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 Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds]

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MessageSujet: Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds]   Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds] Icon_minitime25.07.10 15:02

Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds] Mary10Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds] Victoi15

"La famille des autres, c'est presque toujours amusant. Le problème, c'est la nôtre." Judith Messier

Le soleil s’était levé deux fois depuis la venue de Mary of Leeds à Versailles, et la duchesse de Noailles ne l’avait toujours pas rencontrée. Il fallait avouer qu’elle avait même évité la nouvelle venue. Elle avait passé ces deux journées enfermée dans ses appartements, prétextant une indisponibilité. Heureusement, personne n’avait cherché à savoir ce qui provoquait ces douleurs à la tête, et Victoire avait ainsi pu réfléchir durant de longues heures à cette nouvelle situation. Elle ne pensait pas vivre un jour sous le même toit que sa demi-sœur, et devait bien avouer que cela l’embêtait. Elle pensait que la favorite du roi refuserait de faire venir sa sœur à Versailles, mais au contraire, elle s’était empressée d’accueillir sa sœur auprès d’elle. Victoire ne savait que penser de sa demi-sœur. Bien sûr, elle l’avait déjà rencontrée à Maridor, et avait ainsi pu se rendre compte que la jeune femme était douce, agréable et parfaitement accomplie. Elle était même un modèle de grâce. Par ailleurs, cette douceur se lisait sur son visage qui respirait la sainteté. Aux yeux de la duchesse, sa demi-sœur était tout simplement parfaite. Et cela lui faisait peur. Devait-elle se fier complètement à ce qu’elle ressentait en voyant Mary, ou devait-elle au contraire se méfier de ce visage angélique, qui cachait peut-être des envies diaboliques ? Quoi qu’il en soit, le père de Victoire pressait constamment sa fille, à l’aide de lettres quotidiennes, à aller voir celle qu’il appelait désormais sa sœur. Comme Victoire était la plus jeune, elle devait, selon lui, allait présenter ses hommages à sa fille aînée. Comme la duchesse de Norfolk ne répondait à aucune de ses missives, et s’évertuait à rester dans sa chambre, son père la menaça de venir lui-même à Versailles pour l’emmener voir Mary. Victoire jeta, de rage, toutes les lettres de son père dans la cheminée. Comment osait-il lui demander de présenter ses hommages à une… « bâtarde ! » Le mot était sorti de lui-même des lèvres de la jeune femme sans qu’elle ne s’en rende compte. Un peu honteuse (heureusement, personne n’avait pu l’entendre !), elle s’allongea sur son lit pour réfléchir, encore et encore. Si elle voulait que son père la laisse tranquille, elle devait rencontrer Mary, mais les courtisans chercheraient à savoir pourquoi les demoiselles of Leeds et la duchesse de Noailles semblaient soudain si proches…La nouvelle ferait vite le tour du palais, et Victoire n’osait imaginer la honte qui envahirait le cœur de sa mère. C’était déjà difficile de vivre en sachant l’adultère de son époux, mais devoir vivre avec le poids du regard, compatissant ou méprisant des autres serait compliqué. Victoire se doutait bien qu’un jour ou l’autre, toute cette histoire deviendrait publique, mais elle voulait protéger sa mère du mieux qu’elle le pouvait. Evidemment, son père n’avait que faire de son épouse, tout ce qui comptait était sa fille, pas celle qu’il avait toujours choyée, non, l’autre… Dans une de ses lettres, que Victoire avait jetée au feu avec les autres, son père lui confiait qu’il avait voulu rencontrer Mary le jour de son arrivée, mais la favorite lui avait répondu assez sèchement que quelques jours d’attente ne seraient rien en comparaison de tout le temps qu’il avait mis à vouloir la reconnaitre. Victoire était perdue. Elle ne savait plus qui elle devait soutenir. Il y avait son père, évidemment. Elle tenait beaucoup à lui, mais il lui avait menti, à elle et à sa mère, et elle ne savait pas si elle pourrait un jour lui pardonner. Il y avait Amy of Leeds, qui avait été aussi secouée par les déclarations de Victoire. Elles auraient pu être solidaires, mais la favorite lui en voulait. Mais qu’y pouvait-elle si son père avait trompé sa femme avec la mère d’Amy ? Etait-ce sa faute, alors qu’elle n’était même pas encore née ? Et il y avait Mary, le sujet principal de toutes ces réflexions, le cœur du problème, si l’on pouvait dire, même si elle-même ne pouvait pas grand-chose à cette situation. Alors Victoire était tiraillée entre toutes ces personnes, tous ces partis, et ne savait que penser. Ces deux jours passés seule lui permirent de faire le vide dans son esprit, et elle en avait eu grandement besoin. Seulement, elle voulait éviter la honte de voir son père débarquer à Versailles pour venir la chercher et l’amener devant les appartements de Mary.

