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 Entre hypocrisie et haine [cédric]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
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Âge : 25 ans
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MessageSujet: Entre hypocrisie et haine [cédric]   23.06.11 2:40


« Sois proche de tes amis, et
encore plus proche de tes ennemis. »

Je ne sais pas trop pourquoi mais je crains pour ma vie. Ces derniers temps, je dors mal, pas à cause de mes cauchemars – enfin, pas que – mais je me sens espionné, surveillé et pourtant, je ne vois rien aux alentours. Et si quelqu'un voulait attenter à ma vie ? A celle de mon fils ? Je ne sais pas si quelqu'un veut se débarrasser de moi, je ne me laisserais pas faire !

Philippe passait une partie de ses nuits à la fenêtre de la chambre d'Arthur. Il était sûr que quelqu'un rôdait non loin du manoir, le jeune homme avait senti des regards glissé sur lui à plusieurs reprises. Bandit ? Assassin ? Peu importe qui se cachait dans les bois, cela devait cesser. D'artagnan junior ne se sentait pas en sécurité et se devait de protéger sa famille, son fils en particulier puisqu'ils n'étaient que trois dans la maison, en comptant Barnabé l'homme à tout faire. Il n'était jamais tranquille lorsqu'il devait quitter la maison, même si ce n'était que pour une heure ou deux. La boule au ventre se formait sur le chemin du retour, la peur de voir des cadavres jonchés le sol. Plus que jamais, Philippe avait besoin de ces leçons d'épée, et revoir Élodie lui prodiguerait un sentiment d'apaisement, de bien être.

Pourtant, aujourd'hui, il avait laissé la maison sans surveillance, Philippe ne pouvait pas passer ses journées entières au manoir, il était aussi Duc et avait de nombreuses responsabilités, comme aujourd'hui où un comte espagnol venait à Paris pour diverses raisons, dont voir Philippe pour de nouveaux accords commerciaux entre leurs régions. Le jeune duc aimait faire prospérer ses terres et voir le peuple vivre plutôt bien, contrairement à certains qui ne pensaient qu'à leurs fortunes personnelles. Bien sûr, Philippe était riche, d'ailleurs cela faisait de lui un excellent parti, mais il ne cherchait pas l'or à tout prix, il avait un respect et une valeur de la monnaie. L'éducation y était sûrement pour beaucoup et aussi le fait qu'on ne l'ait jamais élevé dans l'optique de devenir Duc, rien ne lui était monté à la tête …
Alors le voilà partir pour Paris, embrassant son fils une dernière fois et donnant les dernières recommandations à Barnabé avant de partir pour la capitale à cheval. Il avait changé son éternelle chemise trop grande et un vieux pantalon pour quelque chose de plus propre et plus digne de sa condition de Duc. Il avait donc rajouté un pourpoint noir rehaussé de fils d'argent et une cape. A sa hanche gauche trônait une épée, il avait décidé de ne plus sortir désarmé, ou du moins sans arme « voyante », celle-ci dissuadait la plupart des voleurs, seuls les plus téméraires s'aventureraient à vouloir se battre.

La journée passa rapidement, sans que le gascon ne se soucient beaucoup de sa famille. Cela faisait plaisir de retrouver une connaissance, de longuement discuter, négocier et avoir un semblant de vie sociale. Le temps avait filé sans qu'il ne le voit passer et il était temps pour Philippe de rejoindre les siens. Par soucis de rapidité, il lui arrivait de traverser la forêt de Versailles. Il ne lui était jamais rien arrivé et il galopait entre les arbres pour gagner du temps. Seulement, au bout d'une bonne demi-heure à s'enfoncer dans la verdure, Philippe sentit à nouveau épié et tourna la tête pour regarder autour de lui. Personne. Mais quand un craquement se fit entendre, il en était certain : il n'était pas seul ! Pourtant, le jeune homme se résolut à continuer son chemin.
Tout à coup, une silhouette sur un cheval arriva de nul part et fonça sur d'Artagnan, une épée à la main dirigée sur le jeune homme. Il eut juste le temps d'accélérer et le fleuret effleura à peine sa cuisse gauche. Impossible de voir son visage, le chapeau en cachait une partie, l'autre était recouverte d'une écharpe. Le fou revint plusieurs fois à la charge mais Philippe ne se laissa pas faire et sortit sa lame de son fourreau pour riposter. Mais, diable, l'autre était habile et disparut. Puis réapparut quelques minutes plus tard, cette fois-ci avec ces nouveaux pistolets, destructeur si la personne visait bien. Par chance, celui-ci manqua son coup ! Pourtant pas de nature couard, Philippe fuyait, faisant galoper Hébé à folle vitesse à travers la forêt pour échapper à son ravisseur. Tout cela dura une bonne demi-heure et c'est essoufflé et rouge que le jeune homme entra dans une petite clairière avec un point d'eau. Il laissa sa monture boire et lui descendit pour se dégourdir les jambe et examiner sa blessure. Pas grand chose, il n'y avait même pas de sang. Il s'assit sur une pierre et passa de l'eau sur la nuque quand du bruit se fit entendre non loin de lui et que les feuilles frémissaient, annonçant l'arrivée d'une personne. Se relevant à toute vitesse, Philippe sortit à nouveau sa lame et hurla

