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 Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


Âge : 25 ans
Titre : Baronne de Campbelltown et espionne très personnelle de Charles II
Missives : 334
Date d'inscription : 26/02/2012


MessageSujet: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   26.02.12 23:20





Megan, Eleanor of Scotland




(karen gillan)




« O Nuit, ne vas ôtant le masque et la feintise - Dont sur l'humain théâtre en vain on se déguise - Tandis que le jour luit. »

    ► 25 ans
    ► Baronne de Campbelltown, porte le titre "Megan of Scotland" par courtoisie
    ► Ecossaise par son père, feu le marquis d'Argyll et anglaise par sa mère, née Douglas
    ► Célibataire
    ► Protestante, élevée par un père presbytérien
    ► Hétérosexuelle



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Quitter la cour anglaise devait être une punition infligée par un frère bien trop protecteur, mais celui-ci n'avait prévu les prémices du caractère doucement manipulateur de sa sœur cadette. Un roi sensible aux charmes féminins ne pouvait qu'accepter sa supplique de la faire partir pour la France.
Versailles pour Megan est sa prison choisie, une prison bien dorée où les barreaux sont inexistants. Si elle préfère la ville de Paris, lui offrant discrétion et cette dose de danger qu'elle affectionne, elle trouve à Versailles tout ce qu'une femme peut espérer: intrigues innocentes, douceurs, complots peu secrets et une population qui est chaque jour une surprise à découvrir.
Versailles est un terrain de jeu pour la jeune femme qu'est Megan; elle y retrouve ce qu'elle a quitté à regret en Angleterre et peut en France vivre ce qui lui a été refusé de nombreuses années, pour cause de misère familiale.

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Une espionne ne pourrait être douée si elle ne croyait au complot! Elevée dans la trahison et le jeu de la politique, Megan - si elle est toutefois entré tardivement dans la partie - sait qu'aucun roi n'a sa place assurée et que quelque part couvera toujours un opportuniste ou une âme vengeresse. Son propre roi n'a-t-il pas comploté contre l'usurpateur? Celui-ci et ses prédécesseurs auparavant n'avaient-ils pas intrigué contre le feu roi Charles 1er?
Son roi le lui a demandé: Megan protégera la monarchie du royaume voisin, si celle-ci doit être mise à mal. Les enjeux politiques et diplomatiques pourraient se voir bouleversés en cas de chute de la monarchie. Megan connaît que trop bien les conséquences de ces complots.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Un sourire éclatant et des yeux verts peuvent cacher une âme plus sombre qu'elle ne paraît.
Megan est un couteau à double tranchant. La jeune femme cherche ce qu'elle n'a eu que tardivement et qui lui a manqué toute son enfance. Etre une femme remarquée, admirée ou désirée, mais sans avoir à vendre son âme au diable pour ce faire.
Megan refuse de se plier aux règles si cela ne bouleverserait la face du monde. Elle sait où se trouvent ses obligations, mais les relègue rapidement pour laisser place à une jeune femme bien aventureuse, cherchant le danger et retrouvant en lui des sensations oubliées: celles qu'elle avait lorsqu'elle courait la campagne aux côtés de son frère.
Elle a toutefois appris à la cour qu'être simple ne suffisait pas et que pour obtenir ce que l'on désirait le plus, des concessions étaient nécessaires et que si les hommes avaient pour eux la voix et la puissance, les femmes avaient leurs charmes et leurs atouts physiques. Loin d'être de ces gourgandines, Megan sait toutefois mettre les moyens en oeuvre our obtenir sournoisement ce qu'elle souhaite, se révélant un être manipulateur.

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

♕Elevée dans la campagne écossaise, par un père absent et une mère trop douce, Megan a très vite appris à agir comme un garçon et à aimer les occupations réservées à son frère.
♕Elle affectionne particulièrement la chasse à courre, montant à regret en amazone; elle profite de la nuit pour les enfourcher à califourchon, retrouvant des réflexes d'antan.
♕Malgré les réticences de son frère, Megan a réussi à le convaincre de lui apprendre à tirer au mousquet puis au pistolet. Selon elle, il était plus facile de chasser le lièvre à deux armes qu'à une seule!
♕Megan, sans être une femme précieuse, affectionne toutefois tout ce qui fait d'elle une femme de qualité; elle aimerait un jour être à la cour ce qu'elle est dans les rues de Paris, jouant sur sa féminité sans toutefois oublier sa liberté.

♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Prénom/pseudo: on va dire que c'est moi.
► la vingtaine passée.
► Présence sur le forum: trop régulièrement!
► Code du règlement: Longue vie au roi What a Face
► Comment avez vous connu le forum ? Sur internet Siffle
► Suggestion ? Nope What a Face




______________________


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scottish girl:
 


Dernière édition par Megan of Scotland le 24.09.12 0:20, édité 1 fois
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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   26.02.12 23:38


Childhood

and teenage:

ruine et

déshonneur

_________________________________________________

Kinnoull Manor - Scotland, 1654


-Megan, attends-moi !
-Dépêche-toi William ils vont partir, chuchota la fillette de treize ans à son frère !
Le garçon s’affala par terre auprès de sa sœur et tous deux, le menton chatouillé par les herbes hautes, observèrent les lièvres à quelques mètres d’eux.
-Tu es prêt, demanda Megan et remontant une mèche d’épais cheveux bruns ?
William s’agenouilla lentement, ajusta le mousquet sur son épaule et fit feu. Le claquement de la balle résonna dans toute la vallée, mais après que la fumée se fut dissipée, les deux enfants distinguèrent le lièvre mort.

-Tu l’as eu, s’écria Megan en sautant sur ses pieds et en courant près du petit cadavre ! Elle se baissa, les mains appuyées sur ses genoux et observa le lièvre. Tu ne l’as pas raté ! Père aurait été fier de ce coup-là, dit-elle d’une voix plus calme.
William avait aperçu le regard soudainement éteint de la fillette et posant le mousquet à terre, s’approcha d’elle et passa son bras sur ses épaules.
-Il reviendra quand, William, demanda-t-elle en posant sa tête sur l’épaule de son frère?
-Bientôt, Young Wild Boar*, répondit-il dans un sourire.
*marcassin

Megan donna une petite bourrade à son frère avant de se dégager et d’attraper le lièvre par les oreilles.
-Dépêchons-nous, notre oncle va nous attendre, lança-t-elle en agitant l’animal mort sous le nez de son aîné!
Elle remonta ses jupes déjà bien trop courtes pour elle et couru dans l’herbe haute jusqu’au petit manoir.

Ce fut une Megan échevelée, les souliers plein de terres et la jupe pleine d’herbe qui déboula dans la cuisine en se heurtant presque à Joan, épaisse cuisinière écossaise à la chevelure de feu.
-Eh là! Ma p’tite demoiselle, vous n’allez pas vous présenter comme ça devant m’sieur l’comte!
-Joan...
-Oust! Passez par dehors pour taper vos soulier et rejoignez vot’gouvernante qui vous rhabillera!
-Mais Joan...
-Filez, ma p’tite demoiselle! Y’a pas idée de battre la campagne avec les seules robes que vous avez!
-Les vieux vêtements de William étaient sales et....
-Et il n’y a pas idée de battre la campagne lorsque l’on est baronne de Campbelltown, résonna la voix du vieux comte de Kinnoull! Mademoiselle, ôtez vos souliers et montez vous changer. Vous ne réapparaîtrez devant moi que vêtue convenablement.
La fillette baissa les yeux, rouge de honte et fila devant l’oncle sans mot dire. Celui-ci l’arrêta d’une main ferme afin qu’elle fasse une petite révérence et la relâcha aussitôt.


-Betty, devons-nous rester ici longtemps, demanda la fillette, debout sur un tabouret, dos à sa gouvernante?
-Quelques mois certainement, mademoiselle, répondit-elle d’un ton évasif.
-Pourquoi devons-nous rester là? Notre tante Anne est gentille, mais son vieux mari...je ne suis que sa nièce, pourquoi est-il aussi grincheux?!
Betty sourit doucement aux récriminations de la fillette et continua de démêler sa longue tignasse.
-Il y a trois ans encore, monsieur le marquis espérait encore vous voir future reine d’Ecosse, mademoiselle.
-Je sais cela, Betty, répondit Megan d’un ton neutre. Je sais aussi que ce projet est allé jusqu’aux oreilles royales. Elle observa une courte seconde son reflet dans le miroir et souleva ses jupons d’un geste hautain en pivotant sur le petit tabouret. Aurais-je fais une belle reine d’Ecosse, Betty, demanda-t-elle en riant?
-La plus belle certainement, mademoiselle! Mais aussi la plus échevelée! Allons, tenez-vous....lorsque la couronne passe près de soi, Miss Megan, il faut savoir lui faire honneur. Voilà pourquoi votre oncle, à la demande de madame la marquise, se montre parfois dur avec vous. Votre éducation ne peut être négligée! Vous êtes une Campbell
-Mais je ne serais pas reine, Betty, même s’il n’a que onze ans de plus que moi!
-Non, mais lorsque votre père reviendra et que le roi Charles lui aura pardonné, la cour s’ouvrira à vous, miss. Il vous faudra faire honneur à votre nom et votre famille.

La fillette descendit du tabouret et levée sur la pointe des pieds, observa le paysage a dehors.
-Je ne comprends pas, Betty... Père a soutenu le feu roi Charles 1er, pourquoi a-t-il rejoint ce Cromwell? Il s’est séparé du roi d’Ecosse, Betty, si ce Cromwell n’est pas aussi puissant, Père pourrait-il risquer sa vie? Mon frère Archibald ne peut-il pas plaider en sa faveur?
-Ca n’est pas à moi de vous le dire, mademoiselle, mais votre frère et monsieur le marquis ne peuvent s’entendre sur ce point. Elle soupira avant de reprendre. La politique est compliquée, mademoiselle, et plus encore lorsqu’elle se mêle à la religion. Votre père a choisi de ne pas soutenir le roi. On dit à présent que celui-ci est en exil chez ses cousins français.

Megan afficha une moue bougonne en démêlant les dernières mèches de cheveux. Au dehors, le vent s’était levé et soufflait dans la cheminée, faisant vaciller les flammes.
-Et nous, nous sommes aux yeux du peuple les défenseurs de Charles Stuart, lâcha-t-elle sombrement. La ruine dans laquelle nous sommes n’est que le résultat des choix de mon père.
-Sachez simplement, mademoiselle, que votre père a toujours agis en son âme et conscience. Que ses actes ont été de son initiative. La politique demande de la prudence, il ne pouvait abandonner ses choix.
-Mais peut-être aurait-il du, Betty... il aurait été là, ce soir, avec William et moi, et Mère.

