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 [Londres] Quand les anglais forment un réseau

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Morgan Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
Date d'inscription : 15/02/2012


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MessageSujet: [Londres] Quand les anglais forment un réseau   [Londres] Quand les anglais forment un réseau Icon_minitime24.03.15 19:19

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« Les seuls espions avoués sont les ambassadeurs. »
En cette fin juillet 1667, il faisait doux à Londres, un équivalent printanier à la France. Le soleil entrait par les hautes fenêtres de Whitehall, illuminant les grandes pièces à l'architecture du siècle dernier. La plupart des courtisans profitaient du beau temps pour se promener dans les jardins, seuls certains intolérants au soleil préféraient la fraîcheur des grandes salles. La guerre était finie, un sale échec pour les anglais, mais tout le monde avait fini par rentrer chez lui, m^me si pour certains, c'était les pieds devant …

Morgan avait combattu sur terre, avant de passer sur le mer après sa blessure à Verdun en mai. Sa jambe ne le faisait plus souffrir, mais il continuait à marcher avec une canne pour le soutenir, en cas de douleur, ce qui arrivait de moins en moins souvent, fort heureusement. Mais le claquement de la canne sur le sol résonnait dans chaque pièce entre ses appartements et ceux du roi Charles II, ce château était immense, un véritable labyrinthe mais que le duc connaissait par cœur, à force d'y vivre ! Depuis quelques jours, il enchaînait les entrevues avec ses cousins, le prince Jacques et le roi Charles, au sujet de son retour en France. Après le mal-être d'Howard, la mort de Monaghan à la guerre, le poste d'ambassadeur semblait maudit ! Mais ce serait d'une stupidité sans borne de ne pas accepter un tel poste, avec ses avantages non négligeable et surtout une raison de rester à Paris, jusqu'à ce qu'il réussisse à négocier avec sa femme pour se défaire de leur union. La tentative de réconciliation fut un échec, sa femme était finalement partie avec le prince du Danemark, ce dernier ayant appris que son fils était en fait celui de … Richmond lui-même. Un gros casse-tête en somme. Il avait donc accepté la place, cela lui permettait de garder un œil sur l'ambassadeur espagnol qui lui semblait louche, et avoir ses entrées où il le voulait. Si son ascendance lui suffisait en général, la charge d'ambassadeur était un plus non négligeable.

Mais de quoi Charles voulait encore lui parler ? Il allait bientôt le savoir, attendant sagement, les bras croisé dans le dos, devant la porte des appartements privés de son royal cousin. Cela semblait bien secret, Charles II le recevait seul, dans un beau salon élégamment décoré à la dernière mode, avec son sourire et sa bonhomie légendaire. Après quelques banalités d'usage, il était temps d'entrer dans le vif du sujet. Et c'est Charles qui l'aborda.

« Tu le sais, cher cousin, que je te fais confiance, et que ton retour en France me chagrine d'avance. Mais les affaires sont les affaires, et j'ai besoin de toi là-bas. Il se tut, mais resté souriant. Il est temps de renouer avec la France, après lui avoir tourné le dos, mais pas question de s'abaisser ! Le tout est d'être diplomate mais aussi tout savoir pour mieux négocier.
Vous me parler d'espionnage ? Demanda Morgan, curieux.
Oh quel vilain mot ! Le roi se mit à rire de bon cœur. Je parle de récolter des informations pour nous en servir pour nous, plutôt que contre les autres. C'est un peu plus subtil que cela.
Et c'est à moi que vous confiez cela ?
Pas seulement. Et c'est de cela dont je veux te parler. Quand tu reviendras en France, il faut une équipe, des personnes pour te soutenir, car tu ne pourras pas tout faire dans ta position, ni avec ta … réputation. Le roi donna un coup de coude à son cousin, avec un air complice. Il te faut des personnes qui fréquentent aussi bien les hautes sphères que le petit Paris, capable de se faufiler partout et t'apporter des informations, que tu me transmettras. Disons que tu seras le chef.
Et vous avez des noms ? »

Voici donc qu'on lui proposait maintenant d'être à la tête d'un réseau d'espionnage à la solde de l'Angleterre, l'idée n'était pas banale, bien qu'évidente, tous les ambassadeurs ne sont-ils pas un peu espions, à raconter tout ce qu'il se passe là où ils sont ? Charles acquiesça silencieusement et s'approcha de la fenêtre pour observer ce qu'il se passait devant le jardin et sourit, voyant la jolie Megan priée de se rendre dans les appartements du roi.

« La Campbell n'est-elle pas adorable ? Une jolie frimousse, un sourire à faire fondre un cœur de pierre, un corps … Morgan toussa, trop d'informations, et le monarque reprit le fil de sa phrase. Mais aussi une capacité à trouver des informations, à se glisser dans plusieurs peaux. Elle est chez ma petite Minette, et je sais qu'il doit s'en dire des choses là-bas. N'est-elle pas parfaite ?
Si vous le dites … »

Morgan n'était pas convaincu totalement, mais ne pouvait pas non plus aller contre son cousin. Il y avait eu une tentative avortée de complot contre le prince Jacques, et Morgan était persuadé que l'écossaise avait avoir avec cette affaire ! Sans pouvoir le prouver, il ne gardait que des soupçons mais s'il pouvait avoir Megan sous ses ordres, il la surveillerait sans doute mieux.

