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 La même vision, le même idéal, mais adversaires... (PV. Philippe)

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Édouard du Danemark

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Brisé... la vérité est si douloureuse !
Côté Lit: Un vrai défilé... surtout en ce moment.
Discours royal:



ATTENTION ∫
Danois séducteur en chasse

Âge : 26 ans
Titre : Prince-héritier de la couronne de Danemark et de Norvège
Missives : 176
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MessageSujet: La même vision, le même idéal, mais adversaires... (PV. Philippe)   La même vision, le même idéal, mais adversaires... (PV. Philippe) Icon_minitime23.07.13 15:43



La même vision, le même idéal, mais adversaires...

Philippe et Édouard



 


Aucun homme ne peut dire sans mentir que la guerre ne lui fait pas peur. Aucun, à moins qu'il ne s'agisse d'un fou. L'être humain a, de par sa nature profonde, peur de mourir, de disparaître, d'être tué. Ce n'est pas quelque chose de conscient, il ne peut pas ignorer cette crainte parce que c'est son instinct de survie. L'homme, à la guerre, est un animal, avec tout son côté sauvage, toute sa noirceur, sa férocité. Et pourtant, parmi cette troupe de guerriers sanguinaires, il y a de rares exceptions, des gens pour la plupart lettrés, que l'on considérait comme des idéalistes, des rêveurs, parfois même des idiots. Sans doute étaient-ils trop utopistes pour vivre dans la réalité. Comme dirait n'importe quel philosophe, les génies sont toujours les imbéciles de leurs contemporains. Se battre pour la paix... voilà un combat bien particulier. Quand la folie de l'homme le pousse à guerroyer sans pitié contre ses semblables, le monde a besoin d'une telle cause pour ne pas sombrer dans le chaos. L'être humain doit d'ailleurs être la seule espèce connue capable de se doter d'une conscience et d'une raison dans son excès de folie. Telle était la solide conviction du Prince héritier du Danemark. Difficile quand on le connaissait de le faire changer d'avis. Pourtant jeune, Édouard avait tout du futur Roi pacifiste et sage, du moins si l'on excluait ses innombrables escapades avec les femmes. Beau parti, beau parleur, cultivé et curieux, il aimait vivre, profiter des petits plaisirs quotidiens sans se préoccuper des autres et des regards. De la superbe, il en avait, toujours vêtu élégamment, toujours prompt à endosser ses multiples costumes, afin d'étaler sa splendide garde-robe, à qui voulait bien la voir. Des vêtements qui, s'il aimait beaucoup les porter, avaient tôt fait de tomber quand il avait jeté son dévolu sur une belle dame. C'est que son Altesse aimait courir les jupes, et même, sans paraître trop grivois les soulever ! Des mœurs que nul ne qualifierait de catholiques. En conséquence, il faisait bien de garder dans l'intimité et le secret toutes ces relations morganatiques... A l'évidence, et malheureusement pour lui, cela finissait toujours par s'ébruiter. L'amante, imprudente, vantait leur nuit à une amie, ou un confident, qui répétait ça à d'autres personnes... et ainsi de suite jusqu'à ce que cela n'atteigne les oreilles de Son Altesse, la Princesse du Danemark... Oui, Édouard était un homme marié, bien qu'il enlevât sa bague dès qu'il quittait son épouse. Celle-ci n'était pas extrêmement jalouse, mais leur union, bien qu'elle eut été arrangée pour mettre un terme à la guerre opposant le Danemark à la Suède, n'était pas platonique. Ils éprouvaient de vrais sentiments l'un envers l'autre. Et ils avaient eu un fils... Que l'on dise de la Princesse qu'elle était cocue jusqu'au bout des ongles, c'était malheureusement une vérité, gênait le danois. Il ne faisait pas ça pour la blesser, simplement parce qu'il était de nature infidèle et qu'il aimait ses petites pratiques libertines. Mais à la guerre, point de répit pour le brave ! Éloigné des femmes autant qu'il l'était de la sérénité et du bienfait de la paix, il regardait passer les jours, las, décidément fatigué par toute cette guerre absurde.

