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 Bataille de Toul, mars 1667

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Louis XIV


Louis XIV

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Belle et douce Amy, l'unique. Peu importe mon alliance ...
Côté Lit: Avec ma femme au nom du devoir conjugal, avec la Reine de mon coeur au nom d de l'amour
Discours royal:



ADMIN ROYAL
L'Etat, c'est Moi

Âge : 28 ans
Titre : Roi de France
Missives : 1184
Date d'inscription : 26/08/2006


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MessageSujet: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime31.03.13 20:45

Bataille de Toul, mars 1667 Toul10

Combats de Toul

_________________________________________________


15 mars

1667



Toul et sa cité médiévale. Toul et son histoire riche en évènements. Toul, la petite protégée de Louis XI mais qui reste intimement liée à Frédéric Barberousse. Toul enfin, et son évêché. L'un des Trois évêchés de Lorraine. Voilà qui n'est pas rien et c'est bel et bien pour cette raison, que l'armée française a décidé de frapper fort et bien. Attaquer une telle ville peut être décisive, le jeune monarque ne prend pas le temps de tergiverser et veut démontrer sa puissance sur le champ de bataille. Son armée est en effet composée de bien plus de soldats que celle de Lorraine, ce chiffre devrait leur donner tôt ou tard, un bon avantage. Cependant, Louis XIV n'a pas choisi la facilité donc, car les lorrains peut-être mieux préparés et retranchés dans la ville, sont bien décidés à résister et à ne pas la céder. Ils sont tout à fait déterminés à ne pas se laisser intimider par le camp ennemi, ni par le flot de soldats qui avance sur Toul ! Ils ne se rendront pas, quitte à mourir jusqu'au dernier. Une bataille sans merci de toute part se prépare. Chaque camp ne se fera aucun cadeau.

♦ Les participants ♦


LES FRANÇAIS

♦ Philippe d'Orléans (Chef d'Etat Major)
♦ Léandre de Vallombreuse (Officier supérieur)
♦ François de Froulay (Sous officier attaché à Philippe d'Orléans)
♦ Ferdinand d'Anglerays (Caporal Chef)

LES LORRAINS ET LEURS ALLIES

♦ Derek de Saxe (Officier supérieur)
♦ Morgan of Richmond (Officier supérieur)
♦ Alfie de Surrey (Officier subalterne)

PNJs FRANÇAIS

♦ Louis XIV
♦ Henri de Turenne

PNJs LORRAINS

♦ Jacques d'York
♦ Frédéric Guillaume de Brandebourg

♦ La météo du jour ♦


Le printemps n'est pas encore totalement au rendez-vous, une brise assez fraîche s'est levée à l'aube. Les températures ne sont donc pas franchement idéales et oscilleront aux alentours des 10-15 degrés. Le ciel est quant à lui voilé d'un bon nombre de nuages, mais ceux-ci ne sont pas menaçants. Aucune goutte de pluie ne devrait tomber durant la journée, le temps est sec depuis plusieurs jours. Les soldats n'avanceront donc pas dans la boue. Quant au soleil, il devrait montrer le bout de ses rayons par intermittence. Le plus à craindre ne sera donc pas vraiment le froid, la pluie, ou la neige, mais bien les boulets de canons qui peuvent tomber tout aussi bien que la grêle.


Consignes à respecter:

♕ Les concernés postent à la suite de ce message, dans l'ordre qu'ils veulent.
♕ On ne tue pas ses camarades de jeu ! Ni les pnj dans la liste. Le reste, oui.
♕ Les posts seront courts, une page word (environ 600 mots) maximum.
♕ La bataille se déroule à quelques kilomètres de Toul, en plaine.
♕ A un moment, il y aura un rebondissement dans la bataille. Tenez vous prêts !










______________________



« C'est toujours l'impatience de gagner
qui fait perdre. »
Spoiler:
 


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Morgan Stuart


Morgan Stuart

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
Date d'inscription : 15/02/2012


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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime02.04.13 3:34