La gouvernante ne répondit rien, se contentant de donner une dernière robe décente à la fillette. Une bande avait été cousue aux bas afin qu’elle puisse cacher les chevilles de Megan et le col avait été repris par coquetterie par la fillette.
-Notre oncle est bien bon de nous accueillir, lâcha-t-elle sombrement. Ce manoir est bien plus agréable à vivre que Lochleven Castle! brrr je ne voudrais pas y retourner cet hiver!
Betty sourit simplement aux remarques de la petite baronne et terminant de coiffer les nattes brunes, la poussa doucement vers la porte.
-Allez petite reine, allez montrer à votre oncle que les leçons portent leur fruit!




Londres, 1660

-Megan, Megan, réveille-toi!
La porte de chêne claqua sur le mur, réveillant en sursaut la jeune fille qui s’assit d’un bond dans son lit.
-William, qu’y a-t-il?
-Archibald vient d’arriver, le roi Charles entre tout juste dans Londres, ça y’est, s’écria le jeune homme en sautant sur le lit de sa cadette!
Celle-ci repoussa les draps et se jeta dans les bras de son frère.
-Cela veut dire que notre frère n’est plus banni? Que nous retrouvons notre place? Que notre famille......que...
Elle s’arrêta soudainement, interdite et les mains glissées dans celles de William, planta son regard dans le sien.
-Cela signifie que Père sera puni par le roi pour lui avoir désobéi, demanda-t-elle d’une voix lente?
William hocha la tête gravement.
-C’est possible, Megan. Le bruit court que les parjures de Charles 1er seront exécutés, que leurs familles seront exilées. On dit aussi que le roi veut montrer l’exemple, que les félons Ireton, Cromwell ou Bradshaw seront exhumés, le corps brûlés ou que sais-je encore, expliqua le jeune homme.
Megan ravala un sanglot et ferma les paupières du plus fort qu’elle pu. A l’heure où ce roi qu’on lui avait appris à aimer revenait, son père pouvait mourir. Son père qu’elle n’avait vu depuis de longues années, son père qui les avaient éloignés, William et elle, de Londres et de la scène politique pour les protéger.
-Et nous?
-Archibald est depuis près de dix ans un fidèle du roi Charles, dit simplement William. Mère est déjà informée de tout cela. Habillez-vous, ajouta simplement William en caressant la joue de sa cadette. Père veut que nous allions à Whitehall avec lui.

La jeune fille acquiesça silencieusement et se leva à l’instant où Betty entrait, les bras chargée de robes.
-Betty, crois-tu qu’il en est bientôt fini de tout cela? Mon père s’est fourvoyé avec tous, nous sommes criblés de dettes et les créanciers l’ont même empressés de me prendre pour épouse, demanda-t-elle inquiète ?
-Je ne sais pas, mademoiselle. Il faut croire en l’indulgence royale et en ce que nous savons de votre père.
-Mais je ne sais rien de lui, Betty, répondit Megan avant de laisser échapper un sanglot, puis de fondre en larmes dans les bras de sa gouvernante. Je n’ai jamais su ce qu’il faisait! Ce que faisaient ces Monk et ces Cromwell...il n’a jamais accepté que je le sache, préférant me corriger sur mon maintien, sanglota-t-elle. Comment pourrais-je un jour comprendre tout cela?
Betty ne répondit rien, pressant contre elle la jeune fille qui vidait des années d’inquiétude. Elle la laissa ainsi, pleurant sur son épaule, avant de lui remonter le visage, d’embrasser ses joues baignées de larme et de la recoiffer à grand coups de mains.
-Allez, ma petite demoiselle, une jeune fille qui a failli devenir reine ne peut se comporter ainsi. Votre père n’aimerait pas cela et le temps presse. Voici quelques robes neuves que le marquis m’a demandé de vous faire essayer.
Megan essuya ses larmes et esquissa un sourire d’excuse avant d’enfiler la première robe.



Whitehall grouillait de monde et Megan ne cessait de serrer ses doigts autour du bras de William pour ne pas le perdre. Leur père fendait la foule qui s’écartait sur son passage, reconnaissant le marquis d’Argyll, bien trop proche de ce Cromwell. Regards indignés, parfois scandalisés ou d’autres curieux: Megan baissait les yeux pour ne pas avoir à subir ce jugement silencieux. Ils parvinrent enfin à se faufiler dans le palais et après quelques galeries bondées de courtisans et de gardes empressés, leur père se retourna enfin vers ses cadets.
-Votre frère vous rejoindra sous peu, dès son audience avec sa majesté terminée. Mon audience sera juste après et je souhaite que vous m’accompagniez, que je puisse vous présenter au roi.
-Au roi, père?
-Oui mademoiselle.
Le ton abrupt du marquis retint la jeune fille d’en demander la raison et l’arrivée d’Archibald dans la galerie marqua un terme au court entretien. Le jeune homme de 32ans, aîné de la fratrie, sourit faiblement à son père.
-Sa majesté vous attend, monsieur le marquis, ainsi que mon frère, le marquis de Lorne et la baronne de Campbelltown, dit-il d’une voix pompeuse non sans adresser un regard complice à ses cadets.

Le bureau du roi se vida des quelques courtisans à l’arrivée du marquis d’Argyll. Froid, le regard haut mais fier, le roi posa un œil conquérant sur son ancien allié devenu l’un de ses plus farouches ennemis.
-Vous avez demandé une faveur pour vos cadets, Lord Campbell, commença-t-il d’une voix lente. Je l’accepte.
-Merci, votre majesté, s’inclina promptement le marquis, imité par ses enfants.
-Ca n’est pas par bonté envers vous, marquis, ou comme souvenir de vos services passés, continua froidement le roi. C’est pour éviter à votre famille de disparaître dans cette fange dans laquelle vous la laisser croupir depuis de longues années.
Il quitta son bureau, marchant jusqu’aux fenêtres, tournant son visage fermé sur le marquis qui restait courbé, la sueur perlant sur son front.
-Vous étiez fidèle aux Stuart, marquis! Vous avez protégé mon père et m’avez tourné le dos alors que vous-même avez posé sur ma tête cette couronne d’Ecosse! Vous avez souhaité m’offrir votre fille! MARQUIS, l’avez-vous OUBLIE ?!
L’homme sursauta au souvenir de cette alliance brisée, sentant les mots comme une implacable sentence. L’épée pesait sur son cou bien plus fortement qu’il ne voulait l’imaginer. A ses côtés, William serrait la main de Megan qui ne pouvait retenir sa mâchoire de trembler.
-Vous avez brisé mon cœur comme vous avez brisé votre famille. Pour elle et grâce à l’exemple de votre fils aîné qui a su garder son camp, elle ne sera pas entachée de votre faute. Elle reparaîtra à la cour et chacun de vos enfants bénéficiera des rentes de leurs terres. Vos biens resteront dans cette famille, marquis., asséna-t-il.
-M...merci, votre majesté, murmura l’homme en se relevant, imité par ses enfants.
Le visage relevé, Megan pu enfin observer un instant le roi qui se dressait devant eux. Son regard brillait de cette vengeance dont on parlait dans les rues de Londres, mais son visage était marqué d’un flegme particulier, une étonnante douceur dans les traits, pourtant tendus en cet instant. On pouvait néanmoins lire dans cette figure royale les épreuves qu’il avait traversées pour obtenir ce trône.
Charles II tourna un moment son regard sur les deux cadets restés en retrait du marquis et un mince sourire éclaira son visage.
-Mademoiselle la baronne fera une excellente impression à la cour, j’en suis certain.

Ce ne fut que lorsqu’ils rejoignirent leur frère aîné Archibald que William et Megan entendirent le cliquetis des hallebardes et le trottinement de gardes courir vers les appartements royaux d’où ils venaient de sortir.
-Archibald, que se passe-t-il, s’alarma Megan en attrapant le bras de son frère? Est-ce que......est-ce Père? QUE SE PASSE-T-IL?!
-Megan calme-toi, intima William en la prenant par l’épaule!
-Le roi fait ce qu’il doit faire, annonça simplement leur aîné d’une voix blanche en fuyant le regard des cadets.
-Mais que fait-il?!
-Une purge, Megan.

La jeune fille sentit la nausée monter brusquement, la courbant en deux. Retenue par William, elle releva la tête pour apercevoir leur père entouré des gardes armés.
-PERE, hurla-t-elle dans la galerie, rapidement corrigée par son frère! Archibald, fais quelque chose! Demande au roi....s’il te plaît, sanglotait-elle alors que les bras de William l’empêchaient de courir dans la galerie. Non.....père! Je vous en prie! Archibald! S’il te plaît... elle s’étouffa dans ses larmes, le regard brouillé et les jambes vacillantes.
Arrêté...leur père venait d’être arrêté sous ses yeux, alors que le roi venait d’assurer leur avenir. Tout était prévu, planifié, lentement exécuté avec une froide rigueur. Et Archibald savait cela....Archibald, pourtant infaillible soutien du roi pendant cette guerre qui avait fait rage, n’avait pu intervenir.
Appuyée sur l’épaule de William qui l’apaisait doucement, la jeune fille reprenait son calme dans le recoin d’un pilier, ne parvenant à remettre ses esprits en place.
-Vous...tu n’avais pas de doute, William, demanda-t-elle?
-Non, Megan. La bonté du roi envers notre famille était bien trop suspicieuse. Cela était préparé de longue date. Seulement notre père, et uniquement lui.
-Qu’a-t-il donc fait, William, alors qu’un sanglot venait de la faire hoqueter?
-Il l’a trahi, Megan. Il s’est parjuré, rejoignant les républicains et abandonnant celui qu’il a fait roi d’Ecosse.
-Promets-moi de rester fidèle à tes attachements, William, comme Archibald a su le faire, dit-elle d’une voix suppliante.
-Je te le promets, ma presque reine. Je te le promets, répondit-il en posant ses lèvres sur la chevelure de sa cadette. Et toi?
-Je te le promets, William. Notre nom ne sera pas entaché. Notre père sera libéré.
William hocha doucement la tête à cette promesse, pourtant suspicieux pour cette dernière affirmation.



