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 Une drôle d’association pour des négociations !

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Matthias de Calenberg


Matthias de Calenberg

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il bat bien, merci.
Côté Lit: Mon épouse, pour y faire mon devoir.
Discours royal:



Tout pour la Galerie

Âge : 30
Titre : Prince de Calenberg, duc de Hanovre
Missives : 96
Date d'inscription : 24/12/2012


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MessageSujet: Une drôle d’association pour des négociations !    Une drôle d’association pour des négociations !  Icon_minitime12.08.13 19:07

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« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux.  »

Nancy ne changeait pas beaucoup au quotidien du prince de Calenberg, par rapport à Versailles ou Vienne. Il avait ici sa famille à portée de main, un relatif calme et du temps pour se distraire. Par distraction, il fallait bien sûr voir de la lecture ou la rédaction de traité de littérature ou de généalogie. Rien de bien folichon mais il n'en fallait pas plus au germanique pour être satisfait. Il semblait aussi que Nancy l'ait rapproché de son épouse. Maryse semblait s'intéresser à ce que faisait son mari, lui posait des questions sur la stratégie et semblait réellement intéressée. Aussi intelligent qu'il pouvait être, Matthias ne devina pas un seul instant que Maryse l'espionnait sans scrupule. Comment aurait-il pu penser cela alors qu'elle lui avait assuré qu'elle arrêtait son activité d'espionne ? Pour lui, elle était une femme honnête et sans le moindre vice, il était bien loin de se douter de la vérité ! Sans doute cela était bien trop subtil pour son esprit pragmatique, qui avait du mal à discerner l'humour, l'ironie et parfois le mensonge. On pouvait donc être intelligent et se faire berner comme le dernier des imbéciles.

Mais aujourd'hui, son courrier du jour recélait une nouvelle distraction. Un pli portait le sceau de l'aigle bicéphale de la famille Habsbourg, cela ne pouvait être qu'un courrier de Léopold, enfin de l'empereur puisqu'il fallait l'appeler par son titre. Parcourant la lettre, après les politesses d'usage et les demandes de nouvelles à propos de la famille, Matthias se demandait pourquoi son ami lui écrivait une lettre, la notion de donner des nouvelles et de politesse lui passait un peu par-dessus la jambe. Mais il eut bien raison de se demander le but de cette lettre car il y en avait bel et bien un : Léopold le mettait sur une mission diplomatique, visant à convaincre un français, François de Créquy, de faire peser la balance en faveur de la coalition européenne, afin que les Trois Evêchés restent en possession lorraine. Un rôle difficile à jouer car Matthias ne comprenait pas vraiment pourquoi on se battait pour trois villes qui n'avaient que cathédrales pour richesse, et qu'il était logique pour la France de les avoir depuis le traité de Westphalie. Mais comme tout bon diplomate, il ne devait dire ce qu'il pensait, mais ce que l'empereur voulait, une tâche ardue pour un homme logique comme lui, qui faisait passer sa pensée avant le reste. Mais il ne s'agissait pas de le laisser seul à face à une telle mission, le prince était affublé d'un second (à moins que ce ne soit l'inverse) en la présence de Maximilien de Wittelsbach. Le cousin de l'empereur était une personne intelligente, avec un esprit vif mais doté d'un drôle d'humour, que le prince ne comprenait pas souvent (à dire vrai, jamais) et les deux hommes n'arrivaient jamais à être sur la même longueur d'onde. Donc non seulement il n'était pas d'accord avec l'empereur mais il ne serait pas d'accord non plus avec le Wittelsbach, cette mission s'avérait plus complexe qu'elle ne l'était sur le papier.

Calenberg fit envoyer une missive tout d'abord au lieutenant de Créquy pour demander à être reçu, et quand. Après une réponse rapide fixant le rendez vous au lendemain avant dîner, le prince germanique écrivit à son collègue l'heure du rendez vous et qu'il l'attendrait devant le château de Nancy avec un fiacre. Demander à Maximilien s'il était disponible le lendemain ? Oh, vous savez, Matthias se moquait de ce genre de détail, c'était un peu superflu à ses yeux. Il viendrait, point barre.

