. Vous auriez dû venir me rendre visite, nous aurions fait seller les chevaux pour aller faire de longues promenades, la campagne est si belle en cette saison ! A condition que le froid et la neige ne vous incommodent pas bien entendu. »

Le danois, tandis que les deux femmes échangeaient ces quelques mots, dévisagea froidement la nouvelle venue. Il ne l’avait encore jamais vu, si ce n’était quelques minutes plutôt, auprès du Fou du roi. Méfiant, comme toujours - et il ignorait encore qu’elle méritait cette réserve - Ulrich adressa toute même à Frau Sobieska un courtois signe de tête lorsqu’Helle se tourna vers lui.
« Oh, mais je manque à tous mes devoirs, reprit celle-ci. Frau Sobieska permettez-moi de vous présenter Herr Viktor, comte de Vejle. Il vient lui aussi du Danemark, c’est un vieil ami de la famille.
- Madame, la salua sobrement l’intéressé. »
Il se garda de faire le moindre commentaire, pourtant surpris de la réaction de son épouse. Il lui avait parlé d’anonymat, certes, mais il n’imaginait pas qu’elle songeât d’elle-même à prendre une telle initiative. Cette femme le surprenait de plus en plus.
« C’est un amateur de chasse, comme vous. Vous devriez pouvoir échanger bien des anecdotes à ce sujet, n’est-ce pas Viktor ? »

Qu’Helle se souvienne de ce détail ou qu’elle l’ait inventé, toujours était-il que cette fois, il ne s’agissait pas d’un mensonge. Ulrich aimait chasser... et de tous les gibiers possibles. Ce qui, on s’en doute, ne se limitait pas aux humains. Donnant le change, il esquissa un rictus amusé.
« En effet, lâcha-t-il. Que chassez-vous, Frau Sobieska ? Personnellement, je préfère le... gros gibier. Pour le sport. »
Le double sens de ces mots pourrait paraître amusant (ou effrayant) à qui connaissait réellement le baron, mais son air éternellement détaché ne trahissait en rien ce qu’il mettait derrière le «gros gibier.»
« On en trouve aussi l’hiver, quelques fois, si cela peut vous consoler. Versailles possède un domaine surprenant... »
Surprenant en victimes. Question chasse (la vraie) il n’avait pas encore étudié la question, bien qu’il lui semblât peu probable que les proies qui vivaient ici sortent en cette froide saison. Hélas, le caribou n’était pas monnaie courante en France.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime30.09.12 16:22

Hector de Valois taquiné par une précieuse, on pourrait croire que c’était frais et nouveau. Mais pas tant que ça, le Dieu Janus a bien deux facettes et le duc n’en a pas moins trois ou quatre. Celui qui est accompagné d’assassins à la dague sous cape, peut se montrer tout à fait délicieux. La démonstration était en cours. Un comédien ayant raté sa vocation rentrait sur la scène de la vie et la comtesse des Barres représentait l’atout 21 dans un jeu de tarots. Il voulait atteindre quelqu’un à travers la dame à l’éventail et c’était un prêtre : Thimoléon de Choisy. Olympe connaissait l’almanach de tout le gotha français sur le bout des doigts. Ces doigts remplis de bagues, il les embrassait généreusement d’un baise main, avec le désir de glaner toute information sur l’homme d’église. L’éloignement de l’abbaye de Longchamp ne devait pas poser de problèmes à cette curieuse, le Choisy était l’ami d’enfance du Bourbon cadet. Elle le connaissait, Valois en aurait donné sa main à couper.

« Allons, allons, mon ami ! Pas de panique : je vous taquine ! »
- Si une chose devait paniquer en moi madame, ça serait mon cœur. Vous le faites furieusement s’emballer. Si j’osais je vous ferais palper les conséquences de votre torture.

Beau parleur et pour ne rien gâcher étrangement beau ce soir. Hector jetait un coup d’œil rapide à son reflet dans l’un des miroirs. Son habit bleu nuit rehaussait sa physionomie. Il brillait de mille feux, les bordures cousues d’or de son pourpoint étincelaient grâce aux lustres de la galerie. Olympe ne pourrait pas résister longtemps, si tenté qu’elle résiste déjà.

- Peut-être aurais-je même l’audace de m’enquérir moi-même, de l'état du vôtre. Saigne t-il dès que je m’éloigne de vous ma chère ?

Le revers de sa main caressa avec lenteur ce qu’il prenait pour le dessus de sa poitrine et s’arrêta à l’emplacement du cœur. Son point fort était qu’il n’était pas réputé pour ses frasques, ses compliments n’avaient pas le ton de la duperie. Il restait veuf et inconsolable, après l’épisode Noailles, ça valait mieux pour tout le monde et surtout pour lui.

- Si je n’étais pas pourchassé par le souvenir de ma regrettée femme. Je vous dirai que …

Il soupira à faire pitié et sa tête s’affaissa sous le poids d’un chagrin insurmontable. Etre malheureux la ferait s’inquiéter, elle essaierait une approche qui sait. Les gens qui ont du cœur ont parfois de drôles de réactions, mais il comptait bien sur celle-là. Ce n’était pas tout puisque Valois pariait aussi que ses confidences en suspend allaient faire s’allumer la flamme de la curiosité chez la comtesse. Si ça l’intéressait de savoir ce qu’il avait à dire, elle questionnerait. Il retira en tout cas sa main du décolleté comme si ça le brûlait. Ses yeux humectés pourtant sans l’aide de gouttes de citron, laissaient apercevoir l’affreuse étendue de son malheur.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime30.09.12 19:36

- Si le froid et la neige m'incommodent, madame ? S'exclama Éléonore, d'excellente humeur, oh, je puis vous assurer qu'il n'en est rien. Après tout, j'ai grandi dans des contrées où l'hiver était bien plus rude que celui que nous connaissons à Versailles qui n'est rien d'autre qu'une plaisanterie à côté ! Je ne cesserai jamais de m'étonner du manque de résistance du gibier versaillais, incapable de supporter quelques températures un peu fraîches quand des caribous parviennent à survivre dans des conditions plus difficiles.

