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 • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)

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MessageSujet: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime09.05.12 14:24





CHARLOTTE


DE FONTENAC


(TAMSIN EGERTON)


• CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Aqqeu

« Rien ne pèse plus lourd qu'un secret ;
Le porter loin est difficile aux Dames, et je sais sur ce fait
bon nombre d'hommes qui sont femmes. »
Jean de la Fontaine

    ► 17 ans ; Charlotte, Claire, Eugénie de Fontenac est née le 28 février 1649 à Saint-Germain. Elle est la fille unique du Baron Hubert de Fontenac (décédé le 4 septembre 1662 des suites d'une mauvaise grippe) et de Marie-Jeanne de Chamoiseau, devenue Baronne Douairière de Fontenac à la mort de son époux.
    ► Mademoiselle de Fontenac ; héritière du titre de Baronne de Fontenac, elle est la future Comtesse de Saint-Forgeat ainsi qu'une des Filles d'Honneur d'Henriette d'Angleterre, Madame la belle-sœur du Roi.
    ► Française ; bien que sa mère est d'origine bourgeoise, elle est par son père un pur produit de la noblesse française, très respectée et tenant le haut du pavé à Saint-Germain.
    ► Fiancée au Comte Adhémar de Saint-Forgeat ; gentilhomme de la Cour et "mignon" de Monsieur, leur promesse de couple est aussi stupéfiante que soudaine, et personne ne comprend encore très bien pourquoi cela s'est fait.
    ► Elevée au couvent des Ursulines et destinée à prendre le voile selon les volontés de sa mère, Charlotte est catholique et pieuse - mais compte tenu de circonstances qui l'on menées jusque l'entourage royal et fiancée de surcroit, il n'est à présent plus question de son entrée dans les ordres.
    ► Hétérosexuelle ; la question aurait pu se poser, les goût clairement prononcés italiens de son futur époux étant connus de la Cour toute entière, il aurait été fort probable que la jeune fille ait un penchant pour ses semblables - combien de mariage sont célébrés pour dissimuler les plaisirs cachés des convolants ? Pourtant, il n'en est rien dans le cas de Charlotte qui espère toujours malgré son serment !



♕ PROTOCOLE ♕
VERSAILLES : PARADIS OU ENFER ?

Elevée au couvent des Ursulines aux abords de Saint-Germain où elle a vécu jusqu'alors, Charlotte ne connaissait de la magnificence royale que ce que lui avait raconté son père avant qu'il ne meurt ainsi que sa Tante Claire de Brecourt, au service de la Reine depuis la mort de son mari. Mais Saint-Germain, quoique fort beau, ne saurait en rien rendre justice à l'appellation de Soleil dont Louis XIV hérita et ce n'est qu'en voyant Versailles pour la première fois que la jeune fille comprit à quelle point le règne de ce Bourbon quatorzième du nom serait exceptionnelle au sein de cette Histoire de France. Admiratrice de belles choses, comme tous les jeunes gens de son âge, Charlotte est fascinée par l'architecture de cette merveille de pierres, et le goût du grand Le Nôtre a rendu pleine justice à son propriétaire. Mais au delà de l'affection toute particulière que la demoiselle a pour ces jardins et autres pièces d'eau, elle ne supporte pas la Cour. Déjà la vie au Palais-Royal l'étouffait mais ici, le double fuseau d'éclat et de monde est de trop pour celle qui n'a après tout jamais que grandit à la campagne. Au service de Madame depuis bientôt trois mois, Charlotte a sans doute choisit la mauvaise charge pour échapper au ballets de fêtes, de banquets, de danses, de salons et autres préciosités qui attirent tant à la Cour. Fort heureusement pour elle, Madame ne la demande pas souvent à ses côtés lors des réjouissance, ayant souvent recours à la jeune fille en matinée pour lui dicter des lettres en Anglais ou passer un agréable "Tea Time" en l'entendant chanter. Alors : ce n'est pas que Charlotte ne se plait pas à Versailles et, compte tenu de sa situation, mieux vaut pour elle se trouver en plein tumulte pour rester inaperçue. Mais à choisir... elle n'hésiterait pas à troquer ses chausses de bal pour des bottes de jardinier !

COMPLOT : VÉRITÉ OU FANTASME PUR ?

Il y a quelques mois encore, Charlotte n'eut jamais ne serait-ce que pensé à une éventualité de complot, ne sachant pas associer une quelconque réalité à ce mot si sombre et mystérieux. Pourtant, au vu des événements passés, force est de constater que la jeune personne - qui n'est pourtant pas friande de ce genre d'histoire - a le dont de s'être trouvée au beau milieu d'une histoire rocambolesque qui a changé sa vie à jamais. Alors pourquoi en serait-il différent à la Cour, là où les intérêts sont encore plus grands que dans le secret sein des familles ? Quant on sait les noms illustres qui arpentent chaque jour les galeries, salons, appartements et jardins du château, qu'au sein même de la famille royale les relations se font et se défont, que dans l'ombre chacun se dispute la part du lion dans le dos du monarque et que des bruits de guerre sont parvenus jusqu'aux grilles scintillantes de ce centre luxueux de l'Etat vivant, Charlotte ne serait pas étonnée de voir éclater scandales, règlements de comptes, duels et autres histoires croustillantes allant jusqu'à menacer la vie de Sa Majesté. Pour le moment, le "petit chat", tel qu'on l'a surnommé depuis son entrée chez Madame, a ses propres affaires à régler pour porter attention de plus près aux brises de révoltes qui s'échappent des corridors comme des courants d'air malveillants. Mais de nature curieuse, Mademoiselle de Fontenac est de ces jeunes gens qui s'ils ne le montrent pas avec évidence, aiment à en savoir d'avantage que les autres pour y voir plus clair.

COLOMBE OU VIPÈRE ?

Charlotte de Fontenac est certes très jeune, mais de caractère suffisamment bien trempé pour se dire douée de discernement et de sang froid. De ce fait, c’est une personne sur laquelle on peut compter malgré son côté "enfant sage", responsable et rigoureux. Le sens du devoir, l’organisation des priorités sont autant de principes auxquels elle ne dérogerait pour rien au monde parce qu’ils sont représentatifs de sa vision des choses et au service de sa sensibilité. Car oui, la jeune fille a le cœur sur la main. Lui faire mal, c’est commettre un crime car s’attachant très vite, elle ne supporte pas de voir sa confiance bafouée. Fidèle et loyale, son intuition en font également une jeune femme pleine de sensualité mais trop entière pour se risquer à des aventures sans lendemain, elle tient de son père un côté farouche et soucieux d'une certaine liberté. Aussi, elle pourrait bien se transformer en une redoutable Némésis qui n’hésitera pas à montrer sa face pleine d’humour noir et sarcastique. Insoupçonnée taquine, Charlotte choisit très bien ses mots et peut piquer là où cela fait très mal. Cependant, elle n’est pas rancunière et s’applique soigneusement à ne rendre que la pareille. Trop bien élevée et respectueuse de l’éducation qui lui a été donnée, elle s’exprime très bien et garde un petit côté très digne, noble finalement et qui explique également son goût pour se mettre en valeur pour être impeccable en toute circonstances.

DES LOISIRS, DES ENVIES A CONFIER ?

La jolie Fontenac aime beaucoup de choses, mais c'est surtout une amoureuse de lecture. Dès son arrivée à Paris, elle s'est faite conduire chez ces fameux libraires pour dénicher toute sortes d'ouvrages qui comblent les longues journées au service des Princes. Parlant l'Anglais couramment, son éducation pieuse lui fait également comprendre le latin et le grec qu'elle maîtrise aussi bien pour la messe pour l'une que pour le copiage de certains écrits savants pour l'autre. C'est une petite personne fort cultivée, friande de connaissances et qui aime à élargir ses horizons. Aussi, la découverte de sa jolie voix en fait une des chanteuses préférées d'Henriette d'Angleterre, qui apprécie son timbre frais un rien enfantin qui la soulage des lourdes voix qu'emploie Monsieur de Lully dans ses merveilles qu'il appelle Opéras.


