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 Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
Côté Lit: Sans courir après les dames, il se porte à merveille !
Discours royal:



    B E L Z E B U T H
    l'associé du diable


Âge : 29 ans
Titre : Comte de Gan
Missives : 524
Date d'inscription : 11/05/2011


MessageSujet: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   12.10.11 18:38

« On dit que le sang veut du sang. »


Il y avait des soirs où sortir avait un goût … sanglant. Cédric n'était que peu sorti ces derniers jours, enfermé dans son manoir à l'écart de la Cour, pour se soigner. Il n'était pas malade mais son visage n'était pas des plus beau à voir. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'était pas battu avec Francesco di Venezia, cet imbécile, mais Cédric s'était fait un nouvel ennemi. A sa rencontre avec Guillaume du Perche, le comte avait donné quelques coups mais en avait aussi reçu. Du Perche avait une sacrée poigne et n'y était pas allé de main morte ! Cédric se retrouvait avec un magnifique coquard à l’œil droit ainsi que des bleus et une partie du visage tuméfiée. Vraiment pas une tête à montrer à Versailles. Et Cédric ruminait sa vengeance envers l'espion du camp adverse. Guillaume ne pouvait que travailler pour le Roi, il avait une charge près de lui et un simple comte du Perche ne pouvait pas se revendiquer aussi proche du Roi sans raison ! A moins qu'il travaille dans un camp inconnu … Non, Portau était certain que cet imbécile était du côté de Louis XIV. Il fallait donc lui soutirer des informations et s'en débarrasser par la suite. Voilà donc trois jours qu'il ruminait sa colère et il serait bien resté quelques jours supplémentaires si une nouvelle mission tomba sous la main. Un assassinat était vraiment parfait, c'était l'activité idéale pour s'occuper l'esprit. La victime aura le malheur de croiser le duo de tueurs le plus sanguinaire du coin : Cédric de Portau et Ulrich de Sola. Évidemment, quand Cédric partait dans Paris pour agrandir les armées du Seigneur, il était presque toujours avec son acolyte suédois.

Se levant de son fauteuil pour aller s'habiller, Portau avait un petit sourire sur les lèvres. Aurait-il pu penser qu'il aurait une sorte de double dans le monde ? Un homme qui n'avait pas peur de tuer, dont la mort d'autrui ne lui faisait ni chaud ni froid et qui avait eu la belle phrase de dire « Pour moi, la mort est un gain » Cette phrase aurait pu sortir de la bouche de Cédric, engagé principalement dans la main de l'ombre pour éliminer quelques gêneurs et ennemis. Alors il avait très bien compris les activités d'Ulrich à Rome et c'était pour cela qu'il l'avait ramené à Paris. D'ailleurs, il devait le prévenir qu'ils allaient vivre une nouvelle aventure sanglante !

Gustave ! Hurla t'il à l'encontre de son valet qui arrivait tout tremblant. Rendez vous chez le Baron de Sola. Dies lui que nous allons jouer ce soir, à Paris. Au lieu habituel.
Mon … Monsieur de Sola ?
Je viens de vous le dire, idiot. Et pourquoi tremblez vous à son nom ? En avez vous peur ?
Pour tout vous dire … Oui, monsieur.
Tant mieux, il sera d'autant plus heureux de vous voir. Partez maintenant.

Le pauvre valet dépassait à peine la vingtaine et avait une peur bleue de son maître, ainsi que des amis de celui-ci. Il fallait avouer que les amis de Cédric n'était jamais de gens à la vertu irréprochable, bien au contraire. Et Ulrich de Sola faisait particulièrement peur au jeune homme qui manquait de se faire sur lui à chaque fois que le danois lui faisait signe d'approcher. Alors se rendre chez lui, Gustave avait l'impression de se rendre dans les Enfers. Là encore, il n'en était pas loin. Pendant qu'il s'en allait, Cédric saisit un trousseau de clés et passa dans une pièce fermée à côté de sa chambre. Là menait un escalier vers une pièce secrète où étaient entassées ses armes et quelques fioles. Imaginez un bon pan de mur remplit de couteaux, poignards et coutelas de taille différentes ainsi que des armes moins conventionnelles comme des arcs ou des massues. Il y avait bien sûr quelques épées et armes à feu mais pour faire ce qu'il allait faire ce soir, rien ne valait mieux que la discrétion et un modèle petit format. Puis il revêtit sa cape avec capuche intégrée, cela permettait de cacher son visage mal en point. Il était certain qu'Ulrich allait faire une remarque là-dessus, était prêt même à entendre des moqueries.

Une fois préparé, Cédric se rendit à ses écuries pour prendre son cheval et galoper vers Paris. Les lieux de rendez vous étaient toujours les mêmes et Portau prenait un malin plaisir à donner rendez vous place Royale, derrière la statue de Louis XIII. Non seulement, le lieu était pratique mais quitte à faire un pied de nez aux Bourbons, cela n'en pouvait être que plus drôle. Surtout pour ce qu'il allait faire et qui il attendait. Il s'en moquait si Ulrich était en retard, il l'avait un peu prévenu à la dernière minutes, après tout Portau n'avait eu sa mission qu'au dernier moment. Cédric n'était pas aussi intransigeant qu'avec Contarini, sûrement parce qu'il appréciait beaucoup plus le blond danois. En même temps, il ne supportait pas le vénitien, ce n'était évident d'être plus détesté que lui. De longues minutes passèrent où Cédric observait les rares passants dans les rues mais personne ne faisait attention à cette ombre aux pieds de la statue. Cédric avait su toujours se montrer d'une discrétion presque sans faille, cela était essentiel pour l'activité qu'il exerçait, se montrer trop à la face du monde pouvait attirer des soupçons. Alors rester dans l'ombre de la grande sculpture en attendant son acolyte était la meilleure solution. Puis, il ne fallait pas que ni les mousquetaires ni la police viennent le voir, avec son visage accidenté par la bagarre, il avait l'air encore plus louche que d'habitude, il faisait presque peur avec sa mâchoire tuméfié. Passant légèrement sa main dessus, il sursauta de la douleur encore présente, il n'avait même pas pu se raser. D'ici quelques jours, avec la barbe qu'il va avoir, Contarini aura presque raison de dire de lui qu'il ressemble à un gueux …

Alors qu'il repensait à cette soirée avec Du Perche, les bruits d'un cheval au pas de l'autre côté de la statue se fit entendre. Toujours sans faire de bruit, Cédric alla observer s'il s'agissait ou non de Sola. A en voir la stature de l'homme, il n'y avait aucun doute et il put enfin sortir de sa demi-cachette pour se montrer, mais sans montrer encore son visage.

Vous voilà enfin. J'espère que vous avez laissé mon valet en vie. Il est d'une stupidité sans nom mais utile, enfin pour l'instant. A force d'avoir peur de tout, il finira par réellement mourir de peur …

La place était un eu éclairée et, du visage de Portau, on ne pouvait distinguer qu'un mauvais sourire en coin. Le genre de sourire sadique qui en disait long sur les pensées du Comte. Mais l'heure n'était pas à faire la conversation, il fallait aller au but.

Je ne vous ai pas fait sortir de votre demeure pour parler, mais nous allons à la chasse. A l'homme bien entendu. J'aimerais vous dire que le gibier doit être ramené mort ou vif, mais il doit juste être mort. La partie la plus intéressante en somme pour nous.

A quoi servirait la chasse, si cela était pour laisser la proie en vie ? Il fit un rapide signe à Sola de le suivre, connaissant les lieux parfaitement. Il n'avait pas encore relevé sa capuche, le danois penserait à une certaine discrétion mais Cédric n'avait pas envie de montrer son visage, il serait vexé de la moquerie. Oui, on pouvait être tueur et susceptible ...


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« Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. »

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   16.10.11 12:07

Le silence qui régnait sur le vieux manoir avait beau sembler particulièrement lourd, il n’en avait pas moins rien d’inhabituel. A l’inverse, rares étaient les fois où la bâtisse vieille d’un certain nombre de décennies s’animait, et encore valait-il sûrement mieux en être le plus loin possible lorsque de tels éclats se produisaient. Il arrivait souvent, lorsque d’aventure ils passaient devant, que les quelques bandits attardés des campagnes versaillaises se demandent si l’endroit n’était pas abandonné. Et ce bien que depuis quelques années, certains se plaisent à dire que ceux ayant poussé l’audace jusqu’à vérifier en étaient sortis bien rapidement, ou parfois, pour les plus curieux, n’étaient pas sortis du tout. Et comme sur chacun de ces lieux – ou de ces gens – dont on ne savait trop quoi penser à Versailles, sur lesquels on parlait beaucoup sans rien savoir, couraient parmi les habitués des balades campagnardes un panel de rumeurs allant de la plus ridicule aux plus terribles banalités. Il n’y avait là rien de bien extraordinaire, surtout pour une maison se situant aux alentours de la ville, et sans doute était-il possible de recenser des dizaines de bâtisses passant volontiers pour abriter quelques sombres intrigues, abriter un quelconque tueur et ses cadavres ou servir d’ermitage à l’un de ces étranges marginaux qui s’éloignaient volontairement de la vie de la Cour. Fadaises que ces histoires issues de quelques trop fécondes imaginations, dans la plupart des cas. Fadaises, oui, mais pas en ce qui concernait notre fameux et vieux manoir qui, lui, comme pour compenser tout ce qui pouvait se dire de faux sur les autres bâtiments, rassemblait chacune des ces trois qualités. Et s’il ne s’était pas totalement exilé de la Cour, quoi qu’y il préférât la ville, Ulrich de Sola trempait bien dans un certain nombre de complots ; complots qui exigeaient, à eux seuls, un certain nombre de victimes… dont on ne pouvait nier son habileté à faire disparaître les corps.

On s’en doute, donc, il n’y avait rien de bien anormal au silence qui régnaient sur les lieux, le plus souvent désertés par son propriétaire qui trouvait bien plus d’intérêt à hanter les rues de Versailles, de Paris – voire les couloirs du château royal – qu’à s’enfermer chez lui lorsque ses différents… rôles sur les lieux ne l’appelaient pas à quelques traquenards et autres assassinats. Ce jour-là, pourtant, Ulrich était bel et bien installé à son bureau, une plume à la main et un sourire froid aux lèvres alors que ses deux iris vertes fixaient, goguenardes, la lettre qu’il venait d’achever. Le danois exilé qu’il était n’écrivait pas énormément, mais depuis quelques temps, avait trouvé à un certain… genre de correspondance un indicible intérêt. Si l’on pouvait nommer « correspondance » les quelques billets menaçants qu’il se plaisait à adresser au parvenu qui se disait Prince du Danemark et qui avait eu la merveilleuse idée de venir séjourner à la Cour de France. Satisfait, il déposa flegmatiquement la plume dans son encrier et plia rapidement le morceau de papier. Il y avait quelques huit jours qu’Edouard n’avait pas entendu parler de lui, et il était temps de se rappeler à son bon souvenir… Après tout, Sola serait fort vexé que son cher ami vienne à l’oublier. Amusé de ses propres pensées, il se leva et abandonna son bureau, les yeux un instant attiré par la fenêtre ouverte qui éclairait la pièce. Dehors, rien ne bougeait, comme toujours. Cet endroit calme et un brin reculé servait, en ce sens, si bien ses intérêt qu’il en venait parfois à se demander s’il arrivait à quelqu’un d’autre que lui ou son valet de traîner dans les parages. Car si le début de son installation avait été marqué par quelques visites imprévues, celles-ci, après qu’il se fut occupé des auteurs des premières, s’étaient totalement interrompues. A nouveau, le danois eut un sourire qui en disait long. Après tout, le peu de fréquentation dont étaient honorés les lieux lui était si utile qu’il n’allait certainement pas s’en plaindre. Lettre à la main, il quitta finalement la fenêtre du regard. Il était temps de faire partir son pli.

