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 ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven

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MessageSujet: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime04.10.09 1:24

Eugeny of Stickelhaven
_______ ft. hanna beth
ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven 974391Hanna_Beth_04



    ► La belle fêtera très bientôt son 17ième anniversaire ; elle est née lors de la sixième année de règne de Louis le Quatorzième, le 23 janvier, plus précisément.
    ► De par son noble père, Eugeny est la Comtesse de Stickelhaven, un Comté d'Angleterre, ainsi que la Duchesse de Stickle, une région voisine à cette-dernière. De par sa mère, elle est l'Archiduchesse de Woodroad, dans le Nord de l'Écosse.
    ► Son père est un britannique pure souche ; dans sa généalogie, on ne compte que des anglais. Du côté maternelle, les choses se compliquent un peu. Le père de sa mère avait des origines franco-écossaises, sa grand-mère était espagnole.
    ► La jeune fille est célibataire, bien heureuse de l'être. Mais vivre seule, du moins seule à la Cour, est si éprouvant...




Dernière édition par Eugeny of Stickelhaven le 09.10.09 5:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime04.10.09 1:24

    « Que diable, vous êtes à Versailles ! »

    Un paradis ou un enfer versaillais ?
      « J'ai le vague souvenir d'avoir un jour lu une quelconque publication parlant des mérite de la Cour de Versailles ; je devais avoir environ 10 printemps, ou légèrement plus, je ne me souviens pas bien. Quoi qu'il en soit, cette Cité, Versailles, m'était apparue comme le Paradis Terrestre, ce genre de monde imaginaire dont me parlait souvent ma mère, dans les temps où elle était encore apte à s'exprimer correctement et ce sans délirer. C'est elle qui me donna cette belle envie de voir la France, ses palais, ses nobles, son univers en général. Vous comprendrez que Père, lui, avait une opinion tout à fait différente de la Cour du Roi Soleil. Pour lui, bien qu'il se gardait de le dire, Louis XIV et les siens étaient des fanfarons, qui jamais ne pourraient rivaliser avec notre monarchie, c'est à dire la Royauté Britannique. Quand, enfant, je lui faisais part de mes projets d'aller vivre à Paris, il me riait presque au nez, affirmant que seuls les fils de noble pouvait se permettre de voyager seuls ; et dans sa petite tête, il était bien évident qu'il me marierait à l'un d'eux, pour, peut-être, pouvoir le considérer comme son propre fils. En dernier recours, il avait penser m'envoyer à la Cour pour parfaire mon français ; une exigence de ma Mère, qui avait de la famille là-bas, et qui ne tolérait pas que son mari exige l'anglais dans la maison. À ses yeux, les filles devaient parler la langue de leur père. Bien sûr, les fils pouvaient bien apprendre quelques langues étrangères, pour marchander des terres ou une quelconque autre marchandise. Et puis, je n'étais que l'aînée. Mon père avait toujours eut une vision assez spéciale de mes sœurs et moi. Moi, la première désolation, j'étais celle de ma mère, celle qu'elle aimait tant malgré son sexe. Ma cadette, Catherine, venue quasiment 9 mois plus tard, était la propriété des servantes, qui pouvaient bien en faire ce qu'elles voulaient, mon père s'en fichait. Quant à Byanca, faute de mieux, mon père s'était attaché à elle, faute de mieux. Moi, donc, il était tout à fait possible d'aller me perdre dans une Cour, mais plus tard, bien plus tard. Si Père avait sut ce que Mère ferait de nous après son départ ; nous disperser aux quatre coins de l'Europe, il n'aurait sans doute pas apprécié. Soit, à mes yeux, Versailles est un palais, un paradis, la réalisation de tout mes rêves de jeunesse. Ici, personne ou presque ne se souvient du vieux Thomas « Heaven », on ne se rappelle que de ma mère et de sa lignée française, sa mère espagnole, les bonnes actions de ses pères et frères. Être associez à ma mère me ravie, peut-être les mauvaises langues oublieront-elles un peu mon père.



    Vérité ou fantasme du complot ?
    U.C.

    Plutôt colombe ou vipère ?
    U.C.