♕ HOP, RÉVÉRENCE ! ♕
► Elow ;
► 21 ans .
► 5/7 jours durant les cours, 7/7 durant les vacances (sauf absences qui seront prévenues) ;
► Code bon by Lisa
► Par partenariats et par réputation, sachant qu'elle n'est plus à faire ;
► Le forum est splendide, continuez comme ça ! Very Happy ;



Dernière édition par Charlotte de Fontenac le 10.05.12 20:34, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime09.05.12 14:25

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CHAPITRE I

La fuite

_________________________________________________

Il était plus trois heures du matin lorsque Claire de Brecourt regagna son château de Prunoy. Invitée au Bal donné par le Roi en l’honneur de la princesse Haydée, elle avait laissé sa maisonnée entre les mains du garde Gratien qui s’était précipité sur sa maîtresse au moment où elle franchissait le portique de son pavillon. Encore sonnée du bruit et du faste qu’il lui avait fallut supporter, la comtesse de Brecourt ne compris pas tout de suite le flot de paroles que déversait sur elle le breton tremblant de confusion et d’excitation mêlée : peu après minuit, Mademoiselle Charlotte avait débarqué au château, emmené à dos de cheval par un cavalier inconnu et aussitôt repartit une fois la jeune fille installée dans la chambre bleue - par les soins de la femme de chambre qu’avait fait mandé la Gouvernante sur appel du valet de chambre qui attendait toujours dans le vestibule lorsque la maîtresse des lieux était absente. Occupée à retirer ses gants de velours, la maîtresse en question releva aussitôt la tête, les yeux agrandis de surprise à l’annonce que sa nièce dormait à présent quelque part au premier. Et ce sous la masse toujours frénétique et suante du conteur qui continuait à broder des détails. « Et vous dites qu’elle était accompagnée ? » L’étonnement dans le ton de la Comtesse ne pouvait que se comprendre : Charlotte n’était-elle pas censée être chez les Ursulines à l’heure qu’il était ? Etait-il arrivé quelque chose ? Quant à la présence de cet inconnu, elle ajoutait au mystère qui enveloppait l’arrivée de cette enfant qu’elle considérait presque comme sienne depuis la mort tragique et soudaine de son père. « Si fait, Madame la Comtesse ! Mais il n’a pas donné son nom, et Mademoiselle Charlotte s’est contentée d’entrer une fois que je lui avait ouvert, sans même se retourner. Croyez-vous qu’elle le connaisse ? » Les sourcils froncés, Claire de Brecourt prit ses jupes en main et se dirigea vers les escaliers sous la lanterne que le valet tendait devant elle. « J’en sais probablement encore moins que toi ! Mais laissons-là dormir, elle nous racontera elle-même sa nuit demain matin ! »

Avec cette belle facilité que procure la jeunesse, Charlotte s’était endormie aussitôt après s’être glissée sous les draps qui sentaient bon la menthe sauvage. Elle était si fatiguée que les images de son périple avaient disparu, se disant qu’elle y penserait demain ou plutôt qu’elle essaierait tant bien que mal d’expliquer le lendemain matin. Et lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle entendit sonner onze heures et une lumière claire venait chatouiller son bras. Ou bien était-ce une main douce mais ferme qui essayait de la réveiller ? « Allons, mon enfant, réveillez-vous ! Nous avons à parler ! » Se frottant les yeux pour en chasser les dernières traces du sommeil, la jeune fille s’assit bien droite dans le grand lit et fit piteusement face à Claire qui ne semblait pourtant pas la transpercer d’un regard sévère. « Madame ma Tante, pardonnez cette intrusion chez vous à une heure où à mon âge on ne saurait être debout, et ce sans vous en avoir demandé la permission. » Devant la moue confite de sa nièce, la Comtesse eut un franc éclat de rire et prit la petite main entre les siennes. Elle ne pouvait que trop deviner que la petite s’était enfuie du couvent ! Ce qui restait à éclaircir en était la raison : Charlotte semblait se plaire chez les Ursulines, pourquoi leur faire ainsi faux-bon ? « Ma mère va se remarier sous peu et a décidé que je prendrai le voile. Lorsque la Mère supérieure m’a apprise ses deux nouvelles, j’ai compris que je n’étais pour elle qu’une gêne et qu’elle trouvait ainsi un moyen de se débarrasser de moi.» Pour un éclair, il était foudroyant ! Sans pour autant le dire tout haut - il n’est pas d’usage de critiquer les parents devant les enfants - Claire pensa qu’il ne pouvait y avoir que cette personne qu’elle avait le malheur d’appeler belle-sœur pour faire cela à sa fille. Et pourtant, ce malheur s’était produit dix-sept ans plus tôt, lorsque son frère Hubert de Fontenac avait épousé cette demoiselle de Chamoiseau dans un salon parisien. Et si Marie-Jeanne était certes agréable à regarder, Claire n’avait jamais compris ce qui avait bien pu attirer vers elle un homme qui avait voyagé longtemps en Orient avant de reprendre la survivance de son père comme Gouverneur de Saint-Germain. Devenue baronne de Fontenac, la demoiselle avait avec délices troqué la demeure de son Procureur de père contre l’élégant hôtel de Saint-Germain - proche de la Cour et d’un Roi qui avait pris Paris en grippe depuis les incidents de la Fronde. Friande de fastes et de renoms, la jeune Baronne, qui rêvait son mari Maréchal de France mais qui était regrettablement satisfait de son sort, s’était laissée aller à tromper sa source de revenus deux ou trois fois jusqu’à ce qu’une mauvaise grippe l’enlève à la fleur de l’âge et fasse de Marie-Jeanne sa veuve, cette dernière chassant sa fille qu’elle aurait de toute façon préféré garçon pour faire carrière, et qu’elle montrait le moins possible voir plus du tout quand elle s'aperçut qu’elle risquait d’être belle. Autant de preuves de ce que jamais belle apparence n’avait caché de cœur plus égoïste, la soudaine disparition du Baron et l’exil de sa petite Charlotte marqua définitivement la rupture entre les deux belles-sœurs ! « Ma Tante, vous n’allez pas me renvoyer là-bas ? » La petite voix inquiète de Charlotte tira Claire de Brecourt de ses pensées et, attendrie, passa un doigt sur la joue rose de la jeune fille. Elle était devenue si mignonne, avec ses beaux yeux de biche d’un noisette pétillant, parfois presque vert et qui contrastaient si bien avec la masse de boucle blondes et argentées. Si son corps était quelque peu trop maigre à son goût - sans doute les libations peu affriolantes des dames d’Ursule - elle était de ses beautés qui une fois épanouies, feraient sans doute des ravages et qui expliquaient fort bien pourquoi une mère avare sauf lorsqu’il s’agissait de sa petite personne, ne voulait pas dans son entourage d’une fraicheur qui avait tout à gagner de sa beauté un rien clinquant. « Non, mon cœur, je ne vous renverrai pas là-bas ! Reposez-vous encore un peu, pendant que nous songions à quel avenir on pourrait vous offrir... »

