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 De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]

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MessageSujet: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   12.08.13 18:31


    «La malchance est une circonstance atténuante que la vie donne aux ratés.»

    (Constantin Ier)


    Depuis le scandale de son anniversaire, Francesco Contarini croulait sous une déferlante de malchance, de coups de l’adversité, de déveine, de fatalité, de scoumoune, de tuiles… Bref, il avait la poisse. D’une humeur massacrante, plus rien n’allait dans la vie de Son Excellence. Il allait si mal qu’il ne sortait plus beaucoup, cherchant à apaiser son esprit dans la paresse la plus affligeante. Un rien l’agaçait. Son valet Pablo prenait des soufflantes à tour de bras et le vénitien ne prenait même plus la peine de répondre aux remarques venimeuses de Raphaëlla. En clair, il était mal en point.

    A nouveau, sa journée commençait dans la béatitude la plus catastrophique par une formidable acrobatie à la descente du bain en glissant sur une savonnette. Pablo retint un rire moqueur (ce qui était compréhensible) mais voilà qui n’allait pas arranger l’humeur désastreuse de son maitre princier ! L’arrière-train quelque peu amoché, il lui fallut ensuite réceptionner la livraison d’un portrait qu’il avait commandé. Le dit-portrait était à son effigie (évidemment)… Le peintre accompagné de ses quelques apprentis apportèrent le grand tableau soigneusement emballé dans un drap blanc et le présentèrent avec fierté à Son Excellence dans le petit salon. Francesco vint s’installer dans un ottoman, crispé par ses journées et ses nuits désastreuses, espérant un peu de réconfort dans le contemplation de son image (si parfaite).

    « Alors ? Ce portrait, maître ? demanda le vénitien dans un soupir.

    -Oui Votre Excellence ! s’exclamait le peintre, tout excité. Croyez bien que ce portrait est sans égal ! J’ai cherchez à capté le mystère et toute la quintessence vénitienne de votre allure. Et j’ai souhaité lui donné une atmosphère intemporelle qui, je pense, va vous séduire. Car je connais votre ouverture d’esprit, Votre Excellence, ajouta le peintre avec un petit regard complice.  

    Face à tant de promesses l’ambassadeur haussa un sourcil, intrigué.

    -Et bien qu’attendez-vous ? Faites donc voir votre chef d’œuvre », invita Francesco en désignant le tableau.

    Aussitôt le peintre ordonna à ses apprentis de retirer le drap laissant apparaître le portrait de l’ambassadeur. Il était…

    « Ma è ORRIBILE ! s’exclama Francesco en ayant un mouvement de recul dans l’ottoman, plaqué contre le dossier avec une expression horrifié.

    -Je vous demande pardon ? s’étonna le maître, devenant livide.

    Il y avait de quoi avoir peur. En effet, le portrait de Son Excellence était quelque peu…avant-gardiste. Représenté en portrait de plein pied, Francesco était nu, un verre de vin à la main, les cheveux garnis de longs rubans bleus et juché sur le dos d’une otarie verte volant dans un ciel étoilé avec des poissons rouges. Cette vision aurait donnée le mal de mer à n’importe qui ! Le vénitien n’en pouvait plus. Il était excédé.

    -Renvoyez immédiatement cette chose brûler au fin fond des cinq cercles de l’enfer ! hurla-t-il en se relevant, vert de rage, ses yeux prêts à sortir de leurs orbites.

    -Mais je ne comprends pas…, commençait à s’excuser le peintre tandis que ses apprentis ramassait tant bien que mal l’horrible croûte qu’ils avaient exécutés.

    -STRONZO! explosa le vénitien. Hors de ma vue ou je te fais avaler ton tableau ! Jamais on ne m’a insulté de la sorte ! Sparire! Figlio di una cagna!

    -Mais Signor ! implora le peintre, désespéré. J’ai besoin de cette argent ! J’ai mes apprentis et…

    Mais il n’eut pas le temps d’aller plus loin que Francesco l’attrapait en tirant sur son vêtement sans ménagement et le traina jusqu’à la sortie du manoir avant de le jeter sur le perron comme un mal propre, les apprentis peintres sur leurs talons. L’italien lui jeta un regard méprisant en lui lançant un sourire mesquin :

    « Personnellement, la condition paysanne, j'me la taille en biseau, voyez. », dit-il avant de claquer la porte sur cette bande de gueux.

    Non. Clairement. La vie de Francesco Contarini commençait à s’effriter comme une pierre de tuffeau. Et le vénitien ne savait pas comment arrêter cela… Cette maudite camériste avec qui il avait… Rien que d’y penser il en avait un haut le cœur ! Toucher et caresser cette gueuse l’avait maudit : il en était convaincu.

