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 La princesse et le méchant [Ulrich]

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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

Âge : 24 ans
Titre : Princesse Farnèse, Princesse Chimay par mariage
Missives : 1402
Date d'inscription : 03/09/2011


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MessageSujet: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime15.01.12 18:39

La princesse et le méchant [Ulrich] 20ie9es La princesse et le méchant [Ulrich] 002t0q3w
« Un amant exceptionnel ne peut faire qu’un mauvais mari. »

Il s'agissait d'un jour comme un autre dans l'hôtel particulier Médicis. Paresser dans ces lieux aux décors italiens était un délice pour les habitants de cette maison, du moins l'habitante. Sofia y vivait, c'était son chez elle et elle le partageait avec son chaperon Bartolomeo, quand celui-ci ne sortait pas dans Paris, il avait bien le droit de faire sa vie car il lui laissait bien plus de liberté autorisée par la famille de la demoiselle. Alors lorsqu'elle se réveilla en cette matinée, il n'y avait qu'elle dans ces lieux, si l'on faisait abstraction des serviteurs peuplant la maison et qui étaient fort agités lorsqu'elle descendit les escaliers. Il fallait avouer que c'était un grand jour puisque deux invitées n'allaient plus tarder à arriver. Et il fallait faire leurs chambres, préparer le repas d'accueil, tout mettre en ordre. Alors, tout le monde se croisait avec des draps, des fleurs et évitaient la maîtresse de maison dans sa robe de chambre de couleur capucine, un magnifique rose. Elle venait de se lever et n'avait pas l'intention de se presser plus que cela. Tout en grignotant quelques douceurs en guise de petit-déjeuner, elle observait distraitement toute l'agitation de la maison et se surprit d'écouter les conversations. La plupart étaient centrées sur l'événement du jour mais d'autres osaient parler de personnes de la Cour.

« Mais puisque je vous le dis, cet homme change de conquête comme de chemise … »
« Les rumeurs que lancent la Signora sur le compte de l'Ambassadeur n'ont pas l'air si efficace. Si vous voulez mon avis … »
« Basta ! Je ne veux pas de votre avis, Luisa ! »
lâcha d'un ton exaspéré la princesse.

Elle s'était levée d'un bond et repartait en direction de sa chambre. Finalement, il n'était pas bon de paresser aujourd'hui, il fallait agir. Il fallait reconnaître que sa domestique avait raison. Sofia n'avait pas vraiment atteint son but de vengeance, il ne s'agissait que des amusements de gamines, quelques rumeurs lancées par-ci par-là pour faire fuir une ou deux potentielles conquêtes de Francesco mais rien de plus. Elle avait voulu commencer sagement les poisons pour le vénitien mais là encore, soit il arrivait à les éviter soit cela ne lui faisait que peu d'effets. Il fallait monter un cran au-dessus, trouver une autre idée. Et puis l'avoir revu face à face … Cela aurait du confirmer son aversion pour cet individu mais son côté faible n'avait pu que se rendre compte à quel point il était encore plus beau de près. Quelle stupide demoiselle pouvait-elle être parfois ! A se mettre des gifles toute seule. Alors agir, trouver une idée avant l'arrivée de son amie Helle et de sa fille, il fallait agir donc rapidement car son amie devait arriver dans la soirée, en début de nuit au plus tard. Commencer par se faire belle pour sortir, ce n'était pas entre ces quatre murs que la princesse Farnèse allait trouver une idée. A la Cour, se trouver dans cette atmosphère hypocrite et vile sera suffisant pour voir immerger quelque chose d'intéressant dans sa tête. Une fois sa toilette faite, Sofia pencha pour une magnifique robe corail, dont le décolleté laissait entrapercevoir ses charmes rehaussé de dentelles, cette dernière présente aussi sur le bout des manches. On la coiffa dans un amas de boucles relevés dans une sorte de chignon, et on la maquilla. La voilà donc prête pour se montrer dignement à Versailles, bien qu'elle ne sortit pas sans une sorte de cape chaude, le temps n'était plus à sortir découvert, à moins de vouloir tomber malade à tout prix.

Versailles était fidèle à elle-même, bien que l'enlèvement d'Amy of Leeds avait plombé l'atmosphère. La plupart des conversations tournaient encore autour de sa disparition, chacun apportait sa petite pierre à l'histoire alors que personne n'en savait rien finalement. Mais son tour à la Cour fut de courte durée car son idée apparut au cour d'une conversation où on se mit à parler de Rome où Sofia prit un plaisir à démolir cette ville avec ses mots.

« Je ne comprends pourquoi cette ville suscite autant d'engouement. Elle est sale, dangereuse et sombre. L'atmosphère y est juste invivable. Je n'y ai que des mauvais souvenirs. Ou presque … »

C'est à cet instant précis que Sofia eut son idée. Il y avait deux souvenirs agréables à Rome, et l'un concernait Ulrich de Sola. Lui pourrait l'aider, la jeune femme savait qu'il trempait dans de drôles d'affaires. Il était de mèche avec son frère Pietro, qui trempait dans de sombres histoires, il ne serait sans doute pas contre aider la jolie princesse. Puis Sofia avait les arguments parfaits pour qu'on ne lui refuse rien. Certes, elle s'était dit qu'elle arrêterait les amants mais en avoir qu'un seul n'était pas si mal. Même si à cause de cet amant, elle violait une de ses règles d'or : ne jamais avoir d'aventure avec un homme marié. D'autant plus quand cet homme est marié avec une amie très chère. Mais ça, Sofia l'avait découvert bien après sa liaison à Rome avec Ulrich. Et cela ne l'empêchait pas de continuer encore … Elle y repensait alors que ses pas la guidaient à nouveau vers son carrosse. Sofia avait fait un bref tour dans le château – puisque le vent rendait les jardins assez difficiles d'accès – et ne l'avait pas vu. Le danois n'était pas un homme de Cour, il était forcément chez lui. Alors autant s'y rendre au plus vite, ne pas laisser passer son idée, ni l'opportunité de revoir son sombre amant.

La demeure était à l'égale de son propriétaire : peu accueillante au premier abord, un côté sombre et même terrifiant. Cela n'arrêtait pas la princesse qui n'avait jamais eu peur de lui et ce, depuis la première fois qu'ils s'étaient vus. La porte de la demeure fut ouverte par le valet d'Ulrich, un garçon assez étrange lui aussi, faisant aussi suspect que son maître. Peut être même plus en y regardant de plus près. Son sourire indéfinissable le rendait vraiment bizarre et Sofia n'eut pour lui qu'un regard méprisant.

« Pouvez vous dire à monsieur de Sola que la princesse Farnèse voudrait lui parler »

Il la fit entrer jusqu'au salon et disparut. De l'intérieur, la maison n'était guère plus accueillante aussi froide que les contrées nordiques d'où venaient son propriétaire. Seul le feu donnait un peu de vie et de chaleur à la pièce. Sofia retira son manteau et bien vite des pas se firent entendre. Ulrich apparaissait dans l'encadrement de la porte, toujours le sourire absent mais le charme indéniable. Elle lui fit un large sourire mutin et le salua.

« Ne vous trouvant pas à la Cour, je savais que vous seriez chez vous, dans cette adorable demeure qui vous reflète tant. »

Elle fit quelques pas pour se rapprocher du feu mais tourna la tête vers le danois pour poursuivre.

« Mais je ne suis pas venue là pour parler décoration. Je viens vous demander un service qui sera à la hauteur de votre talent, commença-t-elle avant de prendre une moue faussement triste. Seul vous pourriez m'aider. Après tout, avoir vécu à Rome vous a sûrement appris à utiliser des méthodes typique de cette ville et je pense que vous pourriez en faire bon usage à Versailles. Et vous pourriez même avoir une bonne récompense pour le travail accompli. »

Elle ne savait pas ce que Sola avait véritablement fait à Rome, son passé de spadassin. Mais pour traîner avec Pietro Farnèse, il fallait être louche, d'autant plus quand on vit à Rome.

« Que savez vous sur l'ambassadeur Contarini, monsieur de Sola ? » lança t'elle, innocemment.

