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 ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »

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MessageSujet: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime24.05.12 13:59





ARNAUD


LEGRAND




(Nico Tortorella)


ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Tumblr_lzb2qsn8EL1r1lxu5

« La douleur qui se tait n’en est que plus funeste. »

    ► 26 ans
    ► Comédien de Racine dans les premiers rôles tragiques et de rois
    Il est surtout l'ex marquis-héritier d'Assérac, mais ne peut plus prétendre à ce titre qu'il a laissé à sa sœur après son excommunication.
    ► Français et de sang bleu
    Peu de monde le sait mais Arnaud est un noble excommunié, de la prestigieuse famille Rieux-d'Assérac dont le marquisat fut érigé par Henri III.
    ► Célibataire
    Il fut fiancé à une époque à Maryse d'Armentières mais son excommunication a conduit à l'annulation des fiançailles. Aujourd'hui, il repense parfois à cette fiancée qu'il n'a jamais connu avec nostalgie. Mais son cœur est pris par une comédienne, bien qu'il ne se sente pas prêt à se déclarer.
    ► N'a plus de religion
    Catholique, il fut rejeté après avoir tué un prêtre en duel. Aujourd'hui, il ne croit plu en rien.
    ► Hétérosexuel



♕  PROTOCOLE ♕ 
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Dans une autre vie, je m'y serais rendu, épée à la hanche, dans de beaux vêtements et une épouse à mon bras. J'aurais parlé avec d'autres nobles, ri avec eux, joué aux mêmes tables qu'eux, j'aurais eu une charge que mon père m'aurait transmis. Je serais peut être tombé dans des intrigues où je me serais perdu. Versailles aurait été un paradis visuel, l'accomplissement d'une noblesse de notre siècle. Mais peut être aussi un enfer pour moi qui aime tellement la campagne. Peut être qu'un paradis à petites doses aurait été la parfaite alternative. Mais aujourd'hui, je ne vois Versailles que de loin, je ne vais rarement au-delà des planches de l'Opéra ou des coulisses pour le spectacle. Versailles n'est pas un endroit pour un comédien, il n'est plus qu'un rêve inaccessible où je pense parfois à m'y rendre, déguisé en noble juste pour quelques heures. Dans ma vie actuelle, je m'y rends costumé pour jouer un rôle, celui que Racine m'a donné.

Lorsque Arnaud regarde Versailles, il ne peut s'empêcher d'avoir un peu de nostalgie, des regrets aussi. Parfois, ses compagnons de théâtre le voient soupirer, en contemplant cet écrin de merveilles. Souvent, il se dit qu'il aurait pu s'y rendre, visiter chaque pièce, parler avec ces nobles qu'il ne voit que de loin. Pourtant, le jeune homme s'en méfie aussi. Après tout, il connaît la noblesse, sait comment elle pense, son père l'ayant emmené quelques fois à Paris et a entendu parler de la Fronde, l'a vécue de loin. Les nobles ne cherchent que leur propre réussite et n'hésitent pas à en écraser d'autres pour cela. Plusieurs fois, il s'est échappé de la troupe pour voir quelques pièces du château, travestit en valet, il a entendu bon nombre d'histoires, plus ou moins intéressantes, mais ne s'étonne plus vraiment de la capacité de la noblesse à entre-tuer. Alors, parfois Arnaud se dit que sa situation n'est pas si mal. Sauf quand son passé le rattrape et que c'est à Versailles qu'il pourrait perdre la vie …

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Les complots ont toujours fait partie de l'histoire et la haute société. Il y a toujours quelqu'un qui veut tuer le roi pour une raison plus ou moins plausible. Et si ce n'est le Roi, c'est une personne de son entourage et cette personne trouvera toujours des alliés pour s'unir et monter un plan assez crédible pour le mettre en marche. Mais les complots sont dangereux car s'il est découvert, on peut dire au-revoir à sa tête.

Arnaud ne sait rien du vrai complot qui se trame contre le roi, mais il sait qu'il doit bien en exister. Tous les rois en ont subi, avec plus ou moins de succès. Les gens ne sont jamais totalement d'accord. Mais il a autre chose à faire que de mener l'enquête la-dessus, le roi doit bien avoir des espions et des personnes assez dévouées pour cela. Mais s'il apprenait quelque chose, peut être pourrait-il monnayer son retour à son rang …

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Comment les gens peuvent-ils toujours avoir quelque chose à raconter sur les autres ? A croire qu'ils passent leur temps à écouter aux portes et guetter la moindre rumeur à se mettre sous la dent. Bon d'accord, j'en écoute parfois, distraitement, d'une oreille, ou avec un peu plus d'attention quand cela concerne des personnes que j'ai connu dans mon ancienne vie. Et je répète, parfois, à table avec les autres comédiens, ou à Racine pour lui faire la conversation. Alors une colombe pas vraiment, mais certainement pas une vipère !

Quand les rumeurs sont le lot de Versailles, on ne peut qu'au moins les écouter. Mais jamais Arnaud n'irait en inventer de lui-même, ce n'est absolument pas son genre. Il faut avouer que c'est par ce biais qu'il a des nouvelles d'anciens amis, de personnes qu'il a connu avant son excommunication. Finalement, les rumeurs ont du bon !

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

- le théâtre : la base quand on est comédien ! Il avait déjà un peu joué sur les routes durant son exil et, quand il s'est présenté chez Racine, c'était davantage pour avoir un toit et un peu de quoi vivre, plutôt qu'une véritable passion. Celle-ci s'est développée au fil du temps et maintenant, il adore être sur les planches, ce qui est plus grisant qu'être simple spectateur.
- la musique : Quand on est fils de noble, la musique fait partie des enseignements. Arnaud s'est montré très doué pour la guitare dont il jouait régulièrement pour sa petite sœur et devant sa famille. Lorsqu'il dut fuir, le jeune homme ne manqua pas de prendre son instrument de musique et en joue parfois à l'Hôtel de Bourgogne en fredonnant quelques airs.
- l'escrime : Très doué dans les armes, Arnaud aurait pu faire un parfait militaire. Son maître d'armes le trouvait fort doué, rapide et agile. Si aujourd'hui, il n'a plus l'occasion de croiser le fer, il n'est pas rouillé pour autant
- la littérature : La lecture est un loisir calme permettant d'avoir un peu d'intimité entre l'ouvrage et la personne. Quand Arnaud est avec un livre ou un journal près de la cheminée, personne ne vient le déranger.
- la danse : Là encore, merci l'éducation de noble. Gracieux, Arnaud exécute parfois quelques pas de danse et s'était même amusé à apprendre à danser certaines comédiennes lors de soirées où tous s'amusaient.
- le dessin : Au cours de ses périples, Arnaud vécut chez un artiste qui lui appris les bases du dessin. Il n'est pas rare de le voir donner quelques coups de crayon mais refuse de montrer ce qu'il sait faire. Et pour cause, il a une passion pour les portraits mais a peur du regard critique de ceux qu'il pourrait dessiner.


♕  HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► JH schizo alias Romain
► 22 ans
► (trop régulière)
Code bon (by Steph)
► Deux fous m'ont suppliés de rejoindre leur club  PTDR
► Suggestions ?



Dernière édition par Arnaud Legrand le 17.06.12 22:23, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime24.05.12 14:00

ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » 53034_10
CHAPITRE 1 :

Assérac

belle enfance

_________________________________________________

Je m'appelle Arnaud. J'ai eu bon nombre de noms au cours de ma vie : Petit, Dubois, Lefebvre, Lemaire, Duval, Fontaine, et depuis quelques temps, je vis sous celui de Legrand. Mais tous ceux-ci ne sont que des leurres, des mensonges que j'ai semé au cours de ma vie. Mon véritable nom est Arnaud Rieux d'Assérac. Oui, comme cette famille de marquis au sud de la Bretagne, cette même famille de seigneurs que le bon roi Henri III a fait ériger en marquisat pour sa fidélité. J'en étais le digne héritier, mon père, le marquis Jean-Emmanuel de Rieux d'Assérac était fier de moi. Mes mères aussi. Mes, dites vous ? Oui, ma mère Anne Mangot est morte trois années après ma naissance, je ne l'ai connu qu'à travers des portraits et des souvenirs de mon père. Mon autre mère, je vous la détaillerais davantage dans la suite de mon récit. Un récit peu ordinaire pour un garçon qui devait vivre une vie paisible à la campagne, hériter du marquisat d'Assérac, se voir transmettre les seigneuries de Cargouët et de L'Isle-Dieu, et devenir gouverneur de Guérande, du Croisic, et de Saint-Nazaire. Une belle histoire sans aucun doute. Malheureusement les vies ne sont jamais aussi faciles que ce qui est réglé sur le papier. Je vais vous compter l'histoire de comment moi, Arnaud Rieux d'Assérac, j'en suis devenu à être Arnaud Legrand.