« Edouard ! appela-t-il soudain de cette voix forte et grave qui en impressionnait plus d’un. »
Il n’en dit pas plus, sachant pertinemment que son valet pousserait la porte du bureau dans une poignée de secondes. S’il ne pouvait nier trouver un certain plaisir à posséder un domestique portant le nom de son ennemi, Ulrich n’en restait pas moins perplexe vis-à-vis de son homme. Plus jeune que lui de quelques années, le fameux Edouard, sans rien savoir, ne nourrissait aucun doute quant à l’aspect douteux et profondément illégal des activités de son maître. Et pour cela… semblait lui vouer une admiration qu’il pensait complice, allant parfois jusqu’à oser certaines familiarités qui, lorsqu’elles ne l’agaçaient pas, laissaient Ulrich profondément dubitatif. Ulrich qui, une fois de plus, n’eut pas à attendre plus de quelques secondes pour voir apparaître dans l’encadrement de la porte, le valet et son sempiternel sourire mauvais.
« Porte ce billet à l’endroit habituel, ordonna le danois. Et sois discret.
- Naturellement, monsieur… répondit Edouard avec un regard entendu. »
C’est à peine s’il ne lui adressa pas un clin d’œil. Sola haussa un sourcil, et d’un geste, le congédia. A jouer au complice averti plus mauvais qu’il ne le fallait, cet idiot n’allait pas faire long feu. Oh, non pas qu’il risque d’être exposé à un quelconque danger… mais ça c’était un fait, la patience de son maître avait des limites. Il suivit le jeune homme du regard, les prunelles froides, puis s’apprêtait à sortir à son tour quand le bruit familier d’un cheval attira à nouveau son attention à l’extérieur. Aux grilles du petit domaine, se dessina rapidement la silhouette d’un cavalier qui, le premier instant d’interrogation passé, arracha un sourire presque effrayant aux lèvres du danois. Le valet de Portau ne venait pas le trouver… si ce n’était pour le mettre au fait d’une nouvelle mission. Une mission qui tombait fort bien.

Tranquillement, il alla se rassoir dans la chaise qu’il avait quittée. Edouard connaissait… quel était son nom déjà ? Ah oui, Gustave. Edouard, donc, connaissait Gustave, et ne tarderait pas à le faire rentrer. Si le pauvre bougre ne faisait pas brusquement demi-tour, du moins, car il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir à quel point être introduit en présence du danois lui donnait des sueurs froides.
« Le valet de monsieur de Portau est là, annonça soudain Edouard en réapparaissant à la porte. »
D’un geste, Ulrich lui ordonna de le faire rentrer et posa ses deux prunelles au vert troublant sur le nouveau venu. A reculons, celui-ci pénétra dans la pièce, yeux baissés, se tordant presque les mains de peur. Pauvre diable, il avait mal choisi son maître… Il y eut un silence, de quelques secondes, à l’issu duquel le danois haussa un sourcil.
« Eh bien, qu’avez-vous à me dire ?
- Le… le comte vous fait dire qu’il vous attend à l’endroit habituel pour jouer dans Paris, débita le valet à toute vitesse, sans oser lever les yeux.
- Maintenant ?
- Oui, mon… monsieur.
- Bien. Dites-lui que j’y serai dans vingt minutes. »
A ces mots, le jeune homme tout tremblant hocha la tête et tourna aussitôt les talons, se dirigeant vers la sortie. Au dernier moment, cependant, la voix grave d’Ulrich l’arrêta.
« Gustave, attendez, lança-t-il en le fixant froidement. Le pauvre diable se figea net, et se retourna, raide au possible. Pour un peu, il en aurait pâli.
- Ou…oui ? »
Il y eut quelques secondes de silence, durant lesquelles Ulrich ne le lâcha pas du regard, l’observant intensément et réprimant un sourire à le voir se liquéfier sur place.
« Non, rien, vous pouvez disposer… lâcha-t-il enfin, en le congédiant de la main, quand il jugea l’avoir assez fait trembler. »

Sans demander son reste, Gustave s’éloigna rapidement et sorti du manoir sans se retourner alors qu’un rictus narquois étirait les lèvres de Sola. Enfin, il se leva, croisant encore le regard de son propre valet.
« Un jour, ce bougre tombera raide mort face à vous… osa ce dernier, un large sourire mauvais aux lèvres.
- Tais-toi, Edouard. Et va porter cette lettre, répondit aussitôt le danois, sèchement.
- Oui, monsieur. »
Il sortit, et Ulrich ne tarda pas non plus à quitter le bureau. Il passa quelques secondes dans la pièce qui lui servait à entreposer ses armes, choisissant deux poignards à la lame tout particulièrement bien aiguisée. L’un dans ses bottes, l’autre à sa taille, il attrapa un long manteau puis récupéra sa monture et s’éloigna du manoir. La place Royale était un lieu dont il commençait sans doute à connaître tous les recoins, à force de s’en servir comme lieu de rendez-vous. Portau disait apprécier ce petit pied de nez fait aux bourbons ; Sola, quant à lui, se moquait bien qu’il s’agisse de la statue de Louis XIII ou de ses prédécesseurs. S’il était acquis à la cause des Valois, sa loyauté ne voyait pas beaucoup plus loin que la possibilité de récupérer le trône danois qu’il estimait lui appartenir. Rapidement, il contourna l’imposante silhouette de feu le Roi de France distinguant la silhouette qu’il cherchait depuis quelques instants déjà. Une fois croisé le regard de Cédric, il mit pied à terre, le saluant d’un geste de la tête.
« Vous voilà enfin. J'espère que vous avez laissé mon valet en vie. Il est d'une stupidité sans nom mais utile, enfin pour l'instant. A force d'avoir peur de tout, il finira par réellement mourir de peur…
- Rassurez-vous, il était encore assez valide pour s’enfuir en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… répondit Ulrich en attachant les rênes de sa monture, avant de lever les yeux sur son acolyte qui semblait vouloir garder son visage dans l’ombre.
- Je ne vous ai pas fait sortir de votre demeure pour parler, reprit Portau, mais nous allons à la chasse. A l'homme bien entendu. J'aimerais vous dire que le gibier doit être ramené mort ou vif, mais il doit juste être mort. La partie la plus intéressante en somme pour nous. »

Ulrich eut un sourire presque – totalement, même – sadique aux paroles du comte, et hocha flegmatiquement la tête. Sur un signe de Cédric, ils abandonnèrent la statue du bourbon pour s’enfoncer dans les rues bordant la place Royale.
« Et quelle sorte de gibier chassons-nous aujourd’hui ? demanda le danois en tournant la tête vers son compagnon, dont les traits restaient obstinément dissimulée par sa capuche. »
Par discrétion, certes, mais ne poussait-il pas un peu trop la chose, aujourd’hui ? Sans cesser de marcher, il le dévisagea un instant, ne tardant finalement pas à noter ce qu’il y avait d’inhabituel sur les traits de son acolyte.
« Eh bien, vous seriez-vous battu ? demanda-t-il, un sourire froid aux lèvres, lorsqu’il eut reconnu les traces de coups qu’il cachait. Ma foi, je ne pensais pas Contarini capable d’en venir aux mains… ajouta-t-il, narquois. »
Cette vieille haine entre l’ambassadeur de Venise et le comte n’était rien que très puérile, aux yeux du danois, qui se contentait d’en être spectateur. Mais si la raillerie lui avait échappée, il doutait qu’il s’agisse de cela.
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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   20.10.11 13:07

Fallait-il plaindre la pauvre victime qui serait la cible des deux tueurs ? Oui, bien sûr, mais pas tant que cela car le travail serait propre et rapide, il était certain qu'Ulrich n'allait pas s'amuser avec le mort ! Cédric l'avait déjà fait mais c'était dans un contexte particulier, c'était la faute de Contarini, toujours lui bien sûr ! Alors oui, quelqu'un allait mourir ce soir, mais il ne souffrira pas et son corps inerte ne serait pas ballotté de partout, c'était déjà pas si mal. Au fil des années, Portau avait affiné ses techniques d'assassinat, les premiers furent assez grossiers puis il eut sa période de faire passer ses crimes pour des accidents mortels, ce qui permettait d'éviter toute enquête. Maintenant, il aimait surtout faire disparaître les cadavres. C'est ce qu'on appelle une sorte de crime parfait : pas de cadavre, pas d'enquête. Et si le mort refait surface, il est souvent dans un assez piètre état pour ne pas être reconnaissable. Et Cédric savait que la plupart de ses cibles n'étaient pas de blanches colombes, chacun avait ses ennemis et il y avait du monde à suspecter avant de penser à un complot et un tueur à gages. Ou deux, comme ce soir.

D'ailleurs, voici le deuxième compère. Ulrich arrivait à la place Royale et tous deux allaient pouvoir partir ''jouer'' dans Paris, comme avait si bien dit Cédric à son valet. Ce dernier pensait peut être qu'il s'agissait de jeux de cartes ou de choses pas franchement légales mais il ne devait pas imaginer que cela parlait d'assassinat. Ou alors si, il l'imaginait assez bien et c'était pour ça qu'il avait si peur de son maître et du danois. De toute façon, un jour Cédric devra se débarrasser de ce gêneur mais tant qu'il ne lui causait pas de tort, il n'avait pas à s'en plaindre. En parlant de valet d'ailleurs …

Rassurez-vous, il était encore assez valide pour s’enfuir en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire…
Quel pleutre … Mais que cela est amusant.

Quel drôle d'amusement mais il n'y avait pas besoin d'être intelligent pour comprendre que les deux hommes avaient des centres d'intérêts et des distractions différentes du commun des mortels. Il n'y avait qu'à voir comment Portau parla de leur mission. Une chasse, chasse à l'homme. Et les sourires des deux hommes en disaient longs sur ce qu'ils pouvaient bien penser sur leur activité nocturne. Ils se ressemblaient sur de nombreux points, en particulier sur l'absence de peur et de dégoût que pouvait inspirer la mort. Tuer ne les dérangeait pas, ils faisaient un travail comme un autre.

Et quelle sorte de gibier chassons-nous aujourd’hui ?
Une race fortement répandue : un imbécile à la langue un peu trop pendue. s'amusa Portau. Encore un qui dit avoir des informations à propos de messes noires et veut en parler à la police. Notre abbé devrait se montrer un peu plus discret …

Si cela le concernait, mais Cédric avait bien lu dans la lettre que leur future-victime avait reconnu un homme d'église d'une paroisse parisienne et la description correspondait à Joigny. Il fallait donc se débarrasser d'un gêneur. Ces messes permettaient non seulement à l’ecclésiastique peu catholique d'avoir des contacts mais aussi recruter. Puis cela servait aussi de moyen de pression à l'encontre de certaines personnes, il fallait laisser prospérer alors ces messes, tout autant que le commerce des poisons.

Portau se cachait toujours sur sa capuche, ne voulait pas que l'on voit son visage mais à trop se cacher, on attire forcément l'attention. Sola le connaissait trop bien, il cherchait à savoir ce que son acolyte pouvait bien cacher. Et s'il ne demandait pas verbalement, son regard froid se posait sur Cédric, il le sentait et savait que l'autre n'allait pas tarder à remarquer ses marques, l'irrégularité de sa mâchoire. Et d'ailleurs, ça ne manqua pas !