Peut être le connaissait-il, avec un peu de chance il ne l'apprécierait pas plus que cela et cela facilitera les choses. Mais Sofia avait l'art de tourner autour du pot avant d'exposer son but, juste pour tester l'autre. Toujours avec le sourire, même si celui en coin n'annonçait rien de bon, du moins pour la future victime.

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime24.01.12 21:54

« Vous ne pouvez rien contre moi monsieur ! Mes gens ne sont pas loin ! »
Il n’y eut, pour répondre à cette vaine menace, que le silence. Un silence presque goguenard, de la part de l’imposante et sombre silhouette dont les traits demeuraient obstinément dissimulés par un masque noir aux yeux du prince danois.
« Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous, à la fin ? »
L’héritier n’obtient à cette seconde réplique pas plus de réponse qu’à la première, et seul un sourire effrayant vint troubler l’insolente froideur de l’inconnu. L’espace d’un instant, les deux hommes s’observèrent, sans plus échanger le moindre mot, l’un cherchant à deviner quelle machination infernale pouvait bien se cacher derrière ce masque, l’autre se délectant de la torture qu’il infligeait à sa victime depuis plusieurs mois maintenant. Pas un instant, depuis qu’il avait soudain surgi sur son passage, il ne l’avait lâché du regard ; pas plus que lorsqu’il s’avança de quelques pas dans sa direction, laissant volontairement briller dans sa main l’éclat d’un poignard bien affuté, murmurant cette même phrase, toujours.
« Heureux celui qui a toujours devant les yeux l'heure de sa mort et qui se dispose tous les jours à mourir. »

*
* *
Ulrich, une fois de plus, n’avait pas tué le prince héritier du Danemark. Ce parvenu de Kiel, comme il avait pris l’habitude de le nommer, avait beau avoir fait mine de brandit son épée, le coup qu’il avait voulu porter à l’homme qui le tourmentait depuis des semaines n’avait atteint que le vide. La menace, déjà, s’était évaporée, profitant de l’obscurité d’une nuit à peine achevée pour se fondre dans l’ombre de la rue, et disparaître, jusque leur prochaine entrevue. Si l’on pouvait décemment donner un tel nom à ces furtives rencontres que le danois savait si bien provoquer et durant lesquelles, invariablement, il se repaissait des doutes, des questions, des frayeurs qu’il infligeait à l’héritier du trône qui lui revenait du droit. Ça n’était certes pas Edouard qui avait provoqué ce changement dans l’ordre de succession, étant bien trop jeune lors des faits. Ça n’était pas non plus lui qui avait explicitement chassé Ulrich du royaume, faute d’une influence suffisante sur le roi. Mais il s’agissait de sa famille, et le danois n’était pas homme à s’embarrasser de nuances. Munk, Kiel, Oldenbourg, le nom ne faisait aucune différence à ses yeux. Seul l’avenir comptait. Et tant que cet usurpateur serait en vie, ledit avenir ne conviendrait pas à l’exilé.

Et pourtant, il ne pouvait le tuer. Parce que ce gueux avait eu un fils, et que ce fils héritait par conséquent de tous ses droits. Et si faire disparaître père et fils ne représentait pas la moindre difficulté aux yeux d’Ulrich, il savait néanmoins, contrairement à la plupart des situations dans lesquelles son rôle à Versailles le faisait intervenir, qu’ici, tuer n’était pas la solution qui lui permettrait d’obtenir ce qu’il voulait. On ne se porte pas au trône par un régicide – car Frédéric ne saurait tarder à mourir – à moins d’y être préparé, d’avoir les appuis, les ressources, les alliés nécessaires. Tant de choses qu’il ne possédait pas encore, ou pas entièrement. Alors en attendant, Ulrich… s’amusait. Et peut-être ce faux prétendant aurait-il le bon sens de se discréditer seul aux yeux de son peuple, par son inévitable paranoïa ou un quelconque autre motif. Rien n’était moins sûr, cependant. Et mieux valait au prince déchu de s’assurer de son coup.

Raison pour laquelle, après avoir quitté Versailles et regagné la grande demeure isolée dans laquelle il avait élu domicile, Ulrich s’était rapidement débarrassé de son costume sombre pour passer une chemise plus confortable et installé à son bureau, une plume en main. Il n’avait jamais été homme de lettre, ne faisait pas partie de ces inlassables chroniqueurs dont les correspondances feraient plus tard la renommée ; mais ses récentes alliances méritaient qu’on les entretienne. Il se devait de tenir Emmanuelle au courant de l’avancement de leurs projets, et ce surtout depuis le nouveau tour qu’avaient pris ces petites intrigues qui les servaient tout aussi bien l’un que l’autre. Un sourire aux lèvres, que seul son valet, qui ne traînait jamais loin de son maître, était assez fou pour soutenir sans se troubler, le danois s’attela donc flegmatiquement à la tâche. Il avait cependant à peine écrit quelques mots qu’il releva la tête, jetant un regard perplexe sur Edouard qui restait debout à ses côtés, les yeux errant curieusement du côté de la lettre.
« Tu peux disposer, bougre !, lui lança abruptement le maître, de plus en plus songeur quant au sort de cet étrange individu. »
L’heure n’était pas à prendre cette décision, néanmoins, aussi, une fois que le valet eut fini son lassant manège visant à jouer les mauvais complices, Ulrich poursuivit pour ne s’interrompre qu’une vingtaine de minute plus tard lorsqu’on gratta à la porte du bureau.
« La princesse Farnèse demande à vous voir, monsieur. Dois-je la renvoyer ? demanda l’obséquieux Edouard. »
A ces mots, le danois posa sa plume.
« Non, idiot. Dis-lui que j’arrive. »

Un sourire amusé aux lèvres, il se leva, rangea l’indiscrète missive presque achevée dans l’un des tiroirs du bureau qui se fermaient à clé. Il ne se méfiait pas de la nouvelle arrivante, non, mais de cet imbécile de valet qui était parfaitement capable de fouiller dans ce qui ne le regardait pas.
La visite de Sofia di Parma, néanmoins, avait de quoi intriguer Ulrich qui, rapidement, quitta son bureau pour rejoindre le salon dans lequel on avait dû la faire attendre. Malgré ses aventures répétées avec l’italienne, il se doutait aisément qu’elle n’était pas venu jusque dans la campagne versaillaise pour profiter de son lit. Il y avait une intrigue là-dessous, et aussi étrange la chose soit-elle pour le misanthrope parfait qu’il avait su devenir à Rome, cette perspective ne lui déplaisait.

« Voilà une visite que je n’attendais pas, mademoiselle Farnèse, lança-t-il lorsqu’il pénétra dans le salon.
- Ne vous trouvant pas à la Cour, je savais que vous seriez chez vous, dans cette adorable demeure qui vous reflète tant, répondit la princesse avec un sourire espiègle. »
Le danois eut un rictus froidement mystérieux, tandis qu’il s’adossait tranquillement contre l’un des murs de la grande – et, certes, froide – pièce. Il savait que ça n’était là qu’un préambule.
« Mais je ne suis pas venue là pour parler décoration, reprit en effet Sofia en se chauffant au feu. Je viens vous demander un service qui sera à la hauteur de votre talent. Seul vous pourriez m'aider. Après tout, avoir vécu à Rome vous a sûrement appris à utiliser des méthodes typiques de cette ville et je pense que vous pourriez en faire bon usage à Versailles. Et vous pourriez même avoir une bonne récompense pour le travail accompli. »
A nouveau, il eut un sourire qui en disait long. Les méthodes appliquées à Rome ne changeaient guère à Versailles ; mais la belle demoiselle n’avait pas besoin d’un savoir autant.
« Et à quoi ces méthodes peuvent-elles vous servir, princesse ? demanda-t-il.
- Que savez-vous sur l'ambassadeur Contarini, monsieur de Sola ? »

