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 A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn)

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Amy of Leeds

« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Mère enfin apaisée et femme comblée mais pour combien de temps encore ?
Côté Lit: Le Soleil s'y couche à ses côtés.
Discours royal:



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Âge : A l'aube de sa vingt septième année
Titre : Favorite royale, comtesse of Leeds et duchesse de Guyenne
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MessageSujet: A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn)   A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn) Icon_minitime28.11.08 1:29

Heureuse. C'était le mot ! Le Roi et elle s'étaient enfin retrouvés, pour le pire tout d'abord et ensuite le meilleur. Le Meilleur avec un grand M. La Comtesse ressentait une telle joie, que cette dernière lui semblait presque irréelle. Elle ne prêtait pas attention depuis plusieurs jours, aux courtisans dont les langues acérées comme des poignards continuaient à colporter les plus basses rumeurs. Elle avait accepté! Amy savait tout ceci, avait toujours su et ne s'en plaignait nullement! Le prix de l'amour lui semblait même bien maigre. Il suffisait de ne pas entendre, de poursuivre sa marche en ne cillant jamais et regardant toujours devant soi. De ne rien laisser voir ou même apercevoir. L'art de la dissimulation qui l'avait toujours habitée, la jeune comtesse s'en servait aujourd'hui pour une cause plus noble qu'auparavant.

En outre, les rumeurs de la Cour de Versailles ne représentaient pas autant que le danger qu'une action directe de son père ou de la Cour d'Angleterre. Le plan suggéré au Roi avant de se perdre dans ses bras ne devait plus souffrir de délai ou d'oubli, malgré son bonheur. Il fallait qu'elle obtienne la nationalité française, et le titre que Louis lui avait promis.

Or en ce matin pluvieux, tandis qu'elle longeait les couloirs déserts des appartements de la noblesse, sa robe pourpre suivant ses pas dans un froufrou exquis, elle s'arrêta devant une porte anxieuse et songeuse.

Evangéline de Comburn ! Une amie, une vraie, confidente attentive et mystérieuse. Un soir d'automne, le Roi Charles II l'avait reçu à sa Cour. Les deux jeunes femmes encore adolescentes s'étaient mises alors à admirer leur maîtrise de langue commune l'anglais pour l'une, et le français pour l'autre. Ce furent les prémices d'une relation amicale et durable. Avant de traverser la Manche et de se laisser piéger par son père, Amy avait appris qu'elle logeait à Versailles. Les circonstances l'avaient privée du plaisir de rendre visite à cette connaissance chère.

Comment allait-elle réagir? Amy venait à elle tandis que leur dernière rencontre remontait à des mois si ce n'est une année, de plus la Comtesse of Leeds apportait avec elle, une requête. Non pas une mince demande, mais une de la plus haute importante. Accepterait-elle de devenir sa marraine pour sa présentation officielle à Versailles ... en tant que Duchesse de Guyenne? Amy renseignée auprès de Colbert avait appris qu'Evangéline possédait les quartiers de noblesse requis et que ses terres se trouvaient sur son futur Duché. En choisissant ce titre plutôt qu'un autre, la comtesse désirait rendre honneur à son amie.

Cependant pour l'heure, la favorite royale ne pouvait pas même frapper à cette porte. Sa main se levait pour la toucher et se baissait sous son indécision. Elle ne désirait en aucun cas vexer son amie, peut-être la seule confidente sincère à son égard et donc précieuse à ses yeux. Elle leva à nouveau la main, mais les battants s'ouvrirent avant un autre geste de sa part. Une dame de compagnie désirait sortir, un panier de linge sous le bras, celle-ci sursauta.


- Veuillez m'excuser de vous avoir fait peur de la sorte.

La domestique parut surprise du ton aimable employé par Amy. Les autres nobles ne devaient pas se montrer aussi courtois envers une simple roturière.

- Ce n'est rien Madame. Entrez. Que puis je vous pour vous?

- Je désirerais m'entretenir avec ta maîtresse...Si elle est levée, bien sûr.

- Elle l'est. Qui dois je lui annoncer?

- La Comtesse Amy of Leeds.

- Je vais lui transmettre votre grâce.

Et Amy attendit dans l'antichambre.

______________________

La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

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MessageSujet: Re: A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn)   A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn) Icon_minitime02.12.08 16:20

    La plume grattait doucement le papier en une mélodie appaisante, ponctuée de quelques silences alors que la main se levait et qu’Evangéline était en train de choisir ses mots à chaque fin de phrase.
    Absente depuis plusieurs mois de ses domaines, elle se devait de garder un lien hebdomadaire avec l’intendance de chacun, aucune de ses possession n’était d’un taille inouïe, on pourrait même dire qu’elles étaient toutes modestes, mais elles étaient fouletitude, ce qui rendait la tâche si astreignante et également rigoureuse.