Quittant la chambre après que la Gouvernante ait apporté un plateau de tartines de miel et d’un bol de lait chaud, Madame de Brecourt se retira dans sa propre chambre pour songer à toute cette affaire. Qu’allait devenir Charlotte ? Il était certain qu’on la chercherait, à commencer par le couvent puis par sa mère prévenue si on ne retrouvait pas la jeune fille. Claire connaissait trop peu la Mère supérieure pour lui parler à cœur ouvert et de toute façon, mieux valait pour la Comtesse de ne pas être vue à Saint-Germain de la journée : la Reine allait rendre visite à ses malades, et si Claire était une âme charitable, la seule et unique fois où elle l’avait accompagnée avait fait monter en elle des nausées et des débuts d’évanouissement qu’elle ne voulait en aucun cas revivre ! Alors... ? Le bruit de sabots suivit d’un carrosse marqua la fin des réflexions ; descendant au rez-de chaussé, Claire eut a peine le temps de demander quoi qu’un valet annonçait : « Monsieur de la Reynie ! » Le bruit d’un pas rapide, et le lieutenant général de Police fit une entrée en balayant le plancher des plumes de son chapeau après quoi, il baisa la main tendue de cette vieille amie dont il ne cessait d’admirer la beauté et l’intelligence. Installé dans un salon garni de tapisseries d’Orient, les deux amis commencèrent alors une conversation des plus intéressantes, un verre de vin d’Espagne à la main. On en apprit d’avantage sur l’identité mystérieuse du sauveur de l’enfant, qui l’avait arrachée dans les bois à la contemplation d’une réunion qui tenait au sujet le plus traqué par la Police de sa Majesté : une messe noire. Le cavalier, Mousquetaire du Roi qui revenait des festivités de Saint-Germain, avait surpris Charlotte et fait jurer de ne rien révéler à personne. Après quoi le jeune homme était aller trouver le relai de Police le plus proche pour faire avertir Nicolas de la Reynie. « De plus, s’enfuir d’un couvent est chose grave et c’est à Prunoy qu’on commencera par la chercher. Seconde raison pour que votre nièce ne reste pas dans vos murs ! » Claire acquiesça, non sans être piquée de curiosité : qu’est-ce que Charlotte avait bien pu voir qui touchait si fort aux secrets gardés par les plus fins du Roi ? « J’entends, mon ami, j’entends ! Mais enfin, où voulez-vous donc qu’on la mette à l’abri ? Et songez qu’elle est fort jeune ! A qui la confier ? » Un sourire étira la moustache du lieutenant général qui, après une gorgée, reprit. « Vous êtes bien en cour, n’est-ce pas ? » Sous la question, la Comtesse fronça les sourcils. « Vous n’avez tout de même pas dans l’idée d’envoyer ma pauvre Charlotte à la Cour !? » « Pas tout à fait. Vous connaissez la chose comme moi : c’est au milieu de la foule et en plein soleil que l’on vous remarque le moins. Je sais que la Reine n’aurait que faire d’une demoiselle de plus. Mais sa belle-sœur ? Quoi de plus réjouissant pour une jeune fille telle que votre nièce que les fêtes données dans l’entourage de Monsieur ? »



Dernière édition par Charlotte de Fontenac le 09.05.12 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime09.05.12 14:25

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CHAPITRE II

Palais-Royal

_________________________________________________

Comme elle n’avait jamais vu Paris, Charlotte aurait aimé avoir dix paires d’yeux supplémentaires afin de pouvoir tout voir. Le carosse se frayait un chemin parmi les habitations - des plus grandes aux plus piteuses, les cris des nombreux marchands ambulants et les passants de toute classe, car les montures et équipages se faisaient rares. Il semblait que l’on était monté à six roues, car le carrosse franchit bien vite les grilles aux pointes dorées où veillaient des gardes en uniformes rouges, décrivant un demi cercle pour s’arrêter afin de déposer ses passagères avant d’aller se ranger sur la place. Lorsque Claire de Brecourt avait annoncé à sa nièce qu’elle serait introduite auprès de la Duchesse d’Orléans, Charlotte avait faillit faire tomber la crème de vanille que Marguerite la Gouvernante lui avait fait préparer. « Moi ? Chez une si grande Princesse ? La propre belle-sœur du Roi ? Mais pourquoi ? » On lui avait alors assuré qu’il s’agissait du meilleur moyen de la protéger ; dans l’entourage de la superbe Henriette, personne n’irait lui chercher tracas. On savait la belle Anglaise suffisamment farouche pour protéger sa maison et si Charlotte savait s’en faire aimer, nulle doute que même Marie-Jeanne et son fieffé fiancé, le Marquis de la Pivardière, n’oseraient s’en approcher. « Vous allez passer pour une campagnarde si vous continuez à regarder avec ces yeux ronds ! Songez que ce palais est modeste comparé à celui de Saint-Cloud que Monsieur s’est fait construire, et dont Sa Majesté lui-même en a éprouvé quelque aigreur avant que la Cour ne déménage à Versailles ! » Mais avec sa bibliothèque, ses cabinets d’objets d’art, ses salons, ses communs, ses cuisines, ses logements pour les serviteurs, sa salle de théâtre pour un millier de personnes, sa grande galerie vouée aux « Illustres » ainsi que les appartements des jouissants - mais non propriétaires - le Palais-Royal convainquit sans peine la jeune fille que le couple Princier habitait la plus somptueuse résidence de la ville. Pourtant, Charlotte ne pu s’empêcher de sentir une brise de Fronde ici et là. Trop jeune alors pour comprendre cette brusque révolte contre l’autorité monarchique, elle n’avait pas échappé aux histoires du Roi Louis alors enfant qui avait, dans ce même Palais, connu la Régence et le traumatisme qui le faisait à ce jour encore exécrer Paris. Fort heureusement, le souvenir pénible de cette tranche d’Histoire avait été enfouie au creux du secret des murs, rendus lumineux et pleins de magnificence grâce au maître de maison. Car c’était indéniable : Monsieur possédait un véritable talent de décorateur et, en digne descendant des Medicis, un œil infaillible au service de la patience du collectionneur. Alors que l’on marchait toujours, Charlotte remercia une fois de plus sa Tante de lui avoir constituer en catastrophe un coffre contenant un embryon de trousseau et habillée de neuf sous sa mante à capuchon fourrée et ourlée de petit-gris. Car comme l’avait bien fait remarquer Marguerite, s’il y avait un chapitre sur lequel la modestie n’était pas de mise dans la maison de la Duchesse, c’était bel et bien la toilette !