27 mai 1661

La lame glissa sèchement le long de la colonne de bois et s’arrêta net dans un bruit sourd. Les acclamations de la foule étourdirent durant de longues minutes chacun des habitants de la place.
Face à la Scottish Maiden, en ce cœur d’Edimbourg, Megan senti ses jambes se dérober sous elle, sa tête bourdonner et les images se firent de plus en plus floues jusqu’à ce qu’elle sente la bras de son frère la relever.
-Megan...Megan...Je suis là.
Mais les larmes refusaient de venir. Elles se refusaient à elle, comme si elles lui intimaient de voir encore et pour l’éternité ce corps sans vie de celui qui avait été le 1er marquis d’Argyll, qui avait fait de Charles Stuart le roi d’Ecosse, qui avait espéré voir en sa fille la future reine d’Angleterre. La tête du traître qui avait rejoint le parti républicain, dont les lettres à Monk avaient été retrouvées, dont les dettes étaient colossales et qui avait soumis sa famille à la misère gisait dans un petit panier d’osier au pied du gibet ensanglanté.
La jeune fille vit une ultime fois cette vision avant de perdre connaissance dans les bras de son frère aîné.





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Dernière édition par Megan of Scotland le 24.09.12 0:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   27.02.12 0:20


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Piège

et ambition

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1663


-Miss Campbell, vous nous suivez à cheval?!
-Comment pourrais-je chasser sans monture, sir Walter, répliqua la jeune baronne dans un aplomb déconcertant?
Elle se hissa en selle, ajusta sa position d’amazone qu’elle n’avait pourtant jamais réussi à apprécier et parti à la suite des hommes qui s’étaient élancé, laissant derrière elle quelques femmes restées à bavasser. Quelles idiotes! La chasse était bien plus amusante lorsqu’on la suivait! La soirée était réservée aux bavardages, non pas la chasse!
Megan rejoignit bien vite le comte de Monaghan qu’elle avait aperçu et tous deux galopèrent un instant côte à côte avant de repasser leurs chevaux au pas.
-Le renard a été perdu, dit-il simplement.
-Les chiens sont-ils sur la trace, demanda Megan en essayant d’apercevoir quelque chose au travers des broussailles?
-Je ne les entends pas. Attendons. Il mena sa monture vers une petite clairière baignée de soleil. Ainsi, reprit-il, le roi vous convie à la chasse? C’est un honneur pour votre famille!
-Mon frère aîné a toujours été en grâce auprès du roi. Cela nous a valu ce retour à la cour.
Matthew of Monaghan observa silencieusement la jeune femme quelques secondes.
-L’Irlande a elle aussi souffert de cette guerre civile. Quelles erreurs a commises votre père, demanda-t-il?
-Je ne veux pas en parler, répondit sèchement la jeune femme au moment où les chiens crièrent dans l’allée contigüe.Je préfère lorsque nous parlons de la peinture de Dobson et que vous me montrez vos poèmes, ajouta-t-elle non sans jeter un regard appuyé à l’irlandais. Malgré toute son affection pour le comte qu’elle avait connu peu de temps auparavant, et tous leurs points communs qui les liaient, les chiens arrivaient à bon escient et permirent à Megan de s’éclipser et ainsi d’échapper à une réponse trop embarrassante!

Mais le renard se montra capricieux et lorsque les chiens perdirent à nouveau la trace, laissant la jeune fille en arrière pour faire souffler sa monture, ça ne fut pas Matthew qui retint les rênes de sa jument, mais la main royale du monarque qui se retourna, l’œil pétillant.
-Miss Campbell, savez-vous comment l’on appelle en théâtre cet élément, un personnage bien souvent, intervenant en plein cœur d’une scène et bouleversant l’avenir de la pièce, demanda-t-il à brûle-pourpoint non sans retenir un regard vers la jeune femme ?
-L’élément perturbateur, il me semble, votre Grâce. Mais perturbateur n’est ici pas un terme négatif, ajouta-t-elle.
-Non! Non, bien sûr...puisque vous même êtes l’élément perturbateur de cette cour, miss Campbell.

La jeune femme ne su que répondre à ce compliment couvé et se contenta de gratifier le roi d’un sourire poli.
-Ne jouez donc pas les timides, Miss, cela ne convient pas à votre caractère. Soyez celle que vous souhaitez être .
-Je crains, votre Grâce, de ne pas en comprendre le sens caché, avoua-t-elle sincèrement.
-Votre père s’est fourvoyé en espérant être à la hauteur des désirs de ceux qui l’entouraient. Il en a perdu son âme, répondit sans ménagement le roi à la jeune fille qui eu un mouvement de recul.
-Et sa tête, lâcha-t-elle sans réfléchir, amère.
-Je vous observe depuis votre venue à la cour, miss Campbell et sais que vous restez une écossaise, même si vous n’en n’êtes pas la reine, ajouta-t-il d’une voix calme.

Agacée de se voir ainsi acculé, Megan reprit les rênes de sa jument, la faisant pivoter pour faire ce que nul autre n’aurait osé. Mais ce départ insolent ne semblait pas chagriner le roi qui se contenta d’un léger sourire en observant la silhouette de la jeune fille s’éloigner.
Ce franc-parler, cette attitude fière et farouche étaient des éléments qui plaisaient dans cette cour où les traîtres régnaient certainement encore trop nombreux. Il connaissait le cœur des Campbell et leur attachement à la cause écossaise des Stuart; il n’avait jamais oublié qui l’avait fait roi et la descendante des Campbell, à défaut d’être reine, possédait bien d’autres atouts qui la rendraient utile à la Couronne.
Il savait par de nombreuses personnes à la cour que sous les couverts francs et libres de la jeune femme se cachait une personnalité forte ; s’il souhaitait utiliser les atouts de l’écossaise, il lui faudrait toucher les faiblesses de la jeune femme et à ce jeu, le roi savait comment les atteindre.


***


La porte de la petite chambre se referma, faisant se retourner vivement la jeune femme. Elle déglutit silencieusement, réalisant à cet instant ce qu’elle s’apprêtait à accomplir. Etait-ce son destin qui se dessinait? Certainement, car pour une première fois dans sa vie, elle avait choisi ce qui serait certainement un tournant dans son existence. Elle en avait décidé ainsi et nul autre n’avait pris cet engagement pour elle. Le temps où elle n’était que la cadette, suivant William aveuglément, cherchant à comprendre les actions de son père était révolu.
Ce soir, la jeune fille se muerait en jeune femme et pour Megan Campbell, il n’y avait qu’un seul homme qui représentait tout ce qu’elle laissait derrière elle.


Il s’était approché, en chemise immaculée, mais Megan n’avait esquissé aucun geste, ne souhaitant donner aucune facilité à la tâche. Mais bien plus proche d’elle, il prit son visage dans ses mains, l’embrassant sans un mot, laissant glisser ses mains le long du dos de la jeune femme, remontant jusqu’aux lacets du corset qu’elle sentait se défaire un à un.
Il laissait courir ses lèvres sur ses joues, son cou et ses épaules dénudées par son décolleté, remontant vers son visage, alors que ses doigts s’employaient à dénouer les jupes retenues par l’imposant panier.

En simple robe, elle ne ressentait que la chaleur du feu crépitant dans la cheminée et s’approcha un peu plus, faisant courir ses doigts sur son torse alors qu’il la poussait doucement vers le lit.
Megan s’enfonça dans le matelas, goûtant un instant à la douceur des couvertures et ôta entièrement sa robe pour se laisser que ses bas de soie et l’invita à la rejoindre dans un sourire enjôleur. Il tira les rideaux alors que la porte de l’alcôve s’ouvrait au même instant.
-Sir Percy souhaiterait....
-Demain! Je suis occupé!
-Bien, votre majesté.

La porte claquait au moment où le dernier bas de soie passait par le rideau du baldaquin royal.


Megan n’avait jamais cru ressentir une aussi vive contradiction. Elle savait qui elle voulait devenir, mais l’intérêt du roi avait comme changé la donne. Depuis son enfance elle avait appris à aimer son roi, mais celui-ci avait fait arrêter son père, avait signé de sa main son exécution. Elle ne pouvait se résoudre à cette amour aveugle qu’un peuple pouvait avoir, mais l’homme qu’elle avait alors à ses côtés ne pouvait la laisser indifférente.
Les yeux grands ouverts, incapable de trouver le sommeil, elle senti sa main glisser dans ses cheveux défaits et Megan se retourna, posant sur lui un regard franc.
-Pourquoi avez-vous fait cela, votre Grâce, demanda-t-elle si durement qu’elle s’en surprit elle-même?
-Vous êtes l’une des plus envoûtantes...
-Je parle de mon père, votre Grâce, osa le couper Megan, s’asseyant en ramenant un pan de couverture vers elle.
Interloqué par tant d’aplomb, le roi eu toutefois un petit rire avant de s’asseoir à ses côtés.
-Je suis roi, Miss Campbell et un roi ne peut garder auprès de lui ceux qui l’ont trahi. Croyez-vous qu’en France le roi Louis le Quatorzième ai entièrement pardonné à ceux qui ont causé la guerre civile? Le roi ne peut laisser l’homme régner, Megan d’Ecosse, dit-il en jouant distraitement avec une boucle brune de la jeune fille. Ce fut l’une des décisions les plus lourdes à prendre en ce début de règne, miss Campbell et j’ai souhaité que vous en soyez épargnée, ainsi que votre famille. Feu le marquis d’Argyll a saigné votre famille à blanc, miss; une famille qui a toujours soutenu une cause juste et noble. Elle ne pouvait continuer à disparaître ainsi dans l’endettement et la ruine. Vous avez vécu bien trop d’épreuves et...
-Que savez-vous des épreuves que j’ai vécu, le coupa-t-elle à nouveau sans remord?
-La reine mère les a traversé, je n’ai moi-même pas été épargné par cela, répondit-il calmement dans un léger sourire.
Megan se mordit la lèvre en baissant les yeux, retenant une rougeur.
-Pardonnez-moi, votre Grâce, murmura-t-elle confuse.
-L’on dit que vous courriez la campagne habillée en garçon, reprit-il d’une voix amusée en caressant le menton de la jeune femme qui ne pu retenir un sourire.
-Cette légende est vraie, votre Grâce, répondit-elle sans avouer que cette habitude la prenait encore régulièrement pour visiter les bas-fonds de Londres. Nous n’avions plus d’argent pour m’offrir des robes convenables et mon oncle était bien trop agacé de me voir les déchirer lorsque je suivais mon frère.
-Je ne vous crois pas, miss. Lorsque je vous vois ainsi, je ne peux vous imaginer vêtue en simple valet, répondit-il dans un rire et attirant Megan vers lui.
-Je ne puis vous livrer mes secrets, votre Grâce, [b]répondit-elle en se laissant aller, mais sans ignorer la lueur d’intérêt dans les prunelles du roi.