Eh bien, vous seriez-vous battu ? Ma foi, je ne pensais pas Contarini capable d’en venir aux mains…
Ne donnez aucune gloire à l'imbécile heureux de vénitien. Cet être infecte ne me touchera jamais, il ne voudra jamais salir ses belles mains de jouvencelles sur mon visage, cela lui demanderait trop d'efforts.

En quelques mots, Cédric avait plutôt bien insulté son pire ennemi. Et dire que ce n'était pas lui qui était responsable de ce carnage alors qu'il était le premier auquel on pensait lorsqu'on connaissait les deux personnages. Portau, même découvert, refusait toujours d'enlever la capuche, se sentant presque humilié d'avoir été battu par Du Perche, ce coureur de jupons de pacotille.

Je … J'ai eu une altercation avec un autre misérable. D'ailleurs, j'aurais besoin de vous pour ma vengeance, je suis certain que cela vous plaira.

Un sourire horrible naquit au coin de sa bouche. Il avait déjà une idée de ce qu'il pourrait faire de Du Perche et cela le consolait presque de son visage presque défiguré. Guillaume paierait de son affront sur sa personne, de sa vie même s'il le faut ! En attendant, Cédric avait un petit ascendant sur lui,il fallait en profiter avec que l'autre espion trouve une solution de secours. D'où la demande d'aide à Ulrich, homme utile pour ce genre de situation.

Tout en parlant, ils avaient marché dans les rues mal éclairées de Paris. Cette ville pouvait paraître comme un dédale de rues sordides, un véritable coupe-gorge pour beaucoup de personnes. Mais la capitale de nuit était beaucoup plus tranquille. Il n'y avait pratiquement que des ivrognes et des policiers dehors. Davantage d’ivrognes en y repensant, d'ailleurs … Et puis il y avait des gens malfaisants, ceux qui agissent dans l'ombre, comme nos deux compères qui tournèrent une dernière fois dans une rue. Leur homme vivait non loin de la Bastille, ne sortait plus vraiment ces derniers temps puisqu'il avait attrapé un mauvais rhume disait-on, dans la rue du Pas-de-la-Mule. C'était pratique quand les victimes avaient leurs habitudes, étaient faciles à trouver, cela évitait une perte de temps, même si Portau n'était pas contre une traque de temps à autre …

Arrivés à quelques pas de la maison qu'ils recherchaient, il était temps de se préparer pour leur plan. Il y avait de la lumière dans une pièce à l'étage, peut être que leur homme ne dormait pas encore. Il fallait juste qu'il évite de hurler comme s'il allait être égorgé, les deux hommes n'étaient pas des barbares ! Un coup de poignard bien placé dans le ventre ou le cœur suffisait amplement, voyons ! Faisant le temps pour trouver une ouverture, Cédric découvrit que la porte de service n'était pas fermé à clé. Cela n'était pas prudent de ne pas s'enfermer dans Paris, davantage lorsqu'on crie à tort et à travers des paroles qui peuvent porter atteinte à sa vie. Ouvrant la porte, il fit signe à Ulrich d'entrer avant de parler tout bas.

A vous l'honneur de passer le premier. Feriez vous peut être le même effet qu'à mon valet.

A l'intérieur, le tout était de ne pas faire de bruit et de trouver notre homme. Il y avait du bruit à l'étage, l'homme étant veuf, il n'y avait pas de raison que cela soit quelqu'un d'autre. Mais leur victime avait sans doute décidé de descendre puisque des bruits de pas se firent entendre dans l'escalier grinçant. Si tu ne vais pas à ta victime, ta victime viendra à toi …

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   02.11.11 16:31

Les nuits parisiennes, c’était un fait, n’étaient définitivement pas sûres. Et ce, encore moins lorsque les deux comparses qui venaient de quitter la place royale se trouvaient dans les parages. Rares étaient les fois où Cédric et Ulrich se retrouvaient sans qu’il n’y ait une quelconque intrigue à la clé ; une intrigue se terminant généralement dans le sang, et pas le leur. Ce soir encore, les deux hommes dont la première rencontre s’était faite autour d’un cadavre puis d’un verre comptaient bien faire une nouvelle victime ; un nom de plus à ajouter sur leur tableau de chasse, comme certains y ajoutaient les conquêtes. Une chasse, oui, c’était ainsi qu’ils se plaisaient à évoquer leurs vadrouilles sanglantes. Une éternelle chasse à l’homme pour laquelle le danois avait d’ailleurs su trouver un nouveau gibier. Chose rare : un jeune homme avait réussi à lui échapper, quelques années plus tôt, alors qu’il monnayait ses services de tueurs dans les bas-fonds de Rome. Rien qui ne pèse grandement sur la conscience d’Ulrich, en soi, et sans doute aurait-il oublié cet incident si l’italien en question ne lui était pas de nouveau apparu… à la Cour de France, cette fois. Sola n’était pas homme à croire au destin ou autres balivernes du même genre. Mais puisque ce Colonna était ici, il n’allait certainement pas se priver du petit plaisir d’achever ce qu’il avait commencé. Et puis, il était homme de parole, et se souvenait très bien avoir promis à ce jeune homme qu’ils se retrouveraient. Sans doute Portau ne verrait-il pas d’obstacle à prendre part, lui aussi, à cette nouvelle partie. Chacun d’entre eux servaient, certes, la cause de Valois ; mais cela n’empêchait personne d’avoir ses petites vengeances personnelles… Mais pour l’heure, ça n’était l’objet de la conversation.

« Une race fortement répandue : un imbécile à la langue un peu trop pendue, répondit Cédric lorsque son acolyte lui demanda de quel gibier suivaient-ils la trace. Encore un qui dit avoir des informations à propos de messes noires et veut en parler à la police. Notre abbé devrait se montrer un peu plus discret… »
Ulrich eut un rictus indéfinissable. Ce bougre ne serait pas le premier à subir les conséquences d’une information trop précise et d’une indiscrétion. Ces idiots apprendraient-ils un jour que lorsque de telles accusation vous tombent entre les mains, mieux vaut, pour soi-même, ne pas trop en répandre la nouvelle ?
« Ces bavards sont incorrigibles, lâcha-t-il, énigmatique. »
Agir dans l’ombre, voilà quel était le meilleur moyen pour arriver à ses fin, surtout en ces temps troublés où tout le monde se méfiait sans réellement savoir de qui. Quelque chose menaçait, quelque part… Mais quoi ? La question, pour beaucoup restait sans réponse. Mais pour le pauvre diable qui s’était changé en cible ce soir, cette fameuse menace portait deux noms, Sola et Portau. Portau qui restait définitivement bien discret, cherchant à tout prix à dissimuler ses traits non seulement à la foule, mais également à son compagnon. La raison de cette obstination ne tarda pas à apparaître à Ulrich, qui ne se priva pas d’une vague raillerie bien qu’il doutât sincèrement que Contarini puisse en venir à se battre de la sorte. S’il n’avait pas le même mépris que Cédric pour l’ambassadeur vénitien, il le connaissait assez pour l’en savoir difficilement capable… Ah, ces italiens.

« Ne donnez aucune gloire à l'imbécile heureux de vénitien. Cet être infecte ne me touchera jamais, il ne voudra jamais salir ses belles mains de jouvencelles sur mon visage, cela lui demanderait trop d'efforts, siffla Portau, visiblement piqué. Humeur compréhensible, toutefois, au regard des coups qui lui lacéraient le visage. Je… J'ai eu une altercation avec un autre misérable. D'ailleurs, j'aurais besoin de vous pour ma vengeance, je suis certain que cela vous plaira.
- Bien, répondit Ulrich en laissant à son tour échapper un sourire édifiant. Voilà qui est parfait, j’aurais moi aussi un service à vous demander… Un tout autre gibier. »
Mais avant toute chose, celui de ce soir. Ils auraient tout loisir pour parler affaires ensuite. Et rapidement, les deux acolytes gagnèrent la demeure du curieux, dont quelques fenêtres étaient encore illuminées, malgré l’heure pour le moins tardive. Il ne leur fallu rien de plus que faire le tour pour trouver une entrée, et ce par la porte de service que l’on avait omis de verrouiller. Une invitation pour les deux tueurs… ni plus, ni moins.
« A vous l’honneur de passer le premier, fit Cédric à voix basse. Feriez vous peut être le même effet qu'à mon valet. »
Pour toute réponse, Ulrich sortit de son fourreau le poignard qui se trouvait à sa ceinture et pénétra dans le court couloir sur lequel donnait la petite porte, débouchant ensuite dans une grande pièce. En silence, il y fit quelques pas, observant les lieux du regard. Leur proie devait se trouver à l’étage.

Dissimulant son arme contre son bras, il échangeant un regard entendu avec Portau lorsque, dans les escaliers, se firent entendre les craquements caractéristiques d’un homme s’apprêtant à descendre. Sans un bruit, il se dissimula dans un recoin parfaitement situé – en bas des marche – faisant signe à Cédric de se placer de telle sorte que l’homme ne puisse aller plus loin que ces dernières. Quand à lui, il n’aurait qu’à se glisser derrière lui afin de l’empêcher de faire demi-tour. Il faisait nuit, la rue était calme : inutile de déclencher une bruyante cavalcade. Et le pauvre bougre, inconscient de ce qui l’attendait, descendit en effet. Il fit à peine deux pas une fois arrivé aux bas des escaliers avant d’apercevoir Cédric, alors que, silencieux comme une ombre, le danois se trouvait déjà dans son dos. De stupeur, l’homme recula, mais avant qu’il n’ait pu prononcer le moindre mot, il buta contre Ulrich dont la main se plaça rapidement sur sa bouche et le poignard… sous la gorge.
« Bien le bonsoir, monsieur, lâcha-t-il froidement, un sourire sadique aux lèvres tandis que l’autre tentait de se débattre, marmonnant en vain quelques borborygmes étouffés par la poigne de fer du danois. Allons ! Calmez-vous… vous ne sentirez presque rien. »
Il y eut un nouvel élan de panique dans la silhouette qu’il maintenait fermement sans que cela ne lui demande beaucoup d’effort. Echangeant un regard avec Portau, il serra un peu plus la lame contre la gorge, ce qui eut pour effet de l’arrêter net, bien qu’il ne puisse s’empêcher de trembler de tous ses membres. Et encore, il pouvait s’estimer heureux… de moins bonnes âmes auraient peut-être trouvé plus judicieux de lui couper cette langue qu’il avait si bien pendue avant de l’achever.
« Je vous laisse celui-ci ? demanda Ulrich à Cédric alors que leur proie tentait toujours de dire quelque chose. »
Même entre tueurs, rien n’empêchait d’être courtois.
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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   09.11.11 12:24

Bien. Voilà qui est parfait, j’aurais moi aussi un service à vous demander… Un tout autre gibier.

