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 [Admin] Alexandre d'Artagnan

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Joséphine La Grange
Côté Lit: Ca va merci... et vous, confortable ?
Discours royal:



ADMIN SEXY
and he knows it !

Âge : 29 ans
Titre : Ancien Mousquetaire - En recherche d'emploi !
Missives : 1751
Date d'inscription : 24/09/2006


MessageSujet: [Admin] Alexandre d'Artagnan   19.03.09 18:15

Alexandre - D'ARTAGNAN
ft. Jensen Ackles



    ► 26 ans

    ► Sous-Lieutenant - Mousquetaire du Roi

    ► Né à Paris, le 8 août 1638. Sa famille vient de Gascogne. Il en a hérité la fierté, l'honneur ainsi que le flegme et l'audace.

    ► Marié à Marine d'Artagnan, 2 enfants (Aurore, l'aînée qui a 3 ans et Guillaume qui a 1 an)


    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?
    • Extrait du journal d'Alexandre :

      Versailles... ma mère avait raison, on y fait de belles rencontres. Sans Versailles je n'aurais jamais rencontré Marine. Je n'aurais pas non plus été père... qui sait ce que je vivrais maintenant ? Je serais sans doute simple soldat, en mal de vivre et célibataire, noyant ma maladresse dans un ou deux pichets de bière... ou de vin. Et encore... Aurais-je été Mousquetaire sans noble à protéger ? Finalement, Versailles, c'est ma vie. Et sans son lot de mondanités, je n'existerais pas, enfin le personnage que j'affiche n'existerait pas. Je me demande si j'aurais les même amis et les mêmes ennemis... Ma vie aurait été profondément changée. Je n'arrive à pas à concevoir ce que j'aurais fait à part Mousquetaire... Duc ? Simple Duc ? La Gascogne n'est pas mon rêve. J'aime son histoire, j'aime mes racines mais je ne changerais pour rien au monde cette vie actuelle. Il y a eu des hauts, il y aura des bas, mais ce que j'ai c'est une source intarrissable de bonheur. Je sais que je suis encore jeune mais, je me demande bien ce que je pourrais faire lorsque mon corps ne pourra plus supporter les entraînements. C'est loin tout ça... trop loin pour que cela m'obsède. Je sais qu'il me faudra éluder la question. Le plus tard sera le mieux.

      ----


      - Vous connaissez la dernière ?

      - Non.

      La jeune femme prit un air important et regarda autour d'elle. Il en était toujours ainsi à la Cour. Dès qu'une rumeur circulait, tout le monde était mis au courant. Et c'était étrange de voir à quelle vitesse cela pouvait se propager ! Même la poudre ne pouvait pas suivre le mouvement ! Son interlocuteur tendit l'oreille. Bien sûr la version variait à chaque fois mais le contenu était le même et tenu secret. En fait chacun confiait son petit secret du jour à une personne qui confiait ce même secret à d'autres qui faisaient de même, encore et encore.

      - Imaginez donc ! Vous connaissez d'Artagnan ?

      - Le vétéran au ventre bedonant ?

      - Non pas le père, le fils... l'aîné parce qu'il en a deux, mais on entend rarement parler, du second. Il paraitrait qu'il a fui à la mort de sa fiancée... Il est à mon avis coupable. Enfin, je vous parlais de l'aîné, celui qui a suivi les traces de son père, jeune, plutôt beau, mais...

      - Mais quoi ?

      - Figurez-vous... il a jeté le déshonneur sur sa famille... Il a mis sa femme enceinte avant le mariage !

      - Non ??? Un jeune homme si vertueux ? Et bien, je n'arrive pas à y croire. J'ai toujours pensé de toute façon qu'il avait quelque chose à cacher ! Son air vertueux... ce n'était pas très clair !

      - Tout à fait ! Décidément, d'Artagnan ce n'est plus ce que c'était... le père est devenu paranoïaque, il voit des complots partout et se déguise même en Mousquetaire, mon mari l'a vu sortir des catacombes lors d'une balade à cheval. Le cadet a probablement tué sa fiancée, s'il est aussi violent que le père... et l'aîné non seulement de faire un enfant hors mariage, a épousé une... gueuse... sortie des rues !!! Elle travaille aux cuisines ! Une rumeur circule... beaucoup disent que c'est une catin reconvertie... elle a mis le grapin dessus et elle ne le lâchera plus !

      Alexandre n'en pouvait plus. Montant la garde à quelques mètres, au détour d'un couloir, il entendait les propos de la jeune femme comme s'il y était. Ses murmures résonnaient dans cette partie vide du château. Si les propos sur son père et son frère avaient pu passer, ceux à son sujet étaient restés en travers et lui avaient rappelé des mauvais souvenirs. Mais lorsque Marine fut à son tour dénigrée de la sorte, il sortit de ses gonds et de sa réserve. Surgissant au détour du couloir, il empoigna la jeune femme qui poussa un cri de surprise et la plaqua contre le mur. Ses yeux étaient furieux et son visage formidablement serré :

      - Excusez-vous !!! TOUT DE SUITE !!!, rugit-il.

      - Pardon Messire...

      Il la lâcha les poings serrés. Il avait envie de frapper mais il savait bien que s'il le faisait sur un Noble, il serait mis à la porte ! Alors il s'en alla à l'extérieur, pour se calmer. Le jeune femme réajusta son décolleté et son éventail et dit, venimeuse :

      - Asociable et violent... on se demande bien de qui sont ces bâtards... il se dit que leur père a abusé d'une imbécile, non-finie...

      Fort heureusement pour elle, Alexandre était loin. L'homme à ses côtés approuva et ils poursuivirent leur ragots empoisonnés, comme deux vipères sous une roche, avides de chair fraîche...

      ----


    • Extrait de journal d'Alexandre :

      Je les déteste, je déteste cette vie, cette Cour qui se pavane, sa méchanceté et ses mensonges ! Toujours des mots qui me blessent... qui créent des entailles. Je dois protéger ma famille de ces charognes... mais c'est tellement dur de me protéger moi-même...


    Vérité ou fantasme du complot ?
    • Extrait du journal d'Alexandre :

      Nous avons finalement réussi à trouver les traîtres qui voulaient assassiner le Roi. Cela n'a pas été dur, ils se sont replis dans un château, non loin de la frontière au nord. Philippe dit que ce sont les Provinces Unies. Je ne sais pas de quoi il s'agit mais en tout cas... il y fait un froid de bête ! Rien ne ressemble à mon chez-moi... Je n'ai ni les bruits des épées ni la présence de Marine. C'est très dur. Philippe essaie de jouer sur tous les tableaux, mais il sait comme moi que je ne suis pas un bon compagnon de voyage. Je trouve le temps long... les paysages monotones. Je n'aspire qu'à une chose c'est de rentrer.

      C'est pour bientôt, nous le méritons. Mon frère a passé sa journée à soulager ses courbatures. Il n'est pas habitué à combattre des heures durant face à des soldats aguerris. Mais il s'en est bien sorti. Il m'en veut certainement d'avoir tué cet homme... j'en suis sûr... mais j'y ai été contraint, c'était lui ou moi. Ses traîtres étaient prêts à tout, ils n'auraient pas hésités à nous mettre à mort. C'est comme ça qu'ils fonctionnent. De toute façon, quel que soit son avis, Philippe ne comprendra jamais l'ampleur de notre tâche. Je servirais le Roi, comme je dois le faire. Et si pour cela je dois tuer un assassin, alors, je n'hésiterais pas.


      ----


    • Extrait du journal d'Alexandre :

      Mon père croit de plus en plus à la théorie d'un complot. Je n'ai rien entendu dire à ce sujet mais cela semble occuper ses pensées, jour et nuit. La situation est désastreuse selon lui. Le peuple se soumet à la volonté de félons qui ne sont que des marchands d'espoir. Je ne sais pas ce qu'il se trame mais s'il dit que c'est important, cela doit être vrai. J'ai du mal à concevoir qui serait assez fou pour vouloir tuer le Roi. A part Nicolas de Ruze, personne n'est assez stupide et abject pour prendre le risque.

      L'autre jour, je l'ai surpris à couper les lannières de ma selle. Son couteau a blessé Tempête sur les flancs, ce qui m'oblige à le soigner méticuleusement. J'en fais une affaire personnelle... ce couard goûtera bientôt à la pointe affinée de mon épée ! Il faut que je prenne garde, il est probablement plus malin que ce qu'il laisse paraître et je sais qu'il me plantera un couteau dans le dos dès que j'aurais baissé ma vigilance... Si complot il y a, Ruze est impliqué jusqu'aux cheveux !


    Plutôt colombe ou vipère ?
    • Extrait du journal d'Alexandre :

      Je n'arrive pas à compter le nombre de rumeurs qui circulent sur ma famille... Elles ont toujours existé et je les méprise. Les plus abjectes concernent Marine. Elle n'a malheureusement pas de chance, elle n'a aucune fortune, aucun titre... juste mon coeur, pour toujours. Elle n'avait rien demandé, elle vivait bien. Depuis qu'elle m'a rencontré, j'ai l'impression de lui causer tracas sur tracas... Dans les cuisines, elle subit les foudres de certaines personnes, contre lesquelles je ne peux rien. Traitée comme une souillon, comme un animal parfois, je trouve ça indécent. Mais malgré tout certains disent qu'elle ne cesse de se plaindre, qu'elle se prend pour un nouvelle noble alors que c'est entièrement faux. Elle a du courage et de la volonté de continuer à travailler. Comment fait-elle pour passer au dessus de tout ça ? C'est admirable...

      Mon père non plus n'échappe pas au colportage... il paraît qu'il a été vu avec une prostituée. Des sornettes ! Jamais mon père n'irait dans une maison de joie. Qu'ils croient ce qu'ils veulent, il a certainement plus de charisme et de courage que tous les lâches serpents de la Cour ! Philippe aussi en prend pour son compte. Mais, cela me touche moins... je me pose moi aussi des questions... Il est parti sans un mot et depuis plus rien. Cela fait bien deux ans, maintenant et je suis profondément déçu. A croire que nous n'existions que pour l'héberger... j'ose espérer que non, mais j'ai de plus en plus de doutes...

      Je serais un menteur si je disais que des rumeurs ne me concernaient pas non plus. Mes erreurs passées dûes à mon insouciance continuent de m'éclabousser. Je m'en moque, même si les revivre est douloureux. Je ne supporte pas que l'on puisse mentir au sujet de Marine ou de mon père... pour moi, ce sont deux personnes auxquelles je tiens beaucoup et contrairement à Philippe... elles sont là, pas très loin de moi...



    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Alex
    ► 21 ans
    ► Plus ou moins régulière (4/7 en moyenne)
    Ok (by Myself mdr)
    ► Pas de suggestion

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Dernière édition par Alexandre D'Artagnan le 01.08.09 22:10, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   19.03.09 18:16

    « Il était une fois ... »

  • ...une histoire qui mérite d’être racontée… surtout que cette histoire est belle et prenante. Certains, en général les plus créatifs, préfèrent la mettre sur un journal intime, à l’abri des regards mais à portée de main pour une relecture. Un retour en arrière qui ne manque pas de satisfaire leur besoin de se rattacher au passé, à la source de leur vie. Alexandre ne fait pas partie de ce groupe là… Non, lui est plutôt du genre à garder son histoire pour lui… en tout cas à ne pas l'écrire dans tous les détails. Mettre sur papier certains aspects de sa vie, voilà qui était suffisant. Dans un sens, il n’a pas complètement tort. Qui s’occuperait de sa biographie à lui, un simple Mousquetaire ? Personne… Sauf qu’il n’est pas n’importe qui. Il porte le nom illustre et connu de D’Artagnan. Forcément, son passé intéresse beaucoup de monde. Des gens comme… vous, en somme, curieux de connaître les hauts et les bas de ce jeune homme. Mais, on ne parle jamais bien de soi… à moins d’être narcissique. Le meilleur point de vue est celui des autres. Quoi de mieux que quelques témoignages de proches pour apprendre des informations supplémentaires ? Des histoires écrites ou entendues… chacune a une valeur propre et témoigne une certaine vérité. Laissez-moi vous conter...


  • ...le début.
    Pour entamer notre aventure, mieux vaut commencer par là. Nous étions donc le 8 août 1638… quelques heures avant l’aube. La demeure des D’Artagnan était animée par les cris d’un petit bébé assez bien en chair, on sentait qu'il avait hérité d'un séjour bénéfique dans le ventre de sa mère ! L’enfant s’en donnait à cœur joie dans ses pleurs afin d’évacuer le trop plein d’eau qui l’empêchait de respirer. Que ce monde était froid ! Pourquoi l'avait-on sorti de cet endroit confortable à la paroi élastique ? Allongée sur le lit, tenant l’enfant soigneusement entouré d’un linge dans ses bras, Marie-Béatrice, Comtesse d’Enjou avait un sourire radieux. Epuisée néanmoins par les longues heures de travail pour mettre à bas son premier enfant, elle avait le front couvert de sueur. Il faut dire que le soleil n’était pas encore levé et qu’il fasait déjà assez chaud. L’été s'était très bien installé et ne semblait pas vouloir quitter Paris. Son mari, Charles de Batz Castelmore D’Artagnan était absent… occupé à une mission pour le Roi. Mais la jeune mère ne se retrouvait pas seule. A ses côtés, une vieille femme prenait soin d’elle. Elle se prénommait Eléonore. Ses traits semblaient vieux et fatigués mais pourtant ses yeux brillaient de bonheur. Servante de la Comtesse depuis des années, elle espérait bien la voir se marier et avoir de nombreux enfants ! Il fallait choisir un prénom pour ce petit bout rose... qui se calmait à mesure que Marie-Béatrice lui donnait le sein. D’un conseil avisé, elle savait qu’elle pouvait en parler à celle qui l’avait épaulée dans cette phase difficile.

    - Eléonore… quel prénom pensez-vous qu’il devrait porter ?

    - Comtesse, à mon avis Charles serait tout approprié. Il est de coutume de donner le prénom d’un aïeul à son enfant.

    Caressant le petit bras nu de son fils, la jeune femme perdit son regard dans le vide et ajouta :

    - Charles… n’est-ce pas là un léger manque d’originalité ? Ce qu’il m’arrive est une de choses les plus belles de ma vie… après mon mariage. Il ne fait aucun doute sur ce que la coutume voudrait… mais, je ne suis pas de cet avis. Et puis, sans vouloir me montrer odieuse, il existe des prénoms plus seyants à la beauté de mon garçon.

    Elle fit un charmant sourire. Sourire radieux qui mettait tellement son magnifique visage en valeur !

    - Comtesse, je vous en faisais la simple proposition. Le choix vous appartient entièrement.

    - Je sais… que penses-tu d’Alexandre ? Comme l’empereur macédonien qui a poussé ses voyages jusqu’aux Indes ? C’est un prénom d’origine grecque… qui en impose par sa réputation… qu’en penses-tu ?

    - Il me parait tout approprié, Comtesse. Il ne fait aucun doute qu’Alexandre fera la fierté de son père et votre bonheur.

    - Soit. Alors, ce sera Alexandre D’Artagnan.

    A ces mots le nouveau né et nouveau nommé émit un petit couinement avant de sombrer dans le sommeil innocent dont les bébés sont si friands à cet âge. Ainsi, fût-il baptisé par cette femme de lettre et d’art qu’était sa génitrice. Après s’être reposée à son tour, elle envoya un jeune coursier prévenir son mari de l’heureuse nouvelle et consigna les évènements qu’elle venait de vivre dans son journal, un magnifique cahier relié de cuir et aux pages blanches. Quel heureux jour !

    ----


    Les jours passèrent et Charles obtint une autorisation pour venir voir son enfant. Il y avait certainement autant de bonheur dans ses yeux que dans ceux de son épouse. C'est dans le journal de cette dernière que l'on peut trouver le maximum d'information sur cet homme célèbre, doué de corps et d'esprit, bien que renfermé et autoritaire, rendu bien avare d'émotions par la douleur du temps.

    ----


    Cher journal,

    Charles est enfin revenu. Il me parait fatigué mais de voir son fils l'a rendu heureux. Ce n'est pas le genre d'homme à montrer ses sentiments trop longtemps. Ses yeux étaient brillants, j'ai même cru apercevoir une petite larme. Alexandre se montre plutôt calme pour l'instant. Il pleure uniquement lorsqu'il a faim. Et il suffit que je lui donne le sein pour qu'il cesse. Ensuite, il se contente de dormir profondément.

    Je me sens un peu affaiblie mais Eléonore dit que ce n'est pas grave. Je la crois. En réalité, je ne me suis jamais sentie aussi rayonnante, j'ai le sentiment de prendre un nouveau départ... cet enfant est un véritable cadeau de Dieu. J'ai prié longuement pour qu'il vive à la naissance. Je vais peut-être m'avancer et paraître arrogante, mais je crois qu'il deviendra aussi fort et vaillant que son père !

    En attendant, sa compagnie m'est d'un grand réconfort et m'aide à attendre le retour de mon bien-aimé. Charles me manque lorsqu'il est en mission. J'ai vu les différentes parcelles de son fichu caractère. J'y ai trouvé un homme tendre, romantique et aimant, au delà de son indomptable fierté. Je souhaite à Alexandre de connaître un jour ce magnifique bonheur que son père a connu en le prenant dans ses bras.

    Cet enfant est un délice... le fruit de notre amour. J'aimerais te faire une promesse, Alexandre... sur ces lignes. Tu ne resteras jamais seul... Je serais là, quelqu'un sera toujours là pour toi, pour t'aimer... ton père, celle que tu aimes ou même... une sœur ou un frère... Puisse Dieu exaucer ma prière et te protéger.


    ----


    - Tu as vu, il aime ça !

    Marie-Béatrice recommença à enchaîner les notes sur son clavecin. L'instrument avait été accordé par un passionné de la musique. L'homme lui avait ajouté quelques touches supplémentaires avec des cordes neuves pour donner au son une mélodie plus douce et énergique. Et tandis que ses doigts caressaient avec une habileté sans pareille les différentes notes, la pièce se plongeait dans une attention sans commune mesure. Dans les bras d'Eléonore, Alexandre avait ouvert les yeux à moitié et se tenait immobile. Sur son visage rond, la bouche légèrement ouverte témoignait du plaisir qu'il éprouvait en entendant la musique. Cette dernière cessa un instant.

