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 A cheval donné, on ne regarde pas les dents.

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MessageSujet: A cheval donné, on ne regarde pas les dents.    A cheval donné, on ne regarde pas les dents.  Icon_minitime11.03.13 21:58

Il était une fois dans un conte improbable un joli prince qui s'appelait Philippe. Comme les plus belles histoires ne laissent aucune place au hasard, il aimait d'amour un autre Philippe, singulier chevalier comme il n'en existe jamais dans les romans courtois. Preux, il devait sans doute l'être, charmant, il l'était plus que de raison. Cependant son exploit le plus probant n'avait pas eu lieu sur un champ de bataille, du moins pas tel qu'on le conçoit habituellement dans pareille littérature romanesque . Le chevalier sans peur mais pas vraiment sans reproche avait tourné la tête du prince, duc d'Orléans de son état, exerçant sur lui une emprise telle qu'on disait le prince déraisonnable au possible et ne sachant plus parler sa langue maternelle.

Les années passèrent et d'autres hommes passèrent dans la vie de Philippe d'Orléans sans y jouer un rôle déterminant, ne parvenant pas à éclipser le sémillant chevalier. Antoine Coëffier de Ruzé, marquis d'Effiat, neveu malheureux du marquis de Cinq-mars fût de ceux-là. Il ne réussit pas plus que les autres mais parvint à demeurer dans l'entourage du joli prince. Philippe de Lorraine était son rival mais l'intelligence et la prudence conseillèrent au jeune marquis de s'en faire un ami, un compagnon de jeux et un complice des mauvais coups, afin de ne pas trop s'éloigner de la compagnie du duc d'Orléans . Hélas, l'expérience tragique de son oncle lui avait enseigné que rien ne dure jamais, le bonheur et la chance bien moins que toute autre chose.

Le vénéneux chevalier de Lorraine s'en était allé guerroyer, délaissant son amour de prince. Son départ soudain pour la guerre aurait laissé sur son sillage une aura de respect et d'admiration s'il n'avait pas rejoint le camp lorrain, ennemi de la France dans ce conflit. Soudain, Antoine d'Effiat réalisa que le chevalier le protégeait des autres mignons de Monsieur, l'incluant dans ses ragots et ses débauches. Comme il était facile de n'être que le second et de n'avoir pas à défendre sa place tant convoitée ! Il avait envié si longtemps l'archimignon, ne considérant que les avantages de sa position. Antoine était seul désormais pour réaliser ses ambitions; il lui fallait trouver de quoi satisfaire le prince et le rendre dépendant de lui . Le chevalier n'était plus là et ce que le petit marquis avait considéré longtemps comme un obstacle à ses désirs se transforma en un gouffre béant à combler avant qu'un autre, plus jeune, plus entreprenant, plus amoral si la chose était possible réussisse à prendre une place de choix dans le lit d'un Bourbon.


***

A cheval donné, on ne regarde pas les dents. Le scandale, nourriture raffinée dont se repaissaient les courtisans à l'affût du malheur, excités par l'odeur âcre mais ô combien affriolante de l'infamie et du déshonneur, se dispersait au gré d'un vent favorable et complice, s'insinuait dans les salons, dévalait les escaliers, survolait le Grand Canal, traversait les beaux jardins dentelés de pierre de Versailles pour finir par se répandre dans chaque bosquet du parc, lieu discret et muet d'actes de débauche et de confidences éhontées. L'exemple et la passion dévorante pour les ragots de la Cour leur en avait été donnés par les Grands de la Cour, avides d'actes de débauche révélés au grand jour dès lors qu'il ne s'agissait pas des leurs, emporté par le vent de la rumeur, égayant mon amant et le rendant d'humeur badine. Il oubliait le temps d'un rire cristallin et moqueur que son bel amour, l'homme qui occupait ses pensées depuis des jours et lui manquait si cruellement la nuit, le beau Philippe de Lorraine s'en était allé à la guerre se battre dans un autre camp que le sien. Il me fallait trouver des expédients à sa tristesse .