Le danois, surpris, fronça vaguement les sourcils à cette question. Surprenant la silhouette d’Edouard à l’angle d’une porte, il décida qu’il était de bien meilleurs endroit pour y répondre et, d’un geste, ordonna au valet d’approcher.
« Prépare-nous du thé et amène-le dans mon bureau, fit-il. Venez, mademoiselle, nous y serons plus à l’aise. »
C’est donc dans la pièce, un brin plus accueillante, qu’il installa son invitée improvisée, s’asseyant lui-même sur l’un des fauteuils qui en occupaient une grande partie. Il attendit qu’Edouard ait amené ce qu’il lui avait demandé pour commencer, non sans avoir envoyé le valet déçu de ne pouvoir en savoir plus faire quelques courses en ville.
« Vous intéresseriez-vous à Contarini, par hasard, mademoiselle ? demanda-t-il avec un rictus amusé. Je n’en pense pour ma part ni plus ni moins que beaucoup, je suppose… »
Ça n’était pas là une réponse exacte, prince danois ayant avec l’ambassadeur vénitien quelques liens directement en rapport avec les petites affaires de Valois. Mais, prudent, il joua l’indifférence, curieux de ce que la princesse avait à lui dire.
« En revanche, j’ai comme l’impression que vous avez à son égard quelques… ressentiment ? »
Pour lui avoir parlé de ses « méthodes » romaines, voilà qui n’était pas difficile à deviner.
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Sofia Farnèse

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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime30.01.12 23:56

« Voilà une visite que je n’attendais pas, mademoiselle Farnèse. »

La demoiselle se déplaçait rarement juste pour discuter, elle avait souvent quelque chose derrière la tête. Aujourd'hui ne faisait pas exception et Ulrich devait bien le savoir. Sofia n'avait de l'ingénue que l'apparence et elle en jouait parfois, mais il était assez rapide de découvrir ce qui se cachait derrière ce visage de poupée. Pourtant, elle s'amusait à tourner autour du pot, à parler pour pas grand chose, une sorte de préambule. L'italienne aurait pu bien demander directement, elle savait que le danois n'était pas homme à être à cheval sur l'étiquette mais c'était son petit plaisir. Puis le serviteur derrière lui ne semblait pas très net. Depuis quand les domestiques écoutaient les conversations de leur maître sans même prendre la peine de se cacher ? Un peu de discrétion tout de même ! Puis vint le moment de lever le voile, du moins un bout, du pourquoi de sa visite. Une question à l'apparence avec le ton adéquat, mais qui pouvait soulever de nombreuses questions. L'expression de surprise du danois le prouva, cela au moins attirait son attention.

« Prépare-nous du thé et amène-le dans mon bureau. Venez, mademoiselle, nous y serons plus à l’aise. »
« Je dois vous dire,
dit elle sur le ton de la confidence, que vous domestique est bien trop curieux pour un pouilleux de son espèce. »

Chacun à sa place et les moutons seront gardés comme dit l'adage. Un domestique ne devait pas écouter, ou alors le faire différemment que ce drôle d'énergumène. Mais aussitôt qu'elle en avait parlé, elle passa à autre chose, suivant Ulrich jusqu'à son bureau. La robe coloré de la demoiselle tranchait avec le reste de la maison, il est vrai qu'une princesse italienne n'avait que peu de choses à faire dans cette demeure. Mais le peu qui lui restait était amplement suffisant pour ce qu'elle comptait demander. Après tout, Sofia venait juste quémander un peu d'aide à un … ami, si l'on pouvait dire cela ainsi. Il était difficile de résumer leur relation entre les deux mais globalement, ils étaient amants quand cela leur chantait. Et, devinant qu'Ulrich n'était pas blanc comme un linge, c'est vers lui que Sofia s'est tournée pour son drôle de plan. Pas sûr que ce soir la personne la plus fiable mais Sola semblait le plus qualifié pour ce « travail ». Elle s'assit donc dans le fauteuil de façon délicate pour ne pas froisser sa robe puis prit sa tasse de thé, attendant patiemment que le danois réponde enfin à sa question.

« Vous intéresseriez-vous à Contarini, par hasard, mademoiselle ? Je n’en pense pour ma part ni plus ni moins que beaucoup, je suppose… En revanche, j’ai comme l’impression que vous avez à son égard quelques… ressentiment ? »
« Oh quel grand mot ! Ce serait sur-estimé ce vénitien ! »
lâcha t'elle dans un petit rire moqueur.

Il avait visé juste. Sofia avait passé de nombreuses années à minimiser le mal que lui avait fait Francesco, tentant de l'éradiquer en interdisant que l'on prononce son nom en sa présence. Elle pensait y avoir réussi durant un temps, mais cela ne dura pas. Elle avait du se rendre à l'évidence : ce sentiment de colère n'arrivait pas à s'éteindre. Alors plutôt que d'enfouir, la Farnèse avait décidé de l'extérioriser, par la vengeance. Dans son Italie natale, elle n'avait pas hésité à lancer des rumeurs, à en parler dans ses différents courriers qu'elle envoyait … Puis quand elle le revit à Versailles, l'idée de se venger en le touchant physiquement lui était venu. Il ne fallait pas qu'elle l'approche, sinon elle risquerait de le tuer de ses propres mains et une princesse tuant un ambassadeur à la Cour de France, cela ferait tâche dans sa famille. Tout d'abord, elle y était allée en douceur mais depuis l'anniversaire du Roi, Sofia voulait passer un cran au-dessus, le voir souffrir avant qu'il finisse dans sa tombe. Et c'était exactement pour cela qu'elle se trouvait ici. Elle souffla sur son thé chaud avant de continuer.

« Non, je veux juste qu'il meurt. »

Cela était dit avec un naturel, comme si elle parlait de la pluie et du beau temps. Elle but une gorgée avant de reprendre, toujours un petit sourire aux lèvres.

Je vous rassure, je ne vous demande pas de le tuer. Cela, je m'en occuperais moi-même un peu plus tard. Elle marqua un temps d'arrêt. L'ambassadeur et moi avons eu un différend par le passé et tout gentilhomme doit payer sa dette tôt ou tard. Malheureusement pour lui, il n'a pas d'honneur et je suis obligée de tout faire moi-même. Cela n'est pas autant une partie de plaisir que je le pensais. »

Difficile en effet de l'atteindre quand on sait que Sofia ne veut pas l'approcher. Si quelques servantes dévouées allaient verser ses légers poisons dans ses mets, il fallait l'avoir d'une autre façon.

« Vous devez vous demander ce que vous pouvez faire dans cette histoire. C'est là où j'ai besoin de vous. Elle se redressa légèrement de son fauteuil et son sourire de conspiratrice ne disait rien qui vaille. Je le connais assez pour savoir qu'il dit plus qu'il n'en fait, qu'il est loin d'être aussi courageux qu'un Lancelot. Avec mon physique, je ne suis guère impressionnante. Mais vous, vous seriez parfait dans le rôle de l'homme menaçant et mystérieux. Je suis certaine que la cape et le loup vous iraient comme un gant. »

Tout était bon à utiliser pour satisfaire sa vengeance, sans savoir qu'Ulrich connaissait déjà Francesco. Après tout, ils n'avaient aucune raison apparente de s'entendre : Francesco avait passé une grande partie de sa vie à Venise, Ulrich était un danois émigré à Rome, le premier était un courtisant de haute catégorie et le second pas du tout, l'un était aussi extraverti que l'autre était secret. Comment pouvait elle deviner qu'un complot secret contre le Roi de France les réunissait ? Personne ne pourrait deviner cela !