Dernière édition par Eugeny of Stickelhaven le 06.10.09 23:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime04.10.09 1:25

    « Dans le Comté de Stickelhaven vivait une enfant qui se croyait vivre dans un conte de fées... »

    Il n'est jamais plaisant d'être tiré d'un songe ; quel soit-il. Car, même si dans celui-ci vous étiez poursuivi par la plus horrible des créatures, par le plus cruel des chevaliers, dès la seconde où vous vous éveillerez, vous ressentirez ce vide. Bien sûr, dans moins d'une minute, vous aurez retrouvez votre entrain habituel. Mais pour certain, le vide est bien présent. Il ne part pas. Malgré tout les efforts, toutes les manières imaginables de le faire disparaître, le vide demeure. Et vous l'aurez, soyez-en sûr, avec vous jusqu'à la fin de vos jours. Un vide incomblable, insondable, même. Un vide que vous ne comprendrez tout simplement pas. Le genre de vide qui glace le sang. Mais bon, il n'est jamais plaisant non plus de s'attarder à décrire les mauvaises choses, les choses qui font peur. Le vide en étant, mes amis, passons à autre chose. À ce qui peut, dans certains cas, suivre le vide. Le vide qui nous intéresse suit l'éveil de la belle Comtesse, la Duchesse ou l'Archiduchesse, c'est selon.
    Il faut savoir que la famille de la belle n'a pas toujours été aussi belle, riche et enveloppée dans ce luxe que les nobles ont si bien répandu dans toute l'Europe. Il vous suffira de questionner les aînés, les anciens, pour avoir une vision assez dégoûtante des « Heaven » fuyant leur Angleterre natale, cherchant le refuge chez ceux que son père avait si souvent méprisés. Dans le secret des couloirs poussiéreux de leur manoir, vous l'entendrez. Les français. Mais rassurez-vous ; le vide si présent est encore bien loin du Roi Soleil et de sa Cour.

      Elizabeth | Miss ? Miss ? Miss Eugeny, please do not make wait for your sisters. It's time, Miss Eugeny. Please...
      Eugeny | Let me sleep, Elizabeth. My sisters will wait. Et puis de toutes manières, j'ai toute la journée devant moi. Go tell her than I'm sleepy. Immediately.
      Elizabeth | Miss, have mercy, do not talk in this language that I can't understand.
      Eugeny | You heard me ? I-mmé-di-a-te-ment.


    1665 s'écoulait lentement ; comme les journées de la belle Eugeny en général. Il y a à peine 20 ans, sa famille était dans la terreur totale. La terreur de perdre ce que leurs ancêtres avaient mit tant de temps à acquérir, à grand renfort de guerres, d'assassinats et d'empoisonnements malhonnêtes. Il faut dire que les Heaven, nous les appellerons ainsi, n'ont jamais vraiment eut la langue dans la poche. Thomas of Stickelhaven était un homme de bonne famille, proche de la famille royale d'Angleterre. On le disait digne, fier, presque capable de porter la couronne que tous convoitaient. Il fut, un temps, un des meilleurs conseillers du Roi d'Angleterre, avant, bien sûr, que sa famille ne tombe en soi-disant disgrâce. C'était exactement une semaine après l'arrivée de ce vide-ci. À l'été 1664. Ne vous préoccupez pas de ce qui pouvait bien se produire en France à ce moment-là ; seuls les Heaven comptaient. Thomas était un homme prévoyant ; il avait des amis haut placés, était proche d'Anne d'Autriche, bref, si jamais les choses tournaient mal pour sa famille, il savait exactement à qui marier ses enfants, quelles régions d'Angleterre revendiquer. Des alliances vieilles de plusieurs années. Un homme respectable et respecté ; c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ne vous attardez pas à cette aura de cruauté qui émane de lui ; Thomas était, après tout, un mari, un père, juste un peu avant d'être l'héritier d'une fortune exorbitante et de dizaines de domaines.