    - Je connais peu de gens qui sont insensibles à la beauté de votre talent, Comtesse. Alexandre ne déroge pas à la règle. Il est inspiré par votre mélodie.

    - Oh, Eléonore, savais-tu ? Tu te souviens la chanson que tu me chantais, enfant, lorsque j'avais peur du noir. Et bien, lorsque j'ai voulu la lui fredonner, j'ai cru l'avoir tué. On aurait dit qu'il ne respirait plus. Il m'a finalement invité par un hoquet à poursuivre. Et il ne s'est pas endormi ! Comme moi, il écoute...

    - Il ne la comprend surement pas, il est jeune.

    - Oui tu as raison, mais plus tard nous essaierons. Je l'endors en murmurant doucement. La musique semble l'éveiller au contraire.

    - Et bien il sera peut-être musicien !

    - Oh j'en doute... tu sais, Charles m'a déjà parlé d'en faire un vaillant chevalier.

    - Si jeune ? Mais enfin c'est irresponsable ! Il ne parle même pas et il lui trace un avenir... pas des plus glorieux !

    - Que veux-tu dire ?

    - Et bien d'être chevalier est un poids pesant pour un enfant ! Les responsabilités tombent vite... et puis, ce n'est pas une tâche aisée. Mieux vaut en faire un intellectuel plutôt qu'un soldat avant toute chose.

    La Comtesse resta pensive. Elle était en partie d'accord avec Eléonore, mais elle voulait quand même voir ce qu'Alexandre déciderait. Elle reprit donc sa mélodie, ou les "si", "ré", "sol" se poursuivaient comme des gouttes de pluie... notes cristallines se perdant dans la beauté de la demeure.

    ----


    - Et alors quoi ? Mettrais-tu en doute ma descendance, Porthos ?

    - Oh, je n'oserais pas...

    Une lueur brillait dans les yeux du compagnon d'aventure. Il taquinait, bien sûr qu'il taquinait... Charles avait tellement tendance à s'emporter lorsqu'on touchait à l'honneur de son nom ! Déjà, Aramis et Athos riaient sous cape... Le Gascon, jeune sous ses traits d'antan et suffisamment motivé pour une engueulade, n'allait certainement pas déroger à cette règle. La mine revêche, la main posée sur le pommeau de son épée, prêt à dégainer, il avança vers le Comte de Portau qui faisait deux fois sa taille et sa carrure. Mais cela ne l'arrêterait pas !

    - Par les cornes du Marquis !!! Et tu oses prétendre ne pas te moquer impunément de ma famille ? Sombre maraud ! Tu es donc si couard que tu ne daignes pas faire once de franchise ? Nom de...

    - D'Artagnan !

    Aramis, comme à son habitude, lança un regard réprobateur à son ami. Il savait quel genre de blasphème allait être proféré et ne le supportait pas. Charles lui lança un regard assassin comme si le fait d'être coupé dans son élan de colère était un outrage suprême !

    - Je dis seulement que ton bambin est encore bien fragile pour l'imaginer à ta place. Et puis, rien ne dit qu'il ne voudra pas faire autre chose ! Pour Cédric, j'ai déjà prévu bien des affaires... différentes des miennes.

    - Alexandre n'est pas fragile ! Il est en pleine santé, vaillant et bien portant !

    - Ce n'est qu'un bébé...

    Charles tourna son visage rouge de colère face à Athos et toisa le Comte de Silègue avec exaspération :

    - C'est mon enfant !!! Il n'est ni fragile, ni lâche !!! Il n'a jamais versé une larme et il ne se plaint pas, ni du froid ni de la faim !

    Porthos pouffa de rire. C'était connu, Charles avait toujours l'art d'exagérer. Il faut dire que sa fierté, il la portait haut ! Tandis qu'il dégaînait son épée pour provoquer le lèse-majesté en duel, des hommes du cardinal approchèrent.

    - Tiens, on dirait que nous allons avoir des ennuis...

    - En effet...

    - D'Artagnan, sers-toi donc de ta lame contre ces gredins !

    Un combat s'engagea entre les hommes en noir et ceux en bleu... Cela avait au moins eu le mérite d'effacer les désaccords entre les quatre compagnons. Depuis des jours, Charles n'en finissait pas de raconter fièrement comment son fils était né ! Oubliant bien sûr de mentionner qu'à sa vue, une petite larme avait coulé... fierté oblige ! Il ignorait que de toute façon, ses compagnons d'aventure l'avaient facilement cerné. Il était en effet courant qu'un Gascon se montre arrogant et prétentieux. Ils ne manquaient jamais de panache ! Et ils se battaient toujours avec loyauté et dévouement de façon exemplaire. D'ailleurs, un vieux dicton disait que le seul moyen de tuer un d'Artagnan, c'était de lui tirer dans le dos... à bonne distance...

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Dernière édition par Alexandre D'Artagnan le 18.07.09 23:35, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   19.03.09 18:17

  • ...une arrivée inattendue.
    Un vieux proverbe ne dit-il pas que l'on est mieux seul que mal accompagné ? Si... et pourtant, Alexandre eut bien vite la preuve du contraire. Il avait passé deux ans près de sa mère pour qui il éprouvait déjà une très grande affection. De cette époque là, il ne s'en souvient pas. Pas mal de choses se sont passées. Eléonore a fini par rejoindre les anges, son âge avancé la rattrapant au fil de ces dernières semaines. De cette femme, seule Marie-Béatrice en garda un souvenir sérieux. Charles pour sa part était bien trop absent pour l'apprécier comme il se devait et entre les deux, les frictions étaient plus que palpables. Son épouse fut triste mais elle ne se lamenta pas. Elle avait toujours la motivation nécessaire pour aller de l'avant. Barnabé lui succéda, attentionné, enjoué et toujours réconfortant. Il appréciait les bonnes choses et les enfants. Grand ami de Charles, ce dernier l'avait engagé pour veiller sur sa famille, il avait en effet une grande confiance en lui. Alexandre était un enfant vigoureux malgré des problèmes de santé plutôt inquiétants comme cette montée de fièvre qui l'avait empêché de se nourrir pendant deux journées entières et qui avait failli avoir raison de sa fragilité. Sa mère s'était fait du mauvais sang... les morts subites étant à cette époque une monnaie malheureusement trop courante ! Fort heureusement, à l'aide d'amour et de soins, l'aîné d'Artagnan survécut !

    Oui, j'ai parlé d'aîné... car Marie Béatrice mis au monde un second garçon qu'elle nomma Philippe. Là encore comme pour son frère, elle avait cherché dans sa culture générale, extensible à l'infini. Philippe de Macédoine étant le père d'Alexandre le Grand. Tandis que celui-ci était plus orienté vers la guerre, l'autre cherchait simplement la reconnaissance et la liberté. Comme eux, les deux fils de Charles allaient suivre un peu la même route. Dès les premiers cris du cadet il s'avéra que ce dernier était beaucoup plus enclin à faire parler de lui. Il avait les yeux et le visage de sa mère et bien qu'encore petit Alexandre pu le garder contre lui. Dans son cœur de nouvel arrivant sur cette Terre, un lien se tissa. Il avait toute son importance. A son âge, il ignorait la façon de bien élever un enfant, d'être fidèle à sa famille, de protéger. L'être qui respirait près de lui était certes bruyant dans ses pleurs mais dès les premiers instants, le jeune garçon sut qu'il veillerait sur lui. Inconsciemment bien sûr... parce qu'à peine eut-il regardé de ses jeunes prunelles son frère que ce dernier se mit aussitôt à pleurer à son tour. Voyant que le cadet pleurait, Alexandre se mit à brailler lui aussi ! Le rire cristallin et magique de leur mère leur arrivait à tous les deux aux oreilles mais ne les calmait pas. Incompréhension chez la nouvelle génération D'Artagnan !

    Par la suite bien sûr, quelques semaines après la naissance, il y avait une atmosphère un peu moins épuisante pour Marie-Béatrice. Les tous premiers jours, chacun de ses fils exigeait d'elle une présence continue, permanente, ne voulant pas céder ne serait-ce qu'une partie de l'amour maternel à l'autre. Un peu comme deux rivaux. Astucieuse et sacrément épuisée, elle avait cependant trouvé une grande astuce. Puisqu'elle avait deux bras elle s'en servirait ! Alexandre lové dans son bras gauche replié, Philippe dans l'autre, entouré de linges pour le protéger du froid, elle avait désormais les muscles endoloris mais le calme. En les confrontant l'un à l’autre, elle effaça de sa tendresse permanente, le sentiment normal de jalousie que les deux frères avaient l'un envers l'autre. Alexandre s'était habitué à partager sa mère mais il faut dire que son cadet ne lui rendait pas la vie très facile, il pleurait souvent et forcément attirait un peu plus l'attention. Le manoir résonnait des lamentations de Philippe comme un orchestre désaccordé. Alors, pour mettre de l'ordre, Marie-Béatrice se mit en place et composa quelques notes sur le clavecin. Le son mélodieux qu'elle arrivait à produire rien qu'en caressant l'instrument de ses doigts fins et agiles émerveilla l'aîné comme le cadet. Il lui suffisait de jouer pour calmer son dernier-né et l'endormir de façon agréable. Barnabé prenait Alexandre sur les genoux et le laissait écouter la symphonie superbement dirigée.

    Toute la maisonnée vibrait aux notes du clavecin, un peu comme si à chaque fois, on donnait des petits coups sur un verre de cristal. La Comtesse avait appris à jouer grâce à sa mère. Et elle ne s'était plus séparée de cette merveille. Si Charles venait, elle continuait sa mélodie. Parfois, les deux époux partaient, laissant Barnabé gérer le manoir. Lorsqu'ils revenaient, ils étaient suffisament épanouis pour enchanter leurs deux enfants. Ce qui était le plus marquant c'était le regard juvénile d'Alexandre lorsqu'il voyait son père. La voix grave et le ton bourru par moment lui faisaient peur. Mais de là où il était, au ras du sol, il voyait en ce géant ni plus ni moins qu'un protecteur. Parfois lorsqu'il le prenait sur ses genoux, il avait le sentiment que c'était un héros, un vétéran. Et bien sûr, à chaque départ... c'était de la nostalgie.


    ----


    Cher journal,

    Je ne saurais te décrire avec des mots exacts la joie dont j'ai été emplie tout à l'heure lorsque Charles, mon bien-aimé a tenu dans ses bras Philippe, pour la première fois. Il avait peur de lui faire mal, se craignant trop brute. Il faut dire, en toute confidence qu'il a une douceur particulière, parfois relative. Il a un caractère assez trempé mais, c'est en partie pour ça que je l'aime. Sous son côté fier et arrogant, il cache une sensibilité non négligeable. Beaucoup de choses le touchent, sans qu'il n'aime en parler. Il est touchant et je l'avoue très drôle à voir.

    L'instant a été magique, Philippe était réveillé mais il n'a pas pleuré. J'ai cru une légère seconde que mon époux avait des perles brillantes dans les yeux. Je les ai peut-être imaginées mais je suis sûre d'une chose, Charles aimera ses enfants comme un père, même si ses sentiments resteront enfouis par son tempérament. A peine eut-il reposé l'enfant dans sa couche, que Philippe s'est mis à pleurer de plus belle. J'ai été obligée de jouer à nouveau... Il n'y a que ça qui les calme ! Apprendre le calvecin aura finalement été une excellente chose !

    Jamais, je ne me suis vue autant observée. Alexandre était silencieux, le regard dans le vague sur les genoux de son père, on aurait dit qu'il s'y sentait en sécurité, bien qu'il n'ait jamais eu l'occasion d'être confronté à un danger... Charles, lui, ne me quittait pas des yeux. Philippe s'endormait avec calme et Barnabé rayonnait de plaisir, rien que de nous voir tous heureux. Depuis qu'il occupe la place d'Eléonore, j'ai appris à le connaître. C'est un homme bon et généreux, il m'aide beaucoup. Bien sûr il ne pourra jamais la remplacer, car nous avions un lien spécial entre nous. Mais, je sais que je peux compter sur cette brave âme pour m'épauler !

    Charles repart demain, dès l'aube. Il me manque déjà et je sais que ses deux fils attendront son retour. Les ordres du Roi n'attendent pas, dommage cependant qu'ils soient si fréquents. Je me demande si Alexandre n'était pas malade... Il était plutôt ronchon lorsque je voulais le prendre... c'est étrange. Espérons qu'il ne soit pas aussi grognon que mon époux !!! J'en ai déjà bien assez avec un, je me passerais d'en acquérir un second ! Charles sait se montrer affable quand le coeur lui en dit. Heureusement, je n'ai jamais eu à en souffrir personnellement. Tant mieux...


    ----


    Finalement, sa vie ne faisait que commencer... et il n'était pas seul, il y avait sa maman, Barnabé, son petit frère... et... son père ! Charles était sur le pas de la porte de la chambre, son chapeau à plume sur le crâne, arborant avec fierté son uniforme de Mousquetaire. Il était d'une surprenante jeunesse, aussi énergique que son dernier fils, mais pas au même niveau. Marie-Béatrice cessa de jouer pour se lever et l'enlacer avec fougue. Dans son uniforme, le patriarche ne se rendait pas encore compte qu'il suscitait l'admiration d'Alexandre. Lui aussi, il voulait son père. Il s'agita légèrement, donnant de petites tapes à Barnabé pour que ce dernier le lâche. Quel ingrat quand on y réfléchissait... les genoux du serviteur étaient pourtant confortables, ils ne manquaient pas de consistance ! Mais dans l'univers du petit garçon, il n'y avait pas d'autre héros que son père ! Certes, il n'était pas souvent à la maison mais il racontait tant d'histoires lorsqu'il revenait, Alexandre ne comprenait pas tout bien sûr, il était trop jeune mais son paternel bougeait et avait un timbre de voix suffisamment agréable pour capter toute son attention. Non, il n'était pas seul...

    Et Philippe en profitait toujours, lorsqu'il sentait autour de lui qu'on s'occupait à autre chose pour pleurer un bon coup et attirer la vigilance de ses parents ! Ce qu'il était énervant, celui-là à brâmer pour un oui ou pour un non ! L'aîné avait beau être habitué à sa présence, il ne comprenait pas pourquoi lorsque tout allait bien, chez Philippe ça allait mal ! Il le voulait son père !!! Il ne l'avait pas souvent et il refusait de se laisser doubler par le cadet, alors il pleurait à son tour ! C'était un concert de cordes vocales et comme s'ils étaient connectés sans même se parler ou se mettre d'accord, l'un et l'autre savait qu'une lutte s'engageait pour l'attention parentale. En bon dernier, plus jeune donc plus fragile, Philippe gagnait toujours, si bien qu'Alexandre se vengeait ensuite, en lui faisant des grimaces et en le pinçant de temps à autre. Oui, l'aîné était déjà teigneux et hargneux... un vrai Gascon !

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   19.03.09 18:17

  • ...une enfance, un modèle.
    C'est vrai que les enfants grandissent vite ! C'est fou, on ne s'imagine pas qu'un petit bout rose d'à peine quelques semaines va se transformer si vite en phénomène sur deux pattes. Alexandre avait quatre ans lorsqu'il découvrit les joies du travail avec son père... enfin du moins de ses entraînements. A l'heure où son cadet apprenait encore à marcher sans tomber, lui rêvait de combats épiques, de chevaux ! Lorsque le paternel était à la maison, c'était comme si rien d'autre autour n'existait. Il n'y avait que Charles, avec son chapeau à plume, symbole extravagant de son panache et de sa fierté. Et dernièrement, ce dernier recevait chez lui ses compagnons d'aventure. Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du Roi. Les grands amis festoyaient dans la bonne humeur puis se livraient ensuite à des réunions plus ou moins secrètes dans le salon. Marie-Béatrice profitait de ce temps là pour raconter à Philippe de longues histoires, des contes et bien qu'elle eut proposé à Alexandre de les rejoindre, ce dernier voulait rester avec son père ! Pour peu qu'elle veuille le prendre par la main pour l'emmener faire une sieste, il commençait déjà à sortir des larmes de crocodile ! Alors, sa mère capitulait et partait faire la lecture au cadet qui lui pleurait d'être privé de sa génitrice trop longtemps.

    C'est donc ainsi qu'il assista de ses quelques centimètres aux discussions de ces grands guerriers courageux prêts à pourfendre les ennemis. Parfois, il écoutait si bien qu'il suscitait l'admiration d'Aramis, éternel sage dans ce quatuor de maîtres, le plus doux des trois, le plus réfléchi... mais pas celui qu'Alexandre aimait le plus... suivant exactement les préceptes de son père, il avait plus d'affinités avec Porthos, éternelle barique pleine de joie et d'entrain. Ah, cette armoire, elle avait beau pouvoir l'écraser d'un simple revers de main comme une mouche, elle avait un coeur tendre. L'évêque de Vannes pouvait cependant compter sur la fidélité de Charles tant qu'il n'évoquait pas la religion... Oups...


    - Allons, regarde donc ton petit Alexandre ! Dieu n'a pas donné à l'homme la science infuse mais en tout cas, je puis t'assurer qu'il suivra ta voie.

    - Ah non !!! Ne commence pas avec tes chapelets ! Pas devant mon fils ! Tu es sous mon toit, ici, je n'hésiterais pas à te mettre dans la mangeoire des chevaux après une humiliation, si tu continues !

    - Est-ce vraiment la place d'un enfant d'être ici, D'Artagnan ?

    Athos était le plus sceptique vis à vis de l'aîné. Il n'avait pas l'air d'aimer vraiment sa présence. Il manqua cependant s'étouffer lorsque Porthos lui donna une grande claque dans le dos de toute sa force... Certains ignorent peut-être ce que cela peut faire mais je peux tenter de vous en donner une description presque fidèle. Prenez une charge de sanglier sur un arbrisseau d'à peine quelques mois... vous obtenez un premier rapport de force, doublez ce rapport et vous aurez l'effet de respiration coupée qui fit rougir le Mousquetaire. Porthos c'était un peu le blagueur de la bande. Il avait une voix tonitruante et rocailleuses qui faisait peur parfois, mais un bon fond et toujours le mot pour taquiner ou plaisanter :

    - Laissez-le donc ! On croirait entendre ma mère !