Une guerre qui avait, une fois de plus, vu le jour à cause d'une querelle personnelle. Cette fois le différent se plaçait entre le Duc de Lorraine et le Roi de France. Évidemment, dans ce conflit, tout était démesuré. Ce qui au départ était une mésentente avait été alimenté par des félons extérieurs. Du côté de la Lorraine, l'Empire Germanique et les Anglais avaient attisé le feu pour que les flammes portent haut. Du côté de la France, les ennemis du Roi et certains de ses nobles, attirés par le gain, avait rajouté de l'huile. L'incendie faisait désormais rage, les batailles s'étaient engagées... On avait du mal à savoir qui avait raison ou tort, tant les gens se montaient les uns contre les autres. Édouard avait eu l'espoir que sa patrie danoise, son beau pays demeure silencieux et neutre. Mais malheureusement, Frédéric III, son Roi et demi-frère avait tranché. Pour lui, il n'était pas question de laisser la Lorraine aux Germaniques et encore moins aux Anglais, qu'il haïssait par dessus tout ! Mais au lieu de se battre contre eux et de soutenir Louis XIV, le Danemark décida de soutenir la Lorraine, dont il était plus proche. Un soutien mesuré, car Frédéric n'avait pas oublié l'hécatombe lors de la guerre contre la Suède. Il ne voulait pas revivre cet épisode fâcheux d'autant que son peuple ne le lui pardonnerait jamais. Il avait beau ne pas l'écouter et agir selon ses propres désirs, il s'abstint cependant de toute offensive franche contre la France, souhaitant que son pays ne conserve qu'un rôle observateur dans ce conflit. Rapidement les choses lui échappèrent. Le Roi de France n'avait pas apprécié la traîtrise et Édouard fut rapidement désigné comme personna non grata. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir tout fait pour raisonner le Roi du Danemark. Jamais de sa vie, le jeune homme n'avait connu un échec aussi cuisant. Édouard le savait, la décision de son frère l'avait affaibli devant le nobles danois et devant le peu de famille qu'il lui restait encore. Il n'aurait pas pu imaginer pire situation. Édouard était revenu de lui-même au Danemark, après avoir reçu son ordre de quitter séance tenante la Cour de Versailles. A Copenhague, rien n'avait vraiment changé. Il avait noté quelques défauts à la gestion de son frère sans en faire part à quiconque. Il aurait été totalement malvenu de critiquer le travail d'un autre alors qu'il était absent depuis des mois. L'annonce de son retour fut vite colportée par les soldats et la populace, ravie de retrouver l'enfant du pays, descendit dans les rues pour l'acclamer et le saluer. Édouard fut touché et, faute pour un Prince, il avait rougi. Tant d'honneurs le gênaient. Il poursuivit sa route jusqu'au Palais Royal. Il n'eut pas vraiment le temps de retrouver ses appartements que son demi-frère, le Roi, le fit convoquer dans la salle de son Conseil. Frédéric était tendu, fatigué. Il avait encore maigri et cela inquiétait le jeune homme qui faisait tout pour ne pas monter sur le trône. Quand le monarque lut l'ordre donné à Édouard, il entra dans une colère noire. Dès le début, il reprocha à Édouard d'être parti. Ça par exemple ! Il n'allait quand même pas rester et se faire jeter au cachot ! Il tenta de se défendre mais Frédéric était trop aveuglé par sa rage. Il n'écouta rien des explications, somme toute très sensées de son jeune frère et l'humilia devant tous ses conseillers royaux, en le réprimandant comme un gamin. Édouard échoua à le raisonner... un échec qui avait fini de le blaser. Son frère avait fait fi de ses objections et de ses conseils, déterminé à montrer au Roi Soleil qu'on ne jette pas le Danemark à la porte d'un Palais. Au fond, il l'avait bien cherché et le jeune homme pensa alors que tout avait été calculé pour trouver un prétexte à cette guerre. Frédéric était froid, distant mais il avait une qualité : celle de ne rien laisser au hasard.