    Il y a longtemps, bien avant le vide ressenti ce jour-là, Thomas of Stickelhaven avait épousé une cousine éloignée, un peu plus jeune que lui, une franco-espagnole de bonne famille qui, soi-disant, lui donnerait des enfants mâles, forts et rigoureux. Leurres ! Infamies ! Mensonges ! Telles avaient été les paroles de Thomas à l'encontre de celui qui lui avait fait de telles promesses, son propre père, ce jour-là. Nous étions en 1649 ; une époque légèrement plus difficile pour les Heaven. Le père de Thomas venait de mourir ; il était maintenant Comte de Stickelhaven, bien qu'il n'ait absolument aucune idée de la manière dont il pouvait gérer le tout. Après deux fausses-couches, sa femme, Marie, semblait enfin sur le point de porter un enfant à termes. Les espoirs placés en cet enfant était grand ; selon un système que Thomas répugnait au plus haut point ; la primogéniture mixte ; cet enfant, s'il n'était pas mâle, hériterait tout de même de tout ses biens ! Certainement pas. Thomas y veillerait personnellement. Sa femme, Marie, lui avait assuré que jamais elle ne laisserait un de leurs enfants dans l'oublie, lors de l'héritage des titres. Elle-même, avec ses lignées inter-croisées, avait suffisamment de titre pour satisfaire tous et chacun. Immonde française... Lorsqu'il l'avait épousée, Thomas s'était retrouvé avec une belle-famille qui chantait les louanges du Roi Soleil, oubliant leur propre roi. Son beau-frère, nul autre qu'un des conseillers du Roi, lui déplaisait énormément. Il retenait pour sa descendance tout les titres qu'il aurait voulut voir revenir aux siens !

    Dans la petite pièce mal éclairée où Marie était enfermée depuis le matin, accompagnée de toutes ses femmes de chambre françaises, l'ambiance était à la panique. Thomas était seul dans la cuisine, faisant et défaisant le nœud d'un énorme sac de toiles contenant supposément le « nécessaire à enfantement » des françaises. Il craignait pour son enfant. En épousant Marie, il avait renoncé à beaucoup. Une cousine allemande, beaucoup plus jeune, beaucoup plus belle, qui, elle, n'aurait sûrement pas laissé mourir autant d'enfant. C'était elle, qu'il voulait, au fond. Elle qu'il voulait pouvoir toucher, sentir, sous le devoir conjugal. Ciel, pourquoi avait-il fallut que son père trépasse à ce moment-là... Comme Comte de Stickelhaven, Thomas avait des responsabilités. Il ne pouvait pas se marier à la légère ; les alliances entre ses territoires étaient en jeu, tout de même.

      Marie | Elizabeth ! Elizabeth ! Apportez-moi de l'eau, Elizabeth ! Apportez-moi de l'eau ! Immédiatement !
      Elizabeth | Wait a minute, Ma'am. Your child... I see the head.
      Marie | Thomas! Thomas, mi esposo, niño, nuestro niño está ahí!
      Gabriella | Tu esposo no entiende este idioma, señora.
      Elizabeth | It's a pretty little girl, ma'am.
      Marie | Señor, no! Ne venez pas, Thomas ! N'entrez pas !
      Gabriella | Vamos, señora! Usted no puede hacer nada, vamos!


    À entendre tout ces éclats de voix, toutes ces langues étranges, il était évident que les Heaven n'était pas purement anglais. L'enfant, malgré qu'il soit femme, aurait sûrement une éducation très particulièrement, à mi-chemin entre le catholicisme et l'anglicanisme, entre l'anglais, le français et l'espagnol. Thomas, bien qu'il eut souhaiter un fils, ne pourrait certainement pas résister au joli visage de sa fille, à sa curiosité sans égal, ses manières déjà tellement sophistiquées. En ce 23 janvier 1649, alors que dehors tombait une neige épaisse et collante, venait de naître la toute première cause de sa perte. Une « sang-mêlé » comme on les appelait, une de ces héritières de lignées qui posséderaient plus de titres qu'il était imaginable. Mais le pire, dans toute cette histoire, était qu'elle ne serait même pas la seule. Si Thomas, longtemps, avait songé à répudier sa femme pour retourner vers cette cousine allemande, il ne le fit pas suffisamment tôt. Non. Marie tomba de nouveau enceinte ; elle donna de nouveau naissance à une fille. Sa cousine, elle, devait se marier très prochainement. À l'été 1655, finalement, quand naquit sa troisième et dernière fille, Thomas se considérait déjà comme un homme finit. Sa femme, affaiblit, malade, ne serait jamais apte à donner naissance à un nouvel enfant, c'était inconcevable. Il avait perdu sa belle allemande, tout les espoirs qu'il avait misé sur un enfant mal. Mais, encore une fois, la chose la plus frustrante était tout autre. Sa maîtresse, une répudiée irlandaise de bonne famille, sans enfants, âgée d'à peine 20 ans, venait de donner naissance à un fils. Leur fils. Et il ne pourrait même pas le faire reconnaître.