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« On ne peut déserter le champ de bataille à l'heure du combat décisif. »
Le grand jour était arrivé. Les forces armées étaient prêtes à se battre : les français voulaient récupérer Toul, les anglais et leurs collègues germaniques devaient la protéger. La ville avait une enceinte pour la contenir, cela servirait sans doute si les français arrivaient jusqu'ici. Dans cette éventualité, il y avait des canons sur les hauteurs et des archers ainsi que des hommes à l'intérieur, dont une partie de lorrains qui n'auraient sans doute pas l'occasion de sortir leurs armes. Tous ces hommes prêts à se battre, dont la plupart juste à cause d'un jeu d'alliance européen – dont Morgan lui-même qui n'avait aucun intérêt en Lorraine – cela était presque beau à voir. La guerre pouvait paraître cruelle aux yeux de certains, encore plus quand on l'avait déjà vécue et où on avait perdu des siens, mais l'anglais avait cette montée d'adrénaline en ce jour de bataille. Il se battait depuis l'âge de ses quinze ans, il avait vu beaucoup de batailles, malheureusement trop de défaites et trop de malheurs sous ses yeux. Il ne devrait pas être permis pour un jeune homme de quinze ans mais c'est tout ce qu'il avait trouvé à l'époque pour aider son roi, c'est tout ce qu'il y avait de toute manière. Chaque fois, il avait appris davantage en pratique et aujourd'hui, à trente ans, il était un militaire accompli, assez aguerri pour être un bon leader, un homme de terrain pour ce jour de bataille où rien n'était joué d'avance vu le nombre de français face à eux. Mais un nombre n'était pas toujours suffisant, il fallait aussi savoir se servir de ses armes à sa portée.

Tout semblait donc prêt, il était temps de partir sur le champ de bataille, non loin de là, sur les plaines de la ville, avant que les collines ne cassent le paysage. Prêt bien avant l'aube, Richmond allait monter son cheval pour quitter la ville en compagnie de Jacques d'York, son cousin et l'homme de la situation. Il était temps de courir sur le champ de bataille et mener le front. Mais quand Alfie of Surrey fit son apparition dans le champ de vision de l'officier supérieur, courant vers lui, Morgan se raidit, se demandant pourquoi on lui avait mis ce type dans ses pattes.

« Je vous l'ai répété cent fois déjà, Surrey. Non, vous n'irez pas vous battre. Je suis déjà bien aimable de vous avoir emmené. Vous restez ici, au cas ou les français avanceraient vers la ville. Et là vous pourrez prier pour ne pas mourir, à défaut de savoir vous battre. » lâcha t'il sèchement, sans même prendre la peine de le regarder. Puis il partit, sans voir que son cousin avait adressé lui aussi quelques mots au jeune anglais.

« Je t'ai trouvé dur avec Surrey, Morgan. Il n'est pas un militaire comme nous, mais on ne peut pas brider l'envie d'un homme de se battre. lâcha Jacques alors qu'ils arrivaient sur le champ de bataille.
Oh, arrête avec ton registre de père poule, s'il te plaît. La guerre n'est pas un jeu pour enfants.
Dit celui qui s'est battu alors qu'il en était encore un. » marmonna York.

Mais Morgan ne releva pas, allant saluer les germaniques présents à leurs côtés : l’électeur de Brandebourg et son cousin, le prince-héritier de Saxe. Il serra la main à ce dernier, un peu plus jeune que lui mais déjà vaguement rencontré à Versailles. La réputation du saxon allait de pair avec celle de l'anglais, ce qui fit sourire Morgan envers ce compagnon de guerre avec qui il avait en commun.

« Que Dieu soit avec vous l'ami. Les femmes sont aussi des batailles, des places à conquérir, vous devez être ici en terrain connu. »

La parole pouvait prêter à sourire en cet instant si grave, c'était aussi le but de tenter de faire un peu d'humour avant de voir la mort. Puis chacun regagna ses rangs, Richmond motiva ses hommes, dont c'était la première bataille pour beaucoup d'entre eux. De jeunes hommes de bonnes familles anglaises, motivés et terrifiés aussi, Richmond devait se montrer en leader et ne pas faillir.

«  … Sur cette terre, n'oubliez jamais que vous n'êtes ni des héros ni des dieux, que votre but est bien sûr de vous battre, de vaincre mais aussi de survivre ! Si mourir sur le champ de bataille est une belle mort, survivre à sa victoire est une bien plus belle vie ! Et … Il s'interrompit dans son discours, fixant Alfie dans ses rangs. Mais qu'est ce que vous faites là, vous ? »

Puis il jeta un œil vers son cousin à quelques mètres qui avait tourné la tête. Il haussa les épaules, finit son petit speech de motivation et fit une dernière prière silencieuse, un signe de croix et observa le camp français en face. Que la bataille commence …

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


Born to be a Stuart:
 


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Philippe d'Orléans


Philippe d'Orléans

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



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Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 10014
Date d'inscription : 03/01/2007


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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime04.04.13 13:56

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« Une guerre entre Européens est une guerre civile. »
« Monsieur, vos hommes vous attendent …
Oui, c'est bon, j'arrive ! » lâcha Philippe, agacé et faisant signe à Jean-Eudes de sortir.

