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 Gabriel de Gonzague -

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MessageSujet: Gabriel de Gonzague -   31.01.10 23:24

Avant de commencer ce roman, je tiens à remercier le Grand Admin d'avoir accepté ce personnage.

Gabriel-Louis de GONZAGUE
_______ ft. Richard Armitage


    ► Né le 17 janvier 1636 à Mantoue - Italie, il vient de souffler 30 bougies.
    ►duc de Réaumur et comte de Vaunoy, il devient, en 1665, prince d'Arches, et hérite de duchés de son défunt demi-frère, Charles II de Mantoue: duchés de Nevers et de Mantoue. Il est nommé depuis toujours prince de Gonzague.
    ► Né en Italie, son cœur est cependant attaché à la France où il a passé de nombreuses années.
    Célibataire qui souhaite le rester. Néanmoins, sa venue en France n'est pas secrète: il doit rencontrer le père de la duchesse de Courville, peut-être sa future épouse.


    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    -Maman, qu'allez-vous me conter ce soir?

    -Oh...ce n'est pas un conte, mais je te raconte tout de même cette histoire. Allonge-toi, elle est un peu longue.

    -De quoi parle-t-elle?

    -D'un prince. mais chut, je commence.

    Un paradis ou un enfer versaillais ?

    -Le prince était un homme d'apparence froide et distant. S'il cachait en lui une sensibilité qu'on ne peut remettre en doute, sa froideur lui faisait prendre du recul sur le monde.
    Homme d'action, il affectionnait néanmoins quelques rendez-vous mondains, bals et salons de jeux, mais sa gardait de toute frivolité qui ne pouvait convenir à son caractère et à son rang.
    Mais une chose était indéniable: le prince était un homme de grande beauté, et savait que son charisme naturel servait à séduire les femmes. Il n'était point volage, mais se refusant à nombreuses d'entre elles, toutes aussi blondes que les blés, sa réputation de séducteur planait au-dessus de lui, sans qu'il s'en soucie réellement.
    Homme franc et droit, ses valeurs faisaient de lui un homme apprécié et respecté en public.
    Versailles est pour lui ce terrain des plaisirs matériels, cette possibilité pour le roi d'asseoir sa puissance, et de garder tout ces courtisans volages sous sa coupe. Les voir ainsi gardés dans cette bulle l'amusait, et il savait jouer de cette grâce naturelle pour entrer dans ce jeu, sans jamais y perdre son âme.
    Mais les derniers mots tracés de sa princesse lui restent en mémoire, et s'il peut découvrir vers qui le cœur de la jeune femme penchait, son deuil pourrait être fait.


    Vérité ou fantasme du complot ?

    -Mais le prince, je te l'ai dis, pensait avec raison avant toute chose, et agissait de la même manière. Aucune passion ne pouvait s'immiscer dans son esprit. Il gardait le contrôle de chaque battement de son coeur, et si celui-ci ne donnait aucune explication particulière, il cessait de l'écouter. Ainsi, les rumeurs ne trouvaient grâce à ses yeux. Les complots rompent l'oisiveté, et s'il y était involontairement mêlé, il savait s'en sortir avec grâce et esprit.
    Nul complot politique n'est venu à ses oreilles. Nulle intrigue visant à assassiner le roi était même imaginé, pour un homme qui considérait le pouvoir royal comme unique. Intelligent et à l'esprit éclairé, néanmoins, il ne doutait pas que quelques mots circulaient dans les couloirs, entre les bosquets des jardins. Il savait écouter, analyser, déduire, avec toute la froideur dont il était capable. Le recul qu'il prenait sur l'esprit humain, qu'il connaissait depuis son premier séjour parisien, lui permettait ainsi de jouer avec ces intrigues, amoureuses le plus souvent.


    Plutôt colombe ou vipère ?

    -N'imagine pas ce prince comme un homme totalement réservé, et misanthrope! S'il garde une réserve sur le genre humain, et déteste se laisser guider par ses sentiments, il est néanmoins capable de se mêler à la foule qui se perd en frivolité. Homme droit, il sait trouver les limites à ne pas franchir, et saura ainsi tromper ceux qui l'entourent, prétextant un plaisir dans ces soirées mondaines, et ces salons littéraires, où l'hypocrisie règne en maîtresse.
    Ni ange, ni démon, ni colombe ni vipère, il sait trouver l'attitude qu'il convient d'adopter à chaque situation, tel un caméléon. Derrière ce masque, se cache un grand esprit, donc les rouages ne cessent de tourner.