Le mal était fait. Édouard fut nommé Général de guerre, en charge des offensives. Frédéric n'avait pas aimé sa prise de position et il le lui fit payer en lui proposant un poste à l'opposé de son tempérament. L'héritier allait devoir travailler avec des militaires plus expérimentés que lui et proches de son frère. On lui retirait la diplomatie, domaine dans lequel il excédait pour lui confier une mission suicidaire. Pourtant, Édouard ne dit rien à son frère, il garda toute sa rancœur, tous les mots blessants qu'il mourrait d'envie de lui jeter à la figure. Il était le Roi, l'insulter n'y aurait rien changé et puis, il était entêté, jamais il ne reviendrait sur sa décision. Là était son point faible, en refusant de se remettre en question, il devenait jusqu'au boutiste, ce qui un jour le mènerait à sa perte. Le prince héritier fut envoyé à Nancy, où les Lorrains avaient établi leur camp militaire. Toutes les opérations, tous les mouvements de troupe seraient gérés ici. Prendre ses marques ne fut pas le plus dur. La Cour, il connaissait bien ce monde là. Là où les difficultés commencèrent, ce fut lorsque l'on parla de stratégie, de troupes, de matériels. Oh, il était bon stratège, il gagnait souvent aux échecs et il réfléchissait avec intelligence, cela se traduisait d'ailleurs dans ses actes. Mais c'était la première fois qu'il commandait à la guerre et ce n'était pas avec l'austérité des généraux nommés par son frère qu'il allait apprendre quelque chose. Que recherchait Frédéric ? A lui mettre la honte ? Pour quelle raison ? Ce n'était quand même pas de la faute à Édouard si le Danemark avait pris résolument parti pour la Lorraine ! Le jeune homme trouvait tout cela profondément injuste. Les combats s'étaient engagés, violents, meurtriers, pour défendre ou attaquer des endroits stratégiques. Le camp Lorrain manquait de moyens logistiques. Il fallait colmater les brèches, le temps que les renforts n'arrivent des alliés voisins. Plutôt de les massacres, Édouard préférait largement préparer la résistance et s'occuper des lignes défensives. Il ne manqua pas de briller à ce poste d'ailleurs et à enfin susciter l'intérêt des autres Généraux. Un intérêt pas suffisant pour qu'il puisse se charger personnellement des négociations de paix qui furent décidées. En tant que Général, néanmoins, il put y participer. La réunion avait lieu à la Cour de Nancy, dans l'Ambassade. En un coup d'œil, Édouard releva la présence d'indésirables, de parasites qui risquaient fort de faire échouer toute médiation. La délégation française arriva, conduite par un vieil émissaire qu'Édouard avait autrefois côtoyé. Il chercha l'envoyé du Danemark et ne tarda pas à le trouver. Son frère avait choisi l'homme le moins apte à négocier pour cette réunion... Édouard ne s'y trompa pas... on avait réuni ici les pires salopards pour qu'ils se prennent le bec et que les hostilités reprennent de plus belle. Dégoûté et blasé, il laissa toutes ces têtes de turcs à leur vilaine soupe rance, et entra dans la bibliothèque. Il entendit bientôt que l'on congédiait les personnes superflues. A la bonne heure... La porte de la pièce s'ouvrit. Le Prince, qui s'était approché de la fenêtre, tourna la tête et vit alors un homme, impeccablement habillé, plutôt jeune comme lui... mais français. Il l'avait vu parmi la délégation. Alors qu'il allait se raviser, Édouard l'interpella :

- Je vous en prie, Monsieur. Vous et moi avons passé l'âge de nous bagarrer dans une bibliothèque. Bien que nous soyons adversaires à cette heure, votre présence ne me dérange nullement. Et bien que je sois armé, je ne doute pas que vous soyez prompt à vous défendre si par folie, il me venait l'idée fort saugrenue de m'en prendre à vous.

Aussi tendue pouvait être la situation, le ton d'Édouard n'avait rien d'agressif. Au contraire, il témoignait d'une grande lassitude. Il porta une main sur son cœur et se présenta :

- Je suis Édouard, fils de la Maison Oldenbourg, Prince héritier du Danemark et Général... hum... honoraire...

