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 On the rocky road to the war [PV Mary]

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MessageSujet: On the rocky road to the war [PV Mary]   On the rocky road to the war [PV Mary] Icon_minitime01.06.13 0:01

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Deux jours. Ce fut la première pensée de Maximilien en se levant ce matin-là : deux jours seulement, et il serait en route pour la Lorraine. Cette idée qui l’obsédait de plus en plus de jour en jour lui mettait toujours dès l’aube une chape de plomb au cœur, qu’il essayait d’ignorer alors que tout son entourage et son environnement, même sans le vouloir, semblaient déterminés à lui rappeler cette échéance. Le retour de Tobias, l’attitude d’Aliénor, celle d’Igor, ses appartements qui se vidaient de certains éléments dont il ne pouvait se séparer durant son séjour et finissaient dans des malles qui s’entassaient, les au-revoir des uns et des autres, une lueur particulière dans un regard… Plus ça allait, plus Maximilien se sentait misanthrope. Il commençait à en avoir assez qu’on lui rappelle sans arrêt, volontairement ou pas, qu’il allait devoir partir. Pour une fois que lui, le voyageur infatigable, s’était senti prêt à rester plus de quelques mois au même endroit, voilà que Léopold et Ferdinand-Marie avaient décidé de le faire venir à Nancy pour prêter main-forte à leurs lointains cousins et surtout alliés lorrains. Une tâche qui ne mettait guère de baume au cœur du bavarois. Il était diplomate, pas chef de guerre. Ca, c’était le rôle de Ferdinand-Marie. Lui qui avait toujours tenté d’œuvrer pour la paix et pour apaiser les tensions allait se retrouver à la tête de ses hommes, expressément venus du Leuchtenberg, pour seconder son aîné dans la bataille. A cette pensée, Maximilien, assis à son bureau en train de rédiger une missive, se renfrogna. Ferdinand-Marie avait toujours eu le chic pour lui faire faire exactement le contraire de ce qu’il voulait, et il fallait croire que les années ne l’avaient pas changé. Ce n’était pas faute d’avoir tenté pourtant, après de nombreuses discussions houleuses et l’éloignement géographique, mais son aîné était aussi borné qu’un troupeau de mules. Probablement une autre manifestation de la mauvaiseté des Habsbourg. Après avoir poussé un soupir, Maximilien eut un mouvement d’exaspération et froissa la feuille de papier sur laquelle il était en train d’écrire et jeta la boule de papier dans la corbeille –et la loupa, d’ailleurs. Grognant quelques mots inintelligibles en allemand, il se releva d’un bond et sortit de sa chambre pour aller dans le petit salon voisin où Igor était en train justement de remplir une malle.

« Mein Herr ? » fit Igor en devinant que son maître avait besoin de lui. La force de l’habitude… Quand Maximilien n’avait plus son air serein habituel, c’était que quelque chose n’allait pas et en général, qu’il allait lui demander quelque chose.
« Est-ce bien aujourd’hui que je dois rendre visite à lady Mary, Igor ? » demanda Maximilien en faisant les cent pas dans la pièce.
« Ja mein Herr, dans trois heures. »
« Gut. Aide-moi à me préparer Igor, puisque cette visite sera certainement le seul évènement réjouissant de la journée, autant être présentable. » soupira le jeune homme en faisant demi-tour en direction de sa chambre.

