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 Une rencontre qui changea nos vies...

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Silvestre de Lévis

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Volé par une jolie pirate
Côté Lit: Ca dépend de vous
Discours royal:



    Miaou ☀
    Mais oui! Mais oui!
    J'ai bien vu un Gros Minet!!


Âge : 27 ans
Titre : Vicomte de Vauvert, Seigneur de La Voulte et Beauchastel, Commandant du Soleil Royal (marine royale)
Missives : 232
Date d'inscription : 28/02/2012


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MessageSujet: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime10.04.12 23:10




-Levis ! Vous voilà de retour, on ne vous espérait plus.

Je souris à mon interlocuteur, qui n’avait surement vu de la Nouvelle France que les rues de la ville dans laquelle nous nous trouvions. Québec… L’une des premières villes qui ressemblait un tant soit peu à une ville européenne lorsqu’on arrivait en Nouvelle France, et encore, cela n’avait rien à voir avec les plus vulgaires des villes de la métropole. Et pourtant, je n’aurais échangé ma place pour rien au monde. La liberté… aucune entrave ou presque, faire signe de vie une fois tous les deux mois à Québec ou Montréal, quand une mission plus longue ne permettait pas de les éviter. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais resté pour toujours au fin fond de ma forêt, mais j’étais trop attaché au prestige de l’uniforme et au contact avec ma famille en Europe pour disparaitre totalement au loin de manière à ce qu’on ne me retrouve pas. Et l’hiver me poussait de toute manière assez souvent vers les villes, ou les quelques villages que j’avais l’habitude de fréquenter, il aurait été difficile de passer totalement inaperçu. Un blanc au milieu des indiens, cela ne passait pas vraiment inaperçu, même si c’était de plus en plus courant. D’ailleurs je n’étais plus tout à fait blanc. L’été arrivait sur la Nouvelle France, il était chaud, et à force de passer du temps en simple chemise aux manches retroussées, haut de chausse et bottes, je n’avais pu échapper au fait de prendre quelques couleurs.

Mais cela passait totalement inaperçu ici, c’était plutôt courant. Comme se présenter dans un uniforme plutôt… lâche. De fait il n’y avait que le pourpoint qui rappelait que j’étais de l’armée française. Je n’avais même pas eu le temps de passer me changer dans la petite pièce qui m’avait été allouée lors de mes brefs passages dans la ville. Cela se voyait que je n’y mettais jamais les pieds. Elle était étrangement sans âme… Sans vie, terne… Le total opposé de ce que je vivais au quotidien. J’avais encore une mèche plus longue que le reste de mes cheveux coupés en brosse, tressée, dans laquelle étaient mêlées des plumes et des perles de couleurs. C’était délicieusement enfantin, mais cela montrait surtout mon appartenance à la tribu Abenaquise à laquelle j’étais liée, en plus de la marque que j’avais au poignet, cette cicatrice d’échange de sang, rituel. Shawinigan n’avait d’ailleurs pas pu m’accompagner, les ordres étant tombés trop brusquement. D’après ce que j’avais vaguement compris du coureur des bois qui avait été envoyé sur ma trace et sur celle de tous les officiers « lâchés » en pleine nature, il y avait eu un massacre dans un village huron peu de temps auparavant, on ne savait pas très bien qui en était le coupable. On avait peur que les hurons ne prennent le sentier de la guerre pour des représailles qui seraient certainement sanglantes. Pour avoir déjà vu des scalpes accrochés au devant des wigwams, je n’étais pas vraiment rassuré par cette éventualité, et il fallait bien avouer que la première fois, cette vision m’avait arraché un haut le cœur. Leurs guerres étaient tellement différentes des nôtres…

Ma tenue laissait clairement à désirer donc, j’avais dus remonter les manches de mon uniforme, coincées par mes manches de chemise retroussées, et mes colliers en perle de bois me battaient la poitrine alors que je marchais d’un pas rapide à travers les couloirs de la maison du gouverneur. Oh, elle n’était pas très grande, certes, mais on se serait cru à la veille d’une guerre avec les anglais, tellement l’agitation s’y faisait sentir. Je levais les yeux au ciel en slalomant entre les valets et autres ordonnances qui courraient dans tous les sens. Merveilleux. C’est à ce moment-là qu’un autre officier, Lavagne, m’interpella, et je n’eus d’autre choix que d’attendre qu’il ait eut fini de discourir sur mon manque d’assiduité. Je voyais assez peu mes collègues pour éviter d’entretenir de mauvais rapports avec eux.

-On commençait même à se demander si l’hiver canadien ne vous avait pas avalé.

Il partit d’un rire reprit par deux ou trois autres, et je répondis par un sourire :

-Il est des missions plus importantes que celle de se faire voir en société, mon cher. Vous devriez le savoir.

-On se demande bien lesquelles. J’ai ouïe dire que la « princesse » Tala était plutôt jolie, certains ne s’ennuient pas…

Je levais les yeux au ciel, sans répondre, après tout je n’étais pas là pour chercher des querelles aux autres officiers, mais bien pour prendre mes ordres. D’autres auraient surement targué que leur honneur ne supportait pas ce genre d’insinuation. C’était vrai, Tala était belle. Et je culpabilisais souvent, en me disant que je ne la méritais pas, mais la politique était la politique. Union de convenance donc. La porte du bureau du gouverneur s’ouvrit sur lui, ayant à son bras une charmante jeune femme, blonde comme les blés, que je n’avais jamais vue. Elle semblait bien trop à son aise ici pour être du dernier convoi des filles du Roy. Tous se mirent au garde à vous, et j’en fis autant, pendant que le gouverneur passait en revue les présents, décomptant les absents.

