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 Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]

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MessageSujet: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   23.09.15 22:46


Engagement, engagement, est-ce qu'il avait une tête à s'engager ?
Renfonçant son chapeau sur ses cheveux en bataille, Camille referma son manteau en bougonnant, ajustant ses gants, les rênes de son cheval, et grimpant d'un geste souple sur Simara, son brave compagnon de route depuis deux ans. Le pauvre cheval entendit son cavalier maugréer tout le long du retour qui les menait au Châtelet.

-Imagine un peu, mon vieux : une jeune femme admirable, qui te jette des regards langoureux dès que tu te pointes à Saint-Eustache, qui fait mine de laisser tomber son mouchoir pour que tu le ramasses...Tu te montres galant, tu y vas doucement, sans précipitation...tout fonctionne à merveille, elle ose même, la gourgandine, t'inviter chez elle alors que tu la ramènes tard, dans la nuit, jusqu'à son domicile. Nulle âme...tu imagines le tableau, Simara ? Per-sonne pour agacer l'Oiselet !
Elle est adorable, joue et s'amuse, mais là, paf ! Elle te parle d'engagement ! Engagement ! Moi, Camille Loizet, troisième du nom, avoir une femme et des mouflets qui braillent...elle m'a regardé, la donzelle ?


Assénant qu'il ne gaspillerait plus ses jours de repos comme ça, Camille arrivait au Châtelet, faiblement éclairé par deux lanternes dont les flammes menaçaient de vaciller. Deux hommes du guet faisaient le pied de grue devant la porte, guettant les buveurs qui non loin, criaient vers eux sur la grande place.
-Calme, lança-t-il en les dépassant ?
-Une folle qui est passée pour vous voir il y a quelques minutes… Ronchin l'a emmené dans votre bureau. Elle dit qu'elle entend des voix chez ses voisins depuis trois jours, alors qu'ils sont partis dans leur famille à Roannne.
Camille leva un œil perplexe, lâcha un soupir et poursuivit sa route. Des folles qui entendaient des voix, on en avait souvent.

Il laissa néanmoins Simara harnaché, le temps de grimper les étages, ignorant les appels d'un de ses supérieurs, et ouvrit la porte de son petit bureau.
Sous le crucifix d'argent qui surplombait un vieux fauteuil miteux, une bonne femme, échevelée et agitée, tordait ses doigts dans tous les sens possibles, ne cessant de rabâcher des « J'vous jure m'sieur le policier, i'faut m'croire ! » à Ronchin qui semblait de plus en plus désespéré.

-On ne jure pas sous un crucifix, madame, lança Camille en guise de salut. Il jeta son chapeau sur le bureau, attrapa un feuillet et une plume et posa son regard sur la vieille. Lieu, date, nature des nuisances, fréquence, heure, énuméra-t-il.
-Euh...Rue des Lances, d'puis trois jours, j'entends des meubles qu'on bouge, un truc comme du verre cassé aussi, et des pas qui sont pas ceux des occupants de d'habitude! Et la nuit, surtout….j'suis sûre qu'c'est des voleurs, m'sieur !
-Ou des esprits, ajouta Camille dans un sourire narquois.

Vingt deux heures et trente minutes. La nuit allait être longue. Il rangea plume et feuillet, arracha la page concernée, ramassa son feutre et ouvrit la porte, laissant place à la vieille.
-Eh bien on va aller voir ça de plus près !
-Je viens avec vous, lieutenant ?
-J'ai déjà une amie fidèle et son amant, Ronchin, répondit-il en montrant épée et pistolet.


La rue des Lances était de ces petites ruelles peu éclairées, encore loin des aménagements qu'avait prévu La Reynie pour la ville. Le sol avait été nettoyé des déchets de la journée, mais une odeur de poisson pourri s'élevait encore, alors que les étales avaient été refermés.
Les maisons s'élevaient, hautes et sombres, aux lueurs faibles derrières les volets fermés. Il ne faisait jamais bon s'aventurer dans ces ruelles lorsqu'on ne connaissait pas les mœurs et coutumes de ces vieux pavés, et où l'air était aussi nauséabond qu'une idée du ministre Mézières.

-C'est là, marmotta la vieille en montrant une maison close. Moi j'vis jsute à côté, et ben j'entends tout ! J'vous dis, c'est comme j'vous vois : un raffut pas possible ! Mais l'vieux à côté, il est sourd comme un pot, on dirait l'Mazarin à c't'époque, et puis là, y'a l'boucher qui…
-Oui, ça ira, merci, coupa Camille impatienté. Rentrez chez vous, madame, je m'occupe du reste.
-Nan mais j'veux voir si c'est moi ou si c'est vrai !
-Je vous raconterai, ça peut être dangereux.
-Bah faut vivre dangereusement, hein !
-Dégagez.

