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 A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]

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Isabelle de Saint-Amand


Isabelle de Saint-Amand

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Fermé à double tour depuis qu'un ex-mousquetaire l'a brisé
Côté Lit: Amants de passages aussi rapidement oubliés
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On promet beaucoup pour se dispenser de donner peu

Âge : 29 ans
Titre : dame de Louvel, chevalier de Saint-Amand
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MessageSujet: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime18.02.12 15:50




Les gens donnent souvent des rendez-vous étranges. Comme aujourd’hui par exemple. C’était vraiment faire un pied de nez à la religion que de fixer un lieu de rencontre devant une église, au beau milieu de Versailles, et surtout en plein jour, pour s’acquitter d’une dette de jeu. En plein jour… j’avais horreur de me déguiser pendant la journée. Malgré le froid qui s’engouffrait dans les rues de la ville, et donc le fait que je porte une cape et un feutre dissimulant mon visage, il y avait toujours beaucoup de monde, un peu trop, qui pouvaient se rendre compte de la supercherie. La nuit, encore, dans la pénombre des bougies, je pouvais donner l’illusion d’être ce que je n’étais pas, mais là… J’étais un peu tendue, il fallait bien l’avouer, mais je le dissimulais derrière le col de ma cape épaisse. J’étais arrivée un peu en avance exprès, et m’étais adossée dans l’encoignure de l’entrée, sous le porche, pensant être à l’abri du vent. Mais il n’y avait rien à faire. Le froid glacial de la pierre était vraiment pénétrant et j’avais l’impression de me geler sur place. Pour tromper mon ennui, j’avais sorti un petit carnet de ma poche. On aurait pu penser à un livre de prière, mais il n’en était rien. C’était un livre de compte. Codé, bien évidemment. J’y notais chaque entrée d’argent, et chaque défaite. Ce qui voulait dire mes victoires et mes défaites aux jeux. Mais aussi, sous des pseudonymes chaque personne qui y était reliée, avec des dates précises. Une sacrée assurance vie…

Je l’avais fais à dessein. Il ne fallait pas me prendre pour plus idiote que je ne l’étais. Et si le petit vicomte qui me devait de l’argent n’arrivait pas bien vite, je savais bien comment le décider à le faire. Pas sur le pré non, mort, il n’aurait pas pu me rembourser, cela n’aurait servit à rien. Non, l’arme la plus avantageuse était mes contacts. Il suffisait que je fasse comprendre à deux ou trois personnes dans les meilleurs sphères qu’il n’était pas digne de confiance et plus personne ne lui ouvrirait sa porte. J’espérais pour lui qu’il avait compris ce petit détail. Une jeune femme passa devant moi. Bien vêtue, mais discrète. Elle baissa les yeux en me voyant. Cela sentait la sortie du couvent à plein nez. Je ne pus résister à l’envie de jeter un petit coup d’œil à l’intérieur de l’église quand elle y entra. Ce devait être l’heure de confesse… Depuis combien de temps ne m’étais-je pas agenouillée dans la maison de Dieu pour confesser mes fautes et mes péchés ? Bien évidemment, comme l’obligeait ma charge dans la maison de la reine, je ne pouvais pas passer outre la traditionnelle messe quotidienne, mais il ne fallait pas trop m’en demander. Et pourtant, je devais en avoir bien long à raconter. Rien que d’y penser, cela me faisait rire. J’en venais à penser que les calvinistes avaient raisons, certains étaient destinés au paradis, d’autres à l’enfer, quoi qu’ils fassent, et je devais surement faire parti de ces derniers.

L’arrivée d’un laquai me détourna de mes pensées liturgiques. Il portait la livrée du vicomte. Un léger sourire étira mes lèvres, alors qu’il me considérait avec circonspection, et presque dégoût aurais-je pu dire. Il y avait bien longtemps que je ne prêtais plus cas de la considération de ces petites mains qui œuvraient derrière la magnificence qu’était Versailles. Nous faisions tous partie de la machine, au final. Il s’inclina plus par obligation que par respect, et me tendis la bourse, bien rondelette, contenant la somme prévue.

-Mon maître s’excuse de ne pas avoir pu venir en personne… commença-t-il, mais je le coupais

-Cela n’a aucune importance, je n’attendais pas du Vicomte qu’il se conduise en gentilhomme, il n’en a ni le caractère ni l’honneur. Mais… j’ajoutais avec une dose non négligeable d’ironie, remerciez le de ma part. C’est toujours un plaisir de gagner contre lui.

Si l’imbécile de n’était pas entêté, sans doute aurait-il eut bien moins à me devoir. Enfin, tant pis pour lui. Je n’allais pas regretter d’avoir gagner. Il y avait une éternité que ma conscience avait appris à se museler au profit de l’assurance de mener une vie correcte. Autre chose que, dans cet établissement religieux, on n’aurait surement pas comprise. Le laquai restai là, devant moi, attendant visiblement quelque chose, mais semblant extrêmement réticent. Il n’était pas utile de me regarder de la sorte, j’avais parfaitement compris qu’il ne me tenait pas en grande considération.

-Eh bien ?

Il se mordilla la langue et la lèvre un instant avant de me dire sur un ton moralisateur :

-Votre titre, chevalier, devrait vous engager à une plus grande considération de votre position. J’espère que cela aura servit de leçon à mon maître…

Je levais les yeux au ciel, décidément, de nos jours, les gens de maison se croient tout permis. Le vieux serviteur de la famille qui avait surement vu grandir le vicomte. Au secours, il n’avait rien eut de mieux à m’envoyer ?

-Je ne dirais pas la même chose, répondis-je en faisant sauter la bourse dans ma main. C’est grâce aux gens comme votre maitre que je peux m’assurer un revenu substantiel, mais je ne vous retiens pas.

De ma main libre, je lui fis clairement signe de débarrasser le plancher, ce qu’il fit avec un semblant de dignité. Je relevais les yeux au ciel avant de glisser la bourse dans la poche de ma cape. Ce qu’il ne fallait pas entendre… Il me fallait maintenant tenir mes comptes à jour, mais de manière peut être un peu plus confortable. L’église me paraissait un lieu tout indiqué, nous n’étions pas en heure d’office, il n’y aurait pas grand monde. Peut être la jeune effarouchée de tout à l’heure si elle n’était pas ressortie par l’une des portes transversales. J’entrais donc, retirant mon feutre et mon gant droit dissimulant la féminité de mes mains, le temps de tremper mes doigts dans le bénitier et de faire le signe de croix, avant de m’installer sur un des nombreux bancs présents. Pas un bruit. C’est fou comme ces lieux sont déstabilisants. On y rentre, et on n’ose plus rien y dire. Moins il y a de monde, plus il y a de bruit. Le moindre raclement de chaise, le toussotement le plus étouffé vous écorche les oreilles. Je posais mon feutre à côté de moi, avant de sortir le petit carnet et la mine de plomb qui l’accompagnait, et de noter rapidement ce que je venais de gagner. La journée s’annonçait plutôt bien. Une fois cela fait, je me mis à observer l’architecture et la décoration du lieu. Si les vitraux richement colorés n’y suffisaient pas, il y avait quelques tableaux signés de grands maitres, et je ne doutais pas que l’autel de marbre avait dut couter grand prix, sans compter les bois précieux dans lesquels tous les éléments en bois avaient été taillés. Ah… L’Eglise Catholique et toute sa contradiction.