    - Peut-être que si elle t'avait élevée un peu mieux, aussi...

    Avant même que quiconque puisse dire quoi que ce soit, Porthos avait sortit son épée suivit de très près par Athos. Charles fronça les sourcils et jeta un oeil à Alexandre qui s'était confortablement installé sur un tabouret pour observer la scène avec passion. Alors qu'une joute verbale allait s'engager, Aramis, posa sa bible sur la table de bois et dit d'un ton qu'il voulait bas afin de capter toute l'attention :

    - Il est écrit dans les saintes écritures que nous devons aimer notre prochain. Et qu'il faut savoir pardonner. De même, Dieu a dit que l'enfance était le berceau de l'innocence. Peut-être que si vous lisiez un peu plus tous les deux, vous seriez un peu plus matûres !

    Les deux épées se pointèrent aussitôt sur Aramis avec un air furieux sur les deux visages des concernés. L'homme de lettres et d'église soupira avec mépris et sortit, avec une élégance rare chez ses compagnons, sa propre épée. Charles secoua la tête en signe de désaccord et ordonna :

    - Nous ne nous battrons pas sous ce toit, ma tendre n'aime pas ça. Et puis, si tu continues Aramis, je te garantis que je te fais avaler ta... bible...

    Athos répondit avec un air pétillant, provocateur :

    - Et bien alors sortons ! Ou alors crains-tu peut-être de te faire humilier, D'Artagnan... serais-tu devenu couard ?

    Il n'en fallut pas davantage pour éveiller le zèle et la fureur de Charles qui dégaina à son tour. Les quatre hommes s'engagèrent tour à tour dans un duel. Aramis faisait équipe avec Charles tandis qu'Athos et Porthos avaient mis de côté leur pseudo-querelle pour s'en donner à coeur joie. Rapidement, le groupe sortit à l'extérieur pour parfaire son art favori, tout cela sous les yeux émerveillés d'Alexandre qui souriait à chaque fois que son père esquivait les coups. Après de longues minutes, Athos finit par désarmer son père. L'aîné, se rendant compte que son père avait perdu jeta des cailloux dans les jambes du mousquetaire. Distrait un court instant, Charles, par un habile croc-en-jambe, le fit basculer à terre et le tînt en grâce par les deux épées.

    - Ton gamin a triché !

    D'Artagnan posa son chapeau sur sa tête et ajouta, fier comme son ombre :

    - Non, il m'a bien aidé. Je t'aurais battu de toute façon !

    Athos se releva et se mit à jurer, ce qui exaspéra Aramis au point qu'il en vienne à prier pour que "Dieu le pardonne d'un tel langage outrageux et malsain". Alexandre devait le reconnaître, c'était sans doute la personne dont il se sentait le plus éloigné dans le groupe. L'évêque de Vannes avait toujours une certaine tendance à raisonner plus qu'à agir... et puis, comme son père était allergique aux croyances, lui le serait aussi. Quoi, comment ? Qui a parlé de mimétisme ?

    Malheureusement, ce n'en était que trop vrai ! Il recopiait les attitudes de son père, son caractère, avec minutie. Et qui serait assez stupide pour tenter de l'arrêter ? Sa mère n'avait pas essayé. Elle se répétait à elle-même et à Barnabé que la situation inquiétait tout de même, lui qui était contre l'idée qu'un enfant soit baigné là-dedans si jeune, qu'au final, chacun de ses enfants pourrait choisir la voie qu'il désirait. Aux venues de son père succédaient de longues semaines d'absences. Philippe occupait assez l'attention de Marie-Béatrice. Il faut dire que c'était un phénomène ! Cependant, elle ne dispensa pas Alexandre de ses obligations et de son éducation ! Apprendre à lire et à écrire fut le plus fastidieux, surtout au début ! Alexandre avait du mal à se concentrer, trop impatient de retrouver son père. Il lui arrivait très souvent dans un geste imprécis de faire des tâches d'encre sur ses feuilles. Mais sa mère était toujours calme, posée, elle guidait sa main pour qu'elle soit plus agile. Elle lui apprit même à composer au clavecin quelques notes, pour le distraire et ça amusait Philippe.

    Entre les deux frères, il y avait une grande complicité malgré leurs divergences de caractère. Barnabé se souvint de cette époque comme étant très éprouvante. Dès que l'attention d'un adulte tombait, les deux garçons s'amusaient ensemble et devenaient très facilement des catastrophes. Combien de vases en céramique, d'assiettes en terre cuite, de verres de cristal furent brisés sur le passage de la "troupe du chaos" comme les nommait Marie-Béatrice. Plus ils grandissaient, plus ils se différenciaient et plus ils étaient complices. Alexandre n'avait presque d'yeux que pour son père ce qui ne voulait pas dire qu'il n'aimait pas sa mère, bien au contraire. Le premier n'étant pas doué pour les sentiments, la seconde se chargeait de le réconforter et de lui montrer ouvertement de l'affection. En somme, cette famille était caricaturale de l'époque : la douceur et la tendresse pour la mère, la force et la responsabilité pour le père ! En même temps, ce n'était pas plus mal... l'affection était présente plus souvent elle.


    ----


    La bande des quatre, comme les appelait si gravement Marie-Béatrice revenait souvent. Il y avait du nouveau dans la maisonnée... et Barnabé en était épuisé d'avance. Athos et Porthos amenaient leurs fils ! Raoul pour le premier et Cédric pour le second qui ne ressemblait strictement pas à son père. Non, le vieil ami de Charles avait quelques cicatrices ça et là, une allure un peu trapue bien que large, une barbe piquante, désagréable et un visage assez rectangulaire. Pour son gosse, c'était tout à fait différent ! Blond, des yeux bleus, un visage fin et une allure svelte, il était plutôt beau, pour être le fils du Comte de Portau. Parfois, il avait un air à Philippe, le frère d'Alexandre. C'est bien connu à l'âge de six ans, un enfant est intenable... alors imaginez donc lorsque vous avez quatre à gérer !!!

    Marie-Béatrice avait profité d'une belle journée ensoleillée pour s'éclipser et acheter des tissus. Elle voulait broder des draps pour changer le quotidien. Charles, Athos, Porthos et Aramis discutaient bataillons et plans d'attaque dans le salon, se disputant les exploits, se taquinant sur les mouvements et bien entendu, se provoquant en duel une bonne centaine de fois !


    Et pendant ce temps le malheureux Barnabé devait s'occuper du repas et des enfants ! Il faut dire que les quatre fripons, comme il les appelait, ne lui laissait aucune seconde de répit. Et le temps qu'il tourne le dos pour se rafraîchir le visage, ils avaient disparu ! Il était sacrément embêté maintenant et il se lança à leur recherche. En fait le groupe des quatre s'était lancé dans une expédition armé de deux bâtons. Il y avait Raoul, le plus âgé, qui était grand et maigre, Cédric, qui était plus petit qu'Alexandre mais qui était très agile, l'aîné d'Artagnan, prêt à tout combat potentiel et puis... Philippe qui de ses quatre ans peinait à les suivre aussi loin. Du groupe c'était lui le plus vulnérable et le plus faible. Il ne courait pas vite et passait plus de temps à découvrir qu'à jouer le jeu... ce qui agaçait Raoul. Le fils d'Athos avait toujours vécu seul, comme Cédric... et il était plutôt solitaire. Son père n'avait jamais hésité à le corriger pour qu'il soit valeureux. Le plus gros problème, c'était qu'il ne supportait pas Philippe. De ses petites jambes, ce dernier ne pouvait malheureusement pas suivre comme une charette !

    - Ton frère est plus lent que ma tante !

    - Ce n'est pas vrai !!!

    - Pourquoi il nous suit ? C'est encore un bébé !

    - Mon frère n'est pas un bébé !

    - Pfff... il pleurniche pour un rien... regarde...

    Raoul ralentit et poussa doucement Philippe sur le côté, qui tomba sur ses fesses en plein milieu du chemin terreux. Comme un éclair, Alexandre lui sauta dessus poings brandis, entrechoquant ses phalanges sur le visage de cet énergumène qui avait osé mettre son cadet à terre ! Mais Alexandre avait beau être vaillant, Raoul était plus fort et pour répliquer, il lui donna un coup sur le visage, lui faisait monter les larmes aux yeux. Mais par pure fierté il n'en versa pas une seule.

    - Tu es malade !

    - Mon frère n'est pas un bébé ! Retire ce que tu as dit !

    - Non !

    Nouvelle charge d'Alexandre, déséquilibrés, les deux enfants tombèrent à terre et se débatirrent sur le sol créant un nuage de poussière qui recouvrit tous leurs vêtements. Philippe s'était mis à pleurer et Cédric observait sans oser intervenir, sans doute par peur de recevoir un coup perdu ! Une nouvelle fois, Raoul prit le dessus. Ils se relevèrent tous les deux, couverts de terre leur accoutrement troué en plusieurs endroits. Raoul avait un gros bleu sur la joue et des griffures partout sur ses bras. Quant à Alexandre, il saignait du nez et était méconnaissable, des écorchures sur les bras et les jambes. Leur excursion avait été courte... ils rentrèrent, Alexandre tenant Philippe par la main, en essayant de lui éviter de pleurer pour ne pas se faire gronder... Mais c'était trop tard. Barnabé avait finalement demandé de l'aide à Charles et aux autres pour les retrouver. Et sur le visage d'Athos et de d'Artagnan, il y avait une mine sévère... Raoul eut droit à deux paires de gifles, la première pour s'être battu, la seconde pour avoir quitté le périmètre autorisé sans prévenir. Alexandre lui en eut trois... pour les même motifs mais avec en plus le fait de ne pas avoir veillé sur son frère.

    Philippe fut pris en main par Barnabé, Alexandre fut puni tout comme Raoul et Cédric resta seul dans son coin, à jouer avec quelques brindilles. Tandis que les deux sanctionnés, restaient au coin, Raoul s'excusa auprès d'Alexandre qui en fit aussi de même. Vint ensuite l'heure du bain... et du nettoyage des plaies. Barnabé s'occupa du fil d'Athos et Marie-Béatrice, qui venait de revenir, d'Alexandre. Il croisa son regard et en devint rouge de honte...


    ----


    Cher journal,

    Je ne sais pas si j'ai bien fait aujourd'hui. Alexandre a eu une attitude assez agressive et irresponsable. Mais ce n'est qu'un enfant. Dès mon retour, à peine l'ai-je regardé, il a baissé ses yeux embués de larmes. Je ne sais pas s'il avait envie de pleurer de la douleur ou des gifles que lui a données Charles...

    Le choc a surement été dur pour lui... c'est la première fois que mon mari en vient à le battre. Cela doit être rude... mais même si je n'apprécie pas ce mode d'éducation, le geste aura surement plus de signification que le sermon. Quoiqu'il en soit, il n'a rien dit et est resté très silencieux lorsque je lui ai ôté ses vêtements qui ressemblaient plus à des haillons.

    Philippe n'arrêtait pas de demander son frère. Alexandre a eu besoin d'un long moment pour se confier. Il ne m'a pas regardé dans les yeux une seconde, il a simplement repondu à mes questions. Raoul aurait poussé Philippe et il n'aurait pas supporté de voir son frère traité de la sorte. C'était touchant, il a eu la même réaction de son père avec les gens qu'il aime. Il a agi tête baissée, sans réfléchir.

    J'en ai parlé à Charles, et nous nous sommes engueulés. Il a refusé clairement de revenir sur les gifles, en me disant qu'elles étaient méritées. Pourtant, son fils aîné a accompli son devoir et a offert la protection au cadet sans concession. N'y-a-t-il pas là une grande marque d'amour et de loyauté ? Mon époux a oublié qu'il fut un temps où il déchaînait sa jalousie dès qu'un malheureux osait m'approcher et qu'il en venait souvent aux mains, dans mon dos.

    Alexandre culpabilise... je le sais. Il n'a pas osé dire au revoir à son père et est resté en retrait toute la soirée. Son attitude m'inquiète, parce qu'elle est quasiment identique à celle de Charles. Le problème c'est qu'ils ont passé trop peu de temps ensemble pour que ça soit du mimétisme... que Dieu le préserve de ce comportement austère dont a hérité mon époux...

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   26.03.09 0:19

  • ...et vice versa.
    Une fois, il était malade, l'autre fois en pleine forme. Mais s'il n'a pas eu à se soucier des petits travers de la vie qui vous abîment la santé trop souvent, lorsque la maladie survenait, elle ne le manquait pas. N'en déplaise à Charles, son aîné n'était pas idéalement placé dans les grâces de la Nature pour échapper aux maux d'hiver. Rhume, mauvais coup coup de froid, enfin peu importe, il avait été sacrément affaibli. Sa mère, toujours aussi attentionnée et précautionneuse l'avait bordé dans son lit, pour qu'il ne prenne pas froid. Elle ignorait que maintenir au chaud un enfant qui a de la fièvre était dangereux. A cette époque pouvait-on en vouloir aux ignorants même les plus cultivés ? Barnabé avait apporté des linges humides, plutôt froid qu'ils placèrent sur son front. Mais, Alexandre n'avait certainement pas un comportement facile. Il était grognon, têtu et définitivement "pas malade". C'était à se demander comment Marie-Béatrice n'avait pas perdu patience. Cette femme était extraordinaire, même au bout de la quinzième fois en une heure qu'elle mettait Alexandre une nouvelle fois dans son lit, elle était sereine. Charles avait envoyé un ami à lui à qui il avait rendu service dans le passé, un certain Etienne, dont le savoir "médical" avait l'air de tenir la route, chose pas toujours évidente à cette époque.

    - Comment savez-vous autant de choses ?

    - J'ai toujours été très curieux de nature alors j'ai appris à observer. Vous savez, soigner quelqu'un, cela demande beaucoup d'observation... par exemple, vous avez mal dans le ventre du côté gauche et bien, vous pensez sur le mal se situe ici... alors qu'en réalité c'est faux... Bien souvent, quand vous touchez à gauche, tout est normal. Si vous touchez à droite, non seulement la personne bondit mais en plus vous sentez sous vos mains une dureté particulière. C'est étrange, vous ne trouvez pas ?

    - En effet mais qu'est-ce que cela veut dire ?

    - Et bien, que si la douleur est axée sur un côté, il y a de fortes chances pour que vous aillez mal ailleurs. J'avoue ne pas bien comprendre le phénomène mais, c'est ainsi. Il faudrait que nous ouvrions le ventre pour voir ce qui provoque cela... mais comme vous le savez, c'est interdit.

    - Tant mieux...

    - Oh, vous savez mon précepteur, celui qui m'a tout appris, et bien, il payait certaines familles pauvres pour étudier leurs morts. Il croupit à la Bastille désormais et même si je condamne son geste, nous avons découvert un certain nombre de choses qui permettent de mieux comprendre notre composition.

    - Cela doit être assez peu ragoûtant, non ?

    - Oui, en effet. Tousse un peu mon petit...

    - Je ne suis pas petit !

    - Allons, Alexandre, ne fais pas ta mauvaise tête.

    L'aîné s'exécuta. Il n'aimait pas beaucoup qu'on le regarde comme ça. En fait il aurait aimé être seul tant la fatigue l'indignait. Etienne hocha la tête et dit avec un petit sourire :

    - Rien de très grave, il te faut du repos, de l'attention et un peu de mixture.

    - De quel genre, exactement ?

    - Infusion au tilleul, pour calmer la toux et la douleur et puis quelques ajouts de ma composition. J'ai essayé ceci sur moi-même pour voir si ça fonctionnait. Le résultat est probant, cela agit sur la fièvre et la fait baisser en douceur. Comme il s'agit d'un enfant, vous devriez peut-être lui doubler le volume d'eau.

    - Très bien.

    - Vous êtes prévenante, c'est rare en ces temps qui courent.

    - Oui, mes enfants sont ce que j'ai de plus précieux au monde, et leur état m'importe énormément. J'ai pris le pas sur certaines mesures, quitte à paraître pour une marginale...

    - Tiens donc ? Quelles mesures ?

    - Et bien, je persiste à croire que laver ses enfants les protège de bien des maux. On ne me fera jamais croire que manger avec les mains couvertes de terre, par exemple soit sain... ni que masquer les odeurs par des effluves soit bien efficace.

    - Sages initatives. Mon précepteur disait qu'il ne fallait pas avoir peur de l'eau. Qu'elle était capitale à la vie.

    Un petit silence s'installa mais Etienne le coupa :

    - Et vous, vous allez bien, je vous trouve un peu fatiguée.

    - Oui, certainement, vous n'imaginez pas ce que c'est de devoir constamment bouger pour voir ce qui ne va pas. Avec deux garçons, ce n'est guère facile !

    - Je compatis réellement, j'avais un frère aussi, et ma mère avait du mal à nous tenir tranquilles, surtout quand nous étions affaiblis.

    - Je ne suis pas faible !

    Alexandre avait beau avoir les yeux brillants et une fièvre de cheval, il affichait une mine sombre, délibérément boudeuse. Sa mère pouffa de rire, ce qui eut un effet immédiat et le vexa. Elle reconduisit Etienne à sa monture et chargea Barnabé de le suivre pour récupérer la décoction. Lorsqu'elle revint dans la chambre, elle trouva Alexandre devant la fenêtre à regarder dehors les pieds nus sur le sol gelé.

    - Il faut rester couché... sinon, tu ne guériras pas.

    - Je veux sortir... je vais mieux.

    Marie-Béatrice fronça les sourcils et dit, la voix grave avec un léger reproche :

    - Tu sais que je n'aime pas les mensonges.

    Elle le prit dans ses bras, non sans une légère grimace. Il commençait à peser du haut de ses huit ans ! Elle le remit au lit et s'assit à ses côtés. Il y eut un petit silence assez pesant que l'aîné rompit sans la regarder dans les yeux mais l'air gêné :

    - Pardon...

    - Je te pardonnerais que lorsque tu seras guéri... et si tu restes couché le temps qu'il le faut.

    - Mais...

    - Dors maintenant, tu as entendu Etienne, il te faut beaucoup de repos.

    - Il revient quand papa ?

    - Je ne sais pas, mais il faut que tu sois guéri à son retour !