La vieille grommela et s'enferma enfin chez elle, laissant Camille seul. Avec tout ce raffut, puis le temps d'aller et venir, les voleurs – s'il y en avait ! - avaient du se carapater depuis des lustres. Mais Loizet tira néanmoins son arme, ajustant la poudre et une balle, avant d'ouvrir la porte avec une technique qui aurait fait blêmir La Reynie.
Il alluma une petite lanterne et promena la flamme autour de lui. Tout semblait normal. Une demeure bourgeoise, détonnant avec le reste de la rue. Ceux-là devaient cacher leur jeu et leur pactole, pas étonnant qu'ils soient la cible de voleurs !

Il fit le tour du rez de chaussée, avant de monter les étages, se mordant la lèvre lorsqu'il fit grincer une marche. Mais son erreur fut salutaire : un bruit se fit entendre à l'étage. Quelqu'un était là-haut : chat ou personne, il n'était pas seul ! Il poursuivit sa route lentement, arme pointée en avant, respirant aussi doucement qu'il pouvait, afin de deviner l'endroit où se trouvait l'intrus. Ce fut plutôt une odeur qui trahi, car les effluves d'un très léger parfum montèrent jusqu'à lui. La chambre, bien sûr.
D'un mouvement vif, il s'approcha de la porte, poussa celle-ci d'un geste du pied, brandissant son arme au dessus de son bras, pointant la fenêtre. Un flagrant délit, le délit qui émoustillait le plus Camille. Un peu d'adrénaline, un peu de précision et de justesse...rien de mieux, de quoi faire oublier les heures interminables au tribunal !

-Halte, ou je tire ! ...Et je ne voudrais pas abîmer le visage d'un tel chat, ajouta-t-il en découvrant, à la lueur de sa lanterne, la silhouette féminine de sa proie. Approchez, doucement, mains écartées. Puis nom, prénom, âge et tout le boniment habituel et en bref : que cherchez-vous ici, et où sont vos complices ?

Tout en pointant sa prisonnière, il s'adossa au mur, et attendit qu'elle s'exécute.
-Je n'aime pas endommager pour rien, alors jouez le jeu et tout se passera bien. En plus, je n'ai pas beaucoup de place à la prison pour femmes de Saint-Lazare…

Finalement, la soirée promettait d'être intéressante !

______________________

 

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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   26.09.15 20:33

Un vol. Encore un. Arturo avait, une fois de plus, appelé la demoiselle pour aller voler quelques trucs. Mais, cette fois-ci, ce n'était pas la bourse dans la poche d'un homme ou le collier au cou d'une demoiselle, dans la rue. Cette fois-ci, il y avait effraction. Il fallait qu'elle pénètre au coeur d'une demeure bourgeoise, plusieurs fois pendant la semaine pour voler le plus de choses possible. Il aurait pu appeler une autre personne. Ce n'était pas comme si elle était la seule à travailler avec lui. Mais, sans doute, avait-il trouvé ça amusant. Et puis, il fallait passer par une petite ouverture pour entrer dans la demeure. Et Joséphine était svelte et plutôt agile. C'était donc aisé pour elle de s'infiltrer dans la maison. C'était la quatrième fois de la semaine qu'elle disparaissait aussitôt la représentation finie de chez Molière pour aller effectuer son autre travail, sa mission. Entrée à l'endroit du vol, elle regarda autour d'elle. Ce soir, il fallait aller dans la chambre du couple. Joséphine avait repéré des bijoux la veille qui ferait certainement plaisir à Arturo. Des bijoux dont elle aimerait bien en garder un ou deux, aussi. Mais, il ne fallait mieux pas. Ca pourrait être dangereux. Montant les escaliers, elle tremblait. Si quelqu'un venait ? La police, peut-être… que ferait-elle ? Arturo ne l'aiderait surement pas à s'évader. Et elle ne pourrait pas revoir Alexandre. Elle ne pourrait plus tout faire pour le faire sortir de là, pour clamer son innocence. Elle serait finie. Molière serait au courant. Et son mari aussi, sans doute… Elle frissonna. Elle ne voulait pas le revoir. Pas lui. Prenant une profonde inspiration, la comédienne regarda autour d'elle. La maison était toujours plongée dans le noir, hormis la lumière de la lune à travers la fenêtre. Et il n'y avait aucun bruit sinon ceux de ses pas et de sa respiration. Rapidement, elle ouvrit la boîte à bjoux et commença à les mettre dans une bourse. Ce fut alors qu'elle entendit du bruit en bas. Une porte qu'on ouvrait précipitamment.

