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 [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris]

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MessageSujet: [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris]   [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris] Icon_minitime11.08.10 18:45

Mary attendait. Cela faisait plusieurs jours que l’évènement était arrivé et elle avait toujours beaucoup de mal à s’imaginer que c’était vrai. Ayant grandit complètement isolée au fond d’un château de province, elle avait du mal à s’imaginer le pouvoir des rumeurs avant d’être à Versailles. Ici, jamais on ne gardait un secret : aussitôt dévoilé à une personne de confiance que celle-ci s’empressait d’aller le répéter à un autre confident parfaitement fiable. Ainsi d’oreille sûre en oreille sûre, tout le château finissait par être au courant du moindre petit scandale. La jeune anglaise était horrifiée : plus l’anecdote était insignifiante et plus on en faisait une montagne ! Les gens n’étaient-ils intéressés que parce que ce qui était d’une futilité affligeante ? Et comment aurait-elle pu imaginer être l’objet de l’une de ces nouvelles rumeurs ? Elle qui était toujours si calme, si vertueuse. Plus pour faire honneur à Amy que par réelle conviction bien sûr mais quand même, elle veillait à ce que son comportement soit irréprochable pour éviter justement d’être l’objet d’un scandale. Et puis quelques jours plus tôt….

- Milady !

Anne Smith, sa fidèle lectrice et dame de compagnie dont l’humeur était désespéramment maussade depuis leur arrivée en France, avait déboulé brusquement dans la chambre. Elle était hors d’haleine et sentait la sueur. Visiblement elle avait courut dans tout le château.

- Milady, est-ce vrai ce que l’on dit ?
- De quoi parles-tu Anne ?

Mary était heureuse de sentir que sa lectrice reprenait un peu du poil de la bête et semblait à nouveau s’intéresser à ce qui se passait autour d’elle, c’est pourquoi elle ne lui dit rien sur le fait qu’elle aurait apprécié un peu plus de tenue de sa part.

- Milady, même les domestiques semblent au courant…
- Au courant de quoi ?
- Je pensais que vous me parleriez de ce genre de choses, que je ne doive pas l’apprendre de la bouche de parfaits étrangers !
- Anne, mon amie, tu sais bien que tu es la gardienne de mes secrets. Allons parle !

Anne prit tout son temps pour s’asseoir comme si elle avait besoin de réfléchir aux déclarations de Mary.

- On dit, milady, que vous allez bientôt vous fiancer !

Mary faillit éclater de rire. Elle, se fiancer ? Mais enfin, elle était aveugle, personne ne voudrait l’épouser !

- C’est une rumeur grotesque Anne, et tu es bien sotte d’y prêter attention ! Dis-moi plutôt, qui est donc l’heureux élu ?
- On ne me l’a pas dit milady, je n’ai entendu que l’annonce de vos prochaines fiançailles avec un courtisan du château !- C’est ridicule et je ne veux plus entendre parler de cette histoire ! Nous sommes à Versailles ici Anne, il faut que tu fasses attention aux racontars des domestiques.

Mary avait clôt l’affaire en pensant qu’il n’y aurait pas de suite mais dans les jours qui suivirent, elle entendit chuchoter sur son passage. Anne l’informa qu’on la montrait même ouvertement du doigt. La jeune marquise refusa d’y prêter attention mais tout de même, elle se sentait intriguée. Mais ce matin-là, on lui avait envoyé des cuisines une rose, les cuisiniers la félicitaient pour sa bonne fortune. Mary avait décidé d’envoyer Anne enquêter : elle voulait savoir le fond de l’histoire !

- Et ne reviens pas avant d’être au courant de toute l’affaire !

Mary se demandait qui pouvait bien vouloir lui demander sa main. Il devait s’agir d’un gentilhomme important puisqu’on la félicitait. Mais qui ? Lui ? Non, ça ne pouvait pas être….
Non ça ne pouvait pas ! Dans ses rêves les plus fous, Godefroy de la Tour d’Auvergne venait vers elle lui annonçant que sa femme et lui avaient décidé de se séparer et que l’église leur accordait l’annulation. Elle aurait pu souhaiter la mort de son épouse mais elle n’était pas si cruelle. Elle aimait son mari, la pauvre femme n’y était pour rien si Mary nourrissait des sentiments pour une personne qui ne pourrait jamais rien lui offrir en retour. Ensuite elle convolait en justes noces avec son doux duc. Mais cela n’était qu’un rêve et Mary le savait. Elle n’avait aucun espoir avec Godefroy, cela lui brisait le cœur d’y penser mais il fallait bien qu’elle se fasse à cette idée.

Alors qui ? Un homme important voudrait d’elle ? Pourquoi ? Elle n’était pas riche. On la disait jolie mais cela ne compensait pas le fait qu’elle était infirme. Peut-être un homme tellement laid que même sa fortune et sa bonne situation ne parvenaient à lui fournir une épouse. Il se disait qu’avec Mary, il n’y aurait pas l’ombre d’un problème. La jeune femme frémit à l’idée qu’un vieil impotent la veuille. Ou un rescapé de la petite vérole. Elle ne verrait pas leur disgrâce physique bien sûr mais elle la sentirait en les touchant. Et il faudrait les toucher s’ils se mariaient. Est-ce qu’une aveugle sans héritage conséquent pouvait se permettre de refuser un prétendant sous prétexte qu’il était désagréable à toucher ? Probablement pas !

Un autre scénario se forma alors dans son esprit : celui d’un homme agréable, instruit, à l’hygiène impeccable pour éviter les odeurs disgracieuses, spirituel, la peau douce….mais qui discrètement l’observait lors des soirées à la Cour tout en sachant qu’elle ne pourrait s’en apercevoir. Une sorte de Godefroy mais accessible. C’était trop idéal pour être vrai mais Mary avait envie d’y croire. Là elle n’essaierait pas d’annuler le mariage. Si jamais l’homme en question n’appartenait pas à cette catégorie, elle pourrait toujours compter sur Amy pour trouver un moyen de refuser.