    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Prénom/pseudo: pouet pouet ^^
    ► Âge: toujours 23ans
    ► Présence sur le forum: assez régulière
    ► Code du règlement: Longue vie à Milena et pas au masque de fer cheers Code bon by Lisa et Milena
    ► Suggestion: aucune ^^


Dernière édition par Gabriel de Gonzague le 27.02.10 2:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gabriel de Gonzague -   31.01.10 23:40




    « Il était une fois ... »

    ....un prince. Le plus beau prince que l'Italie aie vu sur ses terres. Un prince qui, par son seul regard gris, pouvait obtenir ce qu'il désirait.

    -Comment s'appelait ce prince, maman?

    -En vérité, il régnait sur Arches, mais par habitude, il se faisait nommer le prince de Gonzague.

    -Qu'est-ce, Gonzague?

    -Une grande et vieille famille, qui régna sur ses terres italiennes et françaises. Une puissante famille, dont le nom ne peut être oublier.

    -Et ce prince, maman, est-il tombé amoureux d'une princesse?

    -Allons! Patience, nous n'en sommes qu'au début!




    En vérité, mon histoire ne peut être un conte raconté aux enfants. Si ma naissance et mon rang peuvent le laisser croire, ils ne font malheureusement pas une vie.
    Je me nomme Gabriel-Louis de Gonzague. Duc de Réaumur, comte de Vaunoy, j'ai aujourd'hui 30ans, et vois au loin s'estomper les tours du château de Mantoue, où j'ai vécu depuis 10ans.

    Je ne saurais expliquer ce que je ressens actuellement. Ma naissance et mes titres ne peuvent traduire le poids qui pèse sur ma poitrine, alors que le carrosse m'emmène vers une autre destinée.
    A l'aube de ma vie, une nouvelle page se tourne. Immaculée, sans tâche. Tout reste à écrire. J'ai 30ans, et sens sur moi le poids des années, comme un vieillard voit s'éteindre la dernière lueur.
    Mantoue s'éloigne doucement, et en moi ressurgissent les souvenirs passés.

    Je revois mon arrivée, 10ans auparavant, sur ce même chemin. Comme une histoire contée de la fin, je revois ces mêmes tours se rapprocher, alors que mon cœur, pleurant des années écoulées, s'emballe à l'idée se vivre un nouveau tournant dans ma vie.
    Je le croyais encore à l'époque, en revenant de France à Mantoue, ma vie n'allait être plus que que paix et tranquillité.

    Mon enfance fut en effet paisible, malgré les rancœurs que je ressens aujourd'hui. Les années m'ont donné ce recul nécessaire, et de nombreuses situations paraissent à présent claires dans mon esprit.
    Je naquis 5ans après mon plus proche frère, Charles. Né de la deuxième union de Marie de Mantoue, je fus longtemps considéré comme ce fils supplémentaire, celui qui n'était pas le descendant direct du duc de Mayenne, Nevers et Rethel. Pourtant fils de son cousin, Vincent de Gonzague, j'ai néanmoins longtemps senti sur moi ce poids, comme celui d'un fils illégitime.
    Mon frère n'avait pour moi qu'indifférence, malgré la courtoisie qu'il faisait preuve à mon égard, et seule ma sœur Eléonore savait me consoler de mes chagrins d'enfant.

    Aimé de mes parents, je bénéficiais de leur soutien, et pour me permettre de m'échapper, de me donner une force que Charles n'aurait pas, ils me poussèrent à étudier. L'art, les sciences, les mathématiques, la peinture et la musique. Du dessin à l'art équestre, mon éducation fut des plus poussée.
    Une chance s'était offerte à moi, en l'incarnation d'Anne de Gonzague, la tante que j'ai pu aimer comme une seconde mère.