Le lendemain, le rendez vous était pris à 18 heures tapantes, question de ponctualité. S'il n'était pas à cheval sur la politesse, Matthias avait une sainte horreur d'être en retard et partait toujours dix fois trop tôt, sait on jamais disait-il toujours.  Chacun à son métier doit toujours s'attacher et le sien était de représenter l'empereur du Saint-Empire, cela passait par être à l'heure chez Créquy qui logeait en ville pour une plus grande intimité. Autant dire que par ponctualité, Matthias était là plus de vingt minutes avant l'heure prévue et fit les cents pas devant la porte du palais ducal, sortant sa montre toutes les cinq minutes. Mais à l'heure dite, le duc de Leuchtenberg ne parut pas. Il reprit à tourner en rond sans relâche, de quoi donner le tournis au cocher qui était là, lui, à l'heure prévue. Avec dix minutes de retard, autant dire une éternité pour le prince germanique, Maximilien parut, égal à lui-même, guilleret et souriant.

Ah vous voilà, enfin. Pas de bonjour ni de salutation, Matthias ne le faisait jamais. Vous êtes en retard, je vous avais dit six heures, c'est une question de principe. Oui c´est clair, je vous parle de respect, et je vous parle de cette valeur qui se perd, en effet !
Le ton était toujours aussi neutre et peu avenant, mais il n'y avait aucune méchanceté dans la voix du prince de Calenberg, juste un rappel des règles. De ses règles car il lui était normal de ne pas saluer les personnes, mais pas qu'on le fasse patienter de quelques minutes dehors. Mauvaise foi ? Même pas, juste des habitudes ancrées par son éducation qu'il ne se déferait jamais, c'était ses points de repères dans son quotidien. D'ailleurs, toujours parlant politesse, il n'eut pas l'idée de proposer à son acolyte de monter avant lui et grimpa le premier avant de s'installer, droit comme un i dans le véhicule. Alors que celui-ci démarrait sa course, la demeure louée par le lieutenant n'était qu'à quelques minutes en fiacre, Matthias commença à parler de leur mission du soir :

Monsieur de Créquy ne sera pas facile à convaincre mais c'est peut être celui qui flancherait le plus rapidement de toute la délégation française, selon Léopold … l'empereur si vous préférez. Il haussa des épaules, n'aimant pas se reprendre. Mais avec un homme d'une telle ascendance, j'ai examiné cette nuit son ascendance, nous allons tomber sur un homme sans doute imbu de lui-même. Voyez vous même, il eut un croisé dans sa famille, un ambassadeur, un capitaine, … Maximilien le coupa, ce qui figea Matthias, n'aimant pas être interrompu, il devait finir sa liste. Il attendit que le Wittelsbach finisse pour reprendre. … un cardinal, des membres de la Toison d'Or et deux maréchaux.

Il fallait que tout ait une fin, le duc de Hanovre n'aimait pas laisser les choses en suspens et avait fait des recherches, il voulait que son collègue du soir soit au courant, cela pouvait servir. Apparemment en société, il fallait parler de choses banales avant d'attaquer les négociations, c'était d'un stupide et une perte de temps selon Matthias, il ferait mieux d'aller droit au but. L'échange continua, même si l'un et l'autre n'avait pas le même point de vue, jusqu'à l'arrêt devant un hôtel particulier que louait Créquy pour loger ses hommes. Une belle demeure du siècle précédent, sans doute pour impressionner des invités mais pas Calenberg qui en avait vu de plus belles, en vrai comme en gravure. Quand un laquais leur ouvrit et demanda qui venait, Matthias, lâcha le plus naturellement du monde :

Je suis Matthias-Auguste de Brunswick-Lunebourg, Prince de Calenberg, Prince de Göttingen, Duc de Hanovre, Prince d'Empire. Et avec moi, monsieur de Wittelsbach.