Nous étions en fin de soirée. Mary avait dîné dans ses appartements afin de ne pas offrir le spectacle d’une jeune femme qui a besoin qu’on reste à côté d’elle pour lui tendre les aliments. Anne n’était toujours pas revenue. Bientôt il y aurait la soirée au salon de Vénus. D’assez mauvaise humeur, Mary commanda à une servante de la préparer puis de la guider jusqu’au salon. Mary voulait savoir. Au fond d’elle, elle espérait que la rumeur soit vraie. Elle avait toujours aimé les histoires courtoises où l’on parle d’un amour si fort qu’il traverse toutes les épreuves. Savoir que cela ne lui arriverait jamais avait toujours rendue Mary amère. Les gens qui tombent amoureux au premier coup d’œil, ce n’était pas pour elle. Elle avait aimé un homme rien qu’au son de ses pas mais même là, il s’agissait d’un amour impossible. Le bonheur cesserait-il de lui échapper un jour ? Elle arriva dans le salon et demanda à la servante de l’installer sur un tabouret : elle entendait beaucoup de voix et se faufiler à travers une foule quand on ne la voit pas est un exercice périlleux. Une fois installée, elle commanda un verre de vin. Elle n’en boirait qu’un, pas question de saouler mais cette attente était insupportable. Voulait-on réellement l’épouser ? Et si oui, qui ? Mon Dieu, qui ? Elle espérait qu’Anne saurait où la trouver une fois qu’elle aurait toutes les réponses !
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Paris de Longueville

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MessageSujet: Re: [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris]   [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris] Icon_minitime24.08.10 1:42

Le miroir reflétait au jeune homme une image presque parfaite. Il ajusta les manches de sa longue veste d’un gris perle brodée de fils d’or, et se laissant épousseter les chaussures par un valet, il se jaugea silencieusement, observant le moindre ruban de sa tenue.

En ôtant la lueur ennuyée dans le regard du jeune homme, celui-ci n’avait rien à modifier à sa tenue ou son attitude, et se jetant à lui-même un sourire convaincu, il se détourna brusquement du miroir, faisant reculer prestement le valet à ses pieds.


-Monsieur le prince est d’une perfection inimitable !

Le valet de chambre se courba légèrement dans un sourire hypocrite que Paris eu envie d’effacer d’un seul geste. Il détestait cet homme plus encore que ses paroles emplies de miel, et il savait ce qu’aujourd’hui ce dont ce Belvain se délectait au plus haut point.

-Belvain, vous m’effacerez ce sourire de votre visage avant que je ne me plaigne à qui de droit de vos tentatives pour m’empoisonner l’existence. Je doute que mon oncle, qui vous a placé auprès de moi, apprécie vos manières peu jésuites.

Le jeune homme avait lancé ces quelques mots de sa voix la plus désinvolte en apparence, mais malgré sa jeunesse, Paris avait ce talent particulier de faire comprendre en peu de mots tout ce qu’il ne disait haut.

L’homme renifla silencieusement, et attendit que le jeune maître eu quitté la pièce avant d’amorcer quelques gestes obscènes.


-Votre altesse, mademoiselle de Vauselle vous attend depuis quelques minutes. Elle ne veut quitter le salon tant qu’elle n’aura pu vous entretenir.

La voix basse de son valet n’avait percé aucune tapisserie, et Paris fronça le nez à ce nom. Les jeux avaient commencé aux salons, et il ne s’admettait aucun retard. L’épreuve qui l’attendait alors lui accaparait chaque pensée, et nulle ne pouvait s’échapper pour rencontrer la jeune comtesse de Vauselle.

Paris soupira brièvement et autorisa l’entrevue d’un regard las à son valet. Celui-ci ouvrit sans un mot la petite porte menant au petit salon.
A bruit de la poignée, la jeune fille se retourna, faisant virevolter quelques mèches d’une blondeur fade, et son sourire enjôleur anima son visage encore poupin.


-Oh ! Monsieur ! Je vous ai tant attendu que je n’espérais plus vous voir ! Dites-mi que ce soir vous serez encore à moi !

Nul à l’instant n’eut pu deviner les véritables pensées du jeune homme, alors qu’il affichait le plus franc sourire, saisissant doucement les mains de la jeune femme qu’il portait à ses lèvres.


-J’ai moi aussi osé espérer que ce soir pouvait nous laisser à nouveau si seuls, malheureusement, vous connaissez es obligation, Jehanne. Je ne puis me détourner de mes fonctions !

-Qu’elles sont-elles ? Peut-être puis-je vous aider à vous en défaire,
minauda la jeune fille pleine d’espoir ?

Paris soupira doucement, masquant l’ennui qui pointait. Sa faiblesse l’avait encore devancé, et il n’avait su renvoyer la jeune femme lorsqu’il était encore temps.
Allons. Que faire à présent ? Se montrer franc, au risque de la perdre définitivement ? La demoiselle, malgré sa fadeur, possédait une chevelure délicate, et ses manières, quoique trop innocentes, étaient exquises. Il eu été dommage de perdre une si belle créature.
Fallait-il porter ce masque ordinaire ?

D’un seul geste, la jeune femme avait entouré la nuque du jeune homme de ses mains frêles, et reposait sa tête sur son épaule, enfermant toutes volontés de Paris. Retenant un grognement, il joua distraitement avec une mèche blonde qu’il enroulait autours de son index, ignorant les roucoulements de la jeune fille.


-Ce qui est ennuyeux, Jehanne, c’est que cette obligation ne peux être partagée. Je vous en eu bien fait profiter, mais je doute que ma…promise ne prenne ombrage de cela.


Que ce mot avait été dur à prononcer ! L’idée l’était d’autant plus que Paris la récusait en bloc. Mais malgré lui, le terme avait fait mouche, et Jehanne de Vauselle recula d’un geste, le fixant d’un regard presque horrifié.


-Vous voilà donc fiancé ?!


Un court silence ponctua ses paroles, pendant lesquelles le jeune homme ne su que répondre. Mais Jehanne n’attendit pas, et un rire sonore éclata dans la petite pièce.