« Si vous le souhaitez, vous pourrez faire ce que vous voulez de lui. Le maltraiter un peu ne lui ferait pas de mal, bien au contraire, tout comme abîmer son visage puant la suffisance ! Vous auriez carte blanche, je ne voudrais pas brider votre … créativité. Si vous acceptez, bien sûr. »

Toutes ces horreurs sorties de la bouche délicate de la demoiselle pourrait en horrifier plus d'un ! Quand je vous disais que Sofia di Parma n'avait de l'ingénue, que l'apparence …


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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime22.02.12 18:52

Rien ne disposait, en apparence, une princesse telle que Sofia Farnèse et un spadassin, tout baron qu’il était, comme Ulrich de Sola à entretenir une quelconque relation, ni même à se croiser. S’il fut un temps où le danois aurait pu sans mal fréquenter le gratin de la noblesse européenne, celui-ci était révolu, il lui avait pour l’heure tourné le dos en abandonnant le Danemark. Dès lors, la princesse et le tueur ne pouvaient avoir vécu dans les mêmes monde, et pourtant, c’était bien grâce aux sombres affaires qui hantaient la vile de Rome que meurs chemins avaient fini par se croiser. Rencontre épique s’il en était, à la réflexion. Les complots et autres assassinats pouvaient finalement se révéler d’un intérêt non négligeable… Sans cela, nul doute que jamais Ulrich n’aurait réussi à charmer – et se laisser charmer, en quelques sortes – par la demoiselle. Et s’il n’y avait dans la rapide aventure qu’ils avaient eu à Rome qu’un intérêt bassement matériel, le danois ne pouvait nier avoir été amusé de la retrouver à Versailles, et avec elles, quelques nuits que la bienséance ne saurait accepter. Le hasard fait définitivement de drôles de choses.

Cependant, s’il y avait une chose dont il pouvait être sûr aujourd’hui, c’était que Sofia ne s’était pas déplacée uniquement pour cela. Le manoir qu’on lui avait grassement offert ne se trouvait pas assez aisément, dans ce bout de campagne, pour qu’une princesse prenne la peine de s’y déplacer sans avoir une idée derrière la tête. Et connaissant l’italienne telle qu’il la connaissait, Ulrich ne pouvait qu’aisément supposer que cette visite cachait une nouvelle intrigue. Décidément, il rencontrait ces dernières bien plus souvent que ce à quoi il s’attendait lors de son arrivée ; mais se découvrir habile comploter n’était finalement pas pour lui déplaire. Quand bien même le principal concerné s’avéra être un ami.

« Oh quel grand mot ! Ce serait surestimer ce vénitien ! répondit Sofia lorsqu’il supposa ses sentiments à l’égard de Francesco.
- M’est avis que vous ne seriez pas la première à lui vouloir des ennuis… commenta Ulrich avec un sourire fataliste. »
C’était un fait, Contarini attirait les ennemis comme le miel les abeilles. Parmi ses opposants… comme ses alliés, d’ailleurs. Un instant, il songea à Portau dont les dernières aventures en date au côté du Vénitien n’avaient rien de très glorieuses. Même au sein du complot, l’ambassadeur était capable de s’attirer plus de haines que d’amitiés. Se saisissant de la seconde tasse de thé, Ulrich dévisagea un instant sa ravissante interlocutrice. Visiblement, celle-ci non plus ne faisait pas partie des mieux attentionnés à l’égard de Contarini.
« Non, je veux juste qu'il meurt. »
Preuve venait d’en être faite. A ces mots, Ulrich haussa un sourcil perplexe, dardant sur la demoiselle ses deux prunelles à la fois grises et vertes.
« Eh bien, voilà qui a le mérite d’être clair, lâcha-t-il, le ton détaché, commençant cependant à deviner la difficulté qui se dessinait. Et c’est pour cela que vous avez besoin de moi ?
- Je vous rassure, je ne vous demande pas de le tuer. Cela, je m'en occuperais moi-même un peu plus tard. Ulrich laissa échapper un sourire, portant sa tasse à ses lèvres. L'ambassadeur et moi avons eu un différend par le passé et tout gentilhomme doit payer sa dette tôt ou tard. Malheureusement pour lui, il n'a pas d'honneur et je suis obligée de tout faire moi-même. Cela n'est pas autant une partie de plaisir que je le pensais. »

Là encore, le danois ne put que songer à quel point le destin pouvait former d’étranges associations. Pas plus qu’avec la princesse, on ne pourrait le penser en liens avec l’ambassadeur de Venise. Et pourtant, ceux qui l’unissait à ce derniers étaient autrement importants que les quelques nuits jusque là partagées avec Sofia. S’il ignorait exactement quel rôle jouait Francesco, si ce n’est celui de financer Portau, au sein du complot, il l’y savait bel et bien impliqué. Et plus encore, les deux hommes avaient trouvé le moyen de s’entendre, du moins cordialement, Ulrich ayant pris le parti de tenter de ramener l’Italien et son frère ennemi à la raison – ce qui n’était d’ailleurs pas un mince pari.
Impassible, cependant, il hocha lentement la tête, signe qu’il comprenait et attendait la suite. Car suite il y avait, il n’en doutait pas. Et le sourire qu’afficha soudain la demoiselle ne fit que le conforter dans cette idée.

« Vous devez vous demander ce que vous pouvez faire dans cette histoire. C'est là où j'ai besoin de vous. Je le connais assez pour savoir qu'il dit plus qu'il n'en fait, qu'il est loin d'être aussi courageux qu'un Lancelot. Avec mon physique, je ne suis guère impressionnante. Mais vous, vous seriez parfait dans le rôle de l'homme menaçant et mystérieux. Je suis certaine que la cape et le loup vous iraient comme un gant. »
A ces mots, ce fut au tour d’Ulrich d’avoir l’un de ces sourires que dont l’on ne saurait dire, lorsqu’ils lui appartenaient, s’il fallait les craindre ou non. La princesse ignorait beaucoup du Danois, et ne pouvait par conséquent deviner à quel point, en effet, le loup et la cape lui seyaient. Reposant sa tasse, il s’appuya contre le dossier de son fauteuil, la laissant aller au bout.
« Si vous le souhaitez, vous pourrez faire ce que vous voulez de lui. Le maltraiter un peu ne lui ferait pas de mal, bien au contraire, tout comme abîmer son visage puant la suffisance ! Vous auriez carte blanche, je ne voudrais pas brider votre… créativité. Si vous acceptez, bien sûr. »

Décidément, les femmes de Versailles étaient bien loin de ce que l’on en disait dans le reste de l’Europe. Loin de se contenter de cancaner dans leur carcan doré, elles se révélaient depuis quelques temps à Ulrich comme l’égal des hommes en intrigue, voire plus dangereuses encore – du fait de leur apparente innocence, peut-être. De telles paroles, prononcées par une princesse, ne manquèrent pas de lui tirer un autre sourire alors qu’il se rapprochait légèrement d’elle.
« Voilà une demande bien singulière, princesse, lâcha-il, avant un temps d’arrêt. Ce pauvre ambassadeur est bien malheureux de voir avoir fait assez de tort pour vous pousser à cette extrémité. »
Mystérieux, il gagnait un peu de temps. La position dans laquelle le place la demoiselle n’était pas la plus aisée à tenir, mais il avait déjà sa petite idée sur la question. Etrange coup du destin que celui d’ériger le tueur en une sorte de médiateur, mais après tout, Versailles était pleine de surprise et l’adaptation dans ce domaine ne serait pas un problème.
« Mais comme vous le disiez si bien, mon passage à Rome m’a laissé en souvenir quelques… méthodes qu’il serait dommage de ne laisser à l’abandon, reprit-il. Voilà donc le sort de Contarini scellé. »
Un rictus ponctua ses paroles. Après tout, mieux valait qu’il soit le seul chargé de cette affaire, au moins pourrait-il arranger les choses à sa guise, prévenir toute forme de vengeance de la part de Contarini, mais également le mettre au courant. Il n’était pas temps pour Valois de perdre la recrue pleine des ressources, au moins pécuniaires, qu’était le Vénitien.