« Il me faudrait pour l'instant une autre personne, qui aurait une raison de revenir à Versailles, ou d'y être actuellement.
Le premier qui me vient à l'idée est Thomas mais peut être est-ce trop tôt …
Plus tard peut être, Howard est un garçon intelligent et il m'a souvent été précieux, mais il faudrait quelqu'un qui soit plus jambe que tête, même si je préférerais qu'il ait les deux ! »

Morgan passa en revue dans sa tête la plupart des anglais qu'il connaissait et qui pourrait remplir cette tâche. Brandon serait parfait si seulement il montrait un peu son visage, on dirait qu'il a quelque chose à cacher. Puis il y avait … Morgan se retint de rire à l'idée qu'il venait d'avoir, à la fois improbable et pourtant logique.

« Et le cousin de Thomas, Alfie Howard ? Après tout, la guerre l'a changé, je trouve qu'il est beaucoup moins ce garçon empoté, et il m'a sauvé la vie. D'ailleurs, j'en profite pour réclamer sa Jarretière, il s'est montré bien brave. Morgan avait vu Alfie grandir en quelque sorte, il pouvait bien lui rendre la pareille en lui donnant des responsabilités.
Mais qu'irait-il faire en France ? Après ce qu'il s'est passé avec le prince de France, ce dernier l'accueillerait avec un fusil pour le tuer en personne ! A moins que …
Que ? demanda Richmond, inquiet de voir la mine amusée du souverain anglais.
Garde ! Qu'on fasse venir sir Alfie Howard !
En même temps que miss Campbell ? Questionna un homme.
Oui, oui ! puis il se tourna vers Morgan avec un petit sourire. J'ai un plan, fais moi confiance ! »

Si Morgan avait l'habitude de faire confiance à son cousin, il ne voyait pas où il voulait en venir, et n'eut pas le temps de lui poser la question, Megan se trouvait dans l'antichambre et on lui ouvrit la porte. Morgan la salua poliment, elle semblait pas comprendre pourquoi Richmond se trouvait là.

« Chère Megan, toujours aussi ravissante, Charles, toujours charmeur, j'ai une question pour vous et je vous expliquerais ensuite : que pensez vous de retourner en France ? »

Le réseau prenait forme …

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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Megan Campbell

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


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MessageSujet: Re: [Londres] Quand les anglais forment un réseau   [Londres] Quand les anglais forment un réseau Icon_minitime17.07.15 21:22

[quote="Morgan Stuart"]
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« GERONIMO! »
Megan Campbell avait connu Londres sous de nombreux visages. Elle l'avait connu révolutionnaire, pauvre, éclatante sous la restauration...aujourd'hui, elle la redécouvrait sous un nouveau visage, celui d'un havre où elle se ressourçait après les épreuves de la guerre. Elle n'avait jamais songé à ce que cette bataille puisse l'atteindre en plein coeur, et elle ne pouvait nier que  ce qu'elle avait vécu l'avait mûrit, et à une certaine mesure, l'avait rendue plus sage.
Pendant ces moois de guerre, elle avait passé par des états dont elle ne souhaitait plus se rappeler...elle avait trahi deux souverains, sa famille, avait cru porter la vie – et pas n'importe laquelle : celle du roi d'Angleterre ! - pour apprendre que c'était la sienne qui s'envolait à petit feu, sous les coups répétés d'un empoisonnement.
Ce mystérieux ennemi, Megan en avait fait son affaire personnelle, mais son intuition féminine la poussait à attendre un potentiel retour en France. C'était là qu'avait commencé son rôle d'espionne, c'était là que se trouvaient ses ennemis mortels. Whitehall ? Elle n'y était connue que comme la fille d'un marquis déchu, ou comme une des multiples maîtresses royales. Elle n'était que l'image de la frivolité de cour.
Pour l'heure, il lui fallait reprendre des forces, assurer son retour en France et surtout, profiter de la présence de son plus puissant protecteur. Elle n'avait revu le roi en tête à tête depuis l'épisode de Nancy, et n'avait encore cherché à le faire. Une pointe de culpabilité naissait dès qu'elle songeait à l'affaire York.

Si elle pouvait donner un avantage à ces épisodes de guerre, c'était bien celui de l'indépendance gagnée vis à vis de son frère. Si elle ne pouvait se permettre de disparaître, il n'osait plus émettre une seule remarque dès qu'elle paraissait à la cour et profitait de l'innocence des jeux du soir et fêtes privées. C'est ainsi que ce jour-là, alors qu'elle se rendait, de très mauvaise grâce, dans les appartements de Barbara Palmer, elle fut arrêtée par un garde royal, l'avertissant que le roi souhaitait la rencontrer. L'aubaine était parfaite pour éviter les regards aigres de la favorite royale et la baronne bifurqua aussitôt pour suivre le garde.