Un froissement de tissu me sorti de mon songe, et je tournais la tête vers la gauche. Contre le mur de l’église se tenaient le petit confessionnal. Comme je m’y attendais, la jeune femme de tout à l’heure en sorti, visiblement troublée. Je la suivis des yeux le temps qu’elle quitte le bâtiment, le faisant traverser d’un courant d’air au moment où elle ouvrit la porte, comme si le froid ambiant du lieu saint n’était pas suffisant. Mon regard se reporta au confessionnal, dont le prêtre n’était pas sorti. Je l’imaginais à l’image des prêtres de mon enfance au couvant, vieux, moralisateur, sec et glacial. Avec les années j’avais appris que tout ce qui manquait à ces hommes, c’était surement une maîtresse capable d’assouplir leur caractère avec de lascives caresses. Tous en rêvaient mais aucun ne l’aurait admis. Et c’est alors que l’idée me vint. Pourquoi ne pas, justement, rattraper le temps que j’avais perdu et rentrer, pour quelques instants, dans le sein de notre cher Eglise ? Après tout, un mur de bois nous séparait, rien de tout ceci ne se saurait. J’avais soudainement envie de m’amuser. Me levant, je me dirigeais d’un pas souple et rapide vers les petites cabines, et entrait dans celle que la jeune femme avait laissée vide, m’y installant confortablement pour quelques instants d’amusement. Une fois le rideau tiré derrière moi, je retirais mes gants, les callant dans mon feutre, derrière mes jambes, et dégrafais ma cape pour qu’elle suive le même chemin, avant d’ouvrir un peu pourpoint et chemise, et de détacher mes cheveux noirs. Si à travers le petit grillage, il ne pouvait pas voir distinctement mon visage, il pouvait tout de même distinguer la silhouette d’un homme de celle d’une femme. Une fois prête, j’ouvris le petit panneau de bois dissimulant le grillage, que chaque confessé ouvrait à son arrivée et refermait en partant.

-Bénissez-moi mon père, parce que j’ai péché, soufflai-je d’une voix douce, mais un rien aguicheuse.

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Thimoléon de Choisy


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime16.06.12 14:23

    "Mon père je me sens si coupable ! pleurait la jeune femme derrière le grillage.

    -Allons allons mon enfant, répondit d’un ton rassurant mais quelque peu lassé le jeune Thimoléon assis de l’autre côté. Notre Seigneur est ici pour pardonner même les brebis égarées, ajouta-t-il avant de retenir un baillement. Continuez je vous prie.

    -Et bien, il y a de cela quelques jours, ma mère m’a demandée auprès d’elle pour m’annoncer une nouvelle. Et…

    A peine la jeune femme avait-elle reprit sa confession que l’abbé ne l’écoutait déjà plus. Qu’est ce que cela pouvait être barbant ! Rester assis là à écouter les problèmes pathétiques de la noblesse. Oh bien sûr que parfois quelques confessions croustillantes venaient divertir ses heures de „piété“ mais la majorité du temps était consacré à rassurer les imbéciles comme quoi ils n’iraient pas tout droit en enfer pour avoir mangé un peu trop de dessert la veille, ou avoir menti sur son âge…

    Seigneur ! Allait-elle finir ? se plaignait le jeune homme intérieurement. Les jeunes dévotes étaient surement les moins intéressantes à écouter : toujours très prudes, trop coupables pour si peu et terriblement naïves…Thimoléon se massa les tempes tout en marmonnant quelques conseils des plus vagues et applicables à pratiquement tout.

    "Mon enfant, ne vous blâmez donc point ainsi, dit il avant de bailler silencieusement. Hum hum…Avouer tout cela sous le toit de la maison de Notre Seigneur vous pardonnerai presque vos péchés ! Dieu apprécie l’honnêteté de ses enfants.

    -Mais que dois-je faire mon père ? Enfin…Tout de même ! J’ai souhaitée la mort de ma propre mère à cet instant ! Et…

    -Oui oui, comme beaucoup d’autres, coupa précipitement le jeune homme qui en avait assez de donner des leçons de moral. Recevez l’Esprit-Saint, ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Je vous conseille de réciter vingt "Je vous salue Marie". In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, Amen.“

    La jeune femme, un peu confuse par le comportement de l’homme d’église, quitta bien vite le confessionnal. Thimoléon s’apprêtait à sortir à son tour quand quelqu’un prit place derrière la petite grille. Seigneur, Dieu pourquoi ??? soupira par la pensée le jeune homme en levant les yeux au ciel. Il reprit place et fit glisser le petit panneau de bois. Et…Oh mais…Diantre ! Voilà qu’un visage des plus singulier se laissa entrevoir à travers les interstices de la grille. Son regard croisa des prunelles d’un bleu clair et froid, à tel point qu’il en ressentit des petits frissons dans le dos. Comme c’était intéressant !

    -Bénissez-moi mon père, parce que j’ai péché, fit la nouvelle venue d’une voix de velours.

    Mais quel démon de l’enfer souhaitait donc le tenter ? plaisanta intérieurement l’abbé. Voilà une distraction des plus délicieuses qui s’offrait à lui ! Reprenant tout à coup du poil de la bête, ne pouvant s’empêcher d’avoir un sourire ravi sur les lèvres, il reprit le „travail“ avec ravissement.

    "Qu’il y a-t-il, mon enfant ? Le Seigneur peut tout entendre." dit en insistant sur ses derniers mots.

    La corvée quotidienne prenait des tournures de jeu pour Thimoléon qui frémissait de pouvoir faire davantage connaissance ave la „brebis égarée“ de l’autre côté de la grille. Tout en écoutant les premières confessions de la belle inconnue, il l’imaginait plus séduisante que jamais…travestit en homme ! Oh oui cela serai si parfait ! s’extasiait déjà la Comtesse des Barres au fond de son être.