Le château de Ranrouët était animé en ce matin de 1643. Mais pas forcément pour les bonnes raisons. Depuis la veille au soir Anne Mangot, épouse du marquis d'Assérac, était prise de douleurs au ventre et toutes ses dames l'avaient emmenée jusqu'à sa chambre pour qu'elle puisse s'allonger. Il était l'heure de mettre au monde son deuxième enfant. Arnaud, l'aîné, était âgé de trois ans et jouait sagement entourée de sa gouvernante. Mais dans ce vieux château médiéval qui tenait debout depuis le XIe siècle, il était facile d'entendre les cris de douleurs. Tout le monde s'agitait, un valet était parti chercher le marquis à la chasse, et tout le monde espérait que cet accouchement se passait comme le précédent, avec une facilité déconcertante, avec une mère et un bébé en bonne santé. Cette fois, Anne Mangot était plus fatiguée, l'hiver fut rude et elle avait bien du mal à faire sortir l'enfant. Jean-Emmanuel galopait dans la cour, sauta de son cheval et s'élança dans le château. Quand il monta les escaliers, un cri d'enfant retentit. Il redoubla de vitesse pour se rendre jusqu'à la chambre de sa femme. Là, l'ambiance se glaça, les sages-femmes baissèrent les yeux devant le marquis et celui-ci comprit : il avait gagné un enfant mais avait perdu sa femme. Une jolie petite fille emmaillotée fut mis dans les bras de l'homme aux yeux noyés de chagrin, partagé entre la joie et le désespoir. C'est accompagné de Marie, tel était le nom choisi pour la petite, que Jean-Emmanuel alla voir Arnaud l'air grave et lui présenta sa sœur :

« Elle est la femme de la maison à présent. »

Le garçon ne comprit pas tout de suite, ni même lorsqu'il suivit la procession jusqu'au tombeau familial pour y déposer le corps de sa mère. Il mit plusieurs mois avant de se rendre compte de son absence mais éveilla une certaine curiosité pour sa petite sœur gesticulante dont il prenait soin.

Mais il manquait une femme, une vraie présence féminine, au-delà des gouvernantes et des domestiques. Jean-Emmanuel n'avait guère l'intention de se remarier mais il le fallait, pour ses enfants et pour lui-même. Il attention tout de même deux ans, soit 1645, pour épouser sa cousine Jeanne-Pélagie de Rieux, comtesse de Châteauneuf et vicomtesse de Donges. La femme était belle avec sa longue chevelure rousse flamboyante et le teint pâle, la taille gracile et un beau sourire. En guise de mère, elle s'attacha davantage à Marie car la petite fille lui ressemblait mais Arnaud ne fut pas lâchement abandonné dans un coin, Jeanne savait comment occuper ce garçon de cinq ans plein d'énergie alors qu'il n'était pas plus grand que sa hanche. Il fallait avouer que le père n'était que rarement là, pris dans les tourments de la politique, puis de la guerre. Mais à chaque lettre, il ne manquait de demander des nouvelles de ses enfants, bien qu'il insistait davantage sur Arnaud. Après tout, ce serait lui l'héritier de la famille, il se devait s'en montrer digne ! Jean-Emmanuel était fier, lors de certains passages, des progrès de son fils dans la lecture, l'écriture et les chiffres. Il lui rajouta de nouveaux cours pour qu'Arnaud soit le plus instruit et fasse non seulement un bon marquis mais aussi un bon parti. Mais en 1649, il ne fut plus le seul garçon de la famille, sa belle-mère ayant mis au monde son demi-frère appelé Jean-Gustave. Voici trois bambins à la maison, Arnaud en aîné bienveillant, Marie en petite princesse rêveuse et ce petit poupon qui allait égayer la vie du château.

Loin des grandes villes et des guerres, la famille était à l'abri des tourments de ce qu'on appelait la Fronde qui grondait jusque non loin de là, à Nantes. A la foire de Saint-Jean-Porte Latine, on entendait de drôles d'histoires, on parlait des parlementaires qui se révoltaient, puis de princes, de ce prince des halles nommé Beaufort, de Condé et de la fuite du Roi. Tout cela était fascinant pour Arnaud qui avait, durant cette période entre dix et quatorze ans. Des membres de sa famille était des parlementaires, il aurait voulu savoir de quel côté se rangeait sa famille pour se faire une opinion.

Mais sa famille pensait à autre chose, de plus chaleureux et meilleur pour l'avenir : des fiançailles. Arnaud avait dix ans, ne s'intéressait guère aux filles, si ce n'était qu'à sa sœur qu'il adorait. Mais ce voyage l'excitait, il allait voir du pays et celle qui serait sa femme un jour. Pendant le long voyage, il ne cessait de poser des questions.

« Et comment est-elle ? L'avez vous déjà vu ? Croyez vous qu'elle me plaira ? »
« Que de questions !
s'amusa le père dans le carrosse, face à son fils. Maryse d'Armentières est une jolie demoiselle, même si elle n'a encore que huit ans, elle a déjà de beaux yeux bleus et de longs cheveux noirs. Elle a un magnifique sourire, je peux en témoigner. Ne t'en fais pas Arnaud, elle te plaira. »
« Et si moi je ne lui plaisais pas ? »
demanda t'il, inquiet.

Son père rit de plus bel ! Et par une voyage détourné pour éviter Paris et certaines villes du nord du royaume ravagé, ils arrivèrent enfin en Flandres. Pour l'occasion, Jean-Emmanuel, pourtant peu riche, avait demandé un beau costume sur mesure pour son fils, d'un bleu cobalt pour mettre en valeur ses yeux. La rencontre, Arnaud s'en souviendrait toute sa vie, il l'explique lui même :

Je n'avais que dix ans, je ne comprenais que vaguement l'importance des alliances entre familles. Je savais juste que j'allais devoir épouser la fille qui descendrait ses escaliers. Dans certains livres, on vous raconte la descente des marches de ces jeunes femmes avec le prétendant les attendant. C'était ma situation mais nous étions trop jeunes pour vraiment nous trouver à notre goût. Je souris en la voyant descendre, père ne m'avait pas menti, Maryse était une jolie fille et nous étions assorti dans nos vêtements bleus. Face à face, je ne sus quoi dire, je lui fit simplement un sourire et lui proposa mon bras – comme j'avais si souvent vu les jeunes gens dans les bals en Bretagne – pour marcher côte à côte. Nous avons assez peu parlé mais le silence parlait pour nous. C'est la seule fois que je la vis mais elle me laissa une bonne impression, j'étais content d'avoir une fiancée si jolie.

Cette parenthèse de fiançailles fut un peu de soleil dans le paysage morose de la Fronde. Quelques nobles avaient fui, une tante s'était réfugiée dans la demeure familiale, pleurant ce Paris qu'elle chérissait. Le Roi ? Elle avait l'air de s'en moquer mais pas Arnaud qui le dit à son père lors d'un de ces exceptionnels retours.