Cédric n'eut qu'un petit sourire en coin à cette phrase et hocha de la tête. Il était pratique d'être ami avec une personne semblable à soi. Les deux ne faisaient pas dans les sentiments ni réellement dans la dentelle. Quiconque écouterait leurs conversations auraient des frissons d'horreur, sûrement imagineraient ils subir le même sort ? En tout cas, ces deux là faisaient bien la paire, Portau pouvait se féliciter d'avoir déniché le danois à Rome et l'avoir à présent à ses côtés … Mais l'heure n'était pas aux souvenirs mais à la traque et au meurtre. Cela pourrait répugner plus d'un de tenir un arme et tuer un homme mais Cédric n'en avait cure, il regardait la mort des autres avec indifférence. Des femmes donnaient la vie chaque jour, il pouvait bien en supprimer quelques uns sans que cela ne fasse de différence. Puis c'était une question de nécessité : il fallait se débarrasser des gêneurs, sinon cela pourrait se répercuter sur lui, voire sur le complot. Par exemple, la cible de ce soir avait cherché la Mort, à crier à travers Paris qu'il avait vu une messe noire et qu'il avait des informations. Pourquoi les gens clamaient-ils leurs ''exploits'' au lieu d'agir concrètement ? Si cet homme avait été intelligent – ce qui n'était manifestement pas le cas – il serait de suite aller voir la police tout raconter. Alors il fallait bien que quelqu'un agisse de façon claire : Cédric et Ulrich n'allaient pas clamer sur les toits qu'ils allaient tuer un homme, ils le faisaient en silence, en toute discrétion et personne n'en saurait rien. Si le cadavre serait retrouvé dans les jours à venir, personne ne connaîtrait l'auteur (ou les auteurs dans ce cas précis) de ce crime.

Dans la maison de la proie, les deux hommes agissaient sans se dire un mot, se comprenant par signes et regards, toujours cette obsession de la discrétion, davantage ce soir car l'homme visé se trouvait en haut des escaliers. Sola se cacha dans un recoin et Cédric se mit face à l'escalier, dans l'obscurité la plus totale. La cible ne vit pas ce qui l'attendait et arriva au rez-de-chaussé sans se douter de rien. Portau fit un pas pour montrer sa présence, ce qui eut pour effet de faire sursauter l'homme qui voulut reculer mais se cogna contre Ulrich qui lui plaça le poignard au niveau de la gorge.

Bien le bonsoir. Allons ! Calmez-vous… vous ne sentirez presque rien.
Cessez de vous débattre et mourrez dignement monsieur.

C'était le genre de phrase qui faisait froid dans le dos. L'homme lançait un regard paniqué vers Portau qui s'avançait vers lui. Qu'il était bon d'inspirer la crainte !

Je vous laisse celui-ci ?
Vous semblez bien vous entendre tous les deux, je vous le laisse de bon cœur. lança t'il alors qu'il grimpait déjà les marches pour se diriger vers l'étage. Je vais voir si votre nouvel ami n'a pas laissé quelques traces … Montrez lui le sort que l'on réserve à ceux qui ont la langue bien pendue.

Alors qu'il lâcha un rire mauvais, Cédric était déjà en haut et se dirigea vers la pièce éclairée, une sorte de bureau rempli de registres et divers papiers. L'assassin du soi feuilleta pour voir s'il ne trouvait rien et jetait tout par terre sans état d'âme. Cela fera davantage passer pour un cambriolage qui avait mal tourné. Il n'y avait rien d'intéressant, jusqu'à cette feuille, une lettre non terminée destinée à dénoncer la cérémonie que l'homme avait vu. Les deux hommes étaient arrivés au bon moment ! Ce papier finit donc au feu pour ne laisser aucun trace. Un dernier coup d’œil, il avisa une bourse et, la soupesant, il y avait de quoi fêter leur victoire ce soir. De toute façon, il était mort alors cet argent ne lui servait plus, autant qu'il soit utilisé dignement. Fêter la mort d'un homme, voilà une excellente fête. Alors la bourse fut emportée et Cédric redescendit. Au pied de l'escalier l'attendait Ulrich, le cadavre à ses pieds.

Voilà une bonne soirée. Et en plus, il nous offre la tournée, que demande le peuple!

Cédric avait un large sourire satisfait, voilà du travail rapide, bien fait et propre. Il réajusta sa capuche puis les deux hommes sortirent de la maison comme ils étaient entrés, par la porte arrière non verrouillée. Après on disait que Paris n'était pas sûre mais quelle idée aussi de ne pas s'enfermer chez soi ! Certaines personnes cherchaient véritablement les problèmes, et les trouvaient !

Une taverne fit son apparition quelques rues plus loin, il y avait foule à l'intérieur. Tant mieux, c'est dans la masse qu'on se fond le mieux. Ils entrèrent et Portau avisa une table reculée des autres, à l'abri des oreilles indiscrètes, parfaite pour leur future conversation car les deux avaient beaucoup à dire, surtout que chacun avait un plan de chasse à l'homme. Cédric s'assit dos à l'assistance et là n'avait plus le choix, il devait bien montrer son visage. Il hésita un instant et pointa son acolyte du doigt.

Je vous interdis de rire de ce que vous allez voir! menaça t'il.

Lorsqu'enfin son visage fut à découvert, il put bien voir que Portau était amoché : chaque œil s'entourait d'un magnifique coquart, une partie de son visage était tuméfiée, coloré bleu et violacé. Bref, il n'était pas beau à voir et son visage montrait bien qu'il était en colère. Il se rappelait de sa confrontation face à Du Perche, cet idiot avait une sacrée droite et savait se battre, Cédric l'avait sous-estimé, il l'avouait. Mais Guillaume avait reçu aussi son lot de souffrances.

Celui qui m'a fait ça doit payer. Non seulement pour cela mais parce que je ne l'aime pas … Il regarda autour de lui avant de reprendre. Et que je suis certain que celui-ci travaille pour le Roi.

Il s'avança et posa ses bras sur la table, s'avançant légèrement et sourit en coin, ce qui le rendait davantage effrayant avec ses bleus.

Je vous propose donc une mission à double avantage et j'ai besoin de vous car il a de la ressource, je peux en témoigner. Voulez vous en savoir davantage?

Il avait déjà des idées pour faire souffrir Du Perche et comptait bien sur son acolyte danois pour qu'ils additionnent leurs forces contre ce maudit espion …


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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   23.11.11 19:56

« Cessez de vous débattre et mourrez dignement monsieur. »
C’était bien là une parole d’assassin. Un sourire qui ne laissait présager rien de bon étira les lèvres d’Ulrich alors qu’il raffermissait une fois de plus sa prise sur sa proie, l’homme ayant de nouveau pris peur à cette remarque en tentant encore de se dégager. De même qu’il n’avait pas pressentis les dangers de clamer sur tous les toits ce qu’il avait vu, le pauvre bougre ne semblait pas avoir compris qu’il ne sortirait pas vivant de cette altercation. Il n’y avait pour lui pas la moindre échappatoire possible, que son tueur soit en définitive, le danois ou Portau. Jamais ces deux là n’avaient laissé échapper la moindre proie, et ça n’était pas ce soir qu’ils comptaient débuter une telle ineptie. Les échecs, Ulrich, depuis les débuts de sa longue carrière de spadassin, ne les connaissait guère. Jusque là, seul cet italien faiblard et la demoiselle qui avait dérobé sa lettre pouvaient s’en vanter – et Dieu les en garde d’ailleurs, ce genre d’exploits ayant une forte tendance à remonter rapidement aux oreilles du tueur. Deux erreurs qu’il avait la ferme intention de réparer, un jour ou l’autre. Mais après tout, rien ne pressait… Sola n’était pas homme à précipiter les choses. Au contraire, il savait mieux que quiconque la valeur des moments passés à attendre sa revanche ; et parfois même, leur utilité. Si l’homme dont il menaçait fortement la vie ce soir avait su cela, peut-être s’en serait-il sorti. Il est des situations dans lesquelles rester tapis valaient plus que toutes les attaques. Parfois, il fallait simplement savoir attendre… le bon moment. Moment qui, malheureusement, était plus que venu pour l’indiscret, Portau scellant rapidement son sort :
« Vous semblez bien vous entendre tous les deux, je vous le laisse de bon cœur. Je vais voir si votre nouvel ami n'a pas laissé quelques traces… Montrez lui le sort que l'on réserve à ceux qui ont la langue bien pendue. »

Voilà qui était dit. L’homme se figea à ces mots, soudain plus malléable qu’un pantin. La peur pouvait décidément avoir de drôles d’effets… Aux paroles de son ami, Ulrich acquiesça, l’observant un instant monter les marches que venait de quitter le malheureux… futur cadavre. Portau ayant disparu de son champ de vision, il revint à ce dernier. Il pourrait tout à fait profiter de sa position pour l’égorger et en finir rapidement, mais sortir – même dans une ville aussi peu sûre que Paris – avec des vêtements pleins de sang n’aurait absolument rien de discret. Aussi enserra-t-il d’une ferme le cou de son nouvel ami, l’empêchant ainsi de crier, afin de l’éloigner légèrement et de le forcer à lui faire face. Sur les traits de sa victime, se lisait aisément une peur dont Ulrich avait appris à faire totalement fi. Il inspirait, de toute façon, la peur – qu’il soit entrain de tuer quelqu’un ou non. Et à l’exception de Monsieur qui semblait ne pas avoir compris quel homme il allait finir par se mettre à dos – si ça n’était déjà fait – rares étaient les gens à réussir à trouver quoi que ce soit de rassurant au danois.
« Vous avez de la chance, mon ami, de plus mal intentionnés se seraient fait un plaisir de vous couper la langue… lâcha-t-il à l’intention de sa proie qui blêmit un peu plus, si c’était encore possible. »
Et d’un geste net, rapidement et sans la moindre hésitation, il planta son poignard droit dans le torse de son homme ; là où il savait ne pas provoquer une effusion de sang. Comme il l’avait promis plutôt – nous l’avons déjà dit, Ulrich était un homme de parole – la victime passa de vie à trépas à l’instant, sans même avoir eu le temps de voir venir le coup, et s’affaissa pitoyablement sur elle-même.
« Avec les compliments de l’abbé, annonça-t-il avec flegme au corps sans vie. »
C’était ce que l’on appelait un meurtre propre.