    Ah... ça... bien sûr qu'il voulait être guéri avant le retour du paternel ! Imaginez que Charles le trouve dans cet état ? Ce n'était pas imaginable !!! Il ne pouvait pas être malade lorsque son père venait, cela lui donnait l'impression de ne pas être digne de sa force. Tandis que sa mère quittait la chambre, il resta allité à regarder dans le vide. Sa mère se mit à jouer du clavecin, et sur ces magnifiques notes, il s'endormit...

    -----


    Cher journal,

    Alexandre est guéri. Mais c'est au tour de Philippe d'être malade ! Barnabé devient fou, il n'arrête pas courir chez l'apothicaire, chercher des infusions et des gelées étranges. Ce n'est rien de bien grave, m'a assuré Etienne. En tout cas, il est bien plus agréable à vivre que son frère. Je n'ai pas besoin de lui répéter trente fois de se coucher et de dormir pour qu'il le fasse.

    Philippe est en cela assez obéissant et patient. Il sait prendre son mal en patience et m'enlève une grosse épine du pied. Mais, il demande plus d'attention, il n'aime pas se sentir seul. Alors je lui lis certaines oeuvres, je lui raconte quelques histoires, il les apprécie vraiment beaucoup. Pendant ce temps, Alexandre se bat avec la géographie... ce n'est vraiment pas son fort, j'ai essayé de lui apprendre à se repérer à l'extérieur, à s'ouvrir au monde, il n'est pas intéressé.

    Ce qu'il veut avant tout, c'est avoir un coin à lui, des choses routinières. Je ne sais pas de qui il tient cela. Charles a toujours eu ce désir d'aventures, il est plein de vie, tout simplement. Moi, je me contente de regarder le monde et de l'apprécier comme il est. Je rêve de voyages, enfant j'en avais déjà fait tellement ! Barnabé m'a parlé de cette attitude, chez Alexandre. Peut-être qu'il est tellement heureux qu'il ne veut pas changer et qu'il souhaite rester dans son atmosphère.

    J'ai peur pour lui... si un jour, tout ce qu'il avait devait disparaître... si son père était abattu en mission ou si moi-même, je parte à la suite d'un mal fort mâlin rejoindre Dieu, qu'adviendrait-il de lui ? Je suis désemparée... comment puis-je faire pour l'aider à se préparer à ce qu'un jour son monde de porcelaine éclate ? Il finira par se marier, par avoir des enfants... Mais arrivera-t-il à se construire d'ici là ?

    Barnabé me rassure en me disant que cela finira par venir. Je l'espère, car si ce n'est pas le cas, le moindre choc affectif risque bien de le détruire. Peut-être devrais-je le laisser un peu plus avec son père, pour que ce dernier le brusque un peu...

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   04.04.09 18:09

  • ...un marchand de foi ?
    C'était l'automne. La saison la plus déprimante qu'il puisse y avoir. Les arbres abandonnaient leur dernier symbôle de vie, les feuilles se séchaient sur le sol, les fleurs avaient depuis longtemps abandonné toute tentative d'éclosion, bref, un véritable théâtre de monotonie et de tristesse. Mais pourtant, Alexandre était le seul de la maisonnée à rayonner, aujourd'hui. Du haut de ses douze ans, déjà, il avait hâte que le clocher au lointain sonne la mi-journée. Tandis que Philippe et Barnabé avaient une mine renfermée, plutôt austère en une journée si belle, après tout le soleil n'était masqué que par quelques nuages et il avait beau faire un peu frais, c'était plutôt doux, Marie-Béatrice s'appliquait à coudre. Des trois hommes, Alexandre était le plus impatient. Il ne cessait de bouger, trouvant toujours quelque chose à faire. Cela agaçait Philippe qui avait mal dormi et Barnabé qui outre le fait d'avoir trébuché et plongé tête la première dans la mangeoire des chevaux, avait un sérieux mal de dos... En belle image de sérénité, sa mère dit avec un ton agréable, légèrement ponctué d'entrain.

    - Si tu continues à marcher sur le bois ainsi tu va finir par le forer... Pourquoi ne t'assieds-tu pas cinq minutes ?

    - Oui, pardon...

    Il s'installa à la table ou Philippe et Barnabé étaient déjà installés. Sur sa chaise, il n'arrivait pas à rester immobile. Mais ne voulant pas froisser sa mère, il opta pour un autre moyen d'exprimer sa nervosité et son attente avide. Il se mit à tapoter du bout des doigts sur la table. Philippe s'impatienta. Il était rare que le cadet se montre désagréable avec son aîné mais de voir tellement d'agitation, ça l'exaspérait visiblement.

    - Mais arrêtes de gigoter, tu m'éner...

    Il ne put jamais finir sa phrase, on frappa à la porte. Etrange, d'habitude, il entendait le cheval de son père arriver ! Là, rien du tout, peut-être l'avait-il conduit au pas, pour ne pas le fatiguer ! Première chose que l'on apprend chez un vrai Mousquetaire : soigner sa monture ! Peut-être faudrait leur apprendre à soigner les meubles et les tables. Parce qu'à peine eut-il entendu frappé qu'il se leva brusquement pour se ruer à la porte. Dans son élan, il déplaça la table d'un bon mètre, Philippe manqua de peu s'étaler par terre lorsqu'elle se deroba sous ses coudes. La cruche contenant l'eau bouillante tomba, et tout le contenu se rua vers Barnabé. Pour l'éviter, il se projeta en arrière. Le pied de la chaise se prit dans un trou en bois, déséquilibré, il se fracassa en arrière, le choc sur son dos déjà endorlori lui coupant le souffle. Philippe manqua jurer et Barnabé eut les larmes aux yeux. Marie-Béatrice, elle, s'était levée, en fronçant les sourcils. Elle aida Barnabé à se relever, non sans mal et dit, le visage soudain inquiet :

    - Surtout... ne dites rien...

    - Humpfff... mais à quel sujet ?

    - Ne le grondez pas... il va être bien déçu...

    - Pourquoi ?

    - Parce que ce n'est pas Charles... Il a oublié que son père ne frappait jamais à la porte de sa maison...

    Et en effet, Alexandre ne tarda pas à revenir l'air complètement déprimé. Il tenait une missive qu'il donna à sa mère avant de s'asseoir sur la chaise, sans véritable conviction. Marie-Béatrice parcourut l'écriture de son mari et soupira.

    - Et bien, il rentrera dans quatre jours. Tu verras, le temps passe vite...

    Un grognement étouffé fut la seule réponse. Elle eut envie de rire mais se retint, elle savait qu'il était susceptible. Elle eut soudain une idée.

    - Préparez-vous, je dois aller me procurer quelques affaires, nous allons à Paris.

    Philippe ne se fit pas prier. Dès qu'il avait l'occasion de sortir pour visiter la capitale, il le faisait ! Surtout avec sa mère pour pointer du doigt les détails et les expliquer. Mais Alexandre lui ne bougea pas vraiment. Il avait attendu son père comme le messie, il s'était soigné pour lui convenir... tout ça pour rien. Marie-Béatrice s'agenouilla à côté de lui et lui prit le visage pour qu'il la regarde. Il avait la larmette... elle lui fit un sourire confiant et lui dit, avec conviction :

    - Vous lui manquez, toi et ton frère. Il n'a malheureusement pas le choix... les ordres sont les ordres. Mais, il aura une permission de trois jours au lieu d'un... tu auras plus de temps pour en profiter. Ne crois-tu pas que cela vaille la peine de te montrer patient ?

    Il entouvrit la bouche mais aucun son ne s'en échappa. Il ne savait que répondre... dire que cela le peinait, c'était ravaler une partie de sa fierté... dire que cela lui était égal, c'était mentir à sa mère... et ça il ne voulait plus le faire. Elle l'embrassa et se releva :

    - Essayons de nous changer les idées, allons profiter du soleil et de Paris ! Et puis cela laissera le temps à Barnabé de soigner son pauvre dos.

    Le malheureux serviteur eut un léger soupir d'affirmation. Marie-Béatrice éclata d'un rire cristallin et tandis que Philippe revenait tout fringuant, elle prit son ombrelle et un châle. Mais Alexandre était bougon et il n'en démordait pas. Aussi lorsque Philippe frémissait d'impatience à son tour, il lui lâcha, acerbe, sur un ton de voix faible, pour que lui seul entende :

    - Tu voulais pas qu'il revienne...

    - Allez, nous partons !

    Philippe se hâta. Il connaissait son frère, il savait qu'il était parfois blessant quand il boudait dans son coin. Et tandis qu'il était déjà dehors, Alexandre traînait les pieds. Sa mère se montra fort patiente. Finalement, faisant mauvaise fortune grand coeur, il suivit l'expédition en terre connue... quoique, Paris regorgeait de secrets ! Il avait une bonne demi-heure de marche et pendant que Philippe engageait la conversation avec sa mère, Alexandre suivait derrière, le regard noir posé sur son frère. Il voulait un coupable... mais force était de constater que malgré tout il n'arrivait pas à en trouver. Tant pis, il bouderait jusqu'à ce qu'il en ait assez ! La sortie ne faisait que commencer et l'ambiance n'allait pas être terrible s'il continuait.

    Sa mère avait remarqué son attitude mais elle savait comment le prendre dans le sens du poil sans lui donner des raisons de devenir désagréable. S'il y avait bien une chose qu'Alexandre avait hérité de son paternel, c'était son incorrigible air ronchon dès que les choses n'étaient pas comme il le voulait. Et le cadet d'en rajouter une couche en posant encore et encore des questions. Néanmoins, une fois dans la ville leur mère les emmena un peu partout et nulle part. Ils achèterent du fil, un morceau de pain frais pour caler la petite faim et puis ils se rendirent à l'Eglise. Philippe et sa mère aimaient ça... Alexandre lui, s'en moquait un peu. Il ne comprenait pas qu'on puisse attendre à prier sur un banc alors que son père se battait dehors. Ses parents avaient toujours refusé de l'emmener au camp des Mousquetaires. Raoul se vantait d'y avoir déjà mis les pieds mais, il mentait pour se donner un genre un peu mâture.

    Pendant que sa mère et son frère s'étaient assis et priaient, Alexandre resta en retrait, non loin du confessionnal. Il y avait un bassin avec des pièces en or au fond. Sa mère disait que cela servait à faire des voeux... Qu'il fallait jeter une pièce dedans ! Et bien soit, puisqu'il voulait son père, le petit bassin allait le lui donner ! Il plongea sa main dans l'eau, récupéra une poignée de pièces lorsqu'une main se posa sur son épaule et le fit sursauter. Il lâcha tout, laissant les Louis d'or tomber au sol, mais se retrouva nez à nez avec un homme au visage dur... le prêtre... Ce dernier semblait écumer de colère tant son visage était rouge, mais c'était peut-être dû au vin de messe... quoiqu'il en soit, il secoua légèrement Alexandre et dit, d'une voix sifflante :


    - Gredin ! Tu voles dans la maison du Seigneur ! Je vais t'apprendre à souiller ce lieu !

    Il leva la main mais Marie-Béatrice intervint, la voie impérieuse, le regard sévère. Elle n'aimait pas que l'on lève la main sur ses enfants, encore moins lorsqu'un homme d'église sensé représenter l'amour et la tolérance allait battre le gamin :

    - Mon père, il s'agit de mon enfant, qu'a-t-il donc fait ?

    Le prêtre se tourna vers elle, lança un regard méprisant sur Philippe et rétorqua, sec comme un morceau d'ostie :

    - Ainsi, vous êtes la mère de ce voleur ! Vous devriez tâcher de surveiller ce vandale correctement, et de le corriger sévèrement ! Aller voler dans le bassin des prières, je recommande la pénitence, pain sec et eau pendant trois semaines, avec lecture des psaumes en latin !

    Alexandre prit peur, il ne savais pas quoi faire ni quoi dire... mais il ne voyait mal manger du pain sec pendant autant de temps... et surtout il craignait pour son latin, lui qui avait toujours accordé peu d'intérêt à ce langage difficile... Il le comprenait mais avait une énorme difficulté à le parler... Marie-Béatrice regarda Alexandre, les yeux plein de reproches. Cela valait toutes les gifles du monde, il baissa la tête, honteux de lui-même, sentit ses joues devenir écarlates et une envie de pleurer exploser au fond de lui. Mais sa mère ne semblait pas avoir digéré les remarques déplaisantes de l'homme d'église, elle planta ses yeux sur lui et avec une audace et un ton déterminé, elle lui répondit :

    - Je vous recommande le régime à l'eau pour enlever cette triste odeur de fermentation vinicole et la plaque de saleté de vos plis de peau. Alexandre va ramasser les pièces et les remettre dans le bassin puis nous partirons, pour ne plus revenir dans cette chapelle.

    Le prêtre devint écarlate mais n'osa pas répondre. Il la fixa avant de pousser Alexandre sur le côté qui s'était penché pour ramasser les Louis d'or.

    - Pas question, je le ferais moi-même.

    Marie-Béatrice hôcha la tête, prit Philippe par la main et Alexandre par l'épaule avant de sortir. On aurait dit un orage avant la tempête. Elle ne deserra pas les dents une seule seconde. Alexandre n'osa rien dire et Philippe qui voyait pour la première fois sa mère en colère, préféra ne pas poser de questions et suivre le mouvement en essayant de ne pas exister... Tandis qu'ils s'éloignaient, le prêtre ramassa les pièces, se tourna dans plusieurs directions puis les glissa dans la poche de sa soutane... Il fit un bref signe de croix hypocrite et sortit de la chapelle pour aller chercher du vin...

    Arrivé au manoir des d'Artagnan, Marie-Béatrice indiqua à Philippe de rejoindre sa chambre et d'y travailler sa géographie, à Barnabé de sortir abreuver les chevaux et elle resta dans le salon avec un Alexandre à la limite de l'effondrement.


    - Je n'aime pas qu'on mente, tu le sais... je n'aime pas que l'on blasphème...mais j'aime encore moins que l'on commette larcin. Qu'as-tu à dire pour expliquer ton geste ?

    L'aîné n'en put plus. Il se mit à pleurer et c'était plus fort que lui. Il dit simplement avec un air infiniment désolé :

    - J'ai voulu souhaiter qu'il revienne...

    Marie-Béatrice resta silencieuse. Elle finit finalement par le prendre dans ses bras à la grande surprise de son fils. Elle le laissa verser ses larmes quelques minutes puis dit, la voix beaucoup plus maternelle :

    - Ton père reviendra... sois patient. La prochaine fois, demande-moi une pièce...

    Il accordait trop de respect à sa mère pour l'interrompre dans ses prières. Il avait suffit d'un simple regard à sa génitrice pour savoir qu'il disait la vérité... il faut le dire, il ne pouvait se donner des traits de guerrier. Malgré son armure, il ne pouvait contrôler cet air naturel qui le faisait parler plus par un regard que par des mots. Le soir, Alexandre ne voulut rien manger, sans doute pour se punir lui-même. L'ambiance fut malgré tout agréable, bien que légèrement entâchée par l'évènement. En effet, Philippe n'osa pas parler trop amplement de leur journée, craignant d'éveiller des disputes. Depuis ce jour, l'aîné des d'Artagnan a gardé une méfiance vis à vis des prêtres... et de Dieu en général... peut-être avait-il voulu le punir de ne pas assez croire ? Qui sait...


    ----


    Cher journal,

    Une grande discussion s'est engagée avec Charles, ce soir. Nous avons décidé qu'Alexandre pourrait probablement l'accompagner au camp, afin d'y voir comment cela fonctionne... enfin, j'ai peur que ce ne soit encore trop tôt. Il a pu profiter de son père pendant trois jours entiers et s'entraîner avec lui.

    Je les ai regardé longuement, ils sont si complices et si ressemblants... Philippe n'est pas vraiment homme à combattre, il préfère étudier. Dois-je laisser les choses ainsi ou bien les rapprocher ? Je l'ignore... je sais qu'ils ont tous les deux de forts caractère. Alexandre se contente de suivre, tandis que son frère s'engage dans une autre voie... celle de l'aventure.

    Mon Dieu, j'ai hérité de trois aventuriers, de trois grands têtus ! Même Barnabé ne sait plus où donner de la tête. J'ai quand même de la chance, il suffit que j'ouvre la bouche pour que capte l'attention de chacun, même de Charles qui décidément ne se fait plus à l'idée de me quitter et épanche ses sentiments plus que d'habitude...

    Ce sera "bientôt" les treize ans d'Alexandre, et mon cher mari veut lui procurer un cheval ! N'est-il pas encore trop tôt pour qu'il en ait un à lui tout seul ? Parfois, je me dis que les enfants l'ont rendu relâché et peu sévère... tant mieux, moi je ne m'en plains pas.

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Dernière édition par Alexandre D'Artagnan le 19.07.09 0:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   11.04.09 15:16

  • ...une vocation.
    - Non, plus ferme ton estoc. Et pas de parade sur les coups longs, il suffirait que je te fasse peiner davantage, à peine un peu plus pour te désarmer... regarde !

    D'un habile coup de poignet et en appuyant de tout son corps sur son épée, Charles ôta celle de son fils avec une facilité déconcertante. Les deux lames posées en cisailles sur la gorge de son aîné, il soupira. Il était agacé... Cela faisait la dixième fois qu'il expliquait à Alexandre une leçon de parade et d'esquive. Il leva les yeux au ciel et éclata, sa patience mise à rude épreuve :

    - Mais nom de Dieu où as-tu la tête ?!? Je me tue à t'expliquer que tu n'es pas assez ferme, tu te tiens, mal ! Regarde-toi ! On dirait un bossu ! Là, regarde, tu tends ton bras et tu reviens sur ta position de départ ! Enfin par le diable c'est tout de même tout sauf compliqué !!!

    - Charles...

    Marie-Béatrice avait beau jouer du clavecin, elle entendait les éclats de voix à des lieues et ne supportait pas que l'on blasphème de la sorte. Elle s'était donc hâtée à la première fenêtre, le regard plein de reproches devant un Alexandre désireux de se faire tout petit et un Charles dont le visage rubicond indiquait sa colère naissante.

    - J'ai beau jouer, je t'entends Charles...

    - Oui, bon, ça va... je vais éviter de crier...