Éléonore Sobieska était bien loin de se douter de la méfiance qu'éprouvait Helle de Sola à son égard, elle pensait avoir assez endormi sa méfiance pour que la jeune femme blonde la tienne au courant de l'avancée de ses recherches sur son époux, qu'elle soit une alliée de circonstance. Elles partageaient la haine des Danois et tout ce qui y ressemblait de près ou de loin et cela n'était pas joué pour la rousse. Mais Éléonore voyait en Helle cette épistolière douce et inoffensive que Marysienka lui avait décrite dans ses lettres, pas une intrigante capable de la rouler ! Elles étaient pourtant faites du même acier toutes les deux, elles avaient appris à ne faire confiance à personne, surtout pas à quelqu'un qui paraît toujours joyeux et aimable sans raison valable et elles avaient faim de revanche sur la vie. La Polonaise aurait dû reconnaître un alter-ego chez Helle. Au lieu de cela, elle se faisait duper en beauté... Et ne soupçonna pas le moindre instant que l'homme qu'Helle lui présentait comme un ami, un certain comte de Vejle, n'était autre que la personne qu'elle traquait et que Frédéric l'avait chargée de tuer. Aussi, elle se tourna vers l'homme blond de haute stature et le salua courtoisement, un large sourire aux lèvres.

- C’est un amateur de chasse, comme vous. Vous devriez pouvoir échanger bien des anecdotes à ce sujet, n’est-ce pas Viktor ?

Les yeux d’Éléonore se mirent à pétiller et elle se dit qu'en effet, avec une telle stature, l'homme en face d'elle devait être un formidable chasseur. Il suffisait de voir ses larges paumes et ses épaules carrées – qui formaient d'ailleurs un contraste amusant avec la petitesse de Helle à ses côtés – pour s'en convaincre. Elle n'aurait pas aimé l'avoir en ennemi. La réponse qu'il lui fournit ne l'étonna pas autre mesure (elle le voyait mal chasser le lapin) mais la question sur ses proies favorites lui laissa un sourire ironique sur les lèvres.

- Vous avez raison, monsieur, le gros gibier est bien plus intéressant. J'avoue que ce que je préfère dans la chasse, c'est la traque, tout le plaisir en est ôté sinon. Qui peut donc se complaire dans de simples mises à mort ? J'ai entendu dire que votre roi – vous êtes Danois, n'est-ce pas ? - laissait ses serviteurs rabattre le gibier pour lui et se contentait de donner le coup fatal... J'ignore si cela est vrai mais cela est fort ridicule et lâche. Et il ose en récupérer les honneurs... !

Éléonore n'avait pas la moindre idée des pratiques de chasse de Frédéric III mais ne perdait jamais une occasion de cracher son nom avec mépris, surtout devant Helle qui ne l'aimait guère non plus. Et ces paroles possédaient un double sens bien plus effrayant que l'on n'aurait pu soupçonner derrière le visage rieur de la jeune femme. Car derrière ces histoires de sangliers et de caribous, elle ne pouvait s'empêcher de songer à la grande traque qui lui occupait l'esprit et l'avait conduite à Versailles. Qu'elle utilise Helle de Sola comme appât ou non, elle parviendrait bien à mettre la main sur cet Ulrich car une proie laisse toujours des pistes. Pour le moment, elle comptait bien profiter de sa soirée du nouvel an et de la compagnie de cet homme qu'elle trouvait de plus en plus sympathique.

- On en trouve aussi l’hiver, quelques fois, si cela peut vous consoler. Versailles possède un domaine surprenant...
- Vraiment ? L'on m'avait dit qu'il n'y avait que quelques perdrix çà et là à se mettre sous la dent avant l'arrivée du printemps. Mais je sais patienter même si je n'en ai pas la réputation... C'est bien ainsi qu'aucune de mes proies ne m'échappe ! Vous m'avez l'air d'être un connaisseur, monsieur, j'espère que nous aurons l'occasion de partager une partie de chasse tous les deux. Sans vouloir méjuger de vos capacités évidentes, et je vais confiance à mon amie Helle lorsqu'elle fait des éloges aux gens, j'aimerais bien voir lequel d'entre nous arriverait à toucher le premier, le plantigrade effrayant venu du Nord ou la renarde tapie dans l'ombre ?

Éléonore eut un petit rire puis décida d'abandonner le couple, Helle n'avait certainement pas mis le grappin sur cet homme sans excellente raison. Elle les salua donc chaleureusement en renouvelant son invitation puis s'éloigna. Le roi avait relâché Aymeric de Froulay, peut-être aurait-elle enfin la danse promise et ce, sans se faire reconnaître par Ferdinand d'Anglerays. Avant de rejoindre le petit groupe, elle fit un détour vers le buffet et prit quelques macarons. Elle ne vit que trop tard qu'elle se trouvait non loin du prince Édouard du Danemark et de la jeune femme blonde qui devait être son épouse et que le jeune homme semblait l'avoir remarquée. Elle se tendit imperceptiblement. Non qu'elle ne l'aimait pas (quoique) mais... Lui adresser la parole en public n'était certainement pas la chose la plus discrète au monde ! Éléonore chercha à fuir mais la foule était compacte autour d'elle et elle se résigna à voir approcher Édouard.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime30.09.12 22:15

Gabrielle de Longueville était ravie d'avoir trouvé quelques victimes pour occuper son temps et son esprit. Elle n'avait aucune espèce d'affection pour quelqu'un comme Philippe d'Artagnan, certes duc de Gascogne mais qui évoluait dans un monde bien trop éloigné du sien. Comme toujours à Versailles, on se saluait, on se faisait des sourires hypocrites car en apparence, on vivait dans un monde policé, aimable et charmant où l'on se respectait à défaut de vraiment s'apprécier. La cour, c'était cela. Une galerie de visages connus aux expressions figées dissimulant haines et rancœurs. Parfois certaines de ces passions remontaient à la surface et les vautours se précipitaient pour s'emparer des restes. Gabrielle de Longueville faisait intégralement parti de cet univers sans pitié. Elle avait besoin de se mettre quelque chose – une histoire, une rumeur, un complot – sous la dent. Et la jeune femme savait bien que le dernier des d'Artagnan et sa charmante amie allaient lui fournir ce qu'elle recherchait. A leur corps défendant.