Lorsque l’on pénétra dans l’antichambre de Madame, le double battant des portes s’ouvrit d’un coup pour laisser place à une femme si belle, si élégante et si gracieuse que Charlotte se sentit soudain parfaitement ridicule dans sa jolie robe d’un gris fumé, aux broderies d’argents savamment dispersées sur le décolleté, les manches hautes et le ruban qui relevait sa taille fine. « Ha, Madame de Brecourt, on vous attend ! C’est... votre nièce ? » La créature enchanteresse - quel autre qualificatif pouvait-on lui donner ? - s’était tournée vers la jeune fille qu’elle examinait sous toutes les coutures, un demi sourire aux lèvres dont Charlotte ne pouvait déceler s’il était sincère ou ironique. « Tout à fait, Marquise ! Voici Charlotte de Fontenac, fille unique de mon défunt frère Hubert. Charlotte, voici la Marquise de Montespan, Surintendante de la maison de Madame. » Claire appela sa nièce d’un mouvement de main qui en deux enjambées fut auprès d’elle, s’inclinant aussitôt dans une révérence qui eut comblée une impératrice. La Marquise arqua un sourcil ; se pouvait-on que l’on apprenne des choses convenables aux jeunes filles dans le reclus des provinces ? Voilà qui était intéressant ! Sans pour autant souffler mot, la belle Montespan se tourna de nouveau vers la Comtesse et tout en parlant, introduisit les visiteuses dans les entrailles du Palais. « Madame vous attend ! Elle finit ses correspondances et sera toute disposée à vous recevoir ; vous savez comme moi et toute la Cour que les relations entre elle et la Reine ne sont pas des meilleures et qu’elle n’a pas tout à fait apprécier votre hardiesse, toute dame d’atour de Sa Majestée que vous soyez. Mais après votre coup de chance à Saint-Germain, quelque chose a éveillé sa curiosité... Madame ! Vos visiteuses sont arrivées ! » Du haut de ses vingt deux printemps, Henriette-Anne Stuart, sœur de Charles II d’Angleterre devenue Duchesse d’Orléans et belle-sœur du Roi de France, faisait figure de Reine. Pas très grande mais harmonieusement tournée, ses superbes boucles brunes encadraient un visage de poupée aux lèvres rouges et aux grands yeux anthracites qui transperçaient les arrivantes jusque sous leurs habits. Plongée en révérence, Claire de Brecourt se releva aussitôt comme le lui permettait l’étiquette et sa place chez Marie-Thérèse. Mais Charlotte restait figée dans sa pause, le regard rivé au sol et n’osant pas même un coup d’œil aux chausses de velours pourpres qui habillaient les petits pieds de la Princesse. Cette dernière se redressa dans un mouvement gracieux qui fit voler les dentelles noires qui ornaient ses manches puis, se calant d’avantage dans son fauteuil, lança dans un Français parfait : « Alors c’est vous, la jeune fille qui s’est échappée du couvent ? » Charlotte se sentait devenir écarlate, mais tant que la Duchesse ne le lui permettait pas, impossible de redresser la tête pour garder contenance ! « J’ai en effet l’honneur de présenter à Madame ma nièce, Charlotte Claire Eugénie de Fontenac, dont je vous en avais parlé lors de notre très brève entrevue à Saint-Germain. » Encore une fois, Charlotte bénit le ciel du secours de sa tante. « Oui, en effet, vous m’en aviez touché mot. Je vous avoue alors que je n’avais pas prêté grande attention à votre propos - et nous étions dans Saint-Germain qui m’insupporte ! - mais quand j’ai su que cette petite était une héroïne, je mourrai d’envie de la voir. Mon Dieu, ma petite, il va vous falloir raconter cela ! Et puis sortez la tête de vos jupes, à la fin, que l’on voit votre minois qui ne m’a pas l’air disgracieux ! » Timidement, la jeune fille se releva avec toute la grâce qui lui restait alors que l’on venait si brutalement de lui rappeler sa faute. Henriette avait ce même sourire que la Montespan qui se tenait à sa droite, mais dont le regard sur la jeune fille avait subitement changé. Comme si soudain, elle était digne d’intérêt. « Je n’aime pas les timides, Mademoiselle ! De quoi avez-vous peur, que les nonnes vous pourchassent jusqu’ici ? Croyez-moi, c’est ici le dernier lieu où elles viendraient ! »Le rire chantant de Madame avait quelque chose d’entraînant, d’envoutant même et pour un court instant, Charlotte oubliant sa place, esquissa un sourire amusé. « Ha, voilà qui est mieux ! Je savais que vous pouviez être jolie ! Regardez cette frimousse, Athénaïs ! On dirait un petit chat ! Alors ? Ce couvent ? » Un regard vers sa tante qui l’incitait à prendre la parole conforta Charlotte dans l’idée que maintenant était le moment où jamais d’entrer dans les bonnes grâces de la Duchesse. « Avec votre permission, Votre Altesse Royale, s’enfuir d’un couvent est une faute grave. Mais... n’est-ce pas plus grave encore que d’y vouloir faire enfermer quelqu’un de force ? » Elle avait touché la corde sensible ; non sans une certaine malice d’ailleurs, car elle s’était renseignée sur le passé de la Princesse qui enfant, avait souffert des méandres de la guerre civile qui avait laissé dans son cœur une plaie encore mal cicatrisée. Aussi, que cette petite fille à peine sortie de l’enfance face aussi grand état de la liberté... « Aurions-nous du répondant ? Ma foi, je ne suis pas contre. Mais soyez prudente, d’autres sont bien moins indulgentes que moi ! » Son demi sourire toujours au bord des lèvres, Henriette prit une jolie tasse de porcelaine et trempa ses lèvres dans un liquide fumant que Charlotte devina être du thé. Ainsi, même si elle avait épousé un prince français, Madame restait fidèle à ses origines et ses traditions. « Vous êtes jeune, petit chat, peut-être un peu trop à mon goût... Et vous seriez sans doute la benjamine de mes suivantes. Mais après tout, que cela veut-il dire ? Il se trouve que vous me plaisez, Mademoiselle de... Fontenac ! Oui, je vais vous garder. Mais... une dernière chose... Parlez-vous le langue de Shakespeare ? » Quelques minutes plus tard, Madame de Brecourt embrassait sa nièce et lui remettait une bourse contenant quelque pièces d’or pour acheter ce dont elle pourrait avoir besoin,E en attendant la rémunération normale d’une fille d’honneur. Après quoi, Claire de Brecourt reprenait le chemin de Prunoy, laissant Charlotte entre les mains d’Athénaïs de Montespan...

Entre la maison de Monsieur et celle de Madame, les contacts n’étaient pas fréquents ; certes, toute cette joyeuse bande de jeunes gens faisaient plaisir à regarder, et on se retrouvait pour le souper, les réceptions particulières et les divertissements communs. Et parfois aussi dans les jardins. Charlotte aimait y descendre dès qu’elle en avait l’occasion, donnant du pain aux oiseaux ou s'asseyant sur un banc avec un livre - elle avait découvert un volume des fables de Monsieur de la Fontaine et s’en délectait ! Ce matin-là cependant, un vent frais ne donnait guère envie de nourrir les bêtes et plutôt d’aller lire au coin du feu. Pourtant, Charlotte s’était enveloppée dans sa longue mante fourrée et s’apprêtait à gagner son petit îlot de tranquillité, lorsqu’elle fut forcée de constater qu’il était déjà occupé par deux messieurs en grande discussion. Ils étaient évidemment de la maison de Monsieur, à en juger par leur frappante jeunesse et leurs toilettes si raffinées qu’ils en auraient fait pâlir plus d’une dame : l’un d’eux portait à merveille une harmonie de bleu scintillant, que les perles et petits diamants brodés ça et là rendaient encore plus luxueux. Tout de rubans, saupoudré et coiffé d’une perruque de jolis frisés bruns, il eut pu passer pour la plus charmante des demoiselles. Mais il fallait se rendre à l’évidence : c’était un homme. Il parlait d’une voix haut perché, et assez fort pour que la jeune fille, caché dans le buisson avoisinant, puisse tout entendre de l’énergique récit qu’il livrait à son compagnon qui avait l’air bien plus calme que lui ! « Elle fait des miracles, vous dis-je ! Et elle a un bel avenir devant elle... parce qu’elle est encore jeune. Donc promue à une jolie carrière de devineresse ! » L’oreille de Charlotte était émoustillée : une diseuse de bonne aventure ? A Paris ? Pour la jeune fille qui ne savait pas ce que l’avenir pouvait bien lui réserver, c’était des plus intéressant ! « Elle est pas-sion-nante ! » La jeune fille réprima un fou rire : Dieu qu’il était drôle, ce petit monsieur avec ses grands airs et ses phrases aussi longue que ses soupirs d’exaltation. Monsieur avait trouvé bonne personne à ses côtés ! « Ma foi non ! Je suis bien, et j’y reste. De plus, ce genre de visite n’est pas des plus prudentes, à ce que l’on dit... Et puis ta Voisin ne me dit rien qui vaille. Elle est peut-être jeune et innocente maintenant, mais avec ce genre de sorcière, on ne sait jamais ! » Le « Oh ! » théâtralement indigné de son compagnon eut raison du sérieux et de la discrétion de Charlotte qui éclata de rires, sous la surprise des deux compères. Le garçon aux rubans bleus fit volte face et, brandissant sa canne comme un chevalier son épée - à cela prêt que le chevalier n’en rendait pas sa coiffe de travers - pesta contre ce buisson qui gloussait. Démasquée, Charlotte sortit de sa cachette et après une courte révérence, s’excusa. Pour toute réponse, elle eut un salut très digne de l’un, et une avalanche de grands gestes où plumes et autres formules gracieuses se bousculaient auprès d’elle, alors qu’on prenait sa main à baiser. « Mademoiselle ! Pourquoi ne pas vous être montrée plus tôt, nous vous aurions mis à votre aise sur ce banc. Souffrez que je me présente pour réparer se manque de galanterie : je suis le Comte Adhémar de Saint-Forgeat, et voici le Marquis Jean d’Assigny, gentilshommes de Monsieur et vos humbles serviteurs, Mademoiselle... ? » Elle lui rendit son sourire ; décidément, sous ses grands airs, il était tout bonnement adorable de gentillesse. « Fontenac ! Charlotte de Fontenac. Je suis Fille d’Honneur de Madame la Duchesse d’Orléans. Pardonnez mon espionnage mais vous parliez de chose fort intéressante, et je me suis risquée à y prêtée une oreille plus attentive peut-être que la votre, Marquis ». Un large sourire éclaira le visage du mignon qui sans plus tarder, raconta tout dans les moindres détails à cette jolie personne qui en plus d'avoir le mérite d'avoir un semblant de maintien pour une femme, s'intéressait à ce qu'il avait à dire. Deux raisons amplement suffisantes pour la prendre à son bras. Et comme le clocher de la chapelle sonnait la mi journée, le conteur et son attentive écoute allèrent bras dessus-bras dessous souper, une pointe de soleil éclairant leur chemin sous les présages d'une nouvelle amitié.