Considérant le thé d’un œil perplexe, Ulrich se leva soudain, puis se dirigea vers l’un des meubles qui occupaient l’espace de la pièce.
« J’ai ici de quoi fêter notre petite alliance… »
Une bouteille et deux verres à la main, il revint s’asseoir, à côté de la demoiselle cette fois, leur servant à chacun un verre d’alcool.
« Au Vénitien ? fit-il, un sourire sombre aux lèvres. »
Quitte à jouer le jeu, autant le faire jusqu’au bout. Il verrait plus tard comment s’accommoder de cette nouvelle affaire… et s’il y avait un quelconque profit à en tirer. En plus de la charmante compagnie de la princesse italienne…



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Sofia Farnèse

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime20.03.12 23:57

''Juste'' faire mourir Francesco, comme si la vie d'un être humain n'était pas si grave, qu'il pouvait s'en racheter une au premier coin de rue. Mais tout le monde passe par la mort, après la surprise était de savoir quand allait-on passer l'arme à gauche, et puis si on pouvait aider certains. La princesse, sa tasse de thé à la main et l'air naturel, parlait de la mort futur d'un homme et, le plus amusant fut la réaction de son interlocuteur. Ou du moins son absence de réaction, juste ce haussement de sourcils qui ne voulait finalement pas dire grand chose. C'est dans ces instants là qu'on sait qu'on a bien choisi son partenaire pour un prochain crime. Ulrich n'avait pas l'air bien surpris et continua même la conversation.

« Eh bien, voilà qui a le mérite d’être clair. Et c’est pour cela que vous avez besoin de moi ?

C'est là où la princesse Farnèse expliqua l'implication du danois dans son plan. Elle avait beaucoup d'idées, l'important était que Francesco souffre, soit humilié puis meurt. La dernière étape, elle s'en chargerait avec beaucoup de plaisir. C'était les deux étapes d'avant où elle avait besoin de monde. L'avantage était que Sofia avait beaucoup d'amis mais surtout que Contarini avait beaucoup d'ennemis. Avec un tel calcul, il était évident qu'une cabale mortelle contre l'ambassadeur vénitien serait d'une grande importance. Et pourquoi Ulrich ? Parce qu'elle le connaissait, qu'elle l'appréciait et sans tout savoir de son passé, Sofia savait que cet homme avait un côté dangereux, effrayant et que ses fréquentations romaines n'étaient pas les plus respectables. Elle ne connaissait pas sa vie de spadassin mais sentait qu'il était fait pour l'intrigue et jouer les hommes de main. Surtout, Sofia était persuadée que son joli minois était assez irrésistible pour qu'il accepte. Elle ne le quittait pas des yeux, elle se serait arrêtée au moindre froncement de sourcil ou expression du visage montrant la désapprobation. Rien de tout cela n'apparut sur le beau visage du danois, il y eut même un inquiétant sourire, presque démoniaque. Il avait l'air d'aimer se voir en cape et en loup, cela encouragea Sofia a poursuivre, petit sourire au coin de lèvres, mais toujours un banal ton de conversation.

Lorsqu'elle finit, Sofia reposa sa tasse, lissa son jupon et gardait un sourire, à la fois poli et mystérieux. Son plan était exposé, libre à son compagnon de conversation d'accepter ou non, elle ne forçait pas, le travail était mieux fait lorsqu'il était fait avec entrain. Elle ne bougea pas lorsqu'il s'approcha légèrement et appréciait même son sourire. Ulrich n'avait rien d'angélique, même si cela rimait, et cela faisait tout son charme.

« Voilà une demande bien singulière, princesse. Ce pauvre ambassadeur est bien malheureux de vous avoir fait assez de tort pour vous pousser à cette extrémité. »
« Il est surtout bien idiot, il est si évident qu'il ne faut pas s'en prendre ni aux Médicis ni aux Farnèse, alors imaginez quand on humilie l'union de ces deux familles. Cela mérite réparation en bonne et due forme. »
répliqua t'elle, un large sourire sur le visage.

Ce sourire en était même carnassier, il faut dire qu'il était toujours amusant de conclure une alliance au-dessus de la future tombe d'un ennemi.

« Mais comme vous le disiez si bien, mon passage à Rome m’a laissé en souvenir quelques… méthodes qu’il serait dommage de ne laisser à l’abandon, Voilà donc le sort de Contarini scellé. »
« Avec une association telle que la notre, je le plaindrais presque. »


Presque, bien sûr, il ne fallait pas trop en demander à Sofia, surtout quand cela concernait Francesco. Elle le détestait suffisamment pour pouvoir le tuer, et davantage pour le faire souffrir avant, cela n'était pas drôle sinon. Remettant ses dentelles au bout de ses manches, Sofia leva les yeux pour regarder Ulrich se lever et marcher jusqu'à un meuble. Impassible, la jeune femme attendait bien sagement, jusqu'à ce qu'il se retourne avec une bouteille, ce qui fit naître un petit sourire en coin.

« J’ai ici de quoi fêter notre petite alliance… Puis il vint s'asseoir à côté de la princesse, jouant au serveur avant de tendre un verre à la jeune femme.Au Vénitien ? »
« Au Vénitien ! Et à nous. »
répondit Sofia avant de porter le verre à ses lèvres.

Voilà une affaire rondement bien mener, et un premier allié dans la poche. Et pas n'importe lequel : un sombre et beau danois au passé suspect qui ne semblait avoir peur de rien. Et qui avait du bon alcool dans ses placards. Un parfait allié. Le liquide alcoolisé se buvait facilement, à la fois sucré et prenant en bouche. Quelques gorgées suffisaient à faire doucement tourner la tête de la princesse. L'alcool n'était pas son vice, même lors des fêtes, Sofia s'en tenait juste à un verre, cela était largement suffisant. Son regard malicieux, noisettes parsemés d'un petit éclat, se posa à nouveau sur le bel homme à ses côtés et ses doigts délicats vinrent caresser la main de son nouvel acolyte, toujours un petit sourire en coin. Ce moment était agréable, pourquoi ne pas continuer dans cette voie ?

« Je ne vous savais, monsieur, bon intrigant, commença t'elle, se rapprochant légèrement. Je découvre à chaque fois une facette différente de vous, ce qui n'est pas déplaisant. »

Elle avait reposé son verre pratiquement vide et sa main désormais libre se posa sur le torse musclé de Sola, tout en douceur et sans brusquer. Il n'y avait aucun mal à suggérer un peu de bon temps, surtout quand l'homme à côté d'elle est un bon amant et totalement consentant. Appuyant son genou sur le rebord du fauteuil, la jeune femme réussit à se mettre presque à hauteur du danois qui se tenait à quelques centimètres d'elle à présent. Elle ne quittait pas son sourire en cet instant.

« Mais de ce que je connais de vous, il y en a une que je préfère, qui a toujours su faire ses preuves … » murmura la jeune femme.

Sa bouche frôla celle de son unique amant du moment. Et quel amant ! Un comploteur de premier choix, un acolyte de cabale et le mari de sa grande amie. Sofia avait décidé de ne plus avoir d'amant mais le seul qu'elle conservait était vraiment une pièce de choix. Et mieux que de trinquer pour sceller une alliance, la Farnèse avait une autre idée en tête …

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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime30.04.12 22:23

Il se nouait décidément à Versailles nombre d’alliances hautement improbables. Si Ulrich savait devoir s’attendre à voir défiler les cabales, il ne pouvait qu’être surpris de la facilité avec laquelle se faisaient et se défaisaient les associations, au rythme des intrigues et intérêts personnels de chacun. Tous ici avaient leur idée de la façon dont il leur fallait agir pour en tirer bénéfice, et n’avaient pas le moindre scrupule à faire de l’ennemi de la veille le meilleur ami au monde. Le monde de l’intrigue connaissait incessamment de ces revirements et aujourd’hui encore, c’était chose faite. Contarini avait décidément un don pour se faire haïr, et le danois n’était pas même certain que l’italien sache toujours pourquoi on se retournait contre lui. Et pourtant, il devait avoir été bien ingrat pour qu’une princesse s’abaisse à demander l’aide d’un ancien spadassin pour l’effrayer, et songe à le tuer de ses propres mains. Ulrich en serait presque impressionné, et il en fallait beaucoup pour faire ne serait-ce que sourciller le mystérieux tueur. S’il n’avait pas connaissance des activités de l’ambassadeur eu sein du complot, nul doute qu’il se serait un plaisir de rester du côté de Sofia, simplement pour voir jusqu’où elle était capable d’aller.