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Edouard

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Philippe d'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Après avoir souffert ces dernières années, ma belle Elodie le remet en marche ♥
Côté Lit: Je suis fidèle à l'amour et à un seul être. Et je l'attendrais.
Discours royal:



    Ҩ PRINCE CHARMANT Ҩ
    Je te promets la clé des secrets de mon âme


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MessageSujet: Re: La même vision, le même idéal, mais adversaires... (PV. Philippe)   La même vision, le même idéal, mais adversaires... (PV. Philippe) Icon_minitime04.09.13 18:55

Être parti pour Nancy, c'était une grande responsabilité que jamais Philippe n'avait pu imaginer. Il y avait une part de fierté de faire partie de l'équipage français, la délégation pour négocier la paix face à la coalition européenne, mais surtout une certaine pression. Les choses n'étaient pas gagnées d'avance, des bruits couraient sur Charles IV de Lorraine qui ne voulait rien céder, de quelques anglais un peu trop carré pour arrondir les angles, d'espagnols égaux à eux même, sans grande stratégie ... Philippe y allait avec peu d'espoir d'en sortir victorieux. Mais on ne disait pas non au roi, cela était impossible. Le jeune duc se doutait bien que Louis XIV n'avait pas pensé à lui d'instinct, comme cela, qu'il y avait son père derrière toute cette histoire, mais impossible d'en vouloir à son paternel cette fois. Depuis leur entrevue en Bretagne, la relation entre le père et le fils d'Artagnan avait pris une autre direction. Bien sûr, ils n'étaient pas toujours d'accord, quelques disputes fusaient, mais il y avait un nouveau fond, comme s'ils s'étaient rendus compte qu'il fallait mieux s'allier en certains moments. Il avait dû souffler son nom au monarque pour que Philippe fasse route vers Nancy, preuve que Charles d'Artagnan avait quand même confiance en son cadet !

Philippe avait pris quelques hommes pour l'accompagner, Cédric était parmi eux, d'Artagnan voulait garder un oeil sur son ennemi intime, il serait capable d'intriguer dans son coin. Il était loin de savoir que de l'emmener à Nancy n'était pas non plus une bonne idée, il faisait entrer le loup dans la bergerie car Portau avait des alliés ici aussi. Ils s'étaient pris la tête une partie du voyage, Philippe l'avait envoyé paître et avait décidé de s'éloigner de cet homme nocif pour profiter des quelques kilomètres de voyage restant. Il n'était jamais passé à Nancy dans son périple européen à une époque, il le regrettait à la vue de la beauté de la ville, un endroit où il devait faire bon vivre, si seulement le duc actuel n'était pas un crétin fini. Certains membres de la délégation avaient loué des demeures à Nancy, y logeaient certains de leurs hommes. Hors de question d'avoir Portau sous son toit, Philippe avait loué une maison pour ses hommes et avait accepté l'offre d'être logé au palais ducal. Ce n'était rire pas un grand appartement, mais les quatre pièces à vivre étaient tout à fait acceptables, il n'en fallait pas beaucoup plus pour le confort du jeune gascon.

Après son  petit emménagement et un petit repos, il fallait bien commencer à préparer ses foutues négociations, bien que tout le monde savait pertinemment qu'elles ne serviraient pas à grand-chose, qu'il suffirait d'un faux pas pour que les soi-disant diplomates s'empoignent et se foutent sur la tronche. Il s'en lassait d'avance, mais ce n'était pas pour cela qu'il allait baisser les bras, il fallait mener à bien la mission qu'on lui avait confié, faillir serait déshonorant pour lui, foi de d'Artagnan. Arrivé en fin de journée, il ne profita que peu du château de ses hôtes, il fut bien reçu pour un bon repas, des festivités bien charmantes mais il n'y participa que peu, s'y montrant poliment, dansant avec quelques dames et faisant la conversation par-ci par-là avant de se retirer, prétextant la fatigue. A dire vrai, Philippe dormait toujours très peu, mais il avait surtout du courrier à envoyer : à Barnabé pour lui donner quelques nouvelles qu'il n'avait pas eu le temps de faire avant son départ, à Elodie, enfin Eric, à son père aussi. Puis se coucher, sans forcément dormir, puis se relever pour vérifier que les portes étaient fermées à clé, que les fenêtres ne laisseraient entrer personne. Depuis l'enlèvement d'Elodie, la paranoïa s'était décuplée et il craignait pour sa vie. Il finit par tomber dans son lit alors que la fête se terminait aussi en bas.