-Repos messieurs. Vous savez tous pourquoi vous êtes là, entrez, je vous rejoins.

Les officiers s’exécutèrent, et j’allais leur emboiter le pas quand le gouverneur me retint.

-Lévis !

-Monsieur ?

-Il y a longtemps que je ne vous avais vu. Je suis tout de même heureux que vous étiez parmi les plus rapides à répondre à mon appel. Ce n’était pas certain, nul ne semblait savoir où vous trouver exactement.

-Vous savez bien que tout se sait dans le Canada, Monsieur le gouverneur, malgré les distances qu’on y met.

-Certes… Certes…
il sembla réfléchir un instant avant de reprendre : j’aurais une mission spéciale pour vous.

-Je suis à vos ordres.

-Permettez-moi de vous présenter ma fille, Andréa. Andréa, voici Silvestre de Lévis, Vicomte de Vauvert.

-Mademoiselle.


-Elle ne connait pas grand monde à Québec, et il me plairait que vous lui fassiez visiter la ville.

Je fronçais les sourcils. On m’avait rappelez pour m’occuper d’une jeune femme fraichement débarquée qui allait s’effrayer d’un rien ? C’était une plaisanterie ? Mais à mi-voix, et à ma seule destination, le gouverneur ajouta :

-Occupez-la une heure, deux au plus, avant de revenir me voir, je vous exposerai votre mission.

Et sans un mot de plus à mon égard, il embrassa sa fille et les portes de son bureau se refermèrent à nouveau derrière lui. Un léger silence gêné s’installa entre nous, avant que je ne fasse un pas vers elle. Autant être galant.

-Monsieur votre père m’a chargé de vous faire visiter Québec, faisons semblant d'être sages, et faisons comme il a demandé. Que voulez-vous voir en premier ? Le temps s’y prête, profitons-en.

J'agrémentai la proposition d'un sourire affable et un rien charmeur. On ne se refait pas...

______________________

Happiness is the key
And may be, just may be, you can go farther than you ever thought. That is the biggest journey you'll do, and your life will never, ever be the same again.


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MessageSujet: Re: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime16.04.12 13:59

… Et je vous préviens : le premier qui tente quoi que ce soit en mon absence est un homme mort ! Et méfiez vous de l'espagnol, il est fourbe !

Ce furent les derniers mots de Stradivarius avant de quitter son cher vaisseau, l'Athéna pour se rendre à […]. Ces derniers mois en mer l'avait épuisée, les mers ne sont pas si tranquilles qu'elles en ont l'air, surtout quand on vit comme un pirate ! La lutte était perpétuelle, que ce soit contre les corsaires ou contre d'autres pirates ! Il fallait se battre, au sens propre comme figuré, pour rester en vie et faire son trou dans les Caraïbes, encore plus quand on était un jeune capitaine, doublé d'une femme. Mais Stradivarius avait ce tempérament inflexible, aventurier et têtu qui faisait son charme et sa légende. Arrivé à bon port, elle se fit discrète, il n'était pas bon de se montrer comme une pirate, même si beaucoup en aurait douté. Cela lui rappela sa rencontre avec cet espagnol à la noix, ce corsaire qui avait cru pouvoir l'arrêter après un énième combat. Cet idiot n'avait pas cru que Stradivarius pouvait être une femme, elle en avait joué et avait remporté ce round haut la main. Jusqu'à la prochaine fois …

Passant la porte d'une bicoque sans charme, la pirate ferma derrière elle et se colla à la porte en soupirant. Petite parenthèse dans sa vie pour les prochaines semaines. Cette maison servait de transition entre ses deux vies. Stradivarius redevenait Andréa de Bellevue, la fille du gouverneur en Nouvelle-France, une demoiselle sensée vivre en Bretagne, chez une amie de la famille qui s'improvisait pensionnat de jeune fille. Dans cette maison, elle put lire toutes les lettres que son père lui avait soit-disant envoyé, où une amie récupérait et répondait en se faisant passer pour Andréa. Cette même amie renvoyant le courrier ici, avec une copie de la réponse, histoire qu'Andréa puisse tout connaître de sa correspondance fictive avec son père. Ici, la jeune femme troquait ses guenilles de pirates, avec ce pantalon bouffant et son célèbre chapeau, pour une robe plus convenable. Enfin ce sera la tenue de demain. Le bateau devant arriver de France sera au port en début de matinée, elle avait le temps de se reposer, de faire une bonne toilette et redevenir présentable.

Le lendemain, Andréa ressortit de sa maison en jolie robe jaune, les cheveux propres et attachés en chignon et faisait porter une malle jusqu'au port. Direction Québec, où son père l'attendait. Lorsque père et fille se retrouvèrent, ce fut une effusion de joie. Elle se laissait à redevenir une petite fille dans les bras de son papa, avec une infinie tendresse, puis put redécouvrir les joies de la civilisation avec des domestiques et porter des robes, même si elle gardait la liberté de ne pas trop les corseter. Après quelques jours à badiner à la maison, Andréa ressentait un peu d'ennui. Pensez vous : à force de courir sur la mer, on avait besoin de s'occuper en permanence. Et ce jour là, elle discutait avec son père dans son bureau quand la porte de celle-ci s'ouvrit sur un drôle de jeune homme. Il avait sensiblement le même âge qu'elle mais sa tenue était bien loin des officiers habituels, surtout par rapport aux plumes dans les cheveux ! Ce garçon parla avec son père jusqu'à ce que dernier se tourna vers elle et lui fit signe de s'approcher.