Celui avait pourtant détourné le regard pour l’embrasser à nouveau, mais elle su habilement se dégager.
[b]-Qu’avez-vous à me dire que vous ne dévoilez pas, votre Grâce,
demanda-t-elle avec aplomb, non sans un sourire?
Le monarque ne pu s’empêcher de rire et faisant tourner une mèche de cheveux entre ses doigts, lâcha un soupir résigné.
-Si je dois ignorer vos charmes déroutants, miss Campbell, vous avez de nombreux atouts qui intéressent le roi que je dois être, commença-t-il. Je sais quels sont vos griefs envers moi, mais je vous demanderais de voir là l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles.
Megan hocha la tête, signifiant à Charles II qu’il pouvait poursuivre.
-Il y a une jeune femme qui a aiguisé ma curiosité; non point par ses charmes, mais par son sang. Sa présence n’est en rien un présage que j’affectionne.
-Enola of Dorset, termina sombrement Megan.
-Votre perspicacité ne vous trompe pas. Je sais que vous nourrissez bien plus de rancœur envers ces Tudors qu’envers moi, miss Campbell. Aussi, je souhaite que vous soyez auprès d’elle mes yeux, mes oreilles afin de contrer ce qu’elle serait capable de mettre en place contre la monarchie actuellement en place.

Megan resta interdite, savourant quelques secondes cette demande bien particulière. Une espionne, en d’autres termes. Espionne pour le compte d’un roi qu’elle avait juré de détester, mais d’un homme qu’elle avait cette nuit-là à ses pieds.
Elle posa un regard pétillant sur le roi, esquissant un large sourire.
-J’accepte, votre Grâce.
-Je suis heureux que des yeux verts aussi magnifiques soient les miens, miss Campbell, murmura-t-il avant d’embrasser la nuque de la jeune femme.



-LE ROI, MEGAN, hurla Archibald en faisant voler la porte qui claqua avec fracas, faisant sursauter la jeune femme qui se retourna vivement, le cœur battant !
-Que se passe-t-il, demanda d’une voix douce la vieille marquise d’Argyll, en regardant tour à tour son fils et sa fille ?
-Archibald, commença William, que se…
-TAISEZ-VOUS, repris l’aîné en assassinant sa sœur du regard ! Megan oublie où est sa place ! Qui l’a amenée là et comment elle doit se comporter ! Je ne veux pas d’une catin pour sœur !
Megan sentit peser sur elle les regards de sa mère et de William et repoussant le tabouret du clavecin, se leva vivement et toisa son aîné du regard.
-J’ai à présent 22ans, Archibald, je suis en page de connaître les conséquences de mes actes.
-Megan expliquez-vous je vous en prie, la força sa mère d’une voix blanche !
-Votre fille, mère, s’exclama Archibald en montrant du doigt Megan, renie toute l’éducation que vous lui avez donnée en s’offrant telle une catin !
-Megan, est-ce vrai, murmura la marquise devenue pâle ?
-Archibald, vous n’êtes pas notre père ! Vous n’avez nul droit sur mes actes et sur mes décisions, s’écria la jeune femme en attrapant le bras de son frère pour qu’il se retourne !
-JE NE VEUX PAS QUE MA SŒUR DEVIENNE LA PUTAIN DU ROI, hurla le jeune homme en giflant sa cadette qui vacilla sous le choc. Elle retomba dans les bras de sa mère scandalisée, refoulant les larmes qui montèrent aussitôt.
-VOUS NE PARAITREZ PLUS A LA COUR SI JE N’Y SUIS PAS, MEGAN, asséna-t-il en la pointant du doigt ! JE SUIS VOTRE FRERE AINE ET EN CELA VOUS DEVEZ M’OBEIR COMME A NOTRE PERE !
Megan capitulait, tremblante dans les bras de sa mère qui avait resserrée son étreinte.
-Sortez, Archibald, intima-t-elle calmement à son fils aîné. Cette affaire n’est plus de votre ressort.
Le jeune marquis fusilla sa mère du regard avant de tourner les yeux vers William qui n’avait préféré envenimer la situation, puis de quitter la pièce d’un pas furieux, ouvrant la porte sur les deux cadettes.
-Lucy, Emily, retournez à vos leçons, ordonna d’une voix douce William avant de refermer la porte sur elle.

Il se retourna vers Megan, accroupie, sanglotant sur les genoux de sa mère qui peignait doucement ses cheveux.
-Est-ce vrai, demanda-t-il doucement ?
La jeune femme hocha la tête silencieusement, ignorant le soupir échangé entre la mère et le fils. Celui-ci marcha quelques pas dans la pièce, préférant ne pas entendre les cris d’Archibald qui résonnaient dans la cour.
-Archibald a raison sur un seul point, Megan, reprit-il en pesant ses mots. Rester à la cour actuellement ne pourrais qu’apporter son lot de rumeurs vous concernant et pourrait déstabiliser cette fragile place que nous y avons. Il se tu quelques secondes, soutenu par leur mère qui hocha la tête d’acquiescement. Nous quitterons la cour sous peu, Megan, trancha-t-il d’une voix douce mais ferme. Je vous laisse le choix de la destination, mais il est nécessaire que vous ne restiez ici trop longtemps.

Il attendit quelques minutes avant que Megan ne consente à secouer la tête en signe d’accord et sorti sans ajouter un mot de plus.
-Pardonnez-moi, mère, commença la jeune fille entre deux sanglots. Je ne veux vous faire honte….
-Je le sais, Megan, répondit doucement la vieille marquise. Je le sais et vous pardonne. En restant à la cour, avec votre caractère et ces prétendants à vos pieds, cela devait arriver et je ne puis vous en blâmer. Sachez quez vos frères veulent vous épargner des difficultés qui pourraient arriver, en particulier William. Ecoutez-le, Megan.
La jeune fille hocha la tête avant de se relever et d’essuyer ses yeux encore embués.
-J’écouterai William, mère, car je ne veux plus voir Archibald jusqu’à mon départ, assura-t-elle en reprenant contenance.

Elle salua sa mère avant de monter rapidement les étages, sentant la colère laisser place à la terreur infligée par son frère. De quel droit disposait-il ainsi de ses libertés ? Serait-elle toujours à disposition des hommes ? De son frère, puis d’un mari ?
Elle claqua la porte de sa chambre, faisant valser un vase posé dans l’entrée, qui s’explosa contre le mur. Ses mains cherchèrent avidement les lacets de son corset lorsque Betty it irruption dans la chambre, ses yeux s’arrêtant sur les débris du vase.
-J’ai entendu des cris, miss, que se passe-t-il ?
-Mon frère veut m’empoisonner la vie, Betty ! Aide-moi plutôt à me défaire de cette robe, j’ai besoin de sortir sans qu’il ne s’attache à mes basques !
Elle s’énerva sur les attaches lorsque Betty écarta ses mains et le lui défit promptement.
-Vous n’allez pas recommencer, miss, soupira la vieille gouvernante ! Vous m’aviez promis que cela était exceptionnel…
-Eh bien j’ai menti, lâcha Megan en petite robe, fouillant sa garde-robe pour en extirper une tenue de garçon d’écurie et un chapeau rapiécé. A ton avis, comment pourrais-je garder toute ma raison si de temps en temps je ne m’éclipsais pas dans la ville, demanda-t-elle dans un sourire de défi ?
Betty leva les yeux au ciel en tendant à la jeune fille un bandeau dans lequel elle enserra sa poitrine avant de passer la chemise ample.
-Si Archibald croit me tenir en laisse comme un chien, il se trompe, lançait-elle comme pour elle-même tout en s’habillant ! Je l’aime beaucoup, mais je tiens à ma liberté et cela, il ne pourra me l’enlever ! Elle tira sur des bas en toile grossière. Et cet idiot ne sait rien de mes desseins personnels. S’il croit que je ne souhaite que la couche royale il se fourre le doigt dans l’œil ! Ca n’est là qu’un moyen d’obtenir entre autre une chose bien particulière !
Elle tourna ses cheveux avant de les attacher en catogan avec un petit ruban et enfonça le chapeau sur son crâne.
-Et qu’est-ce donc, osa Betty ?
-Ouvre donc la fenêtre, je ne veux pas qu’Archibald ou William, encore moins Lucy et Emily ne me voient dans cet accoutrement !
Résignée, la gouvernante ouvrit la croisée et observa la jeune fille qui, tel un chat, se faufila sur le mur mitoyen et sauta dans la rue bondée.




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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   27.02.12 22:42


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Mars 1665


De longs mois avaient passé depuis la décision d’Archibald d’exiler sa soeur. Leur frère aîné avait refusé d’envoyer sa soeur dans ce berceau du vice où se complaisait grand nombre d’italiens et l’où on prêtait au roi autant de maîtresses et de bâtards qu’au leur. Les tractations - puisque cette bataille familiale ressemblaient à cela! - avaient duré de longues semaines pendant lesquelles la liberté de Megan avait été mise à rude épreuve. Eloignée de la cour par Archibald, celui-ci ne pouvait toutefois se soustraire aux désirs royaux lorsque le monarque demandait la présence de la baronne de Campbelltown à la chasse.
Megan évitait soigneusement les regards condescendants que lui adressait la favorite royale, non par inquiétude de voir planer sur elle quelques intrigues, mais par agacement et lassitude. Les rumeurs coulaient doucement à la cour de Whitehall.

La jeune femme avait attendu trop longtemps à son goût pour paraître à nouveau lors d’un bal donné à la cour. Archibald ne pouvait la tenir enfermée plus longtemps, lui-même risquait de se voir attribuer une bien sombre réputation. Il avait accepté à regret, ne sachant que sa cadette avait déjà pris quelques précautions. Ce bal était l’occasion inespérée d’obtenir son entière liberté de la part de l’homme à qui ne pouvait désobéir Archibald.

-Monsieur le comte! Quelle joie de vous revoir!
Matthew of Monaghan se retourna vivement, adressant à Megan un sourire si franc qu’elle se retint de se montrer trop familière avec lui. Trop de regards à la cour, trop de cancans!
-Vos lettres étaient une bénédiction, comte...je me morfondais au manoir.
-Ma pauvre amie, la plaignit-il, amusé de la scène surjouée par la jeune femme! Venez, oubliez donc ce soir ces malheurs, je suis votre cavalier jusqu’à ce que vous me congédiez!