« Avec une association telle que la notre, je le plaindrais presque. »
Il eut un sourire mystérieux, avant de se lever pour aller chercher de quoi boire à leur alliance. Elle n’avait pas tort. Lorsque le danois était seul sur la piste de ses ennemis, il était déjà bien utopique d’espérer en réchapper. Mais lorsqu’il s’associait, cette espérance en devenait presque ridicule.
Sans mot dire, il rapporta la bouteille, songeant qu’il lui faudrait jouer cette manche avec habileté. Il ne doutait absolument pas de la vengeance de Francesco. L’italien, auquel il leva son verre une fois revenu auprès de la demoiselle, savait se montrer rancunier, il n’en doutait pas. Il suffisait de voir pour cela la façon dont Cédric et lui réglaient leurs comptes…
« Au Vénitien ! Et à nous, répondit la jeune femme avant de porter son verre à ses lèvres. »
Ulrich hocha la tête, et fit de même. Voilà une affaire qui promettait quelques intéressants rebondissements. Mais l’heure, après avoir été chargée de ces petites manigances, n’était semblait-il plus à l’intrigue…

Il y eut un bref silence, pendant lequel Ulrich posa un regard impassible – mais également allumé par une pointe d’amusement – sur sa compagne. Bien avant que son frère ait oublié de régler ses dettes, il l’avait trouvée charmante, prouvant par là que l’on peut être un tueur sans scrupules et apprécier le charme de la gente féminine. Leur rapide aventure à Rome, quoi que d’abord motivée par le plaisir de voir enrager l’oublieux n’avait pas été désagréable et la retrouver à Versailles n’avait pas été pour déplaire au froid danois. Il ne collectionnait pas les amantes, quoiqu’il lui fallût admettre qu’elles étaient un peu plus nombreuses depuis son arrivée à la cour, mais il n’oubliait pas non plus de se faire plaisir. Et la jeune italienne semblait à cet effet toute indiquée.

Ses doutes quant à ses secondes intentions se confirmèrent d’ailleurs lorsque Sofia effleura doucement sa main. Ulrich acheva son verre, avant de lui rendre son sourire.
« Je ne vous savais, monsieur, bon intrigant. Je découvre à chaque fois une facette différente de vous, ce qui n'est pas déplaisant.
- Vous m’en voyez ravi, princesse, répondit-il sur le ton de la confidence en l’observa se rapprocher.
- Mais de ce que je connais de vous, il y en a une que je préfère, qui a toujours su faire ses preuves… acheva Sofia en frôlant ses lèvres. »
Le danois eut l’une de ces mimiques indéfinissable en s’approchant à son tour, achevant ce baiser qu’elle avait à peine commencé. Ses deux mains puissantes, débarrassées du verre, se posèrent sur les hanches de la demoiselle pour la faire légèrement basculer en arrière.
« Alors laissons-la vous convaincre à nouveau, qu’en dites-vous ? murmura-t-il. »

A cet instant précis, on frappa à la porte, et la voix d’Edouard s’éleva. Sans attendre, il poussa le battant, laissant à peine le temps à Ulrich de se redresser légèrement. Sentant qu’il dérangeait, le domestique s’excusa en annonçant qu’un pli à l’intention de son maître était arrivé. A son air, il s’agissait au moins d’un pli de Portau.
« Eh bien dépose-le quelque part, et il attendra que je vienne lire, idiot ! le rabroua le danois. Disparais, maintenant. »
Edouard ne se fit pas prier, et fila rapidement, convaincu de l’urgence par le regard qu’il lui lança. Là-dessus, Ulrich se tourna à nouveau vers Sofia et lui tendit la main.
« Venez, je vais veiller à ce que nous ne soyons plus dérangés. »
Et sans attendre de réponse, il l’entraîna vers sa chambre où, en effet, plus personne ne les interrompit.

Allongé sur le matelas, une main sous la nuque, Ulrich observa la demoiselle, avec laquelle il venait de passer un moment fort agréable. Assise sur le rebord du lit, elle lui tournait les dos, ne lui dévoilant plus que ses gracieuses épaules et son dos, en partie recouvert d’une épaisse chevelure. Un sourire énigmatique aux lèvres, il se redressa à son tour et attrapa distraitement une mèche brune pour jouer avec du bout des doigts.
« Et à part la future… disparition d’un ambassadeur vénitien, dites-moi, que se trame-t-il de nouveau à la cour ? demanda-t-il sur le ton de la conversation. »
Un ton bien accessoire à vérité : Sofia n’avait pas besoin de savoir dans quoi est-ce qu’il trempait, mais il devait lui être bien évident que sa présence à Versailles n’était pas anodine, et que la question visait à se tenir informé des agissements des courtisans. Mais après tout, ça ne serait pas la première fois qu’il troquerait des informations contre un service, aussi improbable le service soit-il.
En interrogeant ainsi la princesse, Ulrich ignorait seulement que les intrigues des courtisans étaient bien peu de choses face à la nouvelle que Sofia ne lui avait pas encore annoncée.
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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime23.05.12 17:46

Une princesse et un spadassin assis l'un à côté de l'autre entrain de trinquer, cette image pourrait en surprendre plus d'un. Quand on sait que la demoiselle n'aimait pas fréquenter n'importe qui et que le danois n'était pas l'être le plus social du continent, les voir bavarder ainsi n'était pas une chose naturelle ni qui se passait tous les jours. Bien sûr, Sofia n'était pas venue juste pour le plaisir de partager un verre avec le dangereux et bel homme à ses côtés, elle avait un plan bien en tête contre l'ennemi vénitien et Ulrich lui semblait tout indiqué pour allié. De sa vie, la Farnèse ne savait pas grand chose, voire même rien mis à part qu'il n'était pas un homme fréquentable, aux vues des nombreuses fois qu'elle l'avait vue avec son frère Pietro, sachant que le dernier garçon Farnèse n'était pas le plus blanc dans la famille, elle devinait aisément qu'Ulrich n'était pas un ange. De toute façon, elle ne lui demandait pas d'en être un, son côté sombre était bien intéressant et même, très attirant. Tellement que la demoiselle venait à lui faire du charme, sachant qu'il ne dirait pas non. Après tout, chaque complot mis en place méritait un instant de détente, non ? Alors Sofia s'était approchée, avait fait le premier pas et l'effleurement de lèvres devint un baiser et elle se sentit basculée pour se retrouvée presque allongée, Ulrich non loin d'elle avant un regard des plus désirables.

« Alors laissons-la vous convaincre à nouveau, qu’en dites-vous ? »
« Avec grand plaisir. »
minauda l'italienne.

Et c'était toujours dans ces instants que les domestiques décidaient de faire leur apparition. Sofia ne le voyait pas mais rien qu'à la voit, elle reconnut ce drôle de serviteur au regard étrange lorsqu'elle avait passé la porte, comme s'il n'avait jamais une dame de sa vie entrer dans ses lieux. Enfin, la maison de Sola n'était sûrement pas le lieu à la mode pour les grandes précieuses certes, mais tout de même ! Il était intéressant de voir le changement dans la façon qu'avait Ulrich de s'adresser à elle, presque mielleux, et à son gueux de domestique, sec et méchant. En tout cas, il ne demanda pas son reste et détala, pour le plus grand plaisir de la princesse qui aimerait bien profiter d'un peu d'intimité avec son amant. Celui-ci eut la même idée en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

« Venez, je vais veiller à ce que nous ne soyons plus dérangés. »

En guise de réponse, Sofia ne fit qu'un petit sourire en coin, désirable à souhait et se laissa entraîner, toujours sa frêle main blanche dans l'imposante main danoise, dans la chambre de ce dernier. Une fois la porte refermée, il n'y avait plus besoin de retenue ou de politesse, ni même de mots d'ailleurs. Seuls leurs lèvres unies et les mains sur le corps de l'autre servaient de langage. Bien vite, les vêtements tombèrent un à un – et pourtant ils étaient bien nombreux sur la princesse Farnèse – pour se retrouver dans la plus simple des tenues et profiter de quelques instants de plaisir entre les bras puissants du grand blond qui avait un corps magnifique et savait s'en servir parfaitement.