« Qui que tu sois, sors de là que je puisse te voir ! »

Pourtant peu habitué à se battre avec une épée, il le ferait si sa vie en dépendait. Mais ce qui allait lui arriver réservait encore plus de surprises qu'il ne pouvait le penser ...



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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

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Côté Coeur: Il a servi il y a des années avant de complètement le ferme. Mais la revoir me fait redevenir ... humain ?
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MessageSujet: Re: Entre hypocrisie et haine [cédric]   02.07.11 14:13

« La souffrance a ses limites, pas la peur. »

Certains passent leur vie à chercher des trésors, d'autres à retrouver leur honneur ou trouver le bonheur. Parfois, il s'agit d'un peu tout cela à la fois et toutes les méthodes sont bonnes car, comme dit l'autre, la fin justifie les moyens. Alors peu importe les obstacles, il faut savoir les réduire à néant mais sans les détruire complètement. Vous ne comprenez pas ? Voici un bel exemple avec Cédric de Portau. Dans les rues de Paris, caché sous un déguisement de paysan, il errait dans la ville avec un but précis : retrouver Philippe d'Artagnan. Ces deux là se connaissaient depuis l'enfance sans être amis, Cédric ayant davantage côtoyé l'aîné Alexandre. Depuis la mise en place du plan pour faire croire à la famille d'Artagnan qu'il est des leurs avec le journal de sa mère prouvant qu'elle avait couché avec Charles (mais arraché la page où elle précisa qu'elle était enceinte avant cette liaison), Philippe était l'obstacle à franchir. C'est lui qui possédait la Gascogne, cette terre riche et fertile qui faisait pâlir d'envie le Portau avec son minable territoire. Si Alexandre aurait conservé son titre, sûr qu'il aurait donné sa place à son « frère » mais le cadet se montrait plus coriace. Il avait pensé à l'éliminer mais les bandits avaient échouer, le laissant juste sans fiancée et s'enfonçant dans un mal être chronique. Il avait essayé de se montrer amical pour visiter les lieux mais Philippe s'était montré distant, froid et l'observait comme on observe un ennemi. S'en débarrasser là-bas aurait été un jeu d'enfant si celui-ci n'était pas remonté à Paris. Cédric avait du remettre en cause tout son plan et avait eu une idée davantage diabolique : le rendre fou pour le décrédibiliser en temps voulu. Depuis quelques jours, Cédric jouait à faire peur à son meilleur ennemi. Il restait tapi dans le bois non loin du manoir, observait, faisait des bruits discrets mais perceptible fond de la nuit. Plusieurs fois, il avait vu le jeune duc se tourner, chercher du regard puis hausser des épaules comme pour se rassurer, il était sûr que Philippe se levait la nuit pour regarder au-dehors. Et aujourd'hui, il passait un cran au-dessus.
Mais pour cela, il fallait le retrouver dans Paris. Et cela mis bien deux heures avant de retrouver sa trace, Portau vit Philippe monter à cheval et s'en aller. Il décida de le suivre à bonne distance, le vit quitter la ville et s'enfoncer dans la forêt. Un raccourci pour retrouver sa famille, sans aucun doute. Le moment était parfait pour entamer son nouveau plan. Il enfila un long manteau noir et son masque.