    Cahotant sur ce chemin, mes pensées divaguent à nouveau. Je revois le long trajet qui m'avait mené à Anne de Gonzague, alors en France. je n'avais que 8ans, des idées de découverte plein la tête, et dans mes yeux d'enfant ébloui, je ne cessais de contempler le paysage qui défilait sous mes yeux. Il fut long, épuisant, mais l'énergie d'un enfant ne se tarie pas devant tant de nouveautés.
    La France s'ouvrait à moi, avec toutes ses possibilités: être écouté, aimé. Apprendre la vie de cour auprès de cette tante si aimante, si douce. Elle m'offrit tout ce dont j'avais besoin, et aujourd'hui, je ne saurais l'en remercier assez pour tout ses bienfaits.
    Je comblais mes précepteurs, et malgré quelques difficultés, j'avais trouvé une voie qui me plaisait. L'art de l'esprit incluait de nombreux inconvénients. De nature franche et loyal, je n'ai pu m'abaisser à l'hypocrisie, ou à la moquerie. Les salons étaient pour moi une simple possibilité d'élargir un cercle de connaissance, et d'apprécier ainsi la mystérieuse nature humaine.

    Aujourd'hui, je garde en moi ce plaisir d'observer, d'écouter, de comprendre chaque pensée insondable des personnes qui m'entourent. L'esprit humain est brumeux, et récalcitrant à toute tentative de pénétration. En découvrir les méandres peut dévoiler tout ce qu'une personne recèle en elle.

    J'ai ainsi déchanté face à la politesse feinte, aux amabilités pompeuses, et me prêtant parfois à ces jeux de dupes, j'aurais pu y perdre mon âme si une présence n'avait su m'en retirer.
    Vittoria de Castiglione. Douce cousine italienne, au parfum inoubliable. Je revois ses cheveux blonds voletant au vent, alors que nous courrions, enfants, dans les couloirs du sombre château. Nos petits pieds étaient nus pour ne réveiller aucune âme de la maison, et nous connaissions tout les recoins sombre de la bâtisse.
    Mais nos sentiments furent trop fort l'un pour l'autre, elle fut perdue.


    Jeunes et lancés dans le monde, côtoyant une cour qui vivait à nouveau après la guerre civile, nous laissions parler nos cœurs, et aller nos sentiments. Notre raison fut annihilée par cette inclinaison, et sans que nous puissions le prévoir, ni le sentir, Vittoria se perdit dans ce labyrinthe. Aucun fil d'Ariane n'avait pu l'en tirer, et tout avait soudainement surgit à mes yeux, bouleversant mon destin à jamais.
    20ans, nous nous sentions libres et puissants. Rien ne pouvait stopper notre avenir, et malgré les réticences de nos familles pour cette union, nous ne pouvions renoncer à cette faiblesse.
    Vittoria se prit aux jeux de cour. Elle se piqua de sentiments nouveaux, se lança dans les cartes, fut la dame de cœur de tous ces courtisans qui ne cessaient d'admirer cette jeune et exquise jeune femme.
    Je ne pouvais que l'observer, jalouser ces hommes. Mes yeux gris se muaient en glace, tandis qu'elle me prenait tendrement la main pour la serrer dans la sienne, me demandant pardon de ces écarts.
    Elle m'échappait. Mais la raison ne pouvait nous aider, nous l'avions chassé, oublié de nos vie. Pour notre malheur, elle n'a surgit que trop tard.
    Notre amour n'était pas physique, notre amour était passionnel. Il a rongé, sans que nous le voyions, notre esprit, notre âme, jusqu'à ne laisser qu'une enveloppe charnelle.

    Je n'ai pu prévoir ce que le sort avait écrit pour nous. Je n'ai vu que tout les sentiments que pouvaient ressentir une âme comme celle de Vittoria, dissolvait ce qu'il y avait en elle.

    Seul dans ce carrosse, je me permets une fois encore de laisser entrer le flot de tristesse qui m'envahit. Je revis à nouveau ce jour.

    -Vittoria, mon piano n'attends que ta voix! Où es-tu? Ne crains pas de n'être point présentable, tu sais qu'à mes yeux tu seras toujours magnifique. Vittoria?

    -Gabriel, laisse-moi un instant.....je.....je viens....laisse-moi...je ne sais pas...si je vais venir.

    -Vittoria, dis-moi ce qu'il se passe. Ouvre-moi la porte....Vittoria.

    -Non, Gabriel. Va-t-en, je t'en prie...t'en supplie....je...Gabriel, je ne veux pas que tu restes.



    J'entends ce bruit, qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Puis le soudain silence qui obscurci mes pensées.