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime01.07.12 9:31

Versailles est un nid à serpent, mais un nid où l’on peut vite s’ennuyer. Aussi, pour passer cette impression de langueur, de longueur du temps et de ne rien avoir à faire. Il faut bien s’inventer des petits jeux de patiences, plus ou moins innocents. En général, ils tendaient bien plus vers le moins que vers le plus, bien évidemment. Complots amoureux, ragots, tours joués à des gens que nous n’aimions pas… Le choix était vaste pour trouver de quoi s’occuper, il suffisait d’accepter bien sûr d’y perdre un peu de son âme, et ce n’était pas le plus difficile, loin de là. Et pour la récupérer, il y avait de toute façon la confession. C’était tellement facile. Se faire disputer par un prêtre quelconque, qui nous donnait une sanction – jeûne, liste extensible de prières, lectures saintes, faites votre choix ! – avant de nous laisser aller, en présumant évidemment que nous allions nous plier à la dite sanction en l’exécutant bien sagement. Et la plupart le faisaient, bien évidemment, il n’aurait plus manqué qu’on offensa l’Eglise et ses dogmes. Mais il y avait un noyau d’irreductibles qui, d’une part, ne se rendaient jamais à confesse, et à la messe en trainant les pieds – et en tant que dame de la suite de la reine de France, la première à se fustiger ne serait-ce que d’une mauvaise pensée et à se rendre immédiatement au confessionnal, je savais de quoi je parlais – et qui estimaient que la manière dont l’Eglise nous imposait de prier Dieu n’avait rien à voir avec le fait de croire en Lui. Je vous laisse imaginer de quel camp je fais partie.

Je gardais de toute façon un très mauvais souvenir de l’Eglise et des prières suite à mes années en couvent. Les réveils au beau milieu de la nuit pour nous faire laver les sols de manière à nous faire expier des pêchés que nous n’avions pas forcément commis, pour « prévenir » et pour « sauver nos âmes bientôt perverties par le monde » m’avaient un peu traumatisée à l’époque. On se demandait ensuite pourquoi Père avait décidé de venir me chercher en voyant la mine cadavérique que j’arborais l’année de mes douze ans. Mais quand j’y repensais, pour tous les pêchés que j’avais fais depuis que j’avais rejoins la cour, une année sans dormir à laver à la brosse, à genoux par terre, les sols de l’abbaye n’aurait pas suffit à tous les expier. S’en était presque risible. Notre révérende-mère en aurait sans doute fait une attaque, elle qui ne supportait pas l’écart à la discipline et le manque de respect. Ca aurait été drôle qu’elle sache… Un peu machiavélique, mais très drôle. Toujours était-il que malgré des heures et des heures à supplier Dieu, la Sainte Vierge et tous les Saints de ne pas me prendre mon père, il avait fini par être emporté, et ma vie avec. Et je n’avais pas eus envie d’attendre qu’un jour, peut être, un miracle se fasse, parce qu’il était évident que Dieu avait sans doute mieux à faire que de s’occuper de la justice du monde.

Il fallait souffrir pour mériter Sa grâce. Eh bien je préférai l’avoir perdue et être là où j’en étais aujourd’hui, car cinq Pater Noster et cinquante Ave Maria ne remplaceraient sans doute pas le bénéfice de la bourse qui maintenant alourdissait ma poche et ce qu’elle me permettrait de faire quand j’utiliserai cet argent pour une nouvelle robe ou quoi que ce soit d’autre. Et quoi de mieux qu’une Eglise pour être tranquille, en dehors des heures de célébration. J’avais toujours été fascinée par ce silence qui les étreints quand on y entre. Il suffit de passer la porte d’une église pour que d’un coup, tous se mettent à chuchoter, même quand il n’y a qu’une seule personne dans le lieu saint. C’était un endroit où chacun se mêlait de ses affaires et où on n’osait pas venir déranger. C’était à se demander pourquoi on n’y pensait pas plus souvent pour différentes petites réunions illicites. Il faudrait que je m’en souvienne… Mais comme beaucoup ici, l’ennui m’avait vite prise, et c’est en voyant cette petite silhouette chétive, l’archétype de la petite sainte ni touche qui se fustige de la moindre pensée sortant des sentiers battus, s’extraire du confessionnal, que je décidais de m’amuser un peu, après tout, je n’avais rien de mieux à faire, et n’avais pas la moindre envie de rentrer à Trianon pour le moment. Alors autant expérimenter de nouveaux jeux.

J’avais pris le temps de faire attention à ma mise, avant de prononcer les paroles rituelles. Et il ne fut pas long à me répondre :

-Qu’il y a-t-il, mon enfant ? Le Seigneur peut tout entendre.

Sa voix était jeune, agréable à entendre. Si le physique allait avec, ce que je ne pouvais voir avec certitude par la grille du confessionnal, ç’aurait été à se demander si Dieu n’avait pas décidé d’être cruel. Appeler à lui de charmants jeunes gens était tout simplement un crime. Reprenant mon petit jeu pourtant, je laissais un de mes doigts s’aventurer à effleurer négligemment ma gorge, comme par inadvertance. Ce petit jeu fonctionnait souvent, avec n’importe quel homme. Mais je savais aussi pour en avoir rencontré que certains hommes d’Eglise étaient parfois bien plus dépravé que les plus hauts personnages de la cour, se pensant totalement éloignés des foudres du Seigneur pour le jour de leur présentation à Saint Pierre à cause de leur ordination… Et dire qu’ils osaient nous dire que nous étions tous égaux devant la mort. Ridicule !

-Mon père, soufflai-je, j’ai commis le pire des pêchés… Le pêché de chaire…

A contrario, certains hommes d’Eglise étaient facilement choquables, et venaient à traiter de démon ou de Jézabel la première femme ayant un tant soi peu d’influence qu’ils croisaient. D'une voix un peu suave, je continuai:

-Et j’y ai pris du plaisir, beaucoup de plaisir…

La notion de plaisir était bien entendu proscrite, et encore plus pour les femmes qui se devaient de n’être que le ventre portant le futur enfant de leur époux. Restait à voir si le jeune homme prendrait un air horrifier, ou au contraire… Les sens aux aguets, je guettais le moindre bruit venant de la cabine du confesseur, un sourire un rien diabolique – comble de l’insolence pour ce lieu sacré, je me serai presque signée d’avoir une telle pensée… presque… - sur mes lèvres fines.