Mais diable que lui voulait donc Charles II ? Voilà plusieurs semaines qu'elle était à Londres, pourquoi avait-il donc attendu si longtemps pour la faire venir, et certainement lui donner une autre mission ?! Avait-il été informé de son implication dans l'affaire York ? A cette pensée, son sang ne fit qu'un tour et elle pensa machinalement aux excuses à avancer. Au pire, elle jouerait de son atout habituel, en espérant que la guerre n'ai pas changé les dispositions du roi à son égard.

C'était toutefois avec le coeur battant qu'elle suivi le garde jusqu'au boudoir, et de là, au bureau privé du souverain. La porte se referma derrière elle dans un petit claquement de condamnation.
-Votre Grâce, me voici, comme vous le souhaitiez, salua Megan dans une parfaite révérence. Monseigneur, ajouta-t-elle vers le duc de Richmond – que diable fichait-il donc  ici? Je suis à vos  ordres, prononça-t-elle d'une petite voix, ne sachant à quelle sauce elle allait être bouillie.
-Chère Megan, toujours aussi ravissante, j'ai une question pour vous et je vous expliquerais ensuite : que pensez vous de retourner en France ? 
-Euh...eh bien… Les mots du roi avait coupé Megan dans ses élans d’apitoiement et elle osa enfin afficher un large sourire, ses yeux s'éclairant à nouveau. S'il avait voulu la gronder, ne l'aurait-il pas fait tout de suite, comme toujours ? Sans vouloir offenser votre Grâce, la France m'offre  de multiples occupations. Je ne saurais comment vous remercier si vous décidiez de m'y renvoyer.
-Je sais comment vous pourriez me remercier, répondit le roi dans un regard malicieux, mais il toussota en croisant le regard de Richmond. Voilà ce que j'ai à vous proposer : retournez en France, mais n'y retournez pas seule. Soyez, cette fois, accompagnée et certaine de pouvoir vous appuyer sur d'autres espions en cas de nécessité.

Megan cru déceler une remontrance couvée derrière ces paroles.
-N'ai-je pas été à la hauteur en œuvrant seule, votre Grâce, demanda-t-elle vexée ? Est-ce monsieur le duc qui se chargera de me surveiller ? Je pensais que votre confiance suffisait et que mes devoirs vous satisfaisaient assez.
-C'est bien un reproche que je lui fais continuellement, Richmond, répondit le roi en se tournant vers son cousin, et auquel vous aurez à faire : miss Campbell est ravissante, mais trop franche. Miss, ça n'est pas un souci de confiance, mais de sécurité pour vous et pour les informations que vous aurez à me transmettre tous trois. Cela vous convient-il ? Pouvez-vous arrêter de bouder, maintenant ?
-Trois, relança Megan sans prêter attention au reste ? Elle se tourna vers Richmond. Et vous ? Quel sera votre rôle ? Me chaperonner ?

Décidément, la pilule ne passait pas. Elle était quasiment certaine que le roi la soupçonnait de quelque chose, mais son attitude démontrait cette hypothèse. A quoi jouait-il, à la coller à deux autres personnes, dont Richmond ? Il lui avait été utile en un temps, mais elle connaissait sa réputation d'homme, et travailler plus longtemps avec lui pouvait la lasser. Avec lui ou avec quiconque, d'ailleurs.

-Miss Campbell, vous ne me faites donc plus confiance ? La voix du roi rappela Megan à terre et elle senti ses joues s'enflammer. Elle avait été trop loin, comme toujours, mais cette fois, ça n'était pas le moment pour critiquer ses ordres. Qu'ils fussent des désirs ou non !
Alors qu'elle allait tenter de se justifier dans un bégaiement, on toqua à la porte et celle-ci s'ouvrit bientôt, laissant passer un homme jeune, d'une petite trentaine d'année, qu'elle reconnu pour l'avoir croisé maintes fois à la cour de France. Le souffre-douleur du suffisant duc d'Orléans...Alfie Howard !

-Sire...voici le troisième ? Elle manqua de s'esclaffer et se retint poliment. Howard ? Espion ? Elle le voyait bien plus attaché au portemanteau de la duchesse d'Orléans et aux soirées mondaines qu'à l'espionnage !
-Je serais heureux de vous recevoir ensuite pour écouter toutes vos récriminations, Miss Campbell. Entrez, entrez, baron Stafford, je suis content que vous ayez pu nous rejoindre !

Megan salua poliment le nouvel arrivant et s'approchant de Richmond, chercha une sorte de soutien.
-Dites-moi...n'a-t-il pas été renvoyé de la maison d'Orléans ? Que viendrait-il faire en France ? Les idées du roi m'effraient parfois, fit-elle d'une petite voix perplexe et blasée.

______________________


«


scottish girl:
 
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Alfie Howard

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: un Chevalier Lorrain l'a déserté, depuis je me suis marié...
Côté Lit: Vous n'y trouverez point d'amant(e)s ces temps-ci mais Madame ma Femme l'enflamme !
Discours royal:



Le Chevalier aux Fleurs
la douceur des épines


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Titre : Baron Stafford, Chevalier de l'Ordre de la Jarretière, Secrétaire de Madame, Espion du Roi d'Angleterre & Ex-Mignon de Monsieur
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MessageSujet: Re: [Londres] Quand les anglais forment un réseau   [Londres] Quand les anglais forment un réseau Icon_minitime13.08.15 22:50

[Londres] Quand les anglais forment un réseau Tumblr_ln9i79Y2G91qcl64qo1_r1_500

WHAT THE HELL IS HAPPENING ?!