Après avoir essuyé sa lame sur la chemise du cadavre qui ne tarderait de toute façon pas à s’imbiber de rouge, Sola leva la tête vers l’escalier, se doutant au bruit de ce que Portau faisait. Tranquillement, il alla faire tomber une bibliothèque recouverte de livres qui se trouvait à sa portée. Il n’y avait guère de plus vieille astuce que celle de maquiller un meurtre en cambriolage… pas plus qu’il n’y en avait de plus efficace. En ces temps troublés, l’on faisait croire n’importe quoi à la populace, tant que leur petite personne ne courait pas de risques. Une fois quelques livres éparpillés via un ou deux coups de pieds, il retourna près du corps, dont lui et Portau ne s’embarrasseraient cette fois pas sur le chemin du retour et, les bruits ayant cessé à l’étage, s’appuya contre la rambarde de l’escalier, en attendant que son ami ne descende. Une fois toute preuve détruite, si preuve il y avait, ils n’avaient plus qu’à tranquillement aller fêter leur victoire… et parler affaire. Froidement, Ulrich jeta un regard au corps sans vie qui gisait à ses pieds. Son sang n’était pas encore froid qu’il pensait déjà à de nouveaux cadavres… Mais après tout, il n’avait cure de celui-ci ! Un simple gueux, un peu trop curieux et malchanceux, tombé sur le mauvais complot. Ses propres ambitions songeaient à de bien plus importantes victimes que les quelques pions de bas-étage qu’il assassinait pour Valois. Enfin… tant que cela le menait au trône danois.
« Voilà une bonne soirée, annonça soudain Cédric en descendant, une bourse rebondie à la main. Et en plus, il nous offre la tournée, que demande le peuple !
- Je vous l’ai déjà dit : les cadavres sont bien plus généreux que le commun des mortels… commenta Ulrich avec une pointe narquoise dans la voix. »

Et sur cette savante remarque, les deux comparses quittèrent les lieux du crime, en quête de la première taverne venue. Certains attendaient novembre pour fêter les morts ; Cédric et Ulrich, eux, s’en chargeaient tous les autres soirs de l’année – ou presque. Si l’on pouvait employer le mot « fêter » dans leur cas, du moins… Une ou deux boissons, généralement payée par leurs très généreuses victimes, afin de mieux parler des prochaines. De véritables assassins, en sommes – assassins qui, cette nuit encore, ne tardèrent pas à trouver ce qu’ils cherchaient. Le troquet fourmillait d’animation, mais c’est cependant sans mal qu’ils dénichèrent une table un pue à l’écart, juste assez pour leurs éviter les curieux sans rendre leur conversation suspecte. Ulrich s’installa tranquille, face au reste de la salle et surtout, face à Portau dont la capuche dissimulant son infortune devenait… superflue, en ces lieux.
« Je vous interdis de rire de ce que vous allez voir ! menaça-t-il d’ailleurs, avant de se découvrir. »
A la vision du visage tuméfié de Cédric, très froidement, Sola se contenta de hausser un sourcil. Cet homme, quel qu’il soit, n’avait pas fait dans la dentelle, en effet.
« J’ose espérer que vous lui avez rendu la pareille, commenta-t-il simplement, tout en faisant signe au maître des lieux de leur apporter à boire. »
- Celui qui m'a fait ça doit payer. Non seulement pour cela mais parce que je ne l'aime pas… Et que je suis certain que celui-ci travaille pour le Roi. »
Ulrich hocha la tête. Vengeance personnelle et petit coup de main discret au complot… C’était ce que l’on appelait faire d’une pierre deux coups. Cédric s’avança sur la table avec au visage des airs qui auraient pu rendre n’importe qui d’autre que le danois complètement effrayé ou hautement suspicieux. Quelle belle association de malfaiteurs ils faisaient – et encore, ils n’étaient que deux.
« Je vous propose donc une mission à double avantage et j'ai besoin de vous car il a de la ressource, je peux en témoigner. Voulez vous en savoir davantage ? »

Ulrich leva les yeux un instant, repérant l’homme qui approchait, deux pintes à la main. Rapidement, il les déposa sur la table des deux tueurs, et sous le regard du danois, n’insista pas pour avoir immédiatement son dû. En bon prince – illégitime, certes, mais prince tout de même – Ulrich ne payait… que s’il était satisfait – ou repu. C’est seulement une fois l’intrus éloigné qu’il revint froidement à Portau. Mais que personne ne s’y trompe, le danois avait beau paraître impassible au possible, la proposition de son ami l’intéressait hautement.
« Je devine l’étendu de sa ressource, en effet… lâcha-t-il, en forçant un air perplexe sur ses traits. Allons, il n’allait tout de même pas laisser passer la soirée entière sans railler, même légèrement, son compagnon ! J’en suis d’autant plus avec vous, vous savez j’aime les gibiers pleins de surprises. Continuez… »

[j’ai pas beaucoup avancé pardon, mais vu le point où en est la conversation, c’était délicat XD]
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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   30.11.11 14:13

Les crimes les meilleurs sont les plus simples. Pas de course, pas de grosses effusions de sangs ni de hurlements. Rapidité et propreté étaient les maîtres mots. C'était une doctrine de Cédric, même s'il ne rechignait pas à une chasse à l'homme de temps en temps, juste pour le plaisir de poursuivre sa proie, lui faire peur davantage et faire mourir la pauvre victime dans de grosses souffrances psychologiques. Ou physique, lorsqu'il pratiquait la torture. A ce mot, il repensa à Du Perche, celui là aurait le droit à toute la souffrance possible et imaginable pour ce sale type. Il aurait tout le temps d'en reparler avec Ulrich quand ils fêteront leur fin de mission. En attendant, il mettait du désordre dans le bureau de l'actuel cadavre. Un cambriolage qui a mal tourné, quoi de plus normal dans les rues de Paris ? La violence y régnait, les hommes de La Reynie ont bien du travail pour remettre la ville sur pieds, il fallait encore en profiter. Dans quelques années, peut être, leur travail serait plus difficile à exécuter. Mais souvent les criminels ont une longueur d'avance sur la justice, ils avaient de la marge. Et, qui sait, dans quelques années ils n'auront peut être plus l'occasion de tuer de la sorte si Valois monte sur le trône …

Une fois la preuve détruite et l'or volé, Cédric redescendit vers son acolyte qui l'attendait, le cadavre à ses pieds. Et un curieux de moins, un. Enfin, ils n'en étaient pas à leur premier coup. Les gens devraient savoir qu'à trop crier au loup, on s'attirait de véritables ennuis. Cédric ne comprenait pas ces gens qui ne dénonçaient pas de suite, préférant fanfaronner. Enfin, tant mieux car cela leur laisse le temps de les tuer avant qu'ils ne parlent aux mauvaises personnes.

Je vous l’ai déjà dit : les cadavres sont bien plus généreux que le commun des mortels…

Quel bon mot, cela tira un large sourire à Cédric qui jeta à peine un œil sur l'homme, désormais mort, et les deux complices pouvaient s'en aller, ayant fini leur mission. Il n'était pas bon d'avoir à ses trousses les deux hommes à la fois. Un seul suffit déjà à pas mal de tourments, les deux assuraient presque un pied dans la tombe, voire même l'autre pied glissant dangereusement. Portau préférait largement travailler avec le danois qui ne s'embarrassait pas de méthodes alambiquées ni vouloir tirer la vedette sur lui. Pas comme Contarini. Repenser à leur mission commune horripilait Cédric, ce traître l'avait abandonné avec le cadavre en pleine rue avec une patrouille de mousquetaires non loin. Mais le vénitien allait payer, c'était certain ! Il devait réfléchir à un plan, mais pas ce soir, il avait plus important à faire. Avant de tuer Contarini, il devait s'occuper de Guillaume du Perche, plus dangereux à ses yeux. Et, dans la taverne où ils étaient entrés, ce serait la principale discussion. Cédric, obligé de découvrir sa tête, montra son visage tuméfié à un Sola qui arqua un sourcil.

J’ose espérer que vous lui avez rendu la pareille.
Bien sûr, il est temporairement boiteux. répondit-il avec le sourire.

Depuis sa querelle dans les rues avec Du Perche, il n'était pas réapparu à la Cour mais quelques messagers lui avaient raconté que son ennemi se trimbalait avec une canne et boitant. C'était au moins une consolation : dans les prochains jours, voire semaines, cet imbécile ne pourrait pas courir dans les rues de Paris ou Versailles, il allait pouvoir jouer au courtisan et se montrer plus vulnérable. Parfait pour leur plan, Cédric avait besoin de Sola pour le mettre en place, il avait confiance en lui et il savait qu'il pouvait lui demander les chose les plus sadiques sans craindre un non. Le danois n'avait peur de rien, il était le compagnon de crime idéal, davantage pour cette affaire. Ce dernier se tut, on leur apportait les boissons. Cédric le regardait froidement, l'homme n'avait pas intérêt à jeter le moindre coup d’œil vers son visage. Par peur, de Cédric ou Ulrich qu'importe, il ne regarda pas et s'éloigna même très vite. Tant mieux, l'acolyte pouvait reprendre le fil de la conversation.

Je devine l’étendu de sa ressource, en effet… Cédric le foudroya du regard en prenant sa pinte mais son collègue reprit, plus sérieusement. J’en suis d’autant plus avec vous, vous savez j’aime les gibiers pleins de surprises. Continuez…

Cédric put se détendre et but une gorgée. Il ne supportait pas les remarques sur son visage, il avait bien du mal à passer devant un miroir sans avoir une poussée de colère. Ces marques signifiaient sa faiblesse face à son ennemi mais le condamnait aussi à ne plus sortir en journée … Mais savoir qu'il allait pouvoir mettre un plan pour se venger le mettait en joie. Reposant sa pinte, il eut un instant de silence avant d'exposer ce qu'il avait à dire.

Vous avez compris qu'il n'était pas question de s'en débarrasser … Pas tout de suite, il est trop précieux, nous avons besoin de ses informations, avoir le nom de ses complices. Malheureusement, s'il suffisait de lui mettre un couteau sous la gorge pour qu'il raconte tout, ce ne serait point amusant. Puis le larron est coriace, il faudra employer la manière forte …

Le sourire et le petit éclat brillant dans son regard prouvait de son sadisme à cet instant. Il avait pas mal d'idées derrière la tête.

… Je pense que cela ne vous dérangera pas. Et moi encore moins. Cela me permettra même de mettre en pratique quelques petites choses apprises lors de mon passage en Angleterre … Son sourire diabolique s'agrandit, le rendant effrayant pour certains. Avez vous déjà pratiqué la torture, Sola ? La torture morale, vous vous y connaissez avec vos victimes mais qu'en est-il de la mettre de pair avec quelques techniques mises au point pour provoquer la douleur ? Car il faut que cet homme souffre.

Au moins, cela avait le mérite d'être clair. Il n'était jamais bon d'être l'ennemi de Portau, cela pouvait même être violent, voire mortel. Guillaume voulait le dénoncer au Roi, le faire jeter en prison ? Cédric avait une petite longueur d'avance en menaçant le nièce de Du Perche mais il fallait être rapide, que la menace ne s'émousse pas et que cette affaire puisse le faire remonter dans l'estime d'Hector. La capture d'un espion du Roi, cela était inespéré.

Et une fois qu'il en aura dit assez, ou alors qu'il sera incapable de dire plus, nous pourrons abréger ses souffrances. Avec plaisir. Mais avant, il faudra le capturer et, seul, je ne pourrais pas le faire. Cet homme est un fou furieux, il va se débattre comme un diable. Et, bien sûr, vous aurez votre part de gloire là-dedans. Un espion capturé, cela vaut de l'or, pour nous deux. Cela vous tente toujours ?