    Elle avait à jamais préféré sceller ses lèvres à ce canon de pistolet qu'aux miennes. Ses cheveux rougis, son corps froid restent les derniers souvenirs que j'ai de ce qui suivi. Sur le pas de la porte enfoncée, la scène s'était embrumée, tout avait disparu petit à petit.
    Une chambre aux tons bleu m'avait accueilli à mon réveil. Réveil est le seul mot qui me vienne à l'esprit, car l'apathie m'avait gagné. Toute ma fougue de la jeunesse m'avait quitté. Mon seul réconfort se trouvait dans ces notes qui s'écoulaient sur ce piano. Je déversais ce chagrin sur ces touches, laissant inlassablement courir mes doigts sur l'instrument, seul témoin de la peine que j'éprouvais.

    La France m'étais devenue insupportable. Revoir ces visages, les endroits qu'elle avait côtoyé me rappelait sans cesse que j'avais perdu ce qui me rattachait à cette ville, à ce pays.

    Même revoir l'Allemagne, qui abritait mon ami le plus cher, Frederick Von Lobkowicz, était une idée que je récusais. Ce cher ami que j'avais connu si jeune, cet ami avec qui Vittoria et moi avions partagé nos jeux d'enfants, nos rires et nos peurs.
    Je ne pouvais supporter l'idée d'avoir menti à cet ami si cher à mon coeur. Je ne pouvais accepter ma propre décision, forcée par les paroles des Castiglione; cette décision de cacher la vérité, de vivre avec ce poids du mensonge, cette trahison, même, vis à vis de Frederik, et de l'Eglise, fut la plus dure que j'ai eu à prendre.

    J'avais accepté, dans mes tourments, l'inhumation de Vittoria en terre sainte. J'étais complice d'un crime aux yeux du Ciel, et même le pardon divin donné, ce poids, lié irrémédiablement au souvenir de Vittoria, n'a su alléger mon esprit.
    J'avais refusé l'Allemagne, malgré la présence continuelle de Frederik à mes côtés. Il m'avait tiré d'une mort que je laissais venir à moi, s'obstinant à me maintenir hors de l'eau, alors que mon seul souhait, ces jours suivant ce drame, était de rejoindre celle que j'avais perdu à jamais.

    Je quittais la France, je fermais les portes de l'Allemagne, tournant définitivement le dos au passé. Le souvenir de Frederik s'estompe avec le temps, sans jamais cependant disparaître.


    Je regarde Vénusia, ma chienne, assise à mes pieds, sa tête mollement secouée sur mes pieds par les soubresauts du carrosse.

    Comme je vois ces tours disparaître à ma vue, je revois mon retour à Mantoue.
    Années auprès de ma mère, de mon père. Années pendant lesquelles je me suis acharné à gouverner les terres dont j'étais le souverain, pour oublier ce qui m'avait ramené ici. Sans relâche, j'ai voyagé, amassé cet or pour mes provinces, construit ce qui devait être ma vie italienne.
    J'ai rencontré d'autres femmes, et voyant ces reflets pourpre dans les mèches dorées de certaines, je m'empêchais de les contempler. Ma sensibilité trouvait sa place dans ces liaisons, dont quelques mois seulement étaient les témoins. Elle jaillissait à nouveau, retrouvant toute sa raison d'être. Mais je ne pouvais la laisser respirer autant qu'elle le voulait. Ne pas m'attacher était pour moi le seul moyen de respecter la voie que je m'étais tracée.

    On m'a souvent trouvé froid, dur et distant; mais ceux qui me connaissaient disaient de moi que j'étais franc et loyal, sûr et juste.
    De toute ma vie, je n'ai jamais failli à mon honneur. J'étais destiné, comme tout cadet, à la voie religieuse, mais malgré les appuis de ma mère, je n'ai pu me résigner à cela. Ma vie, quoique pieuse, ne pouvait trouver un sens que dans le devoir et le service que je portais à ceux que je gouvernais.
    Mon célibat pesait donc dans le cœur de mes parents comme un lourd fardeau.

    -Gabriel, vous ne pouvez sans cesse refuser ces contrats que nous vous proposons. Notre famille s'est toujours pliée à cette règle. Il est de votre devoir de prendre une épouse.

    -Père, je ne puis. Je ne pourrais que la rendre malheureuse, vous le savez.