Aussitôt, la brune se figea. Son coeur se mit à battre à lui en casser des côtes. L'horreur se dessina dans ses yeux. Elle était foutue.

- Putain …. Souffla-t-elle, tout bas.

Fermant la bourse, elle laissa la boîte à bijoux grande ouverte et chercha un endroit par où partir. Il n'y avait que la fenêtre. Elle devrait sauter. Espérons qu'elle ne se casse pas une jambe en le faisant. Ou qu'elle ne se brise pas la nuque au sol… Tirant les rideaux le plus silencieusement possible, suffisament pour avoir accès à l'ouverture de la fenêtre, elle guettait les bruits en bas. Une marche de l'escalier grinça. La personne montait. Le souffle de la comédienne était chaotique. Elle tremblait plus encore. Putain ! Putain… putain… putain ! Elle était dans la moise totale à ce niveau là. Regardant dehors alors que la fenêtre était ouverte, elle s'apprêta à sauter quand elle entendit une voix derrière elle. La lumière de la lanterne de l'homme se reflétait dans la pièce quasi-sombre et Joséphine se figea instantanément. La police…

Déglutissant, la demoiselle ne sut que faire. Devait-elle sauter ? Après tout, il n'avait pas vu son visage. Pas encore. Mais, si elle se tuait… ? Les larmes pointaient aux yeux de Joséphine. Elle avait tellement peur. Peut-être fallait-il mieux collaborer. Après tout, elle pourrait peut-être usé de ses capacités de comédienne pour amadouer un peu le policier. La voleuse se tourna finalement, la bourse à la main. Mains qu'elle avait levée, comme demandé. Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Elle tremblait. Certes, elle avait peur. Mais, elle jouait quand même un peu aussi. Lâchant la bourse, elle déclara d'une voix tremblante :

- Joséphine La Grange. J'ai vingt-quatre ans, monsieur… Pitié, me faites pas de mal..

Son regard était posé sur l'arme que l'homme adossé au mur tenait. Son visage était éclairé par la lanterne alors que celui de la comédienne, encore à l'autre bout de la pièce restait en grande partie dans la pénombre. Elle baissa les yeux. Que devait-elle faire ? Elle ne savait pas, ne savait plus.
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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   01.10.15 12:46

Le bras tendu, portant son pistolet à bout de main, Camille observa la jeune femme qui se dévoilait petit à petit sous la lueur de sa lanterne. Un joli brin de fille à priori, n'était-il pas malheureux de voir ça de nos jours ! La Cour des Miracles piochait maintenant dans les jolies créatures de Paris. Ses cheveux légèrement défaits, sans doute la course, ses yeux humides et sa petite voix plaintive….Elle avait tout pour que Camille baisse son arme et s'il se laissait aller, aille même la prendre dans ses bras pour la consoler Pauvre fille, il aurait presque pu entendre les tremblements de ses dents – qu'elle devait avoir fort jolies, si on voyait son teint !

Il s'avança de quelques pas, baissant le canon de l'arme. Ce genre de fille avait du être forcée de pénétrer ici ! On ne pouvait avoir une telle taille, une voix aussi claire et une vertu légère ! Surtout à 24 ans, âge où de nombreuses femmes ont déjà une marmaille qui leur coure dans les jambes.

Ce fut certainement ce détail qui sauta à l'oreille de Camille, qui referme ses doigts autour de son pistolet baissé. Une femme de 24ans avait bien assez de jugeotte pour ne pas tomber dans de mauvaises main. Une gamine, certes ! Une orpheline, une pauvre môme enlevée...mais àà 24ans. On était bien assez âgé et futé pour agir selon ses choix. Apeurée, la Joséphine devait l'être, sa voix la trahissait. Mais victime, Camille en était de moins en moins sûr, au fur et à mesure qu'il avançait dans la pièce.

-Si la police faisait du mal aux gens, ça se saurait, ma p'tite dame, répondit-il enfin ! Pas de panique.
Il se pencha doucement, non sans lâcher la jeune femme des yeux, et ramassa la bourse qu'elle avait laissé choir. D'un coup de main, il la jeta à côté d'une boîte à bijoux ouvertes, que son propriétaire pourrait s'occuper à remplir de nouveau, puis alluma succinctement deux chandelles pour éclairer la pièce. Il désigna le fauteuil de la pièce du canon de l'arme et fit signe à la jeune femme de s'asseoir.
-Bien. Joséphine La Grange, 24 ans, je vais vous demander de vous asseoir. Mais juste avant, pardonnez-moi, je vais devoir poser les mains sur vous !