Le lendemain, on ne l'informa de pas grand-chose concernant les négociations, mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Quel manque d'organisation tout de même ! Malgré une nuit courte, entrecoupée de multiples réveils, Philippe était pimpant dans son costume, loin de ses habits cavaliers dont on le voyait habituellement. Il fallait bien représenter le royaume dignement, il n'allait pas déambuler en pantalon noir, chemise et bottes à Nancy, cela ne serait pas bien décent. Et puisqu'il n'y avait rien à faire, autant partir en exploration au cœur du palais lorrain. Le diplomate laissa place à l'amateur d'art et d'histoire, à observer les tableaux, à passer dans le long couloir où se succédaient les portraits de famille ... Petit à petit, il passait de salle en salle, et comme le naturel revient toujours au galop, il se mit en quête de la bibliothèque. Après s'être informé, on l'y guida jusqu'à une grande porte. Généralement, il n'y avait personne dans ce genre de pièce, autant dire qu'il fut surpris de voir une silhouette à la fenêtre. Et ne reconnaissant pas au premier abord un membre de la délégation, il préféra ne pas créer de quelconque tension et fit un signe de tête en signe d'excuse pour se retirer mais l'homme l'arrêta dans son geste, il ne semblait nullement agressif, bien au contraire. Philippe resta toujours dans l'encadrement de la porte, observant la personne face à lui. Un homme élégant, d'une excellente éloquence, d'un âge presque similaire au sien. Cela n'étonnait pas donc Philippe lorsqu'il se présentant en tant que prince du Danemark, son allure et sa conduite était digne de son rang. Par politesse et étiquette, d'Artagnan dut saluer Edouard selon son rang avant de se présenter à mon tour.

« Tout le plaisir est pour moi. Je suis Philippe d'Artagnan, duc de Gascogne et membre de la mascarade ... enfin délégation française. »

Philippe avait pris un peu ses distance avec la Cour et avait parfois du mal à garder la langue dans sa poche, la preuve en était là avec son lapsus plus que révélateur. Puisqu'on l'invitait à rester, il fit quelques pas à l'intérieur, refermant la porte derrière lui.

« Je ne voulais point déranger, je sais à quel point cette ambassade crée des tensions, je cherchais juste à en éviter. Mais il est toujours un plaisir de voir qu'il reste des personnes assez civilisées, pas à chercher à se quereller pour des stupides raisons. Nous connaissons tous ce genre de personne ... » continua Philippe.

Bien qu'il ne connaisse pas de personnes de la sorte dans la délégation, il parlait davantage par expérience personnelle à dire vrai, et c'était monnaie courante d'avoir des personnes belliqueuses, davantage en temps de guerre, à croire que la guerre échauffait les sangs. Philippe avait une sainte horreur des armes durant son enfance, avait dû apprendre à les manier pour parfaire son éducation de gentilhomme, mais c'était vraiment à contrecœur, même si cela lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises et qu'il rechignait moins à sortir son arme à feu ou sa rapière si le besoin se faisait sentir. Mais à choisir, d'Artagnan était davantage un homme de lettres, il courait les salons avant le décès de sa fiancée, et il était certain que, poussé par ses proches, peut-être se serait-il mis à écrire. Mais aujourd'hui, il n'en était plus question, déjà il y avait la guerre, puis cette peur du ridicule, de l'absence de talent, Philippe avait bien moins confiance en lui qu'il y a quelques années. Et pourtant, face à un prince danois qui semblait fait de la même trempe que la sienne, il osa parler de la guerre, de manière tout à fait officieuse :

« Qu'avez-vous pensé de cette bataille à Toul ? C'était tout de même la plus importante des quelques-unes qui eurent lieu en avril, il fallait bien en parler. Il est d'une certaine manière admirable de voir le déploiement de stratégie, une concrétisation de voir ce qui a été pensé par des stratèges, mais en même temps ... Il garda le silence quelques secondes. Ah, ce repli anglais n'aura été que plus funeste pour ceux qui n'ont pas pu fuir à temps, et tous ces coups de canons meurtriers. Tout cela pour une ville ... trois villes pour qui une guerre n'est pas si utile. Pardonnez-moi de mon audace mais je ne suis pas un militaire de formation ni de cœur, je ne peux pas comprendre ce qu'on y trouve d'exaltant … »

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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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Édouard du Danemark

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La même vision, le même idéal, mais adversaires...