    -Cessez de me lancer ce regard qui respire le dédain! La comtesse de Mezzogiorno est le meilleur parti qu'il soit pour vous. Vos noms, vos titres, vos fortunes pourraient servir vos intérêts. Joindre ces terres serait bénéfique. En ces temps quelques peu secoués, il faut voir loin, Gabriel. Votre oisiveté sur ce sujet me déplaît.

    -Pardonnez mon inattention, père. Mais seule une femme qui...comprenne ce que je cherche en ce mariage pourrait espérer porter mon nom.
    Comprenez bien que ce n'est point par caprice, mais vous entendez comme moi ce qu'il se dit.

    -Je serais, à votre place, flatté de tels éloges! Le plus beau parti de l'Italie, et vous rechigner à prendre épouse parmi toutes ces jeunes femmes, pourtant délicieuses, prêtes à se jeter à vos pieds, sur un simple regard?

    -Père, je ne désire en rien que la femme qui partagera ma vie soit, comme vous le soulignez justement, jetée à mes pieds. Je ne pourrais que la rendre malheureuse. Les femmes agissent par passion, et ne se décident que trop tardivement à faire appel à leur raison.

    -Et votre raison ne vous dicte donc pas qu'une épouse serait bienvenue? Vous avez bientôt 30ans, Gabriel!

    -Une épouse qui partagerait ma vision du mariage serait en effet une bonne chose. Elle ne s'est jusque là présentée sous aucune forme qu'il soit. Vous connaissez assez mon sens de l'honneur pour savoir que je répugne à prendre plaisir dans le malheur d'une jeune femme.

    -Il faut savoir faire des concessions, Gabriel. Cesser de rester sur la voie que l'on s'est obstinément tracé.

    -Elle seule me permet de ne point me détourner. Je ne tiens en aucune façon à recommencer les erreurs du passé.

    -Gabriel....cette jeune duchesse de Courville...

    -En effet. J'ai reçu le billet que vous m'avez envoyé. Elle est française, comme vous le savez.

    -Elle ne vous connaît point, son père, le duc de Forcalquier, me précise que c'est un jeune femme des plus douce, qui se refuse à aimer tout homme, n'ayant trouvé en ceux-ci que brutalité et vulgarité.

    -Je ne puis que l'approuver, mère. J'accepte, comme j'étais venu vous l'annoncer, de rencontrer Monsieur de Forcalquier. Ma présence ravira ma tante, à qui, il me semble, j'ai beaucoup manqué.

    -Je suis heureuse de vous voir user de votre raison avec sagesse, Gabriel. Cette parole est digne de vous.



    Le carrosse roule péniblement, et le soleil de Mantoue passe au travers des fenêtres réchauffant un instant le véhicule. Vénusia s'est réveillée. Elle a jusque là été ma compagne la plus fidèle, celle qui ne m'a jamais trahi. Je caresse sa tête blanche, sentant sa langue humide sur ma main, et ses pattes soudainement sur mes genoux, demandant à grimper à mes côtés.
    Sa taille est trop grande à présent, et songeant à ces années où elle n'était encore qu'un chiot, me revient l'arrivée de cette missive de Paris.

    L'enveloppe portait le sceaux de Anne de Gonzague. 2ans alors s'étaient écoulés depuis la tragédie qui m'avait poussé à quitter cette chère parente. Mon cœur s'était déjà caché derrière une barrière impénétrable, et mes occupations seules me permettaient de ne penser à de funestes pensées.
    Le billet était court, mais contenait un autre papier. Plié en deux, j'y devinais une écriture de femme.
    Sur le premier, quelques mots courts, concis.

    "Mon cher Gabriel,

    Je vous sais à présent assez fort pour recevoir ce billet. Pardonnez-moi, mon cher neveu, de n'avoir souhaité vous le faire parvenir plus tôt.

    A.de Gonzague"


    Mes doigts avaient tremblé, lorsque j'avais ouvert ce petit papier. Je savais quelle main les avait écrits, mais je redoutais de lire ce qu'il contenait.

    "Gabriel, mon aimé cousin.

    Nul ne sait qui vous serez dans quelques années. Je ne sais si vous serez roi, duc, marié, père ou religieux. Serez-vous par ailleurs encore de ce monde?
    Votre avenir ne peut être avec moi, Gabriel. Il ne peut-être mêlé au mien. Il ne le sera jamais.