    Il fallait que Francesco change d’air. Ne plus penser à ses tracas. Il prit alors la décision de faire un tour au théâtre le soir même. Peut-être que la commedia dell’arte saurait le dérider ? Sans attendre, il fit préparer son carrosse, enfila une tenue discrète et le voilà parti pour Paris. La représentation fût divertissante et lui rappelait ses jeunes années au carnaval de Venise. Au moins il échappait (pour un temps) à sa malchance du moment. A la fin du spectacle, il n’était pas d’humeur à chasser les demoiselles et les belles ingénues. Le Contarini préféra donc remonter en voiture et rentrer chez lui.

    Alors qu’il mettait son chapeau en s’approchant de son cocher qui lui déroulait de le marchepied, une jolie brune aux airs charmants vint à ses côtés, un sourire mystérieux aux lèvres. Malgré la mauvaise humeur, difficile pour Francesco de refuser l’agréable compagnie d’une jolie nymphe… Il lui répondit avec son plus beau sourire :

    « Madame, dit-il, courtois, en retirant son chapeau. Souhaiteriez-vous user de mon carrosse afin que l’on vous reconduise chez vous en toute quiétude ? Cela me ferait infiniment plaisir !

    C’est avec une joie non dissimulée que la jeune femme accepta. Voilà qui mettait du baume au cœur du vénitien. Peut-être que la malchance s’estompait enfin ? S’installant tous les deux en voiture, l’un en face de l’autre, le vénitien contemplait cette biche inattendue qui venait d’arriver entres ses pattes de fauve en chasse perpétuelle. Les proies offertes sont les meilleures ! pensa le Contarini.

    « Serait-il indiscret de vous demander votre nom, madame ? demanda Francesco en plongeant ses yeux bleus perçants dans ceux de la belle. Vous croiser fût toute une surprise : je comptais être sage pour ce soir et rentrer tranquillement à mon manoir. Vous avez l’art d’être bouleversante, ma chère ! dit-il avec un petit sourire en coin. A moins que je ne sois pas de ceux qui sont des êtres raisonnables… Où dois-je vous conduire ?

    Si l’ambassadeur savait ! Être charitable (par perversité, certes) n’allait pas plus lui porter chance que de semer la zizanie. Comme on dit : on récolte ce que l’on sème…

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MessageSujet: Re: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   02.09.13 16:02



Manipulation, le meilleur moyen d'arriver droit au but


Selon l'opinion générale, les hommes restant en France pendant la guerre étaient des lâches. Surtout quand ils étaient nobles et dans la force de l'âge. Isabelle, de son côté, avait plutôt tendance à les voir comme des opportunistes. Quand il n'y a plus personne pour faire ce qu'on attend des hommes, on se tourne forcément sur ceux qui restent, quels qu'ils soient. Mais pour ce qui était de Francesco Contarini, ambassadeur de Venise, Isabelle avait dut réviser sa position. Il y a bien toujours une exception pour confirmer la règle, n'est ce pas ? Et bien l'exception était bel et bien l'ambassadeur de Venise, sur cela, il n'y avait absolument aucun doute. Après avoir lancé sa femme de chambre Antoinette à la chasse aux ragots sur le vénitien – tout cela pour apprendre uniquement des choses qu'elle savait déjà, d'ailleurs, entendu au détour de conversations peu reluisantes sur le vénitien et ses « exploits » tout à fait relatifs – Isabelle s'était elle-même lancée dans une filature de haut vol de l'homme à abattre, parfois habillée en femme, et d'autres, le plus souvent car le plus pratique, habillée en homme. Et au vu de tout ce qu'elle avait apprit de l'homme en question, elle s'étonnait que personne ne l'ait encore assassiné – ou plutôt fait assassiner – au coin d'une ruelle. Plus elle en apprenait sur le personnage, et moins elle comprenait comment les femmes pouvaient tomber dans son piège. Peut être parce qu'elle connaissait trop les hommes d'une part, et les personnages de son espèce – la même que la sienne à un ou deux détails prêts – pour se laisser berner.

Ou peut être plus certainement tout simplement parce qu'elle apprenait par cœur toutes les facettes de l'ambassadeur de Venise, facettes qu'il laissait cacher pour attirer les jeunes femmes dans ses bras et dans son lit. Décidément, il cachait bien son jeu. A chaque personne qu'elle réussissait à interroger à peu près discrètement, Isabelle se voyait confirmer le portrait que Sofia lui avait fait dans ses appartements en la chargeant de cette étonnante « mission ». Il ne fallait pas s'y tromper, Isabelle le faisait pour l'argent – beaucoup d'argent, il n'y avait qu'à voir l'avance de l'italienne – mais aussi parce que cela, dans un Paris et un Versailles déserté de toute la population masculine d'un âge correcte – et donc de ses amants – la jeune femme s'ennuyait à mourir. Tout était bon pour trouver un peu de distraction. Elle avait apprit par cœur la routine de Contarini, pas après pas, mais n'avait pas trouvé véritablement comment l'approcher, et l'idée lui échappait encore pour le moment. Le rendre ridicule... le déshonorer... C'était ce que Sofia avait exigé, et Isabelle avait bien l'intention de remplir son contrat. Antoinette s'était assez rapprochée de l'un des valets de Contarini – en amie, rien de plus, Isabelle n'aurait jamais exigé d'Antoinette qu'elle aille plus loin – pour connaître ses moindres allées et venues, car le valet se plaignait souvent des excentricités et du caractère de son maître.