Lancer tous ses titres pouvaient paraître pompeux et totalement déplacé, surtout face à un laquais qui n'avait sans doute pas retenu le quart des informations ; mais pire encore, il avait traité le cousin de l'empereur comme un simple bourgeois, sans même mentionner son prénom ! Vous savez, les conventions et Matthias … mais vous en avez l'habitude. Ils furent conduit dans une antichambre et patientèrent en attendant l'arrivée du maître provisoire de maison. Et si Maximilien avait la bougeotte, Matthias attendait, planter comme un arbre dans un parc, au milieu de la pièce, immobile telle une statue.

J'espère que vous vous conduirez bien, pas de facéties ou choses du genre. Cet homme doit être du genre sérieux.

Il était loin d'imaginer qu'il avait tort. Pour lui, une famille comme celle d'où venait le lieutenant-général ne pouvait que mettre au monde des hommes sérieux de porter un tel patronyme. Et non pas un joyeux luron. Et pourtant, en entendant les rires derrière la porte, il ne se doutait pas qu'il avait tort (et ne le pensait pas un instant) et que ce serait lui qui ferait un peu tâche dans le décor …

______________________


Et c'est curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer.


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MessageSujet: Re: Une drôle d’association pour des négociations !    Une drôle d’association pour des négociations !  Icon_minitime25.02.15 19:09

Non, alors non. Léopold n’avait pas le droit de lui faire ça. Pas à lui, pas après tous les services rendus à l’Empire, pas après tous les sacrifices personnels auxquels il avait consenti, pas après tous les interminables voyages, les missions dangereuses, les négociations ne tenant qu’à un fil, pas après cette ultime séparation avec sa petite sœur alors qu’elle était plus vulnérable que jamais à Versailles pendant que lui était à Nancy… Non, Léopold n’avait pas le droit de lui infliger ça. C’était injuste, ingrat, et même méchant. Oui méchant ! Maximilien, visiblement très contrarié, ne quittait pas des yeux la lettre qu’il relisait encore et encore depuis tout à l’heure ; ses doigts qui la tenaient étaient tellement crispés que la feuille était toute froissée et presque trouée. Il était très rare de le voir dans un tel état, et il ne s’énervait jamais sans une bonne raison… et dans son esprit, lui imposer Matthias de Calenberg comme acolyte pour mener des négociations avec des français était une véritable punition. Avec un grommellement inintelligible, il froissa la lettre et jeta la boule de papier dans le feu avant de croiser les bras et les jambes dans une attitude boudeuse. Oui, Maximilien de Wittelsbach, duc de Leuchtenberg, chevalier d’Empire, et redoutable diplomate, boudait. Et il boudait sec, même.

Il ne détestait pas le duc de Calenberg, loin de là ; en un sens c’était même un type très intéressant et même fascinant quand il le voulait (et surtout quand il ne le voulait pas, en fait), mais par expérience il savait que toute collaboration à but diplomatique était pratiquement perdue d’avance. Cet homme-là avait beau être remarquablement intelligent, on pouvait même dire un génie, il ne savait tout simplement pas se tenir en société. Les codes de politesse, la galanterie, la hiérarchie sociale, les normes, la subtilité, les dialogues à double sens, tout autant de nuances cruciales qui échappaient totalement à Calenberg alors qu’elles constituaient le fondement même de son métier. Tout cela, Maximilien le maîtrisait à merveille, il en avait fait sa spécialité, et ses proches lui reprochaient même parfois d’adopter les mêmes réflexes dans sa vie privée qu’en société pendant des négociations… Alors il pouvait très bien gérer Créquy tout seul. Pourquoi son empereur de cousin voulait-il l’encombrer d’un acolyte qui, il l’anticipait déjà, ne réussirait qu’à lui taper sur les nerfs et potentiellement faire capoter leur mission ? Les raisonnements de son bien-aimé cousin lui échappaient parfois, et c’était la mort dans l’âme que le jeune duc avait mis le cap sur l’entrée du palais Ducal de Nancy, se préparant à passer une soirée des plus épuisantes. Car Calenberg n’était pas seulement agaçant : il était éreintant de devoir le gérer et supporter ses remarques, et Maximilien songeait qu’il n’avait vraiment, mais vraiment pas besoin de ça à l’heure actuelle. A dix-huit heures dix, Maximilien rejoignait Matthias, retenu par une connaissance qui avait tenu à le saluer. Il ouvrait la bouche pour s’excuser, mais Calenberg lui coupa l’herbe sous le pied.