- Je suis bien impoli de ne pas vous présenter mademoiselle de Froulay, la cousine du comte de Froulay et sœur d'un bon ami à moi. Les deux ayant des obligations, je me suis proposé pour être le chaperon de mademoiselle qui ne vient que très rarement à la Cour. Je suis désolé de ne point cacher de fiancée sur mes terres mais je garderais ce petit trait, il plaira sans doute à quelques uns ici.

Tiens, tiens, écoutez-le ! Gabrielle qui avait gardé les yeux fixés sur la jeune fille en attendant la réponse se retourna vers celui qui la lui avait fourni et adressa un sourire éblouissant au jeune homme. Elle avait vu le comte de Froulay peu de temps auparavant dans la foule, il recevait son cadeau des mains du roi et ne paraissait pas être particulièrement débordé par de possibles « obligations ». Lui non plus, elle ne le connaissait pas personnellement (pas encore tout du moins) mais on ne pouvait manquer sa haute stature... Et son rôle auprès du roi. Un homme plutôt intéressant... Et qui laissait sa cousine au bras d'un étranger à leur famille. Gabrielle de Longueville fronça un instant les sourcils mais son attention fut distraite par le rire de la jeune femme, décidément bien en verve :

- Prenez garde qu’on ne vous soupçonne pas de l’y tenir enfermée, on vous inventerait vite une fiancée absolument monstrueuse ! Je suis ravie de faire votre connaissance, madame de... ?

Si Gabrielle fut vexée par ces paroles (et elle le fut, personne ne pouvait en douter), elle n'en laissa absolument rien paraître. Au contraire, son sourire parut encore s'agrandir. Même ses yeux se mirent à pétiller comme si la jeune fille venait de faire une bonne plaisanterie. En réalité, la duchesse avait compris qu'elle n'était pas tombée sur une demoiselle sans défense. Elle avait beaucoup plus de répondant que pouvaient ne le laisser penser la spontanéité qu'elle avait laissé apparaître dans la danse avec Philippe ou sa mise assez simple. Oh oui, elle était bien insolente pour se montrer aussi cavalière avec la cousine du roi mais Gabrielle n'était guère impressionnée. Elle en avait vu des jeunes filles de cet acabit, elles ne faisaient jamais long feu parmi les requins car les Précieuses et les bigotes aimaient à les dévorer, chacune avec leurs armes et leurs reproches.

- Oh, monsieur d'Artagnan ne m'a pas présentée, quel chaperon épouvantable, lança-t-elle comme une boutade alors que son regard était redevenu froid et dur, vous devrez absolument être mon amie pour réparer cette erreur. Je suis Gabrielle de Longueville... Vous connaissez peut-être ma famille même si vous n'avez pas grandi parmi nous, mon père était gouverneur de Normandie et mon oncle est monsieur de Condé, se moqua-t-elle assez méchamment, pour avoir voyagé en province, il me semble que le nom de ce dernier est plutôt connu, dites-moi si je me trompe.

Elle ponctua sa tirade d'un geste de la main comme si tout cela n'avait aucune importance... Après tout, cette demoiselle de Froulay voulait montrer qu'elle était ignorante ? Et bien Gabrielle jouerait le jeu.

- Pour vous répondre, je n’appartiens à aucune maison, je passe trop peu de temps à Versailles pour cela. Et puis, entre nous, je trouve Paris bien plus passionnante. N'êtes-vous pas d'accord ?
- Voilà un point commun entre nous deux, mademoiselle,
s'exclama la duchesse, je préfère aussi bien souvent me trouver à Paris, c'est l'endroit où j'aime me délasser, la cour peut être si épuisante même pour quelqu'un qui en connaît tous les rouages, aussi je vous comprends. Mais je vous avoue que ce qui me plaît à Paris, ce sont plutôt ses salons et ses cercles lettrés, cela explique pourquoi nous ne nous sommes jamais rencontrées. Mais qui peut savoir ? Un beau mariage avec quelqu'un d'aussi titré que monsieur d'Artagnan vous donnera peut-être une place parmi nous, la vie offre parfois ce genre de chance !

Son ton resta mielleux pour les saluer avec toute la courtoisie du monde alors qu'elle venait de déverser une part de son venin le plus naturellement du monde. Elle savait qu'elle les avait sans doute vexés... Mais il ne faisait pas bon se mettre à dos une Longueville ! D'ailleurs, elle cracha le reste de son poison au courtisan qui l'attendait au buffet pour t'aider d'apprendre ce qu'elle avait dit :

- Monsieur d'Artagnan va épouser une demoiselle de Froulay... Une jeune femme d'une grande ignorance et sans esprit. Hélas, la cour n'est plus ce qu'elle était, on ne cesse de se marier de plus en plus bas à l'heure actuelle !