-Vous ?! Paris de Longueville, vous vous mariez donc ?! Voilà qui est fort plaisant !!
Cessez de vous moquer, monsieur !


Paris oscillait entre une lassitude qui ne le quittait plus depuis quelques jours, et une irrépressible envie de la faire taire d’une seule fois. Seule son éducation l’empêcha de vexer la jeune comtesse, et dans un sourire ampoulé, il conclu brièvement, menant la jeune femme vers la porte d’un geste plus sec.


-Hélas mademoiselle, j’eusse préféré que cette nouvelle ne soit qu’une plaisanterie, mais il n’en n’est rien. Aussi, pour ne pas manquer à mes obligations, je dois vous quitter.


Il ne laissa aucune seconde à la jeune femme, et la laissant stupéfaite aux bons soins de ses valets, il quitta ses appartements, et rejoignit prestement les salons, où la musique retentissait depuis de nombreuses minutes.

Jamais soirée n’avait paru si éprouvante au jeune homme, et en cet instant, il ne ressentit que cette envie de fuir, de quitter Versailles, et de retrouver cet hôtel si sécurisant rue Saint Antoine. Peut-être même Gabrielle s’y trouverait-elle, et pourrait-elle l’appuyer, trouver des arguments afin de faire plier leur mère sur cette décision. Sans nulle doute Gabrielle saurait le soutenir, et plongeant un cour instant quelques années auparavant, il revit Gabrielle le consoler d’une sévère réprimande maternelle.

Se faufilant à travers les courtisans, il sourit à ce vieux souvenir. Quels âges pouvaient-ils avoir ? 6ans ? 8ans ? Il lui semblait parfois que ce temps était bien trop loin, et que l’avenir n’était qu’une sombre allée dont l’issue lui semblait incertaine.

Paris échangea instinctivement de nombreux sourires et signes de têtes, tentant d’apercevoir la silhouette de la jeune femme qu’il cherchait des yeux.
On la disait jolie, douce et d’un naturel affable. Il ne doutait pas de ce mince portrait, et depuis de nombreux jours, il avait cherché à dresser une image de a jeune femme qui lui avait été promise.

Douce signifiait sans nul doute naïve. Allons donc…qu’allait-il faire d’une femme naïve ?! Il n’était pas homme à se marier, redoutant cet attachement unique, dans sa volonté de fidélité. Jolie pouvait masquer une figure commune aux traits innocents. Elle ne devait donc certainement pas être réputée à la cour pour sa grande beauté, à l’instar de sa mère ou de sa sœur, dont on ne cessait de vanter les traits si parfaits. Affable ? Paris ne doutait plus d’une gentillesse exacerbée, peut-être à l’extrême. La jeune femme devait manquer de culture, ou posséder une de ces tares qui rendent les gens si peu brillants en société.

De ce portrait, on pouvait donc aisément conclure que la jeune Mary de Leeds était d’une forte crédulité, doté d’un physique peu attrayant, et à l’esprit trop éteint pour un homme aussi éclairé que l’était le jeune prince.

Il était donc fort compréhensible que Paris, dès l’instant où il aperçu la jeune femme, fut non seulement surpris, mais également méfiant des mots que celle-ci pourrait prononcer.
Mais sur l’heure, le cœur battant plus qu’il ne le souhaitait, il sentait sur lui le poids de son honneur et saisissait délicatement la main de la jeune femme.
Pour une rare fois, il entendit à peine la voix à ses côtés.


-Mademoiselle de Leeds, monsieur le prince de Neuchâtel.


-C’est un honneur, mademoiselle.

Se redressant, il chercha une contenance. Paris connaissait assez la cour pour être mis au fait de la cécité de la jeune femme, et à ses yeux, il voyait ce choix maternel comme un coup bas. Longtemps il avait décrété qu’elle avait choisi cette union pour lui donner cette pitié qu’elle réclamait depuis tant d’années ; peut-être même espérait-elle voir ce fils chéri devenir l’homme dont elle devait certainement encore rêver.
Il étouffa à nouveau une petite moue, et souriant aimablement, força la conversation.


-Versailles vous est-elle agréable, mademoiselle ? Avez-vous fait quelques rencontres ? Je doute que la duchesse de Wyatt, votre sœur, ai omis de vous présenter à son aimable compagnie.


Il sourit dans un soupçon de doute : le voyait-elle seulement ?

______________________



"Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables,
et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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MessageSujet: Re: [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris]   [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris] Icon_minitime06.09.10 1:52

[Je ne suis pas fière mais c'est tout ce que je peux pondre en pleine nuit! Je me rattraperai sur la suite promis]

La jeune femme était sur des charbons ardents. Le moindre bruit la faisait sursauter. A chaque messe basse, elle croyait entendre son nom. Elle était furieuse :

*Ils savent, ils connaissent les détails et ils ne me disent rien, ça les amuse de me voir ignorer quel sera mon destin !*

Elle se reprit. Décidément, elle était en train de sombrer dans la paranoïa la plus complète. L’air de Versailles lui était-il réellement bénéfique ? Il y avait Amy bien sûr mais pour qui avait vécut toute sa vie cloîtrée et protégée, cette atmosphère délétère où l’on se délectait du malheur des autres avait quelque chose proche de l’Enfer !

*Allons Mary !*

Mon Dieu, elle était en train de devenir folle. Si ça se trouve, il ne s’agissait que de racontars et voilà qu’elle se mettait dans tous ses états. Cela en valait-il réellement la peine ? Elle était à une fête, il lui faudrait donc s’amuser. Elle soupira à cette pensée mais reprit petit à petit une contenance. Elle se demandait si les gens aux alentours avaient perçu toute la tension qui l’habitait. Sûrement, la preuve étant que personne ne venait lui parler. Ils devaient se dire qu’elle attendait son fiancé.