Son mignon, un des rares à être venu avec lui non pas en qualité de mignon mais en tant que jeune noble en âge de guerroyer, sortit de sa tente sans demander son reste. Quant au prince, il resta assis encore une minute avant de se lever, réajusta les dentelles à ses manches – Quoi, on pouvait être Etat-Major et aimer la mode, il avait déjà laissé tomber les nœuds et divers froufrous – vérifia qu'il avait ses armes et avança jusqu'à la sortie de la tente, psalmodiant une prière silencieuse pour rester en vie, ainsi que son royal frère, puis pour le salut de son âme. Lui qui s'était presque roulé par terre pour avoir un commandement avait peur à présent. Il allait commander tous ces hommes, certains s'étaient déjà battus, d'autres découvraient la guerre comme lui, une partie était encore bien jeune pour partir sur le front. Et lui ne voulait pas mourir embrocher par un foutu anglais qui lui pourrissait la vie à Versailles, entre son épouse et l'abruti d'Alfie. Et s'il était ridicule ? Si la peur prenait le dessus et qu'il s'enfuit comme un gros lâche ? Comme si cela se voyait qu'il se posait des questions de plus en plus affolantes, Effiat vint le rejoindre pour lui dire deux-trois mots, tenter de le distraire et arracha un petit sourire au prince, content d'avoir un peu de soutien à ce moment là. Il continuait d'avancer alors que les derniers hommes se rassemblaient, certains semblaient bien motivés à en découdre face à l'ennemi.

« Froulay ! apostropha Philippe et s'en alla rejoindre son capitaine des gardes. Je voulais vous voir, justement. L'homme que m'a confié le roi mon frère pour m'aider dans les manœuvres est un idiot. Vous m'assisterez, j'ai confiance en vous au moins ! »

Il avait surtout terriblement peur et avoir quelqu'un qu'il connaissait et d'une fidélité sans faille ne pouvait que lui faire du bien, lui donner un peu de confiance. Déjà qu'il ne se sentait pas à sa place dans cette plaine non loin de Toul, loin de sa Cour ! Et puis, quitte à être superficiel, la cuirasse et le casque lui seyait peu au teint, Philippe d'Orléans n'était pas taillé pour être militaire. Et pourtant, il était là aujourd'hui, il avait voulu ce poste et devait assumer. C'était l'occasion ou jamais de prouver à son frère et à la France qu'il n'était pas qu'une grande folle poudrée qui faisait la chasse à l'étiquette et aux jolies garçons, le tout dans des vêtements dernier cri. Alors que lui aussi prenait son poste, il n'y avait plus qu'à attendre le coup d'envoi de cette première bataille, la première d'une probable longue série.

Enfin, la cavalerie des cuirassés du roi partit en premier, pour enfoncer les lignes ennemies par de puissantes charges, les ennemis firent pareil de leur côté. Puis après la cavalerie venait l'infanterie où se trouvait Philippe et ses hommes, ainsi que le roi. Il était temps donc d'entrer vraiment en guerre, de donner l'ordre d'envoyer ses hommes combattre à leur tour, pistolet à silex en main et épée à la hanche en cas de combat en corps à corps. Et puisqu'il fallait y aller aussi, c'était au tour du prince en personne de se battre face à la horde d'anglais face à eux. Alors qu'il avait tiré quelques coups de feu, il dégaina son épée pour se battre face à quelques hommes qui ne savaient sûrement pas que le prince de France était bien moins idiot que son image véhiculait, et surtout qu'il savait se battre ! Et il le prouva en tuant quelques hommes face à lui au terme d'un combat serré, mais il était hors de question d'être tué par un anglais dans un endroit si dérisoire comme Toul, foi d'Orléans !

Mort aux ennemis !

