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 Conspiration en lieu sacré [ Marianne ]

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MessageSujet: Conspiration en lieu sacré [ Marianne ]   13.09.10 19:05

La marquise se retourna et s'arrêta. Elle regarda le soleil qui montait doucement dans le ciel, jamais elle n'avait vu un pareil moment, jamais elle n'avait pu en profiter. Elle savait que sortir était un risque, mais elle n'avait pas pu résister à l'idée de voir s'étendre devant elle les jardins de versailles, vides. Elle souffla, impressionnée par le spectacle qu'elle n'avait jamais pu, du moins qu'elle n'avait pris la peine d'observer plutôt. Elle n'était pas du genre à s'émerveiller devant des fleurs , sauf si on lui offrait, et autres grandeurs de la nature, mais elle avait le souffle coupé devant ce spectacle. Les immenses jardins baignés de lumières respiraient devant elle, elle se jura qu'à l'avenir elle prêterait plus attention à ce merveilleux cadre. D'autres avant elle avait dû être témoin de cette splendeur, mais voir les jardins déserts étaient presque un exploit, quelle chance elle avait. Si la Montespan n'avait prévu une petite discussion matinale, elle serait bien restée à admirer le parc ,peut-être même toute la journée qui sait! Mais là n'est pas la question, car la dame devait se hâter de rejoindre la chapelle. Nul besoin de sortir du château me direz vous. Non ce n'était pas une erreur de la duchesse, elle vivait depuis toujours à Versailles et connaissait parfaitement le château,et puis c'était vraiment trop digne d'une débutante. Si elle s'était aventurée ici, c'est parce qu'elle pensait que croiser quelqu'un dehors serait moins embarrassant que dans les couloirs. Il serait plus facile de prétexter admirer les magnifiques jardins, que les marbres qu'elle voyait toute la journée. Elle s'était aussi dit que le parc ne serait pas fréquenté à une heure aussi matinale , et elle avait eu raison. Mais ce n'était en rien une excuse pour traîner! Elle releva les pans de sa robe et rallia du plus vite qu'elle put la chapelle. Plus elle passait de temps à l'extérieur, plus les risques qu'un courtisan sorte s'amplifiait. Oh bien sûr elle pourrait toujours prétexter qu'elle allait prier pour sa mère malade, ou une autre sornette, mais il lui demanderait pourquoi avait elle fait un détour, ou peut être pire, s'il pouvait l'accompagner! Elle se serait retrouvée à devoir jouer la comédie, bien qu'elle en ait eu l'habitude, elle avait d'autre chats à fouetter aujourd'hui. Comme quoi, cette idée n'était pas si bonne après coup. Peut être commencer vous tout juste à comprendre la marquise ne se rendait pas à la chapelle pour prier loin de là! Elle préparait même la pire offense qu'on puisse faire à la religion.