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Thimoléon de Choisy


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime31.10.12 20:39

    -Mon père,souffla la sensuelle créature de l’autre côté de la grille, j’ai commis le pire des pêchés… Le pêché de chaire…

    Oh la bougresse ! se dit l’abbé qui commençait à avoir chaud au ventre. Elle jouait clairement avec lui, c’était à peine caché. Voilà longtemps qu’on ne lui avait pas fait d’avances de la sorte… surtout sur un lieu de prière ! Cela lui rappela ses aventures libertines dans le confessionnal de la chapelle de la Sorbonne durant ses études… Il chassa vite ses images lubriques de son esprit pour en revenir à la brebis aguicheuse qui se trouvait près de lui. Thimoléon n’était pas très regardant sur les credos de sa Sainte Eglise mais des fois il se forçait à faire bonne figure…

    -Mon enfant, cela arrive à tous. C’est une épreuve qu’envoi Notre Seigneur afin de tester notre résistance au malin et au vice… Mais…

    -Et j’y ai pris du plaisir, dit-elle en le coupant dans ses explications spirituelles. beaucoup de plaisir…

    A ses mots, Thimoléon frissonna. C’est fou ce qu’il pouvait faire froid dans une église ! Tout était dans le ton de sa voix de velours. Quelle sorcière ! Le jeune homme essaya tant bien que mal de retrouver un peu de contenance. Il se racla la gorge un peu bruyamment puis il reprit :

    -Quel est donc votre pêché mon enfant exactement ? demanda-t-il en insistant sur ses dernières syllabes. Y‘a-t-il eu tromperie ?

    Cette mystérieuse jeune femme aiguisait grandement la curiosité de Thimoléon. Cela ne touchait pas l’abbé, ou la comtesse, mais l’homme ! Oui cela pouvait surprendre mais Choisy aimait tout ce que le monde pouvait lui offrir et il n’était pas question de se priver… Pourtant il était bien divisé entre son rôle, sa place et ses envies. S’il n’écoutait que lui, il sortirai de ce confessionnal et irait inviter cette splendide nymphe à diner (et plus si affinités…). S’il n’écoutait que l’homme de Dieu (pour le peu qu’il y en avait en lui) il lui ferait une banale leçon de morale puis la laisserai sans aller… On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre : il fallait choisir ! Tandis qu’il se laissait bercer et émoustillé par la voix de la jeune femme le voilà qui prit une voix tout autre, plus suave et profonde. Une voix qu’on ne lui connaissait guère !

    -Mon enfant, vous êtes si charmante que le Ciel peut tout vous pardonner…

    Sacrebleu ! C’était sorti tout seul ! Incapable de retenir sa langue, le voilà qu’il tentait de faire du charme à l’inconnue du confessionnal. Thimoléon n’en revenait pas de ce qu’il venait de dire. Peut être que cela allait provoquer un affreux scandale, ou pire encore ! Tout un tas de situations et de probabilités se bousculaient dans son esprit. Dieu qu’elle était délicieuse ! Voilà qu’il était tout retourné. Fébrile, triturant nerveusement un bout de sa robe noire, il espérait que le jeu en valait la chandelle. Après tout il n’avait que faire des scandales se dit-il alors. Chaque fois qu’il lui arrivait d’être dans le pétrin, le diacre de sa paroisse claquait des doigts pour effacer son ardoise (comme pour son pêché de travestissement, ou de luxure, ou de gourmandise,…bref le pêché d’être l’abbé de Choisy tout simplement !) Il tentait de discerner davantage l’apparence de la belle de l’autre côté de la grille, espérant lui voir un sourire coquin… Dire que cet homme écrirait bien plus tard un ouvrage parmi d’autres intitulé : Histoires de piété et de morale

    -Veuillez me pardonner, j'avais l'esprit...ailleurs. Nous disions ? reprit l'abbé comme si de rien n'était.


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime11.11.12 23:09

J’avais toujours aimé joué. Dans tous les domaines. Enfant déjà, je préférai mille fois aller m’amuser à l’extérieur que me pencher sur mes devoirs et pour cela, tous les moyens étaient bons. Du caprice exagéré à mon père, à un sourire faussement angélique à ma gouvernante. Calculatrice ? A cet âge là, on dit tout simplement « maligne ». Peut être ne l’étais-je pas assez et bien au contraire pensais l’être trop. C’est ainsi qu’on s’attire des ennuis, quand on n’a pas été assez prudents, et même dans la planification d’une bêtise, il faut savoir s’en tirer sans recevoir les conséquences sur le dos. Autrement dit, réfléchir aux conséquences avant d’agir. Voilà sans doute mon problème. J’avais tout calculé, planifié, étudié pendant des années, et tout s’était toujours passé à la perfection, et j’estimais donc avoir le droit de me laisser un peu aller. Voilà là où était l’erreur. Il fallait se surveiller à chaque instant quand on jouait un double jeu. Dommage, la rigueur n’avait jamais été mon point fort. A se demander comment j’avais eus si peu d’ennuis ces sept dernières années. Cela me paraissait bien étonnant d’ailleurs, quand j’y pensais, mais je faisais confiance à la chance qui ne me quittait pas, surtout quand je l’aidais un peu. Pas étonnant que je me sois tournée vers les jeux de cartes lors de mon changement de vie. C’était si facile de tout y prévoir, et de savoir ce qui en découlerait. Rien de bien compliqué en fait, du moins sur le papier.

C’est sans doute pour ça que je ne voyais absolument pas le danger de jouer les provocatrices dignes du bucher dans un confessionnal en face d’un prêtre qui aurait put se mettre à hurler à l’hérésie en sortant en courant de sa cabine, brandissant un crucifix en or – cherchez tous le paradoxe de l’Eglise qui prêche la pauvreté là où ils ont le monopole de la richesse, il n’y a qu’à voir les prélats arpentant les couloirs de Versailles, ils ont parfois plus de bijoux que les dames. Mais j’aimais le risque, même celui que j’avais du mal à calculer. Il fallait apprendre à vivre avec ça quand on avait décidé de mener une vie en marge de la société. Et puis qui en aurait sut quelque chose ? L’église était déserte et ne faisait pas partie de ces lieux fréquentés par ces gens du palais qui lui préféraient de loin la chapelle royale. Alors je n’avais pas grand-chose à craindre ici. Sans doute pourquoi je me comportais de la sorte. Les joies de l’existence n’étaient pas les mêmes pour tous et j’avais bien besoin de m’amuser un peu de temps en temps. Choquer un homme d’Eglise très proche de sa règle, ou piquer la curiosité d’un jeune officiant qui n’était pas encore certain de son chemin auprès du Seigneur. De l’un à l’autre s’étendaient tout un panel de réactions possibles et imaginables, et j’étais bien curieuse de savoir laquelle mon confesseur allait bien pouvoir adopter.