    L'air désespérément furieux, Charles attendit que son épouse ait fermé la fenêtre avant de marmonner dans sa barbe naissante :

    - Nom de Dieu quand même...

    Il rendit son épée à Alexandre et ils recommencèrent. Cette fois, l'aîné semblait déterminé à montrer à son père qu'il pouvait le battre. Les lames s'entrechoquèrent, il eut rapidement le dessus, enfin c'est ce qu'il croyait car au moment où il leva les yeux pour récupérer l'épée de son père qui avait volé dans les airs, ses jambes se dérobèrent, il tomba sur le dos au sol. Son père avait profité de son inattention pour le déséquilibrer et le tenait du bout de sa lame à sa merci.

    - Il y a encore beaucoup de travail... tu te déconcentres trop facilement...

    Il rangea son épée et aida son fils à se relever. Ce dernier avait la larmette... il y était presque. Il n'avait pas franchement eu l'impression que Charles était fier... Non plutôt moins énervé... c'était tout... Mais qu'allait-il bien pouvoir faire pour mériter sa fierté et pour embellir son honneur ?

    - Monsieur, le Comte de Sillègue est là... il tient à vous parler en privé, il dit que c'est urgent et vous devez partir en selle...

    - Athos ? Qu'est-ce qu'il peut bien me vouloir ce cadastre ? Dis-lui que j'arrive, mais que je n'aime guère qu'il fasse de telles confidences, cela cache forcément quelque chose d'important. Bref, rien qui ne soit de bonne augure. Ah, et tant que tu es là, fais donc prendre un bain à Alexandre, cela le rendra plus présentable...

    Il passa sa main bourrue dans les cheveux de son fils puis entra dans la maison pour récupérer quelques affaires. Alexandre resta là, dégoulinant de sueur, la terre rendant ses articulations crasseuses... Qu'est-ce qu'Athos pouvait bien lui vouloir à son paternel ? C'était injuste, pour une fois qu'il pouvait profiter de son père... Barnabé le prit par l'épaule et lui demanda :

    - Alors... tu as réussi à le vaincre ?

    - Presque...

    Alexandre répondit d'un ton amer... le serviteur comprit que jusqu'à nouvel ordre, il valait mieux éviter d'approfondir... il connaissait plus que jamais ce rejeton et savait que de toute manière quelle que puisse être la situation, il y en avait pour des heures de bouderie. On ne refait pas un d'Artagnan. Que ce soit son fripon, ou même Alexandre, les deux frères le faisaient assez souvent tourner en bourrique, pas besoin d'en rajouter une couche supplémentaire et de s'attirer la mauvaise humeur dessus ! Il n'empêchait qu'à cet instant, Barnabé aurait bien préféré ne pas avoir à sa charge l'adolescent... Quoique... pour ses quinze ans, il était quand même bien portant et assez mâture. Il avait grandi depuis le temps ! Il égalait presque la taille de son père... oh oui, il fallait dire presque parce que même s'il manquait 25 bons centimètres, cela pouvait tourner à l'affaire d'état si on osait mentionner que c'était un écart assez grand... Ah l'adolescence...

    Et encore que finalement, Barnabé s'en sortait bien ! Parce que lorsqu'ils allaient ensemble à Paris, le jeune homme l'aidait... il aurait pu aller conter histoire absurde à des jeunes femmes mais non... au contraire, il semblait maladroit en leur présence. Tiens, à la réflexion, la fois où il avait trébuché et fait tomber les œufs qu'il portait, une jeune fille était passée pas loin... et lorsqu'il avait pincé en sellant son cheval, un bel étalon noir surnommé Tempête, un morceau de peau de l'animal, le faisant hennir de douleur et récupérant en retour un coup de tête... là encore, il y avait une jeune femme. Le visage de Barnabé s'illumina ! Il venait de trouver un trait de comportement auquel il ne s'attendait pas... lui qui à la maison était empli d'assurance, voilà qu'en présence du sexe opposé à l'extérieur, il en perdait ses moyens. Il allait pouffer de rire lorsqu'il se souvint de la situation... surtout éviter de mettre l'aîné en colère... déjà que Philippe était ronchon parce que levé du mauvais pied...


    - Tu verras, tu y arriveras un jour, à le battre, rien ne presse. J'ai une idée, si tu acceptais de prendre ton bain sans m'inquiéter ?

    - Je ne suis pas sale...

    La lueur d'espoir brillant sur le visage de Barnabé s'évanouit en même temps que son sourire. Il savait sur quoi ça allait donner... une nouvelle dispute... alors il eut une idée malicieuse :

    - Très bien, va voir ta mère pour savoir si tu peux éviter de te laver... après tout j'ai des ordres de ton père...

    Il y eut un grand silence. Le serviteur n'avait pas menacé mais il savait qu'Alexandre n'oserait pas se présenter à sa génitrice dans cet état. Ce dernier soupira et dit, l'air résigné :

    - Je suis juste pas vraiment propre...

    Ouf ! Barnabé ne retint même pas son soupir de satisfaction. Il remplit la cuve de bois avec un peu d'eau chaude et laissa Alexandre se décrasser... Tiens, c'était étrange, lui qui petit se moquait qu'on le voit dans le plus simple appareil avait développé cet air pudique... comme Philippe... enfin normal, avec l'âge, on a tendance à éviter soigneusement de se montrer dans tout ce qui n'est pas présentable. Changements obligent !


    -----


    Cher journal,

    Si je devais faire un souhait maintenant, ce serait que mes deux enfants vivent heureux... et accompagnés. J'ai longtemps médité, cet après-midi, car je me sentais fiévreuse. Charles a bien voulu s'occuper des enfants... enfin, si c'est bien le mot correct pour leur faire référence. Je me rends peut-être compte que finalement, ils nous ont dépassés... ils deviennent forts, mâtures...

    Et si finalement, la seule chose qui pouvait m'importer outre leur santé plus robuste depuis quelques années, c'était leur avenir ? J'ai fait un drôle de rêve, cette nuit. Nous avions beaucoup parlé du jour où ils marieraient avec Charles, mon bien-aimé. Dans ce songe nocturne, Philippe indiquait à la grande fureur de son père qu'il voulait rentrer dans les ordres, tandis qu'Alexandre préférait privilégier sa carrière.

    Je me suis sentie tellement désemparée... comme si mon existence n'avait été qu'un grand malheur. Je crois que je veux les voir trouver une âme-sœur... ils la méritent tellement. Quand je vois la douceur de leurs sentiments, la grandeur de leur âme, leur fidélité, je me dis que le destin ne peut pas les empêcher de rendre une femme heureuse. Alors, j'ai imaginé pour chacun la femme de leur vie... enfin, j'ai préféré profiter de mon état fébrile pour me permettre ce vagabondage.

    Quand je voyais Philippe, j'imaginais presque naturellement, une femme de lettre... une gente demoiselle qui apprécie à la fois se risquer sur les chemins du savoir et de la connaissance et qui aime se risquer aux aventures mais avec prudence. Son épouse serait un peu sa seconde mère... quelqu'un avec qui discuter, rêver, ne serait jamais un problème mais qui serait susceptible de le raccrocher à terre. Philippe est comme son père, ce qui est étonnant, c'est qu'il a toujours passé peu de temps avec lui mais qu'il est le mime le plus fidèle de Charles... Cependant, comme sur des instruments, il y a toujours un bémol, Philippe ne sera pas un père autoritaire... J'ai parfois même peur qu'il se montre absent, tant dans son enfance il a pu avoir ce sentiment... Aura-t-il seulement l'envie d'avoir des enfants et de sacrifier la liberté qu'il chérit tant ? Un mariage peut-il être sain sans âme juvénile à chérir ? Il faudra qu'il prenne garde à ne jamais trop s'éloigner et à montrer plus d'amour que son père... épancher les sentiments, j'ai tenté de le lui apprendre, même si cela relève d'un chemin de croix...

    Ensuite, quand je me suis imaginé Alexandre, je dois reconnaître que j'ai eu bien du mal... N'aimant ni le changement, ni la visibilité de ses émotions, je crains qu'il ne devienne aigri et renfermé... Mais finalement, à la réflexion, peut-être que sa future femme le changera... Charles et moi sommes complémentaires, nous n'avons eu que très peu de disputes et nous nous aimons. Combien de femmes auraient supporté son effroyable caractère des débuts ? Peu, bien peu... Et pourtant, il a changé en bien... Sa fierté ne disparaîtra jamais mais je ne serais pas prétentieuse en disant que j'ai l'ai rendu plus ouvert. Alexandre aura peut-être la chance de rencontrer quelqu'un de bien... je le lui souhaite, car si son cœur, fragile sous cette armure, venait à être brisé de trop nombreuses fois, il s'isolerait complètement. Quant à imaginer la jeune femme en question... cela m'est impossible... dans nos excursions, il a montré de l'intérêt par sa maladresse à certaines jeunes femmes... mais il n'a jamais essayé une ouverture. J'en déduis que le physique ne prime pas et qu'il se basera sur les sentiments que la demoiselle montrera. Par conséquent, qu'il recherchera ce qui lui manque le plus : la sentimentalité.

    Un rêve ma foi fort étrange... mais qui me réconforte et me fait un peu peur... puissent-ils vivre heureux, et libres de leurs choix. C'est à la fois un souhait et un ordre que je leur intime. Pourquoi en suis-je donc à souhaiter cela, je l'ignore... j'ai la sensation que si demain il m'arrivait malheur, ils seraient comme des êtres esseulés... puisse mon heure venir après leur mariage, pour que leur peine soit moindre. Mais, là, c'est à Dieu de décider...


  • ...un hiver.
    Il faisait froid au dehors. Le vent soufflait dans les branches sans feuille, sifflant comme un air triste. Pas un seul oiseau n'avait osé sortir de son nid douillet. Le ciel avait une teinte grisâtre, menaçante en certains endroits. On sentait un léger tremblement lointain : le tonnerre... et puis il y avait cette odeur humide, qui imprégnait la terre. Un orage arrivait... quoique... ne venait-il pas de passer ? Non, il n'avait pas plu. En tout cas, le calme ambiant était-il dû à l'expression, indiquant sa présence avant la tempête ? Possible... Le manoir semblait endormi. Par un froid pareil rien d'étonnant. Sauf que deux chevaux n'avaient pas été rentrés dans l'écurie... Au loin le tonnerre gronda une nouvelle fois, il se rapprochait. La porte s'ouvrit sur Barnabé et Étienne, mais leur visage n'exprimaient que la gravité et la tristesse. Le serviteur ne cachait pas ses larmes ni ses sanglots... Un prêtre les suivit et consola l'hôte de maison, dont chaque respiration semblait être un supplice.

    - Son âme est guidée... ayez la foi pour qu'elle trouve la lumière.

    Barnabé étouffa un râle. Étienne posa sa main sur son épaule comme pour le soulager mais rien n'y faisait. Charles apparut sur le pas de la porte. Il avait l'air grave lui aussi, mais pas de larme. L'air simplement vidé de toute énergie. Il remercia le prêtre, pour la première fois de sa vie, sans doute, savait-il encore ce qu'il faisait ? Il congédia aimablement Étienne puis invita Barnabé à entrer, tandis que les deux autres se mirent en selle et partirent.

    La porte se referma sur le bruit de leur galop. Charles posa son regard sur la cheminée puis monta à l'étage. Il suivit le couloir, entra dans la chambre où reposait sa femme. Philippe ne voulait plus la lâcher et Alexandre semblait complètement détruit... Il régnait un silence de mort, sourd devant tant de densité. La nuit qui suivit fut blanche... celle d'après aussi.

    Marie-Béatrice fut enterrée dans un caveau familial, que Charles avait acquis. Il fut pénible aux trois hommes de devoir se détacher de la seule femme du foyer, emportée après des mois de lutte... Après la cérémonie, Alexandre perdit le goût de tout. Il s'enferma dans sa chambre, se laissant aller à son chagrin. Sa mère venait de mourir... son monde venait de s'effondrer. La belle émeuraude comme il se plaisait à l'appeler, fauchée avant qu'il fut préparé... Un pigeon gratta contre la fenêtre dans le vain espoir de se mettre à l'abri. L'aîné le regarda sans le voir, perdu dans le néant... dans sa nature morte.


    ----


    Cher journal,

    Eléonore me racontait souvent une histoire... mais j'ai du mal à m'en rappeler. La fièvre ne diminue pas, malgré les bons soins d'Étienne...

    Charles devrait bientôt arriver, et tout ira pour le mieux...

    Philippe déprime, Alexandre s'inquiète et Barnabé s'attriste... l'avenir est incertain, mais je garde espoir pour qu'ils se relèvent...

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   19.07.09 17:27

  • ...une renaissance difficile.
    - Alexandre, je vous en prie... le soleil brille tellement dehors... vous n'avez pas quitté cette chambre depuis trois jours... vous ne mangez même plus...

    - Je veux être seul...

    - Cette maison est trop triste pour que cela vous soit sain, Alexandre... trop de douleur y réside...

    - Sortez...

    - Tempête aurait besoin d'un peu d'entraînement... et de trotter un peu... Vous ne pouvez pas continuer comme ça... pensez à ce qu'elle aurait voulu pour votre bien...

    - DEHORS !

    Dans un élan d'emportement, Alexandre jeta la Bible de sa mère sur Barnabé. Touché à la lèvre, ce dernier ne demanda pas son reste et sortit en évitant de mettre du sang partout. La porte se ferma, Alexandre se rallongea sur le lit, les yeux fixés sur le plafond. Il avait changé... de longues années à rester terré dans sa chambre, ne sortant que pour faire plaisir à Barnabé... pour manger un morceau de pain, et encore.

    Il ressemblait plus à un cadavre ambulant, les joues creuses, le visage d'une pâleur inquiétante. Il avait reçu de nombreuses visites... Barnabé, qui quotidiennement lui amenait les nouvelles de l'extérieur, l'incitait à boire ou à manger un morceau... Charles qui venait simplement s'assurer qu'il n'était pas mort, sans desserrer les dents... Étienne qui alerté par le serviteur venait de temps à autre forcer le jeune homme à se revigorer grâce à des mixtures... et puis, Philippe... Le dialogue entre les deux frères n'existait plus...

    Si jusqu'à présent, ils avaient tous les deux passé du temps l'un avec l'autre, Alexandre n'en pouvait plus de s'auto-détruire. L'ambiance était lourde, au manoir. Quand le cadet venait et parlait à son frère, il ne trouvait qu'un presque cadavre plongé dans le mutisme le plus profond... Etait-ce une vie ? Non... pourtant... il vivait ça depuis longtemps... son regard croisa le petit jet de lumière passant entre les rideaux... le seul obstacle à la vie dans cette pièce. Où était-il maintenant ? Qu'allait-il faire ? Il ne savait même pas s'il était encore bon à respirer correctement... il tourna la tête et vit la Bible par terre... Pauvre Barnabé... il avait toujours été là pour lui, malgré son caractère de cochon... et voilà qu'il le blessait avec le malheureux ouvrage de sa mère qui lui était d'ailleurs si cher.

    Il s'assit sur le lit, la lumière éclairant ses yeux bleu-vert. Les yeux de sa mère disait-on... Philippe et lui en avait eu une teinte un peu différente, mais avec le même iris, pétillant d'ordinaire mais des réactions divergentes selon l'angle de lumière. Ainsi, lui avait un regard plus foncé. Alexandre se leva après deux longues minutes pour ramasser la Bible et la poser sur une commode. Il se dirigea d'une démarche engourdie vers la lumière et regarda au dehors. Un vieux souvenir lui revint lorsque son regard croisa le petit bois non loin de chez eux... Bercé par cette réminescence il s'appuya sur le mur, se perdit au loin...


    ----


    Il y avait bien des jours qu'ils n'étaient pas allés dans ce bois. Ce fameux endroit près d'un ruisseau où Alexandre et Philippe jouaient sous l'oeil attentif de leur mère. Il était rare qu'elle soit tranquille. Elle les empêchait souvent de manger n'importe quelle baie, n'importe quel champignon, ou encore de se baigner dans une partie du ruisseau, où se trouvaient de gros cailloux pointus. Ce n'était pas de tout repos. Mais cet après-midi là, les deux frères étaient calmes. Leur mère était fatiguait, rongée par un mal qui durait plus longtemps que prévu. Ils avaient trouvé un arbre assez bas et solide pour s'asseoir sur les branches et discuter... La discussion tournait autour de choses diverses mais elle fut amenée par le cadet à la musique. Il était tout fier Philippe d'avoir un violon et voulant bien montrer qu'il saurait en faire bon usage il commença :

    - Ecoute le bruit de l'eau, on dirait maman qui joue...