Durant la semaine, elle avait fait passer un mot à Marianne de Mancini, par un valet en qui elle avait toute confiance cela va de soi. Même si le mot ne laissait rien de très compromettant, il fut très embêtant que ce mot soit dérobé ou intercepté. Cela pourrait insinuer que madame de Mancini et elle avait des discussions qui devaient rester très secrète, bien que ce ne soit évidemment pas le cas... Elle voulait juste ne pas être victime d'un maître chanteur comme il était d'habitude à la cour. La Mancini et elle ne se connaissaient pas depuis très longtemps, elle prenait un risque en lui envoyant ce billet, qui sait de quel côté elle se trouvait. Les versaillais étaient toujours très mystérieux, et il ne fallait en rien leur faire confiance, du moins pas sans avoir assuré ses arrières. C'était la leçon que la Montespan gardait toujours en mémoire, car elle en était la preuve vivante. Celui qui osait lui confier la moindre petite anecdote croustillante était sûr que tout Versailles connaîtrait l'histoire dès le lendemain. Certains étaient encore assez bêtes pour se laisser avoir, d'autres s'amusaient à être le centre d'attention, ne serait ce qu'une journée. Ou alors ils n'avaient pas fait le lien entre leur petite confession et la nouvelle rumeur , ce qui était fort surprenant! Après quelques minutes, oui les robes de la marquise ne se prêtaient pas vraiment à des courses effrénées, elle arriva devant la porte de la chapelle. Son coeur s'accéléra , était elle réellement sûre de ce qu'elle faisait? Pouvait elle faire confiance à la Mancini? Toutes ses questions se bousculaient dans sa tête, mais elles n'auraient de réponses qu'avec le temps. Ses doigts se crispèrent sur la poignée de la chapelle, et si elle n'était pas là? L'attendrait elle des heures? Pourtant la jeune femme était déjà quelques peu en retard, à la suite de sa petite promenade dans la cour? Elle jeta un coup d'oeil à droite, puis à gauche, et pour finir elle se retourna. Personne ne la suivait, personne ne l'avait vu, du moins elle l'espérait. Elle se résigna à entrer, après quelques secondes, elle poussa délicatement l'immense porte. Celle ci s'ouvrit dans un péniblement grincement, qui fut sursauter la marquise. Elle essayait de faire le moins de bruit possible, mais plus elle ralentissait, plus le bruit s'accentuait. Elle ne se laissa finalement qu'un mince passage, et se faufila dans la bâtisse sacrée. En entrant elle trempa sa main dans le bénitier et fit son signe de croix, sans même avoir regardé la chapelle. Elle releva la tête et balaya la salle du regard, l'endroit était désert, ce qui la rassurait, mais l'inquiétait un peu. L'italienne n'aurait pas du déjà être présente? Que faisait elle? Et si elle ne venait pas et portait directement ce billet au roi, ou même pire, à la favorite! Celle ci s'arrangerait pour qu'Athénaïs soit vivement congédiée, voir même qu'elle finisse dans les cachots. Mais la montespan devait bien avouer, que si elle avait eut une pareille occasion , elle en aurait aussi profiter. La pieuse femme s'avança doucement dans l'allée , et s'installa sur le quatrième banc , qu'elle avait jugé assez loin pour ne pas être repéré au premier coup d'oeil. Elle posa son regard sur l'orgue, sa compatriote ne tarderait pas, bien sûr. Elle avait dû être intrifuée par le petit mot qu'elle lui avait porter.



«  Je vous salue Marie pleine de grâce... »



La prière de la Montespan fut interrompu par le même grincement, elle se leva et se retourna, Madame de Mancini lui faisait face.
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MessageSujet: Re: Conspiration en lieu sacré [ Marianne ]   02.11.10 19:45

« ….dans deux jours, à la chapelle royale… »
Les mots, les indications de ce billet, Marianne les connaissait par cœur tant elle avait relu ce billet. Mais elle ne l’avait point fait par excitation ou impatience ; ce billet-là était bien plus palpitant qu’un billet amoureux.
Combien de fois l’avait-elle tourné et retourné dans ses doigts fébriles ? Combien de fois avait-elle hésité, alors qu’elle saisissait sa clochette pour mander un messager ? N’avait-elle pas, ces nombreuses fois, songé à remettre cette missive à qui de droit ?

Elle avait dans ses blanches mains le pouvoir de jeter le trouble sur la marquise de Montespan. En ce moment-même, le sort de la femme et ceux de tout ceux qu’elle touchait de sa présence étaient entre ses mains : Amy of Leeds, Gabrielle de Longueville, son maudit frère… elle pouvait assurer un avenir, briser des espérances.
Mais comment alors expliquer un tel piège ? Pour cela, il eu fallut qu’elle se compromette et dans son état actuel, elle n’était pas de taille à affronter le doute qui planerait sur sa conduite. Godefroy se rapprochait d’elle, le roi ne semblait plus exaspéré de ses derniers vers, mieux ne valait pas semer le trouble dans l’esprit des honnêtes gens.
Elle irait à ce rendez-vous, sa décision fut prise à l’instant où elle se mirait dans la glace qui lui faisait face.