Grossir le trait était parfaitement ce que je cherchais à faire. C’était le meilleur moyen de s’amuser un peu. Le pousser dans ses retranchements, pour voir jusqu’où il était prêt à aller et voir ce qu’il pouvait supporter. Après tout, Dieu était amour, il pardonnait tout ou presque, alors ses représentants sur terre ne pouvaient qu’en faire autant, non ? C’était un peu se servir des principes de l’Eglise contre elle. Mais c’était ce que je faisais le mieux, prendre les forces de mes adversaires et les retourner contre eux. Cela ne fonctionnait pas toujours, mais on ne perdait rien à essayer, n’est ce pas ? Je ne me considérai pas comme une stratège hors paire, juste assez pour m’en sortir sans y laisser des plumes, du moins la plupart du temps, car la vie voulait que la chance ait décidé de m’abandonner peu à peu, mais ce n’était pas ma préoccupation principale pour le moment. Ma voix chaude, vibrante, qui avait fait succomber bien des hommes, les attitudes, bien que la petite grille entre mon confesseur et moi nous empêche de nous voir distinctement, un geste, faussement naturel et incontrôlé, tout cela étaient des armes données à toutes les femmes, restaient à savoir de quelle manière elles voulaient s’en servir. De manière passive, c’était le choix de la plupart, je préférai la manière active. Cela m’avait bien servit il n’y avait qu’à regarder où j’étais aujourd’hui. Dame de la reine, maîtresse du prince de Saxe – même si cela sentait la fin de la relation – et de Mancini… Rien n’est impossible à qui sait s’en donner la peine.

Alors, pourquoi ce jeu, totalement puéril ? Mais justement parce qu’il l’était et que savoir s’amuser était une chose importante dans la vie, même quand on estime avoir mieux à faire. Ce n’était pas un jeu beaucoup plus évolué que ces jeux cruels que les gens de la cour prisaient, à coup de rumeurs et de bassesses. Il suffisait d’entendre la voix un rien surprise de mon interlocuteur pour savoir que j’avais fais mouche :

-Mon enfant, cela arrive à tous. C’est une épreuve qu’envoi Notre Seigneur afin de tester notre résistance au malin et au vice… Mais…

J’en rajoutais un peu, juste pour être sûre qu’il soit un peu plus perplexe, et cela semblait fonctionner.

-Quel est donc votre pêché mon enfant exactement ? Y‘a-t-il eu tromperie ?

Me trompais-je, ou décelais-je un rien d’excitation dans sa voix ? C’était fort possible, probable même. Comme quoi, cela commençait à faire son petit effet. J’émis un profond soupir qui se mut en un léger, très léger gémissement, à peine imperceptible.

-Si vous saviez, mon père… Ces mains qui glissent sur mon corps et me donnent envie de crier « encore ». Je n’ai trompé personne, si ce n’est mon âme. Je ne suis pas mariée. Pour ceux qui m’ont fait découvrir ce paradis qui est un tel enfer car on s’y découvre une véritable addiction, je ne sais s’ils ont trahis les vœux sacrés devant l’autel.

La réponse fut quasiment immédiate :

-Mon enfant, vous êtes si charmante que le Ciel peut tout vous pardonner…

Je relevais les yeux, mon sourire s’élargissant sur mes lèvres. Ah oui, vraiment ? Mon doigt s’égara à nouveau sur ma gorge, léger comme une plume, et je passais ma langue sur mes lèvres. Je connaissais assez ces endroits pour savoir que s’il ne décernait pas vraiment mon visage, il pouvait au moins deviner mes gestes.

-Veuillez me pardonner, j'avais l'esprit...ailleurs. Nous disions ?

Il s’égard, mais pas totalement. Il n’avait pas tout à fait la réaction que j’attendais de lui. J’aurais pensé, où à un homme chaste aux oreilles pures qui m’aurait absoute rapidement pour ne pas risquer d’être tenté, ou un homme hurlant à Satan et me chassant au plus vite de son lieu sacré. Celui-ci rendait la partie bien plus amusante et c’était bien plus intéressant. Sur la même intonation brûlante, je repris :

-Cela est arrivé plusieurs fois, et je ne saurais dire laquelle j’ai préféré tellement c’était agréable. Ces étreintes me paraissaient durer à la fois quelques instants et quelques heures. Je ne sais ce que j’aurais préféré…

Je fis une pause, laissant le silence lourd de sous entendu faire son chemin jusqu’à son âme et lui donne toutes les visions auxquelles ils pouvaient bien penser, avant de prendre une petite voix, à la fois apeurée et pleine d’espoir, accrochant ma main manucurée à la petite grille, de manière à ce que mes premières phalanges soient de son côté de la paroi :

-Croyez-vous que cela soit possible ? Que Dieu puisse me pardonner ?

Je retirais prestement ma main comme si je venais de me brûler les doigts, et repris cette première voix enjôleuse qui semblait lui avoir fait tant d’effets :

-Le pardon ne servira pas hélas. Je sais très bien que je recommencerai, encore et encore…

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Thimoléon de Choisy


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime24.02.13 22:55


    Thimoléon avait beau essayer de ramener la conversation dans le droit chemin (quel ironie !) le mal était fait… mais pas consommé, consumé,… hum reprenons… Le jeune homme ne cessait de lever les yeux vers l’agneau mystérieux qui se trouvait de l’autre côté de la grille. Il distinguait des lèvres écarlates à souhait, une peau blanche comme la tunique d’un pape, et les yeux brûlants et sensuels de l’enfer. Il fallait qu’il sache qui pouvait bien être cette jeune femme ! Il crut distinguer l’ombre d’un sourire… C’est qu’elle se jouait de lui en plus ! La bougresse !

    Au dehors du confessionnal, il entendait peu à peu les personnes s’installer dans la nef pour la messe. Cela ne pouvait pas être pire ! Non pas qu’il n’assumait pas ses penchants, bien au contraire ! Mais allez donc expliquer à votre évêque que vous récitiez des cantiques quand on vous surprends en pleine discussion grivoise ! Thimoléon voulait connaitre cette jeune femme et l’aimer encore et encore ! Oui, cela n’allait pas plus haut que sa ceinture ! Cette nymphe l’avait envoutée et réveillée avec fracas le satyre qu’il pouvait être en quelques occasions…

    Il est vrai qu’il y avait longtemps que Monsieur l‘abbé n’avait fait la cour à une femme…
    Alors qu’il divaguait sur quelques pensées lubriques, et ayant largement perdu le fil de la conversation, il fût ramené des enfers par les paroles de velours de la belle :

    -Cela est arrivé plusieurs fois, et je ne saurais dire laquelle j’ai préféré tellement c’était agréable. Ces étreintes me paraissaient durer à la fois quelques instants et quelques heures. Je ne sais ce que j’aurais préféré…

    Le silence qu’elle laissait suspendre par la suite en disait long… très long ! Cela laissait Thimoléon toujours sans voix… C’est alors qu’elle reprit avec une petite voix, à la fois apeurée et pleine d’espoir, accrochant sa main blanche à la grille, laissant paraitre ses premières phalanges.