Un peu moins de trois heures plus tard, après s’être apprêté et avoir achevé quelques courriers, Maximilien descendait du fiacre et se présentait devant la porte de chez Mary of Monaghan. Le jeune duc avait retrouvé un peu de sa bonne humeur, et un demi-sourire flottait sur ses lèvres alors qu’il se faisait annoncer auprès du valet qui allait prévenir la demoiselle de son arrivée. Depuis qu’il était entré au service de la duchesse d’Orléans, il n’avait eu aucun mal à s’intégrer mais son caractère réservé et un peu exigeant l’avait empêché de nouer de réelles amitiés avec les autres gens de la maison de Madame ; à l’exception de Mary of Monaghan. Discrète, timide, réservée, elle l’avait frappé par sa quasi-invisibilité qui détonnait d’autant plus quand on connaissait l’excentricité de Madame et son amour de tout ce qui brille, les objets comme les gens. Mary ne brillait visiblement pas assez au goût de la princesse, mais Maximilien lui, avait trouvé quelqu’un dont il se sentait ‘proche’, avec qui il sentait qu’il partageait de nombreux points communs. Avec Mary, Maximilien se sentait en paix. Il n’avait pas besoin de jouer le rôle du charmant diplomate, ou quelque rôle que ce soit d’ailleurs. Aux côtés de l’irlandaise, tout paraissait plus simple, plus naturel. Un sentiment qui était devenu cher au cœur du duc, surtout en ces temps troublés et avec son départ qui approchait. Il lui avait annoncé qu’il partait une dizaine de jours auparavant : puisqu’il n’était pas sûr de pouvoir revenir d’ici son départ, il était temps de venir lui faire ses adieux. Une perspective qui lui laissait déjà un arrière-goût de mélancolie. Mais Maximilien n’eut guère le temps de méditer là-dessus, puisque le valet de pied revenait déjà le chercher.

« Mylord ? Lady Mary vous attend dans le salon, si vous voulez bien me suivre… »

Acquiesçant d’un hochement de tête, Maximilien suivit le serviteur dans un salon élégamment aménagé, avec goût et élégance, à l’image de la personne qui y vivait. Une ravissante jeune femme aux longs cheveux roux se leva lorsqu’il entra dans la pièce. Un sourire éclaira le visage du jeune homme, qui se courba d’une révérence pour saluer son amie alors que le valet les laissait en tête à tête.

« Good morning, lady Mary. » dit Maximilien dans son meilleur anglais, une langue qu’il affectionnait particulièrement et ne perdait jamais une occasion de pratiquer, même s’il savait Mary irlandaise. Il s’était promis de se mettre à l’irlandais mais n’avait guère eu le temps dernièrement de se pencher sur l’apprentissage d’une nouvelle langue malgré toute l’envie qu’il en avait. « Permettez-moi de vous complimenter, vous êtes ravissante ce matin. Comme d’habitude, mais j’ai toujours pensé que cette couleur vous allait particulièrement bien. » ajouta-t-il sans se départir de son sourire. Si Maximilien avait bien une qualité en amitié, c’était qu’il n’était pas avare en compliments et avait toujours un mot gentil à dire. « Vous… devinez pourquoi je viens vous voir, je suppose ? »

Evidemment qu’elle s’en doutait, nouille, tu lui avais demandé la faveur d’une audience la veille et elle connaissait la date du départ… Mais enfin, puisqu’il fallait faire ça dans les formes…
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MessageSujet: Re: On the rocky road to the war [PV Mary]   On the rocky road to the war [PV Mary] Icon_minitime01.06.13 13:56

on the rocky road to war

La guerre. Depuis plusieurs semaines, tout Versailles n'a que ce mot à la bouche. Dans les couloirs et les salons, les jardins et même durant l'Office, on murmure que les préparatifs des combats se précisent et que les premières troupes sont prêtes pour l'assaut. L'effervescence est telle que jusque lors des Levers, Couverts et Couchers de Sa Majesté, l'attention d'ordinaire rivée sur les intimités du monarque d’affranchi des frontières de Versailles pour se porter du côté de Toul où les premiers affrontements auront lieu. Aux questionnements frivoles, tournant autours de la couleur des uniformes de part et d'autre de la ligne de tirs, se mêlent certaines réflexions plus stratégiques. Chacun a son avis bien tranché sur la chose, la patriotisme est des plus fervents. Certaines jeunes filles pleurent déjà leur fiancé parti pour l'honneur français, tandis que certains gentilshommes non mobilisés se hâtent d'expliquer, par quelques charges secrètes données par le Roi en personne, la raison pour laquelle ils n'ont pas cru bon de partir rejoindre les Provinces Unies. On se bouscule, on se chamaille, on clame haut et fort que le Soleil de France sortira plus éclatant que jamais de ce conflit. On continue à vivre en courtisan, le feu de l'action faisant bouillir plus que d'habitude le sang orgueilleux d'aristocrate.