« Moi je suis du côté du roi ! »
« Bien. Et pourquoi, Arnaud ? »
« Hé bien … Il est notre roi et si Dieu l'a choisi comme son représentant sur Terre, ce n'est pas pour rien. »
« Voilà qui est bien parlé.
s'esclaffa Jean-Emmanuel en riant. Nous devons être fidèle à notre roi, cela apporte toujours récompense. En as-tu un exemple ? »
« Quand feu le roi Henri III nous fit marquis ! »
lanca Arnaud, tout heureux, les bras levés.
« Exactement. Ne te laisse jamais entraîné dans de tels ennuis. Jamais, m'entends-tu, jamais ne jette le déshonneur sur la famille, Arnaud. »
« Je vous le promets, père ! »


Ce jour là, Arnaud avait douze ans, il avait grandi, à mi-chemin entre l'enfant et l'adolescent. Il était déjà beau avec ses grands yeux bleus pétillants et ses cheveux châtains mi-long, un visage qui s'affinait mais dont les joues gardaient encore des rondeurs d'enfance. Ce jour là, il avait aussi pris son premier cours d'escrime en compagnie de son père. Il s'y montra doué, un peu trop impulsif mais c'était typiquement le caractère d'Arnaud, ce qu'il faudrait corriger, notamment durant les combats. Puis, le père repartit, ce fut un maître d'armes qui s'en chargea. Dans cet emploi du temps, digne des grands princes, il y avait de quoi s'y perdre. Entre trois entraînements d'armes par semaine, deux de danse, mais aussi de la littérature, du latin, de l'histoire, de la géographie et évidemment des enseignements religieux. Un vieil anglais installé dans le coin se proposa même d'apprendre sa langue au jeune homme. Un bon élève discipliné et appliqué mais qui rêvait parfois de s'échapper.
Lors des pauses ou les dimanches où il n'y avait aucun enseignements, Arnaud passait du temps avec sa sœur, Marie. Elle grandissait aussi. En 1654, lui avait quatorze ans et elle onze, de magnifiques cheveux roux tombant en cascade sur ses épaules et son regard émeraude si doux et mutin à la fois. Il prenait soin d'elle comme si c'était la prunelle de ses yeux. Lorsqu'elle voulait courir la campagne, il la suivait et ne rechignait jamais à jouer avec cette petite sœur qu'il chérissait tant. Il s'occupait aussi un peu de Jean-Gustave mais il avait à peine cinq ans et préférait les jupons de sa mère. Quand un parent venait au château de Ranrouët, Arnaud s'en allait chasser avec lui et montrait l'étendu des terres ainsi que la beauté du paysage.

En 1656, son père revint blessé de Valenciennes, la bataille fut rude et sa jambe serait à jamais boiteuse. Mais il fallait quelqu'un pour représenter la famille d'Assérac, Arnaud avait seize ans, il était bien jeune mais trépignait d'impatience de pouvoir faire la guerre, mettre en pratique les enseignements d'escrime et aussi voir du pays. Arnaud connaissait les environs de la Bretagne par cœur mais cela était tellement réducteur au monde qui l'entourait, le seul voyage qu'il avait effectué était pour les Flandres. Même s'il s'y plaisait, sa jeunesse et sa fougue eurent raison de l'hésitation de son père, il partit donc sur le front du nord fin 1657. Il eut une seule exigence là-bas et la demanda par lettre au comte de Flandres : un portrait de sa fiancée. Quelques semaines plus tard, un médaillon de la jolie Maryse lui parvint, peu avant la bataille des Dunes. La guerre fut courte et intense, un boulet de canon atterrit non loin de lui et quelques éclats se plantèrent dans son bras. Rien de grave mais les entailles furent profondes et on note encore des cicatrices aujourd'hui. Il ne partit qu'une année mais cela l'avait changé. Il avait dix-huit ans et était un magnifique jeune homme, les traits devenus plus masculins et son corps de grand adolescent avait pris du muscle. Autant dire que les jeunes filles du coin l'avaient repéré ! Elles papillonnaient autour de lui, il n'échappait jamais à une œillade ou un sourire, sourire qu'il rendait poliment mais ne s'aventurait jamais plus loin et leur brisait le cœur par cette simple phrase : « Je suis fiancé. »

Et pendant que les filles espéraient avoir un petit bout d'Arnaud, les garçons en attendaient autant de la petite Marie. Enfin petite, elle avait seize ans et était la plus belle fille du coin. Arnaud la surveillait toujours, voyait bien sa petite amourette et la prévenait à chaque fois. Un soir, il se glissa dans sa chambre pour discuter.

« Arnaud, ne vois tu pas que je suis amoureuse ? »
« Je le vois et c'est ce qui m'inquiète. »
« Mais pourquoi ?
demanda Marie tandis que son frère remettait une mèche de cheveux derrière l'oreille. Pourquoi n'épouserais-je pas celui que je veux ? »
« Ce n'est pas de mariage que je te parle, tu le sais bien. »
répondit le jeune homme d'un ton plus sérieux.

Marie se leva, levant les yeux au ciel et se plaça près de la fenêtre. Elle était encore bien naïve et sa phrase suivante le prouvait bien :

« Pourtant, toi tu n'es pas comme les autres garçons. Pourquoi pas lui ? »
« Parce que Père m'a promis à une demoiselle il y a plusieurs années. Cela peut paraître futile pour beaucoup mais cette promesse me tient à cœur, je ne me vois pas la trahir avant même de passer devant l'autel. »
« Te plais t'elle cette demoiselle d'Armentières ? L'aimes tu ? »


Il ne répondit rien et haussa les épaules. Maintenant, il avait l'âge de comprendre que ce n'était pas une histoire d'amour, puis il ne la connaissait pas pour l'aimer. Mais elle lui plaisait, de par le souvenir agréable qu'elle lui avait laissé et ce médaillon qu'il gardait toujours dans sa chambre. La guerre semblait se tasser, le mariage serait tout proche. Mais il n'arrivait pas à faire changer d'avis sa sœur sur les gens et il se faisait tard. Il se leva du lit, la prit dans ses bras et la serra contre lui.

« Je ferais tout pour qu'il ne t'arrive rien. Tout. »

Il déposa un baiser sur son front et partit se coucher. Arnaud ne savait pas à quel point cette phrase allait se révéler véridique. Pour l'instant, le jeune homme avait dix-neuf ans, il était heureux dans sa Bretagne, coulait une vie paisible et avait déjà un avenir tout tracé. La paix s'annonçait, son mariage aussi et il continuerait à vivre dans ce château avec son épouse et sa famille.

Quel naïf j'étais ! Je ne valais pas mieux que ma sœur à cette période. Mais cette partie de ma vie, je l'adule, je la chéris et je m'en souviens avec le sourire, malgré un arrière-goût amer. J'avais tout pour plaire, tout pour réussir, tout pour être heureux. J'ai tout gâché par impulsivité …



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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime26.05.12 21:40

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CHAPITRE 2

(Nouveau) Monde

l'exil

_________________________________________________

Souvent, je repense à cette journée. C'est incroyable comme une simple journée de printemps peut devenir la journée la plus horrible de ma vie. Elle avait pourtant si bien commencée, je m'en souviens comme si c'était hier. C'était le dix-sept avril 1660, un samedi. Je m'en souviens parfaitement, mon oncle parlementaire était venu de Paris la veille pour raconter les dernières péripéties parisiennes. Et ce samedi, il avait voulu se rendre à Rieux, je l'accompagnais bien volontiers avec Marie qui profitait de ses chaperons pour voir quelques amies là-bas. Si seulement Marie n'était pas venue ou si seulement, elle n'avait pas croisé la route de cet homme …

Rieux ne se trouvait qu'à 40 kilomètres du château de Ranrouët, il était simple de s'y rendre. Et quand son oncle, Michel Mangot, voulut s'y rendre, c'était l'occasion d'aller en ville pour Arnaud et Marie. Laissant Marie chez son amie, les deux hommes discutaient tout en sillonnant la petite ville chaleureuse qui était inconnue du monde parisien. Puis Arnaud se retrouva seul, son oncle ayant quelques affaires à régler. Il était temps pour lui de flâner tranquillement avec Epona, sa monture. Non loin de là se trouvait une rivière où il était bon de s'y retrouver pour se reposer, après tout il avait la journée devant lui. Allongé sous un arbre, Arnaud se prélassait, regardant passer certains badauds en promenade, dont un homme d'église. A sa vue, le jeune homme fronça légèrement les sourcils. Cet homme n'était pas le plus recommandable du coin, on disait le curé de Rieux alcoolique et peu enclin à suivre le serment de chasteté que son habit lui obligeait. Il n'y avait qu'à voir comment il regardait les jeunes filles passer et leur façon de parler, cela était répugnant, puis Arnaud l'avait vu sortir une fois complètement soûl et se rendre à son église. La boulangère l'aurait trouvé entrain de cuver derrière l'autel ! Quel bel exemple pour la jeunesse … Son inimitié pour François de Roberval, curé de Rieux, aurait pu s'arrêter là. Mais il fallut que cet homme en rajoute une couche. Cela se passa deux heures plus tard, quand Arnaud décida de reprendre sa promenade dans le sens retour pour chercher Marie et rentrer. Son oncle devait avoir fini. C'est sur ce chemin, dans un petit sous-bois, il entendit des bruits. Pensant tout d'abord à des amants cherchant de l'intimité, Arnaud continua son chemin, puis un entendit distinctement un cri. Ni une ni deux, le jeune homme, main sur le pommeau de son épée courut à la rescousse. Et là, qu'elle ne fut pas sa stupeur de voir encore ce curé entrain de balader ses mains sa bouche sur le corps de … Marie ! La pauvre jeune fille tentait de se débattre mais l'homme ayant presque la quarantaine, avait plus de force que la frêle Marie qui pleurait à chaudes larmes, suppliant de la laisser. Le sang d'Arnaud ne fit qu'un tour, il accourut pour sauter sur l'homme et lui mettre son poing sur la figure et le pousser violemment, l'homme trébucha sur une racine et tomba sur le dos. Arnaud sortit son épée et la plaça au niveau de la gorge de l'homme.