Et puis l'idée était apparue. Le point faible de Contarini était les femmes. Alors, autant frapper où le bat blesse. Et Isabelle n'allait pas s'en priver. Cet après-midi, encore froid pour la saison, Antoinette déboula dans les appartements de sa maîtresse, essoufflée.

-Eh bien, qu'est ce que cette tenue ? S'étonna Isabelle, peu habituée à la voir dans cet état.

-C'est... madame... l'amba... l'ambassadeur de … Venise...

Immédiatement, Isabelle fut aux aguets. Elle fit signe à sa camériste de s'assoir et lui servit un verre d'eau pour qu'elle se remette de sa course folle.

-Ce soir, il se rend aux Italiens, réussi à articuler la jeune femme une fois capable de respirer.

Un sourire froid germa sur les lèvres de la jeune femme. Ah ? Eh bien parfait alors. Sort moi ma robe verte, puis fille aux écuries pour réserver une voiture de la cour. Dépêche-toi !

A peine remise, voilà qu'Antoinette se remettait à courir dans tous les sens. Une fois seule, Isabelle réussit à se débarrasser elle-même de la robe brune qu'elle portait ce jour-là, grâce au corset lacé sur le devant, et s'assit à sa coiffeuse pour se refaire une beauté. Elle regarda la robe verte du coin de l'oeil, chagrinée à l'idée de sacrifier une de ses toilettes pour son plan, mais elle en valait la peine. Haussant les épaules, elle se remit à sa préparation.

Elle arriva aux italiens à l'heure, et s'installa dans la loge qu'un de ses « bienfaiteurs » avait mit à sa disposition le temps de son absence. La jeune femme espérait tout de même que l'absence en question ne serait pas éternelle, elle en aurait été chagrinée. Il était d'une compagnie charmante et avait un excellent goût. Elle avait tout de même prit la précaution d'amener un masque en dentelle posé au bout d'une baguette pour dissimuler son visage aux curieux. Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer Contarini. La soirée serait prometteuse.

Elle accorda finalement très peu d'attention à la pièce, préférant surveiller Contarini pour être certaine qu'il ne s’éclipserait pas pendant qu'elle regardait ailleurs. La représentation finie, elle se faufila dans la foule de manière à le suivre. Restait à savoir comment l'approcher. Après avoir imaginé divers stratagèmes, la jeune femme finit par opter pour son culot naturel, c'était de loin sa meilleure arme, et se dirigea droit vers lui, qui parlait avec son cocher. Il sembla surprit une seconde, et la jeune femme baissa son masque, lui offrant un sourire ravageur. Ah les hommes...

-Madame. Souhaiteriez-vous user de mon carrosse afin que l’on vous reconduise chez vous en toute quiétude ? Cela me ferait infiniment plaisir !

Isabelle aurait presque trouvé ça trop facile. Décidément, il était pire que sa réputation.

-Monsieur, vous êtes trop bon. Ce serait parfait.

Elle ne manqua pas de remarquer son regard au moment où elle montait dans le carrosse. Le pauvre, s'il avait imaginé ne serait-ce qu'une seconde qu'il venait par cette simple proposition de passer de chasseur à chassé...

-Serait-il indiscret de vous demander votre nom, madame ? Vous croiser fût toute une surprise : je comptais être sage pour ce soir et rentrer tranquillement à mon manoir. Vous avez l’art d’être bouleversante, ma chère ! A moins que je ne sois pas de ceux qui sont des êtres raisonnables… Où dois-je vous conduire ?

Beau parleur, il l'était, il n'y avait rien à dire. Nombreuses femmes s'y étaient laissées prendre. La jeune femme hésita une seconde, mais tant qu'à faire, pourquoi dissimuler sa réelle identité. Cela lui desservirait pour la suite.

-Isabelle de Saint-Amand. J'ai été effondrée en me rendant compte que je n'avais jamais été présentée à votre excellence, monsieur l'ambassadeur. Si vous aviez l'extrême gentillesse de me ramener jusqu'à Versailles, cela serait parfait.