Dernière édition par Charlotte de Fontenac le 10.05.12 11:58, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime09.05.12 21:24

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CHAPITRE III

Les découvertes

_________________________________________________

Lorsque l’on annonça qu’on quitterait le Palais-Royal pour Versailles, la tranquillité de la fin de journée avait laissé place en quelques heures à une véritable tempête de mouvements. La réaction de Madame avait été éclatante : enfin, elle regagnerait ce centre solaire de la joie et du grand faste qu’elle aimait tant ! Quant à Monsieur, si les sommation de son Royal Sire de frère le mettait toujours en rage, le Duc s’empressa de faire dans la dentelle la plus fine de tout Paris : se disputer avec son épouse de leurs trousseaux respectifs. Bien entendu, toute la maisonnée princière prendrait le chemin de Versailles avec eux - et Charlotte ne devait pas y faire exception. Le voyage avait été des plus agréable : assise entre la discrète Catherine de Corlay et la charmante Mary of Monaghan avec lesquelles elle partageait la chambre, les trois fleurs passaient un moment hilare en compagnie de l’indémodable Adhémar de Saint-Forgeat qui se faisait une joie de distraire ces jeunes Dames au son de ses histoires rocambolesques. Aussi, lorsque l’on passa le bois de Fosse-Repose, Charlotte était prise d’un tel fou rire qu’elle ne remarqua pas tout de suite cette merveille dont le Roi Soleil tirait toute une fierté. Et pour cause ! L'étirement de ses longs bâtiments roses côté ville, blancs côté jardins, avaient une majesté sans pareille. Derrière, à la limite des jardins, un canal bleu filait vers l’horizon où il se perdait tandis que devant le château, la ville s’élevait en bordure de trois larges avenues tracées en éventail - uniquement composées de nobles hôtels de pierres blanches, tous pourvus de jardins. Le beau soleil faisaient briller les grilles dorées et les ardoises neuves des toits. « C’est splendide ! » L’émerveillement devait se lire sur son visage, car une fois son regard détourné des jardins qui d’emblée lui donnaient envie, le regard noisette de la jeune fille croisa le sourire moqueur de son ami. « Allons donc, Monsieur, pourquoi cet amusement ? Etes vous si accoutumé au faste que Versailles même ne trouve plus de grâces à vos yeux ? » La petite bouche du Comte se forma en ce petit « Oh ! » d’indignation que l’on ne lui connaissait que trop bien, mais qui déjà s’élargissait pour rire aux éclats. « Mon dieu, mon petit chaton, ne miaulez pas si fort ! Si on venait à vous entendre, on me traînerait en sens inverse jusqu’à Paris. Et croyez moi : je préfère cent fois le calme de cette charmante campagne que la pestilence de la capitale ! » Mouchoir au nez pour appuyer son dégoût, Adhémar prit la main de son amie. « Qu’allez-vous porter ce soir ? Le bruit court que vos coffres regorgent de merveilles, ma chère Charlotte ? » Lui tapant sur la main, la jeune fille secoua désespérément la tête : Adhémar croyait-il vraiment qu’avec pour seul recours financier la petite bourse presque vide que lui avait laissé sa Tante, elle pouvait se permettre des folies ? « Tachez de garder le nez dans vos fanfreluches plutôt que de lorgner celles des autres ; vous êtes pire qu’une femme, ma parole ! Et de toute façon, je ne tient à particulièrement à être vue ce soir. Et si Madame n’a pas besoin de moi, je troquerai volontiers les salons pour les jets d’eau de Monsieur Le Nôtre ! » En effet, il y avait jeu chez la Reine ce soir-là. En arrivant en France, Marie-Thérèse s’était découverte une passion pour les cartes et s’y adonnait avec un plaisir visible en perdant parfois de grosses sommes avec un parfait naturel. Et bien évidemment, la Cour se pressait chez elle car on était certain de s’y amuser. Mais comme annoncé, et en dépit de quelques grondements de tonnerre, Charlotte descendit, quitta la cour des Princes et gagna le Quiconce qu’elle parcourut jusqu’au bord du Jardin français d’où elle pensait aller vers le canal afin d’y trouver l’obscurité. Ah qu’il était agréable ce calme, ce silence car l’orage approchant faisait jusqu’à taire les oiseaux. Les deux mois passés à Paris avaient quelque peu fatigué la jeune fille, et tout comme Saint-Forgeat, elle était heureuse de quitter le vacarme de la ville pour la douceur de la province - aussi grandiose soit-elle. Elle s’assit sur un banc abrité d’un grand arbre et extraya la dernière lettre qu’elle avait reçu de sa Tante, en date du mois de septembre alors qu’elle n’était chez Madame que depuis trois semaines. Claire de Brecourt racontait qu’elle avait eu la charmante visite de sa belle-sœur qui, après avoir envoyer des gens semer la panique chez ses domestiques, s’était déplacée elle-même en grande pompe, réclamant ce qui lui était dû - sa fille. S’en était suivit un échange verbal aussi violent que certains entraînement de Monsieur de Sandras, qui s’était soldé par une formidable menace et le départ fulminant de la futur Marquise de La Pivardière car bien entendu, la belle Marie-Jeanne ne songeait nullement à rompre ses fiançailles avec le bellâtre. « Je sais où porter ma plainte ! » Que voulait-elle dire par là ? Charlotte frissonna : pourquoi tant de haine de la part de sa mère ? Pourquoi toutes ses manœuvres pour s’approprier cette fortune qui revenait de droit à sa fille ? De ce qu’elle s’en souvenait, Hubert de Fontenac était d’une famille aisée, mais son bien n’était pas de nature à rivaliser avec celle d’autres familles... Un bruit tira la jeune fille de ses pensées ; quelque part, quelqu’un pleurait. Elle suivit la plainte en remontant le chemin qu’elle venait de prendre, s’orientant aux lumières du château qui scintillait au loin. Un violent coup de tonnerre la fit sursauter mais, prenant son courage à deux mains, continua bravement sa route jusqu’à ce qu’un éclair déchire le ciel et les nuages crevés déversèrent sur elle une trombe d’eau. Trempée, Charlotte n’en ralentit pas moins sa course vers le Quinconce qui était le salut mais elle l’atteignait à peine quand l’attaque se produisit : brusquement, quelque chose s'abattit sur elle - une couverture ? - et deux bras se resserrèrent autour de sa taille. Sentant qu’on l’enlevait et que ses pieds ne touchaient plus terre, elle se mit à hurler : « Au secours ! A l’aide ! » Une main vain la bâillonner mais relâcha son emprise, qui permit à la jeune fille de glisser sur le sol et d’essayer de ramper le plus vite possible pour échapper. Alors, il s’abattit sur elle : assommée, elle n’émit plus qu’un cri étouffé et perdit connaissance...