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Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:
 


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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime05.04.13 19:48

La guerre. Ce mot tournait en rond dans la tête de Ferdinand depuis plusieurs jours, maintenant qu’ils étaient enfin arrivés sur les lieux de la future bataille. Un mot que Ferdinand, malgré sa formation au métier d’armes en tant que fils unique, détestait comme le pouvait un homme qui préférait nettement la guerre des mots et des esprits au massacre bordélique et systématique du champ de bataille. Mais si le Fou détestait faire la guerre, il n’y rechignait pas pour autant. Il n’était peut-être qu’un bouffon, mais il était aussi français que Louvois ou le roi et se battrait sans la moindre hésitation pour défendre son royaume. Après tout il faisait déjà la guerre aux conspirateurs dans l’ombre : il ne s’agissait que de passer sur le devant de la scène pour répéter les mêmes actions contre les Lorrains. Aussi, s’il avait passé tout le trajet depuis Versailles jusqu’à Toul à répéter à Louvois qu’il valait mieux faire l’amour que la guerre –judicieux conseil qui avait fait rire Monsieur, lever les yeux au ciel à Louvois, et rougir Colbert selon Ferdinand- il n’était pas moins conscient que les autres de la gravité de la situation et des dangers qui les attendaient. Et il n’avait pas peur. Trembler avant la bataille ne ferait que le déconcentrer, trembler pendant ne ferait que précipiter sa mort qu’il préférait la plus tardive possible. Avec un détachement surprenant de sa part, le caporal-chef d’Anglerays se préparait à la bataille et passait en revue ses quelques hommes. Tous des hommes de petite noblesse, comme lui, ou bien de simples gens qui avaient obéi à leur roi sans se poser de question. De simples gens dont Louis n’entendrait probablement jamais parler et dont il se fichait sûrement éperdument. De simples gens prêts à se faire écharper pour leur belle France, royaume élu de Dieu. Cette bonne blague.

Donnant une tape amicale sur l’épaule d’un de ses hommes qui en aidait un autre à charger son pistolet –la plupart de ces pauvres gars n’avaient jamais vu la couleur d’une arme- il partit vers l’arrière où il savait pouvoir trouver le reste de son régiment pour achever son inspection. Apercevant Monsieur de loin, il nota qu’il était bien pâle mais se tenait droit et fixait un point devant lui, l’air résolu malgré son angoisse. Approuvant intérieurement cette attitude, Ferdinand le salua d’un signe de tête en croisant son regard et repartit vaquer à ses occupations. Moins d’une heure plus tard, il était de retour dans les premières lignes de l’infanterie. Il n’avait pas peur, mais la tension et l’adrénaline commençaient à faire leur effet alors qu’enfin retentissaient les premiers coups de feu et que les cuirassés partaient en avant. Il regarda partir la cavalerie, et finit par dégainer son épée de sa main libre, alors que l’autre assurait sa prise sur son pistolet. Son cœur battait la chamade contre ses côtes, quand enfin derrière lui, quelqu’un s’écria :

« VIVE LE ROI ! »
« VIVE LE ROI ! » reprit Ferdinand en chœur avec ses hommes, et une clameur monstrueuse s’éleva alors que l’infanterie se ruait en avant, comme une vague furieuse dans la tempête. Ferdinand fut dans les premiers à entrer en collision avec les soldats lorrains, et bientôt tout ne fut plus qu’un chaos incompréhensible dont la seule règle était de survivre. Tendant le bras pour loger une balle dans la poitrine d’un soldat adverse, Ferdinand eut la pensée fulgurante qu’il s’agissait là de sa première véritable guerre, de son baptême du feu. Ou plutôt son baptême du sang, en l’occurrence. Chassant cette pensée de son esprit, il laissa son cerveau se déconnecter alors qu’il faisait un pas rapide de côté pour éviter une lame ennemie et répliquer aussitôt en plantant la sienne dans l’abdomen de son adversaire dont il n’eut même pas le temps d’apercevoir le visage. Tout allait vite, trop vite, et s’enchaînait comme en enfer. Il ne s’agissait plus de se battre honorablement. La seule règle maintenant était de survivre. Et au milieu du sang et de la fureur, ça devenait presque un réflexe. Ils furent deux, puis trois, puis quatre, puis Ferdinand perdit le compte. Tuer pour ne pas se faire tuer. Il avait l’impression d’évoluer en plein cauchemar, sentant à peine son épée s’enfoncer dans le corps de ses victimes, entendant à peine la détonation de son pistolet, voyant à peine ses morts s’effondrer avant de se faire piétiner. Et ça ne faisait que commencer.
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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime09.04.13 19:47

Bataille de Toul, mars 1667 Renomm10
Et pendant ce temps-là...