Permettez-moi de vous présenter ma fille, Andréa. Andréa, voici Silvestre de Lévis, Vicomte de Vauvert.
Mademoiselle.
Monsieur
Elle ne connaît pas grand monde à Québec, et il me plairait que vous lui fassiez visiter la ville.
Père, je pense que monsieur de Lévis a mieux à faire.
Mais non Andréa, ne t'en fais pas.


Elle n'aimait pas passer pour une enfant, bien qu'elle soit encore bien jeune. Mais quand on vit des aventures comme les siennes, on est adulte depuis longtemps. Elle ne bougea pas, fit semblant de ne pas avoir entendu son père mais leva les yeux au ciel. Certes elle s'ennuyait, mais aller chercher un officier en pleine nature pour lui servir de guide, était ce bien nécessaire ? Le père embrassa sa cadette et s'en alla, laissant Silvestre et Andréa seuls. Ils ne se connaissaient pas, n'avaient pas grand chose à se dire. Elle lui fit un sourire poli mais ce fut lui qui brisa la silence.

Monsieur votre père m’a chargé de vous faire visiter Québec, faisons semblant d'être sages, et faisons comme il a demandé. Que voulez-vous voir en premier ? Le temps s’y prête, profitons-en.
Tout dépend ce que l'on peut faire en une heure ou deux, puisqu'il ne faut pas faire attendre mon père et la mission qu'il pourrait vous donner.
répondit elle, un poil moqueuse.

Ce n'était pas dit méchamment, Andréa avait du répondant et n'avait jamais pu vraiment fermer sa bouche en temps et en heure. Bien sûr, elle n'en voulait pas à Silvestre, le pauvre n'avait rien demandé, ni même à son père qui voulait lui faire plaisir. Mais puisqu'elle avait un chaperon, sortir ne lui ferait pas de mal.

Je vous laisse me surprendre, vous avez l'air d'être un homme qui vit hors des sentiers battus, il serait désolant que vous me fassiez une visite classique et sans âme.

Son sourire devenait plus sincère et amical. Son père lui avait déjà parlé de ce garçon, elle l'imaginait plus vieux et moins beau. Les apparences sont souvent trompeuses, même si aucun d'eux ne savaient ce qu'il se passerait entre eux bien plus tard ! Elle croisa les bras, l'air déterminée, attendant qu'il se décide.

L'heure tourne, monsieur. Si vous essayez de gagner du temps, cela n'est pas du jeu. Où décidez vous de m'emmener alors ?

C'était le début d'une drôle de rencontre …
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Silvestre de Lévis

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MessageSujet: Re: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime29.04.12 22:53

Les propos couverts du gouverneur n’avaient cessés de m’intriguer… A la vérité je ne voyais pas où il voulait en venir. Une mission de plus ou de moins… Il ne fallait pas aller chercher très loin pour savoir ce que cela voulait dire. Sans doute une demande spéciale auprès des indiens. Je n’aimais pas servir d’intermédiaire, même si c’était mon poste initial. A la vérité, je craignais de perdre l’amitié de ces gens que j’avais appris à aimer comme les miens jadis, et plus encore, de par leur simplicité. Pas de duplicité, quand quelqu’un ne nous aimait pas, il ne le cachait pas. J’avais mis une année entière à me créer ma place au milieu de tous ces gens. Et encore, malgré tout, on me faisait souvent sentir que je n’étais qu’un étranger, un blanc. Les jeunes guerriers de mon âge surtout. Les plus âgés eux, voyaient les choses différemment. En apprenant aux blancs comment ils vivaient, leurs coutumes et leurs idéaux de vies, ils pensaient surement être capables de préserver leurs terres de chasses, leurs cultures. Et pour ma part je trouvais cela formidable. Il fallait que certains les comprennent pour pouvoir les défendre le cas échéant. Mais ils étaient nos alliés et se battraient avec nous en cas de guerre contre les anglais. Ils lorgnaient un peu trop sur les terres qui étaient sous notre autorité, et malgré les rapports à peu près cordiaux que nous avions avec eux ces derniers temps, il fallait bien se rendre à l’évidence, cela sentirait un jour la guerre d’influence pour les richesses du continent américain.

Et ils profiteraient sans doute du flottement que provoquaient les guerres entre les différentes tribus. Ce n’était pas pour rien que les pires ennemis s’étaient rangés sous les deux différents drapeaux. Cela faciliterait également le début d’une guerre, il était normal que nous venions en aide à nos alliés et que les anglais en face de même… Ah ! La politique et la diplomatie. J’étais soldat, et n’avait qu’à faire ce qu’on m’ordonnait. On essayait d’éviter de réfléchir à ce qu’on nous disait de faire, mais la conscience était souvent ennemie du devoir. C’était sans doute pour cela que j’évitais de revenir trop souvent en ville pour éviter de devoir faire ce qui ne me plaisait pas. La preuve, je n’avais même pas pris le temps de me changer tellement l’ordre semblait pressant. Et encore, j’étais intimement convaincu qu’on aurait pu faire sans moi. Mais il fallait croire que ce n’était pas l’avis de tout le monde. Nous étions peu à être aussi bien introduis dans les tribus. Tous avaient des relations avec les peuples indiens, mais nous étions peu de l’armée à être aussi bien introduits. Les trappeurs fournissaient des informations très utiles sur l’état d’esprit des tribus. Mais il était parfois plus utile d’avoir des officiers directement intégrés, les informations étaient souvent plus justes et plus exactes que ce qu’on pouvait savoir d’ailleurs. Cela avait ses avantages et ses inconvénients, il fallait faire avec de toute façon.