Philippe et Édouard



 



« Tout le plaisir est pour moi. Je suis Philippe d'Artagnan, duc de Gascogne et membre de la mascarade ... enfin délégation française. ». Mascarade... Édouard eut un sourire franc. Cet homme en face de lui était officiellement un ennemi. Il était français, dans l'autre camp et donc, par conséquent un adversaire. A l'extérieur de cette ambassade, il était une cible à abattre. Mais ce n'était pas le Prince du Danemark qui allait jeter la première pierre. Et visiblement ce jeune Duc de Gascogne non plus. Il attisa la curiosité de l'héritier d'ailleurs, en parlant de son Duché. On en parlait beaucoup en Europe. Il se disait que dans cette terre irréductible, naissaient les plus vaillants guerriers qui soient et que la Couronne de France pouvait compter sur ses habitants pour la défendre corps et âme. Une légende était même venue aux oreilles du Prince. Il adorait écouter les histoires, lire les livres. Sa mère ne s'était jamais privé de soutenir cette passion dans son enfance, avant qu'elle n'eut été bannie de la Cour danoise par sa rivale. Bref, la légende évoquait un grand guerrier, qui selon certains était très vieux au point qu'il marchait sur sa barbe et selon d'autres était un jeune duc arrogant. Celui-ci aida le jeune Roi au début de son règne, à se défendre contre les Nobles qui tentaient de se rebeller. Oui, l'histoire de Charles d'Artagnan avait passé les frontières, et le jeune Prince se demanda s'il avait devant lui un membre de sa famille. Il lui aurait volontiers posé la question, si son interlocuteur n'avait pas poursuivit, estimant nécessaire de se justifier. « Je ne voulais point déranger, je sais à quel point cette ambassade crée des tensions, je cherchais juste à en éviter. Mais il est toujours un plaisir de voir qu'il reste des personnes assez civilisées, pas à chercher à se quereller pour des stupides raisons. Nous connaissons tous ce genre de personne ... ». Édouard ouvrit les bras dans un geste royal et amical. Il regarda tout autour de lui les trésors littéraires qui y étaient exposés. Cet endroit était une mine de connaissance, un terreau de l'intelligence. Et fort peu de personnes savaient le considérer comme tel. Le jeune homme reprit, toujours de sa voix grave, posée, qui avait quelque chose de rassurant et d'extrêmement convaincant :

- Vous ne me dérangez point, Monsieur le Duc ! Je vous assure que si votre présence m'incommodait, je vous l'aurais... hum... aimablement mais cyniquement signalé. Vous cherchez à éviter les mêmes personnes que moi, voilà qui nous fait un premier point commun. Et si je compte aussi le fait que vous avez choisi cette bibliothèque pour vous isoler, ça nous en fait deux. Je ne pense guère me tromper en disant que vous êtes un homme d'esprit, suffisamment intelligent pour vous défausser de la compagnie des querelleurs et des guerriers belliqueux qui pullulent en ces si jolis murs. Ah si les tapisseries pouvaient nous parler ! Elles nous raconteraient des complots jusqu'au terme de nos vies ! Puisse-t-il venir le plus tard possible pour nous deux, d'ailleurs.