Le lendemain, la jeune femme décida, enfin, de rendre visite à sa demi-sœur. Néanmoins, elle avait appris que ses appartements étaient près de ceux de la favorite, et elle espérait ne pas rencontrer Amy dans les couloirs. Heureusement, à part quelques courtisans qui la dévisagèrent étrangement, elle arriva face aux appartements de la marquise de Maridor sans rencontrer la duchesse de Guyenne, et se fit annoncer. Peu importe comment évolueraient leurs relations, elle faisait le premier pas, et ainsi son père ne pourrait rien lui reprocher. Peut-être leurs relations reprendraient là où elles s’étaient arrêtées, ce jour où Victoire quittait Maridor, après avoir passé quelques jours aux côtés de Mary.

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MessageSujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds]   Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds] Icon_minitime28.07.10 23:23

Mary s’était faite bien plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru à la vie à Versailles. Jamais elle ne s’était adaptée à un nouvel endroit aussi vite. Peut-être était-ce dû à la présence d’Amy, toute proche mais les bruits, l’agitation constante, le fait de devoir s’habiller de façon à être vue tous les jours, la nourriture bien plus riche, être constamment entourée de domestiques, les bals, les jeux, … la vie à Versailles ressemblait à un véritable rêve pour la jeune infirme qui avait vécut presque en recluse toute sa vie. Jamais elle n’aurait pu imaginer que la vie puisse valoir autant la peine d’être vécue. Seule ombre au tableau : Anne. Sa lectrice souffrait du mal du pays. Elle avait déjà extrêmement de mal à passer des plaines anglaises de Leeds à la campagne française de Maridor, mais la vie à la Cour avait été le coup de trop. Mary se contentait de lui donner quelques ordres mais elle ne pouvait plus discuter avec elle. Pire que tout : le ton triste qu’elle donnait dans ses lectures leur avaient fait perdre tout leur charme.

Ce matin-là, elle était bien décidée à obliger Anne à reprendre goût à la vie. Elle vint la réveiller du même ton morose qui ne la quittait plus depuis leur arrivée à Versailles. Mary repoussa les draps, quitta le lit et exigea une robe avec des nœuds de soie au niveau des genoux. Elle en avait trois dont une avec un léger petit corset. On lui avait assuré qu’il n’y avait rien de plus seyant pour une jeune femme de son âge.


- Anne, viens donc me brosser les cheveux veux-tu ?

La servante s’exécuta de mauvaise grâce. Elle attrapa une brosse et démêla les cheveux de Mary.

- C’est excitant non ? Je peux recevoir une visite d’un moment à l’autre.
- Bien sûr milady, il n’y a rien de plus excitant.

Mary soupira. Anne avait sûrement sourit pour tenter de se donner une contenance mais elle oubliait que Mary ne pouvait pas se laisser abuser par une grimace vu qu’elle ne voyait rien. Or la tristesse du ton de sa lectrice ne lui avait pas échapper.

- Anne, allons ! La vie à Versailles n’est-elle pas merveilleuse ? Autrefois tout était si ennuyeux !
- Bien sûr milady ! Bien ennuyeux !- Mais vas-tu arrêter avec tes « bien sûr milady » ! Enfin Anne, je sais que tu me mens. Et je ne supporte pas le mensonge !
- Pardon milady !

La jeune marquise se sentit un peu désemparée. Autrefois Anne n’était pas seulement sa lectrice et sa dame de compagnie, elle était aussi sa confidente. Or depuis le bal de la veille, Mary aurait bien aimé se confier à quelqu’un. Elle ne pouvait pas en parler à Amy, elle deviendrait folle si elle savait que son innocente petite sœur pouvait nourrir ce genre de sentiments. Et Anne qui ne se décidait pas à aller mieux. A qui Mary pourrait-elle parler ?