    Malgré tout, Marie et ses trois filles coulaient des jours heureux, loin des soucis existentiels de Thomas. Il avait ses maîtresses, son travail et ses relations européennes ; il voyageait beaucoup, laissant souvent ses femmes au soin des domestiques. Mais un jour, cependant, ce devait être en 1661, environ, il ne revint pas. Il était partit, lui, avec sa maîtresse irlandaise et leur fils de 6 ans. Les réactions des Heaven furent diverses. Thomas n'avait plus de famille, si ce n'est quelques cousins éloignés ; personne pour se soucier de « sa veuve et ses orphelins ». Quant à Marie, même si son frère, Charles, était riche, prospère, entouré de fils et de domestiques, jamais l'idée ne lui serait venue d'aider sa sœur. C'était la fin du paradis déjà en péril des Heaven. Marie, alors, sombra dans ce que certains appelaient la folie. Elle n'était plus la même. Elle passait ses journaux à se promener dans les jardins entourant sa maison, à boire du thé où à converser avec ses quelques amies ; une vrai vie de noble anglaise, en fait. Mais elle était une coquille vide. Durant presque 5 ans, il en fut ainsi. Eugeny, Catherine et Bianca - ses deux petites sœurs - menaient une vie tranquille. Une éducation correcte, des fréquentations riches et célèbres.

      Catherine | Eugeny ! Eugeny ! J'ai reçu une lettre de la part du Duc de Cartwright ! Eugeny !
      Bianca | Qu'est-ce qu'il a écrit ? Qu'est-ce qu'il a écrit ? Veut-il prendre ta main ? Je veux voir la lettre !
      Catherine | Laisse-moi tranquille, Bianca ! Tu es trop jeune pour comprendre ! Eugeny ! Eugeny ! Seigneur ! Et dire que je fêterai mon 15ième anniversaire dans quelques mois !
      Bianca | Et puis alors ? Je suis suffisament mature pour comprendre ! J'ai 11 ans ! Eugeny, dis-lui de me laisser voir la lettre !
      Catherine | Elizabeth ! Montez réveiller Eugeny ! Qu'elle descende le plus rapidement possible, c'est une urgence. Allez !
      Elizabeth | Bien mademoiselle.


    Spoiler:





Dernière édition par Eugeny of Stickelhaven le 04.10.09 16:34, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime04.10.09 1:25

    « Ou encore dans un cauchemar, tout est une question de goûts en matière de tortures mentales. »

    C'est en ce début de l'année 1666 que les choses tournèrent vraiment mal. Les rues étaient envahis de gros flocons de neige qui bloquaient les déplacements ; depuis des jours que les Heaven n'avaient pas mis le nez dehors. Encore en extase devant les lettres de celui qu'elle appelait maintenant son « fiancé », Catherine n'avait de cesse de rappeler à ses sœurs comment elle avait sut braver le déshonneur, pour prendre un époux et devenir doublement noble. Elle passait ses journées à rêver de sa vie future, essayer les robes les plus belles et les plus chères que lui faisaient parvenir son prétendant. Bref, il n'y avait qu'une seule personne chez les Heaven à ce moment-là qui semblait vraiment réaliser dans quels problèmes ils étaient tous en train de s'embarquer. Le Comte de Cartwright, que Catherine adulait tant, vivait loin, très loin de Stickelhaven. Il emmènerait sa petite sœur vivre loin de chez elle ; au fond d'elle-même, Eugeny était persuadée qu'elle finirait par revenir. Son futur époux n'était pas réputé pour sa fidélité ; sa précédente femme, une adorable écossaise, était morte en couches. Il n'avait pas d'héritier, et elle ne s'imaginait pas bien sa sœur, à 15 ans, enfanter sans relâche.
    Quant à Bianca... Eh bien, à 11 ans, elle semblait bien être la plus heureuse. Elle demandait sans cesse à Catherine de lui montrer ses lettres ; combien de fois avait-elle même tenter de les lui voler, dans sa chambre, alors qu'elle était partie se promener on ne sait où, avec son Comte, qui lui vantait les merveilles de sa future vie. Leur mère, toujours aussi perdu, toujours aussi traumatisée par l'abandon de son mari, finit, un beau jour, peu de temps après la mort d'Anne d'Autriche, par les convoquer toutes dans sa chambre. Elle se disait malade, mourante, et voulait pouvoir revoir ses trois héritières devant elle ne serait-ce qu'une dernière fois. C'était une scène mémorable ; une scène que, même répartie aux quatre coins de l'Europe, les filles ne pourraient jamais oublier. Enfin, la plupart d'entre elle. Appuyée contre la chambranle de la porte, Catherine affichait son habituel air impatient ; elle tenait en main de toutes nouvelles lettres du Comte, attendant sûrement de pouvoir aller les lire. Bianca était assise au pied du lit de sa mère et lui tenait la main, avec son tact habituel, elle lui demandait déjà quand est-ce qu'elle pourrait aller dîner. Une odeur de viande cuite se promenait dans la maison. Dans la cuisine, Elizabeth versait de grandes cuillères de soupe dans de grands bols. Eugeny, eh bien, elle ne savait plus quoi faire. Debout au milieu de la pièce, une main sur l'épaule de Bianca, elle sentait venir cette annonce qui les séparerait toutes.