Le courtisan renchérit avec mauvais esprit, ravi d'avoir une nouvelle à faire circuler. Avec lui Gabrielle était assurée que d'ici la fin de la soirée, toute la fête serait au courant du futur mariage de Philippe. Elle resta silencieuse quelques minutes, balayant la foule du regard. Elle laissa échapper une grimace en distinguant Francesco di Venezia... Aux prises avec une dame de la reine, une certaine Sofia di Parma... En voilà, une scène intéressante...
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Elisabeth d'Alençon

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: seul Dieu peut m'indiquer qui aimer
Côté Lit: Je me réserve pour mon futur époux, je ne suis pas de celles qui se donnent!
Discours royal:



When your faith is strong, you dont need a proof


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Titre : duchesse d'Alençon, abbesse de Remiremont
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Date d'inscription : 17/07/2012


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime04.10.12 0:14

Décidément, ce petit monsieur ne manquait pas d’intérêt. Pour un peu, Elisabeth se serait dit qu’elle ferait mieux de fréquenter la noblesse de moindre importance plus souvent. Fort heureusement, elle n’en était pas là, comment pourrait-il en être autrement ? Quelles que soient leurs opinions communes, ils n’étaient pas du même rang et il faudrait s’en tenir à l’Etiquette, quoi qu’il arrive. De plus, ils ne semblaient pas avoir les mêmes opinions sur la morale : il semblait trouver parfaitement normal qu’un homme dont la femme ne satisferait pas tous les devoirs conjugaux puisse vouloir s’essayer au vice. Elisabeth, elle, en frémissait d’avoir ce type de conversation avec un homme. Seulement, le jeu en valait la chandelle :

Elle observait au loin ce bellâtre démoniaque qui conversait avec ce petit ange que la vie lui avait apporté au moment où sa sœur lui manquait le plus. A sa grande satisfaction, Christine ne semblait pas enchantée d’être avec lui. La duchesse se promit de la débarrasser à tout jamais de cet homme, peu importe le péché qu’il lui faudrait commettre pour en arriver là. Elisabeth observa à nouveau le chevalier avec qui elle parlait. Tout les séparait, il ne s’agissait certes que d’une alliance provisoire.


- Monsieur, il faut savoir avant tout que si cela se sait, mon cousin le frère du roi ne nous le pardonnera pas.

Elle rajouta en fronçant le nez :

- Il est rare que les pécheurs remercient correctement leurs sauveurs ! Si la disgrâce ou l’opprobre vous font peur, peut-être serait-il préférable d’arrêter là notre conversation.

Si le chevalier lui disait que dans ces conditions, il devait réfléchir, Elisabeth devait s’avouer que cela la décevrait beaucoup : il lui avait semblé lire la même haine dans les yeux de cet homme et l’espoir s’était remis à naître en elle : elle n’était pas abandonnée dans ses efforts pour faire de la Cour un endroit où tous les chrétiens viendraient chercher un exemple de vertu.

- Quant à moi, je soutiendrai à qui veut l’entendre que si Dieu n’était pas de mon côté, il ne m’enverrait pas les alliés les plus inattendus afin de m’aider dans ma cause.

Elle tient néanmoins à bien faire comprendre au chevalier qu’il devrait rester à sa place tout le temps que durera leur alliance.

- Soyons bons amis afin de servir cette cause, mais il n’est pas question de familiarités entre nous monsieur, je suis et resterai princesse de sang, ce liquide royal coule dans mes veines. Si vous restez loyal, soyez sûr que je saurai vous récompenser. Trahissez-moi et je vous détruirai !

Dire qu’elle était en train de sceller un pacte contre l’un des hommes les plus en vues de la Cour ici, au centre de l’attention, avec un hobereau, ce qui ne manquerait pas d’attirer l’attention sur elle. Cependant, cette fois, Elisabeth était sûre que tout se déroulerait selon ses volontés.

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Elles vieillissent d'autant plus vite qu'elles confondent l'Amour et l'eau bénite

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Louis XIV

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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime06.10.12 15:48

Quant à votre vie, permettez-moi, Sire, d’y veiller tout de même. Sait-on jamais...

La petite phrase de Froulay eut pour effet de faire sourire le monarque. Après tout, leur rencontre se fit grâce à un sauvetage du roi par Aymeric ! Et puis la guerre s'annonçait rude alors qui sait si cela n'allait pas se répéter ! Seul l'avenir nous le dira …

Comme durant les fêtes du Nouvel An, Louis XIV distribuait cadeaux et promotions, c'était l'occasion de voir qui venait et récompenser les fidèles parmi le reste de la foule. S'il y en avait un qui était toujours là, c'était bien son frère. Il avait du sûrement râler de ne pas être passé le premier mais cela était la faute du duc de Bouillon qui s'emmêlait les pinceaux dans ses noms. Enfin son frère ne trouverait rien à redire, il était fidèle à son frère, son roi en toute circonstance. Puis il était facile de balayer une crise d’ego grâce à un commandement. Cela faisait des semaines que Philippe le harcelait littéralement pour aller se battre et que le roi lui répondait par sa célèbre formule « Je verrais. » Voilà, la patience fut récompensée et cela se voyait dans le regard de Philippe qui repartit lui aussi avec son cadeau pour repartir vers Ferdinand.

Louis XIV fixait Bouillon qui rayait un nouveau nom avant de chercher ceux qui restait. Le prochain était Molière qui le saluait toujours avec bonhomie et de grande humeur. Puis ce fut au tour de Jean Racine, son second dramaturge de venir. On pouvait croire le Roi fâché contre Racine à propos de ce vers déclamé lors de son anniversaire. Sur le coup, il l'était vraiment, mais un monarque savait se montrer juste, la preuve en le recevant.

Monsieur Racine, j'espère que vous appréciez la nouvelle distraction avec ces ombres. Molière m'en a dit beaucoup de bien. Qu'en pensez vous ?

Bien sûr, là n'était pas l'objet de la conversation principale mais il était toujours bon d'avoir un avis d'un homme de goût, d'un artiste. Molière était « ravi » selon ses propres termes. Mais revenons davantage au pourquoi Racine était là, outre pour recevoir son présent.