    Me pardonnerez-vous un jour, mon Gabriel, ce que mes mains, tremblantes, vous écrivent?
    Ces derniers mots, couchés avec amour, vous sont destinés. N'ayant pu vous offrir mon avenir, je vous offre ces derniers mots, ma vie.

    Rester à vos côtés m'était impossible. La vie aurait été notre implacable ennemi, et votre avenir incertain, si vous refusiez d'entendre raison.
    Mais je ne pouvais vivre sans vous. D'autres l'avaient décidé pour moi, et je ne pourrais vivre aux côtés d'un autre, si mon cœur est à vous.
    Cet autre me fait peur. Cet autre, et toute l'affection que je lui porte en ce moment, embrouillent mon esprit, mes pensées, m'empêche de vous aimer exclusivement, comme vous l'avez toujours fait pour moi.

    Nous sommes seuls maîtres de nos destins, Gabriel. Avec ou sans moi, vous ferez votre devoir, et je sais que vous le ferez avec tout l"honneur dont vous êtes capable. Votre fougue, votre impétuosité savent rester à leur place, quand la sagesse vient à vous. Vous êtes un homme bon, chevaleresque. Par ma faute, ne soyez pas celui que vous redoutez d'être. Sachez calmer ce sang qui s'échauffe parfois, sachez agir avec raison, chose que nous n'avons jamais écouté, et qui nous perd aujourd'hui. Ouvrez-vous au monde, la musique ne doit pas être seul témoin des immenses qualités que vous avez. Votre douceur calmera votre impatience. Vos passions sauront être raisonnées. Votre générosité prendra le pas sur votre désir de posséder, de conserver.
    Ayez le goût du changement. Votre voix douce, votre grâce naturelle saura vous faire aimer. N'ayez crainte des autres.

    Mon amour pour vous vous le demande. Mon cœur ne saurait être partagé. Je ne puis. Je vous offre ces derniers mots, qui sont ce qu'il reste de ma vie.
    Pardonnez-moi à jamais, Gabriel, si vous m'aimez.


    Vittoria."




    Je lui ai pardonné. Car au fond de moi, elle est encore la seule personne qui puisse faire remonter tout ces sentiments que je souhaitais condamner à jamais.
    Je pars pour la France, pour un nouveau destin, peut-être. Réaumur saura m'accueillir, Nevers, Vaunoy seront mes abris si Paris et Versailles m'étouffent.
    Je sens contre ma poitrine ces derniers mots de Vittoria. Ne pas suivre ses conseils serait la trahir. Je les suivrais. A la lettre, car elle seule a pu me connaître tel que je suis réellement, sans barrière volontairement dressé contre tout ce qui peut nuire à la raison.

    Je ferme les yeux. Au loin, les tours du château de Mantoue ont déjà disparu.





    -Maman, que va-t-il arriver?! Si c'est un conte, il doit pouvoir trouver sa princesse!

    -Ca n'est pas un conte, mais son avenir s'écrira en prenant le temps qu'il faudra. Maintenant il faut dormir, mon petit prince. Bonne nuit.

    -Bonne nuit, maman. Demain, vous me raconterez la suite!




Dernière édition par Gabriel de Gonzague le 07.03.10 15:06, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Gabriel de Gonzague -   31.01.10 23:52

Milena : Whaou !!! C'est mimiiiiiii tout plein Heuuu Amour

*Amy donne un coup de coude à Milena*

- Hum ... hum ...

*Râclement de gorge protocolaire*

Bon tout y est cher Prince, il ne me reste plus qu'à vous valider et à vous souhaiter un bon jeu parmi nous ! Very Happy

Milena : cheers Victoire va me détester car vous arborez la tête de Mr Thontorn mais tant pis ! Pom Pom

______________________

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MessageSujet: Re: Gabriel de Gonzague -   31.01.10 23:57

Quelle prompte réponse, merci bien, mademoiselle. cheers


Pour ma noble figure, c'est d'vôt'faute, Milena. Laughing
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MessageSujet: Re: Gabriel de Gonzague -   01.02.10 12:33

Oui je sais on n'a pas le droit de flooder dans les présentations, mais je brave l'interdit...

MON DIEU MR THORNTON !!!!!!!!!!
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MessageSujet: Re: Gabriel de Gonzague -   

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