    Alfie était enfin rentré ! Toutes ces années d’enfance en Italie chez les Visconti, et ces années de supplices à la cour de France… Il se sentait enfin chez lui, ragaillardit d’un courage et d’une volonté toute nouvelle ! Après la cruauté du champ de bataille dont tout le monde n’était pas ressorti indemne, le jeune homme s’était métamorphosé. Il n’en était peut-être pas moins maladroit mais le sang sur ses mains, la proximité de la mort… Tout cela avait durcit son regard sur le monde. Il ne vivait plus la peur au ventre. Les retrouvailles avec ses parents, son frère ainé et sa sœur lui donnait les perspectives d’un avenir nouveau, plus paisible, moins mondain, au domaine de Stafford. Mais pour l’instant, il savourait ses premiers véritables pas à la cour d’Angleterre, bien différente de la France, tout aussi impressionnante mais moins tape à l’œil. Pour le Howard, le bon goût était définitivement anglais, pensait-il avec amusement.

    En compagnie de quelques membres de la famille Howard qu’il n’avait alors jamais connut et échangeant des banalités de courtisans ici ou là, c’est à ce moment de l’après-midi qu’un garde se présenta à lui en l’informant que le roi en personne le faisait mander auprès de lui. Loin d’être le plus illustre ou le plus éminent personnage de sa famille, voilà que l’invitation intriguait le petit groupe autant que le jeune anglais qui s’excusa auprès d’eux avant de les quitter. Que pouvait bien lui vouloir Sa Majesté le Roi ? se demandait-il alors qu’il suivait le garde à travers les successions de couloirs, antichambres et autres boudoirs.

    Après avoir faillit tuer son propre souverain d’un plomb dans le crâne à l’entrainement de tir, et ne l’ayant pas revu depuis d’aussi près depuis la fin de la guerre, Alfie n’était vraiment pas rassuré de cette invitation soudaine… Le garde l’emmena jusqu’à l’antichambre des appartements royaux et se posta à côté de la porte, impassible. N’allait-il pas au moins l’annoncer et lui ouvrir la porte ? Se vexa le Howard, un peu blessé dans son orgueil. Il n’était que baron mais… tout de même ! Il resta les bras ballants devant la porte quelques instants avant d’oser enfin toquer timidement au montant de la porte. Autant que le couperet tombe au plus vite, pensa Alfie. Cela serait peut-être moins douloureux ?... Il passa la tête dans l’embrasure et découvrit qu’il ne serait pas seul avec Charles II : en effet il était en compagnie de Richmond, à qui il lança un sourire chaleureux, ainsi que Megan Campbell. Il fût surpris de voir l’écossaise pour cette étrange entrevue mais il semblerait que la surprise était partagé car elle put à peine retenir son rire à sa vue… Charmant… pensa ironiquement Alfie en s’avançant dans la pièce. Le Howard ne connaissait que trop bien la réputation d’empoté et de souffre douleur qui avait apparemment fait le voyage dans ses malles jusqu’en Angleterre. Quelle plaie ! Ils ne le laisseraient donc jamais tranquille avec son calvaire français ?

    - Entrez, entrez, baron Stafford, je suis content que vous ayez pu nous rejoindre !

    En parfait gentlemen, Alfie ne montra aucun signe de contrariété, aussi charmant et convenu que coutume et salua bien bas son roi. Il échangea des salutations polies avec la Campbell et lança à Richmond qu’il était très heureux de le voir de nouveau en forme après sa blessure à la jambe. Le souvenir du poids inconscient et sanglant du duc sur son dos lui traversa pendant quelques instants l’esprit avant que la voix du Roi ne dissipe ses visions.

    -Nous voilà enfin au grand complet ! s’exclama le souverain Stuart, étonnamment enthousiaste.

    -Je dois dire que je suis tout à fait intrigué par votre invitation, Votre Grâce, confia Alfie en jetant un coup d’œil intrigué à Morgan et Megan qui semblaient échanger des messes basses dans leur coin.

    -Tout va bien, soyez tranquille , fit Charles II d’un ton badin, l’œil pétillant d’une malice qui ne rassurait absolument pas le Howard. Votre séjour en France était-il agréable ?

    Alfie ne put s’empêcher de lui jeter un regard incrédule. A quel jeu jouait-il exactement ? Etait-il le dindon de la farce ? Il ouvrit la bouche pour répondre mais le roi le devança en riant aux éclats :

    -Haha ! Excusez cette boutade, Howard. Je ne cherche pas à vous faire tourner bourrique, dit-il plus sérieusement. Mais la France est bien le sujet de cette rencontre, entre autre…, ajouta-t-il en agitant vaguement une main.