Il n'était pas bon d'être Du Perche dans les prochains jours …

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   19.12.11 0:10

Avoir un assassin à ses trousses était une situation très peu enviable pour qui que ce soit. En avoir deux présentait un certain nombre de risques supplémentaires – risques qui croissaient avec le nombre. Mais lorsque ces assassins se trouvaient être Portau et Sola… non seulement la situation n’était pas enviable, mais en plus, elle n’avait qu’une infime et insignifiante chance de ne pas être mortelle. Il n’était pas si rare que cela d’entendre dire que, ça et là, un tel ait réussi à échapper de justesse à ce qui aurait dû être sa dernière heure. Mais pour le plus grand malheur de leurs victimes communes, jamais Ulrich et Cédric n’avaient laissé échapper qui que ce soit. Et encore, bien exigeant serait celui – s’il le pouvait encore – à se plaindre… car au moins, les deux complices étaient, dans le crime, on ne peut plus professionnels ; et bien souvent, le futur cadavre avait à peine le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait avant de trépasser. Pas de bavures, ni d’effusions de sang, de cris atroces ou de longues heures de souffrance. On ne pouvait en dire autant de tous les brigands qui hantaient les rues de Paris comme celles de Versailles, et s’érigeaient parfois en tueurs, pour éviter de se faire prendre ou parce que la situation l’exigeait. Tuer était, selon Ulrich, un art qui ne s’improvisait pas et rien ne devait jamais être laissé au hasard. Le meurtre parfait exigeait un minimum de rigueur… dont Cédric et savaient tout naturellement faire preuve. Et cette fois encore, il faudrait aux enquêteurs qui se chargeraient du cadavre du curieux, bien plus de jugeote et d’intuition qu’ils n’en possédaient pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Mais déjà, les deux tueurs avaient oublié le gueux qui gisait, à l’heure qu’il était, dans son propre sang sans que quiconque ne puisse se douter de ce qu’il était advenu de lui. Il n’était rien qu’un curieux de moins – la routine, en somme. Et ce dont le comte et le baron avaient à parler dépassait largement leurs missions habituelles pour le compte de Valois. D’abord parce qu’il s’agissait, avant tout, de vengeances et rectifications purement personnelles, ensuite parce qu’il s’agissait d’une toute autre sorte de gibier. Vengeance pour un Portau durement amoché qui ne visait ni plus ni moins qu’un espion du roi ; rectification pour Sola qui aimait à finir ce qu’il avait commencé et apprécierait beaucoup d’abréger la partie commencé avec Colonna depuis quelques années maintenant. Non pas que le fait qu’il soit en vie ne le perturbât particulièrement… mais la lettre que cette idiote inconnue lui avait dérobée lui était adressée, et entendre parler deux fois d’une victime manquée, c’était une fois de trop. Point de vue qu’il ne tarderait plus à exprimer à Cédric ; mais à la façon dont ce dernier lui annonça du son… ami était maintenant boiteux, Ulrich ne doutait pas un instant qu’il soit d’accord avec lui. Lorsqu’il s’agissait de tuer, de toute façon, il était rare que les deux comparses ne soient pas du même avis. Ils s’étaient définitivement bien trouvés – et ce malgré les inévitables boutades, telle que celle que le danois ne put s’empêcher de lancer à son ami, dont le regard noir l’amusa un instant. Voyons… ça n’était rien que quelques bleus, après tout. Mais il était temps de revenir sérieusement à l’objet de leur conversation ; ce que Cédric s’empressa de faire.

« Vous avez compris qu'il n'était pas question de s'en débarrasser… Pas tout de suite, il est trop précieux, nous avons besoin de ses informations, avoir le nom de ses complices. Malheureusement, s'il suffisait de lui mettre un couteau sous la gorge pour qu'il raconte tout, ce ne serait point amusant. Puis le larron est coriace, il faudra employer la manière forte… »

Au sourire qui étira un instant les lèvres de son interlocuteur, Ulrich devina sans mal où il voulait en venir et ce qu’il pouvait bien avoir derrière la tête. Attendant d’avoir toutes les cartes en main pour ajouter quoi que ce soit, le danois hocha la tête, l’air profondément intéressé, tout buvant une gorgée de vin.

« … Je pense que cela ne vous dérangera pas.
- Non, en effet, lâcha Ulrich sur un ton qui en disait long.
- Et moi encore moins. Cela me permettra même de mettre en pratique quelques petites choses apprises lors de mon passage en Angleterre… Avez-vous déjà pratiqué la torture, Sola ? La torture morale, vous vous y connaissez avec vos victimes mais qu'en est-il de la mettre de pair avec quelques techniques mises au point pour provoquer la douleur ? Car il faut que cet homme souffre. »
Voilà qui devenait encore plus passionnant – si l’on pouvait employer ce mot pour… de telles pratiques. Portant une nouvelle fois son verre à ses lèvres, le danois hocha lentement la tête. Lors de ses longues années d’exil italiennes, il avait largement eu le temps disons… d’explorer quelques techniques fort efficaces pour obtenir les informations nécessaires à la traque, puis la mort de ses cibles. On ne lui avait pas souvent demandé plus que de tuer ces dernières, mais il était cependant arrivé que certains commanditaires aient en plus besoin de savoir quelques détails – ou que lui-même doive en savoir plus pour savoir où avoir une chance décente d’abattre ses cibles.
« Absolument, répondit-il simplement, une lueur effrayant éclairant ses yeux eu vert déjà naturellement troublant. Les italiens ont aussi pour cela quelques méthodes particulièrement efficaces… »
Inutile d’en dire plus… il doutait apprendre quoi que ce soit à Portau qui, visiblement, tenait réellement à se venger de son homme. Ulrich ignorait encore de qui lui parlait son ami ; mais une chose était certaine : ce bougre risquait de passer de forts mauvais moments dans les semaines à venir. Il fallait encore l’attraper, certes, mais les deux assassins avaient une certaine expérience dans ce domaine. Et une fois qu’ils le tiendraient…

« Et une fois qu'il en aura dit assez, ou alors qu'il sera incapable de dire plus, nous pourrons abréger ses souffrances. Avec plaisir, conclut Portau. Mais avant, il faudra le capturer et, seul, je ne pourrais pas le faire. Cet homme est un fou furieux, il va se débattre comme un diable. Et, bien sûr, vous aurez votre part de gloire là-dedans. Un espion capturé, cela vaut de l'or, pour nous deux. Cela vous tente toujours ? »
Deux comparses planifiant leur future partie de chasse n’auraient pas employé des mots bien différents. Car ça n’était ni plus ni moins que de cela qu’il s’agissait : de la chasse. A l’homme, certes, mais de la chasse tout de même – durant laquelle le gibier n’était pas abattu immédiatement.
« Qui est donc ce malheureux ? demanda Ulrich pour toute réponse avec un rictus sadique. »
Il ne serait pas difficile pour Portau de comprendre que Sola acceptait de l’aider dans cette entreprise – le contraire eut, certes, été étonnant. Mais s’il ne s’agissait pas réellement d’une condition, il n’en restait pas moins que le danois également avait besoin des services de son complice.
« Je vous suis, Portau. Mais je viens en plus vous proposer une seconde affaire pour laquelle, également, nous ne serons pas trop de deux, reprit Ulrich en avalant une gorgée de vin. Avez-vous entendu parler du retour récent à la Cour d’un certain Colonna ? demanda-t-il. Figurez-vous que ce bougre m’a échappé en Italie. Et maintenant qu’il se trouve à nouveau sur mon chemin… je ne serais pas fâché d’en finir. Pour de bon. »
A ces mots, à nouveau, l’expression à la fois mauvaise et terriblement froide dont se para le regard d’Ulrich aurait sans doute effrayé n’importe qui n’étant pas Cédric.
« Il est évident qu’aucune torture ne nous sera utile cette fois-ci… conclut-il. Cette affaire ne devrait pas nous occuper bien longtemps… et nous laisse tout loisir pour nous occuper de votre espion. »
C’est ce que l’on pouvait appeler un échange de bons procédés. Entre assassins.

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   25.01.12 19:09

Il s'agissait d'une discussion comme une autre pour eux. Deux hommes planifiant des chasses, quoi de plus normal ? Mais là, il s'agissait de chasses à l'homme, les proies n'étaient pas les mêmes, les méthodes non plus. Cédric avait bien fait de dénicher Ulrich dans Rome il y a quelques années car tous deux formaient un tandem mortel. Au sens propre comme au sens figuré d'ailleurs. Ils ont des méthodes rodées et savent acomplir une mission sans avoir besoin de beaucoup se parler. Le danois n'était pas un grand causeur de toute façon, Cédric semblait même un bon vivant à côté de lui. Mais autour de cette table, ils avaient beaucoup à se dire, des missions davantage à titre personnelle mais, après tout, tout ne pouvait pas tourner autour du complot ! Ils avaient des vies eux aussi. Et celle de Cédric était bien remplie !

Il devait se venger de Guillaume, leur bataille en pleine rue n'était que les prémisces d'une guerre qui allait durer encore longtemps, sauf si Portau décidait d'y mettre un terme. Et cela passait par l'enlèvement, la torture puis la mort. Sur le papier, c'était très simple mais moins évident dans la réalité. Surtout pour la partie enlèvement. Une fois attaché, Du Perche serait moins une menace, il serait plus facile de lui soutirer des informations et le tuer par la suite. Mais avec la carrure du comte du Perche et sa détermination, Cédric ne pouvait pas y faire face. Son visage actuel en temoignait leur altercation et qu'il ne pouvait pas agir seul. D'où la demande à Ulrich en cet instant. Et ce dernier semblait très réceptif à cette demande. Il n'en attendait pas moins de sa part. Cédric ne pouvait pas faire confiance en beaucoup de monde mis à part son collègue danois, surtout depuis sa déchéance après sa bourde avec la mort de la duchesse de Norfolk. La capture de Du Perche serait parfait pour son grand retour, et Ulrich pourrait profiter aussi des retombées de cette gloire. Puis Sola avait aussi une mission à proposer à Portau, ce serait donc une bonne égalité des choses.

Qui est donc ce malheureux ? demanda le danois.

Maintenant que le plan était dévoilà, il restait à dévoiler le nom, c'était la dernière étape pour mettre ce plan en execution. Cédric but tranquillement une gorgée, reposa son verre avec un petit sourire en coin.

Guillaume du Perche. lâcha t'il enfin. Il n'a rien d'un espion j'en conviens, toujours entre ses cartes et ses femmes. Mais cette apparence est tellement trompeuse, je l'ai moi-même sous-estimé. Je vais rectifier le tir, avec vous à présent.

Jamais il n'avait pu penser que Du Perche pouvait être un espion, il le croyait bien trop superficiel pour cela ! Et puis, se rendre compte qu'il était cet homme qu'il poursuivait toutes ces semaines, ce fut comme un choc ! A présent, il savait à quoi s'attendre. Laissant planer la menace de la nièce, Cédric avait une courte longueur d'avance sur son adversaire, sans savoir que celui-ci faisait alliance avec une autre ennemie de Portau, le genre d'ennemie qu'on pense mort depuis toutes ces années. Il le saurait bientôt, pour son plus grand malheur et sa plus grande malchance ...

Mais ce n'était plus à lui d'exposer son idée mais à Ulrich. Lui aussi avait une affaire à proposer. Connaissant le danois, il serait aussi question d'une chasse à l'homme, mais cette fois beaucoup plus rapidement funeste dira t'on !

Je vous suis, Portau. Mais je viens en plus vous proposer une seconde affaire pour laquelle, également, nous ne serons pas trop de deux. Avez-vous entendu parler du retour récent à la Cour d’un certain Colonna ?
Le prince ? J'en ai déjà en entendu parler.
Figurez-vous que ce bougre m’a échappé en Italie. Et maintenant qu’il se trouve à nouveau sur mon chemin… je ne serais pas fâché d’en finir. Pour de bon.
Avec sa maigre carrure, je ne pensais pas qu'il serait capable de vous survivre.

Cédric ne connaissait pas tout le monde à la Cour, ce n'était pas véritablement son domaine de prédilection, mais il y faisait quelques tours et les mêmes têtes revenaient. Le prince Colonna en faisait partie, il avait un physique atypique pour un romain : malingre, blond et si pâle, Portau se demandait si ce garçon mangeait à sa faim et s'était demandé plus d'une fois comment il pouvait bien tenir sur ses jambes. Apparemment, celui-ci aussi a été sous-estimé. Il était rare que l'on s'échappe de la mort quand on a Ulrich ou Cédric à sa poursuite. Ce gamin devait avoir de la ressource pour s'en sortir, ou alors beaucoup de chance.