Charlotte se réveilla au son de la douce voix de Mary. « Où l’avez-vous trouvée ? » L’odeur piquante des sels la fit éternuer cependant qu’une autre voix haut perchée et mécontente répondait : « Sous le Quinconce, alors qu’une grande brute était en train de l’assommer après lui avoir jeter un vulgaire tissu sur la figure ! Alors j’ai volé à son secours, gâtant mon habit et mes rubans par ce temps ! Hélas, cette jolie couleur de rose... Mais on est gentilhomme, que diantre ! » Cette fois-ci, Charlotte ouvrit les yeux et remercia d’un beau sourire plein de gratitude son ange gardien. Ce dernier tenait sa main dans la sienne, une expression bien inquiète sous sa perruque mouillée. « Comment vous sentez-vous, petit chat ? » On l’aida à se relever et machinalement, la jeune fille regarda derrière elle : seule la pluie battante qui défigurait les jardins, encore si resplendissant dans l’après-midi, pas de traces de son agresseur. Aidée de ses amis, Charlotte fut escortée jusque dans sa chambre où séchée, changée et nourrie elle se pelotonna sous les draps pour fermer à nouveau les yeux jusqu’au matin. Elle dormit d’un sommeil si profond qu’elle se réveilla tard dans la matinée, sous les injonctions de Catherine de Corlay : Madame avait naturellement été mise au courant et vociférait que si l’on en avait après sa maison, son tour viendrait très prochainement ! Aussi, appelant sa camériste Louise, elle fut aidée à s’habiller promptement pour descendre dans le cabinet où la belle Anglaise criait toujours. Elle allait d’ailleurs pour la rassurer lorsque Madame de Montespan l’intercepta, accompagné d’un jeune homme qui ne pouvait qu’appartenir à la Police. « Mademoiselle de Fontenac ! On vient pour vous faire escorter chez le Lieutenant général - c’est très urgent parait-il. » Charlotte voulut protester, mais le ton de la Marquise ne souffrait jamais contradiction - à moins que l’on appartienne à une famille aussi grande que celle des Mortemart-Rochechouart. Aussi, elle suivit le jeune officier qui la prit sur son cheval et partit sur un galop puissant. Si l’on voulait arriver promptement au Châtelet, mieux valait se dépêcher. Lorsqu’on la fit pénétrer dans le grand bureau, Nicolas de La Reynie achevait de lire une lettre qu’il posa aussitôt pour aller au devant de la jeune fille, lui prendre les mains et la faire assoir près du feu. « Pardonnez moi un accueil bien peu convenable pour une jeune fille telle que vous, Mademoiselle, mais si je vous ai fait chercher aussi rapidement, c’est pour que vous n’appreniez pas sans ménagements le deuil qui vous frappe ! » « Un dueil ? Mais à l’exception de ma mère...» « Il ne s’agit pas de votre mère... Madame la Comtesse de Brecourt, votre Tante, est morte dans la nuit. Assassinée ! » Si Charlotte n’était pas assise, elle se serait sans doute laisser plonger dans le gros fauteuil ; le regard vide, lourd de larmes et ses mains toujours dans celle du policier mais tremblante, la jeune fille se laissa aller au chagrin de la perte de cette femme qu’elle avait appris à aimer comme une mère à défaut de celle qui cherchait par tous les moyens de la faire disparaitre. Pauvre Claire ! Qu’avait-elle donc fait pour mériter cela ? Soudain, le souvenir de la lettre envoyée par sa Tante un mois plus tôt lui revint à l’esprit : les menaces de Marie-Jeanne, sa fureur lorsque la Comtesse l’avait chassée en refusant toute information concernant sa nièce, les hommes qui avait débarqué chez elle... Se pouvait-il que ? « Mademoiselle ? Je devine votre peine, qui doit être tout aussi grande que la mienne parce que votre Tante était une amie mais, souffrez que je vous pose quelques questions... Auriez-vous des... soupçons ? Des souvenirs qui pourraient nous guider à retrouver ses meurtriers ? Car croyez bien que nous mettrons tout en œuvre pour démasquer les coupables ! » Encore tremblante, Charlotte tourna son regard embué de larmes vers cet homme qu’elle devinait tout aussi bouleverser qu’elle. « Hélas, Monsieur... Ma Tante avait reçu des menaces de sa belle-sœur, ma... ma mère qui était venu chez elle pour me retrouver. Mais je n’ai pas la preuve qu’elle ait mis cette menace à exécution... Et je ne m’explique pas les motifs. Croyez vous qu’elle l’aurait faite tuer simplement pour remettre la main sur moi ? » La question lui paraissait si stupide que sa voix brisa sous un nouveau flot de larmes, tandis que le Lieutenant général sortait un mouchoir de sa poche et le lui tendit. Les dires de la jeune fille ne faisaient que trop appuyer ses propres conclusions, après l’enquête menée en secret pour le compte de la défunte Comtesse. « Mademoiselle... Je ne pense pas que Madame votre mère se soit laissée aller à l’acte ultime pour vous enfermer. De toute évidence, il y a là quelque chose d’autre... Et je pense savoir quoi. » Occuper à nettoyer ses yeux, Charlotte n’entendait qu’à demi mots. A quoi bon écouter, alors que sa Tante était morte et qu’elle n’avait désormais plus aucune protection - sinon celle de Madame qui, si elle avait de l’affection pour elle, pouvait la congédier du jour au lendemain. « Vous n’êtes pas sans savoir que votre père a beaucoup voyagé, et notamment en Orient... D’après mes nombreux entretiens avec divers de ses anciens employés, il en aurait rapporté beaucoup de trésors rares et précieux... Un en particulier. » « Monsieur de La Reynie ! J’ai passé l’âge des histoires de pirates. Et qu’est-ce que cela aurait avoir avec moi, puisque c’est moi que l’on vise en tuant ma Tante ! » « Mais tout ! Sachez que l’un de ces trésors est un joyaux, une merveille telle que le Roi même n’en possède pas. On l’appelle « l’Œil du Soleil » et vaut une véritable fortune, à faire pâlir les plus grands princes d’Europe. Cela ne m'étonnerait pas que votre mère soit à la recherche de ce trésor inestimable, puisqu’elle comblerait ses soucis d’argent et ses futurs frais de mariage. Or, le joyau est introuvable...» « Encore une fois, qu’est-ce que cela à avoir avec moi ? Vous croyez que je sais où ce trouve cet... cet « Œil » ? C’est ridicule, c’est la première fois que j’en entends parler. » Charlotte en avait assez : fatiguée, encore traumatisée par la nouvelle de la mort de Claire, elle ne souhaitait qu’une seule chose : regagner Versailles et s’acquitter de ce deuil qu’elle porterait, quoiqu’en pense Madame et le calendrier des fêtes somptueuses que l’on donnerait ces prochains jours. Aussi, elle remercia Nicolas de La Reynie, prit congé et repartir à bride abattue escortée du jeune homme qui l’avait conduite au Châtelet. « Bien. Dans ce cas, bonne chance Mademoiselle de Fontenac : vous en aurez grand besoin ! »