Au milieu de ce tourbillon, Mary observe. Pour elle, Marquise de Ballybay, lectrice de Madame et protégée de Charles II d'Angleterre, la vie continue sans grand changement. Tous les matins, un lever tôt pour pouvoir se baigner dans une petite marre d'eau claire à proximité de sa résidence, suivie d'une collation rapide avant que son service auprès de la Duchesse ne commence. Un service dont elle s’acquitte sans grand plaisir, mais qui a le mérite de l'occuper et d'éviter que son esprit se brouille de pensées pour son frère Matthew, reparti quelques jours plus tôt en Angleterre. La missive de Charles Stuart n'a guère surpris le jeune ambassadeur, se doutant que devenus ennemis des français, les Anglais rappelleraient tous ceux capables de vaillance et présentant une certaine valeur. Sa seule réticence à se plier aux ordre de son Roi ? Mary. Laisser sa petite sœur seule à Versailles est d'une folle imprudence, et avant de partir, il l'avait confiée à la surveillance discrète mais amicale du Lieutenant général de Police La Reynie. « Semper Vigilans ! » La maxime de "L'oncle Gabriel" ne la quitte jamais, et la jeune fille ne manque pas de garder les yeux ouverts, à l'affut de la moindre attitude suspecte. Mais malgré ces précautions, il arrive que son petit cœur tremble, et pas seulement pour son bien aimé frère. Les circonstances du départ de son cher ami, Benedikt Von Brühl, hantent encore et toujours ses nuits. Elle demande d'ailleurs régulièrement pardon au Seigneur de n'avoir pas su trouver le courage, cette nuit-là, et de continuer son chemin au lieu de s'enfuir. Résultat, Mary n'a pas pu s'entretenir avec l'allemand avant son départ, et la culpabilité la ronge. Cruellement.

« Don't worry, my dear » Brossant la lourde chevelure brune et couvant sa protégée d'un regard maternel, Lizzie répète inlassablement les mêmes paroles à sa maîtresse. Mary sourit faiblement. Comment ne peut-elle pas s'inquiéter, alors qu'elle s'apprête à recevoir un autre ami destiné à prendre le chemin du front ? Quelques jours auparavant, la nouvelle avait frappé la maison de Madame tel un éclair : Maximilien de Wittelsbach devait servir le camp lorrain. Immobile, le regard vide, la jeune fille avait tenté de ne rien laisser paraitre, mais s'était empressée de fuir littéralement la scène une fois que l'horloge avait sonné les cinq heures de l'après-midi. Rien n'est plus pénible de feindre l'indifférence. A fortiori lorsque l'objet de la farce est un ami cher dont on apprend qu'il courre au devant de grands dangers. Enfant de la guerre civile, la jeune fille n'a rien oublié des atrocités fratricides dans son Irlande natale. Et si Maximilien ne se déclare pas en sa faveur en présence d'Henriette, la jeune fille ne compte pas d'ami plus sincère dans tout le palais. L'annonce de l'arrivée de son invité tire la petite Marquise de ses pensées et à la hâte, elle achève sa toilette. Quelques minutes plus tard, vêtue d'une robe du même vert pâle, presque bleu de ses yeux, la jeune fille accueille l'autrichien, tout sourire. Mais ce dernier a du mal à résister à l'allusion de ses derniers préparatifs de soldat. Oui, malheureusement, elle sait. S'efforçant de chasser la noire raison de sa visite, Mary tend les mains et l'intime à s'asseoir. « Guten Morgen, mein Herr. » L'accent de la jeune fille est un peu dur et crisse sous l'effort de grammaire. « Oui, je sais... Pardonnez mon impolitesse de l'autre jour, c'était indigne de vous et j'ai certainement éveillé la curiosité de Madame. Comprenez, j'ai un frère qui vient lui-même de partir et... » La voix de la jeune fille se brise. Ravaler difficilement une première larme, Mary essaye de prendre le dessus. « Pourquoi ne pas commencer léger, avec une tasse de thé par exemple ? »