Mais les bonnes choses ont toujours une fin et même si la jeune femme les appréciaient grandement, elle n'oubliait pas qu'elle avait un emploi du temps fort pris et ne pouvait pas rester plus longtemps, au grand dam des passions qui l'agitaient rien qu'en regardant l'apollon blond allongé sur le lit. Elle s'assit, lui tournant le dos et commença à ramasser ses jupons pour les enfiler, commençant à cacher ce si beau corps que Dame Nature lui avait donné. Tout en cherchant sa jupe, elle écoutait ce que son amant du moment disait, sentant qu'il touchait sa chevelure qu'elle entretenait avec soin.

« Et à part la future… disparition d’un ambassadeur vénitien, dites-moi, que se trame-t-il de nouveau à la cour ? »

Elle tourna légèrement sa tête pour croiser son regard et lui fit un petit sourire amusé.

« Vous vous intéressez à Versailles ? Oh, comme toujours, les gens s'aiment et se détestent, tout le monde complote contre tout le monde. Il faut avouer que la guerre est le principal sujet, suivi de près par la favorite dont nous sommes sans nouvelle. Mais ni l'un ni l'autre ne vous concerne ! Oh, il y a une fête qui se prépare aussi chez monsieur de Longueville ! Je sais que vous n'êtes pas un grand amateur de ce genre d’événements mais si vous voulez venir, n'hésitez pas, vous y aurez au moins une … amie. »

Elle avait volontiers appuyer sur le mot « amie » avec un sourire mutin qui lui allait si bien au visage. Puis elle se pencha pour enfiler sa jupe et se leva pour cacher tous ces jupons qui rendait le tout bouffant et bien seyant. Elle avait toujours dépourvue de vêtement au niveau de sa poitrine mais retrouva bien vite son corset. L'entourant autour de la taille, elle tendit les lacets à Ulrich.

« Pourriez vous me lacer mon corset ? Vous seriez un amour. Ulrich, un amour, était assez amusant pour qu'elle glousse légèrement avant de reprendre, l'air amusée. Quelque chose me dit que vous savez aussi bien les lacer que le contraire. »

Tout en laissant le danois mettre en pratique le laçage de corset, Sofia prit la parole.

« Et serrez bien fort, n'ayez crainte j'ai l'habitude. Oh, j'ai oublié de vous dire ! lança t'elle d'un air badin. Votre femme est Vers ….sailles ! Quelle force pour serrer ! Quel homme ! »

Était-ce parce qu'il était un homme qu'il serrait mieux que sa propre servante ou l'effet de surprise qu'elle parle de l'épouse de Sola qui fit cet effet. Toujours est-il qu'elle en eut le souffle coupé l'espace d'un instant. Portant la main à son cœur pour se remettre, elle ne fit même pas attention à l'effet que cette nouvelle pouvait provoquer chez son amant. Elle continuait de se rhabiller nonchalamment avec ce petit sourire en coin qui faisait son charme, fronçant bien ses manches et ajustant sa dentelle. Il ne lui restait qu'à se coiffer, il n'était pas décent d'être cheveux au vent pour une jeune fille de son rang !


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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime29.06.12 23:55

La plupart du temps, Ulrich ne trouvait pas le moindre intérêt aux intrigues et autres médisances des courtisans versaillais. Les rumeurs qui agitaient la cour se révélaient généralement infondées, ou déformaient la réalité à tel point qu’il devenait impossible de démêler le vrai du faux - exercice auquel il n’avait d’ailleurs pas de temps à consacrer. Mais il faut évidemment toujours quelques exceptions à la règle, et c’est la raison pour laquelle le danois prenait la peine de se tenir informé de ce qui se passait au château lorsqu’il ne s’y trouvait pas. Ces petites conversations avaient parfois au moins le mérite de le faire rire tout bas tant les courtisans savaient se couvrir de ridicule. Ceux de Versailles y excellaient d’ailleurs tout particulièrement, et ça n’était pas faute d’avoir d’autres exemples. Ulrich connaissait assez bien leurs pendants danois ou italiens pour pouvoir comparer, or ce n’était à ses yeux pas peu de choses que de surpasser les premiers dans ce domaine.

Il y avait en effet au Danemark quelques phénomènes qu’il n’aurait pas pensé égalables avant de s’établir en France. Des phénomènes dont il comptait bien d’ailleurs se débarrasser lorsqu’il en aurait l’occasion. Hélas, l’heure n’était pas encore venue de s’occuper de ce genre de détail : le trône convoité semblait encore bien loin. Ulrich avait bien l’usurpateur à portée de main, et aurait pu mettre un terme à sa courte vie d’héritier depuis longtemps, mais tant que vivait Frédéric III et surtout, tant que Kiel avait un fils, cette mort n’aurait aucun des effets attendus. Il fallait donc attendre, agir dans l’ombre et sans éclat. Au jeu de la vengeance, il est au moins une chose que l’on apprend à coup sûr : la patience. Et s’il pouvait patienter jusqu’à l’obtention du pouvoir qui lui revenait, le dangereux exilé pouvait mieux encore remettre à plus tard la solution au problème de son aversion pour les courtisans danois. Ceux de France, en attendant, finiraient bien par se révéler utile.

Ce n’est donc pas en vain, on l’aura compris, qu’il interrogea la belle italienne sur ce qui se faisait à la cour. Au sourire de Sofia, il répondit par une moue énigmatique, alors qu’elle se mit à babiller légèrement.
« Vous vous intéressez à Versailles ? Oh, comme toujours, les gens s'aiment et se détestent, tout le monde complote contre tout le monde. Il faut avouer que la guerre est le principal sujet, suivi de près par la favorite dont nous sommes sans nouvelle. Mais ni l'un ni l'autre ne vous concerne ! Ulrich ne sourcilla pas un instant à cette remarque, quoi que bien plus impliqué dans l’enlèvement de la favorite que la princesse ne pouvait s’en douter. Il se contenta donc de l’encourager à continuer, jouant toujours distraitement avec une mèche de cheveux. Oh, il y a une fête qui se prépare aussi chez monsieur de Longueville ! Je sais que vous n'êtes pas un grand amateur de ce genre d’événements mais si vous voulez venir, n'hésitez pas, vous y aurez au moins une … amie. »
Il sourit à son tour, et la remercia d’un geste de la tête. Elle savait aussi bien que lui qu’il ne paraîtrait pas à cette fête. Le fait de ne pas avoir reçu d’invitation à cet effet n’aurait, on s’en doute, pas été un problème s’il l’avait voulu, mais Ulrich n’était en effet pas friand de mondanités, et encore moins de cette sorte-là. Il connaissait Longueville de réputation seulement, et cela en disait déjà bien assez long sur ce à quoi pourrait ressembler cette sauterie.

« J’y songerai, répondit-il tout de même alors que la princesse se levait en remettant sa jupe en place. »
L’espace d’un instant, son regard s’égara sur le buste de la demoiselle, avec laquelle il aurait volontiers passé une heure de plus. Ils étaient, hélas, tous les deux forts demandés, aussi resta-t-il de marbre jusqu’à ce qu’elle ne s’approche à nouveau de lui.
« Pourriez vous me lacer mon corset ? Vous seriez un amour, minauda-t-elle. Quelque chose me dit que vous savez aussi bien les lacer que le contraire. 
- Voyons cela... »
Il se leva à son tour, et se plaça dans le dos de la princesse pour s’atteler à la difficile tâche qu’était celle de nouer un corset. Mais Sofia n’avait pas tort : il avait assez d’expérience en la matière pour ne pas démériter, aussi ne tarda-t-il pas à arriver en haut du vêtement qui recouvrait alors tous les charmes dissimulés de la demoiselles, pour son plus grand regret.
« Et serrez bien fort, n'ayez crainte j'ai l'habitude, ajouta-t-elle. Oh, j'ai oublié de vous dire ! Votre femme est à Vers….sailles ! Quelle force pour serrer ! Quel homme ! »