    Où voulait-il en venir ? Alfie trépignait intérieurement de connaitre enfin le fin mot de cette histoire…  

    -A notre façon, nous souhaitons vous remercier pour votre grande bravoure sur le champ de bataille en Lorraine…

    -Je pensais que cela concernerait la balle perdue, Votre Grâce
    , avoua le Howard avec un sourire contrit.

    -La balle perdue ? Quelle balle perdue ? s’étonna le souverain en jetant un regard à son cousin Richmond avant de comprendre. Ah ! Oui… Oh vous savez, j’en ai connu d’autre… Mais pour revenir à notre affaire : vous allez retourner à Versailles, cher baron ! s’exclama-t-il comme s’il annonçait que les fêtes de Noël tombaient en avance.

    Alfie sentit des sueurs froides lui glisser sur l’échine.

    -What? S’exclama à son tour le jeune homme ne pouvant cacher son désarroi et sa surprise avant de se reprendre un peu. Excusez mon étonnement, Votre Majesté, mais je ne vois vraiment pas quelles raisons me pousseraient à retourner… là-bas, dit-il avec difficulté pour faire passer les mots à travers sa gorge.

    Il jeta un regard de détresse à Morgan espérant y trouver un soutien, mais rien. Essayait-on de le punir ?... ENCORE ? Charles II leva les mains en signe d’apaisement :

    -Il n’est nullement question de vous renvoyer au service du prince d’Orléans, Howard ! Rassurez-vous : vous y serez pour glâner des informations à notre cause. Ce n’est pas bien méchant, conclut le Stuart en haussant les épaules.

    -Excusez mon entêtement, fit Alfie en se massant les tempes. Mais je ne vois pas en quoi cela explique les raisons de mon retour à Versailles… Et puis… Depuis quand suis-je qualifié pour de l’espionnage ? demanda-t-il en prenant à témoin Richmond.

    -Ce n’est pas de l’espionnage, insista Charles II toujours avec un sourire énigmatique.

    -Quand bien même ! Pourquoi ne pas demander plutôt à mon cousin Thomas, par exemple ? proposa Alfie.

    On voulait lui confier des responsabilités et voilà que le travailleur qu’il était rechignait à la tâche… Le roi d’Angleterre soupira :

    -Vous savez vous faire discret, expliqua-t-il. Et puis personne n’ira soupçonner le souffre douleur de… Il se reprit. Hum… Enfin vous voyez ce que je veux dire…

    -C’est limpide, Votre Majesté
    , fit Alfie en fronçant le nez, un peu vexé, avant de reprendre plus posément. Je devrai donc rendre compte de mes investigations auprès de Richmond ?

    -Pas seulement. Vous entrerez au service de ma sœur Henriette, et Dieu sait à quel point elle évite de trop côtoyer son mari…
    , indiqua Charles II avant de glisser un regard coquin à Megan. Aussi, vous serez… joliment accompagné par Miss Campbell, ici présente.

    Alfie jeta un coup d’œil à la jeune femme puis le duc, voyant bien qu’on ne lui laissait pas vraiment le choix. Une inquiétude persistait toujours :

    -Mais… Votre Grâce, vous ne m’avez pas éclairé sur mes raisons « officielles » de revenir à Versailles…, insista le jeune homme.

    Le roi continua d’agiter vaguement une main, désinvolte :

    -Simples formalités… D’ailleurs, je vous présente votre future épouse , dit-il en désignant la jeune Campbell sur le côté. Félicitations à vous deux ! s'exclama le souverain, très fier de lui.

    La Campbell ne semblait pas plus au courant de la nouvelle qu’Alfie aux yeux qu’elle lui jeta alors… Morgan non plus. Puis Charles II ajouta :

    -Et vous serez fait Chevalier de l’Ordre de la Jarretière aussi, dit-il comme s’il annonçait la météo. Pour la Couronne, les Stuart, la Nation… Merci.

    Trop. D’informations. D’un coup.

    Alfie ne parvenait plus à réfléchir, son regard allant successivement de Megan, à Richmond puis au Roi. On lui demandait de devenir espion, pour ensuite le marier à une femme qu’il ne connaissait pas et enfin le faire chevalier en l’espace de quelques minutes, voir même secondes ? What the hell is happening ?! pensa Howard. Ce roi était-il fou ?

______________________

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Cueillir la délicatesse avec amour et la maladresse avec humour.


[Londres] Quand les anglais forment un réseau 15coup10

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Morgan Stuart

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Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
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MessageSujet: Re: [Londres] Quand les anglais forment un réseau   [Londres] Quand les anglais forment un réseau Icon_minitime22.08.15 19:15

Qu'avait Charles en tête ? Grande question à laquelle Morgan ne voyait aucune solution. Il est vrai qu'Alfie n'avait rien à faire en France actuellement, mais on pouvait toujours lui trouver une place, pourquoi pas dans la maison de Madame, cela ferait encore un anglais. Ou dans l'emploi fictif de secrétaire de l'ambassadeur. Après tout, cela ne paraissait pas idiot, Alfie avait une jolie plume et personne ne trouverait à redire, surtout avec la réputation de Richmond. Mais il était bien loin de se douter de l'idée de son roi. Et il n'eut pas le temps de poser la question pour en savoir plus, Megan Campbell se faisait déjà annoncée.