Ah vous voilà, enfin. Vous êtes en retard, je vous avais dit six heures, c'est une question de principe. Oui c´est clair, je vous parle de respect, et je vous parle de cette valeur qui se perd, en effet !
« Bonjour à vous aussi, Calenberg. » répondit Maximilien en grinçant des dents en grimpant à sa suite dans le fiacre qui les emmenait chez Créquy. Une fois assis à l’intérieur du véhicule qui se mit en branle, Maximilien se prépara à ne pas ouvrir la bouche du trajet, mais c’était sans compter son acolyte qui avait soudainement le besoin de lui faire le point sur la situation.
Monsieur de Créquy ne sera pas facile à convaincre mais c'est peut être celui qui flancherait le plus rapidement de toute la délégation française, selon Léopold … l'empereur si vous préférez. Mais avec un homme d'une telle ascendance, j'ai examiné cette nuit son ascendance, nous allons tomber sur un homme sans doute imbu de lui-même. Voyez vous même, il eut un croisé dans sa famille, un ambassadeur, un capitaine, …
« Je ne voudrais pas vous paraître impoli Calenberg, mais vous ne m’apprenez rien. » l’interrompit Maximilien, déjà passablement agacé. « Moi aussi j’ai fait mes recherches, l’arbre généalogique de notre futur ami n’a pas plus de secrets pour moi que pour vous. »
… un cardinal, des membres de la Toison d'Or et deux maréchaux. Acheva Matthias comme s’il n’avait rien écouté. Maximilien serra les dents. Dieu que cette soirée allait être longue.

Le reste du trajet se déroula calmement, avec quelques échanges où ils n’étaient évidemment jamais d’accord, et Maximilien songea que s’ils réussissaient leur mission du soir, ce serait véritablement miraculeux. Lorsqu’ils descendirent du véhicule, Maximilien esquissa un sourire en posant les yeux sur la magnifique demeure que Créquy avait réquisitionnée pour la guerre, une superbe masure aux yeux du Habsbourg qui avait l’œil pour les belles choses et l’architecture, quoiqu’à un niveau qu’il qualifiait lui-même d’amateur. Mais Calenberg ne lui laissa guère le temps de se perdre dans sa contemplation, l’entraînant tout de suite vers l’entrée ; Maximilien le suivit à contrecoeur, décidant de prendre sur lui. Au moins, il aurait des choses à raconter à sa chère Aliénor dans sa prochaine lettre. Même si à cet instant précis, il regrettait terriblement qu’elle ne soit pas à ses côtés. Il aurait bien eu besoin de sa patience et de son soutien, tiens. Matthias les présenta au laquais, oubliant d’ailleurs de le présenter convenablement, lui – ne lui arrachant qu’un roulement des yeux qui n’échappa pas au laquais, qui lui dédia un sourire compatissant lorsqu’il passa devant lui. De la compassion, c’est bien de ça dont il avait besoin. Quelqu’un d’assez compatissant pour emmener Calenberg loin, trèèès loin de cet endroit pour la soirée.

Introduits dans une antichambre, Maximilien prenait ses repères, observant le décor pour essayer d’identifier de possibles sujets de conversations, des intérêts, des points communs qui feraient pencher la balance en leur faveur. C’était sans compter Matthias qui continuait son soliloque :

J'espère que vous vous conduirez bien, pas de facéties ou choses du genre. Cet homme doit être du genre sérieux.

