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 Il y a toujours quelques drogues sous une trop belle plume! [Vivonne - Froulray]

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MessageSujet: Il y a toujours quelques drogues sous une trop belle plume! [Vivonne - Froulray]   Il y a toujours quelques drogues sous une trop belle plume! [Vivonne - Froulray] Icon_minitime25.09.12 21:44

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Louis avait toujours eu une sensibilité artistique, certainement due à son éducation, et la poésie restait l’un de ses atouts lorsqu’il souhaitait briller en société plus qu’il ne le faisait d’ordinaire.
C’était un fait, l’esprit familial était à présent reconnu et il s’employait à le nourrir par de nombreuses lectures, toutes aussi éclectiques que ses sorties nocturnes. Il appréciait particulièrement les écrits de ces poètes nouveaux et se faisait régulièrement apporter les nouvelles éditions fraîchement sorties de toutes imprimeries de la ville, légale comme provenant des caves.

Installé ce matin-là dans son large fauteuil de lecture, une tasse de café fumante posée sur une petite table, il feuilletait la dernière parution de La Gazette. On y lisait quelques nouvelles qui désintéresseraient certainement Antoinette, et les détails de la somptueuse fête du Nouvel An donnée par le roi.
-Le jeune Longueville s’est fait remarquer par son absence, commenta-t-il brièvement à son épouse. Antoinette referma sa lecture en jetant un regard désapprobateur à Louis.
-Un autre s’est fait remarqué par son départ anticipé et son bain glacé, lâcha-t-elle en soupirant. Charlotte me demande encore si sa tante saura remarcher droit un jour.
Vivonne ne préféra pas relever la remarquer et replongea dans sa lecture lorsque quelques coups frappés à la porte lui fit relever le nez.

-Monsieur, voici les parutions de ce jour !
-Ah, s’exclama Louis en pivotant sur son fauteuil ! Apportez-moi donc ces nouvelles éditions ! Pamphlets, pièces ou poèmes ?
-Poèmes, monsieur.
-Parfait, cela faisait bien longtemps.

Il attrapa d’un geste le recueil tendu par l’homme et déchira le papier kraft qui l’enveloppait.
-« Poèmes ». Quel sobre nom ! Qui en est l’auteur, marmonna-t-il en baissant le regard ? Oh !
-Quoi donc, demanda Antoinette en levant le nez de son ouvrage ?
-Lisez-donc ce nom ! Louis, le regard étonné, tendit le livre à la jeune femme qui a son tour retint un petit cri de surprise.
-Quel cachottier….il ne m’a rien dit ! A moi ! Il ne me reste plus qu’à lui poser moi-même la question, lâcha-t-il. Faites préparer mon cheval, cela sera plus rapide, les rues sont bien trop encombrées par ces fêtes du nouvel an !
-Vous vous rendez chez Froulay ? N’allez-vous pas le déranger ? Il est encore tôt !
-Je m’emploierai à le lever, s’il paresse encore, s’exclama Louis en quittant la bibliothèque !


La cours de l’hôtel où vivait Aymeric de Froulay était encore bien calme en cette matinée de janvier mais rien ne pouvait ôter son sourire à Vivonne. Froulay lui avait donc caché des textes d’Ophélie ? Depuis quand écrivait-elle, il ne l’avait jamais su ! Ou bien était-ce des textes qu’il publiait sous le nom de sa défunte épouse ? Il y avait moins glauques, comme technique et bien des auteurs en quête de mécénat aurait prêté leurs noms à l’affaire ! Mais la supercherie allait bientôt être dévoilée et ignorant le valet qui lui couru après pour l’arrêter, il franchit l’entre et grimpa les escaliers menant aux appartements de son ami.

-Monsieur, vous ne pouvez pas ! Il n’est pas prévenu….
-Eh bien prévenez-le !
-Mais il est encore tôt et….
-L’avenir appartient aux hommes de petit matin.
-C’est que…
-Refuseriez-vous un ordre émanant du général des galères, mon garçon, le manaça-t-il faussement en levant un sourcil ? Cela est parfait, il me manquait quelques rameurs sur la galère royale et votre taille est idéale…
-Je vais voir ce que je peux faire, monsieur, reprit penaud le jeune valet. Il salua l’hôte et couru dans le couloir quérir son supérieur. On ne levait pas un maréchal des Logis sur un coup de tête !
Attendant que les minutes s’écoulent, Vivonne feuilleta le recueil. Les vers étaient excellents ! Quelques peu tristes pour certains, d’autres d’amour ou plus heureux encore…reflétaient-ils l’âme d’Ophélie ? Ce qu’elle cachait au fond d’elle et que nul ne pouvait lire ? Il y avait dans ces quelques textes tant de différence qu’on ne pouvait leur apposer un style bien défini…comme si chacun de ces poèmes avait une main différente. Pourquoi diable Froulay les avait-il édité….et le lui avait-il caché !