Je vous ai fait venir à moi pour vous parler de guerre. Soyez en rassuré, je ne vous enverrais point vous battre, je veux vous garder en vie. J'ai dans l'idée que vous écriviez mon histoire et cette guerre est le parfait moment pour les commencer. Vous m'accompagnerez donc, et je vous confie de coucher sur du papier tout ce que vous voyez, entendez. Votre plume saura trouver les bons mots, j'en suis certain.

C'était un grand honneur, une promotion exceptionnelle que Louis XIV accordait à Racine. C'était aussi un moyen de se racheter, il ne fallait pas croire que le monarque faisait cela par bonté d'âme. Puis Racine put récupérer son cadeau, il eut le droit à une magnifique boîte à bonbons avec des confiseries venues de loin que tout le monde vantait les saveurs.

Bouillon chercha dans sa liste et partit à la recherche de Paris de Longueville. Mais après quelques longues minutes, il revint bredouille.

Le prince de Neuchâtel est introuvable, Sire.
Allez cherchez dans les salons, il est forcément là, il ne manquerait pas un tel événement ni une telle soirée pour se montrer !

S'il savait … Paris de Longueville avait déserté le Nouvel An versaillais. Quand Louis allait l'apprendre, pas sûr qu'il le prenne bien …

Spoiler:
 

______________________



« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
Spoiler:
 


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Megan Campbell

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


Âge : 25 ans
Titre : Baronne de Campbelltown et espionne très personnelle de Charles II
Missives : 335
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime06.10.12 18:00


-Ah ! Mademoiselle, où êtes-vous donc allé fourrer votre nez ! C’est impensable ! Votre frère s’impatiente…..et vous n’allez pas vous rendre au bal du Nouvel An dans cet état ! Si votre…..mère vous voyait !

La pauvre femme de chambre s’épuisait à démêler les cheveux de l’écossaise qui se fichait de savoir si son frère l’attendait. Assise de force sur le petit fauteuil, elle observait distraitement son reflet dans le miroir de la coiffeuse. Ils avaient presque touché au but, Colonna et elle ! Il ne manquait qu’un petit détail, une preuve et ils pourraient lever le voile sur cette sordide affaire de disparition.
-Et ces bottes, j’en fais quoi, continuait Bess ?
-Laisse-les, je m’en occuperai, fit Megan évasivement en repoussant le fauteuil.

Elle prit la robe pendue au paravent, choisie la veille. D’un vert sombre réhaussé de broderies d’argent ; le décolleté n’allait pas jusqu’à la provocation, mais s’ouvrait suffisamment pour souligner la féminité de la jeune femme.
-Elle vous ira à ravir, du moins si je parviens à démêler votre tignasse !


Après une dure bataille contre la saleté et les nœuds capillaires, Megan était parvenue à éviter quelques remarques désobligeantes de la part de William. Elle n’en n’avait nul besoin aujourd’hui, alors qu’une nouvelle année apportait son lot de surprises à venir. 1666 tournait sa page pour commencer le chapitre 1667. De nouvelles rencontres, de nouveaux visages et qui sait, de nouvelles aventures sous son chapeau d’homme. Ce soir, le chevalier de Langlay avait été parfait aux côté de Colonna !

La Galerie des Glaces ne pouvait être plus somptueuse qu’elle ne l’était ce soir et à peine arrivée dans la salle du bal, l’écossaise lâcha enfin le bras de son chaperon pour s’éclipser. Il lui tardait de retrouver quelques visages familiers et déjà, plus loin, elle apercevait la mine solitaire d’Enola of Dorset. La Tudor. Celle pour qui Megan était en France, et pour qui son roi la tenait isolé de la cour.
Un jeu dangereux, que celui que jouait l’écossaise contre l’héritière, mais dont elle prenait pleinement conscience.
Elle se faufila entre quelques courtisans et prenant un verre de jus de fruits sur un plateau, rejoignit celle qu’elle qualifiait d’amie malgré toute l’animosité politique qu’elle ressentait.

-Enola, lui souffla-t-elle en s’approchant ! Que je suis heureuse de vous voir ici…je vous avoue que ces fêtes françaises me font tourner la tête…elles ne valent pas celles que nous avions à Whitehall, mais par tous les diables français, elles sont somptueuses !
Elle rit assez discrètement pour ne pas faire retourner quelques têtes voisines.
-Eh bien, quelle décision avez-vous prise pour cette guerre qui s’annonce ? Retournez-vous en Angleterre, pour quitter cette terre trop impie pour nous, ou préférez-vous rester et faire tête basse ?
Elle sirota son jus, goûtant par la même occasion quelques petits fours. Revenir au monde réel lorsqu’elle avait passé la soirée avec le chevalier de Langlay était un exercice sans facilité, mais Megan avait pris l’habitude assez jeune pour qu’elle parvienne à oublier ses réflexes masculins. Elle se retint toutefois d’essuyer ses doigts sur sa robe.
-Pour moi, la situation est claire…vous avez surement appris mes récentes fiançailles avec ce gentilhomme français, le comte de Froulay. Je dois donc rester en France, cela serait fort peu bien vu par la cour si je manquais à mes engagements !

Elle lâcha un faux soupir de contrainte, les plans de la Tudor pour cette guerre l’intéressant particulièrement. Où qu’elle aille, elle la suivrait comme son ombre…

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«


scottish girl:
 
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Morgan Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
Date d'inscription : 15/02/2012


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime06.10.12 19:13


N’oubliez pas Madame, qu’une fade silhouette fait rejaillir la beauté d’une femme et la fait paraître plus lumineuse. Aussi, si vous craignez que nous ternissions votre teint, nous pouvons prendre congé de vous.

Ah ce fameux esprit Mortemart, Morgan le découvrait au travers du frère et de la sœur tous deux en grande forme. Après tout, ils avaient une réputation à défendre. Si l'anglais connaissait les traits d'esprits de son ami Vivonne, il découvrait ceux d'Athénaïs qui étaient aussi assassins que sa beauté était grandiose. Après tout, les plus belles fleurs sont celles avec des épines, cela vaut aussi pour les jolies femmes. Mais il n'oserait pas séduire la sœur de son amie juste sous ses yeux, Richmond avait quand même un peu de dignité, même si celle-ci diminuait avec le nouveau verre qu'il avait dans les mains.