A dire vrai, Morgan n'était pas du tout enchantée de voir cette poupée rousse dans son champ de vision, ni même de l'avoir dans les pattes en France. Imprévisible, bornée, et surtout peu fiable. Le souvenir d'une cabale contre le duc d'York le fit froncer les sourcils alors qu'elle apparut dans la pièce. La méfiance semblait réciproque quand elle le vit à son tour et le salua sèchement, il lui rendit la pareille. Maintenant, laissons la place au roi pour expliquer son plan pendant que Richmond, en retrait, les mains croisées dans le dos, observait la scène avec un petit sourire, toussotant quand le roi dérivait, ou hochait de la tête quand Charles le regardait.

« Est-ce monsieur le duc qui se chargera de me surveiller ? Je pensais que votre confiance suffisait et que mes devoirs vous satisfaisaient assez.
C'est bien un reproche que je lui fais continuellement, Richmond, et auquel vous aurez à faire : miss Campbell est ravissante, mais trop franche. Miss, ça n'est pas un souci de confiance, mais de sécurité pour vous et pour les informations que vous aurez à me transmettre tous trois. Cela vous convient-il ? Pouvez-vous arrêter de bouder, maintenant ?
Trois ?  Et vous ? Quel sera votre rôle ? Me chaperonner ?
On peut dire ça. Vous empêcher que vous mettez dans une position compromettante, sait-on jamais, il la fixait avec intensité comme pour lui rappeler ses fautes, puis se détendit un peu, mais je serais surtout celui qui renverra les messages à Sa Majesté ici présente. Un ambassadeur a un peu tous les droits officiellement, mais je n'ai pas encore appris à me dédoubler. Disons que je suis le sommet de la pierre angulaire de notre affaire. »

Il allait avoir beaucoup de mal avec Megan, et ne laisserait pas passer grand-chose. Finalement, avoir émis le nom d'Alfie Howard lui donnait l'impression d'avoir un allié dans son camp. Même si Charles avait confiance en lui, le souverain anglais avait une faiblesse pour les demoiselles et Richmond ne faisait pas le poids face aux courbes de la Campbell. D'ailleurs, on toqua à la porte ! Alfie entrait de façon assez penaude, le pauvre avait été oublié derrière la porte, personne n'avait pris la peine de l'annoncer. Le jeune homme traînait toujours cette malchance avec lui, et tentait de faire bonne figure. Pour l'encourager, et par amitié, Morgan salua celui qui lui avait sauvé la vie avec un large sourire. Il semblait bien être le seul à croire en lui d'ailleurs, Megan avait pouffé de rire et s'approchait maintenant de lui pour une messe basse.

« Dites-moi...n'a-t-il pas été renvoyé de la maison d'Orléans ? Que viendrait-il faire en France ? Les idées du roi m'effraient parfois.
Je suis d'accord avec vous en partie. C'est moi qui ait proposé son nom, mais sans savoir comment l'amener en France. J'avais pensé en qualité de secrétaire mais le roi a eu une idée lumineuse qu'il ne m'a pas encore confié. Vous connaissez tout comme moi son amour pour la mise en scène … »

Pauvre Alfie, il semblait tétanisé de se tenir devant Charles II, ce dernier se moquant gentiment de lui comme il le faisait avec tant d'autres. Il avait toujours été comme ça à dire vrai, et ce n'était pas la création de ce petit réseau qui allait le changer ni le rendre sérieux ! Il laissait ce trait de caractère à son cadet, il était davantage dans l'amusement, même quand il expliquait la mission à Alfie qui se mit à parler d'espionnage.

« Ce n’est pas de l’espionnage. Lança le souverain.
C'est de la diplomatie. » répliqua Morgan avec un petit sourire.

Assurément, l'ambassadeur français en Angleterre devait faire de même ici, à Londres. D'ailleurs quand Morgan retournerait en France, le duc de Verneuil reviendrait à la Cour d'Angleterre aussi. C'est ainsi que cela marchait et ce n'était pas totalement illégal, il suffisait juste de rester discret … Pendant ce temps Alfie se voit envoyer dans la Maison de Madame comme convenu, cela restait la solution la plus simple, un peu trop peut être … A voir son visage jovial, Morgan devina qu'il restait quelque chose, un peu comme l'apothéose de cette réunion, sans savoir vraiment ce que c'était. Mais quand Charles annonça à Alfie qu'il allait épouser Megan, le nouvel ambassadeur ouvrit des yeux ronds et dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas rire. En effet, il ne l'avait pas vu venir celle-là ! Il observa les nouveaux fiancés l'un après l'autre, tous les deux sous le choc de cette nouvelle. Il y a quelques minutes, Megan se moqua d'Howard et voici maintenant qu'ils allaient se marier, quelle folie. Morgan se devait de reprendre la parole avant qu'un des deux ne s'insurgent ou disent une bêtise.