Une force à la hauteur de sa surprise. Stupéfait, Ulrich n’avait pas songé à maîtriser son geste et oublia à l’instant où elle furent prononcée les paroles de Sofia, exceptées celles qui concernaient... sa femme.
« Pardon ? Lâcha-t-il en levant brusquement la tête. »
En l’attrapant par le bras - sans brusquerie cette fois - il fit tourner la princesse face à lui, et planta deux prunelles soudain bien plus froides dans les siennes. De l’amant inattendu, il ne restait plus rien et le dangereux Sola redevenait fidèle à lui même. Son regard exigeait une réponse aux questions qu’il n’avait, certes, pas encore posées.
« Comment diable connaissez-vous ma femme ? Demanda-t-il, sérieux. Et comment savez-vous sa présence à Versailles ? »
S’il y avait des mots qu’il n’aurait jamais songé prononcer, c’était bien ceux-là. Sa femme, Helle, faisait partie des choses et des gens qu’il avait laissées derrière lui sans regret, ni ambition de les retrouver. Elle n’était d’ailleurs dans son souvenir qu’une frêle enfant, une insignifiante et trop jeune fille qu’il aurait pu briser rien qu’à se dresser devant elle. Jamais il n’avait éprouvé autre chose d’une glaciale indifférence à son égard - ce qui, en quelques semaines de vie commune, n’avait rien de très étonnant quand on sait les conditions dans lesquelles ils avaient été mariés. Jusque là, Helle n’était rien à ses yeux ; rien de plus qu’une manoeuvre spécieuse de son beau-frère pour le faire taire. Il fut même surpris de se rappeler si clairement des traits auxquels il n’avait jamais songé en douze ans d’exil.
Elle n’était rien, non. Jusqu’à aujourd’hui. Lâchant enfin Sofia, il s’éloigna, pensif, avant de se tourner à nouveau vers elle, faisant preuve ainsi d’un sang-froid qui n’étonnait plus de la part d’un être si maître de lui. Pourtant, la surprise était de taille, et une sorte de sourde colère commençait à lui monter.

« Que fait-elle ici ? Interrogea-t-il encore, les réponses de la belle italienne lui semblant trop peu satisfaisante. »
En effet, c’était là la grande question. Pourquoi, soudain, devait-elle sortir de l’oubli dans lequel elle se trouvait, et manquer de compromettre sérieusement l’anonymat du baron de Sola ? C’était la principale crainte d’Ulrich. Il n’avait pas besoin que l’on vienne le retrouver à la cour, et encore moins si elle venait tout droit du Danemark pour lequel il devait passer pour mort.
« Sait-elle que je suis là ? Le lui avez-vous dit ? »
Il n’y avait aucune violence dans son ton, ni dans son attitude. Mais une chose ne faisait pas le moindre doute : la nouvelle ne lui plaisait guère.
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MessageSujet: Re: La princesse et le méchant [Ulrich]   La princesse et le méchant [Ulrich] Icon_minitime16.07.12 23:15

Si on demandait à Sofia de parler, elle pouvait se montrer intarissable, surtout quand il s'agissait de la Cour de France. Il fallait avouer qu'il y avait toujours à dire car il y avait toujours du monde, toujours des intrigues, des complots, des histoires, des ragots … En somme, Versailles était en perpétuel mouvement, alors il y avait toujours à dire si bien qu'on pouvait parler avec une personne le matin et trouver encore des choses à se dire au moment du dîner tant il s'était passé des choses. Mais l'italienne savait aussi très bien que son amant n'était pas le plus grand des mondains, il fallait se montrer concis et dire les bonnes choses, il ne faudrait pas qu'il s'ennuie après un si bon moment, ce serait trop bête !

L'heure tournait malheureusement trop vite, c'est qu'il ne fallait pas trop traîner, c'est que les bons moments doivent toujours avoir une fin pour qu'on continue de les trouver savourer. Donc après d'intenses frissons qu'elle avait vécu en tenue d’Ève, il était temps pour la princesse de revêtir ses multiples couches de vêtements avec sa chemise, ses divers jupons et à présent son corset qu'il fallait serrer. Peut être qu'elle y arriverait seule mais autant se servir de ce bel et grand homme fort pour l'aider. Comme Sofia le disait si bien, si Ulrich savait si bien délacer, il n'y a pas de raison qu'il ne sache pas faire l'inverse.

« Voyons cela... »

Il fallait avouer qu'il s'y connaissait bien, la belle Farnèse avait bien fait de confier son délicat vêtement – et son corps qui allait avec – à cet homme à la fois impressionnant et bien fait. Connaissant par cœur la torture du corset, Sofia continuait de parler de tout et rien avec une aisance presque déconcertante, sans deviner des conséquences que cela prendrait, surtout lorsqu'elle se mit à parler d'Helle. Lorsqu'Ulrich serra trop fort, elle pensa d'abord à une coïncidence, ne pensant pas à mal.

« Pardon ? »
« Je vantais votre musculature et votre force, vous m'avez coupé le souffle !
répondit Sofia de façon légère alors que son amant le fit tourner pour faire face à lui. Qu'il y a t'il ? »

Il avait l'air plus froid que d'habitude, cela se voyait dans son attitude et son regard, quelque chose avait changé et Sofia comprit à cet instant que c'était d'avoir parlé d'Helle quelques instants auparavant. Bizarrement, elle n'avait pas peur, après tout elle n'avait rien fait de mal !

« Comment diable connaissez-vous ma femme ? Et comment savez-vous sa présence à Versailles ? »
« Je connais très bien votre épouse et elle m'avait annoncée sa venue, tout simplement. »


Le ton était beaucoup sérieux, Sofia avait laissé de côté son ton de badinage habituel, devinant l'ampleur de la nouvelle et de la gravité de celle-ci. Elle regarda le danois s'éloigner alors qu'elle ajustait ses jupons et mettait bien les plis de ses manches.

« Que fait-elle ici ? »
« Je l'ai accueillie chez moi lors de sa venue. Je ne pouvais pas la laisser sans toit et je me doute que cela n'aurait pas été du meilleur effet qu'elle vienne à votre porte quémander une chambre où dormir.
« Sait-elle que je suis là ? Le lui avez-vous dit ? »
« C'est principalement la raison de sa venue. »


Il n'était peut être pas bon de tout raconté, qu'Helle était mère d'une fille de douze ans qui n'avait jamais rencontré son père et que toutes les deux étaient venues dans ce but précis. Non, ce n'était pas à elle de s’immiscer dans les affaires d'une famille qui ne la concernait pas, ou alors qui la concernait trop : elle était amie avec l'épouse et l'amante du mari, elle accueillait son amie et sa fille au sein de son hôtel particulier après avoir écrit à Helle que son mari se trouvait à Versailles. Sofia n avait trop fait, pas besoin de parler plus à ce sujet, son amie devra prendre son courage et affronter son mari qu'elle n'avait pas vu depuis tellement longtemps.

Il était temps pour elle de s'éclipser, elle avait fait ce qu'elle avait à faire : mener sa vengeance à bien et prendre un peu de bon temps. Puis il était clair qu'Ulrich était en pleine réflexion, ses traits s'étaient durcis par rapport à tout à l'heure, la solitude lui permettrait de réfléchir. Sofia mit ses chaussures, la faisant gagner quelques centimètres grâce à ses talons, et rassembla ses affaires avant de marcher en direction de la porte. Puis elle se tourna, tenant son chapeau de ses deux mains, la mine plus sérieuse qu'à l'ordinaire.

« Il est temps pour moi de vous laisser à vos pensées, commença t'elle doucement. Nous aurons d'autres occasions de nous revoir pour … reparler de l'ambassadeur. Au plaisir, monsieur de Sola. »

Et après une légère révérence en plissant ses jupons, la jeune femme quitta la pièce. Elle rencontra en chemin jusqu'à la porte le valet de toute à l'heure qui avait un mauvais sourire. Elle préféra l'ignorer et continua de claquer des talons jusqu'à la porte d'entrée qu'elle ouvrit pour se retrouver à nouveau dehors, où l'attendait son carrosse. Il était temps de rentrer, sans vraiment mesurer les conséquences de cette petite entrevue …

FIN

______________________

PRINCESSE VENALE ✽
“Dans les contes pour enfants, les princesses donnent des baisers aux crapaud. Dans la vie réelle, les princesses embrassent les princes et ceux-ci se transforment en crapauds.”


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