C'est là que la conversation tourna vers la marquise de Listenois, celle qui aurait dit qu'elle était la nouvelle favorite. Il était facile de raconter tout et n'importe quoi à ce sujet quand Amy of Leeds était loin de la cour, sous la coup d'un ravisseur. Mais qu'en était-il aujourd'hui ? La marquise de Montespan avait son avis là-dessus.

La marquise de Listenois ? Pardieu ! Je rate toujours les derniers commérages de la cour !
Elle ment. Elle n'est certainement pas assez belle pour attacher le roi, je crois que c'est évident.
Si vous saviez de quoi pouvait se contenter le roi, il y a de cela quelques années.
Nous pourrions aller lui demander, cependant. Poussée dans ses retranchements, elle pourrait avouer qu'elle a tout inventé pour se rendre intéressante, vous ne pensez pas?
Quelle bonne idée ! s'exclama Morgan, sans vraiment savoir dans quoi il s'embarquait.

Il fallait avouer qu'il se moquait un peu de ce qui se passait à la Cour de France mais cela lui manquait un peu de s'amuser de la sorte !

Vous, qui semblez bien la connaître, partez devant, nous vous suivons!
h bien soit, alea jacta est, soyons ce soir vainqueurs ! Venez donc, allons découvrir qui tente de me voler ce cher ami. Notre roi semble si innocent des griffes cachés par un gant de soie…
Il ne serait pas de trop pour elle d'avoir quelques ''amis''. lâcha Richmond avec un large sourire.

Et voici tous les trois s'avancer vers la marquise qui se trouvait avec le Chevalier de Lorraine. Quelle compagnie bien étrange ! Mais celui-ci s'en allait, c'était le moment d'en profiter.

Mes chers Belzébuth et Astaroth, qui se lancera ? Vous, Richmond, la connaissez-vous ? J’ai fait sa connaissance il y a de cela quelques jours, je peux également vous introduire si vous le souhaitez.
Je vous laisse nous introduire, vous êtes le plus diplomate de nous trois après tout !

Pauvre marquise, qui n'avait pas l'air de comprendre pourquoi les Mortemart et un duc anglais venaient la saluer de la sorte. Cela paraissait si peu naturel mais chacun dans son rôle et Morgan la salua avec un large sourire.

Mademoiselle, j'ai entendu tellement de bien à votre égard, j'aurais été peiné de ne pas pouvoir saluer une dame telle que vous.

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I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime06.10.12 20:43

    - Enola...

    La jeune Tudor se retourna vivement, pour voir la petite bouille rousse de Megan of Scotland. Elle souriait tellement ce soir qu'Enola n'avait qu'une seule envie: lui arracher la peau du visage avec ses ongles. Elle ne supportait pas l'hypocrisie, depuis l'affaire Rosalyn. Puis l'affaire Christine. Alors que cette jeune femme au visage bon enfant lui sourit, qu'elle fasse mine qu'elles étaient les deux meilleures amies du monde, alors que Lady Dorset savait très bien que c'était totalement faux. Campbell. Il était difficile de trouver plus écossais que ça, comme nom de famille. Et la tignasse rousse qui couronnait ses cheveux la trahissait trop. Ne restait plus qu'à la démasquer devant tout le monde, pour que sa peau rougisse tant qu'on ne puisse plus faire la différence entre la chevelure et le visage. Qu'elle soit traînée dans la boue, avec son royal patron avec elle.

    - Que je suis heureuse de vous voir ici…je vous avoue que ces fêtes françaises me font tourner la tête…elles ne valent pas celles que nous avions à Whitehall, mais par tous les diables français, elles sont somptueuses!

    - En effet, très chère. L'éclat de Versailles est bien à l'image de son souverain.

    À cette réponse, Megan rit discrètement, histoire de ne pas attirer l'attention sur elle. Ris toujours, très chère. Time is short. Don't waste it. Londres ne serait pas en reste, lorsqu'elle, Enola, serait Reine. Il faudrait qu'elle dépasse Versailles, même. L'Âge d'Or, interrompu par l'avènement des Stuarts, puis des Cromwell, reviendrait sous les Tudors. Enola serait même prête à le jurer sur la Bible.

    - Eh bien, quelle décision avez-vous prise pour cette guerre qui s’annonce ? Retournez-vous en Angleterre, pour quitter cette terre trop impie pour nous, ou préférez-vous rester et faire tête basse?

    Elle sirota son jus, goûtant par la même occasion quelques petits fours, l'air tellement insouciante que c'en était enrageant. Vraiment. En même temps, Enola en saisit un, prenant bien garde de ne pas salir ses doigts. Une reine doit savoir garder la classe, quoi.

    - Pour moi, la situation est claire…vous avez sûrement appris mes récentes fiançailles avec ce gentilhomme français, le comte de Froulay. Je dois donc rester en France, cela serait fort peu bien vu par la Cour si je manquais à mes engagements!

    Enola releva la tête. Oui, elle avait entendu parler de tout cela. Aymeric de Froulay. Au fond, c'était n'importe quoi, ce mariage. Megan avait beau être son ennemie, elle savait très bien qu'au fond, elle ne l'aimait pas vraiment. C'était clair comme l'eau de roche. Peut-être l'épousait-elle simplement pour rester en France, pour mieux la surveiller, elle. Mais il ne devait pas y avoir seulement elle. Megan devait très bien savoir qu'elle était, pour l'instant, faible, sans soutien, à part la Cromwell qui insistait pour l'assister. Mais oui, rêve toujours, la puritaine. Il devait y avoir autre chose. Et Enola tenait à le savoir dans l'immédiat.