J’en venais à ne plus savoir me comporter en bonne société européenne, la simplicité de ma mise le trahissait sans que je cherche à le cacher. Ma mère en aurait sans nul doute poussé les hauts cris. Elle qui avait tant insisté pour que nous tous, nous sachions nous comporter avec le grand monde dont nous étions issus. J’avais l’excuse du cadet de famille, alors que l’ainé se devait d’être parfait. Du peu qu’il ressortait des lettres que je recevais, ce n’était pas le cas. Mais l’Europe était bien loin. Pourtant, elle venait jusqu’à nous, il n’y avait qu’à voir la jeune femme que j’avais en face de moi et dont j’aurais la charge pendant une heure ou deux. Heureusement, le temps se prêtait à une promenade. L’été indien, particularité de la région, défilait lentement avant que l’hiver glacial ne décide d’enfermer le Canada dans ses blocs gelés. Il fallait donc en profiter le temps que cela se présentait à nous. Je n’aimais pourtant pas être mis sur la touche de la réunion d’officier, mais je savais avoir la confiance du gouverneur, et s’il me demandait de lui ménager un temps, il fallait que j’obéisse. Il ne manquerait pas de me faire le récapitulatif de ce qu’il s’était dit. Ce serait beaucoup de blabla, et du bruit pour rien. Peu de solutions en sortiraient et il faudrait attendre demain pour que le gouverneur ait prit sa décision sur la conduite à tenir et les ordres à donner.

La jeune mademoiselle de Bellevue, maintenant que je la regardais, était ravissante. Une colombe, en fait. Mais je me demandais ce que son père voulait que je lui fasse voir. N’avait-il pas peur qu’elle s’étonne de la salissure des rues, qui pourtant ne changeaient pas vraiment de certaines villes françaises de ma connaissance.

-Tout dépend ce que l'on peut faire en une heure ou deux, puisqu'il ne faut pas faire attendre mon père et la mission qu'il pourrait vous donner.

Je haussais les épaules, à la vérité la ville de Québec n’était pas ma prédilection. Je lui préférai les noires forêts plus à l’Ouest, et de loin.

-Je vous laisse me surprendre, vous avez l'air d'être un homme qui vit hors des sentiers battus, il serait désolant que vous me fassiez une visite classique et sans âme.

Je réfléchis tranquillement, il n’y avait pas de grands espaces agréables à voir. Ou tout simplement où se promener. Elle eut un charmant sourire qui dénota du ton légèrement provoquant qu’elle avait adopté jusque-là, ce qui me fit sourire à mon tour. Ses yeux pétillaient de malice, et à tort ou à raison, je me sentais légèrement testé.

-L'heure tourne, monsieur. Si vous essayez de gagner du temps, cela n'est pas du jeu. Où décidez-vous de m'emmener alors ?

L’idée me vint alors. A quelques minutes en voiture, nous sortirions de la ville, et les berges du Saint-Laurent étaient pour le moins enchanteresses à cette période de l’année, le soleil déclinant donnant une luminosité de feu. Présentant mon bras à la jeune femme, je lui souris.

-Eh bien, mademoiselle, suivez-moi.

Nous faisions un étrange couple, il fallait bien l’avouer. La jeune femme vêtue à la dernière mode européenne, et le coureur des bois. La belle et la bête, en somme. Arrivés à l’entré, je demandais une voiture pour la fille du gouverneur, ce qui me fut accordé sur le champ. J’ouvris galamment la porte à la jeune femme, lui présentant ma main pour l’aider à monter dans la caisse. Les deux chevaux semblaient parfaitement frais. Il ne manquerait plus que la fille du gouverneur ait à se plaindre du service. Pour garder la surprise, j’indiquais discrètement la direction que je voulais prendre au cocher, qui fouetta les chevaux au moment où je montais dans la caisse.

-Et combien de temps aurons-nous le privilège de votre présence en ces terres sauvages, mademoiselle de Bellevue ? Demandais-je pour faire la conversation.

Un relent d’éducation mondaine. Mère, vous n’avez pas tout perdu en fin de compte… Un sourire en coin apparut sur mes lèvres alors que nous traversions la ville, les fenêtres ouvertes nous amenant les odeurs diverses et variées de la ville de Québec.

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MessageSujet: Re: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime17.05.12 22:58

Eh bien, mademoiselle, suivez-moi.
Avec plaisir.


Andréa ne savait pas où le jeune homme pouvait l'emmener mais elle le suivait avec plaisir, juste parce qu'il était beau garçon et avait l'air sympathique. Puis il avait un charmant sourire, le genre qui disait qu'il avait quelque chose derrière la tête. Non rien de malsain, juste une idée où l'emmener pour l'occuper. Il fallait avouer qu'à Québec, on tournait vite en rond, surtout quand on était la seule fille noble du coin. Andréa ne faisait pas de manière et prenait les servantes pour discuter avec elle, ne passait pas son temps dans des jolies robes, elle n'en avait que faire des contraintes sociales. En même temps, quand on vit avec des pirates le reste de l'année, c'est à dire la pire espèce d'être humain, on ne se formalisait pas si untel était noble ou pas. De toute façon, la Nouvelle-France n'était pas connu pour sa haute société, et Andréa n'était pas connu pour son côté hautain, même son père ne s'en formalisait pas. Mais était-ce un peu pour relever le niveau de ses fréquentations qu'il l'avait un peu forcée à aller en balade avec un vicomte. Et aussi pour qu'elle ne s'ennuie pas, l'espace d'une heure ou deux.