Pendant ce temps, Anne finissait de la coiffer. Mary passa sa main dans ses cheveux : parfait. Elle entreprit de se parfumer lorsque la porte de ses appartements s’ouvrit et des petits pas réglés se firent entendre.


- Madame, il y a là la duchesse de Noailles et de Norfolk qui souhaite avoir une audience avec vous !

La duchesse de Noailles ? Victoire de Noailles ? Mary se redressa d’un bond. Voilà, on y était. Le moment que Mary redoutait. Elle allait rencontrer Victoire à nouveau mais cette fois, elle savait qu’il s’agissait de sa soeur. Mary ne savait pas trop comment agir avec elle. Elles étaient sœurs bien sûr, mais Mary savait que leur relation ne pourrait jamais ressembler à celle qu’elle entretenait avec Amy. Et puis, peut-être venait-elle afin d’annoncer que leur père avait tout mis en œuvre pour la reconnaître.

Mary avait d’abord eu un choc en apprenant qu’elle était la bâtarde d’un duc français. Elle en avait pleuré, juré qu’elle resterait à jamais une Leeds, que son véritable foyer était en Angleterre. Et puis elle s’était rendue compte que mis à part Amy, rien ne la reliait véritablement à la famille des Wyatt. Le comte Harry l’avait toujours considérée comme un fardeau et ne l’avait jamais aimé comme on aime une fille. Sans la tendresse de sa sœur, jamais elle n’aurait pu admettre et surtout se remettre de cet affront. Mais effectivement, si aucun lien de sang ne la rattachait à cet homme, elle n’était pas contre le fait de se découvrir une autre famille qui pourrait l’aimer. Seulement cela aurait brisé le cœur d’Amy. Mary n’aurait jamais pu supporter d’en être la cause bien sûr mais elle était très intriguée par « l’autre sœur ».

- Faites-la entrer !

Mary passa rapidement ses mains sur sa coiffure et sa tenue. Huma son parfum. Oui, elle était présentable pour rencontrer la duchesse. À nouveau bien sûr puisqu’elles s’étaient déjà vues à Maridor. La jeune marquise ignorait alors qu’elle ne devait cette bien agréable visite qu’à la curiosité de Victoire. Mary se leva et traversa la pièce pour aller jusqu’aux fauteuils près de la fenêtre. Elle se cala contre le dossier et appuya son coude sur l’appui de fenêtre. Des pas se firent entendre à l’autre bout de la pièce.

- La duchesse de Noailles !

La jeune femme se leva et se tourna vers la voix.

- Bien ! Laissez-nous. Tous !

Elle attendit que les bruits de pas s’estompent avant de sourire. Elle prit sa voix la plus douce pour accueillir la duchesse.

- Entrez donc madame !

Elle n’osa pas dire « ma chère sœur » de peur d’en faire trop.

- J’étais impatiente de vous revoir. Notre entretien à Maridor m’a été si agréable que je désirais vraiment vous revoir.

Elle se rassit.

- Je vous en prie, prenez place face à moi.

Mary attendit que sa sœur s’installe face à elle. Elle se demanda si elle devait parler de mondanités avant que les deux jeunes femmes en viennent au sujet principal. Elle ignorait également si leurs relations seraient toujours aussi amicales avec cet épineux secret de naissance qui s’était immiscé entre elles.
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MessageSujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds]   Les pires histoires sont des histoires de famille [Mary of Leeds] Icon_minitime22.08.10 21:50