« Oooooooooooh mon Diiiiieeeeeeu ! » La voix haut perchée avait raisonnée dans le long couloir de la galerie des glaces ; il avait crié si fort que l’on s’était retourné sur leur passage et Charlotte cru mourir de honte sous ses dentelles sombres. « Ne pouvez-vous un seul moment vous comporter en homme plutôt qu’en femmelette ? Je n’aurais jamais rien du vous dire, Adhémar ! » Le regard piteux et la bouche en cœur, Charlotte aurait pourtant pu lui pardonner, mais elle était encore trop choquée par les dernières quarante-huit heures pour avoir retrouvé toute sa contenance. Aussi, c’était le pauvre Comte qui en souffrirait. Ce que le jeune homme, sous son air de chien battu, ne prit que trop sur lui : ce que vivait celle qu’il appelait affectueusement, comme beaucoup d’ailleurs, son « petit chat » était d’un tragique épouvantable. « Pardonnez-moi, Charlotte, mais je souffre avec vous ! D’autant plus que j’ai peur pour vous... Je rêve la nuit que des brigands s’en prennent à vous et vous traînent de force jusqu’à votre mère qui vous enfermera comme les méchantes sorcières dans les contes de fées. Affreux ! » Ses manières avaient beau l’agacer en cette période de deuil, Charlotte était contente de pouvoir se reposer sur cet ami de tous les instants. C’est vrai qu’il avait toujours été là, l’ayant sauvé des griffes d’un misérable qui avait tenté on savait quel enlèvement. L’enquête avait fait choux blanc, et comme Charlotte gardait encore quelque rancœurs à l’égard de La Reynie et ses histoires d’Orient, la jeune fille s’était tenue bien à l’écart de tout cela en restant fidèle à Madame qui, comme prévu, n’avait guère apprécié que son chaton revête les couleurs noires alors que la mode était résolument au blanc qui seyait si bien à la demoiselle. Pour autant, elle ne l’avait pas exilée à Palais-Royal ni à Saint-Cloud, ce dont Charlotte la remerciait : outre sa connaissance de l’Anglais, la jeune fille chantait bien et égaillait certaines soirées moroses de cette fin d’octobre qui prenait un mauvais tour. Non seulement il faisait un temps à en pleurer mais en plus, les bruits les plus sombres courraient à la Cour. L’annonce de la mort de Claire de Brecourt avait retourné bon nombres d’esprit, et on allait parfois pousser le vice jusqu’à aller chez la Duchesse pour en apprendre d’avantage sur les circonstances du drame. Mais si Henriette aimait assez que l’on voit du monde chez elle, elle n’aimait pas que l’on se repaisse du malheur d’une de ses filles d’honneur - même si secrètement, la Princesse mourrait d’envie comme les autres que Charlotte sorte de son silence pour conter les détails du drame. Aussi, la jeune fille ne trouvait guère plaisir à sa vie à Versailles et seul l’entourage de ses compagnes Filles d’Honneur ainsi que celle d’Adhémar lui permettait de ne pas perdre totalement la tête. « Hélas, mon ami, que voulez-vous que je fasse d’autre sinon continuer comme je le fais ? Avec ma Tante est tombé mon dernier rempart de protection, sauf bien sûr Madame qui reste bien bonne même si vous connaissez sa frivolité autant que celle de son époux. Avez-vous gagné votre pari à ce sujet ? On me dit que le Marquis d’Assigny à une somme colossale en jeu contre vous ? » Adhémar s’arrêta brusquement et pour la première fois, Charlotte se sentit rougir sous ce regard qu’elle voyait sérieux pour la première fois. « Ma chère, il y a plus urgent que mes dettes de jeu ! Comme vous l’avez très bien fait remarquer, vous êtes sans protection et toujours sous la tutelle de votre mère qui peut vous prendre à n’importe quel moment si la main bienveillante de Son Altesse Royale ne devait plus vous être acquise. Et permettez-moi de vous dire que je n’aime pas savoir mes amis en danger ! » D’un mouvement brusque et pressé, le jeune homme tira alors sa compagne en dehors de la galerie et emprunta un chemin délabré ; là, dans une alcôve sombre mais peu fréquenté, il prit avec une infinie douceur les jolies mains de la jeune fille. « Je veux vous aider et assurer votre sécurité. Vous m’êtes aussi chère que mes broderies de Florence - c’est une marque de distinction sur laquelle je ne souffre pas critique, et vous le savez ! Ma chère Charlotte, si je ne puis vous offrir une armée pour vous défendre, songez que je peux vous donner l’abri qu’il vous manque : mon nom ! » La stupéfaction arracha un petit cri à Charlotte ; avait-elle bien entendu ? « A... Adhémar ? Mais vous... vous êtes... vous... » « J’aime les hommes ? Bien sûr, mais cela ne m’empêche pas d’éprouver de la tendresse pour les femmes, surtout lorsqu’elles sont de mes amies et qu’elles sont aussi pétillantes que vous ! Réfléchissez... En devenant Comtesse de Saint-Forgeat, votre mère perd ses droits sur vous et vous serez au moins certaine qu’elle ne tentera rien auprès du Roi pour vous ramener et vous neutraliser. Et si vous m’épousez, la fortune de votre père est également hors de sa portée, puisqu’elle me reviendrait par droit de mariage. Mais surtout, mon amie, vous seriez toujours avec moi et nous pourrons parler chiffon sans faire jaser personne ! » Un sourire timide se dessina sur les lèvres de la jeune fille ; cette proposition, aussi incongrue était-elle, ne manquait ni de sens ni de malice. Encore fallait-il que l’on donna son accord pour sceller cette union qui allait faire parler ! « Et vous feriez-cela pour moi ? Vous entacheriez toutes vos chances de bonheur pour assurer ma sécurité ? » « Mais quel meilleur bonheur pourrais-je espérer que celui d’un mariage courtois et éclos sous le sceau de l’amitié ? Il faudra bien que je me marie un jour, et si je puis le faire avec une personne qui m’est chère, croyez-bien que je sauterais sur l’occasion. Or, vous êtes mon occasion, Charlotte ! Réfléchissez, prenez votre temps et nous en rediscuterons. » Le 31 octobre 1666, Adhémar de Saint-Forgeat et Charlotte de Fontenac célébrèrent leurs fiançailles dans la chapelle du château, sous la bénédiction du Roi. Il faisait doux, et le soleil que l’on n'espérait plus revoir avant le printemps prochain, auréolait le nouveau couple qui se tenait par la main...

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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime10.05.12 18:15

Bonjour ! Peace and love

Je pense avoir terminé ma fiche, merci de l'attention que vous lui porterez !
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Amy of Leeds


Amy of Leeds

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime11.05.12 22:33

TU ES VALIDÉE !
BIENVENUE A VERSAILLES

Oooooooooooooooh ! Une personne " normale " qui n'a pas écrit un roman entier de plus de 30 pages voire plus ! Merci mon Dieu ! Prières (Vous vexez pas les loulous Razz ) Merci à toi Charlotte de nous offrir une image moins effrayante Razz On est tous des tarés ici Razz Alors mademoiselle ... Pour passer aux choses sérieuses, j'ai beaucoup aimé ta fiche. Smile Style très agréable, orthographe impec', histoire qui tient la route ... Bref franchement rien à redire ... Je ne vais donc pas faire durer le suspense ou le sadisme c'est selon, il parait qu'ici c'est synonyme Razz Je te souhaite par conséquent, la bienvenue à Versailles !cheers Amuse toi bien parmi nous ! Very Happy Ci dessous tu trouveras dans le pense bête, tous les liens qui t'aideront pour une intégration optimale. Smile PS à Mister : On tape pas la petite nouvelle, tout ça parce qu'elle est au service de votre épouse hein ! On accueille comme il se doit les nouveaux venus hein ! Razz
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PENSE PAS BÊTE ; Qui est qui ? Petit topo des personnages sur le forum.Fiches de liensFiche de rpsDemandes de rangs et de logementsProposer un scénario.




______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Alvise Di Venezia


Alvise Di Venezia

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: J'aime l'idée même de la beauté. Une vraie personne? Euhh.. non. Pas encore.Ah si... j'aime bien les filles fréquentées par mon frère, c'est normal ça?!
Côté Lit: rêves érotiques avec un idéal féminin mais ça reste très abstrait(forcément)
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Tout pour la Galerie

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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime11.05.12 22:39

Du sang neuf **

Bienvenue à toi parmi nous!!!!!!! cheers Le personnage d'Adhémar est particulièrement croustillant PTDR

______________________

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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime11.05.12 23:48

Han **

J'adore cette histoire, ton écriture, ton personnage, ton Adhémar.... **

(pis avec Tamsin Egerton qui est une de mes chouchoutes, en plus, Mortemart va certainement t'a-do-rer Razz )

Bienvenue (ou rebienvenue? Le nom "Fontenac" ne m'est pas inconnu...ou peut-être que je confonds ^^) par Minou, et amuse-toi bien chez les fous What a Face
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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime12.05.12 10:39

Merci, Amy, pour cette validation et pour tous ces beaux compliments ! drunken
J'ai pris beaucoup de plaisir à faire cette fiche qui certes, n'est pas bien longue, mais qui raconte bien d'où vient mon personnage et ce qui l'attend.