Alors elle suivit Silvestre, monta dans la voiture qu'il avait demandé et fut même un peu gênée qu'il soit aussi galant. Elle n'en avait pas l'habitude, il fallait l'avouer, et son petit sourire le montrait bien. Officiellement, c'est parce qu'elle était dans une pension de jeunes filles donc elle ne sortait pas avec des garçons tout le temps. Officieusement, car les pirates n'étaient pas les hommes les plus galants de la terre, ni de la mer d'ailleurs. Andréa ne savait pas toujours pas où elle allait alors que la voiture commençait son voyage.

Et combien de temps aurons-nous le privilège de votre présence en ces terres sauvages, mademoiselle de Bellevue ?
Avant de vous répondre, puis-je vous demander un service ? Appelez moi juste Andréa, vous me feriez grand plaisir !
Elle agrémenta sa phrase avec un large sourire. Le « mademoiselle » faisait trop pompeux à ses yeux. Je suis là pour quelques semaines, je ne peux pas voir ma famille quand cela me chante et il faut bien rentabiliser le long voyage jusqu'à la France. Nous aurons peut être l'occasion de nous recroiser, si vous restez des nôtres.

Elle se prit à le détailler physiquement et même à le trouver à son goût. Il fallait avouer qu'en matière d'hommes, Andréa n'était pas la plus collectionneuse, alors qu'elle le pourrait vu qu'elle vivait entourée d'hommes. Mais ils n'étaient pas comme Silvestre : pas aussi poli, gentil, agréable … propre aussi. Même s'il faisait négligé, il ne véhiculait pas d'odeur d'alcool ou autre qu'ont les hommes des mers. Le seul à qui elle pouvait le comparer était Felipe … mais elle ne préféra pas y penser et se concentra sur autre chose. La tenue de son compagnon de route la faisait tiquer et, curieuse, elle ne résista pas à poser la question.

Où êtes vous parti pour être habillé de la sorte ? Vous avez l'air d'être une sorte … d'aventurier, cela m'intrigue.

Elle connaissait des aventuriers des mers, elle en avait croisé plusieurs sur son chemin mais sous le déguisement de Stradivarius, elle ne pouvait pas s'attarder à discuter avec eux, du moins pas avec tous. Depuis toute petite, elle avait eu cette passion du voyage, ce rêve s'était concrétisé même si elle mentait effrontément au monde entier pour vivre libre. Alors découvrir le monde, elle le faisait avec passion mais ne pouvait pas en parler de vive voix. Alors elle faisait parler les autres, mais là encore elle n'en avait pas le temps. Mais maintenant qu'elle tenait Silvestre, elle voulait tout savoir. Ce garçon avait quelque chose de fascinant, un magnétisme que la blondinette de vingt et un ans ne saurait expliqué véritablement.

Mais il n'en avait pas dit assez, le voyage s'arrêtait déjà, Andréa fut presque triste de devoir descendre, le carrosse faisait une petite alcôve intime où ils étaient un peu seuls au monde. Pourtant, dehors, une belle surprise l'attendait. Alors que le vicomte l'aidait à descendre, Andréa découvrait les berges du Saint-Laurent étaient teintées de nouvelles couleurs, l'été indien lui allait si bien en ce mois de septembre 1662.

Ses yeux s'ouvrirent en grand d’émerveillement tant les couleurs étaient d'une vivacité sans nom, d'une beauté sans pareille, donnant l'air d'un monde enchanteur. Elle marcha quelques pas et se retourna vers Silvestre avec un large sourire.

Bravo, vous m'avez surprise, je ne pensais pas que cela soit possible !

Elle devait bien admettre qu'il avait plus d'un tour dans son sac, ce n'était absolument pas déplaisant. Ce garçon était bien intéressant et Andréa voulait en savoir plus sur lui, elle en aurait l'occasion sur ces berges en lui posant pleins de questions.

Je vais vous paraître curieuse mais comment un garçon de votre rang a pu finir aventurier ? Je ne pense pas que cela a été une vocation. Et n'avez jamais vous pensé à voir d'autres contrées, d'autres continents ? Il y a tellement de choses à voir en ce monde.

Elle était bien placée pour le savoir, la jeune femme en avait vu pas mal grâce à son cher bateau l'Athéna, elle avait pu aller jusqu'en Asie. Mais elle ne restait jamais bien longtemps à terre, la mer l'appelait encore et toujours, la pirate n'avait pas le temps d'apprendre à connaître les populations et leurs coutumes, contrairement à Silvestre, qui aurait beaucoup à lui apprendre et ce, avec grand plaisir, car elle buvait littéralement ses paroles …
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Silvestre de Lévis

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MessageSujet: Re: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime24.05.12 18:03