Megan posa sa main sur le bras du jeune homme, se sentant revivre enfin lorsqu’elle passa dans la salle de bal. Les regards se tournaient sur ce couple bien connu de la cour, pour la douceur esthète des mots de l’un, et l’impertinence de l’autre. Une amitié détonnante mais que Megan n’avait jamais connue jusqu’alors. Matthew était l’un des rares à obtenir son entière confiance.
-Sa majesté est ce soir de trop bonne humeur...l’on dit que la Palmer est à nouveau enceinte, susurra le comte d’une voix sarcastique à la jeune femme.
Megan eu un sourire mesquin à la pensée de la favorite qui lui semblait enfanter chaque année. C’était pour Megan une chose qu’elle refusait encore avec force et elle s’ingéniait ainsi à faire avorter chaque projet de mariage que lui amenait Archibald.
-Qu’elle se déforme, nous n’avons ainsi pas le loisir de la croiser durant de longues semaines, répliqua la jeune baronne avant que la musique n’étouffe leurs voix.

Les danseurs avaient pris place sur la piste, mais avant que Matthew ne pu inviter la jeune femme, un gentilhomme de la chambre du roi vint les interrompre.
-Miss Campbell, sa majesté souhaite s’entretenir avec vous. Si vous voulez bien me suivre, s’inclina-t-il avec courtoisie.
Megan retint un sourire trop large et adressant un regard d’excuse à Matthew, quitta son cavalier pour suivre le gentilhomme. Elle savait que les audiences n’étaient pas rares en ces débuts de bals et son intuition fut confirmée lorsqu’elle aperçu au loin ce qu’elle nommait “le gratin du Conseil royal”: Richmond, Kent, son frère également... ils attendaient dans le boudoir attenant au cabinet royal. La porte venait de s’ouvrir à l’annonce de l’arrivée de la baronne de Campbelltown.

-Marquis, laissez donc dehors cette mine de covenant, la baronne de Campbelltown ne s’échappera de ce cabinet, sourit le roi à Archibald qui s’efforça de sourire, voyant sa cadette entrer dans la pièce. Celle-ci lui lança un dernier regard insolent alors que la porte se refermait.
-Laissez-nous seul, ordonna le roi au gentilhomme qui s’éclipsa par une porte dérobée. Miss Campbell, commença-t-il lorsqu’ils furent seuls, votre absence a causé un grand vide à la cour ces derniers jours. Il s’approcha de la jeune femme qui soutint son regard, jouant la première phase de la petite scène qu’elle avait prévue.
-Je ne peux que blâmer le marquis mon frère, répondit Megan sans s’inquiéter outre mesure de la portée de telles paroles. Le roi sourit à l’habituel aplomb de la baronne.
-J’ai appris sa volonté de vous éloigner de la cour, puis celle récemment de vous voir quitter l’Angleterre.
-C’est exact, votre Grâce, répondit la jeune femme non sans imaginer son frère pendu par les pieds à l’arbre de leur petit jardin.
-Vous nous manquerez, dit-il simplement dans un regard insistant que Megan ne rompit toutefois malgré ce qu’elle venait de ressentir. Quel pays aura la chance de connaître vos…atouts ?
-Votre Grâce, c’est la principale raison qui m’a poussé à demander cette audience bien particulière. La Tudor a disparu de Londres et mes informateurs l’auraient signalé s’embarquant pour quitter le royaume.
Le regard du roi s’assombri et il signifia à Megan de continuer d’un simple coup de tête.
-On dit qu’elle se trouverait en France. A la cour du roi.
Charles II esquissa un sourire. La seconde phase s’ouvrait pour Megan.
-Ainsi vous irez d’une cour à l’autre ? Votre frère est-il informé des mœurs qui se pratiquent en France ?
-Hélas oui, votre Grâce, reprit Megan en abandonnant toute convenance, d’une voix presque suppliante! Voici la principale raison du retard de cet exil! Mon frère serait capable de m’envoyer en Espagne, m’enfermer dans un couvent jusqu’à ce qu’il trouve un époux acceptant le montant misérable de ma dot ! Il pourrait me faire surveiller par des duègnes muettes et sourdes s’il le pouvait, cela lui permettrait de dormir apaisé ! Peut-être même aveugles que cela ne le dérangerait pas! Et cloîtrée derrière des jalousies, vêtue de noire! Sans voir un seul homme jusqu’à mon mariage! La France, votre Grâce…..la France me laisse libre de tout mouvement et je pourrais ainsi poursuivre la tâche que vous m’avez confiée. Je ne veux, plus que jamais, vous satisfaire en cela ! Pardonnez mon insolence, mon impertinence et mon impudence, votre Grâce, mais...envoyez-moi en France.

Le roi avait sourit à cet étalage quelque peu forcé de la jeune femme. La baronne de Campbelltown savait déjà jouer avec ses faiblesses et il s’approcha d’elle, relevant le visage de la jeune femme de sa main, qu’il caressa doucement. Dupe ou non de son petit jeu, Megan su pourtant qu’elle avait gagné ce qu’elle désirait.
-Vous n’avez nul besoin de jouer dans les larmes, Megan, me le demander simplement aurais suffit.
Il prit la main de la jeune femme qu’il porta à ses lèvres quelques secondes avant de se détourner pour prendre plume et papiers vierges sur son bureau. Dos à la jeune femme, il ne pouvait voir en cet instant le regard illuminé de la baronne. Cette lueur de satisfaction qui brillait lorsque l’on obtenait ce que l’on désirait le plus. Si peu de temps auparavant Megan avait cédé à l’homme, elle venait aujourd’hui de faire céder le roi à son propre caprice.
-Voici un document stipulant que vous voyagez sur mon ordre, miss. Il pourra vous offrir escortes et protection. En voici un second qui est une missive que vous remettrez à la duchesse de Wyatt, actuellement favorite en titre de mon cousin le roi de France. Ambassadrice de notre pays sur les terres françaises, elle pourra vous être un soutien non négligeable…notamment auprès du roi de France. Je souhaite que votre protection soit assurée, conclu-t-il en posant sur elle un regard qui n’admettait aucune réplique. Officiellement, je vous envoie en France pour une mission dont le motif reste caché; officieusement, baronne, vous êtes la prisonnière malheureuse de votre frère!

Dans un sourire encore faible après avoir joué une des Femmes de Jérusalem, la jeune baronne s’inclina silencieusement en prenant les documents des mains du roi. Avant de tourner la poignée du cabinet, il se tourna vers la jeune femme.
-Le temps aujourd’hui m’est compté, miss, et je souhaiterai vous donner ce soir de plus amples précisions sur votre mission en France.
-Vos désirs sont des ordres, votre Grâce, répondit simplement Megan en adressant à Charles II un léger sourire.

La porte s’ouvrit enfin et Megan ne pu s’empêcher de couler sur son frère un regard triomphant, sentant dans la petite poche de sa robe les lettres marquées du sceau royal.



Face à l’impitoyable frère aîné, William avait pris la défense de Megan, mais avait surtout calmé la jeune femme en lui assurant qu’en France elle retrouverait une liberté que la cour d’Angleterre avait muselé. “Cela ta fera le plus grand bien”, avait-il assuré à la jeune femme qui n’avait dévoilé aucun de ses propres projets français.
Elle avait forcé une feinte résignation, en réalité excitée par l’idée de voyager, de quitter le pays et de découvrir d’autres moeurs et visage. Versailles...la cour de celui que l’on nommait le Roi-Soleil, Paris et toutes les surprises que réservait ce pays...toutes ces images avaient gonflé l’imaginaire de Megan qui se voyait déjà en haut des tours de la célèbre cathédrale, à observer les rues grouillantes.

En tenue de voyage, emmitouflée dans un manteau au col de fourrure, la jeune femme veillait à l’attache solide des dernières malles lorsqu’un bruit de galopade la fit se retourner. William, sur le perron, s’arrêta un instant pour observer les cavaliers en tenue de chasse, mais aisément identifiables aux couleurs chamarrées des tapis des chevaux.
Attrapant le bas de Megan au passage, William se découvrit pour saluer le roi et le duc de Richmond qui venaient de descendre de cheval, ôtant leurs gants.
-Relevez-vous, comte. Richmond, donnez à la baronne de Campbelltown les documents que je vous ai confié, dit simplement le roi sans s’attarder.
Megan resta figée un instant, ses yeux allant de l’un à l’autre sans comprendre. Un sourire d’incompréhension naquit sur son visage alors qu’elle prenait dans ses mains des documents scellés.
-Je crains de ne pas compr....
-Suivez-moi, miss Campbell, intima simplement Charles II qui se dirigea vers le perron sans attendre qu’on l’y invite.
La jeune fille échangea un regard avec William qui la poussa à l’intérieur et rejoignit le roi dans un bureau isolé dont il referma la porte.
-Votre manoir est sur la route de la forêt de Hutown, expliqua-t-il simplement d’une voix plus amène en se découvrant. J’ai souhaité vous remettre avant votre départ ces documents que je vous demande de lire maintenant. Si quelques termes devaient vous déplaire, j’en ferais immédiatement la modification.
Le regard de Megan se fit incrédule mais elle obtempéra et cassa le sceau du premier document, avant de lire les quelques lignes, paraphées de la main royale.
-Est-ce un titre, votre Grâce, demanda-t-elle le regard brillant en relevant les yeux?
-Puisque vous quittez votre pays, miss, j’ai souhaité qu’en France vous vous souveniez de votre propre bataille, celle de l’Ecosse. Vous n’avez nul besoin de le dire pour que je sache que vous n’obéissez ici qu’au roi d’Ecosse. Ce titre n’est qu’un titre de courtoisie et ne pourra vous apporter rente ni revenus.
-J’en suis...infiniment reconnaissante à votre majesté, répondit simplement Megan en relisant les mots du document. Megan of Scotland. Elle ne voulait avouer combien ces termes la touchaient, mais ses yeux parlèrent pour elle.
Le roi fit quelques pas dans la pièce, pivotant vers la jeune femme qui rangeait la première missive.
-La deuxième sera à ouvrir après la demande particulière que je souhaite vous adresser.
Megan hocha la tête en signe d’acquiescement.
-En France, vous trouverez certains de mes partisans...sachez par avance que nul ne sait la tâche que je vous ai confié concernant l’héritière; vous trouverez également des ennemis. La famille Cromwell n’est pas totalement abattue, je vous demande de veiller particulièrement aux fréquentations de la Tudor mais plus encore à ma jeune soeur, expliqua-t-il d’une voix qui n’attendait qu’un acquiescement. Les cours regorgent de complots et si un roi n’est lui-même à l’abri dans son propre palais, une princesse ne peut l’être totalement en terre étrangère.