« Hé bien, congratulations ! Mon cousin, vous avez l'art de l'effet de surprise !
C'est une de mes qualités en effet. Il semblait fier de lui.
Je pense qu'avant notre départ, il faudra régler la cérémonie de la Jarretière pour sir Howard, et aussi … le mariage. »[/color]

Il avait dit cela comme s'il n'arrivait pas à croire ce qu'il disait : voici qu'il allait emmener un couple avec lui, quelle drôle d'idée !

« Il va y avoir du pain sur la planche ! Il faut contacter l’évêque de Salisbury comme il est le prélat de l'Ordre. Oh et je pense que, quitte à le déplacer, autant qu'il célèbre l'union ! Autre chose ?
J'aurais besoin de leur parler avant qu'on parte, mais je pense qu'ils ont besoin de digérer la nouvelle …
Oh, au moins vous savez que ni l'un ni l'autre n'avez de tare physique. Quand on se marie avec une personne à l'autre bout de l'Europe, on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Et je m'avoue un peu chanceux malgré tout … Il se mit à rire, Morgan de même avec plus de discrétion. Enfin bref, nous organiserons cela d'ici dix jours, la cérémonie de l'Ordre en premier, puis l'union ensuite. Cela vous va ? »

Comme si on pouvait dire non à un monarque …



______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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Megan Campbell

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après mon pays et un souverain, vient le visage d'un français un peu trop maniaque.
Côté Lit: Après le passage d'un souverain, je suis devenue bien difficile. N'espérez rien de ce côté!
Discours royal:



    Caledonia you're calling me
    And now I'm going home


Âge : 25 ans
Titre : Baronne de Campbelltown et espionne très personnelle de Charles II
Missives : 335
Date d'inscription : 26/02/2012


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MessageSujet: Re: [Londres] Quand les anglais forment un réseau   [Londres] Quand les anglais forment un réseau Icon_minitime22.09.15 14:25

Megan n'appréciait pas voir le roi lui donner des ordres devant d'autres personnes – jusque-là, n'en n'avait-elle pas profité ?! - mais devant Richmond qui se satisfaisait de la chaperonner, c'était plus désagréable que d'ordinaire, plus encore s'il se complaisait à lui rappeler sa petite escapade nancéienne contre James d'York. Que voulait-il exactement ? Se montrer admirable devant son cousin, pour ensuite planter un couteau dans le dos de son espionne… ? Préférée, cela allait sans dire ! Si c'était le but de Richmond, tout Stuart qu'il était, elle savait d'avance qu'elle ne se chauffait pas d'un tel bois. Elle adressa un sourire forcé au duc qui se rengorgeait de sa petite fonction, évitant de surenchérir : elle irait voir le roi après, elle était toujours parvenu à tirer la couverture à elle, pourquoi pas cette fois ?
-Evidemment, je comprends que vous ayez besoin de petites mains pour vous soutenir dans cette difficile mission.
Trop tard, sa langue avait fourché, mais elle jeta au roi un regard si complaisant que celui-ci n'émit qu'un vague soupir, coupé par l'arrivé de Stafford.

Howard, intrigué par l'invitation ? Megan l'était d'autant plus, et à voir la mine réjouie du souverain, elle craignait un peu l'idée qu'il pouvait avoir derrière la tête. Elle le connaissait bien assez pour préférer sa tête renfrognée, confrontée à un épineux problème qui lui demandait de la réflexion...Cette mine heureuse, c'était contre-productif, aux yeux de la jeune femme ; elle craignait cela d'autant plus que Richmond appuyait sa théorie. Quand les deux personnes qui pouvaient se vanter de connaître le roi intimement s'inquiétaient, la situation ne pouvait être excellente !

L'écossaise préférait ne rien ajouter aux explications que le souverain donnait à Alfie Howard. Vraiment...il serait espion avec eux ? Ce petit minois effacé, presque effrayé...Ces petites manies qu'elle avait bien vues à Versailles, ces rubans, ce caractère si gentil qu'il ne cessait de se faire maltraiter par Monsieur...l'étoffe d'un espion, vraiment ? Il resterait secrétaire de Richmond, voilà tout, et Megan était quasiment certaine que c'était ici le dernier lieu où elle verrait son visage d'espion.
Ainsi, Alfie repartirait dans la Maison de Madame. Megan retint un soupir, se doutant qu'elle devrait le recroiser un jour dans les appartements princiers. Elle ne pouvait se vanter de connaître ces petits secrets de diplomatie, elle n'était qu'une femme de terrain, jetant ses yeux et ses oreilles à tout va, mais elle craignait tout de même la vraisemblance du retour d'Alfie Howard en France. Elle-même n'était acceptée que grâce à l'entremise d'Amy of Leeds, favorite du roi, mais Howard...celui-ci avait combattu contre les français ! Mais le roi semblait avoir songé à tout.

-Aussi, vous serez… joliment accompagné par Miss Campbell, ici présente.
Megan eu un sourire de convenance, effectuant une courte révérence, se rassurant de voir que Stafford également partageait ses soupçons.
-Mais… Votre Grâce, vous ne m’avez pas éclairé sur mes raisons « officielles » de revenir à Versailles ...
-Simples formalités… D’ailleurs, je vous présente votre future épouse . Félicitations à vous deux !