« Espèce de monstre ! Tu n'as pas honte, je devrais te tuer ! » cracha Arnaud en colère.
« Ta sœur est une traînée ! » lâcha le curé, visiblement soûl.

En cet instant, Arnaud voulut le tuer, lui transpercer sa gorge de sa lame mais Marie le retint, incapable de parler. Il contenait sa colère mais ne put s'empêcher de parler.

« Contrairement à toi, je suis un homme d'honneur. Décuve un peu, prends une épée et reviens ici dans une heure. Même les sales types dans ton genre peuvent mourir dans l'honneur.  puis il prit sa sœur par les épaules. Viens, petite sœur. »

Il la déposa chez son amie et attendit en tournant en rond. La règle voulait qu'il y ait un témoin mais Arnaud n'en prit pas la peine, cela devait se régler entre lui et cet homme, personne ne serait au courant. Malgré la colère, il ne comptait pas le tuer, juste le blesser sévèrement et lui donner une correction et pourtant …

Tout alla si vite. Il était revenu, toujours sous l'emprise de l'alcool mais accompagné d'une certaine colère. Nous étions dans cette clairière, non loin où l'affront a été commis. Pour une homme d'église, il se battait rudement bien. Les épées s'entrechoquèrent de longues minutes, peut être plus car je n'avais plus aucune notion du temps. Pris dans cette bataille, avec toute ma hargne et ma haine envers cet homme, je n'ai pas pu seulement le blesser. J'ai vu ma lame s'enfoncer dans sa chair, son visage se crisper puis tomber à terre les grands ouverts. Il était mort.

« Arnaud ! » cria Marie en courant vers son frère puis poussa un air horrifié face au cadavre.

Le jeune homme, quant à lui, était déboussolé. Il avait tué un homme, un homme d'église de surcroît. Personne ne l'avait vu, du moins il le pensait mais des bruits se firent entendre et se retournant, il vit plusieurs personnes qui avaient assisté à la scène. Sans demander son reste, il courut là où son oncle était, lui raconta toute l'histoire. L'homme lui conseilla de rentrer au château, qu'il allait s'en occuper. Les duels étaient interdits, ceux qui les faisaient avaient le droit à de lourdes sanctions : celui toujours vivant était tué, et les cadavres des deux bagarreurs n'avaient pas le droit à une sépulture ; pire, les biens de la famille étaient confisqués. Heureusement, son oncle eut assez d'influence (ou d'argent ?) pour que les autorités locales – pourtant bien conscientes qu'il s'agissait d'un duel – notèrent cela comme un assassinat. Pourtant la rumeur du duel se rependit comme une traînée de poudre. Lorsque Michel Mangot rentra au château, il allait s'entretenir avec le marquis d'Assérac qui fit venir aussitôt Arnaud dans son cabinet. Il était en colère.

« MAIS AS TU PERDU LA TÊTE ARNAUD ? TUER UN CURÉ ! TU SAIS CE QUE TU RISQUES ? »

Arnaud baissa la tête, retenant ses larmes. Pire qu'avoir tué un homme, il avait déçu son père et mit en péril l'honneur de sa famille. Son oncle tenta de le défendre tant qu'il pouvait.

« Ne vous en faites pas, je me suis arrangé avec les autorités, ce ne sera pas considéré comme un duel et … »
« Mais les faits sont là ! Et Rome ne lui fera aucun cadeau ! Ni un homme honnête qui se moque de vos pots de vin ! Et vous avez pensé aux Roberval ? Croyez vous qu'ils vont laisser cela impuni ? Non, je ne peux pas … 
« Père, je … »
mais il fut coupé par son père.
« Tu partiras ce soir, loin. Et tu ne reviendras plus jamais ici, m'entends-tu ? Tu as une heure pour prendre quelques affaires, dire au revoir aux autres et quitter ces terres. Tu n'es plus mon fils à présent. »

Tout s'effondrait avec ces mots. Arnaud voulu fait un pas en avant mais son père fit un geste de la main qui stoppa son élan. Lâchant un soupir à fendre une pierre, Arnaud tourna les talons et monta dans sa chambre. Puisqu'il fallait voyager léger, il ne prit que quelques vêtements, sa guitare, son épée, le médaillon avec le portrait de sa fiancée, ex-fiancée désormais, deux-trois bricoles et redescendit. Chaque regard lancé était pour garder en mémoire ces lieux qui ne seront plus jamais les siens. Il étreigna sa belle-mère, son petit frère de onze ans et enlaça longuement sa sœur qui pleurait dans ses bras.

« C'est … ma … faute. » sanglota t'elle.
« Tu n'y es pour rien, Marie. Garde en tête que je t'aime et qu'il faut que tu prennes soin de toi et de la famille. Fais attention à toi. »

Il l'embrassa sur le front et passa la porte du château de Ranrouët pour la dernière fois. Son oncle lui donna une bourse d'or et le jeune homme, les yeux toujours pleins de larmes, le remercia avant d'enfourcher Epona et partir.

C'était le début d'un long exil.

Les jours qui suivirent, il n'avait pas beaucoup avancé, s'était arrêté à Nantes dans une auberge pour se reposer. C'est là qu'il entendit une conversation qui lui glaça le sang.

« Tu sais pas ? L'aîné Roberval cherche l'Asérac pour lui faire la peau ! »
« Le p'tit marquis qui a tué le curé ? »
« Lui-même ! Il paraît que les deux sont dans l'coin et que le p'tit Assérac est connu jusqu'à Rome ! Ils veulent l'ex-co quelque chose. »
« Excommunier ? »
« Ouais, c'est ça ! »


En deux minutes, Arnaud apprit deux informations affreuses : Roberval voulait sa peau et l’Église ne voudrait plus de lui. Il fallait partir, surtout pour la première raison. Dans la journée même, il enfourcha son cheval et partit en direction du sud, sans trop savoir pourquoi. Mais la malchance continuait et Epona commença à boiter, ralentissant sa course et dut s'arrêter chez un maréchal-ferrant et prendre une nuit de repos. Pourquoi, pourquoi le village choisit par Arnaud fut le même que choisit Jean de Roberval pour le chercher. Il le reconnut aussitôt et se mit à le poursuivre sur son cheval alors que le jeune Assérac n'avait que ses jambes pour avancer. Il fut bien vite rattraper par l'homme en colère, l'air menaçant et qui l'insultait de tous les noms pour avoir tué son frère. Il se battit tant bien que mal, plus pour se défendre que pour tuer un autre Roberval ! Un suffisait amplement ! Mais il réussit à blesser celui-ci au bras et Jean lâcha son arme. Sans demander son reste, Arnaud fuit à nouveau mais entendit crier derrière lui :

« C'est ça fuis mais si je te retrouve, tu es un homme mort ! »

Sachant que la menace était bien réelle, Arnaud récupéra ses affaires et son cheval puis s'enfuit de nouveau. Il n'était plus question de mettre les pieds en Bretagne, il fallait fuir encore plus loin …

Arnaud partit vers le sud, s'arrêtant vers Bordeaux. La bourse de son oncle Michel ne suffirait plus, le jeune homme économisait comme il le pouvait mais l'or n'était pas infini et pour survivre, il fallait bien gagner sa pitance. Alors Arnaud, devenu Arnaud Petit, se fit employer là où on voulait de lui. Malgré une éducation noble, le garçon était débrouillard et aucun travail, même ingrat de lui faisait peur. Il commença comme écuyer d'un gros propriétaire terrien, gagnait un peu d'argent et se trouvait un toit le temps de deux mois. Mais il ne pouvait pas rester bien longtemps, la peur s'accrochait à son être, il dormait mal, avait des cernes sous les yeux, ses traits se creusaient progressivement et sa barbe poussait. Il devenait méconnaissable. Tant mieux, il y avait peu de chance que quelqu'un ne le désigne comme l'ancien Assérac qui avait fui. Il était juste Arnaud, un garçon des routes qui errait pour se trouver une vie.