La demande était bien plus personnelle qu’un ordre donné par un roi et Megan hocha la tête dans un regard des plus sincères.
-Votre Grâce, mon frère a épousé ce nom de Stuart en prenant pour épouse la fille du comte de Moray. Mon allégeance n’est plus que jamais liée au royaume d’Ecosse, répondit-elle simplement en guise d’accord. Je me trahirai moi-même si je venais à oublier cette promesse..... vous savez que la trahison n’est pas dans mes prérogatives, ajouta-t-elle sans parvenir à tenir l’étiquette plus longtemps. Elle eu un pétillement dans le regard lorsqu’elle releva la tête et à l’instant où elle croisa le regard du monarque, elle sentit cette pointe de regret qu’elle devrait supporter tout au long de son périple. Le regret de n’avoir connu que si peu d’années la cour d’Angleterre, de quitter ses racines, de laisser là sa mère, ses soeurs et William...mais aussi un homme qui sous la couronne qu’il portait, avait sans le savoir donné à Megan cette confiance inébranlable qui ne devait plus la quitter.
Elle lui devait sa liberté, bien inestimable qu’elle ne voulait laisser s’échapper.
-Je souhaiterais également que vous teniez à vue la duchesse de Somerset, veuve de Whalley. Vous connaissez le scandale qui l’a éclaboussé. J’ai des raisons de croire qu’il est préférable de connaître ses relations dans le cas où elle serait à nouveau visée.
La jeune femme hocha la tête sans ajouter un mot de plus.

-Dans ce second document, miss, vous trouverez simplement de quoi subvenir à vos besoins en France. Vous voyagez sur mon ordre pour la sécurité du royaume, il est nécessaire que vous puissiez mener ces missions à bien sans avoir à vider vos cassettes personnelles, reprit-il doucement. Vous trouverez également le nom de celui par qui vous prendrez contact si la situation le demande.
-Merci, votre Grâce.
Il s’apprêtait à quitter la pièce lorsqu’il se ravisa, ôtant sa main de la poignée et tourna la tête vers Megan le sourcil froncé.
-M’avez-vous menti lorsque je vous ai demandé si vous continuiiez ce petit jeu en tenue d’homme?
-Non votre Grâce, je vous l’ai simplement caché, répondit-elle dans un sourire frôlant l’impertinence.
Le roi secoua la tête de dépit mais ne pu s’empêcher de rendre son sourire à la jeune femme.
-Cet aveu me pousse à vous demander de poursuivre, miss. Cela vous sera utile...
-Et si je suis attrapée ainsi vêtue, j’aurais ainsi l’accord royal, le coupa-t-elle l’oeil pétillant en retenant un rire.
Charles II préféra ne pas relever la pique de la jeune femme mais son regard le trahi à son tour; la porte s’ouvrait à l’instant où Megan se précipitait pour repousser le battant. Maintenant....ou jamais.
-Un instant, demanda-t-elle soudainement!
-Miss Campbell...., recula le roi étonné par l’audace pourtant habituelle de la jeune femme.
Megan se redressa, l'oeil décidé, sachant qu’elle avait capté l’entière attention du monarque, mais on sentait sur son visage comme une hésitation. Elle chercha ses mots un instant.
-Q’y-a-t’il de si important pour me retenir ici, demanda le roi d’un ton perplexe?
-Votre Grâce...commença la jeune femme, ces...deux nuits étaient-elles simplement le moyen de me faire plier pour que je cède plus aisément? Megan ignora le regard surpris du monarque et sa bouche qui s’entrouvrait pour répondre sous le coup du culot de la jeune femme. Car il vous suffisait simplement de me demander de vous servir ainsi, je l'eus fait de la même manière et du même dévouement, termina-t-elle d’une voix honnête sans réellement se rendre compte de ses paroles?
Charles II haussa le sourcil mais le coin de ses lèvres se haussa imperceptiblement.
-Etait-ce pour vous un moyen d’obtenir ce que vous désiriez le plus, que de me céder, miss Campbell?
-Cela est possible, répondit simplement Megan en se retenant se mordre sa lèvre inférieure. Il l’avait à nouveau acculé pour retourner la question prenant la jeune femme à son propre piège. Elle n’avait pas obtenu sa réponse et ne voulait pas quitter l’Angleterre sans gagner sa petite bataille intérieure.
-On dit que Mrs Palmer m’amuse par son exhubérance et ses tours, mais vous avez pour vous l’audace et le charme, Megan, répondit-il d’une voix franche, en lâchant la poignée de porte pour s’approcher de la baronne, et vous me rappelez mes propres années loin de l’Angleterre et de mon trône, lorsque je devais grimper dans des arbres pour éviter des soldats. Megan soutint le regard qui s’était posé sur ses prunelles émeraudes, sentant encore cette main invisible nommée regret - ou peut-être autre chose qu’elle ne voulait avouer - qui lui broya l’intestin.
-Vous avez le goût de la liberté, Megan, ajouta-t-il d’une voix plus basse. J’ai souhaité la dompter, mais sachez que pour faire de vous une espionne, je savais que je n’avais nul besoin de faire abattre vos remparts. Votre beauté vaut celle d’une autre femme qui m’est toute dévouée et qui a osé refuser de plier aux désirs d’un roi, dit-il en embrassant la main de la jeune femme qui sourit faiblement.
-C’est donc cela, conclu Megan dans un sourire.
-Pardon?
-Pour dompter une espionne, le roi a poussé l’homme à faire céder la femme, résuma Megan le regard pétillant en ouvrant définitivement la porte de la pièce.
Elle laissa passer le monarque, glissant dans son décolleté les deux lettres soigneusement pliées mais celui-ci la ramena dans la pièce et l’appuya doucement sur le mur, poussant le battant d’une main. Il glissa la seconde sous ses cheveux bruns, domptant une dernière fois cette liberté en approchant son visage du sien pour embrasser les lèvres de la jeune femme. Megan se maudit intérieurement d’être aussi lâche mais ne pu empêcher son coeur de battre un peu plus fort lorsqu’elle sentit sa main glisser le long de son dos, l’approchant de lui. Dos au mur, elle ne pouvait cette fois se défausser, prise dans un piège qu’elle avait elle-même dressé pour ne pas avoir à réfléchir à ses propres actes.
-Vous restez ma reine des espionnes, Megan of Scotland, murmura-t-il simplement à son oreille avant de déposer un dernier baiser sur la joue rougie de la jeune femme; sans ajouter une seule phrase, il quitta la pièce définitivement, laissant Megan détester silencieusement ses propres faiblesses. Elle avait joué avec le feu...celui-ci venait de lui jeter une étincelle brûlante.

Elle attendit que les bruits des sabots se soient évanouis pour sortir enfin, sans jeter un seul regard à William qui lui tendit la main pour qu’elle puisse se hisser dans le carrosse.
-Tout est en ordre, Megan. Que voulait le roi, demanda-t-il tout en sachant pertinemment la réponse?
-Secret d’Etat, répondit-elle simplement d’une voix ironique. Je serais obligée de te tuer si je te le disais!
William se contenta de lever les yeux au ciel alors que le carrosse roulait déjà sur le chemin qui les éloignait du petit manoir.
-Ton impolitesse pourrait un jour te coûter, Megan...sa majesté a attendu que tu nous rejoigne dans la cour avant son départ, fit remarquer William, l’oeil rivé sur la route.
Megan espéra que la rougeur qui avait enflammé ses joues ne réchauffe pas tout l’habitacle du carrosse.






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Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
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Paris, 1665

-Et te marier, y as-tu songé, Megan?
-William, je t’en prie, soupira la jeune femme qui faisait glisser son doigt sur les tranches des couvertures de livres.
-Archibald m’a encore écrit à ce sujet, tu as 24ans...
-Je ne suis pas encore si vieille, lâcha-t-elle sarcastique!
-Les rumeurs se taisent mais sont encore tenaces, dit-on. La prochaine fois que tu iras à la cour d’Angleterre, pense à ne pas croiser Mrs Palmer, dit-il du même ton que sa cadette.
-Je m’en fiche, assura-t-elle. Cela fait monter les enchères des prétendants, ils étaient peu nombreux à s’intéresser à la misérable dot de la fille d’un parjure, ironisa-t-elle.
-Cesse de tout prendre à la légère, Megan, s’agaça William! Souhaite-tu finir tes jours au couvent, cloîtrée et si loin de ta liberté tant chérie? Il s’était levé et posait à présent un regard insistant sur la jeune femme, le nez dans ses livres.
-Tss, je préfère un couvent dont je pourrais m’échapper qu’un mari grabataire!
-Megan...écoute...
-Non, s’exclama-t-elle en se retournant, pointant son index sur le torse de son frère! Toi, écoute-moi! Cette vie, je l’ai choisie et il est HORS DE QUESTION que je m’embarrasse aujourd’hui d’un mari, d’enfant ou que sais-je encore! Et je ne suis pas sujet du roi de France, j’appartiens au royaume d’Ecosse et seul mon roi pourra me forcer à cela! Je suis ici parce que JE l’ai voulu, quoique tu puisses croire, toi ou Archibald! Est-ce clair?!
William ôta la main de la jeune femme et planta son regard dans le sien.
-Qu’as-tu voulu, répéta-t-il?
-Venir en France. Crois-tu qu’Archibald ai une quelconque chose à voir avec cette vie française, lâcha-t-elle goguenarde? Il m’aurait envoyé en couvent espagnol si on ne lui avait demandé d’accepter mon départ en France!
-On?
-Réfléchis bien, William, répondit simplement Megan en trouvant enfin son ouvrage. Qui aurait donc pu faire accepter à Archibald mon départ en France, que tu sois avec moi ou non? Elle attrapa le livre qu’elle fourra sous son bras et quitta la bibliothèque d’un pas assuré.

Depuis les dernières nouvelles d’Angleterre, leur ayant annoncé l’épidémie de peste, le frère et la soeur avaient un temps vécu abattus, jusqu’aux dernières lettres de leur frère les rassurant sur la santé de tous. Ils avaient suivi la famille royale hors de Londres, remontant ensuite jusqu’au vieux Lochleven Castle où ils avaient passé de nombreuses années. Ces inquiétudes avaient assombri l’humeur du frère et de la soeur qui passaient à présent trop de temps à sa chamailler au sujet de leurs avenirs respectifs. Megan préférait s’enfermer, prétextant une féroce bouderie, mais profitait de ces instants pour s’échapper vêtu en homm.