Il tapota le livre sur sa main alors que le valet revenait presque essoufflé de sa course à travers l’hôtel.
-Monsieur le comte est levé, par ici, monsieur, je vous prie !
Louis le suivi silencieusement jusqu’à ce que le garçon ouvre une porte. Juste avant de referme le battant, Vivonne le retint d’une main et chuchota dans un sourire malicieux.
-Dommage, je chercherai ailleurs mon galérien ! Ah Froulay, lâcha-t-il d’une voix claire en se retournant ! Un large sourire aux lèvres, il n’avait nullement l’intention de s’excuser pour cette visite impromptue. Qui, par ailleurs, en voulait à Vivonne pour ces petites visites faites de bonne humeur ?!
Il agita le petit recueil, le regard pétillant et le jeta à son ami pour qu’il l’attrape au vol.
-Eh bien ma foi, vous écrivez comme un Molière lorsque vous avez bu ! Vous devriez vous laisser aller plus souvent, je ne fais que vous le répéter…mais de grâce, dites-le moi la prochaine fois, que je participe aussi ! Je rate toujours les histoires les plus amusantes !
Il s’affala sur un fauteuil et croisa les jambes, accoudé sur le dossier du fauteuil, attendant la réaction de Froulay. Ah ! Qu’il aimait ces petites surprises matinales !
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MessageSujet: Re: Il y a toujours quelques drogues sous une trop belle plume! [Vivonne - Froulray]   Il y a toujours quelques drogues sous une trop belle plume! [Vivonne - Froulray] Icon_minitime29.09.12 0:13

« Je serai dans mon bureau, qu’on ne me dérange pas, lança Aymeric au jeune valet lorsque celui-ci, les yeux encore tout embués d’un sommeil interrompu trop tôt à son goût, vint s'enquérir de ce que souhaitait le comte. »
Le jeune homme hocha la tête, déposa le plateau contenant le déjeuner de Froulay sur le bureau d’ébène et tourna les talons en gardant évidemment pour lui ce qu’il pensait d’un réveil si matinal. Aymeric, à qui la mine penaude du page n’avait pas échappé, esquissa un sourire amusé. Si l’avenir appartenait bel et bien aux hommes qui se levaient tôt, alors le comte pouvait indiscutablement disposer des jours à venir. Jamais - ou plutôt, lorsqu’une sortie peu orthodoxe ne lui volait pas les courtes heures de sommeil dont il avait besoin - il ne traînait trop longtemps sous les couvertures. Cette oisiveté là lui déplaisait fortement, et lui rappelait de manière peu agréable qu’il ne s’y trouvait plus la seule jeune femme ayant jusque là pu le garder couché. Ophélie n’était plus de ce monde depuis quelques années déjà, mais certaines habitudes ne se peuvent perdre.

Le souvenir de sa défunte femme n’était toutefois pas les seules raison à pousser Aymeric hors du lit de si bonne heure. Les semaines et évènement passés avaient apporté avec eux leur lot de travail pour un Grand maréchal des logis. En effet, la guerre approchait à grands pas, or qui disait guerre disait campement, et c’était précisément là le point sur lequel le comte se devait de travailler. Son propre départ pour les frontières lorraines ne tarderait plus, aussi devait-il avoir établi quelques plans avant, et réglé toutes les affaires qui ne pouvaient rester en suspens dans le cas où il ne reviendrait pas. Il n’y avait dans cette pensée aucun pessimiste défaitisme, il ne s’agissait que d’une simple précaution. La guerre était chose bien incertaine, et Aymeric était homme à ne pas vouloir laisser le moindre désordre derrière lui.