A Bordeaux, il travailla dans une taverne, à servir les ivrognes et les marins du port. Beaucoup de monde passait et beaucoup d'histoires aussi. Souvent il écoutait des aventures du Nouveau Monde où tout semblait possible. Le jeune homme se dit que cela pourrait être bien là-bas, personne là-bas ne le connaîtrait et il y mènerait quelque chose de plus simple et sans cette peur. Mais il ne fit rien, il n'eut pas le temps. Des hommes se promenaient dans Bordeaux, à la recherche de celui qui a tué un curé pour le traîner devant la justice. Il y avait une récompense sur sa tête. Alors partir encore, et sans possibilité de prendre un bateau pour partir sur cette terre promise, mais il y penserait. Adieu Bordeaux, il longea la cote jusqu'à Biarritz où il travailla comme cocher, puis à nouveau écuyer. Toulouse le connut d'Arnaud Dubois, petit gars du nord orphelin. Et ainsi continua son tour des villes de France, toujours avec cette impression d'être traqué. A la fin de l'année 1660, il était à Carcassonne. La ville était belle et de nombreux hôtels luxueux y étaient construits. Ici serait son salut de quelques mois. Ici on ne connaissait les Rieux d'Assérac que de nom, pas les visages, Arnaud y était un total inconnu, avec comme nom Lefebvre. Il fut engagé comme valet. Quelle drôle de situation que d'avoir été servi toute sa vie et de devoir servir à son tour d'autres nobles. Parfois, Arnaud voulut se révolter à plusieurs reprises de la façon dont on traite des domestiques comme des meubles mais ce n'était pas le moment d'avoir des coups de sang, bien qu'il se soit battu à plusieurs reprise sur son chemin. Mais quand on a un caractère si bien trempé, le naturel revient souvent au galop. Et c'est au printemps 1661, à Avignon, qu'il fit une nouvelle fois des siennes. Son maître avait osé frapper une servante pour une raison tellement dérisoire qu'Arnaud n'avait pas pu s'empêcher d'empoigner son maître et le plaquer contre un mur, l'air menaçant. Et voilà qu'il dut encore fuir.

La suite de mon parcours fut flou, même pour moi. J'ai changé plusieurs fois d'identité, j'ai passé le duché de Savoie pour entrer en Italie. J'ai vu de grandes beautés, plus de splendeurs que jamais je n'aurais pu espérer dans ma vie première. Turin, Milan, Mantoue, Padoue. Puis Venise, un souvenir impérissable de par ce luxe et cette beauté incroyable. Mais ce n'était qu'un passage, il me fallait toujours de l'argent et toujours partir. J'ai pris la mer, je me suis rendu dans cet empire Ottoman, cet autre monde où j'aurais bien voulu rester. Mais je pense avoir tendance à m'attirer des ennuis et j'ai préféré partir. Je suis remonté vers le nord et en 1662, je revenais en France par l'est du royaume. J'ai eu l'improbable idée de me rendre en Flandres pour tenter de voir Maryse. Parfois, je regardais ce médaillon qui me suivait partout et je me demandais ce qu'elle devenait. Je la pensais mariée, je l'espérais heureuse.

Arnaud errait en France, les cheveux mi-longs et bien plus mince qu'à sont départ. Il fit un bref passage à Paris, enchaînant autant les identités autant que les emplois. C'est un soir, où il avait encore une fois trouvé un travail d’écuyer dans un château non loin, il avait surpris une conversation entre deux hommes dont il ne vit pas les visages.

« Tout est prêt ? »
« Oui, ce soir, nous pourrons danser sur un cadavre. »


Puis ils se mirent à rire. Qui étaient ces hommes ? Arnaud tourna en rond puis décida d'en parler au marquis avant qu'il n'aille souper. Lui, ancien-marquis, habillé comme un simple écuyer à chercher son employeur pour lui faire part de cette conversation. Et c'est là qu'il le vit, allongé au sol, un poignard dans le dos. D'instinct, Arnaud s'agenouilla vers lui … l'homme était mort. Puis un cri retentit derrière lui. L'épouse hurlait de terreur face au cadavre et de son probable meurtrier. Cette fois, il était innocent !

« Madame … ce n'est pas moi … je … »
« A moi ! A l'assassin ! »


C'était peine perdue, Arnaud se dit qu'il fallait fuir. Il n'avait pas quitté sa vie pour un crime commis pour être arrêté et condamné pour un qu'il n'avait pas commis ! Alors, de peur, il s'élança par la fenêtre et sauta de l'étage, se dépêcha de se rendre aux écuries, prendre le peu d'affaires qui lui tombait sous la main et un cheval avant de s'en aller loin. Comme affaires, il n'avait pu prendre que sa guitare et un petit baluchon avec deux-trois vêtements et quelques babioles. Là c'était décidé, il devait totalement changé de vie. Et voilà comment Arnaud galopa jusqu'en Normandie et monnayant de sa maigre fortune la possibilité de monter sur un bateau. Un Nouveau Monde l'accueillerait …

Le Nouveau Monde, quelle aventure ! Le bateau que je pris me déposa dans cette ville nommée Nouvelle-Amsterdam. C'était une assez grande ville, on disait que nous étions presque huit mille habitants. Je n'y restais pas bien longtemps, parlant assez mal la langue et n'arrivant pas à m'intégrer. Je restai le temps de me payer de quoi repartir. C'est là que je découvris la Nouvelle-France, sauvage et si européenne à la fois. J'ai repris une fausse identité et c'est sous le nom d'Arnaud Lemaire que je me fis connaître. Je travaillais sur le port, dans un comptoir avec un vieil homme qui se surnommait Dom. Un chouette homme qui me prit sous son bras, m'offrit un toit et un travail dés notre première conversation. J'aimais ce métier où je côtoyais un peu le monde entier et des marchandises venues de tout bord. Pendant plusieurs mois, je vivais plus sereinement. Puis la peur reprit …

« Hum … j'l'aime pas lui. » maugréa Dom en fumant sa pipe.

A une dizaine de mètres d'eux, un homme de dos parlait très fort à ses hommes. Arnaud ne l'avait jamais vu et s'appuya sur le comptoir, curieux.

« Qui est-ce pour que tu dises cela ? »
« C'est un corsaire … pirate serait bien l'bon mot. Roberval sillonne les mers tel un requin. »
« Comment as tu dit ? »
demanda le jeune homme d'une voix blanche.

Mais il avait bien entendu Roberval ! Et alors que l'homme au loin se retournait, Arnaud prétexta un baragouinage sans queue ni tête avant de partir. Une fois la porte fermée, il courut durant de longues minutes. Il avait à peine vu son visage mais connaissait bien ceux de ses frères, celui qu'il avait tué et l'autre qui l'avait pourchassé. Bon sang ne saurait mentir ! Pourtant, le corsaire ne l'avait pas vu. Savait-il seulement que son frère avait été tué ? Qu'importe, la fuite fut une précaution, un instinct de survie ! A partir de ce jour, il vivait la peur au ventre dans ce comptoir de Tadoussac et décida de partir, aller plus loin. Encore une fois, il servit d'homme à tout faire, de domestique, d'écuyer … Bref Arnaud continuait de gagner sa vie. Souvent, dans ses petits logements de fonction sans âme, il jouait de sa guitare qui ne l'avait jamais quittée, repensait à sa famille qui lui manquait tant, pensa à Epona qu'il avait laissé en gage en Normandie, à sa vie d'avant … Tout se bousculait souvent dans sa tête lorsqu'il était seul. Mais personne ne pouvait se douter de sa vie passée car en public, Arnaud se montrait sympathique et souriant. Ce n'était pas une façade, il aimait vraiment les gens et était quelqu'un de sociable. Le travail et les amis lui faisaient oublier un temps son lourd passé et son titre qu'il n'aurait sûrement plus jamais.

Là-bas, Arnaud reprenait un peu goût à la vie. Il n'avait jamais été un coureur de jupons, fidèle à son serment de fiançailles. Autant dire qu'il avait goûté au joie de l'amour plus tardivement que les garçons de son âge. Il n'en abusait jamais, vivait selon quelques coups de cœur. On le poussa à participer aux rencontres des Filles du Roy pour y trouver un bon parti et s'il y allait, c'était pour faire plaisir mais ne repartait jamais avec une fiancée sous le bras. Peu à peu, malgré les amis, les quelques filles et le travail, Arnaud avait le mal du pays. Voici presque cinq ans qu'il avait quitté son château et bientôt deux années qu'il était ici. Le Vieux Continent lui mentait, le mal du pays comme on lui avait dit. Durant de longues semaines, Arnaud hésita. Retournera, retournera pas ? Et finalement, après de chaleureux adieux à ses compères, il reprit la mer en espérant que là-bas, on l'avait oublié.