La jeune femme me paraissait bien mystérieuse, et surement plus dégourdie que ce qu’on s’attendait venant d’une jeune personne toute droit sortie d’une pension ou d’un couvent, je ne savais plus exactement ce que le gouverneur m’avait dit sur sa fille. A vrai dire je ne pensais pas avoir à la rencontrer un jour. Combien de ces personnes haut placées ayant décidé de venir passer quelques temps en Nouvelle France avaient jurés sur tous ce qu’ils avaient de plus précieux et sur la mémoire de leurs ancêtres de ne jamais amener leurs familles dans ce pays de sauvage. La Nouvelle France, on l’adorait ou on la haïssait, il n’y avait pas de juste milieux, c’était tout l’un ou tout l’autre. Il n’était pas difficile de savoir dans quelle catégorie je me plaçais. J’aurais voulu oublier le nom un peu trop lourd que je portais, sa signification, et ce qu’il impliquait, pour vivre comme n’importe quel trappeur arrivé ici. Il m’arrivait même d’envier mes compagnons de moins haute naissance qui pouvaient presque le faire. Chacun sa croix, me dirait-on, c’était là le problème. J’avais toujours eus du mal à me projeter dans le futur, et cette vie ici, au jour le jour ou presque, me convenait parfaitement. Il n’y avait que les lettres de ma mère pour me rappeler à ces obligations qui m’attendaient en Europe, le jour où je rentrerai. Que Dieu face qu’il soit le plus éloigné possible, c’était tout ce que je demandais pour le moment, ce qui en soi n’était pas si énorme. Ce n’était pas comme si j’avais demandé à ce qu’on m’oublie de l’autre côté du monde.

Revenir dans les villes françaises du Saint Laurent me fendait déjà le cœur, alors que serait un retour en Europe ? J’avais l’impression que ma vie française s’était simplement mise en pause, et que quand je reviendrai, je la reprendrai exactement où je l’avais laissée, ce qui était déroutant. Comme un rêve que j’étais en train de vivre et duquel je n’étais pas pressé de me réveiller. Bien que les obligations et les actions étaient loin d’être simplement des chimères, et leurs conséquences pouvaient être gravissimes, bien loin de ce à quoi nous nous attendions. Une guerre indienne pouvait se transformer en une guerre franco-anglaise sur le nouveau continent et c’était bien éloigné de ce dont nous avions besoin. Tout au contraire, la paix était de mise, pour le moment du moins, et il fallait qu’elle tienne. Ce qui était pour l’instant le cas, les quelques désaccords entre les peuplades se réglant loin des interventions européennes. Sauf aujourd’hui, visiblement, puisque la réunion d’état-major avait lieu, et en être évincé était légèrement désagréable, surtout pour servir de chaperon à la jeune femme qui, aussi charmante qu’elle semblait l’être, avait pourtant l’air de ne rien entendre à ce que nous vivions ici. C’était normal, elle arrivait de France. Je ne savais pas quelle était cette mission pour laquelle je devais repasser plus tard, mais je détestais ne pas savoir de quoi il retournait exactement.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je demandais à la jeune femme quels endroits elle voulait visiter. Elle voulait être surprise et dépaysée ? Je pensais avoir ce qu’il lui fallait. L’avantage de la ville était qu’elle était récente, et il ne fallait pas aller bien loin pour découvrir des paysages enchanteurs et magnifiques qui n’avaient pas leurs pareils en Europe, surtout sur les rives du Saint Laurent et à cette période de l’année. Les couleurs, la luminosité, tout était parfait, cela faisait partie des charmes de ce pays encore si méconnu et qui ne semblait pas prêt à livrer tous ses secrets. D’ailleurs, la jeune femme avait l’air de s’en remettre à mes choix. Je lui proposais donc mon bras pour nous rendre à la voiture qui nous mènerait là où je l’avais décidé. Les abords du fleuve ne semblaient pas vraiment différent des autres ports que j’avais vu sur la côte américaine, ni à ce qui se passait dans certaines villes européennes. Les odeurs, les bruits, l’agitation, tout était partout pareil. Il fallait encore s’éloigner un peu pour découvrir les changements et les merveilles de ce pays qui faisait rêver bien du monde sur le Vieux Continent mais où peu osaient réellement s’aventurer sans ordres de l’armée royale. Il y avait mille choses à y vivre, à y voir, à y faire. Et mille vies à y vivre sans jamais s’en lasser. Un gouffre, en somme, en ce qui se passait en France et au fin fond de ces forêts immenses qui reléguaient celles de mon enfances au rang de charmant bosquet.

La conversation dans la voiture était parfaitement banale et semblait pourtant incroyablement intime pour le lieu dans lequel nous nous trouvions et pour deux personnes qui ne s’étaient jamais vues auparavant.

-Avant de vous répondre, puis-je vous demander un service ? Appelez-moi juste Andréa, vous me feriez grand plaisir !


-Je suis à vos ordres, mad… Andréa, mais appelez-moi Silvestre, que nous soyons à égalité.

Le sourire était désarmant, mais j’avais du mal à me défaire de l’éducation princière que j’avais reçue.

-Je suis là pour quelques semaines, je ne peux pas voir ma famille quand cela me chante et il faut bien rentabiliser le long voyage jusqu'à la France. Nous aurons peut-être l'occasion de nous recroiser, si vous restez des nôtres.

-Tout dépendra de ce que Monsieur votre père décidera de me faire faire, mais ce sera un véritable plaisir.


Elle se mit à détailler ma tenue, et j’aurais presque été gêné de la simplicité de ma mise, chose à laquelle je portais si peu d’importance en temps normal.

-Où êtes-vous parti pour être habillé de la sorte ? Vous avez l'air d'être une sorte … d'aventurier, cela m'intrigue.