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MessageSujet: Re: On the rocky road to the war [PV Mary]   On the rocky road to the war [PV Mary] Icon_minitime28.10.13 19:44

Maximilien n’aimait pas l’idée de faire de la peine à Mary ; cette perspective l’avait conduit à se demander si c’était vraiment une bonne idée de venir lui dire au revoir, et par la même occasion leur rappeler à tous les deux son départ imminent et les y confronter. Finalement, il avait décidé qu’il serait encore moins correct de partir comme un voleur, sans faire ses adieux à l’une de ses rares véritables amies à Versailles. En bon mondain qu’il était, Maximilien avait un carnet d’adresses extrêmement bien fourni, et s’efforçait d’entretenir de bons rapports avec toute personne présentant un quelconque intérêt politique, stratégique, ou même simplement intellectuel. Mais la plupart de ces relations étaient plus ou moins fondées sur un intérêt, venant d’un parti comme de l’autre, c’était ainsi que l’on fonctionnait à la cour. Un service pour un service, une faveur pour une faveur, le but du jeu était de tirer tout ce que l’on pouvait de son interlocuteur. Parler de sangsues était peut-être un peu violent, mais le duc savait bien que parfois, lui et ses semblables n’en étaient pas très loin. Il ne prenait pas de plaisir particulier à cultiver ces amitiés pas toujours sincères – du moins était-ce ce dont il essayait de se convaincre pour sauvegarder les apparences, car en réalité il savait au fond de lui que ce jeu de tactique et de manipulation l’amusait- mais il fallait bien qu’il remplisse son office de diplomate. C’était l’une des règles intrinsèques de la partie : plus on a de pouvoir entre les mains, moins on a d’amis sincères.

Mary of Monaghan faisait partie de ces quelques exceptions à la règle. Maximilien s’était, à son propre étonnement il devait le reconnaître, rapidement pris d’une véritable affection pour la demoiselle qu’il fréquentait depuis quelque temps pendant leur service chez Madame. Ils n’étaient pas excessivement proches, étant tous deux de nature assez réservée malgré le talent du jeune homme pour faire croire le contraire, mais il régnait entre eux comme une entente tacite, qui n’avait pas besoin d’être formulée pour exister. Jamais ils ne s’étaient raconté leur vie lors d’une balade au bord du canal, à vrai dire il savait bien peu de choses de l’irlandaise mais il lui semblait qu’il n’avait jamais été nécessaire pour eux de se connaître par cœur pour qu’un lien se créée, et en un sens, cela avait quelque chose de reposant. Quelque chose de reposant qu’il allait beaucoup regretter une fois au front, quand il retrouverait son bien cher frère et le reste du gratin diplomatique et militaire du Saint-Empire et de leurs alliés qui n’avaient d’amis que le nom. Il préférait encore ça au champ de bataille, sur lequel il espérait sans grande conviction que son frère ne l’enverrait pas, mais tout de même. Quitter Versailles, et deux des personnes qui le rendaient agréable, sa petite sœur et Mary, était une perspective de moins en moins réjouissante à mesure qu’elle se rapprochait.

«Guten Morgen, mein Herr. » L’accent irlandais de Mary formulant des mots en allemand tira un sourire à Maximilien, qui songea qu’elle avait l’air d’aller mieux que lorsqu’il avait annoncé son départ chez Madame. Bien qu’il n’en ait rien laissé paraître, il lui avait jeté un discret coup d’œil lors de l’annonce et avait remarqué qu’elle avait légèrement pâli. Et à cinq heures exactement, elle était partie avec encore plus d’empressement que d’habitude. Il n’avait pas la prétention de penser qu’il était l’unique cause de cet émoi, mais il s’était senti coupable en se rappelant des tourments qu’avait subis l’Irlande ces dernières années, et dont Mary avait probablement été victime à un moment ou l’autre. Et voilà qu’il se mêlait lui aussi de guerre ; il savait qu’elle n’avait pas beaucoup d’amis dans le palais et il lui annonçait le départ de l’un d’entre eux de manière aussi abrupte. Il avait beau être diplomate, il n’était décidément pas très doué pour les adieux.