Bien décidé à se moquer de ce qu’il pouvait lui dire, Maximilien se contenta d’un hm-hm distrait, trop occupé à déchiffrer les titres des livres sur la bibliothèque. Un homme sérieux, hein ? Lorsqu’il entendit les rires derrière la porte, Maximilien esquissa un sourire. Ca, ça restait à voir. La porte s’ouvrit en grand, laissant la place à François de Créquy escorté d’une douzaine de personnes déjà présentes, riant aux éclats d’une bonne plaisanterie qui venait d’être racontée. Le sourire de Maximilien s’agrandit et il ne put se retenir de jeter un regard éloquent à son compagnon de soirée. Pour l’homme sérieux, on repasserait. Quant au jeune duc de Leuchtenberg, il se sentait déjà bien plus dans son élément. Français ou pas, Créquy restait un homme comme un autre, et il doutait, vu l’atmosphère de la soirée, qu’il soit aussi mortellement sérieux que son compère. Maximilien reprenait la main. Et il avait bien l’intention d’en profiter. Remarquant ses deux nouveaux invités, François de Créquy s’avança vers eux, tout sourire, les bras ouverts dans un geste accueillant.

« Ah, mes derniers invités ! Messieurs les ducs de Calenberg et de Leuchtenberg, si je ne m’abuse ? » demanda joyeusement le français. « Je suis François de Créquy, votre hôte pour la soirée. Je suis ravi de voir que vous avez répondu favorablement à mon invitation ! »
« Une invitation chez l’un des plus éminents et respectables représentants du Royaume de France, c’est nous qui vous exprimons notre ravissement et notre gratitude, messire. » répondit aussitôt Maximilien en se fendant d’une courbette, sans regarder si Matthias imitait son exemple. « Qu’il est bon de voir que les circonstances présentes n’empêchent point les belles rencontres. »
« Aucune guerre ne saurait empêcher des hommes civilisés de prendre du bon temps ensemble, mon cher duc. » répliqua Créquy en invitant d’un geste de la main ses deux invités à le suivre dans la salle de réception.

Maximilien et Matthias lui emboîtèrent le pas, rejoignant le reste des invités dans la grande salle où un groupe de musiciens faisaient déjà danser les gentilshommes et leurs compagnes. Un buffet richement garni avait été installé et des serviteurs s’affairaient à proposer les mets aux invités sur des plateaux d’argent, ainsi que des coupes de champagne et de vins qui semblaient se vider bien vite, signe que la soirée allait bon train. Dès qu’il fut entré dans la salle, les invités se retournèrent et applaudirent son arrivée, certains allant même jusqu’à s’exclamer ‘bravo !’ alors que, radieux, Créquy saluait son public. Diable, cet homme-là semblait maîtriser l’art de galvaniser les foules. Il plaisait de plus en plus à Maximilien, qui se sentait de plus en plus dans son élément à cette soirée. Calenberg, par contre…. En un regard, Maximilien constata qu’il tirait une tête de dix pieds de long. Maximilien lui glissa discrètement :

« Souriez mon cher, vous ne voudriez tout de même pas faire mauvaise impression sur notre hôte en lui faisant croire que vous vous ennuyez ? »

Réprimant un rire en voyant le regard que lui dédia son compère, Maximilien redirigea son attention vers Créquy, qui s’était avancé jusqu’au centre de la salle et tapait dans ses mains pour demander le silence. Le français s’éclaircit la gorge et, d’une voix de stentor, déclama :

« Mes chers amis ! J’espère que vous passez une excellente soirée, et que la suite n’en sera que plus plaisante encore ! Permettez-moi de vous présenter messieurs Matthias de Calenberg et Maximilien de Wittelsbach, qui viennent se joindre à nous pour notre petite sauterie. »

Applaudissements et formules de politesses. Maximilien sourit à l’assemblée et s’inclina derechef, donnant même un léger coup de coude à Matthias pour qu’il fasse de même. Ce n’était pas le moment de froisser les amis de Créquy. Mais la suite leur réservait quelques surprises.