      Marie | Je suis tellement heureuse de vous voir autour de moi, mes petites filles tant aimées. J'aimerais tant pouvoir vous dire de belles choses, mes chéries. Mais le temps presse, et je n'ai pas la santé requise pour m'éterniser en flatteries et en compliments.
      Catherine | Vous n'êtes pas malade, Mère. Vous avez l'air en pleine forme. Quand le Comte viendra, dans quelques jours à peine, vous vous serez remise et pourrez lui accorder ma main. Reposez-vous, pour l'instant, moi et les filles allons descendre dîner.
      Marie | Non ! Non ! Catherine, ma chérie, ne me laisse pas, ne te sépare pas de moi. Restez ici, toutes les trois, jusqu'à la fin. Je ne veux pas mourir seule.. J'ai si soif... Je n'ai pas la force d'aller quérir Ellizabetth, la pauvre ne comprend pas mes paroles...
      Eugeny | Elizabeth ! Bring water to Mother, please !


    Un long silence suivie cette si aimable requête ; Elizabeth mit au moins 5 bonnes minutes à monter l'eau en question, minutes durant lesquelles Marie, prise d'une violence quinte de toux, se cramponnait au bras de Bianca, qui semblait traumatisée par les gouttes de sang qui allaient s'écraser sur le plancher. Finalement, dès que sa mère eut l'air en meilleure forme, elle se dégagea brusquement, en poussant une sorte de petit cri. Du haut de ses 12 ans, qu'elle avait fêté tout récemment, Bianca n'était pas vraiment apte à comprendre la médecine ; pour elle, dans quelques jours, sa mère serait remise, en pleine forme, prête à affronter tout les malheurs que la vie risquait de lui apporter dans l'avenir. Mais, vous le savez bien, tel n'était pas le cas. Après avoir but plusieurs coupes de l'eau tiède, quasiment souillée, apporter par Elizabeth, Marie ferma les yeux durant quelques instants, luttant contre une force intérieure inconnue, avant de saisir de nouveau le bras de Bianca, pour se redresser, cette fois-ci. Elizabeth se précipita pour redresser des oreilles. Ainsi assise, couverte de sueur, on aurait put croire qu'elle venait d'enfanter. Sur un geste sec d'une des sœurs, Catherine, sûrement, qui voulait en finir au plus vite avec cette conversation sans but, Elizabeth redescendit rapidement les escaliers, retournant à sa soupe.
    Marie considéra lentement Catherine, puis Bianca, et finalement Eugeny, qui avait profité de cette occasion pour se rapprocher un peu de la fenêtre ; la vue, et surtout l'odeur du sang - elle trouvait en effet que le sang empestait - lui était insupportable. Déjà, la tête lui tournait, elle n'était même pas certaine de bien entendre ce que sa mère disait, faiblement d'abord, puis de plus en plus rapidement, de plus en plus fortement. Comme si elle savait ses secondes, ses minutes comptées, et qu'elle se dépêchait de livrer son discours. Mais non, allons, c'était ridicule. Si mère avait été mourante, elle n'aurait put parler, du moins c'est ce que se disait Eugeny. Elle jeta un regard à Catherine ; comme elle, elle semblait inquiète. D'un même mouvement, les deux aînées s'assirent aux côtés de Bianca, qui pleurait maintenant doucement, sans même s'en rendre compte.

