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 [Rome-Versailles] Un long, trop long voyage [RP unique]

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Tant qu'il bat encore, il battra fort pour son italien, le seul.
Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
Discours royal:



    CASSE-COU
    1000 vies,
    un corps


Âge : 27 ans
Titre : Prince di Paliano (de la Palissade), membre de la famille Colonna
Missives : 602
Date d'inscription : 18/09/2011


MessageSujet: [Rome-Versailles] Un long, trop long voyage [RP unique]   23.09.11 0:19


« Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... »

L'église San Gregorio al Celio faisait retentir ses cloches. Il y avait foule à l'intérieur, tous en habits de deuil. Rome perdait un grand de la cité, un homme d'Eglise, un homme dont peu avait à se plaindre de son comportement. Beaucoup restaient digne, principalement dans les premiers rangs des bancs de l'église au style Renaissance. Toute la famille Colonna était présente pour l'enterrement de leur cousin, oncle ou autre type de lien. Le connétable Lorenzo Colonna avait mis ses plus habits noirs, tout comme son épouse, Marie Mancini. Anna et Luigi se trouvaient de part et d'autre du couple régnant. Le prince de Paliano palissait à vue d'oeil, ne pouvait détacher son regard du cercueil ou reposait désormais ce père de substitution qui lui avait tant appris. Sa mère posa sa main sur son bras. Elle savait ce qu'avait traversé son fils, elle l'avait vu faire une crise d'angoisse des plus impressionnantes, pleine de chagrin et de souffrance. Il n'était pas au meilleur de sa forme mais restait debout, impassible. Se tenir ainsi relevait presque du miracle mais il était hors de question de manquer l'enterrement de son oncle …
A la fin de la cérémonie, Luigi dut aller s'allonger. Il détestait ce sentiment d'impuissance, cela l'énervait davantage au fil des années alors que sa santé ne cessait de décliner. A force de trop prendre sur lui-même, de faire trop d'efforts et s'angoisser, le voilà alité de force dans sa chambre du Palazzo. Il se demandait ce qu'il se passerait si Louis XIV connaissait sa maladie. Il l'avait toujours caché à Versailles, cachait ses journées au lit dans des missions fictives ou alors prétextait ne pas toujours s'habituer au climat français, une bonne excuse hivernale.
On toqua à sa porte et le visage de Gioeni, sa mère, apparut. Elle vieillissait bien, cet âge mature lui allait magnifiquement au teint, tout comme ce noir. Éternellement inquiète de la santé de son petit dernier, petit qui avait vingt-sept ans tout de même, elle venait voir comment il allait. Elle s'assit sur le rebord du lit et lui caressait la main.

« Mamma, laissez moi … »
« Je sais que la perte de ton oncle est douloureuse. Je ne demande qu'une chose : que tu restes à Rome. Tu n'as rien à faire à Versailles, cela est un tout autre monde pour toi. Reste, défais tes malles. »
« Croyez le ou pas, j'ai à faire à Versailles … Je repartirais demain …  »
« Mais ces voyages t'épuisent, tu le sais mieux que personne. Tu es …
« Malade, je le sais. Le voyage n'est qu'un désagréable moment, mais laissez moi repartir … »


En vérité, il détestait ces longs voyages. Obligé de rester en carrosse la plupart du temps, Luigi languissait et avait le mal des transports. Mais il subirait les pires tortures plutôt que rester dans cette chambre une nuit de plus que celle-ci. Dés le lendemain, le véhicule était chargé, sa mère était en larmes de le revoir partir. Quant à son frère Lorenzo, il avait plus à faire, surveiller son épouse par exemple, que dire au revoir à son cadet. Dans son véhicule aux armoiries des Colonna, Luigi repartit, non sans une joie intérieure. Non, ici il n'y avait plus rien pour lui, Versailles était sa nouvelle vie, son nouvel Eden. Mais avant d'y arriver, une longue route l'attendait.