« Oui, je sais... Pardonnez mon impolitesse de l'autre jour, c'était indigne de vous et j'ai certainement éveillé la curiosité de Madame. Comprenez, j'ai un frère qui vient lui-même de partir et... » commença-t-elle juste avant de s’arrêter, sa voix ayant visiblement dérapé sur la dernière note. Il avait vu juste, il n’était pas seul en cause, et aussitôt se maudit de son indélicatesse passée. Baissant brièvement les yeux pour fixer le sol en essayant de trouver quoi répondre d’intelligent sans aggraver la situation, Maximilien se sentait comme un gamin pris en faute ayant déçu sa mère ou une nourrice à laquelle il tenait particulièrement. Il avait pourtant passé l’âge de faire des bêtises. « Ne vous excusez pas Milady, c’est moi qui ai eu tort. J’ai fait preuve d’une indélicatesse rare, j’aurais dû en parler à Madame d’abord puis vous entretenir en privé… J’aurais dû me douter que quelqu’un de votre entourage serait déjà… » Il peinait à trouver ses mots, évènement rare chez cet orateur d’exception qui était capable de tenir une conversation tout seul si besoin était. Il laissa échapper un soupir. « Je suis vraiment désolé. Quand on peut prévenir c’est faiblesse d’attendre, et j’ai trop attendu. Je suppose que je ne voulais pas encore admettre moi-même que je quitte Versailles alors que je commence à peine à m’y habituer. » ajouta-t-il en haussant les épaules avec un demi-sourire, comme s’il plaisantait. Si seulement. Il savait qu’à Nancy il allait retrouver son frère aîné, ce tyran de Ferdinand-Marie qu’il allait devoir passer son temps à surveiller pour conseiller sans en avoir l’air, parce que son aîné n’avait jamais vraiment apprécié que son petit frère se distingue comme le tacticien le plus doué de la famille. Maximilien ne payait pas de mine, mais il en avait dans la caboche et Ferdinand-Marie le savait très bien. Et ne l’avait jamais vraiment accepté, malgré tout ce qu’il pouvait bien dire. Il savait très bien que l’opinion de son petit frère avait énormément de poids dans les décisions qu’il prenait, mais il se serait fait trancher la langue plutôt que de la reconnaître et ne l’écoutait que si Maximilien faisait passer ses idées sous trois tonnes de diplomatie –sauf exceptions où il ne se gênait pas pour lui remettre la tête à l’endroit, comme quand il s’agissait d’Aliénor par exemple et qu’il perdait son sang-froid. Et on lui demandait d’abandonner Versailles pour passer quelques mois dans cette ambiance ? Formidable.

« Pourquoi ne pas commencer léger, avec une tasse de thé par exemple ? »

Heureusement, Mary était là pour lui rappeler qu’il n’avait pas encore quitté Versailles. Sa voix le tira de ses pensées, et c’est l’air presque étonné qu’il releva les yeux vers elle, croisant ses yeux presque aussi verts que les siens et qui semblaient lui dire ‘réveille-toi espèce de rêveur, tu n’es pas encore parti, que diable !’. Un sourire éclaira le visage de Maximilien qui acquiesça d’un signe de tête et attendit que Mary ait elle-même pris place pour s’installer en face d’elle dans un des confortables fauteuils du salon. Il resta silencieux pendant qu’elle sonnait l’un de ses domestiques pour faire venir le thé, petite scène pendant laquelle il l’observa avec une pointe de nostalgie, se disant que bientôt il se souviendrait de cette image pour se consoler de son semblant d’exil forcé. Il était habitué aux voyages, mais la guerre n’avait rien de ses expéditions réjouissantes habituelles. D’habitude il savait au moins quand il reviendrait. Là…