Avant qu'elle ne put répondre, sans lâcher son pistolet, il tâta le tissu de l'autre main, et vérifia qu'aucune arme ne se glissait dans les replis de la robe. Rassuré, il lui montra de nouveau le fauteuil. A d'autres, il aurait passé les menottes sans forme de procès, les aurait balancé sur son cheval, et à cette heure-là, le Châtelet aurait déjà accueilli un nouveau pensionnaire. Mais Camille avait cette faiblesse d'homme, une faiblesse qui le poussait à interroger un joli minois ici, faisant fi de toutes les prérogatives sermonnées par La Reynie et consorts. Au diable ces petits règlements agaçants ! Aurait-il pu, en toute conscience, emmener Joséphine La Grange au Châtelet ? Camille n'en n'avait pas le coeur...Et un de ses deux petits doigts lui soufflait qu'il avait tout intérêt à discuter avec elle ici, loin des oreilles indiscrètes. Il y avait des secrets qu'il ne faisait pas bon de filer à des collègues. Comme lieutenant, il savait que son statut le protégeait de ces petites infractions qu'il commettait.

En observant La Grange, Camille avait bien compris une chose : elle ne devait pas agir seule. Une personne qui agit seule sait comment se sortir de ces petites impasses nocturnes, ne sanglote pas quand la police vient, ne se laisse pas attraper et surtout, ce demande pas pitié. Il avait arrêté trop de brigands de bas étages pour le savoir et même ses indics les plus anciens confirmaient sa théorie. Celle-là, elle devait faire ce sale boulot depuis peu, subissait un chantage, ou agissait par dépit, n'ayant plus rien à perdre. La réalité frappait parfois de plein fouet le policier, lorsqu'il arrêtait ces resquilleurs qui préféraient le Châtelet aux rues de Paris.
Cette Joséphine n'avait pas l'air d'être un de ces malheureux gueux des ruelles sordides. Elle était même étrange, comme une bourgeois qui venait s'essayer à la vie de voleur...une expérience, peut-être. Et une courte minute, il comprit que la prison n'était pas pour cette femme, et qu'elle pouvait peut-être lui apporter de l'aide. Donnant-donnant.

-Je n'ai jamais entendu parler de vous, reprit-il. Vous êtes nouvelle dans la profession ? Votre visage est entretenu, vos vêtements n'ont rien à voir avec ceux des pouilleuses que j'arrête continuellement… Dites-moi, madame – ou mademoiselle. Dites-moi ce que vous faisiez réellement ici. La police arrête les voleurs, mais aide la population. Sa voix devint plus grave. Si cette Joséphine n'agissait pas seule, peut-être avait-elle besoin d'aide...ou peut-être cachait-elle parfaitement son jeu. Dites-moi également avec qui vous travaillez. Je ne suis pas un simple policier, je suis lieutenant de robe courte, j'instruis ou non les procès et pour être franc, il est très aidé de falsifier des pièces ou de faire tourner une affaire selon le sens du vent, , dit-il dans un sourire en coin.

Il se décida enfin à rengainer son arme, la glissant dans son large ceinturon. Appuyé sur la table en face de Joséphine, il espérait une réponse claire. Il n'avait pas non plus toute la nuit !

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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   31.01.16 22:16

Au fur et à mesure qu'il avançait, Joséphine sentait son coeur battre de plus en plus fort. Foutue. Elle était tout simplement foutue. Elle le savait : elle n'aurait jamais du accepter les propositions d'Arturo. Elle n'était pas faite pour la vie de voleuse. Mais avait-elle eu seulement le choix ? Avec ce qu'il savait sur elle, sur son mari, il aurait pu la descendre en moins de temps qu'il n'en fallait pour un claquement de doigts. Il aurait pu faire venir son époux, révéler la vérité à Molière aussi. A Alexandre, peut-être même. Oui, il aurait trouvé le moyen. Et si Joséphine avait terriblement peur de son mari, peur de le retrouver, peur de ce qu'il pourrait lui faire subir pour se venger, pour la punir, elle craignait encore plus qu'Alexandre sache la vérité. Que penserait-il d'elle ? La comédienne qui vole. La femme qui a fui son époux. Celle qui aime un autre homme.