Ce fut deux magnifique années, une petite parenthèse de calme. Mais ma terre est française et j'ai suffisamment changé pour être méconnaissable. Je ne savais pas vraiment quoi y faire, ce qui m'attendrait, si j'étais toujours recherché mais c'était comme une envie irrépressible. Pour mon cœur, la France allait me donner une nouvelle vie.


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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime31.05.12 21:50

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CHAPITRE 3

Paris

le théâtre

_________________________________________________

J'ai fait un détour entre la Normandie et Paris. Allant de ville en ville à la recherche d'un destin dont j'ignorais tout, je suis tombé sur une petite troupe pas très prétentieuse de comédiens. Je suis resté deux mois avec eux, le temps qu'il me rapprochait de Paris. Le salaire était bien maigre pour tant d'effort. J'appréciais le théâtre mais pas le leur. Puis je suis arrivé à Paris, qui avait tant changé. Là encore j'ai enchaîné les emplois avant de craquer un soir de mélancolie. C'est après ce soir là que tout a changé : quelqu'un m'a sauvé la vie ...

C'était un soir sombre, sans étoile où Arnaud traînait dans Paris avec un vague à l'âme plus puissant que jamais. Il n'avait pas compris comment il s'était trouvé devant l'hôtel de Bourgogne ni vraiment pourquoi il avait toqué. Puis tout lui revint en tête, il avait entendu parler de Marie, sa douce Marie, sa petite sœur chérie. La voilà mariée au chevalier d'Espinay, elle devenait femme et l'espérait heureuse sans savoir comment elle avait grandi ni sa vie actuelle. Et dans cette conversation entre deux personnes qu'il ne connaissait absolument pas, Arnaud avait pu en apprendre plus sur sa petite puce qu'il n'avait jamais oublié, jusqu'à ce que la discussion dériva sur sa personne. Il se souvenait mot pour mot des phrases de la dame au chapeau de plumes :

« … Personne ne sait où est passé son frère, il est parti comme un criminel qu'il était ! Non mais quelle idée d'assassiner un curé ! Un tel garçon ne pouvait rester impuni et si la justice humaine n'a pas fait son travail, Dieu si ! Rome a bien eu raison de l'excommunier. »

Arnaud, appuyé contre un poteau, avait senti ses jambes tenter de se dérober mais il se retint de justesse. Pourtant la décision ecclésiastique ne devait pas le surprendre mais ce fut quand même un choc. Le voici rejeté de sa famille, de la noblesse et maintenant de la chrétienté. Il n'avait plus rien, pas même Dieu comme soutien. En colère mêlé d'une tristesse infinie, il leva les yeux au ciel et proféra un blasphème. Qu'importe à présent, il n'était une de ses brebis.

Cela lui avait fait mal et il tournait tel un animal en cage jusqu'à ce soir, devant l'hôtel de Bourgogne. Quitte à être excommunier, autant l'être jusqu'au bout, non ? On lui ouvrit la porte et Arnaud demanda à voir Jean Racine. On le rabroua une première fois mais le jeune homme savait se montrer insistant et le ton monta légèrement. Le côté tête brûlée d'Arnaud reprenait le dessus. Puis une voix se fit entendre plus loin.

« Faites le entrer. »

Après avoir jeté un regard noir au serviteur, Arnaud entra et se dirigea vers un petit salon où se trouvait un homme qui avait à peu près son âge. Il eut peine à croire qu'il s'agissait du dramaturge mais quand le même valet passa en disant son nom, l'ancien marquis fut surpris. Il l'imaginait bien plus vieux ! Arnaud resta debout quelques longues secondes alors que Jean le dévisageait.

« Que me voulez vous ? Et qui êtes vous d'abord ? »
« Je viens au culot vous demander une place dans votre troupe. Quant à qui je suis … Puis-je m'asseoir pour vous l'expliquer ? »


Racine acquiesça et lui montra un fauteuil face à lui, curieux de savoir ce que ce drôle de garçon avait à lui raconter. Arnaud ne sut jamais lui-même pourquoi il se mit à parler devant cet inconnu. Plutôt que de commencer par le début, Arnaud préféra la fin. Il déballa sa vie en Nouvelle-France, sa errance en Europe, ses divers emplois, ses diverses vies, ses divers noms. Il s'arrêta juste avant le moment fatal, garda un instant de silence, que le dramaturge saisit pour prendre enfin la parole.

« Mais qui êtes vous ? Quel est votre nom ? Et pas de mensonges ! »
« Arnaud Rieux-d'Assérac. »
répondit-il sobrement, mais un nœud se noua dans sa gorge.
« Celui qui …  »
« Celui-là même. Je pense ne pas avoir besoin de détailler mon histoire plus amplement. Peut être me prenez vous fou à revenir à Paris, vous raconter ma vie. Vous pourriez me dénoncer, faire votre bonne action envers la société … Peut être que la folie a aussi du bon dans le drame. Ne faut-il pas être fou pour être quelqu'un d'autre le temps de quelques actes ? »


Arnaud avait jeté ses dernières cartes et comprendrait tout à fait que Jean Racine ne veuille pas de lui et préfère le remettre aux autorités. Ce soir là, le jeune homme était si désespéré qu'il n'aurait pas fui cette fois, trop fatigué d'une fuite perpétuelle.

« Il vous faudra vous trouver un nom. Vous l'air d'en avoir l'habitude, non ? Que pensez vous de … Legrand ? »

Jamais je n'aurais cru à autant d'attention et d'amitié de la part de cet homme qui aurait pu me jeter comme un malpropre ou pire encore. S'il avait fait cela, je ne sais pas ce qui aurait advenu de ma vie, mais elle n'aurait pas été bien longue après cela. Jean Racine m'a donné un nom, un emploi, un toit et m'a sauvé la vie sans le savoir. Mieux, il m'avait donné cette nouvelle vie que j'attendais.

Arnaud avait une nouvelle vie, en plein cœur de la capitale de la justice française, pourtant il restait relativement serein. Le théâtre n'était pas une passion de premier ordre, il fallait l'avouer, mais au fil des répliques et des conseils – voire même des ordres – du dramaturge, le jeune homme prenait plaisir petit à petit, au fil des jours. La relation entre Racine et lui était basée sur la confiance : Jean connaissait la vie de son protégé et le gardait sous son aile. Mieux, non content de lui donner une place de choix dans la troupe, c'était Arnaud le plus à même de gérer l'Hôtel de Bourgogne. Dans un langage d'entreprise, il faisait office de vice-président, de numéro deux de la maison. Arnaud gérait souvent les visiteurs, le courrier et il s'occupait même de faire répéter la troupe lorsque l'artiste n'était pas là, ou qu'il était incapable de le voir. Il ne jouait pas de cette place mais savait que cela faisait des envieux. Le premier était Jules Morin, l'un des acteurs qui ne supportait pas son ''rival''. Les deux hommes se disputaient les premiers rôles qu'Arnaud remportait souvent haut la main. La compétition se devait d'être loyale, il y avait toujours du bon à se surpasser, mais Jules ne l'entendait pas de cette oreille. Pire, il usait des pires coups bas pour tenter de nuire à Arnaud. Combien de fois avait-il voulu le faire tomber dans les escaliers ou avait fouillé sa chambre. Et le jeune homme était certain que l'autre comédien ne s'arrêterait pas là, en espérant qu'il ne sache rien de son secret et de sa naissance. Peut être croyait-il que la jolie rousse qui passait souvent était une maîtresse. Car oui, une fille venait souvent voir Arnaud, mais ce n'était pas une maîtresse, loin de là !
Après une représentation de Alexandre le Grand où Marie y avait assisté, elle se rendit dans les loges pour féliciter les acteurs et surtout satisfaire sa curiosité. Et lorsqu'Arnaud sortit de derrière la paravent, ayant quitté son costume, il fut tétanisé : sa petite sœur Marie se trouvait face à lui. Il eut tellement envie de la serrer dans ses bras mais se retint, s'éclipsa juste après l'avoir salué. Marie le suivit dans les jardins. C'est à ce moment là où le frère et la sœur se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.