    En effet, le clapotis calme rappelait les notes douces qu'elle alignait sereinement au piano. Il resta un moment silencieux à écouter puis commença à siffler un des airs que leur génitrice jouait. Alexandre se tut. Il aimait entendre son petit frère et sa mère jouer ensemble. Mais lorsqu'il exécutait un solo, Philippe était admirable. Un vrai maître, même s'il commettait des accrocs sur ses cordes, hésitant dans le maintien de son archet. Sa mère lui avait expliqué qu'il lui fallait davantage d'assurance. En effet, des trois hommes de la famille, le cadet était celui qui se remettait le plus en question, fréquemment. Il se posait toujours des questions essentielles concernant sa vie, son avenir. Ce qui agaçait parfois son père c'est qu'il était davantage voué à la réflexion qu'à l'action. Et puis en plus, il déclinait les provocations en duel de son paternel, chose qui lui déplaisait beaucoup. Mais une nouveauté naissait aujourd'hui, car Philippe était certes un talentueux musicien, mais chose qui sortait de l'ordinaire, il se mit à chantonner. Alexandre manqua trois battements cardiaques lorsque la voix légèrement grave de son frère se répandit autour d'eux, venant se mêler à la douceur de l'eau et à la sérénité des arbres. Cela le prit aux tripes et en son for intérieur, il prit une décision : de toujours veiller sur son frère pour qu'il accomplisse ses rêves. Sa mère lui avait longuement parlé ces derniers temps. Elle lui avait demandé s'il avait pensé à plus tard, à sa future femme. A la vérité, il essayait d'oublier. Combien d'entre elles voudraient apprendre à le connaître ? Des tas mais elle savait qu'il colportait avec lui des terres de Gascogne, fertiles et riches. Dire qu'il prendrait un Duché dont il ignorait tout. Il n'avait vécu qu'à Paris, et pour être honnête, il se moquait de cette contrée lointaine, où il ne connaissait personne. Le changement, les voyages, il n'aimait pas ça. Cela impliquait qu'il doive laisser derrière lui des gens, des personnes qu'il aimait bien. Il savait pourtant que si un jour il devenait Mousquetaire, il aurait à découvrir de nouvelles terres, de nouvelles rues. C'était déjà bien difficile d'avoir à l'imaginer, il ferait avec au moment venu. A mesure que Philippe chantait, il se rendit compte que finalement son frère et lui avait d'énormes différences et ils avaient suivi un mode d'éducation bien différent. Chacun avait pris ses marques, ses engagements. Si l'aîné avait pu se projeter dans l'avenir, il imaginait son frère chevaucher sur les routes, jouer partout où il le souhaitait, rire, faire de sa vie un véritable paradis. Lui en revanche, devait trouver une épouse riche comme l'avait déjà évoqué son père, maintenir l'honneur de la famille en toute circonstance et surtout hériter de lourdes responsabilités. Il enviait son cadet, lui qui pouvait se permettre de grimper sur un arbre et de s'y suspendre sans craindre de s'y faire déloger. Philippe entama alors une petite chanson de bien mauvais goût qu'il avait entendu claironner dans une ruelle de Paris. Alexandre écouta et son frère lui donna un coup de coude :

    - Allons quoi, chante avec moi ! "Elle était pucelle et n'avait que..."

    - Diable, un jeune homme si distingué qui nous tient ce langage ! Quel malotru es-tu donc ?

    Alexandre lui lança un sourire taquin ce qui coupa Philippe dans son élan artistique assez paillard, avouons-le. Il n'avait pas aimé le mot "diable", puisqu'il était attaché aux valeurs religieuses, mais il en fit abstraction et répondit, avec une assurance et un sérieux que lui seul pouvait avoir, l'oeil pétillant :

    - Mille excuses, mon frère ! Peut-être aimerais-tu que je change le texte et que j'emploie "puceau" ?

    L'aîné démarra au quart de tour et poussa son cadet. Il avait beau être encore jeune, il était déjà costaud et en un habile tour de bras, il bouscula son frangin et l'envoya aterrir les fesses dans le ruisseau. Il le regarda, tout fier et éclata de rire :

    - Une puce dans l'eau, oui pas mal du tout. Il suffisait de demander !

    Philippe tout trempé lui lança un regard faussement choqué et dans un grand geste de la main, il envoya une volée d'eau au visage d'Alexandre. Les deux jeunes hommes, trempés se regardèrent puis éclatèrent de rire. L'aîné se leva aida Philippe à se remettre sur ses deux jambes puis tous deux essorèrent à la main leurs vêtements dégoulinants. Une chance qu'il ait fait chaud et que le soleil brille.

    - Te rends-tu compte ? Je connais peu de gens qui sont heureux, nous avons de la chance.

    - Oui, probablement...

    Il ne savait quoi répondre, son cadet avait l'art de dire les choses commes elles lui venaient. Pour Alexandre c'était différent, il parlait rarement de lui. Son frère lisait tout sur son visage que malheureusement il ne pouvait cacher. Il comprit que l'état de leur mère le préoccupait mais par décence et par souci de garder un minimum de bonne humeur, il lui adressa un tape dans le dos et se remit à chanter son air pailliard... Non mais quel paysan !

    ----


    - Il parait que tu jètes les bibles, maintenant...

    Alexandre sursauta, il était tellement plongé dans ses pensées qu'il n'avait pas entendu son cadet entrer dans la chambre, devenu plus une antichambre de la mort qu'autre chose. Il ne se tourna pas vers lui et Philippe avança calmement après avoir refermé la porte. Il regarda la fine silhouette squelettique et blâfarde de son aîné. Il y avait de quoi être inquiet et avoir peur... tant il donnait l'impression de survivre plutôt que de vivre. Restant à bonne distance, il risqua une phrase, pleine de joie néanmoins :

    - Au moins, tu es debout... et tu tiens sur tes deux jambes. Il fait beau dehors, tu ne veux pas venir avec moi ? Je me disais qu'on pourrait aller dans le bois...

    Grand silence... Il le savait son frère était plongé dans le mutisme il ne parlait pratiquement plus. Il se laissait mourir, en quelque sorte, coupé du monde, de la vie tout autour. Son cadet risqua le tout pour le tout. Il s'avança davantage et posa sa main sur son épaule. Il manqua faire un recul tant son frère lui parut froid... Il n'y eut aucun réaction alors il continua :

    - Les fleurs ont un parfum entêtant, agréable et...

    - Laisse-moi tranquille. Je ne veux voir personne.

    Philippe se retira, déçu. Il savait que le fait qu'Alexandre se soit levé était un progrès. Il le laissa donc seul dans la chambre sans dire un mot. Le silence retomba dans la pièce. L'aîné posa sa main sur son épaule à l'endroit où pour la première fois il avait eu un contact humain. Par la fenêtre, il vit son frère marcher sur la terre de la petite cour, la mine résignée. Et l'image qui frappa le plus Alexandre à cet instant, fut son incontournable air de solitude. Philippe était seul, il arpentait la cour, à la recherche de quelque chose, n'importe quoi qui puisse lui tenir compagnie. Un choc se produisit intérieurement... Alexandre retourna s'allonger sur son lit et méditer. Puis, au bout d'une dizaine de minutes assez longues, il foula des pieds la terre de la petite cour, la démarche très incertaine et pas très équilibrée et avança vers son frère. Ce dernier ne cacha pas sa joie et l'enlaça, ne retenant pas sa larme. Il n'en savait pas les raisons, mais son frère renaissait enfin. Il était temps...
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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   22.07.09 23:13

  • ...un rêve qui devint réalité.
    Effervescence dans le manoir d'Artagnan, Barnabé posa les petits fours qu'il avait préparés sur la table en bois massif. Il affichait un air très satisfait ! Cette cuisine, c'était sa fierté, il avait mis tellement d'amour en les préparant ! Il manqua s'étouffer cependant lorsque Philippe qui avait bien grandi depuis un certain temps, piqua l'un des précieux gâteaux salés. Son fripon lui lança un charmant sourire et engloutit le mets délicieux, encore chaud. Il avait beau se dire qu'il l'avait fait exprès, il ne s'épargna pas un regard plein de reproches. Préférant davantage prévenir que guérir, il posa un chiffon de tissu de lin sur le plateau en étain et regarda le cadet battre retraite dans la cuisine. L'espace d'un instant il parut rassuré... mais très vite, comme une douche glacée il se rendit compte qu'un d'Artagnan était dans sa si précieuse pièce !!! Mais qu'allait-il faire ce grand dadet ? Sur un mouvement de panique, il fonça dans la petite pièce où de nombreuses odeurs se mêlaient harmonieusement. Il trouva Philippe en train de goûter aux galets de noix, qui étaient brûlants ! Ils étaient intenables, ces deux gamins ! Toujours à se comporter comme des souris, récupérer le meilleur, grapiller par ci par là des morceaux et puis s'enfuir ensuite, de préférence en étant le plus discret possible. Combien de fois avait-il trouvé ses pots de confiture éventrés et à moitié vides ? Et sa compote ? Ses tartelettes au fruit ? Et le miel ou le lait ??? Philippe le faisait moins, mais Alexandre lui, lorsqu'il se levait tôt le matin, fonçait droit dans la cave, récupérer le lait trait le soir et le buvait cru ! Barnabé l'avait plusieurs fois grondé, car leur mère avait toujours dit que le lait devait être cuit ou à défaut chauffé pour rendre le ventre plus léger. Et si par malheur, dans la cuisine, il traînait un pot de miel, l'index de l'aîné se plaisait à récurer... si bien que le pot en verre était tout propre et brillant ! D'ailleurs en y pensant, jamais un gâteau n'était parti aussi vite que le pain d'épices... Gros gourmands de nature, les d'Artagnan en venaient parfois à se battre pour avoir le dernier... si bien que Barnabé calculait exactement le nombre précis par personne et en faisait de reste au cas où un visiteur vienne prélever la part des autres...

    Il allait faire son sermon lorsqu'il entendit la porte du manoir s'ouvrir. En vitesse il se dirigea vers Charles, qu'il avait reconnu à sa façon de se gratter la gorge et à son pas bien assuré. Il se trouva face à son maître, royalement vêtu, en uniforme brillant, propre et avec un chapeau sur la tête. Le fameux chapeau à la plume verte, où avaient été brodés à la main par sa défunte épouse les armoiries et les blasons de la Gascogne. Fier comme... bah comme un d'Artagnan, en fait, il avait un visage radieux. Qui aurait pu croire que deux années plus tôt, il avait été veuf. Il fut bientôt suivi par un autre Mousquetaire. Lorsque Barnabé vit son visage il en fut stupéfait, il n'avait même pas reconnu Alexandre ! Le serviteur bondit de joie et se dirigea vers l'aîné pour le féliciter. Pendant ce temps, Charles suspendit son chapeau à un crochet dans une des poutres qui soutenaient le toit et s'assit à la table, le regard empli de fierté. Philippe arriva rapidement, alerté par tout ce tapage. Il croisa le regard de son frère qui était rayonnant de plaisir. Il avait de quoi ! Il venait d'être accepté chez les Mousquetaires, comme son père auparavant. Et il le méritait car il revenait de loin. Depuis sa sortie de l'ombre, sa renaissance en quelque sorte, il avait repris quelques kilos ce qui lui allait très bien, puis il s'était entraîné, contre son père pour commencer et contre Cédric, qu'il avait revu dernièrement. Et il avait battu les deux ! Quel agréable souvenir d'ailleurs ! Il s'était tellement pavané que Philippe lui avait gentiment fourni de l'eau froide pour faire désenfler ses chevilles ! Depuis ce jour, il avait travaillé sans relâche, préférant noyer son chagrin dans l'exercice plutôt que dans le noir de sa chambre. Car il ne fallait pas se voiler la face, si Barnabé et Charles feignaient de ne rien voir, Philippe lui n'était pas dupe. Il savait que son frère était détruit qu'il s'était réfugié dans une pièce aux murs troués et qu'il faisait mine d'aller bien. Ils avaient grandi ensemble, ils se connaissaient presque par coeur. Pourtant dans les yeux d'Alexandre, il n'y avait à cet instant que de la joie. Pour la première fois depuis longtemps, son frère était heureux. Un fait notable et incroyable tant sa déprime avait été gigantesque et laissait tellement peu d'espoir.

    La famille s'installa autour de la table et Alexandre raconta comment s'était déroulée son acceptation. Il n'oublia aucun détail mais en profita pour enrober les choses, si bien que Philippe se mit à rire, sous les grognements de son père. La suite s'engagea très vite, Charles reprocha à Philippe de ne pas avoir de but comme son frère, chose à laquelle le caet rétorqua qu'il n'aimait pas les armes. Alexandre eut alors la mauvaise idée de faire essayer son costume à son jeune frère. A peine l'avait-il sur lui qu'il se mit à rire tant cela ne lui allait pas. Barnabé plongea à son tour dans l'hilarité sous l'air bougon de son maître. Voyant que le fou rire ne cessait pas, Charles devint rouge de colère et s'exclama en tapant du poing sur la table :


    - Nom de Dieu ! Veux-tu bien cesser de faire ton baladin avec ce costume ? Il suffit ! C'est un uniforme, par un jouet !!!

    Il y eut un calme assez pesant puis voyant l'air outré de son père, Philippe se mit à rire de plus belle. Une dispute s'engagea alors entre père et fils cadet... le genre de dispute qui arrivait souvent entre les deux. Tout était prétexte à s'engueuler... Finalement cela se termina assez tragiquement, Charles lassé finit par envoyer son fils dans sa chambre et chargea durement Alexandre de lui conduire pour récupérer son uniforme. Barnabé se cacha dans la cuisine pour rire tandis que le père s'installait devant la cheminée, l'air tristement sérieux et sévère. Dans la chambre, tandis que Philippe ôtait les vêtements derrière un paravent, Alexandre dit un petit peu déçu :

    - Je ne pensais pas que ça tournerait au drame...

    - Tu connais le paternel, il a toujours un artichaut coincé entre les dents... et quand il ne vocifère pas contre moi, il n'est pas content !

    - Je sais, mais je n'aurais pas du te faire essayer mon uniforme... cela nous aurait évité des disputes inutiles.

    - Moi, j'ai passé la meilleure soirée depuis la cuite de Porthos ici-même la semaine dernière. C'était du grand spectacle, tu aurais du voir l'air réprobateur du paternel... à se damner de rire.

    - Tiens, en parlant de lui, j'ai vu Cédric, il est passé au camp, avec son père. Nous avons discuté tous les deux, ça faisait si longtemps. Il n'a pas changé, c'est quelqu'un d'agréable et de fort sympathique !

    - Cédric... honnêtement, je le connais peu. Lui et Raoul sont surtout des amis à toi...

    - C'est vrai, mais informe-moi donc des dernières gajeures de ce cher Porthos !

    Et tandis que le cadet racontait l'évènement, Alexandre l'écouta attentivement. Oui, il était heureux. Il le méritait, aussi, il faut dire. Il en avait fait du chemin, un long travail sur lui-même. Mais il restait encore fragile. Il n'avait pas encore réussi à retourner sur la tombe de sa mère. Cela le rendait malade d'ailleurs de ne pas trouver le courage de s'y rendre. Le soir, avant qu'il s'endorme il repensa à cette folle journée. Son rêve était devenu une réalité. Rien d'autre ne pouvait effacer son sourire. Philippe avait eu tellement l'air heureux pour lui, sincére jusqu'au bout. Il lui en devait des choses, surement davantage qu'à son père. Il se laissa bercer par le calme de la maisonnée, au gré des petit coups de vents qui passaient entre les feuilles des arbres au dehors. Ce fut une nuit sans cauchemar... la première depuis deux ans...

    ----


  • ...l'amour avec un grand A.
    En se levant ce matin là, Alexandre ne sut pas tout suite que ça allait être le jour le plus beau de sa vie. Pourtant quelques signes étaient déjà anonciateurs... Tout d'abord, le soleil était magnifique, son supérieur de bonne humeur et enfin son père plutôt aimable. Tandis qu'il cirait ses bottes près du petit ruisseau un coupe de tourterelles vint se poser juste en face de lui. De roucoulements en roucoulements les deux volatiles se blottirent l'un contre l'autre avant de s'envoler sous le regard amusé du Mousquetaire. Il se souvint alors de l'évènement de la veille, alors qu'il langeait tranquillement du pain, un moineau, petit bête sans défense s'était posée non loin de lui. Attiré par les miettes il avait tendu la main pour qu'il mange ce que l'oiseau avait fait mais en s'installant carrément sur sa paume. C'était là qu'il avait pris conscience que la vie était fragile. Il aurait suffit qu'il serre les doigts pour étouffer le volatile et lui ôter la vie. Ruze traînait par là et il jeta une pierre non loin pour effrayer l'animal. Alexandre serra les dents et les poings devant son ricanement mauvais. Surtout ne pas s'énerver. Il avait passer son chemin, comme si de rien n'était. Mais cette journée était spéciale... il allait à un bal costumé... le bal du printemps, organisé par le Roi lui-même et il avait obtenu sa journée. Lui qui détestait les soirées de ce genre... c'est vrai, il attirait franchement les regards, tellement, qu'il se sentait fort géné. Et c'était pire lorsqu'il portait son uniforme à croire que certaines personnes aimaient cela. Il avait acheté son masque venitien, et sa tenue. Si la journée fut étonnamment douce et facile à vivre, il avait une boule à l'estomac. Son frère n'était pas là, il était parti visiter l'ouest, les terres de Bretagne, aux dernières nouvelles. Depuis qu'Alexandre vivait au camp, son cadet devait supporter Charles à longueur de journée... et avoir le duc de Gascogne sur le dos, c'était très désagréable. Il ne fallait pas faire ci, ne pas dire ça, ne jamais aller là... bref, les disputes étaient si courantes que généralement Barnabé se terrait dans sa cuisine. Au moins loin du Manoir, Philippe avait ce souci en moins à savoir comment se comporter pour ne pas perdre tous ces moyens.

    Le soir venu, le bal s'engagea, le Roi l'ouvrit sous les airs de Lully, formidable musicien. Alexandre se tint sur le côté quelques instants mais même avec un visage masqué, son silhouette athlétique et ses yeux lui donnaient un charme fou. De nombreuses femmes l'approchèrent pour l'inviter et il déclina respectueusement. L'une d'elle se colla dangeureusement à lui. Corps contre corps, elle dégageait un parfum hypnotique, entêtant... elle posa sa main sur son ventre et il en eut le souffle coupé. Comment réagir ? Que lui dire ? Elle approcha ses lèvres des siennes... mais il la repoussa. Vexée et par peur d'être ridicule, elle prit sa main et la posa avec énergie sur ses fesses. Prenant soudain un air surpris et choquée, elle lâcha un petit cri de surprise histoire d'éveiller l'attention et lui asséna une gifle qui claqua sec. La joue endolorie, l'air complètement hagard, Alexandre la regarda partir, sous les regards réprobateurs des gens autour qui le prenaient pour un sacré pervers... Désabusé et extrêmement gêné, il allait sortir pour rentrer chez lui lorsque son regard tomba sur une jeune femme. Elle était là ! A peine eut-il pris conscience de sa présence que son coeur sembla lui faire défaut. Des sueurs froides vinrent lui caresser la nuque. Il déglutit avec difficulté et elle croisa inconsciemment son regard. Formidables prunelles qu'il n'était pas prêt d'oublier. Elle n'était pas noble, cela se voyait à des lieues... elle avait un robe faite main, à la couture un peu grossière, et un masque de velour noir tout simple. Ses cheveux sauvages ondulaient comme les branches d'un arbre, totalement libres. Elle n'avait pas une seule trace de maquillage, pas l'ombre d'un bijou brillant autour du cou. Elle était... simple, naturelle... et magnifique. Il manqua percuter violemment un garde du Roi alors qu'il s'approchait. Il n'ôta pas son masque. Elle ne le vit qu'au dernier moment. Il avait la gorge sèche, le pouls rapide, si rapide qu'il sentait son coeur cogner à ses oreilles. Allait-il trouver les mots ? Il angoissait, que se passait-il ? Sans même qu'il comprenne comment ni pourquoi son corps joua le rebelle. Il se mit à parler, la voix étonnamment douce et calme, sûre d'elle, c'était effrayant !