Le policier baissa son arme et un soupir de soulagement passa les lèvres de la comédienne presque malgré elle. Mais quant à ne pas paniquer… Rassemblant le peu de courage qu'elle avait encore en elle à cet instant, la demoiselle tenta de se calmer. Joséphine garda les yeux baissés. Son regard se posa un instant sur la bourse au sol. Arturo ne sera pas content. Si elle parvenait à éviter la prison et réussissait à le revoir… Quand le policier se baissa et que les yeux de la comédienne rencontrèrent sa silhouette, elle les releva aussitôt. Elle avait un peu pâlie sous le coup de la surprise, mais reprenait maintenant des couleurs. Elle le vit lancer la bourse près de la boite à bijoux encore ouverte, se pinça les lèvres. Le regard de la brune parcourut la pièce alors qu'il allumait les bijoux. Sans doute pourrait-elle courir assez vite pour ne pas se faire attraper. Peut-être pourrait-elle s'enfuir. Non, il avait son nom. Mauvaise idée ! Et si elle pouvait encore espérer ici ne pas finir en prison, la fuite ne serait pas bien prise par le policier. Joséphine ne voulait pas finir en prison. Que deviendrait-elle là-bas ? Elle ne pourrait plus revoir Alexandre. Plus jamais. Elle ne serait pas là quand il se ferait exécuter… Elle ne pourrait jamais se le pardonner. Elle resta silencieuse durant toute l'opération, à sa place, près de la fenêtre. Elle n'esquissa pas un geste, se contenta de suivre sa silhouette. La pièce était maintenant bien éclairée et il pouvait la voir distinctement. Alors que le policier lui montra le fauteuil, Joséphine tourna son regard vers ce dernier. Elle se décida alors à bouger, fit un premier pas. Mais s'arrêta aussitôt. Le policier lui parla. La demoiselle frémit. Poser les mains sur elle… Elle eut un peu peur, pensa quelques secondes à fuir son contact. Mais trop tard. Il tâtait le tissu de sa robe. Rien de méchant. Rien de déplacé. Mais, il n'empêchait qu'elle n'était pas à l'aise avec cette idée, avec ce contact. Il devait vérifier qu'elle n'avait rien d'autre sur elle : armes, bijoux cachés, fruits d'un autre vol, … Rien de tout cela. Il avait l'air content.

Elle alla finalement s'asseoir, s'enfonçant bien dans le fauteuil, fut tentée l'espace d'un instant de remonter ses jambes contre elle, comme dans une position de protection. Mais, elle n'en fit rien. Elle n'avait toujours pas dit un mot. Elle ne savait pas quoi dire, en réalité. Elle ne voulait pas dire quelque chose qui pourrait faire tourner la roue dans le mauvais sens. Elle ne voulait pas s'incriminer. Elle ne voulait pas non plus dire quelque chose qui conduirait Arturo à vouloir se venger d'elle. Terrifiée, elle l'était. Le policier l'observa encore. Elle tremblait. La comédienne posa ses mains sur sa robe, agrippa le tissu de cette dernière entre ses doigts. A la façon dont le policier la regardait, il devait être étonné. A vrai dire, il ne devait pas en voir souvent, des comme ça. Des femmes bien habillées, à la peau pâle devenues voleuses. Ou peut-être pensait-il l'avoir reconnue sans en être sûr. Il allait peut-être au théâtre, parfois. Était peut-être de ces personnes qui l'applaudissaient. Elle déglutit, serra un peu plus ses mains, l'écouta attentivement. Non, il ne la connaissait pas. Un deuxième soupir de soulagement. Troisième quand il finit sa tirade, sourire en coin. Ainsi, si elle coopérait, il pourrait l'aider. Vraiment ? Elle pensa un instant à lui demander sa parole d'honneur. Mais, il ne fallait mieux pas. Ca serait mal venu.

L'arme fut rangée. L'homme ne la lâcha pas du regard, se tenait devant elle, ne lui laissant aucune chance de s'échapper. Elle devait parler maintenant, n'avait que ça à faire. Elle pria un court instant, pria pour que les choses se déroulent bien.

- Mademoiselle. Commença-t-elle.

Oui, mademoiselle. Il ne fallait pas qu'elle sache qu'elle était mariée. De toute manière, La Grange n'était pas son nom d'épouse, donc…

- Je fais ça…je vole… depuis peu, monsieur. Je...euh...je travaille pour un homme...Il m'a dit qu'il fallait que je le fasse. Il a dit que si je n'obéissais pas, si je ne faisais pas ce qu'il me disait, il irait chercher des personnes qui me connaissent. Des personnes que je ne veux pas voir, monsieur. Des personnes que je fuis.

Peut-être en disait-elle trop. Elle ne savait pas, ne savait plus. Elle tremblait, mais son regard était levé vers le policier. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait soudainement qu'elle pourrait avoir confiance en lui. Joséphine prit une profonde inspiration.