    -Croyez-vous que cela soit possible ? Que Dieu puisse me pardonner ?
    -Mon...enfant…je…

    Sans même pouvoir se contrôler, Choisy posa instinctivement les bout de ses doigts sur ceux de la jeune femme. A peine avait-il eu le plaisir infime de sa peau qu’elle retirai sa main comme au contact d’une flamme. Lui garda sa main sur la grille, comme un fauve en cage sentant le doux parfum du sang. Dieu seul savait à quel point le pauvre jeune homme était en feu ! Il sentait son coeur prêt à rompre.

    -Le pardon ne servira pas hélas. Je sais très bien que je recommencerai, encore et encore…
    -Oh… Vous savez ma chère, dit Thimoléon à son tour d’une voix langoureuse et fièvreuse. Ciel ou non… Je vous pardonnerai tout…

    Cela lui avait échappé sans prévenir ! Aussitôt, surpris, il bascula en arrière contre le montant de bois, scandalisé par ce qui lui arrivait. D’une main, il ouvrit quelques boutons de sa robe tant il étouffait. Tremblant il revint près de la grille. La belle était toujours là, tout près de lui, mais il ne voyait pas ses yeux.

    -Mon enfant, dit-il hésitant. Je…Je ne saurai expliquer un tel comportement en ce lieu sacré… Je… je suis confus ! Qu’êtes-vous venu chercher ici, bel ange ?

    A peine avait-il prononcé ces quelques mots maladroits que la porte de l’autre côté du confessionnal claquait. Elle partait !

    Paniqué et sans perdre un instant, il quitta à son tour sa cabine de bois sombre et la chercha des yeux : une personne enveloppée dans une cape quittait l’église à grands pas.

    -REVENEZ ! cria Thimoléon. JE NE SUIS PAS UN PERVERS !
    -CHOISY !!! cria une voix dans son dos, se répercutant sur les voûtes de l’église et résonnant quelques instants encore.


    Jetant un regard dans son dos, il vit le père Thibault lui jeter un regard assassin, l’ensemble de l’assistance de la messe tournée vers lui. Thimoléon sentit le feu lui monter au joues. Il balbutia quelques paroles incompréhensibles et reprit sa course sur les talons de la belle qui s’envolait trop tôt. Le jeune abbé maudissait le jour où ses parents avaient voulu faire de lui un homme de robe…

    Quittant l’église, et poursuivant sa recherche sur le pavé de Versailles, il la chercha de nouveau des yeux et la vit qui montait une petite avenue où il n’y avait pas l’ombre d’un chat. Un sourire aventureux se dessina sur son visage, le regard allumé d’un feu ardent. Il se sentait être un homme tout autre en cet instant. Il ne songeait pas un instant à ses robes, ses rubans et ses beaux bijux qui l’attendaient dans son hôtel, non. Il voulait cette créature venue de nulle part, ni ange ni démon. Il l’avait presque aux bout des doigts ! Rapidement il parvint à rattraper la fuyarde. Il saisi son bras et l’attira vers lui contre le mur d’une maison sans fenêtres. Il découvrait son visage distinctement, sans grille ni artifice, tout près du sein.

    -Madame, je dois vous paraitre fort grossier en cet instant… Mais comment peut-on laisser s’échapper une apparition telle que vous ? demanda-t-il avec un sourire charmeur.

    Délicatement il baissa le capuchon de la demoiselle plongeant ses yeux dans les abimes bleutés de la jeune femme.

    -Faisons fie de la Bible, des crucifix et des cantiques… Qu’en dites-vous ? Ils n’ont jamais été ma tasse de thé, dit-il en riant.

    Il jeta un regard aux alentours pour voir si ils étaient épiés. Rien. Puis il reposa de nouveau son regard sur la belle brune.

    -François-Thimoléon de Choisy, c’est un plaisir de…

    Son regard glissa sur la silhouette de celle qu’il venait d’attraper et sa surprise fût totale lorsqu’il constata qu’elle était vêtue comme un homme.

    -Décidément… Vous avez tout pour plaire ! dit-il avec ravissement. J’affectionne moi-même l’art du déguisement, ajouta-t-il en donnant un baise main à sa faiblesse du jour.

    -Ce beau visage aurait-il un nom ? demanda Thimoléon, toujours plus charmé.

    Le jeune homme était tout retourné sans même avoir bu du vin de messe !


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Isabelle de Saint-Amand


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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime14.03.13 23:24

Isabelle ne s'était pas autant amusée depuis aussi longtemps, et encore moins dans une Eglise. Cela la ramenait à ses années de pensionnat chez les religieuses où, lors des sermons, elle s'ennuyait à mourir. Elle n'avait jamais douté de l'importance de Dieu ou de son existence, certes pas, mais venant d'un prêtre qui, une fois sa prêche finie, confessait les jeunes pensionnaires en leur demandant si elles n'avaient pas eus des pensées impures, et insistait fortement à coup de regards lubriques quand elles lui disaient que non, une ode à la vertu lui paraissait toujours ridicule. Elle n'avait pas besoin de ça. Et cela se vérifiait encore avec le jeune homme qui écoutait sa « confession » de l'autre côté du grillage. A croire qu'ils étaient tous les mêmes. Elle comprenait bien mieux pourquoi l'on avait canonisé les saints, ils devaient sans doute avoir été les seuls à résister aux tentations de la chair. Au fond, tous les hommes étaient les mêmes. Il suffisait qu'ils voient passer un minois attrayant pour ne plus savoir se contenir. Le roi en premier. Enfin, il était plutôt aidé de part sa position. Il n'avait qu'à se mettre à la guitare pour que la totalité de la gente féminine à proximité se pâme dans l'espoir d'attirer son attention. Mais lui mis à part, combien d'hommes avaient déclenchés des guerres pour une femme qu'ils convoitaient ? Ce n'était pas du romanesque, c'était du ridicule, surtout quand l'amour n'était pas payé en retour. Cela faisait rire la jeune femme.

Car l'amour, qu'était-ce que l'amour ? Une faiblesse ? Sans doute, puisque cela nous empêchait d'accéder à nos ambitions et à nos buts. Et une fois qu'on a fait l'erreur, on ne la refait pas. Isabelle connaissait les hommes, et se doutait qu'elle avait une chance de se heurter à une impasse face à l'homme de l'autre côté de la paroi, mais elle avait tenté le coup, et n'avait pas été déçue. Comme quoi, ses impressions se vérifiaient. Elle savait de toute manière que cela ne changeait rien à la société actuelle. Mensonges, complaisances, fausse dignité... Elle poussait le jeune homme dans ses retranchements, et cela semblait fonctionner à merveille. Elle savait exactement quoi dire pour avoir l'impression d'être réellement repentante, et en même temps éveiller chez lui les plus viles et bas instincts, surtout pour un homme d'Eglise. Elle n'avait qu'à le regarder pour voir que cela n'avait pas été difficile. Il n'avait pas vraiment cherché à la freiner, ni à la faire taire, au contraire. Cela semblait le ravir. Ce qui amusait encore plus Isabelle qui n'avait pas pour habitude de se laisser abattre de toute façon. Quand bien même le lieu saint aurait mérité sans doute un peu plus de respect. C'était à se demander avec quel argent il avait été construit d'ailleurs. Les scandales de l'Eglise ne cessaient de rythmer les satires et pamphlets de toute façon. Finalement, à la cour du Roi Soleil et en Europe, tout n'était que mensonge et paravent.