« Vous avez raison, laissons de côté la guerre et les ennuis qu’elle nous cause. » déclara-t-il avec bonne humeur en croisant une jambe par-dessus l’autre. « Nous avons si peu l’occasion de nous croiser en dehors de chez Madame, et la princesse peut se montrer tellement exigeante... Profitons d’un de nos rares moments de tranquillité ! » ajouta-t-il avec un rire. Il fallait dire que la duchesse d’Orléans ne leur laissait effectivement aucun répit, que ce soit à ses dames de compagnie ou à son Chevalier d’honneur, l’envoyant porter toutes sortes de messages à droite et à gauche et tenant à l’avoir à tout instant sur ses talons comme son ombre. Et si Maximilien appréciait la princesse et bénéficiait de ses faveurs, il savait que ce n’était pas le cas de tout le monde et que certains –et surtout certaines- étaient plus tyrannisés que lui ! Mais de fait, la pièce était empreinte d’une tranquillité inhabituelle pour Versailles, et qu’il savait qu’il ne retrouverait pas de sitôt. Le soleil filtrait à travers les fenêtres et le calme de la propriétaire des lieux semblait déteindre sur l’atmosphère ambiante. Maximilien parcourut la pièce d’un regard appréciateur, visiblement plus détendu que lorsqu’il était entré quelques minutes auparavant. En tournant la tête, il s’aperçut que Mary le regardait d’un air interrogateur, auquel il répondit en désignant l’endroit d’un geste de la main. « Et le monde est paisible et doux, et le monde est un peu moins fou… On se sent mieux ici qu’en ambassade. » remarqua-t-il sur le ton de la plaisanterie. « D’ailleurs, n’avez-vous pas vous-même envie de voyager un peu ? Vous pourriez aller en Angleterre, ou en Irlande, suivre votre frère… Peut-être vous sentiriez-vous mieux avec votre famille qu’à Versailles. »

Hélas, les choses n’étaient jamais aussi faciles que ça, il était bien placé pour le savoir. Aliénor elle-même restait à Versailles, peu désireuse de retourner à Vienne ou de retrouver leur frère aîné. La savoir seule à Versailles l’inquiétait au plus haut point, mais il avait appris à faire confiance à sa petite sœur qui n’avait jamais manqué de ressources et qui avait des amis sur qui s’appuyer en cas de problème. Etait-ce le cas de Mary ? Il en était bien moins sûr. Au moins il savait que les deux jeunes femmes se connaissaient, et il savait qu’Aliénor ne refuserait jamais son aide à la marquise en cas de besoin.

« Vous verrez, tout se passera bien. Je suis sûr que la guerre ne durera pas bien longtemps. Vous allez rester à Versailles avec Madame, et je vous écrirai pour vous raconter les bizarreries des ambassades. Ils nous envoient les fanfarons de la chanson version tutu et clarinette, ce sera très divertissant et si vous m’y autorisez, je vous en ferai le récit par correspondance. Et vous, promettez-moi de faire attention à vous. Et de ne pas trop vous inquiéter de Madame. Elle a son caractère évidemment… » soupira-t-il, sans se douter que c’était réellement un euphémisme et qu’il avait surtout droit aux bons côtés de Madame quand il la voyait. « Mais certainement, vous saurez y faire face. Au fond ce n’est qu’une enfant un peu capricieuse ! »

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MessageSujet: Re: On the rocky road to the war [PV Mary]   On the rocky road to the war [PV Mary] Icon_minitime01.11.13 17:10

on the rocky road to war

De l'extérieur, Mary se veut calme, un rien enjouée mais pas trop. Détachée, comme si rien de tout ceci ne lui importe vraiment. Mais il est difficile de se travestir lorsque l'on est en face de quelqu'un qui vous connait bien. Aussi, la diversion est une sorte de fuite en avant. Ne pas s'épancher ce qui visiblement, les désole tous les deux. D'ailleurs, le bavarois ne s'attarde pas beaucoup sur le sujet. A peine le temps de s'excuser, chose que Mary n'attendait pas de lui d'ailleurs, et les deux amis prennent place dans les confortables canapés du petit salon. L'atmosphère se veut intimiste, comme  chaque fois qu'ils sont ensemble. A l'abri des regards de la Cour, Mary constate une fois de plus que Maximilien est un être charmant, et même un rien protecteur avec elle. Comme elle a retrouvé son sourire, elle verse le liquide fumant dans les petites tasses en porcelaine, habilement décoré ça et là de motifs fleuris à l'anglaise. La petite horloge posée sur une des commodes sonne la fin de l'après midi. Mary n'est rien, sinon respectueuse des traditions de Hampton Court.