- Arturo. Arturo...Bonaventura. C'est lui qui m'a dit de venir ici. C'est lui qui me force à voler.
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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   09.02.16 18:00

On pouvait bien taxer Camille de beaucoup d’adverbes peu glorieux, mais certainement pas de celui d’inhumain, contrairement à ce que pensait la moitié des malfrats de cette ville. Lorsque la voix de la jeune femme retentit enfin, il posait sur elle un regard d’aigle, cherchant à déceler la moindre parcelle de mensonge. Qui qu’elle fut, elle ne pouvait mentir aussi parfaitement. La Béjart elle-même…il n’allait jamais au théâtre, mais l’affaire se serait sue !

Il se tu, alors que sa voix brisait le silence nocturne. Il écoutait les paroles qui se libéraient, des explications emplies d’une sincérité qu’il pouvait difficilement réfuter. Le commissaire se laissait-là prendre par sa propre faiblesse, celle que connaissait les femmes qui le côtoyaient et qu’ignoraient les bandes de rapetout qui pullulaient au Châtelet. Il pouvait tout pardonner à une femme. Ses errements, ses peurs, ses fragilités qui la poussaient à commettre l’irréparable. La demoiselle rentrait aisément dans la catégorie des pardons immédiats, et son regard de velours appuyait un peu plus encore les arguments en sa faveur.

Que pouvait-il y avoir de plus dur, dans cette vie de voleuse, que d’agir sous la menace d’un homme ? Si le chantage était monnaie couramment pratiquée dans la magistrature, Camille le trouvait particulièrement ignoble ce soir, alors qu’il observait, impassible, la pauvre demoiselle en détresse. Quelques secondes plus tard, le piège pouvait se refermer sur lui sans qu’il n’y prenne garde. Ce fut la Providence, par le cri d’un ivrogne perdu dans la rue, qui tira le commissaire de sa contemplation. Il tourna vivement la tête par la fenêtre, attendit que les cris de l’ivrogne se soient éloignés, pour reporter son attention son la jeune femme.

Victime d’un chantage, fuyant des personnes. Joséphine LaGrange était-il donc son véritable nom, ou se cachait-elle ? Son regard fixé sur la jeune femme, il sentait qu’elle n’avait pas tout dit, et que quelques mots rechignaient à sortir. Il ferma un moment les paupières, et en les rouvrant, posa un œil franc sur la voleuse. Il ne parlait jamais à la légère. Il avait dit qu’il l’aiderait…il le ferai.

Le nom fut lâché. Arturo. Camille grinça imperceptiblement des dents. Bonaventura se dresserai toujours sur son chemin ! Impalpable, insaisissable, il se moquait du commissaire comme lui-même se fichait des petits malfrats de la Cour des Miracles. Bonaventura n’était plus un voleur, c’était une bande à lui seul, cinq cerveaux, dix mains, dix yeux, dix oreilles… combien de fois lui avait-il échappé ? Camille ne préférait même plus les compter, de peur de se laisser guider par un unique esprit de revanche. Bonaventura avait tout fait, tout vu qui méritait d’aller le balancer en haut d’un gibet. Mais il était aussi invisible que le mensonge dans les yeux de cette voleuse d’un soir.

Toutefois, le nom ne lui avait pas laissé aucune trace, et il sentit son estomac se contracter à l’idée que la Providence lui ai servi Bonaventura sur un plateau de bronze. Il avait enfin entre ses doigts l’infime lien qui le reliait au voleur. Un lien bien fragile, qui était à renforcer, mais qui existait néanmoins.

-Bonaventura, marmonna-t-il en secouant la tête. Il joue les faussaires, le contrebandiers, les voleurs, les faux nobles, mais jamais encore les corbeaux. Ainsi, il préfère maintenant envoyer des demoiselles en détresse, pour lesquelles il sait que je baisse ma garde ! Aurait-il peut de me faire face à nouveau ?  Il leva un sourcil, se doutant que LaGrange n’aurait peut-être pas la réponse.

Décroisant les bras, il marcha quelques pas dans la pièce déserte, guettant le moindre bruit provenant du rez de chaussée.

-Je vous ai dit que je pouvais vous aider, et je vous aiderai, reprit-il plus gravement. Mais il faut tout me dire. Plus vous consentirez à dire la vérité, plus votre peine s’en verra réduite…..si peine il y a, s’empressa-t-il d’ajouter.
Il tourna les yeux et repéra une petite chaise qu’il attrapa, fit pivoter et s’assit sur le siège, croisant les bras sur le dossier, face à sa prisonnière de la nuit.