Il est évident qu’aucune torture ne nous sera utile cette fois-ci. Cette affaire ne devrait pas nous occuper bien longtemps… et nous laisse tout loisir pour nous occuper de votre espion.
Je ne peux qu'accepter, avec grand plaisir même. répondit Cédric en prenant son verre avec un sourire sadique. Surtout si cela est rapide à executer. Je ne pense pas qu'il s'en sortira encore une fois. Prince ou pas, tous sont égaux devant la mort.

En parlant de mort, il parlait surtout d'eux. Être bourgeois ou prince, tous les hommes morts se ressemblaient finalement. Le plus amusant était de les attraper et voir leur dernière lueur dans les yeux. Cela pouvait vous sembler cruel mais il fallait bien trouver une attraction, un petit divertissement dans le meurtre, sinon ce ne serait plus amusant.

Avez vous une idée de comment vous y prendre ? Un prince dans Versailles doit avoir une bonne garde, il faudrait l'emmener loin de la demeure royale. Je ne le connais pas, je ne sais pas ce que gamin peut bien faire de ses journées.

Ne croyez pas qu'un tueur ne réfléchissait pas et était juste une machine à ôter la vie. Monter un plan de la sorte impliquait de ne jamais partir à l'aveuglette pour mieux réussir.


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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   02.03.12 16:04

« Guillaume du Perche, lâcha enfin Portau, scellant ainsi le sort de leur victime commune. Il n'a rien d'un espion j'en conviens, toujours entre ses cartes et ses femmes. Mais cette apparence est tellement trompeuse, je l'ai moi-même sous-estimé. Je vais rectifier le tir, avec vous à présent. »
Ulrich hocha la tête. Bien que sachant pertinemment qu’il fallait toujours se méfier des apparences, avoir entendu le nom de du Perche le surprenait. Cet homme, comme le disait son complice, n’avait absolument pas la carrure d’un espion du roi. Il jouait aux cartes, au Dom Juan, au courtisan… mais jamais Sola ne l’aurait cru capable de jouer les agents de Sa Majesté. Il ne faut point se fier à ce que l’on voit, la maxime en était d’autant plus vraie.
Louis XIV allait donc perdre l’un de ses espions. Et un habile espion, qui plus est, qui savait à merveille se dissimuler derrière le masque du parfait joueur et avait réussi à mettre hors d’état un tueur tel que Cédric. Dommage, sans doute était-il un bon élément.

C’est sur cette certitude qu’Ulrich avait accepté d’aider son ami dans cette affaire, et lui avait proposé la sienne. Mort contre mort, l’échange se valait, et n’avait finalement rien d’inhabituel. L’on pouvait s’offenser de tels raisonnements, monter sur ses grands chevaux, déplorer leur manque de moralité… le meurtre restait l’un des moyens les plus sûrs de régler ses comptes. Du moins était-ce le cas pour Sola qui n’avait jamais eu le moindre scrupule à mettre un terme à tout contentieux par ce biais à ses yeux fort utile. Les cadavres ne parlent plus, les cadavres n’agissent plus… les cadavres, en un mot, laissent les vivants en paix. N’est-ce pas là l’issue que l’on souhaite à toute querelle ? Entre les deux tueurs et ces gentilshommes qui se livraient maintenant à plus de coups bas que de duels, il n’y avait qu’une seule différence : la conscience. Ils y étaient toujours soumis quand eux avaient réussi à la faire taire lorsqu’il le fallait. A se demander parfois qui étaient les plus primaires…

« Avec sa maigre carrure, je ne pensais pas qu'il serait capable de vous survivre, commenta Portau lorsque le danois lui eut confié que Colonna lui avait échappé par le passé.
- Le bougre a de bons informateurs, répondit simplement celui-ci. Il était prévenu, et parti lorsque je suis venu le cueillir… »
La chose était certaine : si l’italien tombait dans les mains d’Ulrich, il n’y survivrait pas. Il n’y avait qu’à les voir pour en être sûr. Restait simplement à l’attraper, ce qui, le danois en avait déjà eu la démonstration, pouvait ne pas être une mince affaire. La suite serait sans doute beaucoup plus simple, et rapide, comme le précisa Ulrich à son ami. Nul besoin de s’attarder à le torturer, il se moquait éperdument de la raison pour laquelle on lui avait demandé de l’abattre.

« Je ne peux qu'accepter, avec grand plaisir même, répondit Cédric en prenant son verre avec un sourire sadique. Surtout si cela est rapide à exécuter. Je ne pense pas qu'il s'en sortira encore une fois. Prince ou pas, tous sont égaux devant la mort.
- Je nous pense, en effet, assez habiles pour rectifier cette petite erreur… fit Ulrich en portant également son verre à ses lèvres. »
Une rectification qui pourrait porter à plus de conséquences qu’ils ne le pensaient, mais encore une fois, comment imaginer le maladif prince italien comme espion au service du roi ? Ce détail, cela dit, connu ou nom des deux tueurs, ne changeait rien au but final. Simplement, ils feraient d’une pierre deux coups, et se débarrasseraient à la fois d’une ancienne mission qui avait eu le malheur de refaire surface et d’un pion sur l’échiquier du Roi Soleil. Ulrich et Cédric pourraient même se targuer d’avoir été efficaces.

« Avez-vous une idée de comment vous y prendre ? Un prince dans Versailles doit avoir une bonne garde, il faudrait l'emmener loin de la demeure royale. Je ne le connais pas, je ne sais pas ce que gamin peut bien faire de ses journées. »
Ulrich hocha la tête, pensif. Depuis qu’il avait vu réapparaître le nom de Colonna, il avait commencé à chercher quelques informations dignes de ce nom sur l’emploi du temps du prince, mais tout ce qui en ressortait était que celui-ci se trouvait fort variable. On connaissait le jeune homme pour être assez irrégulier dans ses déplacements, et souvent de sortie, même à des heures improbables. Ce qu’il faisait ? C’était l’un des paradoxe de Versailles : tout le monde s’y observait, se commentait, sans jamais savoir exactement de quoi il en retournait. Ainsi, Colonna à la cour restait un mystère. Mais le danois n’y voyait pas là un problème : il avait appris à être patient.
« Le prince est discret, on sait peu de choses sur lui, lâcha-t-il, impassible. faudra prévoir l’un de ses déplacements pour mettre fin à notre affaire. Je me renseignerai et vous tiendrai au courant. »
Et Portau ne serait peut-être pas le seul à être tenu au courant. Ulrich s’était laissé dire que Contarini aussi en voulait à l’italien, et les informations de l’ambassadeur pourraient bien lui être utiles. Seulement, mieux valait ne pas les tenir tous deux au courant du fait qu’ils auraient peut être à s’occuper de cela ensemble…

D’un geste, il termina son verre, puis appela le tavernier afin qu’il leur en ramène un autre. Autour d’eux, un léger brouhaha s’était levé, et quelques curieux s’étaient rassemblés autour de deux gueux sur le point d’en venir aux mains dans un coin du tripot, mais la plupart des gens attablés étaient restés à leur place. Ulrich jeta un regard impavide au petit rassemblement, puis, une fois les chopines déposées sur la table, revint à son comparse et son espion.
« Mais je vous retourne la question. Avez-vous une idée sur la façon d’enlever le comte ? Je suppose qu’il va se méfier maintenant. »


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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   26.03.12 21:00

Un complot en amène toujours un autre, c'était bien connu. On en torturait un, on en tuait un autre, ainsi allait la vie de tueurs, Cédric le savait bien depuis qu'il exerçait cette drôle de profession qu'était celle d'assassin. Et avec un ami et collègue un autre spadassin comme Sola, il était certain que cette conversation allait détruire des vies humaines, au sens propre comme au figuré. Car il s'agissait bien de la mort d'autrui qu'on parlait à cette table, autour d'un verre, pendant que d'autres se racontaient leurs vies et riaient. Les deux hommes souriaient de façon inquiétante, il serait dangereux de venir les déranger cet instant, surtout quand on voyait les lueurs inquiétantes dans leurs regards. Portau avait son plan contre son grand ennemi Guillaume du Perche, il l'avait exposé à Ulrich qui avait approuvé et venait en aide à son ami/confrère. En même temps, comment résister à un enlèvement, doublé d'une torture comme on les aime et d'un assassinat pour terminer en beauté ? Les hommes cruels et sans scrupules aimaient ces divertissements, prenaient même un malin plaisir, surtout quand la mort ne leur faisait pas peur et que celle des autres était lucrative. Puis quand on pouvait allier une vengeance personnelle et une aide dans le complot, c'était le summum de la consécration. Cédric se disait qu'avec une aussi belle prise qu'un espion du Roi, il ne pouvait que regagner sa place comme bras droit et même permettre à Ulrich de prendre un peu de galon. Il y avait tout à gagner dans cette affaire …

Et comme je disais, un complot de préparé, en voici un autre qui se mettait en place. Cette fois, c'était le danois qui avait besoin de son collègue français pour se débarrasser d'un italien, c'était donc d'une logique absolue. Et quand on voyait la carrure de Colonna, il était étonnant qu'il ait pu survivre face à Ulrich. Cédric l'avait vu tué des plus costauds …

Le bougre a de bons informateurs. Il était prévenu, et parti lorsque je suis venu le cueillir…
S'il croit compter sur sa chance plus que sur ses jambes, il devrait savoir que celle-ci tourne …
répondit-il, un sourire malfaisant au coin de ses lèvres.

Il but une gorgée et reposa son verre sans lâcher Sola des yeux. Tuer un prince ou un gueux, quelle différence ? Tout le monde restait égal devant la mort, c'est bien le seul moment où personne n'avait de privilège. Alors Colonna ferait mieux de rédiger son testament et préparer son retour à Rome, mais cette fois-ci dans une boîte scellée, reposant pour l'éternité. Il avait eu un sursis de quelques années, aujourd'hui, il fallait dire au revoir, ou plutôt adieu.

Je nous pense, en effet, assez habiles pour rectifier cette petite erreur…

Hochant de la tête, Cédric était d'accord avec cette phrase. Les années d'expérience cumulées par les deux hommes à la table devraient suffire pour venir à bout d'un courtisan rachitique qui tenait à peine sur ses jambes, sans se douter un instant de la ressource que Colonna pouvait avoir. Cédric ne savait rien sur lui, mis à part son nom et d'où il venait, qu'il fréquentait la Cour assidûment, voilà tout. Il faudrait le surveiller d'un peu plus près, tenter de connaître son emploi du temps, ses fréquentations et ses faiblesses. Cela prendrait quelques jours ou semaines, mais si le prince romain ne se savait pas menacé, il serait plus facile de le pister, il serait plus vulnérable. Contrairement à Guillaume qui lui se tiendrait sur ses gardes, lui aussi prêt à déployer de quoi se défendre face à son mortel ennemi. Mais il fallait trouver un plan, Ulrich avait raison :

Mais je vous retourne la question. Avez-vous une idée sur la façon d’enlever le comte ? Je suppose qu’il va se méfier maintenant.
Il doit déjà se méfier, le bougre. Heureusement que cet idiot a la faiblesse d'être attaché à sa petite cruche de nièce, mon seul point de pression pour ne pas être actuellement à la Bastille plutôt qu'avec vous …
Il resta silencieux quelques longues secondes puis soupira. J'ai travaillé avec un incapable pour tenter de l'enlever voici quelques jours. Nous étions fiers d'avoir réussi un coup aussi facilement … jusqu'à ce que le captif se révéla ne pas être celui que nous marchions. Je pourrais invoquer le mauvais temps, la nuit avec le manque de visibilité, mais je ne peux que blâmer l'incompétence de l'autre abruti mais mon aveuglement pour ma vengeance. Autant dire que mon acolyte d'un soir a fini dans un ravin …

Son regard bleu s'était assombri et ses traits s'étaient durcis, on y sentait la colère cette détestation de l'échec ! Avec ses bleus sur le visage, cela lui donnait un air vraiment patibulaire. Il se souvenait de cette soirée avec amertume. Il but une dernière gorgée puis laissa son verre vide sur le côté avant de reprendre.