Son fiancé. Allons donc, rêve-t-on d’un homme dont on ignore tout ? Elle rêvait bien de quelqu’un. Malgré elle, ses pensées dérivèrent à nouveau vers le duc de Bouillon. Il était venu à sa rencontre, il lui avait parlé de cette belle voix, douce comme une caresse. Il avait des intonations nobles, de celles qu’on prête aux héros des romans ou des pièces de théâtre. Un chevalier en quête d’honneur devait avoir ces accents-là, Mary en était sûre. Il se déplaçait avec l’assurance d’un homme qui sait qu’il est à sa place. Les vaniteux déplacent plus d’air qu’il n’est nécessaire comme s’ils ne pouvaient justifier leur rang qu’en prenant des airs supérieurs. Godefroy ne prenait aucun air, il était supérieur, tout simplement ! Et il ne s’en vantait pas, il se comportait simplement comme quelqu’un qui fait partie des hautes classes de la société. Sa peau devait être douce. Et ses lèvres. Mary les imaginait déjà sur le dos de sa main, plus légères que les ailes d’un papillon. Oui, c’était un homme capable de traiter les femmes avec délicatesse. Aaah cette sensation sur le dos de sa main…


-Mademoiselle de Leeds, monsieur le prince de Neuchâtel.

-C’est un honneur, mademoiselle.


Mary sursauta : quelqu’un lui avait réellement prit la main pour la lui baiser ! Un prince qui plus est. Ah ça, elle devait passer pour une parfaite idiote. Elle qui voulait faire honneur à Amy…

- Monsieur !

Fort heureusement, elle avait apprit à reprendre rapidement contenance. Elle perçut le mouvement au moment où le prince se redressa et tourna la tête dans cette direction. La voix était jeune et fort agréable à l’oreille. Il devait avoir son âge ou être très légèrement plus jeune. Il avait néanmoins le ton assuré du jeune garçon qui sait qu’il n’est pas dénué de charme.

-Versailles vous est-elle agréable, mademoiselle ? Avez-vous fait quelques rencontres ? Je doute que la duchesse de Wyatt, votre sœur, ai omis de vous présenter à son aimable compagnie.

- Certainement Monsieur, Versailles est très différent de tous les endroits qu’il m’a été donné de connaître dans ma jeune existence. Et l’on y rencontre des gens fascinants.

Elle vérifia en allongeant le bras qu’il y avait suffisamment de place pour une deuxième personne sur la banquette où elle était assise. Après tout, quelqu’un se décidait à lui parler, elle n’allait pas laisser passer l’occasion. Et puis qui sait, la conversation de ce jeune homme pourrait la détourner de ses préoccupations, que ce soit son promis inconnu ou les sentiments qu’elle nourrissait à l’égard d’un homme marié.

- Ainsi vous connaissez ma chère sœur Amy, je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous rencontrer avant ce soir pourtant !

Mary se rendit compte trop tard de ce que sa remarque pouvait peut-être paraître grossière. Non, à la réflexion, elle l’avait très certainement été. Pour sa défense, la jeune marquise avait été assaillie depuis son arrivée de jeunes flatteurs qui se prétendaient de grands amis de sa sœur dans l’espoir d’en apprendre assez sur la favorite pour entrer dans ses grâces. Depuis, Mary était sur la défensive. Un peu trop d’ailleurs : un prince ne devait pas avoir besoin de faire partie du cercle très fermé des amis de sa sœur pour acquérir un certain prestige.

- Mais il est vrai que je ne suis à Versailles que depuis quelques semaines seulement, je n’ai pas encore le loisir de rencontrer tous les amis de ma sœur.

La jeune femme n’était pas sûre d’être parvenue à se sortir de l’épineuse situation dans laquelle elle s’était mise. Pire, il était impossible que tout ce qu’elle pourrait dire ou faire pour s’en sortir ne fasse qu’aggraver les choses ! Elle se refusait néanmoins à se résigner : elle attrapa le bras du jeune homme en signe d’excuses. Elle espérait qu’il n'en prendrait pas ombrage mais en tant qu’aveugle, elle était très tactile vu qu’il s’agissait de son seul contact possible avec ses interlocuteurs.

- Je vous prie de m’excuser, je suis une incorrigible curieuse. Je vous supplie de ne surtout pas m’en tenir rigueur !

Anne lui avait souvent dit que son sourire angélique ferait fondre le Diable lui-même aussi Mary adressa son plus beau au jeune prince. Enfin beau, du moins le supposait-elle.

Seigneur, qu’il était compliqué de parler à un homme. Mary n’avait jamais parlé à d’autres hommes que son père qui n’était jamais ravi de lui faire la conversation. Et puis, il y avait eu Godefroy. Avec cet homme-là tout avait été facile, du début à la fin. Elle n’avait pas commis la moindre maladresse comme si sa bouche avait été faite pour s’entretenir avec lui et rien qu’avec lui. Pourquoi fallait-il donc que la vie soit si cruelle ?

Non, il ne fallait plus qu’elle pense à lui. Ce serait plus aisé une fois qu’elle serait mariée. Et d’ici-là, il y avait là un courtisan, de toutes évidences bien de sa personne, qui lui prêtait attention. Mary se reprit, une fois de plus, et elle s’intéressa un peu plus au prince.


- J’ai déjà passé des moments privilégiés avec mademoiselle de Comborn, mademoiselle de Monaghan, madame de Norfolk, et monsieur de la Tour d’Auvergne.

D’un seul coup, ce fut comme si quelqu’un avait allumé une chandelle dans la mémoire de Mary : elle avait déjà entendu parler de Paris de Longueville, prince de Neufchâtel. En effet, ses frasques étaient connues de tous à Versailles. On le disait grand amateur de femmes et plus spécifiquement de leur anatomie que de leur philosophie. Mary se retint d’éclater de rire, elle avait dû sans le vouloir donner l’impression au prince qu’elle aimerait le connaître plus intimement. D’un seul coup elle lui lâcha le bras et le plia soigneusement sur son ventre. Décidément, elle faisait preuve d’une horrible maladresse avec cet homme ! Il s’agissait donc de réparer le malentendu !
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Paris de Longueville

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MessageSujet: Re: [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris]   [salon de venus]Puisqu'il nous faudra partager nos vies, rencontrons-nous donc![Paris] Icon_minitime14.10.10 23:14

Peu de situations pouvaient intimider Paris, et celle-ci en faisait malheureusement partie. Il ne parvenait à chasser de son esprit cette entrevue dans les sombres pièces du couvent de Port-Royal, et la volonté maternelle de l’enchaîner à la créature la plus faible qu’on puisse trouver.