Elle l'avait d'ailleurs poussé assez loin pour qu'il oublie toute décence et tout comportement relatif à sa fonction.

-Oh… Vous savez ma chère. Ciel ou non… Je vous pardonnerai tout…

Un sourire étira ses lèvres fines. Eh oui... Théorie testée et approuvée. Tous les hommes étaient les mêmes. Puis il se rencogna dans le fond de sa petite partie du confessionnal. Isabelle en profita, il était temps de partir. Lentement, elle ramena ses cheveux d'un seul côté et reboutonna sa chemise et son pourpoint. Elle remettait ses gants quand il revint à la charge, mais d'une voix plus hésitante :

-Mon enfant. Je…Je ne saurai expliquer un tel comportement en ce lieu sacré… Je… je suis confus ! Qu’êtes-vous venu chercher ici, bel ange ?

-Moi, un ange ?Votre profession m'apparenterait plutôt aux enfers, mon père, répondit ironiquement Isabelle, un ton plus haut, avant de se lever et de sortir du confessionnal, sans rien ajouter.

-Mon fils ! S'écria un autre prêtre en voyant Isabelle sortir du confessionnal, un peu de silence je vous pris, vous êtes dans une église.


Un rire froid échappa à la jeune femme qui se signa avant de quitter les lieux.

-REVENEZ ! JE NE SUIS PAS UN PERVERS ! Eut-elle le temps d'entendre avant que le bâtant de l'église ne se referme derrière elle.

Elle était sans doute bien plus perverse qu'il ne le serait jamais. Mais elle n'avait pas l'intention de rester plus longtemps pour s'en assurer. Elle traversa la petite place agitée, pour prendre le chemin le plus court de manière à rentrer à Trianon. Pourtant, cela aurait été trop simple si le jeune prêtre ne l'avait pas poursuivie. Elle sentit son bras attraper par une poigne qui ne supporterait pas un « non » et se sentie plaquer contre le mur. Le jeune prêtre lui faisait face. A vrai dire, il n'était pas de mauvaise tournure, au contraire. Mais Isabelle avait horreur qu'on essaye d'utiliser la force avec elle.

-Madame, je dois vous paraitre fort grossier en cet instant… Mais comment peut-on laisser s’échapper une apparition telle que vous ?

Il lui retira son feutre et ses cheveux noirs tombèrent en cascade sur ses épaules. Isabelle profita de cette poigne qui s'était relâchée pour partir à la recherche de son poignard entre leurs deux corps, mais il était encore trop proche pour qu'elle ne puisse le sortir sans se blesser elle-même.

-Faisons fie de la Bible, des crucifix et des cantiques… Qu’en dites-vous ? Ils n’ont jamais été ma tasse de thé.

Isabelle laissa son regard se plonger dans le sien et laissa un léger sourire apparaître. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle se doutait au fond que le jeune homme avait été perverti bien avant son arrivée dans sa vie une demi-heure plus tôt.

-Ils n'ont jamais été la mienne non plus. Je préfère d'autre genre de dévotions...

Le regard et le sous entendu en disaient long.

-François-Thimoléon de Choisy, c’est un plaisir de… Décidément… Vous avez tout pour plaire !

Il venait de remarquer ses vêtements d'homme. A la vérité, venant d'un prêtre aussi peu enclin à sa fonction qu'il semblait l'être, elle ne se sentait pas véritablement menacée.

-J’affectionne moi-même l’art du déguisement, dit-il en prenant sa main dans la sienne et la portant à ses lèvres, y déposant un baiser à travers ses gants. Ce beau visage aurait-il un nom ?

Ce fut ce moment qu'Isabelle choisit pour renverser la situation. Sortant son poignard elle le piqua dans le ventre du jeune homme. Non pas pour le blesser, mais elle avait horreur d'être prise au dépourvue. Elle lui fit signe de prendre sa place contre le mur.

-Je vous l'ai dit, monsieur. Lucifer semble m'avoir choisie en ses rangs. On peut me penser la démone Alouqua, car à son image, j'épuise mes amants, de bien des façons.

En maintenant son arme contre le jeune homme, elle glissa sa main libre derrière la tête du jeune homme et déposa un baiser sur ses lèvres.

-Mais vous pouvez aussi m'appeler Chevalier de Louvel. Pour vous desservir.

Elle recula et esquissa une courbette moqueuse. Thimoléon de Choisit ? On le disait proche du duc d'Orléans. Une nouvelle rencontre à préserver, en fin de compte...

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MessageSujet: Re: A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]    A trop de double jeu, on finit par s'y perdre [Thimoléon]  Icon_minitime02.05.13 22:21

    A peine le jeune abbé profitait du parfum de la belle brune qu’il sentit aussitôt la pointe d’une lame contre son ventre. Cela ne l’empêcha pas de sourire : plus il y avait de piquant plus cela l’exaltait. Le regard qu’elle posait sur lui semblait plus dur que du métal. Elle s’écarta de lui et le força à prendre sa place contre le mur. Thimoléon gardait un sourire joueur sur les lèvres tandis qu’il la dévorait des yeux.

    -Quelle fleur empoisonnée vous faites, ma chère, dit-il en sincère compliment. Voilà une déesse a laquelle j’aimerai me soumettre, ajouta le jeune homme d’un air coquin.

    -Je vous l'ai dit, monsieur. Lucifer semble m'avoir choisie en ses rangs. On peut me penser la démone Alouqua, car à son image, j'épuise mes amants, de bien des façons.

    -Vous auriez tant à m’apprendre sur l’enfer, mademoiselle, rétorqua Thimoléon d’une voix de velours accompagné d’un sourire plus charmeur encore. Laisseriez-vous l’homme de Dieu que je suis se brûler à votre lumière ? Dois-je vous appeler Alouqua ?

    Ce jeu qui s’était installé entre les deux jeunes gens semblait réveiller l’être tout entier du jeune homme qui était bien loin de ses bijoux, de ses robes et autres coquetteries. En cet instant il aurait bravé monstres et autres épreuves chevaleresque rien que pour partager quelques instants de plus avec la belle. Si ses frères aînés avaient pu voir ça, ils auraient cru rêver !