J’eus un petit rire mal à l’aise, avant de hausser les épaules, ses grands yeux me poussaient dans mes retranchements.

-Eh bien… Disons que je fais partie de ceux qui préfèrent vivre au contact de la population plutôt que de ceux qui viennent pour vivre presque comme en Europe. A la vérité j’ai été plus ou moins adopté par une tribu indienne dont le camp principal se situe au nord d’ici, mais je n’y suis pas toujours. La rigueur de l’uniforme français ne s’adapte pas toujours à la chasse aux ours. Mais ces histoires doivent vous paraitre barbares, et si ma mise vous indispose, vous m'en voyez profondément navré, Andréa. Nous arrivons.

Par la fenêtre de la voiture, je vie l’endroit que je voulais lui montrer, et criait au cocher d’arrêter la voiture. Il s’exécuta et je descendis, offrant ma main à la jeune femme pour qu’elle fasse de même.

-Permettez-moi de vous montrer les merveilles du Nouveau Monde…

Le fleuve s’étirait paresseusement, dans un sillon argenté, les saules étiraient leurs branches jusqu’à le toucher, les arbres s’étiraient vers le ciel. Nous étions à dix minutes à peine de la ville, et pourtant cela semblait un autre univers. Mais je connaissais déjà ce paysage, et même si je ne m’en laissais pas, regarder le visage de la jeune femme s’éblouir de ces choses nouvelles me semblait un spectacle bien plus intéressant. Elle était à la vérité encore plus belle quand elle regardait autour d’elle ainsi. Je la laissais s’avancer un peu, avant qu’elle ne se retourne vers moi :

-Bravo, vous m'avez surprise, je ne pensais pas que cela soit possible !

J’esquissais un salut, ravi de lui avoir fait plaisir.

-Je vais vous paraître curieuse mais comment un garçon de votre rang a pu finir aventurier ? Je ne pense pas que cela a été une vocation. Et n'avez jamais vous pensé à voir d'autres contrées, d'autres continents ? Il y a tellement de choses à voir en ce monde.

Cette avalanche de question me prit légèrement au dépourvu. Me laissant le temps de réfléchir, je lui offris mon bras, pour que nous fassions quelques pas le long du fleuve.

-Eh bien… A la vérité, les cadets de familles finissent toujours dans les ordres ou dans l’armée. Les ordres ont été choisis par ma plus jeune sœur, il me restait l’armée. Mon frère le duc de Ventadour a préféré la marine, plus prestigieuse, et me faisant voir du pays. J’ai été affecté ici il y a quelques mois à peine, et je suis tombé amoureux de ces grands espaces. Quant aux autres pays, eh bien, je suis dépendant des ordres qu’on me donne. Un jour peut-être, mais pas tout de suite.

Parler de ma famille me paraissait étrange, ici. Ma gorge s’était serrée en parlant de Catherine-Laure. Son petit visage encore enfantin enfermé dans un habit de moniale me paraissait une injure à sa jeunesse et à sa beauté, et j’en voulais à Louis-Charles. Mais il était le chef de famille, et on ne pouvait plus changer les choses, désormais.

-Mais je bavarde et je monopolise la conversation. Tout ceci est totalement inintéressant. Il nous faut rentrer, votre père pourrait s’inquiéter. On ne sait jamais, que je vous emmène avec moi au fin fond de cette forêt qui ne semble jamais prendre fin.

Je lui fis un clin d’œil et la ramenait à la voiture, toute trace de tristesse ou d’amertume dissipée. Ces confidences m’avaient parues naturelles sur le coup, la jeune femme semblant les faciliter, mais j’avais eus l’impression de largement dépasser les bornes de ce qui se dit et ne se dit pas lors d’une première rencontre. Si ma mère me voyait elle en pousserait des cris hystériques.

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Happiness is the key
And may be, just may be, you can go farther than you ever thought. That is the biggest journey you'll do, and your life will never, ever be the same again.


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MessageSujet: Re: Une rencontre qui changea nos vies...    Une rencontre qui changea nos vies...  Icon_minitime27.05.12 20:01

Je suis à vos ordres, mad… Andréa, mais appelez-moi Silvestre, que nous soyons à égalité.
Avec plaisir.


Elle était loin des conventions de base, Andréa avait bien du mal à ne pas tutoyer son monde et à se contenir pour paraître bien en société. Heureusement, la société du Nouveau Monde était beaucoup moins exigeante que le vieux continent, elle n'était pas obligée d'être éternellement étouffée par les corsets ni être fardée à l'extrême. Même ses cheveux n'étaient pas coiffés parfaitement, elle leur laissait un peu de mouvement dans leur chignon et quelques mèches rebelles s'en échappaient sans que personne ne s'en offusque. Son père était bien gentil de la laisser faire, il devait se dire que sa pension de jeunes filles devait être assez stricte comme cela. S'il savait …

Dans ce carrosse, face à Silvestre, elle était plus naturelle que d'habitude, quand elle se trouvait en société. Le jeune homme avait un côté doux et apaisant derrière son apparence un peu repoussante à cause de son accoutrement. Enfin, cela n'effrayait pas Andréa, au contraire, cela la rendait curieuse et elle avait mille et une questions en tête à lui poser, si seulement le temps ne leur était pas compté. Pourtant à sa question sur ses habits, Silvestre semblait hésitant. Avait-elle été un peu trop directe ? C'était là son gros défaut, et ce depuis toute petite, elle ne savait pas tourner autour du pot, poser les bons mots, il fallait que ce soit dit comme c'était pensé. Et des années de piraterie n'aidaient pas, ces loups de mers ne comprenaient pas les bons mots, il fallait presque les insulter pour se faire respecter, à croire qu'ils aimaient ça ! Et quand il répondit, elle but ses paroles avec grand intérêt :