Il n'y avait plus qu'à attendre qu'ils passent par la porte de Versailles, noire de monde, surtout à cette heure-ci, mais, plus important encore, bien gardée. C'était à ce moment là que le plan de la belle se mettrait en place.

-Mais vous, raisonnable ? Est-ce possible ? J'ai entendu énormément de choses à votre sujet, et ce qualificatif n'a jamais franchi les lèvres de qui que ce soit.

La voix de la jeune femme s'était faite velours et négligemment elle laissa un doigt se promener sur sa gorge, attirant le regard de l'ambassadeur. Ce n'était pas bien difficile de toute façon.

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MessageSujet: Re: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   24.09.13 18:50


    Sa passagère du soir était charmante, une jolie fleur ! Se disait l’italien. Il sentait en elle ce je-ne-sais-quoi de venimeux et tentateur à la fois. Leurs regards se croisaient et se recroisaient au fil de la conversation et l’ambassadeur y voyait de la braise ardente. La coquine ! Elle n’était pas montée dans son carrosse par hasard… Voilà qui n’était pas pour déplaire à Son Excellence. Lui qui était d’une humeur si bougonne… La jeune femme avait le mérite de le distraire de ses tourments.  

    -Isabelle de Saint-Amand. J'ai été effondrée en me rendant compte que je n'avais jamais été présentée à votre excellence, monsieur l'ambassadeur. Si vous aviez l'extrême gentillesse de me ramener jusqu'à Versailles, cela serait parfait.

    -Oh quelle flatteuse vous faites ma chère, rit doucement Francesco avec un petit sourire en coin avant de frapper sur la paroi du carrosse juste derrière lui. A Versailles !

    -Mais vous, raisonnable ? poursuivit la jeune femme. Est-ce possible ? J'ai entendu énormément de choses à votre sujet, et ce qualificatif n'a jamais franchi les lèvres de qui que ce soit.

    A cette évocation le vénitien ne put s’empêcher de sourire davantage. Sa réputation n’était plus à faire. Il se demandait bien pourquoi cette ravissante créature, qui « avait entendu énormément de choses » à son sujet, était venue délibérément auprès de lui. Il  ne doutait pas le moins du monde de son charme olympien (évidemment) mais au vu des derniers événements lors de son anniversaire… Il ne pouvait que se méfier d’un intérêt si soudain. Le doute s’emparait alors de lui.

    -Je ne vous en veux point, Mademoiselle… Certains disent qu’on pourrait faire de mes histoires un nouveau roman. Ils n’ont peut-être pas tort…

    Ah ! Qu’il était loin le temps de l’insouciance et des plaisirs ! Ce temps où Son Excellence pouvait se lever chaque matin et ne se préoccuper que de lui-même… Bon, à vrai dire cela remontait à quelques jours à peine. Mais le vénitien déprimait tellement que cela semblait durer une éternité… Ce rebondissement (enfin deux d’après ce qu’il avait de charmant sous les yeux…Quel coquin !) aussi distrayant soit-il cachait forcément quelque chose. Une dame n’allait pas se fourrer dans le carrosse de l’homme au centre du dernier scandale à la mode sans une raison valable… Etait-elle simplement une perverse ? A la vue de ses regards appuyés et de ses gestes lascifs, l’ambassadeur Contarini aurait pu se prendre au jeu et se laisser aller à quelques détentes libertines dans sa berline (Ouh ! Cela rime !). Mais non. Depuis le soir tragique où la Longueville l’a attirée entres les cuisses de sa vulgaire camériste : Francesco se méfiait même de ses servantes (qu’il a tout simplement chassé pour qu’elles s’occupent plutôt de sa sœur ou de son frère). Il faisait confiance à son idiot de valet Pablo… et encore !

    Incertain des intentions de son invitée, l’ambassadeur jeta à la jolie brune son air carnassier habituel et lui lança de but en blanc :

    Dites-moi Mademoiselle de Saint-Amand : qu’est-ce qui peut bien vous attirer auprès de ma personne ? Avez-vous un amour pour le scandale ?

    Ses yeux azurs étaient soudainement plus glacials que le nord. Négligemment, la jeune femme laissa un doigt se promener sur sa gorge.

    Je reconnais vos charmes délicieux à souhait, mais je ne suis pas dupe. Qu’a-t-on raconté à cette jolie tête qui est la vôtre ? A moins que…

    Il se pencha alors vers la Saint-Amand pour transpercer son regard du sien, essayant de la mettre à jour.