Je me suis permise d'intégrer des personnages du forum dans ma fiche, alors que mon personnage est inventé et qu'il n'a pas de liens prédéfinis avec eux.

Merci pour votre accueil, à mon égard et à celui de mon Adhémar qui rencontre un franc succès ! xD
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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime12.05.12 12:10

Et bien en voilà, une charmante petite personne Clin d'Oeil . Comme mes camarades au-dessus, j'ai vraiment adoré ta présentation, ton style et les personnages qui émaillent ton récit (Saint-Forgeat est excellent PTDR ) et tu m'as émue avec la mort tragique de cette pauvre Claire de Brecourt Triste . On sent l'histoire rocambolesque derrière tout ça, ça me rappelle mes livres jeunesse avec des héroïnes qui ne s'en laissent pas compter et des secrets à dévoiler What a Face . Bref, j'ai hâte de voir comment cette petite Charlotte va se débrouiller à Versailles Twisted Evil

Quant aux personnages intégrés, je ne peux pas parler pour eux mais moi ça m'a fait plaisir de voir que tu t'es imprégnée du forum allant jusqu'à chercher les autres demoiselles de Madame chez les prédéfinis Very Happy

Enfin voilà, avant de te souhaiter officiellement la bienvenue, sache que tu as bien plu à mon DC, Arthur qui s'est lui-même échappé d'un monastère PTDR . Et que Gabrielle qui est dans l'entourage de la Montespan réclame un lien Twisted Evil


Bref, je suis ravie de te souhaiter la bienvenue parmi nous cheers !! Tu ne peux que t'amuser par ici What a Face . Et ne prends pas peur, si les autres sont des fous, moi je suis parfaitement normale What a Face
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Silvestre de Lévis


Silvestre de Lévis

« s i . v e r s a i l l e s »
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Côté Lit: Ca dépend de vous
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    Miaou ☀
    Mais oui! Mais oui!
    J'ai bien vu un Gros Minet!!


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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime12.05.12 14:48

Bonjouuur mademoiselle, et bienvenue parmi nous =D , en voilà un personnage intéressant, j'ai déjà deux idées de liens pour mes autres personnages, je passerai dans ta fiche de relations bientôt *-*

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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime12.05.12 17:42

Plusieurs inscriptions pour la Charlotte de Fontenac, de Benzoni, mais c'est la première fois qu'une passe les grilles dorées! Bienvenue à toi, mademoiselle! cheers

J'ai déjà quelques petites pistes de lien Charlotte-Éris. Ça va barder! What a Face
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Amy of Leeds


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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime13.05.12 19:17

Bonsoir miss Désolé de Lisa

Ma démarche de ce soir n'est pas facile. Désolé de Lisa Je crois que c'est la première fois que l'on revient sur une fiche validée sur le fofo, mais nous y sommes obligées malheureusement.

Pourquoi me diras tu ?

Nous avons pu en effet vérifier en allant chercher dans le livre même de Benzoni que beaucoup trop de choses sont semblables.

Pour commencer le nom et le prénom. Les noms des autres personnages. L'histoire en elle même, seule la Madame concernée change, puisque ce n'est pas la Palatine. La fuite du couvent etc etc ...

Si tu t'étais encore un peu inspirée du roman pour faire une héroïne à ta sauce, nous n'aurions rien eu à redire là dessus. ça n'aurait pas été un problème, mais là comprends que ça fait vraiment du copié-collé d'une oeuvre.

Maintenant dès qu'on tape sur google : Charlotte de Fontenac on tombe dans les tops sur ATV, et les fans de Benzoni ne se comptant plus peuvent très bien débarquer sur ta fiche, et l'on peut donc nous les admins avoir beaucoup de soucis par la suite ! Désolé de Lisa

Hormis d'éventuels soucis, nous savons ce que c'est que d'être nous " plagiés " concernant nos PVS ou notre contexte. Tu trouveras peut-être le terme un peu fort, mais je ne pense vraiment pas que si Mme Benzoni passe ici demain, elle appréciera que le fruit de son imagination à une large proportion soit reprise ici et qu'elle appellerait bien cela " plagiat " de son côté. Désolé de Lisa Par égard envers l'auteur et par principe pur, on ne peut pas cautionner ça ... Désolé de Lisa Par égard aussi envers nos membres qui se sont crevés pour parfois tout imaginer même s'ils avaient des PVs comme base, on ne peut pas non plus dire amen ... Désolé de Lisa Ce ne serait pas juste pour eux qu'on ferme les yeux.

Nous te demandons donc de faire une refonte de ta fiche, tu peux garder une base si tu le souhaites, on est pas vaches à ce point ... Mais nous te demandons de modifier :

- Ton pseudo entièrement ou du moins ton nom, tu peux éventuellement garder Charlotte mais je crains que Fontenac passe encore moyennement pour les recherches google éventuelles.

- Les noms de tes personnages qui ont été pris du roman.

- Et bien entendu pas mal ton histoire (même si tu peux garder une base d'inspiration bien entendu)

Je te demanderai aussi de ne plus poster sur les fiches des liens des membres pour l'instant.

Tu comprendras qu'en attendant, je te remette dans les fiches non validées et que je t'exite du groupe de la noblesse que je t'avais fait rejoindre. Désolé de Lisa

Si je poste ici sur ta fiche de présa, ce n'est pas pour t'humilier, ce n'est pas le genre du staff. Je ne veux pas faire en sorte que tout le monde te montre du doigt dorénavant. Wink

Généralement on gère ces problèmes par mp. Wink Si je me permets de poster donc à la vue de tous c'est que les membres qui t'ont demandé des liens ou à qui tu es en train de les demander, ne vont pas comprendre, pourquoi tout à coup tu es remise en " non validée ". Les laisser comme ça sans explications et en suspend de leur lien, c'est pas très fun ... Voilà pourquoi je me permets.

Il est toujours difficile de jouer sa "méchante" et surtout sa "rabat-joie," mais là le staff s'y devait !

J'espère ne pas avoir cassé ton entière motivation et que tu comprendras nos raisons. Wink

PS : Je demanderai aux membres, en plus de ne plus poster sur ta fiche de liens pour l'instant, de ne pas poster sur cette fiche de présa pour aucune remarque, étant donné que la fiche est considérée à l'envoi de ce post comme non validée. Clin d'Oeil

Merci. ^^

______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

Le rouge et le noir
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Philippe d'Orléans


Philippe d'Orléans

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il a été brisé, piétiné et maintenant celui qui était à mes côtés est devenu mon ennemi. Quelle cruelle destinée !
Côté Lit: Le lit de mon palais est si confortable et accueillant !
Discours royal:



ADMIN TRAVESTIE
Monsieur fait très Madame

Âge : 27 ans
Titre : Prince de France, Monsieur le frère du Roi, Duc d'Orléans, de Chartres, d'Anjou, seigneur de Montargis
Missives : 10014
Date d'inscription : 03/01/2007


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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime02.06.12 22:01

Bonjour,

Où en es-tu dans ta fiche ? Cela fait un petit temps que tu n'es pas venu, je viens donc aux nouvelles. J'espère que tu modifieras ton histoire au plus vite Clin d'Oeil

______________________

Joyeux Anniversaire mon Prince <3


OH YEAH:


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MessageSujet: Re: • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)    • CHARLOTTE • un joyau pour Madame (terminée)  Icon_minitime

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