Il n'était pas courant de rencontrer un Duc français en temps de guerre et de discuter en toute chaleur et sincérité dans une ambassade. En générale, tout était tendu. Chacun cherchant chez l'autre le petit mot de travers qui mettrait le feu aux poudres et qui permettrait de relancer le conflit. Édouard n'avait rien d'un Général, il le savait. La guerre était la dernière solution, celle à employer quand tout fut tenté sans succès. Mais il n'avait pas pris cette décision. Frédéric l'avait fait à sa place avec en prime une autorité qu'il avait réaffirmé en s'en prenant à lui. Le Prince ne s'en formalisait pas. Il avait un grand cœur. Il ne voulait pas faire ombre à son Roi et à son frère. Même si la situation lui déplaisait, il était son obligé et il le servirait en tant que tel. Son esprit rebelle et libre le poussait malgré tous ses engagements à sortir des sentiers battus et à engager la conversation avec cet "ennemi". Franchement... qui était-il pour lui ôter la vie ? A le regarder de plus près, il semblait vif, dans la fleur de l'âge. Le courage ne quittait pas son visage, son regard brillait d'esprit et de vivacité. Un jeune homme comme lui devait vivre, fonder une famille pour apprendre à ses enfants ce qu'était la culture, à quoi ressemblait le monde. « Qu'avez-vous pensé de cette bataille à Toul ? ». Philippe était vaillant et il s'exprimait en dehors des codes avec sincérité. Cela plaisait beaucoup à Édouard. Même quand il se mit à parler de la guerre en évoquant la funeste bataille de Toul, le Prince ne montra pas de signe d'agacement ou d'animosité. « Il est d'une certaine manière admirable de voir le déploiement de stratégie, une concrétisation de voir ce qui a été pensé par des stratèges, mais en même temps...». Son interlocuteur s'exprimait avec son cœur et ses mots, bien que cela soit inapproprié dans de telles circonstances, trouvèrent une oreille attentive. En dehors de cette pièce, ils auraient été honnis, piétinés. Il hocha la tête en faisant une petite moue étrange, comme s'il était désolé. Il ne tarda guère à reprendre, alors que Philippe évoqua les anglais. « Ah, ce repli anglais n'aura été que plus funeste pour ceux qui n'ont pas pu fuir à temps, et tous ces coups de canons meurtriers. Tout cela pour une ville ... trois villes pour qui une guerre n'est pas si utile. Pardonnez-moi de mon audace mais je ne suis pas un militaire de formation ni de cœur, je ne peux pas comprendre ce qu'on y trouve d'exaltant… ». Pour la première fois, Édouard parut plus tendu. Pas à cause du repli mais davantage parce qu'on parlait des anglais qu'il avait bien du mal à supporter à cause de leur arrogance. Une inimité danoise largement partagée par son peuple.

- Les anglais brillent davantage par leurs boniments que par leur courage. Il en a toujours été ainsi, depuis des siècles...

Il avait été peut-être un peu tranchant et vif, mais il ne s'excusa pas le moins du monde. Il se contenta de reprendre de façon calme et posée en regardant poliment Philippe :

- Cette bataille était inutile. Tout comme cette guerre. Elle va provoquer de nombreuses pertes inutiles, elle va attiser la haine et dans le rangs des vaincus, le ressentiment va pousser dans quelques années à une nouvelle guerre fratricide. J'ai été élevé à faire la guerre, à apprendre comment la gagner. Je sais que mon pays a payé de beaucoup de sang les combats qu'il a mené, parfois sous la perfidie d'un homme. La souffrance et la haine ne méritent pas que des innocents leur soient sacrifiés. Il n'y a rien d'exaltant à la guerre, sauf si l'on aime massacrer, détruire et humilier. Nous partageons le même point de vue sur cette bataille. Quel dommage qu'elle ait lieue.

Il posa sa main sur le rebord de la fenêtre et son regard se perdit à l'extérieur. Un silence s'installa. Il sembla absent un moment, blasé par cette guerre qu'il n'approuvait pas et qu'il voulait se voir terminer au plus tôt. Il soupira et regarda à nouveau Philippe.

- Malheureusement pour nous deux, il semble que nous n'ayons pas notre mot à dire et nos décisions à prendre. Nous sommes deux spectateurs d'une comédie diplomatique qui va vite tourner au drame. Dieu nous garde de nous retrouver dans l'univers de votre cher Racine, aussi intéressantes soient ses pièces. Peut être demain serons-nous opposés sur le champ de bataille avec l'ordre mutuel de tuer l'autre... Vous êtes un homme d'esprit, Monsieur d'Artagnan. Ne perdez jamais votre franchise et votre audace. Elles vous souriront toujours et elles sont des armes redoutables pour faire éclater la vérité et faire tomber les masques.

Il avait le même âge que lui, mais son rang faisait qu'il était "hiérarchiquement" au dessus de lui. Il se permit donc de lui glisser un conseil, sans pour autant le rabaisser ou le mépriser. Édouard lui parlait avec beaucoup de respect et de dignité, sans le juger de façon négative. Ils étaient dans le même bateau maintenant et ne savaient pas quel cap ils allaient suivre. Le Prince trouve que l'opportunité de lui poser sa question était bien placée. Il demanda donc, changeant de sujet sans prévenir :

- Puis-je vous demander Monsieur d'Artagnan, si vous avez un lien de parenté avec un guerrier gascon qui a sauvé votre Roi d'une révolte de la noblesse ? Voyez-vous, j'ai entendu cette histoire lors d'un de mes voyages et je me demande si elle est vraie. Sans vouloir être trop intrusif dans votre vie personnelle, bien entendu...

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