    Ne serai-ce pas plutôt quelqu’un qui vous envoi ? Un message peut-être ? Je ne suis pas très friand des messages interposés ces temps-ci…

    Les surprises… Il en avait eu plus qu’assez lors de son anniversaire ! Ne pouvait-on pas le laisser en paix ? Pauvre Francesco… Il saisit le bras de la jeune femme fermement et l’attira davantage près de son visage avant de lui susurrer :

    Dans votre intérêt, ma chère, vous feriez mieux de parler. La route jusqu’à Versailles peut être longue…

    Non, on ne dupe pas un Contarini deux fois. Francesco allait savoir plus tôt qu’il ne le pensait ce qui se tramait derrière le joli minois de la Saint-Amand… Et cela n’allait pas lui plaire !

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MessageSujet: Re: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   15.10.13 14:33

C'était d'une facilité déconcertante. Non, vraiment ! Isabelle savait le vénitien stupide de part ce que Sofia lui avait apprit, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'un joli sourire et un regard langoureux seuls auraient suffis. Elle se demanda une seconde si elle avait déjà été dans une situation aussi simple. La réputation de Francesco n'était effectivement plus à faire, en terme de séduction, il surpassait le roi lui-même, qui n'était pourtant pas le dernier venu dans ce domaine d'après la légende. La jeune femme s'était laissée inviter à bord du carrosse et continuait la conversation, sans perdre de vue son objectif, et pour cela elle jetait de temps à autre un regard par la fenêtre de la voiture. Il n'y avait pas beaucoup de circulation ce soir, cela ne prendrait pas trop de temps. Et le cocher devait sans doute connaître son chemin car la voiture zigzaguait entre les petites maisons, de rue en ruelle, éclaboussant des gueux au passage, qui juraient et criaient sur cette noblesse prétentieuse qui n'en faisait qu'à sa tête. Mais ni le cocher ni son maître ne semblaient en avoir cure alors ce n'était pas l'invitée empoisonnée qui allait s'en inquiéter. Elle faisait semblant de prêter une grande attention à ce que l'italien lui racontait, minaudant pour un oui ou pour un nom, souriant de manière mystérieuse, bref, un mécanisme de séduction bien rodé qui avait fait ses preuves pour la jeune femme et qui passait le temps jusqu'à l'objectif de la manipulatrice, ce qui ne tarderait guère.

Tout semblait aller parfaitement, et Contarini avait l'air d'être séduit.

-Oh quelle flatteuse vous faites ma chère. A Versailles !

A force d'expérience, Isabelle savait parfaitement où passer de la pommade, et pour lui, c'était bien évidemment du côté de sa vantardise. Il suffisait de jouer les ébahies, impressionnées, un rôle dans lequel elle excellait, à force de pratique.

-Je ne vous en veux point, Mademoiselle… Certains disent qu’on pourrait faire de mes histoires un nouveau roman. Ils n’ont peut-être pas tort…


Elle se contenta d'approuver, tout en continuant à regarder par la fenêtre. Il ne faudrait plus que quelques minutes pour arriver au moment T du plan. Et l'italien avait l'air conquit ce qui était plutôt engageant pour la jeune femme. Pourtant, un revers de situation pouvait toujours arriver.

-Dites-moi Mademoiselle de Saint-Amand : qu’est-ce qui peut bien vous attirer auprès de ma personne ? Avez-vous un amour pour le scandale ?

Francesco s'était crispé, et refroidit. L'ambiance dans le carrosse avait changé, Isabelle pouvait le sentir. Elle plissa les yeux, et le carrosse ralentit, coincé à la sortie de Paris, mais trop loin encore pour que la jeune femme puisse mettre son plan à exécution.

-Je reconnais vos charmes délicieux à souhait, mais je ne suis pas dupe. Qu’a-t-on raconté à cette jolie tête qui est la vôtre ? A moins que… Contarini s'approcha d'elle Ne serai-ce pas plutôt quelqu’un qui vous envoi ? Un message peut-être ? Je ne suis pas très friand des messages interposés ces temps-ci…

Il la saisit soudain par le bras, menaçant au moment où le carrosse se remettait en branle et avançait encore et encore vers la sortie de Paris, s'approchant des gardes en faction.

-Dans votre intérêt, ma chère, vous feriez mieux de parler. La route jusqu’à Versailles peut être longue…

La jeune femme se dégagea d'un mouvement de bras. Il y avait bien une règle à connaître avec elle, on ne touche pas sans permission, et il n'en avait aucune. Elle laissa tomber le masque et un sourire mauvais apparut sur ses lèvres, alors qu'elle commença à ébouriffer son chignon, pour le rendre totalement décoiffé, comme après une longue course.

-Laissez-moi vous répondre par une question : avez-vous déjà dansé avec le diable au clair de Lune ?