    - Bonsoir, charmante soirée, vous ne trouvez pas ?

    - En effet...

    Bon Dieu !!! Lorsque le son de sa voix résonna contre ses tympans, il en fut tout ébranlé. Avait-elle autre chose à lui cacher de ce genre ? Un physique parfait, une voix si agréable qu'il se serait suspendu à ses lèvres à tout jamais, bien volontiers. Elle resta silencieuse, alors il insista un peu :

    - Quand saurais-je votre nom ?

    Un petit silence après lequel elle répondit, génée, ses paumettes rougissant à vue d'oeil ce qui lui donnait un charme irrésistible :

    - Je ne suis qu'une simple servante, Monsieur...

    - Certes, mais vous brillez plus que ces dames-là en habits grotesques et extravagants...

    Il avait dit ça avec une assurance sans faille et uns grande sincérité, mais visiblement, cela l'effraya...

    - Là est notre différence, je n'ai pas le droit de propos si diffamatoires, veuillez m'excuser...

    Et elle partit. Alexandre sentit l'impulsion monter en lui. Son coeur, non son âme lui ordonnaient de la suivre. Vite, il devait la rattraper... faire quelque chose, maintenant. C'était la première fois que cela lui arrivait, il avait l'impression qu'une voix lui disait de se ruer à travers une porte, cette porte, clé de son destin ! Fonce, fonce et fonce ! Alors, n'écoutant que ses sentiments, il se lança à sa suite. Il bouscula de nombreux couples puis parvint à la rejoindre. Il se mit alors à son niveau, en ôtant son masque et dit, la voix envoûtée :

    - Alexandre.

    - Pardon ?

    - Je m'appelle Alexandre.

    - Marine...

    Marine... l'éclat de sa voix pure, cristalline, douce comme le vent lui parcourut l'échine... Quel magnifique nom... Il fallait perdre contenance mais se rattrapa :

    - Dansons maintenant, puisque nous sommes présentés l'un à l'autre.

    - Cela ne m'est pas permis, monsieur...

    Il la prit par la main, doucement et l'invita à danser. Réticente, elle se laissa vite aller à la candence, douce, certes mais émotionnellement très forte.

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   22.07.09 23:38

    L'instant sembla durer des heures entières. Ils dansaient tranquillement, ne pouvant séparer leurs regards. Alexandre était à visage découvert, et tant de choses se lisaient dessus. Il ne cachait ni son regard brillant ni son air éperdument amoureux. Il avait suffit d'un regard... un seul pour que le coup de foudre opère. Lorsqu'ils durent se séparer, d'Artagnan ne le supporta pas. Il prit sa main entre les siennes est déposa un baiser dessus, en guise de gratitude. Et une nouvelle fois, son coeur prit les devants et parla à sa place. Le ton était cette fois si inspiré et si sincère qu'il en était troublant :

    - Oh, belle Marine, ces danses auront été pour moi de purs moments de plaisir et de bonheur. Votre élégance et votre gentilesse vous honore. Vous m'avez rendu plus qu'heureux. Puis-je en tout dévouement pour votre précieux cadeau de ce soir vous reconduire ? Je me sentirais coupable de ne pas veiller à ce que vous retrouviez indemne votre logis, quel qu'il soit. Car ce soir, sachez que de toutes les femmes qui furent présentes dans cette salle, vous étiez de loin, à mes yeux la plus belle et la plus splendide. Je n'ai vu dans votre absence d'apparats et de titres que la beauté pure, débarassée des objets qui l'enlaidissent.

    Bien sûr qu'elle avait rougie... elle était même devenue écarlate. Et aussi surprenant que cela ait pu paraître elle avait accepté qu'il la reconduise. Il s'était exécuté, la faisant précautionneusement monter sur Tempête sa monture pour regagner Paris et laisser Marine sur le pas de sa porte. Mais avant de partir, Alexandre ne put s'empêcher de lui faire un autre baisemain et de lui demander :

    - Marine, je vous en prie, accordez à mon coeur le plaisir de vous revoir. De toutes les femmes que j'ai pu voir, vous êtes la seule qui le fasse battre à tout rompre. Ne plus vous pouvoir vous regarder, vous entendre ou même vous toucher, serait une torture. Accordez-moi votre grâce...

    Et après l'avoir regardé, dans un silence qu'elle n'osait pas briser, elle acquiesça. Il déposa un autre baiser sur sa main, puis la laissa rentrer. Il repartit avec Tempête sur une route mais s'arrêta en bord de chemin, profita du fait qu'un petit ruisseau coulait non loin pour abreuver l'animal. Il se posa contre un arbre, en caressant sa robe soyeuse.

    - Tempête... je crois... je crois que je l'aime... j'en suis même sûr... ses yeux... ses lèvres au mille reflets... je n'ai jamais ressenti cela, pour personne... je suis comme définitivement envoûté... je suis perdu, et nous nous sommes trompé de route... elle m'a déboussolé... crois-tu que je lui plaise ? Moi un homme d'épée ? Elle avait l'air si... si... que dis-je elle n'a aucun air... elle est... exceptionnelle. C'est cela exceptionnelle... Qu'il meut été donné de mourir pour elle et j'aurais été prêt à le faire. Je le suis toujours... Tempête, que faire ? Je ne peux me contenter de dormir... cela m'est impossible, elle est si...

    Il se laissa glisser le long du tronc puis resta assis au pied de l'arbre. Il regarda la lune à travers la cime des arbres. Et de toute la nuit, il ne put fermer l'oeil. Il repensa aux moments magiques de ce Bal, savourant chaque instant une nouvelle fois. Au matin, il repartit vers le camp, il avait pris le chemin opposé pour accomplir son devoir, mais le coeur n'y était pas. Il avait été pris, la veille par une jeune femme du peuple. Sans titre et sans terre, la Reine du Sous-Bois avait conquis le Mousquetaire.

  • ...une nuit, acte I.
    Des jours et des nuits avaient passé. Et cela ne s'arrangeait pas. Alexandre était ailleurs, il subissait les insultes de Nicolas de Ruze sans les vivre réellement. Il était ailleurs, comme une âme esseulée. Il profitait de ses instants dans les jardins pour se rapprocher rapidement des cuisines, ce qui faisait un détour non négligeable. Ce jour là, Marine se trouvait près des fontaines, elle se rafraîchissait le visage. Dans les cuisines il devait faire une chaleur intolérable. Alexandre resta de longues minutes à la regarder, derrière un buisson. D'autres Mousquetaires étaient présents et il aurait été stupide de la rejoindre. Elle ne l'avait pas remarqué et se pencha légèrement sur le côté pour ajuster le bas de sa robe. Etant donné qu'elle sortait de son champ de vision, d'Artagnan bougea un peu pour mieux l'apercevoir... son coeur en redemandait. Mais il en oublia la loi de la gravité et surtout celle de l'équilibre. Son pied se mit dans un trou et avant qu'il n'ait pu se rattraper il s'affala dans... le rosier ! Lorsque les épines lui lacérèrent la peau, il ne put retenir un cri de douleur. Il se releva en vitesse, pour éviter de se faire remarquer mais lorsqu'il sortit du buisson il tomba nez à nez avec une Marine affolée, craignant pour la vie d'un quelconque individu. Leurs regards se croisèrent... Boum boboum... son coeur avait des ratés, il resta là, à la regarder, hébété, tétanisé... hypnotisé. Et elle en fit de même, n'osant dire un mot mais ne pouvant détacher son regard, rougissant à vue d'oeil. Ils s'étaient revus depuis leurs rencontres, Alexandre lui avait apporté du miel et du pain d'épices préparé par Barnabé, tous deux étaient entichés l'un de l'autre. Si bien qu'ils n'arrivaient plus à concevoir l'idée de s'éloigner. Marine n'eut même pas besoin de lui demander ce qu'il faisait là, elle lisait tout sur son beau visage. Offusquée devant le sang sur sa chemise, du aux écorchures, elle l'emmena aux cuisines, timidement puisque pour l'instant ils ne savaient plus où ils en étaient. Il lui avait évoqué le fait d'abandonner son titre pour l'épouser. Mais elle était réticente à l'idée d'un tel sacrifice. Dans les cuisines elle était seule... les autres ayant pris leur repos. Et visiblement les repas avaient été servis. La nuit n'allait pas tarder à tomber. Elle le mena à une pièce où elle utilisa un tissu propre légèrement humide pour laver ses plaies. Alors, Alexandre laissa une nouvelle fois son coeur le guider, il lui prit la main la serra contre la sienne puis déposa un baiser sur ses lèvres. Surprise, Marine aurait pu le repousser mais elle en était incapable. Elle semblait ne plus se contrôler elle aussi, car elle le lui rendit. Le Mousquetaire avait son coeur qui battait trop fort pour entendre ce qu'il dit, la voix tremblante :

    - Marine, je crois... non, je t'aime. C'est indéniable, mon coeur souffre trop lorsque nous sommes loin... et je n'ai que faire de nos différences. Je n'ai envie de vivre que pour toi, et tu es si belle, si radieuse, que j'ai honte de ma grosse carrure... et de mes titres. J'ai l'impression d'être l'intrus dans ce paysage merveilleux. Je t'en prie accorde-moi l'honneur de devenir ton époux... J'en perdrais le goût aux bonnes choses, à tout même si tu refusais. Je t'aime...

    - Je ne le permettrai pas...

    - Pour toi, je le ferais sans regret.

    - Tu ne peux pas renier tes titres pour moi, Alexandre, moi aussi, je t'aime et le reste m'importe peu, qu'ils le sachent tous ou non, je suis tienne et le resterai...

    - Alors ne me refuse pas de démontrer à quel point tu es importante à mes yeux, mon amour.

    Et il l'embrassa à nouveau, cette fois, ça n'était plus timide, c'était au contraire franc. Il aimait le contact de ses lèvres, la douceur de sa peau, le parfum de ses cheveux. Après quelques minutes, il en respira les effluves en fermant les yeux. Plus rien de comptait, il sentit la chaleur l'envahir tant ses sentiments furent exacerbés. Elle déposa ses lèvres sur les siennes et une nouvelle fois, le baiser fut plus fougueux, plus franc. Les choses s'emballaient un peu et ils le sentirent, aussi, après une étreinte empreinte de passion, ils se détachèrent l'un de l'autre et Alexandre souleva sa chemise pour qu'elle puisse nettoyer les plaies éparses. Ce qu'elle fit avant de le regarder droit dans les yeux. Il se sentait sondé, électrisé... paralysé par la beauté de ses iris. Sur son visage on pouvait y lire la sincérité de ses sentiments et c'est sans doute pour cette raison qu'elle ne résista pas à l'idée de l'embrasser à nouveau. Le Mousquetaire n'allait certainement pas la rejeter, il ne le pouvait pas ! Les gestes se firent plus nerveux, plus impulsifs. emportés par une passion de plus en plus débridée, ils avaient définitivement décidé de laisser faire comme les choses viendraient. Alexandre la plaqua contre le mur des cuisines, en douceur, leurs bouches ne pouvant plus se séparer. A mesure qu'elle glissait latéralement sur le mur, elle entrouvrit une porte. C'était une pièce déserte, où se trouvait une cheminée et sur le sol une peau de bête. Le désir montait à chaque seconde un échelon supplémentaire, ils entrèrent dans la pièce et fermèrent la porte à clé. Sans même qu'ils réfléchissent, tout se déroula très vite. Ils s'assirent, s'enlacèrent durant de longs moments. La nuit tomba peu à peu. Alexandre alluma un feu dans la cheminée et retourna se blottir contre Marine. L'atmosphère y aidant, leurs corps semblaient demander davantage. Ils se laissèrent aller à leur passion. C'était la toute première fois pour Alexandre. Il aurait pu faire comme il était coutume, choisir une fille de joie pour s'initier mais non... il s'était toujours dit que ce serait pour la femme de sa vie. Et il l'avait sous les yeux, beauté sauvage et naturelle aux cheveux bouclés et au regard si tendre. C'était aussi sa première fois... mais elle semblait totalement confiante. Leurs corps s'unirent d'une douce étreinte, qu'ils auraient aimé ne jamais voir finir. Pourtant, tout a forcément une fin et après qu'ils eurent atteint les sommets de la sensibilité à l'état pur, Alexandre resta un très long moment à la regarder. Il n'avait pas la force de se relever, de parler ou même d'agir. Ce ne fut que de longues minutes plus tard tandis qu'il se laissa choir sur le côté, leurs deux corps nus toujours en contact par quelques zones de peau, que Marine brisa le silence, de sa voix si mélodieuse :

    - Nous n'aurions peut-être pas du... nous ne sommes même pas fiancés...

    - Marine, pour toi je transgresserais n'importe quelle règle. Je n'ai jamais ressenti cela pour personne à part toi.

    Il caressa sa joue et détacha la petite chaîne qu'il avait autour du cou, le médaillon de sa mère. Il la mit autour de la nuque de la jeune femme et demanda, solennellement :

    - Je n'ai pas de bague, encore, mais je tiens beaucoup à ce médaillon, alors, Marine, acceptes-tu de me prendre pour époux pour je puisse te chérir et t'aimer comme personne n'aura jamais pu le faire. Acceptes-tu que mon âme ne puisse vivre que de toi que mon coeur ne batte que pour chacun de tes souffles, que ma vie ne se résume qu'à tes sourires, ton bonheur ?

    Marine le regarda, puis lui répondit oui avant de l'embrasser. Serrés l'un contre l'autre devant l'âtre ils s'endormirent, ils avaient visiblement oublié qu'ils n'étaient pas chez eux. Au matin, Alexandre se réveilla le premier et par une caresse délicate il sortit sa fiancée du sommeil. Tous deux se revêtirent, s'embrassèrent puis sortirent, devant les cuisinières déjà à leur tâche. Sous les regard médusés, le Mousquetaire n'eut aucune crainte à montrer qu'elle était la femme de sa vie, elle, simple paysanne sans autre terre qu'un coeur débordant d'amour. Il renoncerait à tout pour elle, en tout temps et en tout lieu. Les rumeurs commencèrent à circuler, drôles au début, elles tournèrent rapidement au cauchemard. Alexandre obtint la bénédiction du Roi et son père. Marine fut présentée à sa famille, sous le regard bienveillant de Charles, Barnabé et Philippe. Le plus touchant dans l'histoire, fut sans doute le regard qu'il lui accordait à chaque instant, comme si en sa présence, il n'existait plus qu'elle.
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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   31.07.09 14:54

  • ...le retour d'un cauchemard.
    Il faisait nuit... et le silence était de mise. Rien n'aurait pu laisser présager l'enfer qui avait régné dans la Demeure d'Artagnan. Il était impossible de savoir dans cette paix absolue qu'une personne oscillait entre la vie et la mort... et que sa moitié n'avait plus le goût de rien. Barnabé ne dormait pas, il n'arrivait pas à fermer l'oeil. Cela tombait bien car Étienne, le médecin en charge de Marine l'avait rejoint pour s'aviser de l'état de la jeune femme qu'il avait opérée plus tôt. Les deux hommes s'étaient assis. Le serviteur ne cachait plus son air maussade et sa tristesse. son inquiétude se lisait aussi sur ses cernes. Étienne lui tapota doucement l'épaule et dit à voix basse :

    - Cela ira mieux... elle devrait s'en remettre.

    - Si vous le dîtes... mais lui, est-ce qu'il se relèvera ?

    Il y eut un lourd silence plein de sens, et le médecin finit par demander :

    - Charles n'est pas revenu ?

    - Non... enfin si, il revient, il prend des nouvelles puis il s'en va, sans demander son reste. Il ne parle plus à Alexandre, plus depuis qu'il l'a giflé...

    - Tiens donc ?

    - Pour comprendre à quel dégré les choses peuvent se dégrader, il faudrait avoir une connaissance parfaite de ces deux personnages ! Alexandre s'en veut, bien sûr qu'il s'en veut... il sait qu'il a une part de responsabilité... même si c'est minime. Personne n'est coupable, je suppose qu'il se focalise là-dessus tout comme il s'est focalisé sur la mort de sa mère... et son impuissance à la sauver.

    Étienne resta songeur puis répondit, calmement :

    - Marine revient de très loin... j'espère qu'elle vivra... mais je n'ai rien pu faire pour l'enfant qu'elle portait. Je ne suis pas un spécialiste, mais je peux dire qu'un acte de ma part aura de plus lourdes conséquences. Alexandre ne doit pas se sentir coupable d'avoir su aimer physiquement et moralement Marine. C'est notre société actuelle qui nous somme d'agir selon des principes pour faire bien. Je connaissais Charles attaché à ses principes, mais de là à gifler son fils déprimé pour avoir fait un enfant hors mariage... ils sont fiancés ! Je pensais qu'il n'accordait aucune importance à la religion et à ses usages ?

    - C'est le cas... Charles n'a pas réagi de la bonne façon. Et il n'en veut pas à Alexandre pour l'enfant... il n'a pas supporté sa faiblesse. Il est loin très loin d'être le meilleur des diplomates ! J'aimerais tellement que Philippe soit là... il arriverait à souder cette famille qui subit les catatsrophes les unes après les autres.

    - Philippe... il risque fort de ne pas apprécier ma présence, s'il revient...

    - Oh, il vous en veut pour sa mère uniquement parce qu'il souhaite remettre ça sur le dos de quelqu'un. Au fond, il sait que vous n'y êtes pour rien. Seulement, vous voyez, ce qui différencie Philippe d'Alexandre, c'est qu'il s'extériorise. Marie-Béatrice lui a appris à se confier et à parler avec son coeur. Son frère aîné, lui, l'a emmuré et solidement enfermé. S'il y a un coupable aux malheurs, il s'autoproclame... Alexandre est beaucoup plus sensible aux choses qu'il n'y paraît et il a malheureusement été l'aîné, celui en qui Charles a placé l'honneur et la fierté de son nom.