Faible, oui ! Comment pouvait-il duper, tromper, trahir la confiance d’une jeune aveugle ?! Si la liberté le rendait libre de nombreux mouvements, la morale hélas n’avait su le quitter si rapidement, et il devait se l’avouer à contrecœur : trahir cette jeune anglaise faisait jaillir quelques scrupules.
Il avait si longtemps craint ce jour qu’il avait espéré être lié à ces jeunes sottes qu’il était aisé d’étourdir ; ces jeunes roitelets qui fermeraient les yeux sur sa conduite, trop heureuses de porter son nom si illustre.
Mais comment agir ainsi avec Mary de Leeds, jeune anglaise perdue dans une impitoyable cour française ?

Il ne parvenait à agir naturellement, mesurant chacun de ses gestes, pesant chacun de ses mots. Il devait percer cette couche de vernis que l’étiquette leur imposait, avant de mieux connaître la jeune femme. Après peut-être pourrait-il entrevoir quelques espoirs sur leur condition à venir.

Il avisa le geste de la jeune femme, et relevant les pans de sa longue veste sombre, s’assit doucement aux côtés de la marquise de Leeds. Un instant, son regard s’arrêta sur le visage non pas impassible, mais presqu’inquiet de la jeune femme. Si son visage était tourné vers lui, ses yeux se perdaient, fixant un point invisible. Que pouvait-elle voir ? Même ressentir ? Comment parvenait-elle à vivre dans ce monde éternellement nocturne ?

Pourtant, il fit appel à toutes ses leçons avec le père Bouhours, et chaque phrase de son père lui revenait à l’esprit lors de ces leçons.


- Ainsi vous connaissez ma chère sœur Amy, je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous rencontrer avant ce soir pourtant !

-Votre sœur, mademoiselle, est l’une des plus adorables femmes de la cour ! Nul ne peut venir à Versailles sans la connaître ; ainsi, chacun se targue de savoir le nom de la duchesse de Wyatt, mais peu ont l’honneur d’être parmi ses amis.
Je ne puis cacher qu’à présent, je serais honoré de connaître réellement votre sœur.


Il avait instinctivement souri, de ces sourires de convenance dont on usait pour ne point faire sombrer une conversation ; mais la jeune femme lui avait fébrilement entouré le bras de sa main, alors qu’il lisait sur son visage comme une expression d’excuse, mêlée à une touche d’agacement.

Rien de pouvait plus déstabiliser Paris que ce contact si franc sur son bras. Et plus encore que la jeune femme, il ressenti comme un goût de stupidité dans ses propres manières. Il ne s’agissait que d’une jeune femme comme toutes celles qu’il croisait à Versailles ! Pourquoi celle-ci le déstabilisait autant ? Ses yeux étaient peut-être allumés d’un tout autre feu, mais son visage, sa voix, ses manières restaient celle de toute demoiselle élevée au sein d’une cour, certainement entourée de précepteurs des plus brillants.
Etait-ce alors cette simple idée de partager un avenir avec cette jeune inconnue ? Certainement. Rien n’était plus insupportable à Paris qu’une partie gagnée sans jouer. Cette jeune fiancée lui avait été imposée, comme lui-même lui avait certainement été choisi…ou proposé.

Un court instant, observant silencieusement le bras de la jeune fille, il sourit, songeant que tous deux n’étaient que victimes des désirs de gloire familiaux. N’étaient-ils donc pas dans cette même galère, ramant contre un courant bien trop fort ?

Il posa courtoisement sa main sur celle de la jeune fille, comme pour la rassurer de paroles qu’elle pouvait avoir prononcé trop rapidement. Puisque tout deux n’avaient demandé cet avenir, il ne pouvait l’en blâmer, et son éducation de gentilhomme lui lançait quelques scrupules s’il songeait à l’ignorer.


- Je vous prie de m’excuser, je suis une incorrigible curieuse. Je vous supplie de ne surtout pas m’en tenir rigueur !

Il reposa son regard sur le visage rosi de la jeune femme. Bien trop innocente pour être dupée ! Ce sourire si franc ne recélait que bonté et douceur ; l’homme qui chercherait à se l’aliéner passerait pour cruel.

-Ne suppliez pas, mademoiselle, je ne tiens jamais rigueur de ces curiosités ; je les apprécie d’ailleurs à juste titre. Posez-donc toutes les questions qui vous semblent futiles sur cette cour, et goûtez à cette chance d’avoir à présent à vos côtés une personne pouvant répondre à vos interrogations !

Toute autre jeune femme aurait rit à ces paroles pourtant sincères, mais se serait confié sans peur au jeune homme. Cet esprit pourtant si libertin savait écouter chaque cœur féminin, et conserver pour lui les secrets les plus intimes qui ne devaient être dévoilés.
Il ne relâchait que les moindres à ses yeux. Les seules craintes des femmes résidaient en ce tri : quelle phrase, aux yeux du prince, paraissait importante ?

L’apparente fragilité de Mary de Leeds résignait pourtant Paris à cette discrétion qu’il savait affectionner. Ce sourire éclairant ce visage autrefois éteint lui était-il réellement destiné ?
Devant un tel visage, une telle franchise, un huguenot aurait renié sa foi, et son père se fut fait au Mazarin !

- J’ai déjà passé des moments privilégiés avec mademoiselle de Comborn, mademoiselle de Monaghan, madame de Norfolk, et monsieur de la Tour d’Auvergne.


-Monsieur de la Tour d’Auvergne ?

Paris haussa un sourcil inquisiteur, mais non exempt d’intérêt. Un mince sourire effleura ses lèvres, et tournant la tête, il posa son regard sur la salle, songeur.
La Tour d’Auvergne. N’était-ce pas l’époux de la duchesse de Bouillon ? N’était-il pas cet homme froid, distant, si contrasté avec les manières empruntées de cette petite sotte de manchine ?