Après s’être faite annoncer, la duchesse de Noailles entra dans les appartements de la marquise de Maridor. Alors même qu’elle passait la porte, Mary ordonnait à ses domestiques de les laisser seule, et Victoire attendit qu’ils soient partis avant d’avancer vers sa demi-sœur. Assise près de la fenêtre, son visage rayonnait de bonheur. On aurait pu se demander si son handicap ne l’aurait pas empêchée de se sentir complètement à l’aise à Versailles, mais il n’en était rien. La jeune femme semblait vivre dans son élément. Pour ajouter plus encore à la culpabilité de Victoire, Mary se montrait particulièrement aimable, l’invitant à la rejoindre, et lui disant que leur première rencontre lui avait plu. La jeune duchesse s’installa face à elle, le regard baissé sur ses mains. Oh bien sûr, Mary ne pouvait pas voir son embarras, mais elle devait certainement le ressentir, et Victoire se sentait gênée. Que dire à cette demi-sœur qu’elle venait de se découvrir ? Elle leva les yeux et posa son regard sur son interlocutrice. Son visage d’ange amenait à vouloir s’y confier, à lui raconter ses déboires, mais la barrière des secrets l’en empêchait. Et il y avait Amy ! Victoire ne souhaitait pas s’attacher à Mary, de peur que la favorite ne le prenne mal et ne s’en prenne personnellement à elle. Il fallait avouer qu’elle avait été plutôt sèche lors de leur entrevue, et la jeune duchesse ne doutait pas qu’Amy s’intéresserait à ses relations avec Mary. Mais qu’importe, pour le moment Victoire ne voulait que présenter ses hommages à…son aînée, et lui montrer son respect. Dorénavant, son père cesserait, enfin, de la pressait à aller voir sa fille. Ainsi, elle voulait se montrer elle-même agréable avec sa demi-sœur.

« Je vous remercie pour ce chaleureux accueil dont vous faites preuve à mon égard. Je dois avouer que vous voir me sourire me rassure. Je craignais en effet que vous ne soyez en colère contre moi. Mais je suis quand même venue vous présenter mes hommages, et vous souhaiter la bienvenue, certes un peu tard, à Versailles. »

Peu à peu, les souvenirs de son séjour à Maridor faisaient surface, et elle sourit en pensant à ces agréables moments qu’elle avait passé en compagnie de Mary. C’était encore son père qui l’avait presque forcée à faire connaissance avec sa demi-sœur, et Victoire y était allée à contrecœur. Pourtant, elle y avait fait la rencontre d’une jeune femme agréable et accueillante, sans toutefois pouvoir lui avouer la véritable nature de sa venue.

« D’ailleurs, je souhaite vous présenter mes excuses dès à présent, concernant ma visite à Maridor. Je ne me sentais pas capable de vous avouer la véritable raison de ma venue, malgré la chaleur avec laquelle vous m’avez accueillie. Mais je pense que l’avoir appris par votre sœur est préférable, puisque nous étions encore des inconnues lorsque je suis venue vous voir. Mais laissons de côté ce genre de sujets qui fâche, nous aurons en effet tout notre temps pour en parler. »

Victoire ne voulait pas en effet évoquer son père dès leur première conversation. Elle souhaitait juste faire un peu plus connaissance avec sa demi-sœur, reprendre leurs relations là où elles s’étaient arrêtés, lors du départ de la duchesse pour Versailles. Parler comme si rien ne pouvait les séparer.

« Sachez d’ailleurs que je me porte volontaire pour vous faire visiter ce magnifique palais, et vous en apprendre un peu plus sur ses habitants ! Les murs comme les personnes renferment des secrets, et je prendrai plaisir à vous en dévoiler quelques un. »

Victoire prenait un air insouciant, et ponctua ses dernières paroles d’un rire. Elle se disait qu’en s’entendant bien avec sa demi-sœur, elle pourrait oublier, du moins durant quelques instants, ces sombres histoires de famille. Elle regardait Mary, et ne put s’empêcher d’y rechercher les traits de la femme qu’aima son père. Avait-elle un visage aussi angélique ? Aimait-elle vraiment son père, comme lui l’avait toujours aimé, d’après ce qu’il avait raconté ? Cependant, Victoire n’oubliait pour rien au monde sa mère, et considérait cette femme comme une sorte d’ennemie, une femme avec qui son père avait désobéi aux liens sacrés du mariage. Néanmoins, la jeune femme tenta d’éloigner de son esprit ces sombres questions, et sourit. Avoir une personne aussi gentille à ses côtés était chose rare à Versailles, et cela ressourçait en quelques sortes Victoire, qui retrouvait le bonheur de pouvoir parler sans se sentir observée, écoutée à ses dépends.

« Mais dîtes-moi tout d’abord comment se sont passés vos premiers jours à Versailles ! Je veux tout savoir de ces premiers instants au palais. »

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