Je quittais Versailles, son faste et son éclat pour me faufiler dès la nuit tombée dans les ruelles de Paris, sombres et inquiétantes. Vols, rapines, crimes et violences en tous genres animaient la vie nocturne de la capitale, bien loin de la sécurité de la Cour. Encore que je ne sois pas persuadé que ce mot convenait à ma vie trépidante, celle d'Antoine d'Effiat, un mignon, amant du frère du Roi , ambitionnant la place tant convoitée de favori en titre, semant autour de lui jalousies, envie et vilenies. Un courtisan n'est fait que de fiel et de miel et ses manières me font penser parfois que Versailles n'est qu'une Cour des Miracles, sans foi ni loi. J'eus la chance d'y être présenté mais je me flattais d'avoir su y demeurer, par ma ruse, un physique avantageux et des relations fort à-propos. Je passais des nuits régulières dans le lit soyeux d'un prince et amant sensuel, héritage des gênes épicuriens de sa famille, les Médicis.

Mes affaires ne souffrant pas de délais, je parvins sans retard et sans la moindre difficulté devant la maison faite de pierres et de bois qu'un de mes amis m'avait recommandé. L'endroit n'était pas vilain pour qui n'avait jamais goûté aux lambris dorés et aux tentures de Versailles. La chambre d'une fille des rues ne m'avait jamais rebuté. Ce qu'on y trouvait parfois valait bien le détour et n'avait que peu à envier aux charmes d'une Comtesse ou d'une duchesse. Bien que mes préférences me portât vers d'autres horizons, je ne dédaignais pas les plaisirs de cette chair-là. Et puis, ma venue exigeait d'autres réponses que celles de la nature. Je cognais mon majeur contre le bois rugueux de la porte de sa chambre puis attendis. J'imaginais déjà ce que je lui dirais quand Fiona m'ouvrirait sa porte,.

- Je veux du croustillant, je veux du scandaleux, je veux de l'improbable mais bien réel. Apporte-moi Fifine, fille de mauvaise vie, l'incommensurable ridicule d'un homme de Cour, vertueux et noble, titré et pédant, à l'apparence irréprochable et à la révérence parfaitement huilée, ignorant que son prochain séjour à Versailles lui serait une expérience humiliante et navrante, acide et mortifère. Qui fait le malin tombe dans le ravin.

Fiona Ornelle était une fille de joie, offrant ses charmes printaniers dans une chambre en plein Paris. Sa naïveté et sa douceur étaient connues de ses clients dont certains étaient de mes amis et même de ma famille. Fiona Ornelle que tous appelaient fifine servirait mes ambitions et donnerait vie à mes projets.La jeune femme qui offrait ses services à mon cousin, Nicolas de Ruzé m'ouvrirait en grand les portes de la renommée et poserait sur ma tête la couronne de lauriers que m'offrirait Philippe de France, duc d'Orléans, me consacrant favori de sa petite cour. Des potins croustillants et des renseignements précieux, voilà ce que Fiona Ornelle me procurerait. Et une place d'archimignon par voie de conséquence.

























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MessageSujet: Re: A cheval donné, on ne regarde pas les dents.    A cheval donné, on ne regarde pas les dents.  Icon_minitime12.03.13 18:41