Ses rondeurs se cachaient encore sous l’épaisseur du tissu amassé ; voilà qui était préférable. Elle ne souhaitait en aucun cas se montrer en position de faiblesse face à la marquise. Marianne arrangea ses cheveux une fois la camériste partie et ce pinça délicatement le lobe de l’oreille afin d’atténuer les douleurs des lourdes boucles d’oreilles d’émeraudes. Saisissant d’un geste son manteau, elle le jeta sur ses épaules et sortit sans bruit de sa chambre, puis du boudoir attenant.
Les couloirs étaient encore silencieux, mais ce calme trompeur pouvait cacher quelques surprises. Le naturel cependant restait la meilleure comédie : nul, - et à ses yeux : elle encore moins ! - n’était empêché de quitter ses appartements ; néanmoins, son excuse était inlassablement répétée tout le long de sa route.
Prier pour sa pauvre sœur Hortense, pour sa défunte cousine Laure ne pouvait qu’être fondé ; elle pouvait aller jusqu’à prier pour le défunt époux de sa cousine Martinozzi, mais c’eût été frôler l’hypocrisie : Conti n’aurait de sa part pas un seul mot de regret, pas une seule pensée. Les ennemis de son oncle ne pouvaient recevoir son pardon, qu’elles que fussent leurs confessions.

Le soleil transperça les vitres, étalant ses rayons sur le sol du château. Quelques bruits résonnaient au loin, attestant le réveil des courtisans. Invisibles à ses yeux habitués à ne voir que ce qu’elle souhaitait, les serviteurs se pressaient depuis déjà quelques heures afin que l’immensité du palais soit prêt à accueillir la foule grouillante quotidienne. Le moindre échange avec l’un d’eux pouvait la compromettre : elle savait combien ces valets et domestiques parlaient entre eux ; ils étaient bien plus que des yeux et des oreilles pour leur maîtres : ils l’étaient pour les pamphlétaires.

Tournant dans un couloir, Marianne descendit silencieusement les escaliers de marbre et après avoir vérifié une éventuelle présence indésirable, trottina jusqu’à la chapelle et poussa doucement la lourde porte.
Agenouillée telle une dévote hypocrite, la silhouette d’Athénaïs de Montespan se détachait des rangées de bancs, sa voix calme résonnant tel un chuchotis dans le lieu sacré.

Marianne esquissa dans une génuflexion un court signe de croix avant de blasphémer dans ce lieu si saint, en présence-même de son Dieu. En avait-elle conscience ? Oui ! Entièrement !


« Je vous salue Marie, pleine de grâce… »

-Le Seigneur est avec vous…

Poursuivit Marianne dans un sourire poli, observant la jeune femme. Elle jeta un œil à la dérobée au fond de la chapelle et pas mesure de discrétion, s’assit sur le banc en face de la marquise.

-Restez donc à genou, il en sera plus aisé pour parler et les regards indiscrets ne verront que deux femmes priant.

Elle songeait non seulement à cette discrétion formelle, mais également à l’infériorité physique qu’elle imposait à la jeune femme. Elle tourna doucement la tête.

-Il est inutile de vous préciser que j’ai bien reçu votre missive. Je dois vous éclairer sur mes desseins : ils ne seront en aucun cas destinés à aller contre la volonté du roi ou de ses décisions. Je ne puis mettre mon nom en danger.

Foutaises que tout cela ! Si elle admirait l’homme, elle récusait nombre de ses décisions ; l’esprit de Marianne, de plus, ne pouvait accepter d’être aliéné à ce point ; s’il le fallait, elle irait contre le pouvoir. Les Bouillon et Mancini réunis comptaient des âmes prêtes à se damner pour elle. En un éclair, elle aperçu le visage de Nicolas de Ruzé.

-J’espère par ailleurs que vous avez mesuré les risques de tels mots au sein de la cour, marquise. Mais je vous écoute, quel est donc le sujet exact de votre si mystérieuse missive ?

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« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
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