    - Quand Philippe reviendra-t-il ?

    - Je l'ignore... il est parti en voyage, je ne sais pas s'il reviendra. J'espère que son chemin le conduira ici, sa mère disait qu'un d'Artagnan sentait le malheur et la tristesse au sein de sa famille. Jusqu'à présent elle a toujours eu raison, pourvu que cela dure. Ce ne sera que la seconde fois que Philippe sauve son frère...

  • ...des regrets, de l'amertume et des rêves.
    - Tu n'étais pas obligé de le tuer...

    Philippe regarda le cadavre sur le sol. Il avait le teint assez pâle et la mine assez dure. Son frère aîné venait de tuer un homme... et il semblait l'avoir fait sur un geste naturel, et n'en éprouver aucun regret. Forcément, ça l'indignait ! Alexandre essyua la lame de son épée. Le second gaillard s'était enfui. A un moment, il avait bien cru que son cadet allait y passer. Il n'avait pas une habileté d'expert dans le maniement des armes. Et il n'aimait pas s'en servir, ça se sentait. Il avait tout de même gagné un duel à l'épée, contre un assassin expérimenté. Ce n'était pas rien... mais il avait commis deux erreurs qui auraient pu lui être fatales. Le temps qu'il veuille rattraper le premier individu, ce dernier avait sortit un arme à feu et visa Philippe. Alexandre avait bondi et planté son épée dans le flanc de l'assassin. Ce dernier était tombé en terre, tirant dans le vide et s'était écroulé. Il avait poussé quelques râles puis était mort.

    - Je n'ai pas fait ça de gaieté de coeur ! Il allait t'abattre !

    Philippe avait du se forcer à reconnaître qu'il avait raison. Même si ça le dégoûtait. En même temps, il savait que son frère ne pouvait pas ne pas le protéger, quitte à se mettre en péril lui-même. Leur lien était déjà très fort à la base. Ils étaient complices, liés par le sang et par l'esprit de fraternité aussi. Mais le jeune Duc pouvait être fier de ce qu'il était parvenu à faire. Il avait été très difficile de ramener Alexandre à la vie, après la perte de son enfant. Le Mousquetaire avait été très mal, il n'avait plus goût à rien et pire n'osait plus s'approcher de sa fiancée. A croire qu'il l'avait ressenti, il était revenu à temps, et avait parlé à son frère juste à temps... peut-être qu'à un ou deux jours près, Alexandre aurait sombré... et qui sait ce qu'il serait advenu de lui. Son aîné était fragile, il le savait. Plus fragile qu'il ne voulait le laisser paraître. Il n'avait jamais réussi à se reconstruire défintivement depuis la mort de leur mère. En quelques discussions, Philippe avait réussi à redonner le moral à son frangin. Ce dernier avait parlé à Marine avant de partir en mission pour le Roi, le poste de Sous-Lieutenant était à la clé. Les d'Artagnan, décidèrent de partir ensemble, de vivre l'aventure à deux. Après quelques jours de voyage, ils avaient débusqué les assassins, juste après la frontière au nord. Alexandre posa sa main sur son épaule et lui dit, calmement :

    - Nous devrions y aller... rester ici ne nous avancera à rien et nous aurons du mal à rattraper l'autre assassin. A mon avis, il ne reviendra pas. Partons, j'ai un mariage dans trois jours... nous ne serons jamais à l'heure !

    - Bien sûr que si ! Ce sera court pour revenir ! Je connais quelques raccourcis.

    Et il partirent en direction de Paris. Heureusement que Philippe était là... c'était une âme bienveillante. Ils formaient un duo surprenant. Ils avaient beaucoup de différences mais en toutes circonstances ils restaient unis. Deux frères, force et vertu, le blason des d'Artagnan.

  • ...un mariage.

    - Marine Saulnier, fille du peuple descendante d'Aléanor et Adhémar Saulnier, acceptez-vous aujourd'hui devant l'assemblée ici présente et devant Dieu de prendre pour époux, Alexandre d'Artagnan, Mousquetaire du Roi, fils de Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan et de Marie-Béatrice d'Enjou, jusqu'à ce que la mort vous sépare ?

    Il y eut un petit silence et Marine répondit :

    - Oui, je l'accepte.

    Alexandre sentit son coeur bondir... il avait peur que ses jambes le lâchent. Marine était d'une beauté époustouflante. Et Charles avait payé les parrures et les vêtements pour lui faire a robe. C'était sa mère qui avait brodé et cousu grâce à cela. Elle avait mis dans ses cheveux à l'odeur si agréable une rose rouge, celle qu'il lui avait offerte la veille, à son retour. Elle prit l'alliance et la lui passa au doigt. Elle eut un petit peu de mal, car Alexandre avait des mains masculines, qui en imposaient... Aramis, Évêque de Vannes et maître de cérémonie, se tourna vers le Mousquetaire avec tout le sérieux dont il était capable et lui demanda :

    - Alexandre d'Artagnan, Mousquetaire du Roi, fils de Charles de Batz-Castelmore d'Artagnan et de Marie-Béatrice d'Enjou, acceptez-vous aujourd'hui devant l'assemblée ici présente et devant Dieu de prendre pour épouse, Marine Saulnier, fille du peuple descendante d'Aléanor et Adhémar Saulnier, jusqu'à ce que la mort vous sépare ? Jurez-vous devant Dieu et ses saints de la protéger, de l'aimer et de la rendre heureuse sur Terre et dans les Cieux, dans la vie éternelle ?

    Charles ne cacha pas son indignation ! Il soupira assez bruyamment ce qui déplut à Aramis. L'évêque en faisait beaucoup trop à son goût, avec ses hypothèses religieuses. Philippe lui donna un petit coup de coude en l'invitant au silence et à la retenue. Le visage de Charles vira au rubicond et il écrasa le pied de son cadet sans aucun vergogne. Barnabé dut froncer les sourcils pour que cela ne dégénère pas. Alexandre avait la gorge serrée et il était très nerveux. Mais il ne tarda pas à répondre.

    - Oui je l'accepte et je le jure.

    Il passa l'alliance au doigt de sa femme, hésitant de peur de lui faire mal. A côté de lui, elle paraissait si fragile, avec sa menue silhouette et sa peau si douce. Il eut l'impression d'être disproportionné, inconvenant. Aramis lança un oeil provocateur à Charles et annonça :

    - Par la volonté de Dieu, de ses Anges et de l'Esprit Saint, de la Trinité et de la Vierge Marie, Sainte-Mère de Jésus Christ notre Seigneur ET notre sauveur, je vous déclare unis dans l'éternité, face à la vie et à la mort, par les liens sacrés du mariage !

    Voyant que Charles allait protester il le coupa net et ajouta, l'oeil pétillant :

    - Vous pouvez et devez, d'ailleurs, embrasser la mariée !

    Alexandre ne se fit certainement pas prier pour ça, il se rapprochèrent et s'embrassèrent. Charles se fit légèrement bousculer par Philippe qui jeter des grains de riz, pour porter bonheur, paraissait-il. Il grommela, visiblement mécontent :

    - Ils n'ont pas besoin de faire un baiser aussi provoquant !

    - Allons, père il a duré à peine un instant...

    - Trop à mon goût ! Et puis toi, rien ne t'effraie ! Les rumeurs courent, elles disent que tu n'as pas la langue dans ta poche et qu'elle est très bien pendue !!! Je te garantis que si tu...

    - Silence, nous n'allons pas commencer à vous entendre vous disputer tous les deux dans la cathédrale ! Alexandre n'apprécierait pas !

    - Où sont-ils d'ailleurs ?

    Les gens se serraient la main et Aramis discutait évangile avec les parents de Marine, à savoir sa mère veuve et ses autres enfants. Il interpella le Gascon et l'invita à participer à la conversation, chose que Charles fit uniquement pour ne pas paraître malpoli. Philippe chercha son frère et sa belle-soeur des yeux mais ne les vit pas. Il remarqua la petite ouverture sur le côté et s'y dirigea. Il manqua se faire renverser par son frère à cheval, Marine sur ses genoux. Il lui dit malicieux :

    - Allons donc ? Où vas-tu comme ça, par la petite porte ?

    - Patience, tu le sauras à ton mariage...

    Marine lança le bouquet que Philippe attrapa. Son aîné lui fit un clin d'oeil et ils partirent. Philippe savaient où ils allaient et ce qu'ils allaient faire... non, ce n'était pas la coutume habituelle. Ils n'allaient pas profiter allègrement de leurs noces. Alexandre allait la présenter à sa mère... puis ils iraient dans le petit bois, vivre sur leur nuage en amoureux, la présence de l'un suffisant à l'autre.

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   01.08.09 17:36

  • ...une nuit, Acte II.
    - Comment va-t-elle ?

    - Alexandre, je vous aime bien... mais ce n'est pas en me demandant cela toutes les deux minutes que je vais progresser. Calmez-vous, le travail a à peine commencé... elle va mettre du temps, elle doit se ménager, surtout au vu de ses antécédents.

    - Et le bébé ?

    - Je ne puis dire encore, Alexandre... peut-être que vous devriez lui laisser le temps de sortir et nous montrer si c'est une fille ou un garçon !

    Philippe posa sa main sur l'épaule de son aîné et adressa un regard plein d'amertume et de froideur à Étienne qui se contenta de repartir, un peu prématurément, pour ne pas affronter les remarques du plus jeune des fils d'Artagnan. Ce dernier laissa un petit silence avnt de dire, posément :

    - Tout va bien se passer ! Je suis prêt à miser le Duché sur une fille !

    Charles qui faisait les cents pas, sursauta et s'emporta :

    - Miser le Duché ??? PLAIT-IL ???

    - Taisez-vous, tous les deux...

    Charles parut offusqué, comme Philippe que ça soit Alexandre qui parle aussi sèchement. Ils le regardèrent, et il ne semblait pas avoir relevé la fermeté avec l'aquelle il leur avait parlé, il se rongeait les ongles, agitait sa jambe comme s'il s'agissait d'un oreiller à remplumer et ne cessait de regarder la porte comme s'il voulait voir au travers... Ils comprirent rapidement que ses nerfs étaient à fleur de peau. Le silence retomba, le père et le cadet n'osant pas dire le moindre mot. De longues minutes plus tard, Alexandre angoissait de plus en plus. Il était livide, trempé de sueur, agité de sueur froide. Les cris d'un bébé retentirent... ce qui au lieu de le calmer, le rendirent d'autant plus nerveux... Finalement Étienne ouvrit la porte et annonça, sourire aux lèvres :

    - C'est une fille !

    - Ah ! Ah ! J'aurai gagné mon pari, voyez !

    Philippe se tourna vers Charles, victorieux, ce qui agaça très fortement son père. Voyant son visage rougir de colère, il entra dans la pièce, derrière Alexandre qui semblait ne pas y croire. Alors que son père se lançaità la suite pour le houspiller, Étienne lui indiqua qu'il ne voulait pas plus de trois personnes dans la pièce et qu'il devait attendre... Grognon et mauvais seigneur, Charles fit mine de partir. Dans la petite chambre, Barnabé avait fini de faire la toilette au petit bout rose. Marine prit sa fille dans ses bras et Alexandre s'assit à côté d'elle, n'osant pas toucher. Elle était magnifique, et ressemblait à une poupée. Ses yeux semblaient de couleur bleu-vert mais ça n'étaitpas vraiment visible. Marine la mit dans les bras d'Alexandre qui tant bien que mal du s'adapter...

    - Trouvons-lui un prénom...

    - Que penses-tu... d'Aurore ?

    Alexandre resta silencieux puis finit par répondre :

    - Je pense qu'avec un prénom pareil, cette toute petite fille ne peut que dépasser la beauté de sa mère. Qu'en penses-tu Philippe ?

    Le cadet parut quelque peu surpris, mais il acquiesça. Alexandre adressa un coup d'oeil à Marine et dit, avec un sourire plein de franchise :

    - Nous avons pensé avec Marine, que tu pouvais en être le parrain... qu'en penses-tu ?

    Philippe parut doublement surpris mais il accepta, au grand bonheur de son frère et de sa belle-soeur.

  • ...un présent clément.
    Marine posa un linge humide sur la blessure de son mari. Alexandre était revenu amoché de son dernier combat contre Nicolas de Ruze, le traître et félon l'avait pris presque par derrière, alors qu'ils se battaient une fois encore. L'épée lui avait légèrement entaillé le flanc gauche, sans moindre mal, c'était juste impressionnant, mais ça ne l'handicapait pas outre mesure. Il était visiblement en colère et dit, le ton résolu :

    - C'est un lâche ! Un misérable lâche, couard !

    - Alexandre, calme-toi... tu vas réveiller...

    Elle n'eut pas à terminer sa phrase, Aurore arriva bientôt, visiblement insatisfaite. Elle n'arrivait pas à dormir avec tout ce bruit et le leur expliqua à sa façon. Non mais ! Et elle voulait du lait au miel pour s'endormir... rien que ça. Marine allait être ferme, lorsque son mari la devança et... céda... C'était étrange, il passait tout à sa fille aînée mais était très rude avec son fils... Guillaume, le petit dernier. Bon pour le moment, ça allait, le gamin ne pouvait pas trop faire de choses, il était encore très jeune, mais lorsqu'il dépeignait son avenir, il voulait en faire un hommes fort et valeureux. Parfois, la belle d'Artagnan se demandait si son mari n'était pas un peu trop conservateur et sévère à son goût. Mais Alexandre aimait ses deux enfants. Il les prenait chacun à leur tour dans ses bras, de façon peu habile c'était vrai. Il faut dire qu'elle n'avait pas un mari chez qui la douceur était naturelle. Le combat, les armes, rendaient sa musculature impressionnante, surtout pour elle, qui était très féminine et assez menue. Il avait la peau un peu rugueuse, le geste plus lourd. Mais il faisait toujours très attention avec elle et les enfants. Il avait beau être grand et avoir un carrure d'athlète, il savait se montrer le moins brutal possible. En tout cas, elle n'avait jamais eu à se plaindre de ses mouvements et de ses attentions. Tandis qu'elle finissait de bander la plaie, elle se dirigea dans la cuisine, pour préparer le lait au miel. Alexandre prit Aurore dans ses bras et ils rejoignirent Marine. Il l'embrassa sur la joue et dit avec fierté :

    - Ma fille sera une magnifique femme et mon fils un valeureux soldat ! Courageux tous les deux, pas comme l'autre Ruze... félon !

    - Moi je veux être un soldat !

    Étonné, Alexandre dévisagea sa fille. Elle avait beau être jeune, elle était passé experte dans l'art de faire des bêtises... et de contredire son monde. Il décida :

    - Non, il ne devrait pas être permis à de belles femmes de faire la guerre dans la boue et de patauger dans la fange ! Tu ne peux pas être soldat ! C'est un devoir d'homme.

    Indignée, la petite fille demanda à descendre et se dirigea dans les jupons de sa mère, la mine boudeuse. Alexandre la regarda d'un oeil réprobateur mais Marine après avoir ri, lui demanda :

    - Mon amour, Barnabé m'a indiqué qu'il se faisait des mauvais sangs pour Philippe...

    - Philippe ? Il s'inquiète de trop ! Il n'avait qu'à pas partir ! Ce maroufle-là... lui aussi, quand je vais le croiser sur mon chemin, il va savoir comment je m'appelle ! Je ne l'imaginais pas si capricieux !

    - Ton père aussi a disparu...

    - Ah ? Tiens donc ? Il disparait souvent, je ne sais trop dans quelles affaires il trempe... en tout cas une chose est sûre, il reviendra.

    - Barnabé l'espère mais il s'inquiète. Cela fait trois jours, maintenant...

    - Il est peut-être parti en Gascogne, ou alors il cherche Philippe ! Quand je pense qu'il n'écrit même pas... je ne l'imaginais pas aussi indigne... cette femme lui a peut-être monté la tête.

    Marine eut un rire cristallin et répondit, impassible, en donnait le lait au miel à sa fille.

    - Monter la tête à un d'Artagnan ? Je crois qu'elles n'en ont pas besoin, mon cher mari, je peux dire par expérience qu'ils l'ont déjà bien haute et qu'ils n'ont besoin de personne pour décider à leur place. A mon avis, si Philippe est parti c'est qu'il avait des raisons de le faire. Et s'il ne revient pas c'est peut-être parce qu'il a des motifs pour ne pas le faire... pour le peu que j'ai connu ton frère, je suis sûre qu'il ne ferait pas souffrir sa famille.

    - Et bien, je me le demande... écrire ne lui coûterait rien... il est égoïste et ne pense qu'à lui de toute façon. Je vais coucher Tempête...

    Et il partit. Marine savait que c'était un sujet sensible, la disparition de Philippe suite à la dispute avec son père était assez particulière... et cela pesait sur le coeur de son mari. Enfin, elle coucha la petite et regarda les étoiles. Son mari la rejoignit quelques instants plus tard et l'embrassa. Il se mirent au lit, Alexandre s'endormit rapidement, il était épuisé. Mais Marine garda les yeux ouverts un moment. Elle avait épousé un homme qui la comblait, qui lui avait donné deux enfants en bonne santé. Elle caressa son visage et se serra contre lui. Les temps passés ainsi étaient si rares qu'elle voulait en profiter. Depuis qu'Alexandre était Sous-Lieutenant, il passait beaucoup de nuits au camp des Mousquetaires et ne pouvait venir que pendant ses permissions. Le temps était long, pour l'un comme pour l'autre. Des questions demeuraient en suspens, que faire pour mettre Nicolas hors jeu ? Que dire pour que Marine ne prenne plus à coeur les horreurs que l'on disait sur eux ? Où trouver Philippe et son père ? Trop d'interrogations qui agitèrent ses rêves et vinrent porter nuisance à son sommeil. Il se réveilla sur le visage de Marine qui dormait paisiblement, lové contre lui. Il la couvrit légèrement et la regarda, en quête de repos. Elle était et lui avait donné ce qu'il y avait de plus précieux au monde. Rien ne pouvait compter davantage.

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MessageSujet: Re: [Admin] Alexandre d'Artagnan   Aujourd'hui à 15:14

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[Admin] Alexandre d'Artagnan
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