- Si je vous aide, je ne veux pas voir surgir une mauvaise surprise un jour. Et comme j’ai besoin de vous, je me dois aussi de vous protéger un minimum.
Les règles étaient posées. Il ne partirai pas sans être certain qu'il n'y avait pas de mauvais plan quelque part. Alors… si vous êtes d’accord, vous me racontez qui vous fuyez, pourquoi, et moi je vous dis comment on va jouer. Vous me donnez des tuyaux sur les cibles de Bonaventura, sur ses futures victimes. J’arrête le méchant, je libère la princesse, et comme je doute que ce joli visage n’attire pas de foule, vous retrouvez votre prince charmant. Il esquissa un sourire et écarta les bras en signe d’évidence. Vous voyez ? C’est simple ! Si vous êtes d’accord, dites-moi quand vous vous retrouvez, comment il vous contacte, quelles sont les missions qu’il vous donne généralement. S’il y a d’autres personnes, combien… Si vous n’êtes pas d’accord, il vous suffit de me tendre vos jolis poignets, et je vous confie aux bons soins des aubergistes du Châtelet. Alors ?

La balle était dans le camp de la jolie brune. Pour les voleurs, ce genre d’engagement pouvait ne rien augurer de bon et Camille était souvent prêt à rompre sa promesse pour les enfermer une fois le service rendu…Mais à voleuse inhabituelle, traitement inhabituel.

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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   03.04.16 21:37


Joséphine savait très bien qu'elle n'avait pas le choix : elle devait suivre le policier. Elle devait répondre à ses questions, lui donner les informations. Si elle voulait pouvoir espérer encore la liberté, c'était la seule chose à faire. Dire la vérité serait difficile, elle le savait déjà. Notamment en ce qui concernait sa véritable identité, le pourquoi du comment elle était là. Parler de son époux, de tout ce qu'elle cachait habituellement à tout le monde. Pourtant, elle ne pourrait pas, ne devrait pas omettre d'en parler. De toute façon, si le policier parvenait à arrêter Arturo, ce dernier ne manquerait pas de tout balancer sur elle. Elle n'en doutait pas une seule seconde. Elle regarda le brun du coin de l'oeil, resta pensive quelques secondes durant. Si elle ne le faisait pas pour elle, il fallait qu'elle le fasse pour Alexandre. Qu'elle prenne le risque, espérant la libération. Qu'elle puisse le retrouver pour lui dire à quel point elle l'aimait. Qu'elle soit là pour l'aider à se défendre, qu'elle lui donne la force de le faire. Pour Alexandre, oui.

Prenant une profonde inspiration, la comédienne se redressa dans le fauteuil.

- Il y a des choses que je ne peux pas vous dire, monsieur. Tout simplement parce que je ne le sais pas. Mais...si vous me laissez du temps, je peux essayer d'obtenir les informations.

Ca semblait un bon compromis. Un peu de temps pour laisser à la brune le temps d'obtenir les informations désirées et la liberté en échange. De toute façon, Joséphine ne fuirait pas. Elle ne ferait pas de bêtises. Elle n'avait aucune raison d'en faire. Elle avait trop à perdre, dans le cas contraire. De toute manière, Joséphine ne rêvait que d'une chose en ce moment: être débarrassée d'Arturo. Et si le policier pouvait le faire… Ca leur faisait un but commun. Et pas n'importe lequel. La comédienne pinça les lèvres. Le plus gros du travail restait à faire maintenant qu'elle avait accepté. Il lui fallait dire à Monsieur Loizet ce qu'elle n'avait jamais dit à personne depuis son arrivée ici. Son véritable nom de famille, son nom d'épouse était la première étape. Et sans doute la plus compliquée de toutes. Il fallait lâcher l'information d'un coup, sans réfléchir aux conséquences. Car des conséquences, il y en aurait.

- Je m'appelle Joséphine Le...Lefebvre, monsieur. La Grange est le nom de ma mère.

Elle tremblait à nouveau. Ses yeux se baissèrent instinctivement.

- J'ai changé de nom pour fuir. J'habitais dans le Sud de la France, avec mon mari. Il...Il me battait..Il me violait pour que je tombe enceinte...C'est lui que j'ai fui, monsieur. Et Arturo le sait…Il a dit que si je ne faisais pas ce qu'il me disait, il ferait venir mon mari à Paris.

Joséphine pleurait maintenant. Sa voix était brisée de sanglots. Elle n'avait plus peur. Elle était terrifiée. Son époux la terrifiait.
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MessageSujet: Re: Chacun cherche son chat [Joséphine&Camille]   01.08.16 20:42

- Mais...si vous me laissez du temps, je peux essayer d'obtenir les informations.