L'autre est toujours vivant et a du prévenir Du Perche à cette heure là. Il va donc falloir se montrer plus intelligents que lui. L'avantage est que cet imbécile est prévisible, il a toujours son pêché mignon des jeux et des femmes, il est facile d'avoir une piste de ce côté là. Il y a bien aussi sa nièce mais celle-ci est ma pièce maîtresse, mon atout à sortir en cas de danger de mort sur moi … avait-il lâché sur un ton amer.

Il n'était jamais passé aussi près de la prison. Être découvert par un espion du Roi, c'était l'assurance de croupir en prison avant de voir sa tête se séparer de son corps, ou alors que tout reste uni mais pendu au bout d'une corde. Non pas qu'il avait peur de mourir, mais pas comme ça, pas par la justice d'un roi qui n'est pas le sien ni pour une raison si stupide.

Vous voyez tout le problème, mon ami. Il va falloir ruser, nous avons un adversaire à notre taille.

Que le jeu commence ...

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   05.05.12 12:17

Le thème de la soirée, décidément, semblait être à la rectification d’erreurs. Celle de Sola qui datait maintenant de quelques années, celle de Portau, bien plus récente et sans doute bien plus dangereuse. Derrière leurs mines effrayantes et leurs sourires mauvais, les deux compères n’étaient pas sans savoir que l’altercation avortée entre du Perche et Cédric pourrait devenir lourde de conséquences s’ils ne remédiaient pas au problème rapidement. S’il n’était jamais bon pour un espion d’être découvert, il l’était généralement encore moins pour un comploteur. Car le premier possède la faveur du roi, le blanc-seing des autorités, non le deuxième. Ulrich n’avait pas eu de détails excessifs sur les derniers déboires de Portau, il avait simplement bien compris que Valois n’avait pas apprécié le résultat d’une mission récente et n’avait pas cherché à en savoir plus ; mais malgré tout ce que pouvait avoir fait son ami, il doutait que l’instigateur du vaste complot qu’ils servaient puisse être ravi de voir Cédric se balancer au bout d’une corde. Un pion, sur un échiquier, demeure un pion. Et chaque pion a son utilité. Il en était tellement conscient que jamais Ulrich ne négligeait sa propre partie, et dans celle-ci, Colonna était le fameux pion, mais dans le camp adverse. Comme aux échecs : ça en serait toujours un d’éliminé.

Mais l’heure n’était plus à Colonna, dont l’affaire restait somme toute plutôt simple – du moins aux yeux du danois. Du Perche était visiblement une autre paire de manche. S’il ne suffisait que de le tuer, encore… Mais enlever un espion, et un espion méfiant se doutant du sort qu’on aimerait lui réserver comportait des difficultés qu’il ne fallait pas négliger.
« Il doit déjà se méfier, le bougre, lança Portau, faisant échos aux pensées de son funeste ami. Heureusement que cet idiot a la faiblesse d'être attaché à sa petite cruche de nièce, mon seul point de pression pour ne pas être actuellement à la Bastille plutôt qu'avec vous… »
Ulrich hocha la tête. S’attacher, dans le monde dans lequel ils vivaient, était la pire des erreurs. Mais pensant cela, le danois ne se doutait pas un instant que ses propres attaches, aussi lointaines et froides soient-elles, pouvaient parfaitement refaire surface. Elle le pouvait d’ailleurs si bien qu’elles n’y manqueraient pas. Mais il s’agissait là d’une toute autre histoire…
« J'ai travaillé avec un incapable pour tenter de l'enlever voici quelques jours, reprit Cédric après un silence. Nous étions fiers d'avoir réussi un coup aussi facilement… jusqu'à ce que le captif se révéla ne pas être celui que nous marchions. Je pourrais invoquer le mauvais temps, la nuit avec le manque de visibilité, mais je ne peux que blâmer l'incompétence de l'autre abruti mais mon aveuglement pour ma vengeance. Autant dire que mon acolyte d'un soir a fini dans un ravin…
- Destination ma foi fort honorable, ironisa Ulrich avec un rictus éloquent aux lèvres. Qu’avez-vous fait de l’autre ?
- L'autre est toujours vivant et a du prévenir Du Perche à cette heure là. »

Le danois porta sa chope à ses lèvres, pensifs. Il était évident que l’homme en question, s’il connaissait du Perche, avait dû courir tout droit l’informer de ce qui lui était arrivé dès l’instant où on l’avait libéré. Il se demanda un instant pourquoi l’avoir laissé partir, mais garda cette question pour lui, se doutant bien que Cédric avait ses raisons.
« Il va donc falloir se montrer plus intelligents que lui. L'avantage est que cet imbécile est prévisible, il a toujours son pêché mignon des jeux et des femmes, il est facile d'avoir une piste de ce côté là. Il y a bien aussi sa nièce mais celle-ci est ma pièce maîtresse, mon atout à sortir en cas de danger de mort sur moi… Vous voyez tout le problème, mon ami. Il va falloir ruser, nous avons un adversaire à notre taille. »
A leur taille, en effet. Et ça n’était pas quelque chose qui arrivait tous les jours – il fallait au moins reconnaître cela à du Perche.

Un instant, Ulrich resta songeur. Le comte pouvait, comme l’avait dit son mai, se montrer prévisible. Mais si l’autre l’avait prévenu, il y avait fort à parier qu’il allait prendre garde à ses petites habitudes – à moins d’être complètement idiot, ce qui n’avait pas l’air d’être son cas. Pour avoir une chance de le cueillir au bon moment, il faudrait l’approcher.
« Nous avons un avantage sur lui : il se doute certainement que vous n’agiriez pas seul, mais il ne me connait pas. L’attirer dans un piège si on l’approche habilement ne devrait pas être top difficile… »
Si Ulrich ne fréquentait pas la cour outre-mesure, c’était également pour cela : se préserver une sorte d’anonymat, une discrétion qui lui permettait bien souvent de s’approcher de ses ennemis sans qu’ils ne se méfient de lui. Après tout, ses meurtres à répétition n’étaient pas inscrits sur son front, et le danois savait se montrer comme un parfait gentilhomme lorsque nécessité faisait loi.
« Ce qu’il faut, c’est l’éloigner de la cour, et lui tendre une embuscade… en s’étant assuré qu’il ne puisse plus donner de coups, ajouta Ulrich avec un vague sourire et un regard éloquent sur les traits marqués de son ami. »

Non loin de leur table, un éclat de voix s’éleva, leur révélant deux soulards prêts à en découdre. Une énième bataille comme on en voyait souvent dans les tavernes, rien de bien grave. Mais elles avaient cependant un don pour attirer les patrouilles qui n’était pas du goût du danois. Rester invisible, même quand cela paraissait superflu, tel était son credo.
« M’est avis que l’ambiance se réchauffe ici, lâcha-t-il en terminant son verre. Nous aurons le temps de mettre au point tout cela plus en détail après y avoir réfléchi. Et cette fois, le bougre n’en réchappera pas… »
Un rictus mauvais étira ses lèvres, accompagné d’un éclat qui signifiait assez bien à quoi pouvaient ressembler ses pensées en cet instant. Les bases de leur plan étaient posées, ne restait plus qu’à régler les détails… et à mettre la machine en branle.


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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   17.05.12 18:04

Surtout, que personne ne tende l'oreille sur la conversation actuelle entre les deux hommes, cela faisait froid dans le dos. Parler meurtre, enlèvement et autre supplice n'était pas vraiment le genre de paroles qu'on entendait tous les jours. Ils s'étaient un peu éloignés des autres pour être plus discrets mais on ne savait jamais avec ces gueux, toujours à écouter ce qui ne les regardait pas ! Pourtant, éviter d'approcher des personnes comme Cédric et Ulrich pouvaient vous sauver la vie car si l'un des deux était trop près de vous, il est sûr qu'une odeur de mort flotterait …

Pourtant pas bavards en général, les deux tueurs eurent beaucoup à se dire ce soir, chacun ayant une mission à confier à l'autre. Dans un premier temps, il fallait donc éliminer cet impertinent prince Colonna. S'il avait pu échapper une fois aux griffe – et à la lame – du danois, la prochaine fois serait la bonne. Dans un second temps, attraper Guillaume du Perche et lui faire vivre les pires heures de sa vie, lui soutirer des informations et enfin lui faire subir une mort atroce, digne de la haine que Cédric avait pour lui. Toujours sérieux, le visage fermé (et bleu) de Cédric écoutait avec attention son ami.

Nous avons un avantage sur lui : il se doute certainement que vous n’agiriez pas seul, mais il ne me connaît pas. L’attirer dans un piège si on l’approche habilement ne devrait pas être top difficile…
C'est exactement la raison pour laquelle je vous demande votre aide. Je ne peux plus m'approcher de lui sans qu'il ne se méfie. Et il faut agir vite, tant qu'il n'a pas totalement récupéré sa jambe.


Mais un plan ne se préparait pas du jour au lendemain. Heureusement, Cédric avait blessé suffisamment profondément son ennemi pour que celui-ci boite encore de nombreuses semaines. Les deux collègues avaient donc le temps de voir venir les choses, le surveiller davantage pour connaître ses habitudes pour mieux le traquer, le pister et enfin l'attraper.

Ce qu’il faut, c’est l’éloigner de la cour, et lui tendre une embuscade… en s’étant assuré qu’il ne puisse plus donner de coups.
Tout à fait.
A cet instant, le petit silence et les sourires échangés valaient toutes les paroles du monde. Je sais que pour l'instant, il se terre dans ses appartements mais il ne pourra pas être un ermite éternellement. Et connaissant du Perche, le faire sortir ne sera pas le plus difficile, mais bien de l'attraper. Qu'est ce que je pourrais faire sans vous ?

S'associer dans le crime était une amitié comme une autre, on trouvait des points communs là où on le pouvait. Et les deux hommes ne pouvaient que s'entendre, ils avaient globalement la même vie, poursuivaient des buts de vengeance et savaient si bien manier les armes qu'il serait idiot de se livrer bataille l'un contre l'autre alors qu'ensemble, ils pouvaient faire une sacrée équipe. Mais une équipe qui allait devoir partir vu la baston qui se préparait non loin d'eux entre deux alcooliques.

M’est avis que l’ambiance se réchauffe ici. Nous aurons le temps de mettre au point tout cela plus en détail après y avoir réfléchi. Et cette fois, le bougre n’en réchappera pas…
Les bougres. N'oubliez pas votre propre plan. Allons y, Sola. Que notre ami du soir paie sa tournée.


De la bourse volée chez leur victime, Cédric jeta quelques pièces sur la table et quitta l'établissement, le danois derrière lui. Il avait pris soin de remettre en place sa capuche pour cacher son visage meurtri et les deux s'enfoncèrent dans la nuit parisienne pour regagner chacun son domicile. Un mort, une bourse gagnée, un plan de meurtre et un plan d'enlèvement mis en place, c'est ce qu'on pouvait appeler une bonne soirée …

Fin

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« Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. »

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MessageSujet: Re: Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|   Aujourd'hui à 20:43

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Il faut rire de la mort ! Surtout quand c'est les autres |Ulrich|
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