Elle se força à lire toute la soirée, observant les aiguilles tourner trop lentement à son goût mais ne voulant éveiller les soupçons de William. Ne pouvait-il pas aller voir sa dulcinée maintenant?! S’il croyait cacher cela à Megan, sa fouine de petite soeur, il se trompait lourdement. Il y avait longtemps qu’elle l’avait percé à jour!
-Je monte me coucher, dit-elle simplement en pressant l’épaule de William en passant, sans lui laisser le temps de réagir.

Elle grimpa les escaliers promptement et une fois assurée que personne ne viendrait la déranger, appela Betty qui la dévêtit et l’aida à placer quelques couvertures dans le grand lit.
-Allez vite, mes vêtements, pressa-t-elle la gouvernante alors qu’elle entourait déjà sa poitrine!
Elle enfila prestement la chemise, le pourpoint de drap noir et les chausses de même teinte, puis noua ses cheveux en une petite queue et enfonça un large chapeau sombre avant de cingler sa ceinture.
-Voilà! Salue à présent Lord Dafoe, puritain anglais, clama la jeune femme à voix basse, l’oeil malicieux!
Ignorant le regard dépité de Betty, Megan passa par la croisée de la fenêtre, se laissa glisser le long du lierre et disparu dans la nuit.

Elle sentait contre son flanc le pistolet qu’elle avait caché à Betty, arme bien plus utile que l’épée pendue à sa ceinture. Elle n’avait jamais été très douée pour cette arme, préférant de loin le pistolet dont William lui avait appris à se servir...et avec brio! Elle eu une pensée pour Marc de Beauharnais...le pauvre mousquetaire tâchait de faire de son mieux pour lui apprendre l’escrime, mais elle ne parvenait jamais à se concentrer. Il y avait toujours un terme, un mot, un détail qu’elle oubliait et qui se révélait important. Combien de fois l’avait-il repris à l’ordre? Trop, certainement!
Mais Marc savait son secret et elle ne pouvait s’imaginer l’abandonner là, alors qu’elle lui avait promis du résultat concernant sa propre enquête. L’incendie qui avait vu périr sa femme et son enfant était un de ces mystères qu’aimait trop Megan pour les abandonner.
Mais elle avait ce soir bien d’autres chats à fouetter et se glissant le long des murs pour éviter une patrouille, elle couru sur la pointe des pieds jusqu’à l’entrée de la cave que Tabernet, utile gamin des rues qui n’avait d’yeux que pour les siens, lui avait indiqué.
Elle jeta un oeil à l’entour et se coucha par terre pour observer si le renseignement était bon.

Un sourire éclaira son visage. La pièce jetée à Tabernet n’était pas perdue! Les machines à imprimer tournaient à plein régime, imprimant sans vergogne les pages du livre clandestin. Le regard de Megan se fit machiavélique mais elle entendit à ce moment un bruit de sabot et se relevant promptement, se plaqua dans un coin de rue.
-Ne te cache pas, lança une voix d’homme! Je t’ai vu! Amène-toi, payes tes dettes et nous pourrons discuter!
Megan sentit son coeur palpiter et ôta discrètement le pistolet de sa ceinture, prête à faire feu s’il le fallait.
-Cesse de te croire au-dessus de tout celà, dépêche-toi, lança-t-il plus près d’elle. Elle se renfonça un peu plus lorsqu’elle se senti happée par le collet et projetée violemment sur le mur. Le choc l’étourdit une courte seconde, mais assez longue pour que l’inconnu lui assène un coup dans le ventre, la courbant en deux. Tâtonnant sur le mur, elle parvint à éviter le coup qu’il lui lança, entendant avec délectation les os craquer contre la pierre. Se relevant, elle l’éloigna d’un coup de pied et profita de sa perte d’équilibre pour le prendre par le col, le collant à son tour sur le mur.
Mais un nouveau coup de genou lui coupa le souffle et elle ne pu que sortir son pistolet, le pointer sous la gorge de l’homme pour qu’il lève les bras au ciel, lâchant son poignard.
-Eh bien tue-moi, qu’attends-tu! Tu en crèves d’envie depuis...
Au moment où il avait agrippé l’écharpe masquant une partie du visage de la jeune femme, la dévoilant ainsi, Megan lui avait asséné un violent coup de crosse sur le crâne et profita de l’inconscience de son agresseur pour fouiller son pourpoint. Elle attrapa ce qui lui tombait sous la main au moment où l’homme recommençait à bouger.
-Hurry up Meg, murmura-t-elle pour elle-même avant de courir dans une ruelle déserte. Elle fila ainsi à travers les petites ruelles et assurée de ne pas être suivie, s’arrêta, essoufflée sur la muraille du cimetière des Innocents. Elle ouvrit alors son pourpoint et à la lueur d’un lumignon, lu la missive adressée au comte de Roschterfield.

Roschterfield? Un comté? Megan ne pouvait se targuer de connaître chaque famille noble anglaise, et Roshterfield était inconnu au bataillon. Qui contacter en Angleterre? En France, peut-être la duchesse de Wyatt lui serait une main secourable, mais elle ne voulait quémander une audience dont elle devrait certainement donner la raison.
Megan se mordit la lèvre en rangeant la lettre et réajusta sa tenue, vérifiant sa coiffure. Ce diable d’homme avait vu une partie de son visage! La peste la suivait décidément partout...quelle poisse!
Mais elle avait heureusement gagné une partie de sa nuit. La cave n’allait pas rester ouverte bien longtemps, foi de Megan! La fin de la nuit lui porterait conseil et l’écossaise se faufila comme un chat jusqu’à la fenêtre laissée ouverte par Betty.



-Il a vu ton visage?!
-Moins fort, Elodie! Oui....mais j’étais incapable de voir le sien, même si je reconnaîtrais sa voix entre mille.
-Que faisais-tu encore hier dans les rues de Paris, lâcha la jeune fille d’un ton goguenard?
-Cela me regarde, monsieur Eric de Froulay, répliqua Megan en riant! Allez viens, je dois me dépêcher, mon frère a lourdement insisté pour que je sois ce soir aux jeux. J’ai été absente trop de fois, les gens lui demandent ce que je fais de mes soirées, reprit-elle.
-Dis-leur simplement que tu étais partie, proposa son amie.
-Les rumeurs sont tenaces, soupira Megan, j’en ai appris le fonctionnement en Angleterre!
Elle roula en boule ses vêtements de Lord Dafoe et cacha le tout dans le panier d’osier qu’elle avait emporté. Cette simple phrase avait réveillé ses souvenirs écossais et elle se revoyait changer de tenue, grelottante près du feu minable, frictionnée par Betty alors qu’elle rentrait d’une après-midi à courir avec quelques lapins. Ce soir, elle vivrait à nouveau comme elle avait vécu quelques années à la cour de Whitehall. Elle passerait une de ces robes qu’elle affectionnait particulièrement, Betty lui accrocherait son collier de perles immaculées et en perdrait quelques unes dans sa chevelure soigneusement coiffée. Malgré cette double-vie qu’elle ne voulait quitter, Megan aimait retrouver ces sensations et se savoir encore dotée d’assez de charmes pour faire tomber quelques hommes faibles et bien trop crédules.
-Mais toi, Elodie, reprit Megan...n’as-tu toujours pas de prince à ton bras, ou préfères-tu cet idiot d’Adolphe Lanzac? Elle ri en se rappelant du jour où déguisé en ce garçon de course, on avait cru Elodie et Adolphe en couple....et une autre fois où l’on prêtait à Megan une aventure avec le mousquetaire Froulay! Les deux amies éclatèrent de rire à ce souvenir.
-Tu ne sauras rien pour le moment, lança Elodie farouchement! Tant que tu ne m’aura pas dit combien de prétendants tu as laissé derrière toi en Angleterre.
Megan se contenta de tirer la langue à Elodie avant d’empoigner son panier et de quitter le terrain vague.
-Tu le sauras un jour, lui lança-t-elle en guise d’adieu!


Elle avait tout juste eu le temps de se changer, Betty retenant William pour que la jeune fille puisse passer des habits décents.
Megan tâchait d’éviter soigneusement le regard inquisiteur de son frère, qui avait cessé de l’interroger sur ses occupations de la journée. Le carrosse les déposa devant l’immense château qui s’élançait dans le ciel étoilé. Plus ils approchaient, plus la musique emplissait les lieux, mêlée aux rires et aux exclamations des joueurs.
Megan se faufila aussitôt, cherchant des yeux quelques connaissances à rejoindre, mais à peine avait-elle dressé la tête qu’une main lui pris le bras, la faisant se retourner.
-Miss Dorset!
-Miss Campbell, étiez-vous donc malade? Votre présence m’a manqué ces derniers jours, se lamenta la jeune anglaise, laissant Megan passer son bras sous le sien.
-En effet, et de nombreuses affaires familiales m’ont retenue trop longtemps. Il me tardait de vous revoir!
Les deux jeunes filles échangèrent un regard complice, et Megan senti cette pointe de culpabilité qui la prenait dès qu’elle retrouvait Enola. La jeune fille semblait si perdue, si silencieuse, si...seule! Elle lui avait si souvent répété que sans elle, sa vie en France serait un calvaire que Megan voyait fondre ses propres barrières.
Que diable! C’était une héritière Tudor! Du sang de ces assassins et qui, Megan en était persuadée, complotait activement pour renverser un roi qu’elle avait juré de servir. Aucun Tudor ne toucherait plus au trône des Stuart, encore moins cette Enola qui s’ingéniait certainement à attiser la culpabilité de Megan. Et elle réussissait malheureusement trop bien et Megan s’efforçait de ne pas songer au jour où cette amitié fraternelle s’éteindrait.
-Viens, Enola, la poussa Megan qui ce soir avait décidé de se forcer à oublier le nom de la jeune fille, une table de tric-trac va nous occuper une bonne partie de la soirée!
Les deux jeunes filles se faufilèrent jusqu’aux tables mais à l’instant où deux sièges se libéraient, Megan aperçu le dernier visage qu’elle voulait voir à la cour. Philippe de Lorraine. Il n’était hélas pas l’un de ses ennemis, plutôt un bienfaiteur même, mais devant qui Megan avait oublié la discrétion. “Le roi vous en remercie”....quelle idiote! Pourquoi ne pas s’être dévoilée, tant qu’à être là, autant jouer le jeu!
Elle avait longuement ruminé son erreur, ne pouvant en parler à quiconque de peur que sa bévue remonte aux oreilles royales. Elle avait chaque soir évité de croiser le chevalier, mais n’y était parvenu cette fois-ci. Détournant vivement le regard, elle ne répondit pas à Enola qui s’inquiéta de sa soudaine attitude et tête baissée, s’assit promptement sur le siège, autour de la table de jeu.
-Megan....
-Chut! Excuse-moi Enola, murmura-t-elle en anglais, mais je ne souhaite pas que ce gentilhomme vienne me faire la conversation. Megan s’en tint au strict minimum et afficha un large sourire pour éloigner le doute d’Enola.
Elle n’était pas passé loin de la catastrophe, Lorraine était sûrement capable de venir lui poser quelques questions sur sa conduite!