Aussi est-ce avec détermination et efficacité qu’il se lança, une tasse de café pour compagne, dans l’élaboration de plans voués à s’adapter au terrain lui-même une fois l’approbation du roi reçue. Les rapports topographiques, accompagnant des cartes d’une précision dont il s’étonnait un peu plus à chaque nouveau conflit s'amoncelaient à ses côtés. En stratège autant qu’en intendant, Froulay les étudiait minutieusement, notant rapidement quelques indications sur des feuilles parfois déjà couvertes de lettres noires. Ce genre de travail ne lui déplaisait pas, aussi en oublia-t-il presque l’heure, que personne ne se risqua à venir lui rappeler. L’absence de Madeleine, qui habitait ordinairement l’hôtel mais avait décidé quelques jours auparavant de passer quelque semaines dans le Maine, et l’absence de visiteurs étaient deux denrées trop rares pour qu’Aymeric laisse passer l’occasion d’avancer comme il le souhaitait. Aussi ne retint-il pas un soupir en entendant dans la cour l’entrée d’un cavalier. Le comte ne se leva pour autant. Ce jeune valet que sa mère avait tenu à engager savait quels étaient les ordres.

Ceux-ci, cependant, ne suffirent visiblement pas à arrêter ce matinal visiteur. A en juger les voix encore indistinctes qu’il entendait dans l’hôtel, Froulay devina que le pagne n’avait su retenir l’importun. Fronçant un sourcil perplexe, il leva la tête de ses plans, à l’instant même où la porte du bureau s’ouvrait.
« Pardonnez-moi Monsieur, mais le duc de Mortemart n’a pas voulu entendre que vous étiez occupé... commença le malheureux jeune homme. »
Un sourire amusé échappa au comte, peu étonné. Il se trouvait de toute façon que les ordres de ne pas recevoir les visiteurs ne concernaient pas Vivonne.
« Vous m’auriez surpris d’arriver à lui faire entendre une chose pareille, lâcha-t-il. Faites-le entrer. »
Le garçon, rouge de sa course, se retira, tandis qu’Aymeric se levait pour accueillir son ami.
« Ah Froulay ! lança le duc en entrant après avoir glissé quelques mots au valet.
- Vivonne, vous voilà bien matinal ! le salua le comte avant de rattraper au vol la gazette qui lui fut lancée. Quelle nouvelle vous amène ?
- Eh bien ma foi, vous écrivez comme un Molière lorsque vous avez bu ! Vous devriez vous laisser aller plus souvent, je ne fais que vous le répéter… »
Aymeric haussa un sourcil. Ecrire ? Lui ?
« Qu’est-ce que... commença-t-il, perplexe, en baissant les yeux sur les feuillets.
- Mais de grâce, dites-le moi la prochaine fois, que je participe aussi ! Je rate toujours les histoires les plus amusantes ! »

Froulay allait répondre qu’il le ferait bien volontiers s’il comprenait de quoi il s’agissait, mais n’en eut pas le temps. Parcourant d’un oeil curieux ce qui, visiblement, amenait son ami ici, il s’arrêta sur un petit encart, fort bien placé sur la page, qui exhibait un poème. Et s’il passa rapidement sur ce détail, le nom de l’auteur, attira toute son attention.
Brusquement, Aymeric pâlit. Il lut une seconde fois, puis une troisième les trois mots familiers, déchiffra les premiers vers, puis revint à l’auteur, le tout en oubliant absolument la présence de Vivonne.
Ophélie de Froulay. Le poème était signé Ophélie de Froulay.
« Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il abruptement. C’est une plaisanterie ? »
Une plaisanterie absolument morbide, si c’était le cas, et il ne se trouvait sur les traits du comte pas une once d’humour. Bien au contraire, ceux-ci s’étaient fermés et l’on pouvait sans mal deviner qu’un éclair frappant à ses pieds n’aurait guère plus surpris Froulay que ce qu’il avait sous les yeux. Et pour cause. Difficile d’imaginer plus stupéfiant que de voir publiés dans le journal quelques vers écrit de la main (qu’il reconnaîtrait entre mille) de sa défunte femme.
Pâle, de stupeur et peut-être de colère, il leva les yeux vers son ami dont l’air trahissait également sa surprise.

« Est-ce l’édition de ce matin ? reprit Aymeric. Vivonne, j’espère que vous vous doutez que jamais je n’aurais fait publier une chose pareille... »
Il observa à nouveau les vers, puis le nom au-dessus, et sentit comme un noeud qu’il desserra bien vite lui nouer la gorge.
« Qui est-ce ? »
Il ignorait si Louis pouvait avoir une quelconque réponse à cette question mais, après tout, c’était lui qui était arrivé avec en main des feuillets qu’il aurait pu ne jamais voir - même s’il l’avait fait en lui annonçant qu’il écrivait bien après avoir bu (quelle idée saugrenue).
Il sembla à Aymeric qu’un fantôme dont il se serait volontiers passé resurgissait de là où il avait réussi à l’oublier. Un fantôme qui n’était pas sans en traîner d’autres derrière lui...
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