« Zucker ? » Même si elle sait parfaitement que le Duc entend parfaitement le français, et sans doute mieux qu'elle-même, la jeune fille s'applique à lui parler en allemand. Outre le fait que c'est une habitude qu'elle a prise chez sa sœur, Aliénor, elle essaye aussi de s'habituer à cette langue qui bientôt, sera celle dont elle devra user quotidiennement si un jour, elle épouse son fiancé dont elle ne connait que la nationalité. C'est aussi dans le but de se familiariser avec un empire qui lui est tout inconnu qu'elle a sauté par dessus sa timidité maladive et liée d'amitié avec la fratrie Wittelsbach. Une amitié qui grandit de jour en jour, ce pourquoi le départ de Maximilien cause au moins autant de peine à la jeune fille que celui de son frère. A l'évocation de Matthew, le doux visage se crispe à nouveau. Malgré la bonne réputation du Vicomte, rares sont ceux à pouvoir espérer qu'il restera dans le sillage du Roi d'Angleterre. Un homme de sa trempe et de son habilité sera en effet bien plus utile sur le front ! Une pensée qui fait frémir Mary. De tout temps, son frère aîné tient bien plus de l'humaniste que de l'homme de guerre, raison première qui a poussé à sa promotion en tant qu'ambassadeur. Alors ? Y a-t-il une chance, même infime, pour que Maithias - son nom irlandais - reste à l'abri des canons ? Tendant d’une main un rien tremblante sa tasse à son hôte, la jeune fille essaye – en vain – de masquer un soupir.  « Hélas, Monsieur, le service de Son Altesse est de ceux qui empêche les absences, même lorsqu’elles sont justifiées par des impératifs familiaux. Sans compter que j’imagine mal Madame rester les bras croisés devant une Cour qui se videra petit à petit… Il est déjà question d’organiser un bal secret en l’honneur des combattants anglais ! Vous imaginez bien que la Duchesse ne saurait risquer, aux yeux de son royal beau-frère, de se montrer publiquement en faveur des anglais. Mais en son particulier… J’espère sincèrement pouvoir trouver quelque excuse pour ne pas m’y rendre. Outre le fait que vous connaissez la gaucherie dont je fait preuve lorsque Madame reçoit, je n’ai pas particulièrement envie de célébrer quel qu’événement lié à ce conflit. »

Durant son petit monologue, la petite Marquise n'a pas levé les yeux de son assiette où un petit gâteau salé s'ennuie en berge d'une confiture fleurant bon la fraise. A présent, les lourds cils noirs se lèvent et le regard timide de la jeune fille tente enfin de capter celui de son ami. Un vague sourire color ses lèvres.« A présent, c'est à mon tour de vous présenter des excuses. Vous n'êtes pas encore parti que je cède déjà à la mélancolie, et je pousse le mauvais goût jusqu'à me plaindre de mon existence somme tout à l'abri des affrontements quand vous... vous... » Détournant la tête, les petites mains se tordent nerveusement sur les plis de sa jolie robe. Dans un murmure à peine audible, la voix de la jeune fille reprend alors. « Vous savez... même si les jours peuvent encore se compter facilement depuis notre première rencontre... J'ai beaucoup, beaucoup d'estime pour vous. Aussi... promettez-moi de faire votre possible pour nous revenir sain et sauf. Pas seulement à moi, ni à votre pays bien sûr, mais surtout pour Madame votre sœur. J'ai la consolation de la savoir tout prêt lorsque votre absence me pèsera plus que de raison. Mais je... je serai infiniment triste si par malheur, une missive lorraine m'apprenais une mauvaise nouvelle à votre sujet. »



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MessageSujet: Re: On the rocky road to the war [PV Mary]   On the rocky road to the war [PV Mary] Icon_minitime

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