    La lame piquant toujours la peau de l’abbé à travers sa tunique, la brune s’approcha d’avantage du jeune homme. Elle glissa une main dans les cheveux bruns de Thimoléon qui crut prendre feu au… euh... à son contact. Puis elle déposa un baiser sur ses lèvres. Par les Saintes Rotrude, Gundred, Vul-fetrude, Clodulf, Ermentrude et Gerberge !!! Quelle femme !!! La situation boulversait tellement le jeune homme qu’il ne savait plus où se trouvait exactement le ciel ou la terre ! (au-dessus de sa tête…enfin je crois !). Ce baiser qui ne dura que quelques secondes semblait presque figer le temps pour Thimoléon qui fût encore bien étourdit lorsque la belle se détacha de ses bras en lui lançant :

    -Mais vous pouvez aussi m'appeler Chevalier de Louvel. Pour vous desservir.

    Elle recula encore avant d’esquisser une courbette moqueuse tandis que l’abbé rajustait, un peu groggy, ses vêtements.

    -Et bien ! Soupira d’aise le jeune homme avec un sourire rêveur. Cher(e) Chevalier soyez déjà certain(e) de mon allégeance à votre beauté !

    Oui il était comme ça Thimoléon ! Faire confiance au premier venu avec un simple baiser… Quel enfant ! Mais c’est ainsi qu’il trouvait la vie bien plus douce… Mais il reprit un peu de contenance, et afficha de nouveau un magnifique sourire avant de s’avancer auprès de la belle travestie.

    -J’espère que vous saurez trouver refuge auprès de mon hôtel, le Temple du Goût, dit-il avec une révérence. Cela me ferait infiniment plaisir ! ajouta-t-il en plongeant ses yeux de braise dans ses seins... euh non ! Les siens ! Les SIENS ! Pour qui le prenez-vous ? (Lecteurs pervers !). Je sais que cette rencontre est incroyablement étrange et peu commune mais… Je sais déjà qu’elle en vaut la peine, pas vous ?

    Il lui lança un regard ardent, avant de sourire, rêveur, en se mordant la lèvre inférieure.

    -Au plaisir, beau chevalier…

    Il se retourna doucement et prit le chemin inverse vers l’église… Pourtant il avait tellement envie de rester ! Il combattait avec lui-même pour ne pas faire demi-tour, la prendre dans ses bras et de l’emmener à son hôtel pour qu’elle soit à lui, rien qu’à lui. Non cela serait bien fou ! Un comporte-ment d’adolescent ! Thimoléon débattait tant avec ses propres pensées qu’il eut l’impression de retourner à l’église en quelques secondes. En réalité il déambula quelques minutes le pavé en faisant des claquettes avec un talent prometteur… ou pas.

    A peine avait-il franchit la porte qu’un autre vieux prêtre l’attendait déjà pour lui faire des remon-trances sur son comportement peu orthodoxe… euh non pardon : catholique !

    « Monsieur de Choisy, fit le vieillard d’un air supérieur et suspicieux. Je me demande bien ce qui a pu vous pousser à de telles extrémités pour quitter la maison du Seigneur comme un parfait gredin !

    Ce à quoi Thimoléon ne pût répondre qu’en souriant de toutes ses dents, l’air brillant et léger.

    -Aaaah mon père ! soupira-t-il presque en chantant. Il m’est poussé des ailes… Oui ! s’exclama-t-il face à la mine interloqué du prêtre. J’ai eu une divine apparition !!! Ecoutez : Paris, la cité des rêves cette nuit, étincèle !

    -Quoi ? s’exclama le père Paul.

    -Vrai ! Embrasé par un feu de désir et d’amouuur ! s’emporta le jeune homme en prenant un escalier dérobé qui menait à l’étage de l’église.

    Mais le vieil homme de Dieu n’en démordait pas ! Et il suivit l’abbé dans sa montée théâtrale des escaliers.

    -Revenez ici, jeune homme ! Nous n’en avons pas fini !

    Il pouvait parler ! Thimoléon ne l’écoutait plus depuis… depuis… Il ne l’écoutait pas du tout en fait et poursuivait son monologue de jeune premier touché par Cupidon. Choisy montait chaque marche avec un panache fou.

    -Comme un soleil éternel ! Elle incendie le ciel ! Fredonnait-il en levant ses mains vers la lumière qui passait par les vitraux. Le prêtre était sidéré. Et je connais l’homme qui peut en-flammer son cœur !

    -Cessez-là ces obscénités, Monsieur ! Continuait de geindre le vieillard en criant au scandale.

    Pendant ce temps-là, le jeune abbé arrivait au terme de l’escalier et prit la première porte qui se pré-senta. Elle ouvrait directement sur l’orgue. Père Paul devenait fou.

    -Oh ! Oooh non non non non !!! Revenez ici immédiatement jeune homme ! Pour qui vous prenez-vous ? Êtes-vous dingue ?

    Il n’en fallait pas plus pour encourager Thimoléon qui lui lança un clin d’œil.

    -Dingue ? répéta le jeune homme avec un large sourire. Ouiiii ! De cette beauté ! S’exclama-t-il en prenant place devant les claviers.

    Mais Père Paul, qui voyait là une épreuve lancé par le Seigneur sur sa route de saint homme, se jeta sur les épaules de Thimoléon afin de l’empêcher de jouer.

    -Vous êtes parfaitement impie ! disait-il en se tenant à l’abbé de toutes ses forces.

    Malheureusement, du haut de ses 75 ans, le vieux prêtre était bien inoffensif et Thimoléon lança des premières notes déjà endiablés. Père Paul avait envie de pleurer… Mais cela n’empêcha pas le jeune homme de chanter !

    « Une femme comme elle ça fait des étinceeeelles !

    -Han Seigneur, ayez pitié ! Pleurait le vieillard au son de l’orgue.

    -Mon aire candide peut séduire les fiiilles !!! continuait de chanter Thimoléon, ravi de décou-vrir son sex-appeal. Deux gars comme moiii, crois moii, y’a paaaas !

    -Vous chantez faux ! lança Père Paul avant de descendre les escaliers pour chercher de l’aide.

    -J’ai l’âme un peu trop romantique mais quasiiii pas lyriiiique !!!! Dans cette touuuur le grand amour viendra un jouuuuuur !!!! Ouuuuuuur !!!! TOUT CARILLOOOONNEUUUUH !!!!! Si elle veut HOULALALA ! Si elle veut HOULALALA ! Son ptit cœur sonnera !!! […]»

    Pendant que Thimoléon chantait son émoi, l’assistance présente à la messe restait les yeux rivés sur l’orgue. Il est vrai que ça ne sonnait pas comme un cantique tout ça…

    FIN DE TOPIC


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