Adossé à sa chaise, Camille se mordit l'intérieur de la lèvre, signe de réflexion et d'écoute attentive. Il lui semblait avoir réussi à capter l'attention de son étrange hôtesse du soir, et de la pousser à parler un peu plus. Il n'y avait que de rares choses aussi satisfaisante pour le policier, que celle de mener l'interrogatoire sur le terrain qui lui séyait le mieux. Certes, à vaincre sans péril, le triomphe est sans gloire, mais pour Camille, il n'y avait pas de petite victoire, car la plus ingénue pouvait sans crier gare, se révéler une redoutable manipulatrice.

Devait-il lui laisser cette chance, ce temps qu'elle réclamait ? En ayant une mainmise sur elle, la chose était possible. Il lui fallait toutefois être certain que Joséphine La Grange ne lui jouait pas le plus beau rôle de sa vie, et qu'elle ne lui filerait pas entre les doigts sitôt passée la porte. Et à cela, la faiblesse du lieutenant envers la gente féminine pouvait cruellement le désservir.

Il inspira longuement, laissa quelques secondes de pause avant de hocher la tête en signe d'assentiment. La jeune prisonnière poursuivit, chacune de ses paroles s'inscrivant dans la mémoire de Camille.

Le mariage...le mari violent...La fuite. A chaque mot, Camille sentait son coeur se serrer un peu plus pour cette proie qui, au fur et à mesure du court récit, prenait le visage d'une victime. Elle représentait tout ce qui lui faisait horreur dans le mariage, tout ce qu'il détestait dans la société. La raison du plus fort restait toujours la meilleure. Aujourd'hui, des innocents s'obligeait à mentir, voler, trahir, afin de sauver leur vie. Joséphine La Grange, en quelques mots, venait de basculer de l'autre côté de la balance du Châtelet.

Il restait pourtant inflexible, malgré les larmes qui coulaient sur les joues de la jeune femme. Il n'y avait, à ses yeux, rien de pire que ce qu'un époux pouvait faire subir à sa femme. Quels que fussent les délits de Joséphine La Grange, les torts qu'on lui avait fait la rendait entièrement victime à présent, et il ne parvenait à se résoudre à rester totalement roide.
Il portait un uniforme, une épée lui ceignait le côté, il avait juré de servir la loi, le roi, la Couronne...Mais ce soir, il fallait mettre de côté les codes et les écrits.

Il décroisa les bras, se gratta le menton d'un geste songeur, avant de passer une main leste dans ses cheveux en bataille. Sans un mot, il observa ce visage rougit, ses yeux gonflés par les larmes, et ce désespoir se peindre sur les traits de Joséphine La Grange. Voir une femme pleurer pour les crimes de son époux était décidement de trop.
Repoussant la chaise vivement, il porta la main à sa poche et y trouva un petit mouchoir qu'il lui tendit maladroitement.

-Prenez, Madame. Je déteste voir cela, et pour une telle raison, répondit-il gravement. Nous nous aiderons mutuellement, ajouta-t-il. Je vous soustraie à la justice, j'oeuvre pour que votre tête ne craigne jamais nulle potence, et vous aidez le royaume à se débarrasser d'un homme tel que Bonaventura.

Il s'éloigna enfin, ramassa son feutre qu'il enfonça sur sa tête, avant d'ouvrir en grand la porte de la pièce. Il se retourna vers Joséphine la Grange avant de partir définitivement.
-Vous avez un allié, Madame. Quêtez autour de vous, et vous entendrez que l'Oiselet récompense et aide ceux qui tiennent leur parole envers lui, affirma-t-il. Aujourd'hui je vous sauve de la potence, mais demain, peut-être pourrais-je vous sauver de votre époux. Ce soir, vous êtes libre, mais si vous n'honorez pas mon bureau du Châtelet de votre présence ou d'une lettre, je n'aurai d'autre choix que de vous faire rechercher. Et à ce jeu, vous n'aurez aucune chance.

Il pliait à la douleur d'une femme, mais avait su se ressaisir à temps, pour ne pas laisser de tels filets l'emporter totalement. Bien fol était celui qui se fiait à l'esprit d'une femme, et s'il avait pu, un court moment, baisser les armes devant les larmes, il avait pu les reprendre à temps.
Joséphine La Grange était un nom qu'il retrouverait partout où il irait.

-Tâchez, madame, avant de partir, de remettre ces bijoux à leur place. Je viendrai demain vérifier par moi-même que tout est en ordre.

Il s'inclina courtoisement, avant de descendre l'escalier, laissant la jeune femme face à la lueur des chandelles.



Spoiler:
 

______________________

 

L'Oiselet

J'entends le loup, le renard et la belette, j'entends le loup et le renard chanter.

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