Paris reporta son regard sur la jeune anglaise, ne cherchant plus à savoir si la marquise sentait se sourire, ainsi que toutes les pensées qui avaient jailli dans son esprit tortueux. Elle était l’innocence même. Il avait jusqu’alors autant refusé ce mariage qu’une souffrance qu’il lui infligerait. Mais la pousser vers un homme d’honneur, de paroles, d’une droiture sans faille ne pouvait la faire souffrir plus qu’il le pourrait lui-même. Qu’importe ce mariage italien, la duchesse ne pourrait s’en plaindre !

Ôtant sa main de celle de Mary de Leeds, Paris adopta ce regard franc : celui dont il usait à la perfection et pouvait tromper même les plus avertis.


-Monsieur de Bouillon est un homme des plus remarquables de la Cour. Son sens de l’honneur le sert chaque jour, et nul ne peut se plaindre de cette grande culture. Nos deux familles partagèrent un but commun il y a encore fort peu de temps.

Il n’était nullement nécessaire de s’étaler sur les revirements des Bouillon quelques années auparavant, faisant sombrer une entente dans un abîme de circonspection. Le jeune homme lui-même, par mimétisme familial, conservait une certaine rancœur contre le jeune duc, pourtant innocent de ce passé.
Mais son regard satisfait s’assombrit aussitôt à la vue du naïf comte de Puinissau. De ses gestes efféminés à son sourire de jeune fille, tout en lui ennuyait le jeune prince ; seule la complaisance publique le fit se lever et saluer le nouvel arrivant qui se courba plus bas que terre, manquant de perdre quelques rubans aux pieds du duc de Longueville.

D’un geste haut il releva l’opportun, se forçant à conserver un sourire de convenance pour le présenter à la jeune femme. Quelques mots suffiraient pour faire comprendre à ce merle que sa place n’était pas à côté d’un prince, mais loin dans les jardins, à l’affût de quelques mignons échappés des boudoirs du duc d’Orléans.


-Mademoiselle, voici monsieur de Puinissau, arrivé depuis peu parmi nous.

-Merci, monseigneur. Mademoiselle, votre nom est parvenu jusqu’à mes oreilles ! Permettez-moi de vous adresser toutes mes félicitations pour cette union. Votre science ne peut que s’accorder à l’infinie culture et délicatesse de monsieur de Villelonge !
Monseigneur, l’on dit que madame la duchesse votre mère se réjouit de votre décision. Recevez tous mes hommages !


Le regard balayant la salle, Paris sursauta soudainement, manquant de s’étouffer, et d’un geste sec, pivota de stupeur.
Villelonge ? Union ? Quelle était cette mascarade ! sa mère ne l’avait-elle point entretenue de Mlle de Leeds ?
Conservant un calme olympien, le jeune homme congédia d’un geste bref Puinissau qui se confondit en courbettes obséquieuses avant de disparaître. Mais dans son esprit, les rouages de son cerveau ne cessait de fonctionner.
Que sa mémoire veuille bien le soutenir ! Qu’avait-donc écrit la duchesse dans cette dernière lettre ?! Mademoiselle de Leeds ? Mais n’était-ce pas cette mademoiselle de Lièdes ? Marie de Lièdes ?

Paris s’assit lourdement, le regard fixe, les entrailles nouées et le cœur battant. Il ne pouvait s’agir de cette idiote de Lièdes. Ses cheveux ternes, ses dents gâtées des quinze ans, son rire de pie…non, c’était impossible !
S’agirait-il d’Amy de Leeds ? Cette seule pensée le fit sourire malgré la stupeur.
Il devait savoir si Puinissau touchait la vérité, ou s’il avait été dupé. Il devait tirer cette information de la bouche la plus innocente qu’il pu trouver à cet instant : sa voisine, la douce Mary de Leeds.

Il joua négligemment par instinct avec l’anneau qui encerclait son annulaire, observant silencieusement la jeune femme sans quitter ce sourire policé.


-Monsieur de Villelonge ? L’on me vante ses mérites chaque jour, sans que je n’aie pu avoir ce plaisir de le rencontrer. Avez-vous eu cette chance, mademoiselle ?

Paris posa un regard faussement honnête sur la jeune femme, trahissant la voix sincère dont il usait. Cet orgueil naturel le poussait à ne pas s’inquiéter des sons ironiques que recélait ce timbre si particulier, et son esprit ne se concentrait que sur ce Villelonge.

Puinissau avait cet indéniable atout d’être utile lorsqu’on ne le désirait pas à ses côtés. Villelonge n’était pas à la cour, Paris en aurait livré Gabrielle à un Mancini. Il avait près du double de leur âge, et cultivait une unique bibliothèque dans un manoir provincial bourguignon, retiré de toute civilisation un tant soit peu intéressante.

Qui que soit le fiancé de Mary de Leeds, s’il ne s’agissait de lui-même, cela ne pouvait être Villelonge.
La perplexité le tenailla, alors qu’il songeait à son propre sort.


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et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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[Désolée pour cet impardonnable retard! Voilà j'ai rajouté un ch'tit noeud au quiproquo pour me faire pardonner^^]

Mary apprécia que le jeune homme ne lui tienne pas rigueur de sa conduite. Peut-être était-il tout simplement habitué à la franchise et à la vulgarité habituelle des femmes de la Cour et du coup, il s’attendait à ce qu’elle en fasse preuve de la même désinvolture. Mais si les péronnelles de Versailles tenaient à compromettre leur honneur par une attitude indigne, elle, Mary, voulait à tout prix conserver cette bonne éducation transmise par ses gouvernantes. Et elle savait également qu’Amy n’en attendrait pas moins d’elle.

-Monsieur de Bouillon est un homme des plus remarquables de la Cour. Son sens de l’honneur le sert chaque jour, et nul ne peut se plaindre de cette grande culture. Nos deux familles partagèrent un but commun il y a encore fort peu de temps.