Lui faire peur en l'attaquant. Philippe n'était pas un homme d'armes, il serait plus facile de lui faire peur et qu'il s'enfuit. Il le suivit de loin, prenant soin de faire un peu de bruit pour l'inquiéter un peu plus. Le cadet d'Artagnan tourna la tête, chercha encore une fois qui pouvait être là puis continua. Cédric attaqua à ce moment là ! Épée en main, il fonça sur le jeune homme toujours agile malgré sa maigreur ! Le but n'était pas de le tuer – même si cela serait plaisant – mais juste de le blesser légèrement au maximum, comme il venait de faire à la cuisse. Il ne s'attendait pas à ce que Philippe sorte à son tour une arme ! Il ne fallait pas que Cédric soit blessé, cela perdrait tout son sens et ce serait davantage l'histoire de l'arroseur arrosé … Cédric partit donc mais non sans dire son dernier mot. Il avait encore une carte en main : un pistolet dernier cri qui ne font que du bruit si l'on vise mal. C'était bien sûr son but ! Il avait besoin de Philippe pour son plan, il avait besoin que le gascon l'accuse à tort pour qu'Alexandre prenne sa défense. S'il réussit à désunir cette famille, se débarrasser de Philippe serait après un jeu d'enfant ! Mais avant, le plaisir malsain de lui faire peur, de le torturer mentalement était délicieux. Alors le revoilà au galop, visant grossièrement son ennemi pour tirer en sa direction. Il rit à la vue de la fuite de Philippe et prolongea le plaisir en le poursuivant pendant quelques minutes avant de disparaître.

Là venait l'autre partie de son plan du jour. Il se changea, retira manteau et habit de paysan pour redevenir lui-même. Il garda son cheval, juste pour faire douter le jeune homme mais prouverait qu'il se trompait. Il se rendit à son tour vers la clairière sans vraiment de discrétion. Portau retint même un sourire diabolique lorsque Philippe hurla à son encontre. Et lorsqu'il le vit, arme à la main en sa direction, cela fut encore plus difficile de se retenir de rire. Pourtant, il fit l'étonné, comme si de rien n'était en voyant Philippe pointé son épée en sa direction.
Philippe ! Qu'as tu à me pointer ta lame ?

Il en était presque convaincant ! Il se surprenait lui-même à paraître si sérieux et si choqué avec ce qu'il avait fait quelques minutes auparavant. Cédric s'avança jusqu'à son « ami » pour descendre et se retrouver face au jeune gascon qui ne cessait de le fixer.

Cesse de me regarder comme cela, on dirait que tu as vu un fantôme ! Tout va bien j'espère ?

Cela était presque diabolique : il avait joué à lui faire peur et maintenant il se mettait dans la peau de l'ami. Bien sûr, pour pousser Philippe à sa perte, il ne fallait pas montrer qu'il ne supportait pas ce petit avorton qui avait tellement de richesses mais vivait presque comme un moine depuis la mort de sa fiancée. Alors de face, Cédric jouait l'ami aimable, gentil et serviable mais de dos, il faisait le fantôme de la nuit et s'amusait à lui faire peur. Il savait très bien que Philippe ne l'aimait pas et à trop le montrer, cela le perdrait. Portau avait réfléchi tellement d'heures à son plan qu'il était, à ses yeux, infaillible. Il baissa ses yeux sur la cuisse de Philippe, à peine blessée mais dont le pantalon se colorait faiblement de rouge.

Mais tu es blessé ! Et tu n'as pas l'air tranquille … mais que se passe t'il ?