Elle se douta que cela ne voudrait rien dire pour l'italien, pourtant, il allait vite comprendre. Comme prise d'une crise de folie, elle commença à avoir la respiration saccadée, et tira sur sa cape pour en déchirer l'agrafe. Egalement, la manche de sa robe céda sous les torsions qu'elle lui infligea, dévoilant son épaule et le haut d'un sein, des décorations de son corsage cédèrent et un pan de sa jupe fut remonté jusqu'en haut de sa cuisse, puis déchiré. Il n'y avait qu'à regarder Contarini pour voir qu'il ne comprenait rien, puis Isabelle se mit à hurler.

-AU SECOURS ! A MOI ! A L'AIDE ! AU SECOURS !!!!!

Il n'en fallait pas plus pour que la garde fasse stopper la voiture et que les badauds curieux se rapprochent de l'équipage. Prenant une attitude désespérée, perdue et choquée, Isabelle saisit la poignée de la portière qu'elle fit tourner et s'écroula dans les bras du premier venu à l'extérieur.

-Madame, vous allez bien ? S'exclama l'homme, en uniforme, qui l'avait réceptionnée.

-Monsieur, à moi, je vous en prie. Ce... Cet homme, Francesco Contarini, l'ambassadeur de Venise... il a... il a... il a voulut attenter à ma vertu. Je... Je me suis débattue du mieux que j'ai pu mais... Ooh...

Paroxysme de la comédie, Isabelle simula un évanouissement dans les bras de son « sauveur ». Pas de doute, tout le monde autour d'eux avait entendu. Contarini n'avait plus qu'à tenter de se défendre, et ce n'était pas gagné. Il fallait bien lui apprendre que qu'il n'était pas le grand méchant loup et elle une fragile enfant vêtue d'un capuchon rouge, et qu'une jolie jeune femme ne monte jamais dans un carrosse sans un quelconque intérêt.

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MessageSujet: Re: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   07.11.13 17:16


    La jeune femme dégagea la main de Francesco d'un mouvement de bras. Elle dévoilait enfin son vrai visage. Un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres. L’ambassadeur avait vu juste. Cette demoiselle était bien trop louche pour être honnête avec lui. Il restait à savoir : pourquoi et par qui était-elle engagée ? Le Contarini regrettait déjà de l’avoir fait monter avec lui dans son carrosse. C’est alors qu’elle commença à ébouriffer son chignon sans plus de cérémonie.

    -Je peux savoir ce que vous êtes en train de faire, Signora ? demanda le vénitien intrigué (presque inquiet).

    -Laissez-moi vous répondre par une question : avez-vous déjà dansé avec le diable au clair de Lune ?

    Cette question étrange lancée par la jeune femme n’évoquait pas grand-chose de plus à l’italien que quelques acrobaties lubriques exécutées quelques nuits plus tôt avec le mousquetaire Nicolas de Ruzé. Qu’est-ce que cela pouvait bien faire là ? Son Excellence continua de lui jeter un regard interdit. Soudain la passagère devenue si indésirable si mit à avoir une respiration saccadée. Elle semblait devenir folle !

    -Dio! Ma come pazzi! S’exclamait l’italien horrifié.

    La crise de la folle-dingue ne s’arrêtait pas là puisqu’elle poursuivait son œuvre en déchirant successivement sa cape, la manche de sa robe, un morceau de son corsage au passage avant de remonter un pan entier de sa jupe jusqu’en haut de sa cuisse.

    -Avez-vous finit votre petit numéro, po 'sciocco ? s’emporta Francesco, parfaitement exaspéré et surtout dépassé par le comportement insensé de la jeune femme.

    C’est alors qu’arrivait la cerise sur le gâteau.  

    -AU SECOURS ! A MOI ! A L'AIDE ! AU SECOURS !!!!!

    Sans attendre, Francesco se jeta sur elle pour essayer de la faire taire. Ils se débattaient tandis que le carrosse roulait sur des nids de poules faisant valdinguer ses deux occupants dans tous les sens et éclaboussant au passage les gueux présents sur le chemin. La bougresse se débattait comme un diable et elle parvint à le repousser quand une troupe de garde fit arrêter la voiture. La folle se précipita sur la poignée de la portière avant de se jeter dans les bras du premier soldat venu.  

    -Dannazione! Ho visto un incubo! Soupira de désespoir le vénitien en levant les yeux au ciel devant l’absurdité de cette situation.

    -Madame, vous allez bien ? S'exclama le soldat en uniforme qui tenait le monstre entre ses bras.

    -Monsieur, à moi, je vous en prie, couina la comédienne. Ce... Cet homme, dit-elle en pointant du doigt l’italien. Francesco Contarini, l'ambassadeur de Venise... il a... il a...

    -Per favore! Zitto, zitto ..., supplia le Contarini en marmonnant dans sa barbe.

    -Il a voulut attenter à ma vertu. Je... Je me suis débattue du mieux que j'ai pu mais... Ooh...