Mary sentit la chaleur de la pièce devenir un peu plus forte. Pendant deux secondes, elle eut l’impression que ses joues étaient en feu. Mon dieu, rosissait-elle ? Elle espérait bien que non ! Elle qui venait de s’enorgueillir de la façon dont elle conservait son honneur, si un jeune homme bien né la surprenait en train de rougir comme une écervelée rien que parce qu’elle entendait des compliments sur un homme de la Cour…

Elle chassa ses pensées et se concentra sur ce qui se passait autour. Elle fut sauvée par l’intervention d’un courtisan. Celui-ci, la voix criarde et désagréablement nasillarde, l’odeur nauséabonde de l’homme qui refuse de prendre soin de son apparence, le geste brusque et la paume des mains rappeuse, fut présenté par son interlocuteur comme monsieur de Puinissau. Opinant légèrement du bonnet, elle remercia le prince de Neufchâtel pour l’information. Ensuite elle se tourna vers le nouvel arrivant, se dirigeant à l’odeur pour être sûre de lui faire face.


- Monsieur de Puinissau, c’est pour moi un honneur de faire votre connaissance !

Ciel, mais quelle odeur ! Pourquoi fallait-il absolument qu’il lui reprenne la main afin de la baiser ? Si elle n’avait pas été infirme, elle aurait chercher Anne afin qu’elle lui trempe la main dans une bassine remplie à ras bord d’eau de rose !

-Merci, monseigneur. Mademoiselle, votre nom est parvenu jusqu’à mes oreilles ! Permettez-moi de vous adresser toutes mes félicitations pour cette union. Votre science ne peut que s’accorder à l’infinie culture et délicatesse de monsieur de Villelonge !
Monseigneur, l’on dit que madame la duchesse votre mère se réjouit de votre décision. Recevez tous mes hommages


Monsieur de Villelonge ? Qui aurait cru que ce malodorant importun serait l’homme qui lui donnerait enfin l’information qui apaiserait son cœur ? Certainement pas elle et durant un temps – fort court bien entendu – elle s’en voulut de s’être plainte de ses handicaps. Après tout, il venait très courtoisement de la féliciter pour ses fiançailles.

- Je vous remercie monsieur ! Il est vrai que cette union est un grand honneur pour moi ainsi que pour ma famille. Voir qu’un gentilhomme tel que vous partage mon bonheur ne pouvait pas m’apporter plus de plaisir !

Mary était sûre qu’aucun des deux hommes n’avaient pu soupçonner qu’elle n’avait pas la moindre idée sur le sujet. Mademoiselle de Comborn avait été ferme lorsqu’il s’était s’agit de faire son éducation : à Versailles, il fallait sauver les apparences. Son promis était donc un homme cultivé et délicat. C’était une bonne chose. Quoi qu’être plus délicat que monsieur de Puinissau ne semblait pas être un tour de force mais Mary voulait croire qu’à défaut d’être heureux, son mariage ne serait pas malheureux.

-Monsieur de Villelonge ? L’on me vante ses mérites chaque jour, sans que je n’aie pu avoir ce plaisir de le rencontrer. Avez-vous eu cette chance, mademoiselle ?

Le prince de Neufchâtel venait, sans s’en rendre compte de la mettre en difficulté. Mary décida de ne pas mentir une nouvelle fois, elle avait horreur de cela ! Elle se contenterait donc de travestir la vérité.

- Hélas non monsieur, je n’ai pas encore eu ce plaisir mais l’on m’a vanté ses louanges et en tant que futur épousée, je m’estime chanceuse. L’on voit tant de jeunes femmes livrées à des hommes rustres ou aux mœurs un peu trop légères !

Elle espérait qu’aucun de ses compagnons ne prendraient la remarque pour lui. Après tout, ils étaient tous deux fort aimables avec elle. La jeune anglaise se sentait néanmoins soulagée de pouvoir mettre un nom sur la promesse de mariage. Elle s’appellerait madame de Villelonge. Mary de Villelonge. Les français ayant la mauvaise habitude de franciser tous les prénoms étrangers, ils l’appelleraient Marie de Villelonge. Elle ne trouvait pas cela laid. Son futur mari était-il aussi délicat qu’on le disait ? Avait-il de la conversation ? C’était de nouvelles questions mais maintenant qu’elle avait le nom, elle pourrait se renseigner sur l’homme. Ainsi même si ses interlocuteurs lui avaient mentit sur son fiancé afin de la flatter, elle finirait par savoir la vérité.

Mary sentit son visage se détendre, elle s’installa plus confortablement sur sa banquette. Elle médita sur la seconde partie des flagorneries du pestilentiel Puinissau et se tourna donc vers le prince. Au moins son odeur à lui était agréable.


- Ainsi monsieur, votre mère a tout lieu de se réjouir de votre décision, pardonnez mon indiscrétion, mais seriez-vous également sur le point de convoler en juste noces ? Auquel cas, recevez mes hommages !

Si la réputation du jeune homme était telle qu’on la décrivait, la jeune anglaise ne put s’empêcher de plaindre intérieurement l’heureuse élue. Elle avait un jour entendu une courtisane dire à l’une de ses amies :

- Mon mari est si infidèle que je ne suis même pas sûre que les enfants soient de moi !

Ensuite les deux femmes avaient éclaté de rire. Pour sa part, jamais Mary n’aurait accepté de retrouver son époux alors qu’il venait de quitter un lit orné d’une femme qui n’était pas la sienne. Cela dit, au moins il était galant et sa conversation était plaisante. Mary ne demandait qu’à parler un peu plus avec lui. Après tout, peut-être après pourrait-elle reparler de son propre mariage et tenter de glaner quelques informations sur son futur époux.
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Paris de Longueville

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Dame ! Voici que la douce marquise remuait le stylet dans la plaie ! A ces dires, cette union avec ce Villelonge semblait donc scellée et réelle ! Idiot ! Que n’avait-il pu réfléchir avant de se lancer dans cette entrevue dont il n’en voyait plus l’issue ?
Paris se mordit la lèvre, rassuré que la jeune fille n’ait pu le voir et jeta un œil noir à Puinissau avant que celui-ci ne parte. Cet emplumé n’avait-il pu garder sa langue et attendre que la nouvelle de sa propre union fut rendue publique ? S’il n’aimait pas Puinissau au quotidien, ce jour lui fit simplement le détester. Mais le gentilhomme puant était à l’heure actuelle le cadet de ses soucis, Mary of Leeds étant toujours à ses côtés, comme disparaissant au travers d’un épais brouillard hivernal. Sentait-elle sa propre crispation ? Devinait-elle la perplexité dans laquelle l’avait plongé les mots de Puinissau ? Il s’efforça d’adopter une attitude naturelle, se détendant au son de la musique qui résonnait dans le salon.