« Oh Marie, comme tu m'as manqué ! »
« A...Arnaud ! Je n'en reviens pas ! »


Le frère et la sœur s’enlacèrent de longues minutes, ni l'un ni l'autre ne pouvaient retenir quelques larmes de joie. Voilà presque six années qu'ils ne s'étaient pas vus, tous deux avaient tellement changé ! Le comédien regarda sa sœur qu'il avait quitté adolescente et était devenue une jolie jeune femme. Les deux s'étaient enfoncés dans les jardins, parlant à voix basse pour se raconter leurs vies respectives. Elle sut tous les voyages qu'il avait fait, en était à la fois admirative et triste qu'il ait du constamment fuir. Lui apprit ce qui s'était passé après son départ, son père tombé malade et se remettant petit à petit, tentant d'inculquer à leur demi-frère Jean-Gustave les rennes du pouvoir quand il reprendrait les terres et les titres.

« Et toi ? Es-tu heureuse avec ton époux ? »
« Je ne suis pas malheureuse, dirons nous. Père m'a choisi un bon mari, il me traite bien mais je le trouve secret. »


Les deux continuèrent de discuter et Marie dut partir, son mari semblait la chercher. Ils se promirent de se revoir. Et voilà pourquoi la jeune femme rousse venait régulièrement à l'Hôtel de Bourgogne, encapuchonnée, Arnaud la faisait entrée par l'entrée de service discrètement ou alors la rejoignait dans certains coins de Paris. Ils pouvaient passer pour des amants, cela les amusait follement d'ailleurs. Mais ils ne pouvaient pas se voir autant qu'ils le voulaient …

Avec cet emploi de comédien et cette nouvelle identité, Arnaud vivait un peu plus sereinement. Mieux, il redécouvrait un bout de cœur en la personne de Charlotte. Bien sûr, il ne l'avouera pas, mais la demoiselle était des plus charmantes. Au départ, il n'avait pas fait plus attention à cela qu'elle. Charlotte travaillait à l'Hôtel de Bourgogne, mais comme servantes, les deux se croisaient, Arnaud se montrait poli en la saluant ou avec un bon mot mais rien de plus. Ce fut un soir d'insomnie où le jeune homme ne cessait de se retourner qu'il sortit de sa chambre. Il ne semblait pas le seul éveillé si tardivement et descendit à pas de loup pour ne pas déranger l'autre insomniaque. Dans la pièce où les comédiens répétaient d'habitude se trouvait Charlotte, juste éclairée d'une bougie, sur la petite scène. Elle déclamait des passages de la pièce de Racine, Alexandre le Grand avec une justesse magistrale.

« Puis−je croire qu'un prince au comble de la gloire
De mes faibles attraits garde encore la mémoire,
Que traînant après lui la victoire et l'effroi,
Il se puisse abaisser à soupirer pour moi ? »


Mais elle aperçut la silhouette d'Arnaud et se pétrifia. Il s'avança, un petit sourire sur les lèvres.

« Non, ne vous arrêtez pas, vous êtes une parfaite Cléophile. »

C'est ainsi qu'ils firent un peu connaissance, en ce soir où tous les deux ne dormaient pas, où ils parlèrent théâtre. La chance voulut qu'une actrice claqua la porte avec fracas, soit-disant pour une histoire d'incompatibilité d'humeur. Arnaud ne dit rien mais se doutait bien qu'il n'y avait pas que de l'humeur là-dessous … Toujours est-il qu'il profita de la situation et de son amitié avec le dramaturge pour appuyer Charlotte à entrer dans la troupe. Elle n'en savait rien et Jean ne voulait pas céder au premier abord. Mais le comédien accepta tant et si bien que Racine consentit à une audition, las de se voir harcelé de la sorte. Si Arnaud n'eut pas le droit d'y assister, il eut le plaisir d'apprendre la nouvelle qu'elle ait passé cela avec brio.

A l'annonce de la nouvelle pièce, Andromaque, Charlotte eut le plaisir de faire répéter le jeune homme pour le rôle d'Oreste qu'il avait arraché face à Jules qui avait récolté Pyrrhus. Ce dernier avait tout fait pour avoir le rôle, jusqu'à déstabiliser son rival, même fouiller ses affaires. Il en résultat que Jules fut pris au col par Arnaud et plaqué contre un mur.

« Rends moi ce que tu m'as volé ! »
« Mais je n'ai rien. »
lâcha Jules, moqueur.

Sans ménagement, Arnaud fouilla dans la poche de son ennemi et en retira le médaillon qu'il lui mit sous le nez, toujours menaçant.

« Et ça ? C'est arrivé tout seul dans ta poche peut être ! »
« Peut être. »
« Vous allez arrêter tous les deux ! Nous ne sommes pas là pour arbitrer vos combats de coq ! »


Arnaud, dont le poing était prêt à partir, suspendit son geste. Charlotte était une fille douce mais son ton était sérieux et son visage sérieux montrait bien qu'elle ne plaisantait pas. S'il s'arrêta, c'était surtout pour ne pas baisser dans son estime, qu'elle ne lui en veuille pas. Lâchant Jules, Arnaud tourna les talons et s'enferma dans sa chambre.

Il n'aimait pas que Charlotte soit déçue de lui de la sorte. Pourtant, il ne lui devait rien et la jeune femme n'était pas de sa famille, rien qui puisse avoir un ascendant sur l'acteur. Sauf qu'Arnaud s'était attaché à la jeune femme, il avait senti son cœur battre plus vite quand elle arrivait dans la pièce, se sentit un peu béat lorsqu'elle le touchait, adorait ces moments où ils discutaient ou répétaient Andromaque. Parfois, lorsque Charlotte allait faire le marché, il l'accompagnait, soit-disant pour l'aider à porter le panier qui pourrait être lourd. Il ne voyait pas que ses sentiments étaient réciproques, certains de n’être qu'une connaissance, tout au mieux un ami. Pire, il se s'auto-persuadait qu'il ne ressentait rien ! Mais un soir, tout changea …

A l'automne 1666, Arnaud n'arrivait pas à dormir, se tournait et retournait dans son lit, incapable de trouver le sommeil. Il se leva d'un bond, prêt à chercher une occupation au rez-de-chaussée, peut être lire à la lueur de sa chandelle un ouvrage dans la bibliothèque. Marchant doucement dans le couloir, le jeune homme s'aperçut que la porte de Charlotte était entrouverte et il s'approcha pour la fermer lorsqu'il entendit des pleurs. Intrigué, il passa sa tête à l'intérieur mais l'obscurité l'empêchait de voir distinctement la pièce.

« Charlotte, tout va bien ? » demanda t'il tout bas.

Elle pleurait toujours, il se permit donc d'entrer et sa bougie montra le visage inondé de larmes de la comédienne assise sur son lit. Interdit l'espace de quelques secondes, Arnaud posa sa lumière sur la table de chevet et s'approcha de la jeune femme, s'asseyant à ses côtés. Tout un coup, elle se jeta dans ses bras tout en continuant à pleurer, incapable de prononcer le moindre mot. Surpris, son cœur rata plusieurs battements, puis il l'enserra dans ses bras et la berça doucement, lui murmurant quelques mots pour tenter de la réconforter.

« Chut, je suis là … Ca va aller, ne t'en fais pas … »

Ils restèrent longtemps comme ça, jusqu'à s'endormir, qu'importe lequel se soit assoupi le premier. Au matin, le soleil déjà levé, Arnaud, se rendit compte qu'il était allongé dans un lit qui n'était pas le sien et que Charlotte dormait toujours entre ses bras. Au moins, elle avait arrêté de pleurer. Il resta quelques instants à la regarder avant de se lever, la bougie était consumée depuis un petit temps déjà. Il quitta la chambre sans faire de bruit, referma la porte doucement pour retourner dans sa chambre, ni vu ni connu. C'était sans compter de rencontrer Racine, pour une fois bien matinal (à moins qu'il ne rentrait rien de soirée) dans le couloir. Le dramaturge lui adressa un large sourire complice. Arnaud ne fit qu'hausser les épaules et descendit au rez-de-chaussée pour manger, le rouge lui était monté aux joues.