    -Mais nooon voyons ! s’exclama Francesco en descendant de voiture avec un sourire radieux à l’intention des soldats et des badauds. Certes ma bouche disait “Je vous déteste, idiote” mais mes yeux disaient clairement “Aimons-nous pour la vie !”

    Le pire était que la manipulatrice ne trouva rien de mieux que de poursuivre son manège en faisant semblant de tomber d’évanouissement devant l'attendrissement général. Le capitaine de la troupe de garde se tourna vers Francesco avec un air suspicieux.

    -Il va falloir nous donner quelques explications à tout ce remue ménage, Monsieur.

    -Son Excellence, rectifia le vénitien d’un ton acide vers le capitaine. Toute cette histoire est grotesque ! Je sortais du théâtre quand j’ai proposé à cette jeune…, il se retint de dire « folle »,…femme de la raccompagner jusque chez elle, rien de plus !

    Devant le silence de l’assemblée autour du carrosse, ils ne semblaient pas  convaincus (quel bande de gueux !).

    -Mais enfin ! Je vous dis que je ne connais même pas cette jeune femme ! S’emporta Francesco en désignant la brune qui commençait à soi-disant reprendre ses esprits. Cela l’a prise d’un coup ! Elle s’est mise à arracher ses vêtements sans prévenir alors que je ne lui avais rien demandé ! C’est un comble tout de même de m’accuser de la sorte !

    Un nouveau silence retomba sur la rue, tandis que le capitaine scrutait le visage du vénitien.

    -Il va falloir que nous en discutions plus attentivement… Monsieur, insista le militaire avant de faire signe à un de ses hommes pour venir saisir Francesco.

    A peine l’autre soldat s’était approché de l’italien que celui-ci recula sans attendre vers son carrosse, horrifié.

    -Ah ! NE ME TOUCHEZ PAS ! C’est un scandale ! Un affront ! Je suis l’ambassadeur de Venise ! Ce n’est pas une bande de gueux qui va m’apprendre quoique ce soit ! Reculez ! dit-il menaçant en brandissant sa canne.

    Pendant ce temps-là, la traitresse cinglée se réjouissait discrètement de la tournure des événements et Francesco ne manqua pas de le remarquer :

    - Vous, vous devriez arrêter de sourire ! s’écria-t-il en la pointant d’un doigt menaçant. J'vous promets; ça devient vraiment malsain !Je me vengerai d’une telle infamie ! Continuait Francesco en battant des bras et menaçant les gardes avec sa canne. C’est un complot !!! Je saurai qui est le coupable ! J’exige de le savoir !!! hurlait-il, enragé, vers la brune tandis que la foule criait au scandale.

    -Vous êtes tous de mèches ! Saletés ! Vermines ! Stronzi ! Demoni! Je me vengerai !!! beuglait-il à pleins poumons pendant que les gardes essayaient tant bien que mal de maitriser le diable vénitien qui s'agitait dans tous les sens.

    Non, clairement, Francesco n’avait pas de chance depuis quelques temps… Quel dommage…

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MessageSujet: Re: De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]   22.11.13 19:37

Isabelle avait manqué de rater son plan. Cela s'était joué à un fil. Heureusement, elle avait eut de la chance, comme souvent. Qu'est ce qui avait mit la puce à l'oreille de Contarini ? Impossible de le dire avec précision, mais c'était un fait, sans un timing parfait, et la proximité des gardes – sans oublier, il fallait bien le préciser, un sens magnifique de l'improvisation et de la réaction – elle aurait été fichue, et contrainte de rendre l'avance que Sofia lui avait donnée. Quoi que si elle n'avait pas réussi à ce moment-là, elle le savait, elle aurait trouvé autre chose. Mais cela lui aurait prit du temps, et la Farnèse avait été claire, elle voulait que cela soit fait vite, et bien. Plus qu'à exécuter, donc, et Isabelle s'était fait un vrai plaisir de fomenter ce petit coup, car pour une fois, elle n'avait pas réellement à mettre son corps en jeu, simplement laisser sous entendre qu'elle le ferait. C'était une véritable réussite, et elle en était ravie. Il n'y avait plus qu'à être sûre que les gardes ne le relâcheraient pas sous prétexte qu'il était ambassadeur de Venise, mais en période de guerre, on n'aimait pas les planqués, ce que Contarini pouvait passer pour étant donné qu'il était toujours là, alors qu'en âge de se battre, et le guet ne se laisserait surement pas avoir avec ça. S'eut été trop facile, autrement. Isabelle nota mentalement un point pour elle, ou plutôt pour Sofia, qui, elle en était sûre, ne cacherait pas sa joie à l'annonce de sa réussite. Quoi que cela lui en coûte.