Eh bien… Disons que je fais partie de ceux qui préfèrent vivre au contact de la population plutôt que de ceux qui viennent pour vivre presque comme en Europe. A la vérité j’ai été plus ou moins adopté par une tribu indienne dont le camp principal se situe au nord d’ici, mais je n’y suis pas toujours. La rigueur de l’uniforme français ne s’adapte pas toujours à la chasse aux ours. Mais ces histoires doivent vous paraître barbares, et si ma mise vous indispose, vous m'en voyez profondément navré, Andréa. Nous arrivons.
Au contraire, elles sont passionnantes.


Ses grands yeux montraient bien que cela la passionnait, elle comprenait un peu son envie de vivre avec d'autres populations que les européens engoncés dans leurs dentelles et leur étiquette. La population qu'elle fréquentait était aussi à part, une tribu de gens qui ne vivent que pour la mer, peu importe d'où ils viennent sur la surface du globe. Là encore, pas besoin d'uniforme et elle devait bien admettre que parfois l'hygiène était négligé, même si elle faisait plus attention que ses hommes, et que ses histoires paraîtraient plus barbares encore au jeune homme si elle lui racontait sa véritable vie.

Permettez-moi de vous montrer les merveilles du Nouveau Monde…

Elle avait hâte car finalement, Andréa ne voyait pas grand chose quand elle venait, c'était toujours les mêmes choses et les mêmes visages, les mêmes activités. Un peu d'aventure et de nouveautés ne faisaient pas de mal. Mieux, ces merveilles étaient superbes ! Qui pourrait imaginer un tel paysage ? La jeune femme était émerveillée par ce qui se trouvait sous ses yeux et ne le cachait pas. Là encore, elle avait parcouru le monde malgré son jeune âge, avait vu beaucoup de choses mais gardait cette candeur, ce petit bout de petite fille qui s'extasie devant la beauté de la vie et de la nature.

Puis commençait leur promenade. Elle serait courte, le jeune homme avait des obligations envers le père d'Andréa mais il fallait en profiter et sans prendre le temps de lui laisser répondre, elle enchaîna les questions qui semblaient mettre mal à l'aise Silvestre. Peut être ne voulait-il pas en parler, ou alors n'avait-il peut être pas l'habitude que l'on s'emballe autant sur sa vie. Andréa ne le quittait pas des yeux, attendant ses réponses.

Eh bien… A la vérité, les cadets de familles finissent toujours dans les ordres ou dans l’armée. Les ordres ont été choisis par ma plus jeune sœur, il me restait l’armée. Mon frère le duc de Ventadour a préféré la marine, plus prestigieuse, et me faisant voir du pays. J’ai été affecté ici il y a quelques mois à peine, et je suis tombé amoureux de ces grands espaces. Quant aux autres pays, eh bien, je suis dépendant des ordres qu’on me donne. Un jour peut-être, mais pas tout de suite.
Vous avez l'air d'un garçon tellement différent des autres …
lâcha t'elle, doucement.

Elle ne se reconnaissait pas, Andréa la pirate se faisait toute douce et souriante à côté de Silvestre, continuant un peu la conversation en marchant, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Cela était étrange et agréable à la fois. Il fallait avouer que les hommes de la vie d'Andréa étaient des pirates et on ne discute pas de la sorte avec ces hommes là ! Cela changeait tellement, elle aurait voulu que cela ne se finisse jamais. Mais les meilleures choses ont toujours une fin et la magie fut rompue à ces mots.

Il nous faut rentrer, votre père pourrait s’inquiéter. On ne sait jamais, que je vous emmène avec moi au fin fond de cette forêt qui ne semble jamais prendre fin.

Elle rit doucement avant de répliquer :

Ne me prenez pas au mot, peut être qu'un jour, je vous demanderai de m'y emmener.

Mais elle était déçue de déjà rentrer et le voyage du retour semblait bien trop rapide comparé à l'aller. Elle aurait voulu le faire parler encore et encore, peu importe les conventions sur ce qui se disait ou ne se disait pas. Et tant qu'il parlait de lui, Andréa n'avait pas à lui mentir et inventer des mensonges sur sa fausse vie française, elle ne se sentait pas capable de lui mentir, lui qui semblait si honnête avec elle.

Et déjà la maison familiale se profilait. La jeune femme retint un sourire à fendre l'âme et sourit quand Silvestre l'aida à nouveau à descendre, elle n'avait pas l'habitude d'une telle galanterie ! Tous deux marchèrent en silence jusque devant le bureau du père d'Andréa. Jetant un coup d'oeil à la pendule dans le couloir, elle eut un sourire amusée :

Vous êtes pile à l'heure ! C'était le moment de se dire au revoir et, pour une fois, elle se sentait un peu gênée. J'ai passé un très agréable moment, j'espère que nous aurons d'autres occasions comme celles-ci. Je n'ai pas fini avec mes questions. A très bientôt … Silvestre.

Et après une petite révérence, Andréa tourna les talons pour se rendre dans sa chambre, non sans jeter un dernier coup d’œil derrière elle, au moment où il entrait dans le bureau de son père. Sans le savoir, cette promenade dans le fond banal, avait changé sa vie …

FIN
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