Et comme à chaque fois, son état se dégradait. Il passait son temps à dormir pour éviter de voir la route, à demander à s'arrêter pour vomir car il ne supportait pas la route trop longue. Quelques heures dans la journée, le prince faisait la route à cheval, à allure modérée, pour prendre l'air sans trop retarder le convoi. Déjà qu'ils allaient mettre plus de temps que les autres personnes, il ne fallait pas non plus faire trop attendre le Roi. Déjà que Luigi ratait son anniversaire, il ne fallait pas trop longtemps déserté son poste d'espion. Il avait matière à faire, tant d'informations qu'il avait laissé passer. Mais il ne pouvait pas aller plus vite, son corps ne supportait pas. Ses domestiques devaient lui donner des breuvages pour rester sur pieds, lui qui détestait toute sorte de médicament, il était bien obligé de se plier à la doctrine médicinale.
Il avait quitté l'Italie après s'être arrêté à Gênes puis Turin, il remontait vers Lyon, Dijon puis se dirigeait vers Orléans avant d'enfin trouver Versailles. Cela semblait simple et rapide mais ça ne l'était pas du tout. Le romain dormait de longues heures en journée mais passait de longues nuits d'insomnies, son rythme n'était pas le meilleur mais il préférait passer sa nuit à la fenêtre que s'ennuyer dans son carrosse à regarder le paysage défiler et ressentir la moindre secousse. Et puis il recommençait à traîner sa langueur, cette mélancolie lancinante qu'il avait réussi à mettre de côté durant des années. Mais la perte de Girolamo l'affectait bien plus que la perte de son propre père. Tournant la bague que son oncle lui avait donné en guise de dernier cadeau, Luigi se rappelait des moments avec lui, ce qu'il lui avait appris, les longues conversations, les remontrances et les moments de complicité. Le cardinal Colonna l'avait façonné pour en faire le jeune homme qu'il était aujourd'hui. Un long soupir vint s'échapper de sa bouche et Luigi regarda à la fenêtre de sa chambre lyonnaise. Tout semblait si calme, il n'y avait pas un bruit. Tout était si tranquille, ce silence aidait à calmer les palpitations du jeune homme, son petit cœur fragile s'emballait trop fort, sans raison apparente mise à part les pensées qui s'entrechoquaient dans son esprit. Il ne montrait pas grand chose mais ne cessait de penser à tant de choses … Ces mêmes pensées qui lui donnaient des migraines affreuses, retardant le convoi à Orléans, le jeune homme devant rester allongé.

Lorsque Versailles se profila au loin, même si ce n'était encore qu'un point d'horizon, Luigi savait son calvaire fini. Ces longs jours de voyage semblaient avoir duré des mois tellement il avait vu les minutes traîner en longueur, s'allonger comme des heures. Luigi s'était changé, troquant des habits confortables de voyage pour un habit de cour, un magnifique pourpoint de velours noir brodé d'or et avec des boutons d'or également. Il portait un deuil, c'était symbolique car il savait bien que son oncle n'aurait pas voulu tant d'hommages. Mais le romain n'avait pas le cœur à porter de grandes couleurs, du moins ces prochains jours. Comme tout, la peine s'estompera avec le temps, même si une douleur supplémentaire s'ajoutait à la collection. Luigi repensait sans cesse au fait qu'il n'aurait pas du vivre longtemps. Toute son enfance, il avait flirté avec la mort et personne ne lui avait prédit qu'il vivrait aussi vieux. Lui-même ne pensait pas passer le cap des vingt ans. Alors déjà vingt-sept années, le voir enchaîner les enterrements et les mauvaises nouvelles, la pilule avait du mal à passer. Son père, sa tante, son oncle, des cousins, des amis, des connaissances … Et savoir que les pires creuvures résistaient, vivaient tranquillement, cela le mettait hors de lui ! Alors puisqu'il ne pouvait ressusciter des morts, il avait dans l'optique de faire passer le Styx à certains ennemis. Dans une cassette, de nombreuses lettres calomniant ses ennemis ancestraux. Il s'en servirait sous peu, mais il devra trouver du soutien car là, il se retrouvait seul avec ses quelques preuves.

La grille du château. Tous ces gardes, mousquetaires, ces vêtements colorés dans la cour royale, ces gloussements, le voilà à nouveau à la maison. Luigi descendit du carrosse et eut du mal à trouver l'équilibre l'espace de quelques minutes. Pâle comme un fantôme, le voyage ne lui réussissait vraiment pas. Là, il s'agissait d'une simple formalité avant d'aller se coucher : rendre visite au Roi, lui donner ses cadeaux d'anniversaire. Il s'agissait d'une grande collection de porcelaine importée d'Orient, de quelques tapisseries. Louis XIV put voir que son espion était bel et bien revenu à la Cour. Luigi lui glissa subtilement qu'il n'était pas prêt de repartir. Quand il retournait à Rome, c'était pour voir son oncle. S'il n'était plus là, à quoi bon repartir ? Après cette brève entrevue, un mal de tête sembla gagner le garçon. Mais happé par une comtesse qui prenait de ses nouvelles, quelques mots lui échappa.

« Il m'empresse de saluer quelques amis, après un peu de repos. D'ailleurs … avez vous vu monsieur Lully, chère madame ? »
« Je ne l'ai point vu mais connaissant son caractère, il doit être terré chez lui, comme à son habitude. »
« Oui, cela paraît si évident … »


Finalement, le repos pourra bien attendre quelques heures, Luigi devait reprendre la route pour quelques kilomètres. A peine revenu, le romain oubliait ses bonnes résolutions de se ménager. Mais que voulez vous, certaines personnes n'attendent pas …

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« Vivre, c'est survivre. »


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