La petite fille dormait encore dans son petit lit de paille près de sa sœur, le ventre grondant de faim du frugale repas d’il y a déjà quelque heure. Elle dort puis se réveille car il y a du bruit à la porte elle regarde par la fenêtre et elle voit Whitney qui la regarde à travers les carreaux. Elle monte donc précipitamment les marches de la maison pour aller voir sa mère, mais quand elle arrive dans sa chambre elle n’est plus un bébé, elle est ce qu’elle est aujourd’hui et ce n’est pas sa mère qui l’attend près de la porte mais Whitney avec un couteau près à lui trancher la gorge. La femme se jette sur elle contre le mur et lui serre la gorge avec tant de violence que Fiona suffoque, gigote et… « Haaaaanhhh….. ! » C’est avec la respiration haletante, des sueurs froides et l’air terrorisé que la jeune femme se réveilla la peur au ventre. Cela faisait plusieurs mois qu’elle faisait le même rêve, toujours le même, incessant. Fiona se rassura du mieux qu’elle le pu, doucement, elle regardait autour d’elle. Il n’y avait personne, pour plus de sécurité, elle se leva de son lit et regarda à la fenêtre. Les rues de Paris étaient comme à chaque fois toujours aussi déserte la nuit. Reprenant sa respiration et son calme elle se remit au lit et fixa le plafond nerveusement pour s’éviter de regarder nerveusement la fenêtre ou encore moins la porte. Elle avait parlé de ses mauvais rêves à Tobias ou encore à Nicolas mais tous deux lui disaient à chaque fois de manière bien différente que jamais cette femme ne s’approcherait d’elle et qu’elle ne craignait rien. Mais Fiona ne pouvait s’empêcher de penser que cette femme était peut-être là, ici, par-là, n’importe où et nulle part à la fois.

Fiona fini par se rendormir doucement se laissant allez dans les bras de Morphée. A l’aube quand le coq ce mit à chanter, la jeune fille se réveilla doucement puis ferma les yeux car la fine lumière qui pénétrait la fenêtre lui taper droit dans ceux-ci. Elle se tourna, sur le dos, la tête dans l’oreiller. Elle pensait toujours à Nicolas, cet homme était vraiment un homme mystérieux, fascinant plein de surprise et de charme. Malheureusement elle ne serait jamais bien assez pour lui, c’est un noble, une petite souillon, une catin… lui c’est un prince, un roi par rapport à elle. Mais rêvait ne fait de mal à personne, sauf de la souffrance lorsqu’on retombe à la réalité. Finalement Fiona se leva de son lit et alla se préparer. Alla cherchait une vieille robe de paysanne qu’elle avait, cette après-midi elle devait allez travailler chez Monsieur de Courtenvaux. Pour faire le ménage chez lui, cette robe était largement suffisante. Elle alla derrière son paravent, se lava avec son bac d’eau froide et s’habilla. Il était encore très tôt, elle laissa ses cheveux longs ondulés le long de son dos sans les attachés et se rendit en bas pour aller déjeuner. Hier elle avait eu un client et avait pu avoir un peu d’argent. De quoi se payer le loyer et quelque repas. Elle prit enfin un bon petit déjeuner qui lui redonna des couleurs sur ses joues un peu blafardes par le manque de nourriture. Après s’être bien restaurer, elle discuta un peu avec l’aubergiste et fini par monter quelque minute plus tard.

Une fois dans sa chambre, elle s’installa sur son lit et regarda par la fenêtre, le jour se levait de plus en plus, mais il n’y avait toujours pas grand monde dehors, surement le froid qui venait se lever… Fiona ne voulut pas vraiment savoir pour le moment elle verrait plus tard quand elle devra sortir. Elle tourna la tête vers sa table où se trouver un objet appartenant à Nicolas, il l’avait oublié quelque jour plus tôt et attendait qu’il vienne le récupérer. La jeune fille finalement se leva et prit la bague dans sa main, la regarda le regard un peu vide quand on frappa à la porte. Sorti de ses pensées par un sursaut, elle s’écria :
« J’viens. » Elle posa la bague sur le bureau de bois nerveusement, elle se demandait qui cela pouvait être… elle n’attendait personne et ce n’était pas vraiment l’heure pour les clients en général… La jeune demoiselle se dirigea vers la porte et l’ouvrit. Ses jolis yeux verts croisèrent celui de l’homme en face d’elle. Elle lui accorda un petit sourire timide et gentil pour lui demander dans son franc parler et son côté paysans.

« B’jour m’sieux. C’est pour quoi ? »
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