Du haut de la colline qui surplombait Toul et par la force des choses le champ de bataille où les combats venaient de s'engager, Jean Racine jetait des coups d’œil perplexes à la fois à la longue vue qu'on lui avait généreusement prêtée et au jeune peintre du roi qui s'était assis sur une chaise pliante (Racine songea qu'il n'avait pas eu le droit à ça, lui, il lui faudrait se plaindre à Louvois, sûr que ce dernier serait ravi d'entendre une doléance de plus) pour griffonner des croquis dans un carnet posé sur ses genoux. C'était bien la première fois qu'il assistait à une bataille rangée, puisque les pillages systématiques dans la région de La Ferté-Milon par les mercenaires payés par les Frondeurs dans son enfance ne pouvaient pas franchement être considérés comme faisant partie d'un plan stratégique et par là-même ne pouvaient guère être célébrés. Et pour être honnête... Il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait sous ses yeux. Tout cela ressemblait plutôt à un joyeux cahot plutôt qu'à cette bataille bien lisse qu'on lui avait promis. Des feux d'artillerie avaient été échangés avant que les troupes ne se rencontrent en un grand choc frontal qui avait résonné dans l'ensemble de la vallée. Et les soldats aux couleurs différentes se mélangeaient en un affrontement violent qui ne permettait pas, à des centaines de pas de là de bien savoir ce qui était en train de se passer et qui prenait le dessus. A moins que ce ne soit que la faute de Racine qui n'avait aucune habitude des batailles. Heureusement, on ne lui demandait pas de savoir ce qui se produisait réellement, juste d'écrire les hauts faits des armées royales et la gloriole et la grandiloquence, ça au moins, il maîtrisait.

Délaissant sa longue vue puisque de toute façon, il était vain de chercher à voir qui faisait quoi, il se pencha par-dessus l'épaule du peintre qui semblait fort inspiré et brossait à grands coups la bataille sur sa feuille sans pour autant lever vraiment les yeux vers ce qui se passait en bas. Racine lui proposa gentiment sa longue vue mais celui dont il ignorait le nom – Le Brun avait visiblement jugé qu'il était inutile de se déplacer en personne et Racine regretta de ne pas avoir pris exemple et de ne pas avoir de larbin à envoyer à sa place en de telles circonstances – refusa avec politesse. De toute façon, comme le vit Racine en observant les dessins du jeune homme, il n'en avait nul besoin.
- Pardon de vous interrompre mais je crois que l'armée royale n'a pas encore effectué une telle percée et..., commença l'historiographe avant de s'interrompre devant l'étendue du désastre.
Le peintre avait une grande imagination à défaut d'une vue désastreuse. Au centre de sa composition, un Louis XIV triomphant chevauchait un étalon blanc qui était brun en réalité mais ce qui était un maigre détail quand on savait que la dernière fois où Racine l'avait vu, le roi n'avait pas encore lancé sa cavalerie. Aux pieds du cheval, s'élançaient en jappant deux chiens, pure invention pour le coup ce que le peintre expliqua comme « un symbole de fidélité » (Racine renonça à lui demander ce que venait faire la fidélité en plein cœur d'une bataille). Mais le plus incroyable restait encore deux figures ailées qui se baladaient au dessus de la perruque de Sa Majesté – visiblement représenter un casque sur un dessin, cela n'exaltait pas le courage du roi – et qui soufflaient dans des trompettes avant de couronner Louis d'une couronne de lauriers, du moins le supposa le dramaturge car il n'imaginait pas que cela puisse être du pampre, on n'était pas là dans une scène dionysiaque. Par acquis de conscience, Racine leva les yeux sur la scène qui se déroulait à leurs pieds mais il vit toujours la même mêlée informe et aucun ange apparut par miracle pour leur signaler la victoire du roi de France.
- Ce sont les figures de la Richesse et de la Renommée.

Bien, il était inutile de chercher à discuter avec de telles personnes qui n'avaient pour seule ambition que de servir la gloire du roi en négligeant la réalité et en abreuvant les toiles de figures allégoriques qui n'avaient rien à voir. Racine se détourna en replaçant sa longue vue devant lui et en se disant que fort heureusement, il était là pour servir la vérité et rétablir les faits. Il distingua quelques dizaines d'hommes qui lâchaient leurs armes pour s'enfuir à toutes jambes de l'autre côté du fleuve dans l'indifférence générale. Mais que fabriquaient-ils ? Des déserteurs ?! Bon d'accord, finit par admettre le tout nouvel historiographe, sa tâche serait peut-être plus malaisée que prévu.