Il devrait songer à travailler comme acteur, il était vraiment bon dans le ton et la justesse du texte semblait appris par cœur. Philippe allait vraiment se perdre …



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« Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. »

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MessageSujet: Re: Entre hypocrisie et haine [cédric]   05.07.11 0:22

S'il y a bien un adjectif qui ne qualifiait pas Philippe, c'était bien celui de couard. En fier gascon, il avait plutôt tendance à foncer tête baissée dans la bataille et accumuler les ennuis qui allaient avec. Pourtant, aujourd'hui fut une exception. Enfin, il n'avait pas fui car il avait peur, enfin pas seulement, juste parce qu'il n'avait pas les moyens de se défendre contre cet ennemi acharné qui s'en était pris violemment à lui. Et avec les armes à feu, on ne plaisante pas, cela était dangereux et mortel. Alors fuir pour sauver sa peau, ne pas risquer de mourir tout seul comme un con en pleine forêt, cela n'en valait pas la peine. Pourtant, arrivé dans la clairière, Philippe se maudit de ne pas avoir tenté de lutter davantage. Il était d'Artagnan après tout, de cette famille d'hommes où on ne fuit pas, où périr au combat s'avèrerait une mort des plus honorables. Enfin c'était la vision de son père, peut être aussi de son frère, mais Philippe ne pensait pas ainsi. Maintenant qu'il avait Arthur dans sa vie, il réfléchissait différemment et prendre des risques serait totalement irresponsable de sa part. Alors il avait beau lancé des insultes à voix basse, sa raison savait qu'il avait fait le bon choix.

Le jeune duc se mit à penser à cet inconnu sortit de nul part. Cela était étrange qu'il s'attaque à lui de la sorte, encore plus masqué. Les bandits n'ont pas peur de montrer leurs visages, ils n'ont rien à perdre. Mais se cacher derrière une écharpe et un chapeau laissait souvent présager qu'on est plus important qu'un préposé aux attaques en forêt. Qui pouvait bien lui en vouloir ? A vue de nez, Philippe n'avait pas d'ennemis, du moins pas à ce degré là. Et s'il en avait, cela était davantage des seigneurs en Gascogne, des hommes de l'âge de son père qui ne supportaient pas d'être sous l'autorité d'un gamin comme ils disaient si bien. Mais cela allait davantage en querelles ou en épées sorties comme une proposition de duels qu'une tentative de meurtre dans la forêt de Versailles ! Ou alors l'homme s'était trompé de cible, cela était possible aussi … Il soupira longuement avant d'entendre le bruit des fourrés. Instinctivement, le jeune homme se releva d'un bond et sortit son épée. Lui qui n'était pas homme d'armes ne sortait jamais plus sans sa lame, depuis l'incident des brigands avec Élodie, depuis qu'il avait un fils, depuis qu'il se sentait observé.

Mais l'homme qui pénétra dans la clairière fut une surprise de taille. Mauvaise surprise qui plus est. Philippe se serait bien passé de l'avoir dans les parages.

« Philippe ! Qu'as tu à me pointer ta lame ? »
« Cédric ? »

« Pas lui … » pensa t'il dans son esprit. Comment expliquer ? Ce n'était pas le grand amour entre les deux hommes, Philippe sentait un truc louche sur cette vieille connaissance d'enfance qui était venu à plusieurs reprises lui rendre visite en Gascogne. Ses yeux s'attardaient trop sur le mobilier comme s'il le convoitait, les questions étaient négligemment indiscrètes et ce ton amical sonnait un peu trop faux. Comme aujourd'hui encore.

« Cesse de me regarder comme cela, on dirait que tu as vu un fantôme ! Tout va bien j'espère ? »

« Rien ne va plus depuis que j'ai vu ta face de rat … » Vraiment, il ne pouvait le supporter mais devait bien rester poli, l'autre ne l'avait jamais agressé jusque là, il était juste trop envahissant et les coïncidences un peu trop grosses parfois. Mais après tout, Versailles est bien plus petit qu'on ne peut le penser, il avait pu en faire les frais à plusieurs reprises ! L'autre s'approchait et l'idée de l'embrocher par son épée traversa le cerveau du gascon qui, lui pourtant pacifiste, n'était pas déplaisante. Pourtant, il rangea sa lame et resta droit, muet et le visage fermé à ce faux ami à qui il allait devoir discuter par soucis de politesse.

« Mais tu es blessé ! Et tu n'as pas l'air tranquille … mais que se passe t'il ? »

Baissant les yeux, en effet un peu de sang s'était finalement écoulé de sa blessure mais rien de dramatique.