    Elle entraîna Megan dans un coin de la Galerie des Glaces, où il y aurait moins d'oreilles indiscrètes. Moins, car c'était impossible, dans le théâtre vivant de Versailles, de garder un secret. Ou presque. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver dans ce poulailler doré. Pour que la favorite royale soit enlevée alors qu'elle était enceinte et dans ce cas-là doublement gardée, il fallait bien qu'il y ait du confidentiel à quelque part.

    - Vous marier, Megan?

    Elle avait pris un air le plus triste, le plus incrédule possible, afin de persuader son amie qu'elle commettait une grosse erreur en épousait Aymeric de Froulay.

    - Depuis quand éprouvez-vous une quelconque inclinaison pour ce gentilhomme? Ne gâchez pas votre vie en faisant un mariage arrangé par votre frère, de grâce! Vous êtes une battante, dans le fond. Il faut résister.

    Enola baissa légèrement le regard, pour ensuite le diriger vers Megan pour mieux la transpercer.

    - À moins... que vous n'ayez une autre idée en tête...

    Les dés sont jetés. Le reste appartient à la Fortune.


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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime06.10.12 20:44

Racine bouillonnait de devoir laisser Éris aux prises avec Francesco même si elle était sous la bonne garde de Sofia en qui il avait confiance pour se débarrasser de l'opportun – même s'il était loin de se douter de quelle manière radicale elle voulait le faire disparaître. On ne disait pas non à un roi lorsqu'il réclamait votre présence, combien même le chambellan chargé de vous amener jusqu'à lui semblait un peu perdu dans ses notes et tournait avec inquiétude les feuilles qu'il avait entre les mains. Racine jeta un regard un peu méprisant à Bouillon, surtout lorsqu'il s'aperçut que celui-ci avait fait appeler Molière avant lui, lequel Molière repartait tout sourire une fourchette à escargot – ou quelque chose de cet acabit – entre les mains. On y était, Racine aurait le droit à un cadeau qu'il offrirait sans nul doute à une de ses servantes. Du moins si l'une d'entre elles trouvait un intérêt au cadeau en question ce qui n'était pas gagné. Au moins, le dramaturge était assuré que le roi n'irait jamais vérifier qu'il conservait bien ses présents, l'avantage d'habiter à Paris et de n'y inviter aucune personne bien en cour. Enfin tant que le roi lui offrait quelque chose, c'était plutôt bon signe. Au moins, avait-il fini par lui pardonner l'incident de son anniversaire.

Mais Racine et Bouillon après avoir traversé la foule se trouvaient déjà devant le souverain et l'écrivain se ploya en une profonde révérence. Révérence qu'il faillit rater en entendant les premières paroles de Louis :
- Monsieur Racine, j'espère que vous appréciez la nouvelle distraction avec ces ombres. Molière m'en a dit beaucoup de bien. Qu'en pensez vous ?
Le dramaturge prit le temps de se relever et se retint de lancer un regard furieux à son comique concurrent. Molière en disait du bien ? Racine le connaissait assez bien pour savoir qu'il n'en pensait rien. De toute façon, il fallait être de très mauvais goût pour aimer et même cet écrivaillon ne serait pas tombé aussi bas. Mais quel hypocrite alors ! Encore un flagorneur qui cherchait à rester dans les bonnes grâces du roi en lui mentant. Racine finit par se rendre compte que Louis XIV attendait une réponse et répliqua avec une certaine réticence qu'il dissimula derrière un sourire :
- C'est tout à fait original, sire, je n'avais encore jamais vu cela nul part mais votre cour est toujours à l'affût des nouveautés. Cela m'a véritablement ravi, votre Majesté a toujours de si bonnes idées pour divertir Versailles !
Bon, c'était un mensonge qui ne coûtait rien. Toutefois, le roi ne releva pas et enchaîna avec une nouvelle à laquelle le dramaturge ne s'attendait pas :
- Je vous ai fait venir à moi pour vous parler de guerre. Soyez en rassuré, je ne vous enverrais point vous battre, je veux vous garder en vie...
Racine faillit lever les yeux au ciel mais se rappela à temps qu'il se trouvait devant le roi de France. Il n'était pas de sang bleu après tout, pas question d'aller tenir une épée dans des régions lointaines, il avait bien d'autres choses à faire et...
- J'ai dans l'idée que vous écriviez mon histoire et cette guerre est le parfait moment pour les commencer. Vous m'accompagnerez donc, et je vous confie de coucher sur du papier tout ce que vous voyez, entendez. Votre plume saura trouver les bons mots, j'en suis certain.
Historiographe du roi ! C'était un honneur exceptionnel, plus que tout ce qui Racine aurait pu imaginer. Mais en cet instant, cela signifiait surtout quitter Paris, sa troupe et l'écriture d'Andromaque pour se consacrer à des récits de batailles, ce qui ne l'enthousiasmait pas plus que cela. Se forçant à prendre toutefois un air réjoui – après tout, Louis venait de le distinguer de manière éclatante et de faire taire toutes les mauvaises langues qui le disaient en disgrâce -, Racine s'inclina plusieurs fois en balbutiant des remerciements mais déjà on lui tendait une affreuse boîte et on le repoussait pour laisser la place au prince de Neuchâtel (comme quoi, Bouillon était vraiment perdu).

Il était toujours un peu abasourdi par la tournure des événements quand un homme se faufila près de lui et lui murmura d'une voix teintée de dégoût :
- C'est vraiment horrible, n'est-ce pas ? Vous non plus, vous n'avez rien dit ? Demanda Molière.
Racine se tourna à demi vers lui.. Enfin un sujet sur lequel les deux hommes étaient d'accord ! Ces ombres chinoises avaient au moins le mérite de faire l'unanimité.
- Tant qu'à faire, j'aurais préféré que ce soit vous qui fassiez une représentation ce soir... Parce que me remplacer par... ça..., lui concéda Racine qui regardait avec un certain intérêt Bouillon revenir sans Paris de Longueville – ce qu'il n'était pas doué celui-là !
- Moi aussi... Ne peut-on rien faire pour arrêter ce gâchis ? Nous allons être la risée de toute l'Europe avec une chose pareille !
- Je parlerai à Madame et à Colbert qui a à cœur l'image du roi, peut-être pourront-ils agir ?
- Je ferai de même avec Monsieur.