      Marie | Ne pleure pas, mon trésor, Bianca, je t'en supplie. Te voir en larmes ne fait que me ramener à mes propres souffrances... Sèche tes larmes. Ce que je vais faire ne vous plaira pas, mes chéries. Mais ma fin est proche... Je me dois de vous livrer, de vous expliquer ce pour quoi votre père et moi avons longuement travaillé. Thomas... nous ayant... quittés.. je ne puis que vous référer à ma propre famille, des nobles de France et d'Espagne. Vous faire savoir comme étant des nobles de Stickelhaven nuirait à votre avenir.
      Catherine | Mère, je vous en supplie, ne m'envoyez pas dans une Cour étrangère, par pitié. Je ne veux qu'épouser le Comte de Cartwright, c'est tout ce que je vous demande. Je serai la plus heureuse des femmes si jamais vous m'envoyer chez lui. Il n'attend qu'une réponse de votre part pour venir me chercher, Mère.
      Marie | Je le sais, ma Catherine. Répond-lui, dis lui qu'il vienne. Je veux simplement que vous puissiez quitter Stickelhaven en toute sécurité. Votre père a tant d'ennemis... Bianca, ma petite Bianca, je sais que malgré ton jeune âge tu veux découvrir le monde, ma chérie. J'ai un frère, en Espagne, un noble. Il n'attend qu'un signe de ma part pour venir te chercher, Bianca. Épouse un de ses fils ; il en a plein, tu seras heureuse.
      Bianca | Je ne pas quitter Sitckelhaven, Mère. Je ne veux pas quitter Stickelhaven, je ne parle même pas espagnol, je ne veux pas épouser un étranger ! Non, je vous supplie, Mère, ne m'envoyez pas en Espagne ! Non !
      Marie | Tu sais que mon père était français de par sa mère, ma chérie, ton futur mari te comprendra parfaitement. Je t'en prie, ne me cause pas le déshonneur de refuser sa demande. Eugeny, Eugeny, ma chérie. Tu sais que j'ai passé quelques années à la Cour de France, sûrement reste-t-il encore là-bas quelqu'un qui se souviendra de moi. Va à la Cour, c'est tout ce que je te demande. Tu y seras en sécurité... Maintenant, mes chéries, laissez-moi. Je ne souhaite pas que vous assistiez à ma mort. Les lettres à l'intention des concernés sont déjà en route ; Bianca, tu devrais pouvoir partir en Espagne dès ce soir. Eugeny, eh bien un carrosse passera te prendre demain matin. Catherine, préviens ton Comte. Je vous aime, mes petites.


    Ce fut certainement la nuit la plus agitée que connu la famille Heaven ; outre bien sûr celle où Thomas avait plié bagages avec sa chère maîtresse. Elizabeth ne cessait de faire des allers-retours entre la cuisine et les chambres de ses maîtresses, lesquelles se perdaient en exigences diverses. Pour que le lieu de sa « fuite » improvisée reste secret, Bianca ne partirait pour l'Espagne que très tard dans la nuit. Elle pleurait depuis des heures, répétant qu'elle aurait une vie horrible, dans une famille qu'elle ne connaissait pas. Et malgré tout les efforts de sa mère, qui lui répétait les mêmes phrases de plus en plus faiblement, elle ne démentait pas. Si épouser un cousin germain était quelque chose de fréquent, en Europe, elle ne semblait pas vouloir s'y conformer. Catherine, elle, était en effervescence. Elle avait commencer à réunir tout ses effets personnels, bien alignés sur son lit, et criait sans cesse à Elizabeth de lui apporter des malles et des sacs de toile. Vêtue de sa plus belle robe, elle tournoyait devant son miroir, lissant ses cheveux, poudrant son visage. Bref, elle ne dormit pas de la nuit ; le Comte de Cartwright, qui vivait à quelques villages de là, avait aussitôt répondu à sa lettre ; un cocher terrorisé à l'idée de déranger ces mesdames était venu cogner à leur porte, vers 1h00 du matin. C'était la fin des Heaven. Bianca irait se perdre en Espagne, Catherine épouserait un noble, et Eugeny, eh bien, on se débarrassait d'elle en l'envoyant chez le Roi Soleil. Couchée dans sa chambre ; elle était bien la seule des sœurs qui pouvaient avoir le loisir de dormir ; elle avait imaginer diverses manières de mener une belle vie à la Cour. Maîtresse du Roi ? Elle était beaucoup trop jeune, c'était inconcevable. Dame de compagnie de la Reine ou de Madame ? Avec tout ce qu'elle avait entendue sur elles, elle était plutôt inquiète. Elle ne dormit par de la nuit ; le carrosse pour la France devait venir la prendre dans très peu de temps. Comme Bianca, elle traverserait jusqu'au continent, avant de repartir. Mais sa sœur était déjà loin. Au matin, à son réveil, Elizabeth était en larmes. Bianca était partie depuis des heures, Catherine aussi. Et sa mère était morte. Mais elle n'eut pas le temps de la pleurer ; déjà son carrosse était arrivé.