Isabelle envisageait d'ailleurs d'augmenter sa facture pour remplacer la robe qu'elle portait, qui était fichue. Dommage, elle l'adorait. Mais cela avait eut l'effet escompté. Entre ça et ses cris, tout le monde avait cru son histoire immédiatement, surtout agrémenté de son faux évanouissement. Il n'y avait pas à dire, Racine et Molière auraient put se battre pour l'avoir dans le troupe, avec une prestation pareille. Les supplications de Contarini pour la faire taire n'auraient de toute manière servit à rien, elle allait aller jusqu'au bout, de toute façon, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse. Il pouvait difficilement lui faire une meilleure offre. Quoi qu'Isabelle aurait put aller à lui, lui raconter ce que Sofia voulait, et lui demander une plus grosse somme pour ne pas le faire... Mais c'était une trop bonne occasion de se venger des hommes en général, à travers Contarini. Si Isabelle avait eut une conscience, sans doute l'aurait-elle fait, mais ce n'était pas le cas, ou alors elle était bien enterrée et totalement inaccessible. Descendus de la calèche et toujours dans son semi évanouissement feint, la jeune femme observait d'un œil à demi fermé attentif ce qui se passait autour d'elle, et n'en perdait pas une miette. Un vrai régal, et la consécration, vraiment. Elle songea qu'une reine du passé, Aliénor d'Aquitaine, n'aurait pas pu être plus radieuse au moment où elle passait à l'ennemi par son second mariage qu'elle ne l'était d'avoir réussi son tour de passe passe à l'instant présent.

-Mais nooon voyons ! Certes ma bouche disait “Je vous déteste, idiote” mais mes yeux disaient clairement “Aimons-nous pour la vie !” protesta sans succès l'ambassadeur.

Il n'avait absolument aucune chance de s'en sortir avec  le petit jeu qu'elle lui jouait. Le capitaine non plus ne semblait pas prêt à les lâcher.

-Il va falloir nous donner quelques explications à tout ce remue ménage, Monsieur.

-Son Excellence. Toute cette histoire est grotesque ! Je sortais du théâtre quand j’ai proposé à cette jeune…, il se retint de dire « folle »,…femme de la raccompagner jusque chez elle, rien de plus !

Subitement revenue de son évanouissement, Isabelle lança, d'une voix encore un peu faussement hystérique :

-Bien sûr ! Et la minute d'après, il allait me dire « M'aimerais tu toujours si j'étais un homme-tronc ? » comme preuve de mon amour réciproque!

Puis elle se laissa aller contre le garde qui la soutenait jusque là, qui gratifia Francesco d'un regard peu amène. Contarini tenta de se justifier à nouveau :

-Mais enfin ! Je vous dis que je ne connais même pas cette jeune femme ! Cela l’a prise d’un coup ! Elle s’est mise à arracher ses vêtements sans prévenir alors que je ne lui avais rien demandé ! C’est un comble tout de même de m’accuser de la sorte !

-Il va falloir que nous en discutions plus attentivement… Monsieur.

Isabelle ne put dissimuler un sourire de triomphe, elle jubilait.

-Ah ! NE ME TOUCHEZ PAS ! C’est un scandale ! Un affront ! Je suis l’ambassadeur de Venise ! Ce n’est pas une bande de gueux qui va m’apprendre quoique ce soit ! Reculez ! - Vous, vous devriez arrêter de sourire ! s’écria-t-il en la pointant d’un doigt menaçant. J'vous promets; ça devient vraiment malsain !Je me vengerai d’une telle infamie ! C’est un complot !!! Je saurai qui est le coupable ! J’exige de le savoir !!! Vous êtes tous de mèches ! Saletés ! Vermines ! Stronzi ! Demoni! Je me vengerai !!!

Les gardes finirent par maîtriser Francesco, et le jeune soldat qui soutenait Isabelle jusque là n'eut plus besoin de le faire, la jeune femme tenait désormais sur ses jambes par elle-même. Alors que le capitaine réfléchissait à la conduite à tenir, la brune s'approcha de l'italien entravé, et lui souffla :

-Je vous aurais bien dis de régler vos querelles puérils entre italiens, mais il faut dire que ça serait bien moins lucratif pour moi. Amusez-vous bien, je n'ai aucun doute que vous serez sortis de là d'ici peu.

Et, sans attendre, profitant du fait que le capitaine des gardes avait toujours l'air occupé, elle ramassa ses jupes, et s'élança dans la nuit, sachant très bien par avance que demain, Versailles ferait gorge chaude des aventures du vénitien. Les gardes ne connaissaient pas le nom de la jeune femme, et elle doutait que Francesco risque de le divulguer, pour ne pas avouer avoir été roulé par la plus célèbre courtisane de la cour.

FIN DU RP

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De l'art de récolter ce que l'on sème... [Francesco x Isabelle]
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