« Avec nos deux nouveaux invités, nous sommes juste assez pour… un petit jeu. » Murmures approbateurs dans l’assemblée, Maximilien haussa un sourcil, sourire en coin. Tiens tiens, voilà qui prenait une tournure inattendue et des plus intéressantes. « Je vous propose donc, pour commencer les festivités… une partie de colin-maillard ! »

Des exclamations ravies répondirent à cette proposition, et Maximilien se joignit aux applaudissements. Puis, il se pencha légèrement vers Matthias.

« Il semblerait que notre homme des plus sérieux ait décidé de s’amuser un peu ce soir. Alors faites-moi plaisir, et ne le décevez pas. Conduisez-vous bien, d’accord ? » lui glissa-t-il. Ah, que la revanche avait un parfum délicieux. Surtout quand elle était aussi puérile.
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MessageSujet: Re: Une drôle d’association pour des négociations !    Une drôle d’association pour des négociations !  Icon_minitime27.12.15 13:01

Il n'y avait rien d'insurmontable aux yeux de Calenberg … sauf peut être de travailler avec Maximilien de Wittelsbach. Si ce dernier possédait d'admirables qualités de négociateurs et de un bon orateur, il n'avait aucune discipline, coupait la parole à Matthias et ne se rangeait jamais de son avis. Pourtant, le prince germanique estimait, à juste titre selon lui, qu'il était bien plus intelligent que son acolyte de ce soir et que donc, il fallait suivre ses directives sans sourciller. Et sans vouloir contredire l'empereur Léopold qui détenait tout pouvoir, Matthias ne pouvait s'empêcher de penser qu'il aurait bien mieux agi seul qu'avec le bavarois dans ses pattes. C'est donc après une conversation de sourds, surtout du côté de Matthias qui n'écoutait pas son partenaire et voulait terminer ses phrases à tout prix, qu'ils prirent le chemin vers la demeure de Créquy pour essayer de mener leur mission à terme.

Au vu de sa généalogie, de ses faits d'armes et de sa présence à Nancy, Calenberg devinait – à coup sûr – que l'homme ne pouvait être que sérieux, peu enclin aux plaisirs des festivités et que ce soir, cela se jouerait entre lui, peut être un autre français, et les deux envoyés de l'empereur, à huit clos, peut être avec une collation et pourquoi pas un peu d'alcool histoire de détendre l'atmosphère. Quelque chose de sobre et qui mènerait à coup sûr vers des négociations intéressantes, enrichissantes et efficaces. Pauvre Matthias, loin de se douter du personnage à qui il aurait à faire. Déjà les rires auraient du lui mettre la puce à l'oreille, mais après tout, rire ne faisait du mal à personne. Mais quand il vit la douzaine de convives derrière Créquy, l'air jovial.

Aucune guerre ne saurait empêcher des hommes civilisés de prendre du bon temps ensemble, mon cher duc.   dit le français, avec bonhomie.

Bien sûr que Matthias n'était pas du tout d'accord, mais on ne lui laissa pas le temps de prendre la parole, le français les invitant à rejoindre le salon avec tous les autres. Autant dire que l'air fier et presque hautain de Calenberg s'effaça au profit d'une mine circonspecte et surtout une absence totale de sourire. Dans un français courant, il faisait la gueule. Rien n'y faisait, pas la décoration de la demeure louée ni même le buffet rempli de mets délicieux, et encore moins les rires des jeunes femmes, qui n'avaient rien à faire à une soirée de négociations ! Il ne comprenait pas le but de cette invitation, pourquoi faire la fête avec l'ennemi serait plus efficace que son plan initial. En tout cas, Maximilien avait remarqué son air boudeur et le lui fit remarquer.

« Souriez mon cher, vous ne voudriez tout de même pas faire mauvaise impression sur notre hôte en lui faisant croire que vous vous ennuyez ? »
Pas du tout, mais n'êtes vous pas d'accord que cet homme n'est pas dans son état normal pour négocier dans ces conditions ? répliqua t'il, toujours aussi peu enthousiaste.