- Ainsi monsieur, votre mère a tout lieu de se réjouir de votre décision, pardonnez mon indiscrétion, mais seriez-vous également sur le point de convoler en juste noces ? Auquel cas, recevez mes hommages !

Paris hocha la tête inutilement, par réflexe. Des hommages, certes, mais pour quelle noce ?! Quel nom serait attaché au sien, s’il ne s’agissait de Mary of Leeds ? Celle-ci n’avait objecté la remarque de Puinissau ; c’est qu’il ne devait avoir tort. Cet acquiescement muet était pour Paris comme une pierre tombale l’enfermant dans ses doutes. Il se sentait dupé, tel le dindon d’une mauvaise farce de Molière.

-Cette nouvelle, mademoiselle, n’est pas encore connue et je crains que monsieur de Puinissau, quelles que soit ses….senteurs, lança-t-il d’un ton ironique, tâchant d’amener la jeune fille à ses côtés, n’ait la langue trop pendue et ne se soit avancé avec trop de précipitation. Paris s’arrêta un instant cherchant la tournure de sa phrase ; il ne souhaitait en aucun cas clore ce sujet, en donnant trop d’informations qui auraient poussé la jeune fille à croire les dires de l’emplumé. Le nom de la promise n’a point été dévoilé jusqu’alors, termina-t-il enfin un sourire dans la voix.

Mais il ne pouvait rester là à partager quelques doutes certainement futiles et sans fondements. Quel que fut sa perplexité, il se résolu à rester de marbre, offrant à la jeune fille sa voix la plus charmante, masquant derrière des sourires ses intonations parfois bien trop ironiques ou ennuyées. Le jeune prince était bien trop connu pour ses insolences et impertinences dès que l’oisiveté le gagnait et il devinait aisément ce qu’on eu pu dire de lui à cette jeune étrangère. Au diable ce mariage qu’il ne cesserait de rompre chaque nuit s’il le voulait ! A ses côtés, l’une des plus douces créatures se tenait assise et lui offrait un visage des plus candides ; il eu été bien sot de ne pas profiter de ces quelques instants en une compagnie plus innocente que les sourires d’une Diane de Coulange.


-Me permettrez-vous de vous parler en toute franchise, mademoiselle ? Je sais que ces manières vous paraitrons abruptes venant de la part d’un jeune prince, mais mon éducation de gentilhomme ne peut abandonner l’une des plus douces jeunes filles de la cours à son ignorance quant à son avenir.

Il avait glissé dans sa voix quelques sons amusés, afin que la jeune femme ne se méprenne sur ses intentions. Mais instinctivement, il n’avait pu empêcher sa main de glisser sur les doigts de la jeune femme. L’on ne pouvait attendre de lui trop d’efforts !

-Vous avouez ne point connaître monsieur de Villelonge, aussi, permettez-moi de vous entretenir à son sujet, commença-t-il d’une voix honnête, sans ôter ses doigts des mains de Mary de Leeds. C’est un homme des plus cultivés et sa bibliothèque pourrait faire frémir monsieur de Mazarin si le malheur et le diable l’avaient laissé en vie. Un mécène, vous dira-t-on certainement. Un homme qui n’attend plus de leçons du monde, tant les âges ont eu raison de son expérience. Il se souvient certainement de la guerre de successions de Mantoue et de la prise de la Rochelle. Je suis certain que les soirs en sa compagnie seront bien agréables auprès d’une des larges cheminées de son château de Tulle, à défaut d’une chambre aux tapisseries jalousées par la cour.

Si Mary de Leeds avait pu voir au travers de la pénombre, elle n’aurait vu que malice teintée de mesquinerie dans les yeux du jeune homme. Il se savait impertinent, peut-être même odieux aux dires des plus prudes, mais il n’avait pu se résigner à féliciter la jeune femme pour cette union des plus improbables. Que cela fusse une méprise ou non, Paris avait, pour une rare fois, préféré la vérité au mensonge de convenances.
Quant à sa propre union ? Paris restait si perplexe qu’il ne pu que parler de celle qui avait effleuré son esprit. Cette idiote de Lièdes n’aurait qu’un seul avantage : sa sottise lui ferait accepter toutes les extravagances de son époux. Qui sait, peut-être même Gabrielle pourrait plaindre son petit frère de cette odieuse alliance !


-Je crains vous avoir effrayé par ce portrait, mademoiselle. Ne craigniez rien : sans que je puisse vous dévoiler son nom, je peux toutefois vous parler de celle à qui l’on me liera. L’on dit qu’elle est aussi sotte qu’une volée de moineaux, que ses jambes sont cagneuses et que la fée de la Grâce n’a su se pencher sur son berceau à sa naissance. Elle ne sait qu’afficher un sourire édenté, sans aucun soin à ses toilettes ni coiffures, conclu-t-il d’une vois exagérément affligée. Si cela n’est que rumeur, j’ose avoir le vain espoir que ce portrait ne soit dressé que par quelques courtisans jaloux de cette union, ajouta-t-il dans un sourire amusé.

Après cette série de portraits dressés au vitriol, Paris n’avait qu’à prononcer quelques mots de convenances pour allier la jeune femme à lui. En tout honneur, que Dieu l’en garde ! Toute candide qu’elle fut, elle n’en restait pas moins l’adorable sœur de la favorite du roi.


-Aussi, continua-t-il d’un ton amusé resserrant ses doigts autour de ceux de la jeune fille, permettez-moi d’être votre serviteur avant que le mariage ne nous ôte tout délice de cette liberté.


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