Et oui, ceux qui se retournaient vers cet étrange duo croyaient rêver et pourtant, c'était bien réel... Racine et Molière qui se parlaient sans hurler et sans que cela se termine en bagarre. C'était une trêve provisoire bien sûr. Juste le temps de faire en sorte que ces ombres chinoises ne soient plus qu'un mauvais souvenir.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE : Nouvel An 1667   INTRIGUE : Nouvel An 1667 - Page 3 Icon_minitime07.10.12 22:31

    La belle Indienne semblait mal à l’aise. Il était clair qu’elle ne se sentait pas à sa place parmi les courtisans. Anne avait tenté de l’amuser en répondant au salut de sa main, mais le visage de la jeune femme avait vite retrouvé une mine contrariée. Heureusement, le temps et les festivités étaient de bons sujets de conversation pour laisser passer la gêne. Anne sentait le poids du regard des courtisans, et elle s’en délectaient. La marquise aimait se sentir au centre des attentions, même si ces-dernières se traduisaient par des commérages ou des regards réprobateurs. Elle-même observait les autres invités, parfois des pieds à la tête, le regard méprisant. Mais bien vite Tala mit fin à cette occupation en lui tendant un présent.

    « J’ai pensé que vous aimeriez un cadeau utile et original à la fois, voici donc un présent qui le sera sans aucun doute ! C’est un petit sac ou j’ai placé quelques plantes qui selon la culture abénaquise ont pour but d’éloigner le mauvais sort et d’apporter paix et sérénité à celui qui le porte.

    -Oh, c’est vraiment adorable, Tala ! Anne était ravie de ce présent. C’était comme si Tala avait lu dans ses pensées. Il fallait avouer que la marquise ne s’était intéressée à l’Indienne que pour apprendre les secrets des Indiens concernant les potions. Anne avait beaucoup entendu parler de ces peuples, et elle s’était laissée dire qu’ils avaient leurs propres méthodes pour soigner toutes sortes de choses. Ce cadeau tombait donc fort bien. Il était le moyen d’entamer la conversation sur les coutumes du peuple de Tala et de connaitre quelques secrets inconnus des autres empoisonneuses, concurrentes redoutables. Je vous remercie de tout mon cœur ! Ce cadeau me touche vraiment. Anne caressait le velours, ravie. Puis, ne pouvant attendre de rentrer chez elle pour assouvir sa curiosité, elle ouvrit délicatement le petit sac puis le porta au nez. La marquise perçut alors quelques chuchotements et en fut encore plus ravie. Anne n’aurait su dire quelles herbes avait pu y mettre Tala pour qu’il y ait cette odeur, mais elle trouvait que le tout sentait très bon.

    -Je suis ravie que le cadeau vous plaise, marquise. J’ai bien hésité avant de vous l’offrir, de peur que cela ne comble vos attentes… Je sais bien qu’il n’est pas coutume en France d’offrir ce genre de présent, mais sachez que dans ma culture il est symbole d’amitié et...

    Tout en écoutant Tala, Anne aperçut Denise de l’autre côté de la galerie. Que faisait cette idiote là-bas ? Anne lui avait pourtant dit de la suivre ! Retenant avec peine un soupir désespéré, Anne prit la main de Tala et elles traversèrent ainsi la Galerie des Glaces. Si on ne les avait pas remarquées avant, alors là, c’était fait. La marquise savait bien que ce n’étaient pas là les manières d’une courtisane, et qu’il était extrêmement impoli d’interrompre quelqu’un. Elle aurait en plus aimé en savoir plus sur les éléments qui composaient son cadeau. Mais sa demoiselle de compagnie n’avait rien compris, ou n’en faisait qu’à sa tête, ou les deux. Anne prit alors une résolution : écrire aux parents de la jeune fille et inventer quelque histoire pour qu’elle soit enfermée au couvent. Un sourire cynique se dessina sur ses lèvres. Quelle merveilleuse idée ! Enfin arrivée près de Denise, Anne lâcha la main de Tala : Je suis vraiment désolée de vous avoir interrompue, très chère. Ma demoiselle de compagnie devait me rejoindre pour que je puisse, à mon tour, vous offrir un présent. Mais cette dernière –Anne lança un regard courroucé vers Denise qui baissa immédiatement la tête- s’est sûrement perdue dans la Galerie. La marquise tendit la main vers Denise qui lui remit un objet. Se tournant alors vers Tala, un grand sourire aux lèvres, elle montra son cadeau : Ceci est un ornement de corsage. Je sais que les corsets doivent être pour vous un objet de torture. C’est pourquoi j’ai pensé que les décorer pourrait vous aider à les porter. Je l’ai fait faire à partir d’un bracelet qui appartenait à ma mère et qui compte beaucoup pour moi. Les cristaux de roche qui ornent ce bijou proviennent d’Aurillac, une ville lointaine, où j’ai grandi. Je vous l’offre donc comme un porte-bonheur.

    Anne sourit tendrement. Tout était pur mensonge. Le bijou à partir duquel elle avait fait faire cet ornement de corsage ne lui était pas cher du tout. Pas plus qu’il n’avait appartenu à sa mère. Anne détestait sa mère et jamais elle n’aurait accepté de présent de sa part. Le bijou venait sûrement d’un quelconque amant –la marquise ne se souvenait plus du quel exactement- et comme elle l’avait vu trainer dans sa chambre, elle avait eu l’idée de l’offrir à Tala. Elle sourit tendrement à Tala, comme émue et touchée.
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