-Quelle mouche t’a piqué pour agir ainsi, grogna William en poussant la porte de l’hôtel où ils logeaient? Ne pas saluer le chevalier de Lorraine! Tout le monde sait pourtant sa position à la cour! Monsieur en serait furieux s’il l’apprenait!
Megan soupira en levant les yeux au ciel, ignorant les remarques de son frère.
-Tu étais bien trop occupée avec mademoiselle de Valances pour t’inquiéter de cela, répliqua-t-elle d’une voix sarcastique. Tu sais que son père refusera qu’elle se marie à un anglais, surtout si celui-ci vient du sang d’un parjure!
-MEGAN!
Mais la jeune fille avait déjà couru dans l’escalier et claquait la porte de sa chambre.
-Betty, je sors ce soir, prétexte à mon frère une violente migraine, il n’osera jamais monter!
La gouvernante ne pu rien répliquer, laissant cette fois Megan revêtir de nouveaux atours et quitter les lieux sous les traits du chevalier de Langlay.
Quelques mètres plus loin, elle “emprunta” un cheval à l’auberge voisine et piqua un galop jusqu’à Versailles. Une soirée d’un tout autre genre l’attendait à présent, un rendez-vous qu’elle ne pouvait manquer.


-Monsieur le chevalier de Langlay, sire, s’inclina le valet en laissant passer la jeune femme.
Megan, le visage respectueux, salua le roi de France et ôta son chapeau, laissant ses cheveux tomber sur ses épaules.
-Avant que vous ne me le demandiez, je vous pardonne cette tenue, mademoiselle Campbell.
-Je vous remercie....votre Grâ..sire, se reprit-elle.
Le roi l’invita à s’avancer près du bureau où quelques papiers éparses méritaient d’être rangés et attendit les ordres royaux. Megan craignait tant un mot de travers qu’elle n’osait ouvrir la bouche. Elle savait que son impertinence et son culot avait trouvé les faveurs de son roi, mais celui-ci, par ses manières solennelles lorsqu’il l’avait engagé à son service, l’intimidait curieusement. Peut-être l’influence d’Amy of Leeds jouait-elle.
-Cette entrevue reste exceptionnelle, baronne, commença-t-il d’une voix grave, et je vous ai mandé pour vous remettre des documents qui me sont parvenus. Son destinataire, par mesure de prudence, ne pouvait vous les adresser à l’hôtel où vous logez ou dans vos appartements à Versailles.
Megan saisit sans un mot sur le bureau les enveloppes retournées que lui montrait Louis XIV.
-Par ailleurs, je souhaite que vos recherches concernant ces imprimeries illégales se poursuivent. Monsieur de la Reynie m’a chanté vos louanges et soyez certaine que mon cousin le roi d’Ecosse sera informé de vos services rendus pour la Couronne de France.
Megan rosit doucement, notant la délicatesse du roi à nommer le roi d’Ecosse. Elle qui aurait habituellement trouvé une réplique à lancer se contenta de courber la tête en guise de remerciement.
-Cela sera tout, mademoiselle...ou plutôt, chevalier.

Elle fit une courte révérence avant de quitter le bureau royale et marcha - pour ne pas courir - le long des galeries jusqu’à un lumignon qui l’éclaira. Elle sortit enfin les documents de la poche dans laquelle elle les avait enfournées et les retourna pour y voir le sceau du Stuart. Un léger sourire naquit sur son visage alors qu’elle décachetait l’enveloppe. Nouvelle mission? Elle l’espéra secrètement alors qu’elle parcourait la lettre.

Elle ne s’était pas trompé. Elizabeth de Somerset. Ainsi, le roi craignait réellement pour la sécurité de la duchesse? Megan eu une moue dubitative mais hocha la tête silencieusement: les ordres étaient des ordres! Elle n’avait encore pu s’occuper du cas de la duchesse, mais à présent cela semblait presser. Elle ne pouvait refuser les ordres anglais. Tant que ceux-ci ne contrecarraient pas ceux de la France, Megan jouait à ce jeu avec avidité.
La seconde missive comportait ce que Megan attendait sans l’avouer: l’assurance écrite que tout ce qu’elle accomplirait en France pour le compte de son propre roi était accompli pour le bien du royaume. Terrible billet qui en des mains vénales pouvait devenir un billot ambulant. Ainsi, la confiance du roi envers elle se démontrait une nouvelle fois, touchant le point sensible de Megan; se savoir ainsi estimée ne pouvait que lui prouver sa valeur et lui assurer une confiance en elle à toute épreuve.

La jeune fille eu un sourire de satisfaction en enfonçant les deux lettres: celle de savoir que malgré une mer qui les séparait, son impertinence, son culot et sa liberté agissaient toujours sur son roi. Bien plus que sa reine, elle était son espionne.

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Dernière édition par Megan of Scotland le 24.09.12 0:47, édité 2 fois
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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   27.02.12 23:01

C'est l'histoire d'une fille......qui s'est dit "allez, je ne me prends pas le chou avec ce perso, je fais une fiche courte!" et qui finalement vous ponds toutes ces pages. Taper


Bref, tout est donc terminé, j'espère que vous aimerez ma petite écossaise autant que moi Heuuu

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Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
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ADMIN TRAVESTIE
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 0:42

TU ES VALIDÉE (ENCORE !) !
BIENVENUE A VERSAILLES

Ça va devenir une habitude chez toi de faire des fiches Razz Et tu sais bien que ça sert à rien de dire que tu vas faire court, on a toujours des dizaines d'idées à la minute pendant la rédaction ! J'ai beaucoup aimé ta fiche, toujours une aussi belle plume. Puis j'aime quand je vois qu'on parle de mes persos, même rapidement Razz Tu marques des points, tu sais comment amadouer les admins toi PTDR

Allez trêve de plaisanteries, j'adore, j'adhère ! J'espère que tu n'en feras pas un bras cassé par contre, ça suffit maintenant PTDR Bon, tu connais le chemin (à force Razz) donc fais comme chez toi \o/
PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.


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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 8:41

Ma copiiiiiiiiiiiiiine \o/
Rererererererebienvenue à toi ! Ta fiche est superbe, comme toutes tes fiches en fait What a Face **

Je sens qu'on va bien s'amuser toutes les deux... entre travelos Twisted Evil

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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 9:33

Han ça me fait toute bizarre d'être en Blue Team **


Merci Mister, et promis, je ne serais pas un bras cassé, je vais redorer le blason des espions What a Face Comme quoi, les écossais sont indispensables dans c'bas monde What a Face


Je vole, je courre, je fonce faire tout le reste ^^


Ma travelo préférée, j'ai bien hâte de faire les 400 coups What a Face

Et merci pour ces compliment sur ma fiche ^^ En effet, on a toujours mille idées à la seconde et on ne veut jamais introduire un lien comme un cheveu sur la soupe >_<

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Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 10:32

WAHOUUUUUUUUUUUUUU une nouvelle blue dans la team des GENTILS ! On n'y croyait plus ! cheers Oui Megan, viens nous aider à redorer le blason des espions, il en a bien besoin le pauvre PTDR

Bref, re-re-re-re-re bienvenue avec ce chouette personnage dont je vais me hâter de relire la fiche demain aprèm' après exposés et autres sympatheries (tu m'en veux si je te dis que je n'ai fait que la survoler hier ? *se tape*) pour trouver un lien de la mort qui tue What a Face

HAVE FUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUn ! cheers (et vive les Ecossais I love you )

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Bouffon !

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un bouffon! Quel lugubre métier que le rire!


© belzébuth

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Côté Coeur: Il baigne dans la colère et la frustration maternelle mais puisqu'il ne s'est pas laissé abattre, il continue de battre.
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
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Here comes the Royal Mistress

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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 11:34

Bienvenuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue compatriooooooooooooote !!! cheers

Alors que l'on soit claires, c'est moi qui t'ai " présentée " à Loulou, alors t'as intérêt à ne pas être une bras cassée, toi !!! PTDR Sinon ça va barder ! Relève un peu le blason avec Ferdi et Luigi pleaaaaaaaaaaaaaaase !!! What a Face Soyez les nouveaux trois mousquetaires ! Razz

Amy est plutôt désespérée pour l'instant ! Désolé de Lisa

Il faut qu'elle regagne confiance et Loulou aussi Razz

Boutons le Valois ! What a Face

Eclatez toi bien avec ta travelotte en tout cas ! Very Happy Et belle fiche comme d'hab ! Very Happy


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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 12:00

C'est ça, allons bouter What a Face


Pas de souci Amy, avec mes deux mousquetaires de chic et de choc, nous vous redonnerons confiance Héros (Ferdigi)

Je vais tacher d'être à la hauteur de vos espérances Siffle

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Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
Discours royal:



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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 13:26

Team Blue powaaaaa cheers
Très jolie fiche en tout cas ! I love you

Megan of Scotland a écrit:

Pas de souci Amy, avec mes deux mousquetaires de chic et de choc, nous vous redonnerons confiance Héros (Ferdigi)

Enfin faut surtout redonner confiance au Roi PTDR Mais je pense que Ferdi sera pas contre t'intégrer dans notre équipe de choc Héros (Ferdigi)

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Côté Coeur: Ce n'est pas l'amour, mais l'amitié qui le déchire.
Côté Lit: Souvent vide. Les exigences du métier...
Discours royal:



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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 13:33

Ah mais carrément ! A nous trois, on va faire des étincelles Héros (Ferdigi) Préparez-vous la Main de L'ombre, les Trois Mousquitos V.2 arriiiiiiiiiivent ! *ZBAF*

(bref, le flood c'est mal, j'arrête What a Face)

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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   28.02.12 15:03

Bienvenue !!! (enfin...re-bienvenue Razz )


Ya de la discrimination contre les bleus ! Les autres bleus (dont moi) sommes capables de faire de grandes choses Monsieur pas content
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MessageSujet: Re: Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....   Aujourd'hui à 20:46

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Megan of Scotland - Puisqu'il faut le dire, sans contrefaçon....
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