Pourtant, il fit l'effort de sourire et de passer pour une personne normale, qui aime s'amuser dans ce genre d'endroit. Si son épouse savait où il se trouvait, elle en rirait de bon cœur à coup sûr. Ils furent présenter à l'assemblée qui les applaudirent, Matthias ne comprenant pas vraiment pourquoi vu qu'ils n'avaient rien encore fait. Mais le coup de coude de son partenaire l'obligea à s'incliner pour remercier de cette ovation qu'il ne méritait pas vraiment, et Wittelsbach encore moins. Mais la cerise sur le gâteau fut l'annonce d'un colin maillard, qui égayait tout le monde. Tout le monde ? Non, un germanique repoussait encore et toujours l'amusement proposé. Les mains croisés dans le dos, il était bien l'un des rares à ne pas applaudir. Il n'allait tout de même pas jouer à ça ! Déjà qu'il les évitait à Versailles, ce n'était pas pour le faire à Nancy !

Il semblerait que notre homme des plus sérieux ait décidé de s’amuser un peu ce soir. Alors faites-moi plaisir, et ne le décevez pas. Conduisez-vous bien, d’accord ?
Mais mon attitude est toujours irréprochable ! Il s'indigna et fronça les sourcils. Mais ce n'est pas avec les yeux bandés qu'on va arriver à quoi que ce soit. Ou alors peut être que Sur un malentendu ça peut marcher mais selon les statistiques, il y a peu de chances.

Sûr que si l'on faisait une encyclopédie un jour, on ne mettrait pas le portrait de Calenberg pour le verbe s'amuser ! Mais vu le regard de Maximilien, il savait qu'il n'avait pas vraiment le choix et devait participer aux réjouissances. Un jeune homme, l'air un peu efféminé, un peu trop poudré qui aurait pu faire carrière chez les mignons de Monsieur, se fit bander les yeux et commença à chercher une victime à reconnaître. Matthias remarqua qu'il avait plus l'air saoul que vraiment joueur, mais s'écarta aussi, ne voulant pas être touché par un inconnu. C'est à ce moment là qu'une jeune femme, avec un décolleté aussi plongeant qu'il était permis d'avoir, s'approcha de Calenberg.

Je ne pensais pas qu'un germanique puisse être aussi charmant. Elle jouait les ingénues pour le séduire, mais ce serait peine perdue.
Le saint empire est si immense qu'il y a de tous les physiques. Par exemple au nord de l'Empire, d'où je viens, nous sommes davantage blonds au teint pâle. Mais lorsque vous descendez déjà vers la Saxe, on peut y apercevoir davantage de brun. Alors je ne vous parle pas des slaves, notamment en Styrie, où le physique n'a rien à voir. Monsieur de Wittelsbach avec moi, en pur autrichien, par les mariages consanguins, n'a rien à voir avec moi avec mes origines danoise, ma grand-mère était une princesse danoise et …
Vous savez, je ne vous faisais qu'un compliment.
et que ma sœur renoue avec les liens familiaux en épousant l'actuel roi du Danemark. Mademoiselle, je n'aime pas qu'on me coupe la parole.
Oh mais tu es tellement coincé, qu'on croirait que tu passes toutes tes nuits accroché à un cintre ! Il faut savoir s'amuser. Je suis là si besoin.

Et avant de partir, elle lui donna une tape sur les fesses avant de le quitter en riant le laissant sans voix durant un instant. Puis il se tourna vers Maximilien, totalement perdu.

Grand Dieu, elle m'a fessée …

Il y avait de quoi rire, son acolyte avait de quoi se moquer de lui pour longtemps rien qu'avec cette phrase. C'est à ce moment là que l’éphèbe aux yeux bandés se dirigea vers les deux étrangers. Instinctivement, Matthias se protégea en poussant Maximilien sur lui. Au jeune français de découvrir l'identité de l'autrichien …


______________________


Et c'est curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer.


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