« Je vais bien, ce sont les bois qui ne sont pas tranquilles. »

Il n'avait pas envie de faire la conversation, surtout pas à lui. Philippe voulait juste remonter à cheval et rentrer au manoir. Arthur et Barnabé l'attendaient sans aucun doute et il serait mieux avec eux qu'avec ce fourbe de Portau. Qu'est ce que c'était que ce faux visage inquiet ? Il aurait du partir sans un mot mais la curiosité de ce hasard le fit poser une question.

« Et toi, que fais tu là ? Je ne pensais pas que tu vivais par ici. »

Philippe se moquait d'où cet imbécile pouvait vivre mais parmi toutes les clairières de la grande forêt et du nombre de personnes qui y passent, il avait fallu qu'ils se rencontrent tous les deux. Ils s'étaient déjà vus de nombreuses fois en Gascogne, quand Philippe faisait ses visites habituelles. Portau se retrouvait invariablement sur son chemin une fois sur deux, cela en devenait agaçant, encore plus lorsqu'il s'invitait à Lupiac. D'Artagnan avait toujours eu du ressort pour ne pas partager un repas avec lui, ce serait comme inviter Judas à sa table. On lui avait crucifié le cœur, Philippe ne voulait pas davantage.

D'un coup son regard azur se porta sur la monture de Portau. D'une magnifique robe noire, le cheval ressemblait pour beaucoup à celui du cavalier masqué. Serait-ce possible que … ?
Philippe fixa à nouveau Portau et se dit que cet homme jouait un peu trop à l'ami avec lui, cela en était presque … obsessionnel. A croire qu'en devenant son ami, Philippe se méfierait moins. Et si Cédric était ce fameux ennemi mortel auquel Philippe ne trouvait pas de visage ? Pourquoi pas, il avait une tête de traître mais il n'avait aucun mobile pour cela. Enfin, d'Artagnan n'en voyait aucun. Pourtant, par instinct, il recula d'un pas, oubliant que l'eau se trouvait derrière lui. Il tomba à la renverse tout entier. Revenant à la surface, Cédric semblait s'être rapproché mais Philippe resta dans l'eau.

« Ne t'approche pas !!!! »

Un poil paranoïaque peut être mais fier avant tout, le Duc voulait remonter seul à la surface, sans l'aide de personne, encore moins de la part de Cédric !


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MessageSujet: Re: Entre hypocrisie et haine [cédric]   08.07.11 13:50

Je vais bien, ce sont les bois qui ne sont pas tranquilles.
Je suis bien d'accord avec toi.

Il réprimait son sourire machiavélique pour se concentrer sur cet air préoccupé qu'il devait arboré en cette circonstance. Cédric devait passer pour quelqu'un d'amical, qui se souciait de son prochain. A dire vrai, le comte se moquait de Philippe comme de l'an 40, il serait même ravi de s'en débarrasser, là maintenant tout de suite. Mais cela ne faisait pas partie de son plan, Philippe devait rester en vie pour l'instant. Certains se demanderont pourquoi ne pas tuer le cadet d'Artagnan sur le champ. Cela est simple : il fallait que les deux frères retrouvent leur père, que la famille soit réunie avant de révéler qu'il faisait soit disant partie du clan. De plus, s'il tuait Philippe maintenant, Alexandre voudrait rechercher le coupable plutôt que s'occuper de son nouveau frère. Alors garder Philippe en vie … Pour l'instant. Quoique, peut être lui laissa t'il la vie sauve si le gascon devenait vraiment fou, sa famille aurait la « bonté » de l'interner à l'Hôtel-Dieu, voire à la Bastille s'il devient fou furieux.

Sinon, il mourra.
Folie ou mourir, il faut choisir.

Quel beau slogan, cela ferait fureur ! Mais il y avait du chemin avant de faire sombrer le gascon. Il semblait méfiant et, comme tous les d'Artagnan, était un dur à cuire. Malheureusement pour Philippe, Portau était d'une patience presque sans faille et savait qu'à force de plans machiavéliques, il arriverait à ses fins. Là, ce n'était qu'un petit préambule, rien par rapport à ce qu'il lui avait préparé, le cerveau démoniaque de Cédric avait mûrement réfléchi à tout un tas de situations qui conduirait le jeune d'Artagnan à la folie. Il avait même déjà ses alibis de prévu, c'est pour dire que tout était prêt.