Spoiler:
 
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François de Froulay


François de Froulay

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, il va falloir le recoller
Côté Lit: vide, au désespoir des mignons de Monsieur
Discours royal:



Fuis les honneurs et l'honneur te suivra
Convoite la mort et la vie te sera donnée


Âge : 25 ans
Titre : Maréchal des Logis des Mousquetaires, Capitaine de la garde de Monsieur, Marquis de Lavardin
Missives : 521
Date d'inscription : 29/08/2011


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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime14.04.13 22:16


« Le bon général a gagné la bataille avant de l’engager. »





François avait suivit les ordres, en bon soldat qu'il était. Il avait dit au revoir à ceux, ou plutôt celles, qu'il ne reverrait pas avant longtemps – il n'osait pas penser « jamais » - et s'était mit en selle sans se retourner, puisque ce c'était ce que les soldats faisaient. On ne pensait pas, sauf quand on avait un grade, et encore, on évitait de trop penser par soi-même et on attendait les ordres du dessus. Mais François était assez intelligent pour faire la part des choses et essayait toujours de faire ce qui était juste. Restait à voir s'il restait le même avec la pression de la bataille. Oui, bien sûr, comme beaucoup de jeunes hommes de son âge, qui avaient été appelé à défendre la fleur de lys, parce que c'était le devoir de la noblesse, il était excité à l'idée de se battre, mais il se rappelait aussi que les histoires de son père et de certains de ses amis à propos de la Fronde, cette guerre civile qui avait été un véritable désastre, lors de l'enfance du roi. Certes, certains militaires s'étaient illustré de gloire, au moment où tout était perdu, mais il y avait aussi eut beaucoup de morts...

Pour l'instant, les responsabilités de François étaient plutôt simples. Il devait juste s'assurer que le campement était dressé, que tout le monde était à sa place et qu'il ne manquait personne. Ce n'était pas très difficile. Le plus compliqué était que les personnages de plus haute noblesse, qui étaient souvent les plus hauts gradés, non pas dut à leurs capacités, mais uniquement à l'argent qu'ils avaient pour acheter leurs charges, voulaient des tentes plus grandes, mieux placées... Le jeune homme avait très rapidement délégué, se servant de son grade chez le duc d'Orléans pour prétendre être appelé à d'autres occupations. La bataille était imminente, et François ne faisait qu'y penser, bien qu'il essaya de trouver une meilleure occupatin. Mais à part penser, et préparer ses armes, il n'y avait pas grand chose à faire pour le moment. Il avait revêtu son uniforme neuf aux couleurs de la maison du Duc, avec les épaulettes de son grade, et avançait dans le camp à la recherche de Monsieur, qui avait besoin de ses officiers et sous officiers à l'approche de la bataille.

-Vous voilà, Maréchal des Logis ! On n'attend plus que vous, Monseigneur est presque prêt.

François allongea le pas pour se retrouver avec le reste des gradés. L'ambiance était plutôt mitigée. Mi-excitée, mi-anxieuse. Le prince était attendu. On sentait la tension de toute part. Finalement, l'un des hommes entra dans la tente, pour en ressortir aussitôt, suivi du prince.

-Froulay !  Je voulais vous voir, justement. L'homme que m'a confié le roi mon frère pour m'aider dans les manœuvres est un idiot. Vous m'assisterez, j'ai confiance en vous au moins !

François sorti du rang et rejoignit le duc.

-A vos ordres, Monseigneur.

François s'assura que sa cuirasse tenait correctement, les sangles avaient tendance à se desserrer. Il vérifia également que son épée glissait correctement de son fourreau ainsi que sa dague. Ses deux pistolets étaient faciles à manier, il les avait chargés quelques heures auparavant. Il avait peur. Qui n'aurait pas eus peur en sentant la mort rôder autour d'eux ainsi ? Mais il était prêt. Il ne pouvait plus reculer de toute manière. Aux côtés du Duc, il n'avait pas l'intention de se défiler. Et puis la bataille commença. La cavalerie fit une charge magistrale, et un instant, François imagina en être. Et puis l'infanterie suivit. Pour la France !

______________________

ANYTHING COULD HAPPEN  


Spoiler:
 


Dernière édition par François de Froulay le 11.08.13 23:00, édité 1 fois
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Derek de Saxe


Derek de Saxe

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Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
Côté Lit: Surprise, ça bouge!
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Titre : Prince-héritier de Saxe, Duc de Saxe-Weissenfels
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MessageSujet: Re: Bataille de Toul, mars 1667   Bataille de Toul, mars 1667 Icon_minitime18.05.13 14:18