    [...]


      Cocher | Vous verrez, Mlle de Stickelhaven, à la Cour, tout est possible, tout est permis, pour autant que vous respectiez certaines règles de bienséance. J'ai porter vos bagages à la chambre qui vous est dévolue. En espérant recroiser un jour votre chemin, Mlle de Stickelhaven. Je ferai savoir à Mrs. de Cartwirght que vous êtes bien arrivée en France.
      Eugeny | Mrs de Cartwright... Ma soeur s'est elle vraiment déjà mariée ? Porte-t-elle déjà un enfant ? Inutile de lui donner de mes nouvelles tout de suite, mon cher. Je lui ferai moi-même parvenir une lettre une fois que je serai bien installée. Ca risque simplement de prendre un peu de temps, je vous prie de m'en excuser.
      Cocher| Aucun problème, Mlle de Stickelhaven. Je ne sais pas ce que la Cour va faire de vous, peut-être serez vous une Dame de Compagnie ? J'ai eut vent que Madame était très intéressée par votre venue en France.
      Eugeny | Vraiment ? Ne vous en déplaise, j'aimerais d'avoir la rencontrer. Mon père n'était pas un fervent admirateur des français, sans vouloir vous offenser. Il est fort probable, j'en suis désolée, que ma réputation m'ait ici précédée. Ma grand-mère était française, vous le saviez ? Soit. J'espère simplement que parler constamment votre belle langue ne me fera pas oublier la mienne...



Dernière édition par Eugeny of Stickelhaven le 04.10.09 16:32, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime04.10.09 1:26

    « Plus bas la révérence, plus bas. »

    ► Eh bien mon ami, non pas que votre question me déplait, mais vous me connaîtrez dès lors sous le nom de Rainglasse Cool.
    ► Je considère que le tout fait partie du secret pour la défense du territoire, alors soit. J'ai 15 ans.
    ► Étant donné l'attrait que je lui trouve, qui est en train de tourner à l'obsession, je dirais aussi souvent que possible.
    ► Si je vous le donnais maintenant, ça gâcherait la surprise, vous ne pensez pas ? Bof...
    Spoiler:
    ► Ah eh bien la seule chose que je peux suggérer aux nobles de France est bien de ne pas me faire de mal XD Sérieusement, je n'ai rien à redire.
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Alexandre D'Artagnan


Alexandre D'Artagnan

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Joséphine La Grange
Côté Lit: Ca va merci... et vous, confortable ?
Discours royal:



ADMIN SEXY
and he knows it !

Âge : 29 ans
Titre : Ancien Mousquetaire - En recherche d'emploi !
Missives : 1763
Date d'inscription : 24/09/2006


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MessageSujet: Re: ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven   ces plaisirs violents ont des fins violentes ; - ; eugeny of stickelhaven Icon_minitime01.11.09 10:43

Bienvenue. Où en es-tu dans ta fiche ? Il manque deux sous parties dans "Que diable, vous êtes à Versailles !". ^^

Sinon le reste de ta fiche est bien. Wink

______________________




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