Mais lui qui croyait que Philippe ne pouvait le supporter, voilà que le gascon se mettait à lui faire la conversation. Là encore, il fallait rester naturel et trouver la parfaite excuse car, en effet, il ne vivait pas du tout par ici.

Et toi, que fais tu là ? Je ne pensais pas que tu vivais par ici.
Moi non, mais une jeune demoiselle, si. Et je suis prêt à faire de nombreux détours pour m'y rendre. La forêt est un excellent raccourci même si, à te voir, je vois que ce n'est pas vraiment le plus sûr.

Il n'y avait rien de mieux comme excuse qu'une femme ! Même si la demoiselle en question n'existait pas, Cédric n'avait pas besoin de donner un nom ou même une description, il savait que Philippe ne l'appréciait pas plus que cela et n'entrerait pas dans les détails. Oui, Cédric avait bien remarqué l'hostilité de Philippe à son égard, il n'y avait qu'à écouter le ton de sa voix, le fait de se tenir distant et ce regard fermé, presque dur. Tous ces signaux prouvaient bien que le d'Artagnan n'appréciait pas vraiment Cédric et, d'un côté, c'était tant mieux. Car, aux yeux de tous, Portau tentait de gagner simplement l'amitié du jeune homme, se montrait aimable et sympathique. Cela était déjà un avantage car, si un jour Philippe l'accuse de lui vouloir du mal, Cédric pourra lui retourner la pareille car lui n'a point été méchant et froid.

Cédric vit aussi que Philippe regarda sa monture. Par fait exprès, il n'avait pas changé de cheval, il voulait semer le doute dans son esprit, commencer à le rendre fou, le faire douter, le rendre un peu paranoïaque. Cela marchait bien, c'était presque trop facile en fait. Il y eut un silence mais les yeux azurs de d'Artagnan traduisait tous les sentiments, toutes les idées qui lui passaient en tête. Il commençait à se poser des questions. Lorsqu'il se mit à reculer, Cédric ne bougeait toujours pas, ne courut que lorsque le jeune homme tomba à l'eau. S'il commençait à oublier ses repères, c'était un excellent signe pour la suite ! Cédric continua son manège amical et s'approcha de l'eau, s'accroupit avant de revoir le jeune homme sortir la tête de l'eau.
Ne t'approche pas !!!!
Si je m'approche, je tombe à l'eau, ne sois pas idiot. Allez, remonte, sers toi de ma main.

Il aurait préféré que cette main enfonce la tête de ce Duc de pacotille mais il la laissa tendu, toujours à jouer à l'ami qui veut du bien. Que ce soit par peur ou par fierté, Philippe nagea jusqu'au bord un peu plus loin et en ressortir tout mouillé. Autant avec ses vêtements, il pouvait avoir l'air normal, mais le tissu plaqué sur le corps faisait ressortir toute sa maigreur. Sûr qu'après la mort d'Emmanuelle, il avait sombré le pauvre garçon. Cédric trouvait cela parfait car cela rendait Philippe déjà assez instable et ce corps un peu décharné n'aidait pas à prouver qu'il était en bonne santé. Faisant semblant de pudeur, Portau cessa de fixer le physique de son « ami » pour chercher de quoi le sécher. Là encore, l'idée de le laisser crever de froid lui traversa l'esprit. C'est fou comment une seule personne pouvait donner autant d'idées meurtrières à Cédric en si peu de temps. Philippe avait laissé sa cape sur sa monture et Cédric lui tendit, toujours avec un petit sourire amical.

N'attrapes pas froid, ce serait stupide de tomber malade juste parce que tu ne savais pas qu'il y avait une étendue d'eau derrière toi !

Il était vraiment un hypocrite de premier choix, cela était presque fascinant de le voir agir de la sorte tant il faisait bien la comédie. Des années à devoir se faufiler, tromper son monde et jouer à se faire passer pour d'autre y était pour beaucoup, Cédric était sûrement meilleur acteur que certains qui sont sur les planches et il s'en félicitait tout seul.

A part cela, comment vas tu ? Tu sembles sur les dents, cela n'est pas bon.


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