La vie d'Arnaud pourrait se résumer au théâtre, à l'Hôtel de Bourgogne et à sa sœur Marie. Mais tout n'est pas si simple et quand on chasse le naturel, il revient plus vite au galop qu'on ne le pense. Alors qu'il sortait pour une fois avec quelques amis, Arnaud croisa un mousquetaire un peu trop entreprenant avec une jeune femme de sa troupe qui se débattait pour se lâcher de son emprise. C'était bien le genre de situation qui horripilait Arnaud qui, sans réfléchir, attrapa le mousquetaire au col.

« Vous êtes sourd ? Elle vous a dit de la lâcher. »
« Qu'est ce que ça peut te faire, le gueux ? »


Le dénommé Bastien de Limoux décida de sortir son arme. Décidément, on revenait toujours à ses premiers amours mais Arnaud n'étais pas armé, c'était donné aux nobles d'avoir une épée à la hanche mais il prit celle d'un homme non loin de lui. Voici les hommes entrain de se battre en duel dans l'arrière-cour d'une taverne. Si le mousquetaire pensait avoir à faire au premier gueux venu, il s'était bien trompé ! En colère sans aucun doute, Bastien donna un coup violent et se jeta sur le comédien, lui mettant un violent poing dans le visage d'Arnaud qui le lui rendit bien. Les deux hommes se mirent à se battre comme des chiffonniers. Seulement, il n'était pas bon de se battre avec un mousquetaire, surtout quand ses camarades rappliquent. Sans demander son reste, le comédien se releva et commença à fuir, ayant l'étrange impression de revivre des moments douloureux de son passé. Derrière lui,la voix de Bastien se fit entendre

« Si je t'attrape, je te fais la peau ! »

Arnaud courut sans s'arrêter à l'Hôtel de Bourgogne, le cœur battant à vive allure. Et le voici encore une fois dans les ennuis jusqu'au cou. Il savait qu'Arthur de Roberval était à la cour, alors lui plus le mousquetaire, cela faisait deux hommes voulant sa mort, cela commençait à faire beaucoup.

Et aujourd'hui ? J'essaie de vivre sur les planches en pleine lumière mais tout en me cachant de mes ennemis. Parfois je pense à mon ancienne vie, à ce que je serais devenu si j'étais resté un Rieux-d'Assérac … Puis je me dis que je ne suis pas le plus malheureux à l'heure actuelle. Ma sœur est là et la troupe de Racine est comme une seconde famille, où j'y suis comme le grand frère responsable, il faut bien que quelqu'un le soit car j'ai beau avoir beaucoup d'estime pour Jean, il n'est pas l'homme le plus responsable qui soit. Oh, c'est un artiste et puis je lui dois tellement que je m'en amuse plus qu'autre chose. Je n'ai pas choisi cette vie mais je m'en accommode fort bien, je suis presque heureux et en vie. Que cela reste pour longtemps ainsi …


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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime17.06.12 22:24

Après avoir fait traîner cette fiche honteusement Embarassed Embarassed la voilà enfin finie !
J'espère qu'Arnaud vous plaira, ô grandes admins Razz
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Amy of Leeds


Amy of Leeds

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



♠ ADMIRÉE ADMIN ♠
Here comes the Royal Mistress

Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 0:06

TU ES VALIDÉ !
BIENVENUE A VERSAILLES

QUEL PLAISIR D'AVOIR UN ARNAUD ! cheers J'ai toujours beaucoup aimé ce perso haut en couleurs qui ne manquera pas j'en suis sûre de bien s'intégrer sur le forum. Quel plaisir surtout d'avoir un aussi bon joueur pour l'interpréter ! On sera pas déçus, ça promet de grandes choses ! J'ai dévoré ta fiche, même coupée du net, lorsque je pouvais me connecter quelques minutes je me rattrapais tant j'avais envie de lire la suite. Tu nous tenais en haleine ! Tout est dit, tout est bien écrit, en somme tout est parfait ! Je n'ai rien à redire, si ce n'est justement : REBIENVENU parmi nous ! Amuse toi bien avec ce nouveau boy ! Very Happy Tutur, ne nous le tue pas tout de suite s'il te plait, que le Racine en toi fasse tampon Razz Qu'on puisse profiter de sa présence. Au plaisir de te croiser dans les coulisses du maître en Didine, car ça on ne va pas y manquer, et à tout autre endroit avec mes autres peaux. Clin d'Oeil

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PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.


______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 0:24

Chouette me voici officiellement un gueux ... enfin un demi-gueux PTDR

Merci de la validation en tout cas Very Happy
Je pense qu'entre comédiens, y aura moyen de trouver quelque chose Clin d'Oeil
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 0:29

Haha, voici donc la vedette de Racine ? What a Face

RE-BIENVENUE PARMI NOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUS schizo, dis donc quel personnage ** Il gère ce petit Arnaud, attend-toi à ce que je vienne quémander un ou deux liens un de ces jours 8D

Bravo pour cette fiche et HAVE FUN ! cheers
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 0:31

Avant toute chose, merci à toi d'avoir choisi ce personnage qui partage le privilège avec Morgan de m'enfoncer dans ma schizophrénie... Puisque l'un de mes moi veut ta mort et un autre t'adore PTDR

Bon plus sérieusement, tu ne peux pas savoir à quel point Racine est ravi d'avoir son Arnaud, notre duo va détonner cheers ! Et tout ce que tu as écrit sur Arthur et Racine est parfait, j'ai beaucoup ri des petites apparitions de mon Racine à la fin PTDR (même s'il proteste, c'est quoi ce sous-entendu où il aurait eu une aventure avec une de ses comédiennes ? ça ne lui ressemble pas, hum PTDR ). Non vraiment tu as très bien cerné leur relation, ton écriture est très agréable et tu es un joueur formidable, que demander de plus ? Ah si, un rp dès que je serai libre What a Face

Bref, rebienvenue et amuse toi bien avec ce perso Very Happy
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 0:58

Merci vous deux **

J'aime être un objet de conflit pour tes persos, Adeline Razz Je suis content que ça te plaise ! Et j'aime le sourire de Racine plein de sous-entendu, je voyais tellement la scène Razz
Et promis pour le rp, n'oublie pas qu'Arnaud doit accueillir Racine le lendemain de la soirée Longueville PTDR C'est beau, Racine va quitter Luigi pour retrouver Arnaud, paie ta schizophrénie PTDR
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 10:20

Re-Bienvenuuuuuuue !! cheers

Maryse fait sa timide, alors c'est Anne qui vient passer le message Razz

Je suis ravie de voir un Arnaud ! J'ai adoré ta fiche ** J'ai hâte de jouer des retrouvailles Arnaud-Maryse ! cheers
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 10:50

(Owi je crois que c'est la première fois que je viens dire bienvenue à un nouveau membre depuis que je suis inscrite - Moi à la traîne ? Non !!!)
Mais re-bienvenue Romain cheers
J'ai bien aimé ta fiche et ton histoire ; mais décidément qu'est-ce qu'ils sont nombreux ces français à être venus sur mes terres du Nouveau Monde ^^
Je vais réfléchir à un quelconque lien entre nous ; ce petit Arnaud me plaît bien Razz
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Philippe d'Orléans


Philippe d'Orléans

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 18:56

Han je suis contente que tu aies enfin fini ta fiche **
Très belle fiche en tout cas ! Rebienvenue Schizo Razz

______________________

Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:


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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 20:53

Re-Bienvenue !!!!!!!!!
Si tu as envie d'être encore embêté par Alaina, j'en serais plus que ravie. d'autant plus qu'entre le fait que Charlotte soit une amie, qu'Alaina va commencer à fréquenter l'hôtel de Bourgogne assidument (pour son plus grand plaisir NON ) et surtout que si quelqu'un peut comprendre ce que c'est que le poids de la culpabilité, c'est bien elle, il y a de quoi se trouver des liens en béton.

Bref, je suis toute à toi (c'est beau !)
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François de Froulay


François de Froulay

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, il va falloir le recoller
Côté Lit: vide, au désespoir des mignons de Monsieur
Discours royal:



Fuis les honneurs et l'honneur te suivra
Convoite la mort et la vie te sera donnée


Âge : 25 ans
Titre : Maréchal des Logis des Mousquetaires, Capitaine de la garde de Monsieur, Marquis de Lavardin
Missives : 521
Date d'inscription : 29/08/2011


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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime18.06.12 21:10

Re bienvenuuue, ça promet encore des complots de ouf ce compte Razz

______________________

ANYTHING COULD HAPPEN  


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MessageSujet: Re: ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre »   ARNAUD__ « Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre » Icon_minitime

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