Megan, qui avait un court instant observé les allées et venues des courtisans dans les jardins, tourna la tête pour découvrir ladite future pauvre épouse de Howard, s'attendant à une de ces petites ingénues que Charles II dégotait contre une place à la cour. Mais en observant les visages tournés vers elle, et le sourire radieux du roi, elle eu une irrépressible crainte, et pointa un doigt sur sa poitrine.

-Moi ? Ses yeux allèrent d'Howard au roi, incrédule. Mais…
- Hé bien, congratulations ! Mon cousin, vous avez l'art de l'effet de surprise !  Richmond, lui, avait l'art du bon moment.
-C'est une de mes qualités en effet. 

Le pire, dans tout cela ? Le visage du roi, comme un enfant à qui l'on annonce que Noël est avancé de quelques mois. Celui-ci babillait encore, parlant de Jarretière, de cérémonie, mais Megan ne voulait plus entendre un mot de plus, la stupeur ayant fait place à ces petites colères rares mais explosives. Elle sentait son cœur battre si fort qu'elle craignait que les trois hommes l'entendent, et les mains croisées derrière le dos, alors qu'elle affichait un sourire stoïque, elle froissait et défroissait les pans de sa jupe pour éviter d'attraper un encrier et de le vider sur la tête du souverain. Et il était fier de son idée ! Le rustre ! Il la détestait, il n'y avait pas d'autre solution ! Palmer avait du lui raconter des horreurs sur son compte, et à présent, il lui refusait d'assurer son bonheur ! Ou alors, c'était un coup de Richmond qui faisait semblant de découvrir la nouvelle ; elle avait bien remarqué son petit regard amusé !

- Il va y avoir du pain sur la planche, continuait le roi en babillant ! Il faut contacter l’évêque de Salisbury comme il est le prélat de l'Ordre. Oh et je pense que, quitte à le déplacer, autant qu'il célèbre l'union ! Autre chose ?
Megan ouvrit la bouche, mais le duc la devança à nouveau, échappant à son regard assassin.

J'aurais besoin de leur parler avant qu'on parte, mais je pense qu'ils ont besoin de digérer la nouvelle … 
Le pire ? Le roi faisait de l'humour ! Cela l'amusait ! Voilà qui pourrait même devenir une pièce deMolière : « Les amants forcés »...
-Enfin bref, nous organiserons cela d'ici dix jours, la cérémonie de l'Ordre en premier, puis l'union ensuite. Cela vous va ? 

Elle croisa le regard d'Howard qui semblait ne plus savoir quoi dire, puis celui de Richmond qui semblait signifier « vous n'oseriez pas dire non à un monarque », mais elle ne pu s'en empêcher. C'était bien plus fort qu'elle, et elle fit un petit pas en avant, contenant toute sa petite colère féminine, pour lâcher un simple

-NON, alors non!

Le roi se retourna vers elle, étonné, comme s'il était anormal de ne pas accepter un mariage décidé cinq minutes auparavant.
-Qu'est-ce qui vous gêne, Miss Campbell ? Que je ne vous donne pas de titre ? Pardonnez-moi ! Je vous rends le comté de Stirling, qui a appartenu au parent de votre grand-père, cela vous convient ? Cela vous ira parfaitement au teint, fit-il en lui levant le menton d'un geste guilleret.
-Mais non, sire, balbutia Megan  en se dégageant...je ne peux pas épouser lord Stafford, voilà ce qui ne va pas ! Je n'ai rien contre vous, fit-elle vers Alfie, mais...
-Il me semble que depuis les projets de votre père, vous n'êtes plus engagée, n'est-ce pas, coupa le roi malicieusement ?

Megan fit une grimace significative, jetant un nouveau regard vers Howard. Comme toujours, le roi avait raison, et elle n'avait aucun argument assez convaincant pour éviter cette union.
-Et bien voilà, vous voyez que rien n'empêche ce superbe projet ! Vous êtes tout deux parfaitement assortis, merci Richmond d'avoir fait venir vos amis. Je me réjouis d'avance de cette cérémonie !  Un mariage à la cour,  la sœur d'un de mes plus fidèles amis, je ne pouvais espérer mieux après ces terribles mois de guerre ! Howard, ne faites plus cette tête, vous allez voir, miss Cambell est une personne pleine de surprises !

Tout en parlant, le roi fit comprendre à ses trois espions si mal assortis que l'entretien prenait fin, au grand bonheur de Megan qui n'aspirait qu'à une chose : s'enfermer dans ses appartements, attendre la nuit tombée et fuir sous l'un de ses costumes, pour  ne revenir que lorsque le mariage serait oublié. Plan réaliste, évidemment.

Au moment où Megan prenait congé, le roi prit sa main, et ne pu s'empêcher de lui montrer combien il la connaissait.
-Et s'il vous prenait l'envie de fuir, je connais vos identités et vous ferais rechercher dans toute l'Europe et sur les terres de votre parent Stirling, en Nouvelle-Ecosse, ne me décevez pas !
-Non, votre Grâce, ça ne me serait pas traversé l'esprit ...

Elle eu une petite moue d'avoir été ainsi découverte, mais ne s'attarda pas. Son fiancé l'attendait...

______________________


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