    Cela faisait quelques semaines que les lettres se ressemblaient toutes : les vendanges avaient été difficiles et maigres et à présent le sol était trop gelé pour semer correctement. On craignait la famine pour l’année à venir et en clair, on comptait sur la patronne pour avoir de quoi manger dans l’assiette.
    Un mythe d’imaginer que la noblesse se vautrait dans le luxe impunément alors que la disette frappait le pays, les révoltes de la faim étaient fréquentes et non moins violentes, personne, et surtout pas Evangéline, ne voulait avoir à en craindre une. Alors, il s’agissait de s’assurer que le pain ne viendrait pas à manquer, quoique la nature ait décidé dans ses caprices.

    Un instant, Evangéline s’autorisa à lever la tête de ses comptes d’apoticaires : le vent sinistre d’hiver sifflait entre les branches et même entre les joints de ses fenêtres.
    Le feu crépitait dans la cheminée et réchauffait son dos mais la jeune femme ne put réprimer un frisson qui lui parcourut l’échine jusque dans la nuque et elle resserra contre elle le châle qui enveloppait ses épaules. Le temps était si sombre qu’il fallait qu’au moins une chandelle soit allumée pour éclairer son écriture, même le flamboiement venu de l’âtre semblait insuffisant.

    Evangéline fronça ses sourcils et, concentrée, repartit dans ses travaux de gestion domaniale. Lorsqu’Eloïse gratta à la porte de sa chambre et pénétra dans la pièce, elle ne sembla même pas ciller et s’apercevoir de quoi que ce soit.


    - Madame, une visite…

    Versant du sable pour boire le surplus d’encre et soufflant dessus enfin pour le faire disparaître, Evangéline gromella :

    - A cette heure ? Allons bon, qui est-ce ? Dis que je suis souffrante…

    Et ça n’était pas totalement faux. Sa fuite de l’autre soir chez Bourdeille et surtout son dérapage à peine contrôlé dans l’escalier avaient laissés de plus lourdes traces que prévues sur sa cheville. Après l’avoir lancée toute la nuit durant, elle s’était montrée bleue et tuméfiée au petit matin. La glace et un bandage plus que serré avaient du mal à avoir raison de la foulure et une très légère, mais bien douloureuse et bien réelle, claudication accompagnait les pas de celle-ci.
    Il n’en fallait déjà que peu à Melle de Comborn pour se montrer d’une humeur de chien, alors cette foulure, Eloïse la pressentait déjà comme bien trop longue à passer…
    Et dire qu’elle n’en montrait rien aux autres, dans les salons, dans les jeux, même à la promenade, à rire et à plaisanter tant et plus et puis le soir venu dans sa chambre à pester et à maudire la terre entière de douleur. Heureusement qu’elle savait assez bien jouer la comédie en somme…


    - C’est Madame de Leeds, Madame.

    Evangéline faillit véritablement s’étrangler en entendant ce nom. Les couleurs désertèrent sensiblement ses joues pendant quelques secondes, juste avant qu’elle ne bondisse de son siège. Finies les douleurs à la cheville et l’engourdissement de l’hiver, ou plutôt non qu’importe !

    Amy of Leeds ? Aurait-elle vu un fantôme qu’elle ne se serait pas sentie plus étonnée et décontenancée ! Voilà des mois qu’elle n’avait plus vu, ni entendu à propos de cette amie qu’elle considérait comme bien chère à son cœur. Oh bien sûr, on pouvait compter sur de nombreuses langues à Versailles pour gloser et même parier sur la disparition aussi subite et soudaine de la jeune maîtresse du Roi. Disgrâce ? Grossesse dissimulée ? On murmurait même le mot de « meurtre » ça et là…

    Evangéline n’avait donné aucun crédit à ces allégations. Du moins dans les premiers temps de l’absence de la comtesse... Elle lui avait multiplié les lettres : vers ses demeures en France, vers l’Angleterre et même, même vers Philadelphie, au cas où celle-ci y serait retournée séjourner. Mais aucune réponse ne lui était jamais parvenu, alors de fil en aiguille, elle s’était mis martel en tête… Et s’ils avaient tous raison ?

    Enfin voilà qu’au bout de plusieurs mois sans rien savoir de ce que son amie pouvait être devenue, voilà qu’elle venait se présenter à sa porte, ici, à Versailles.
    C’était tout à la fois un immense soulagement, une joie plus grande encore, mais déjà mille interrogations se pressaient dans son esprit.

    Lorsqu’elle ouvrit la porte de sa chambre et que son regard tomba sur ce visage si familier, il lui sembla que tous ces mois d’absence se trouvaient réduits à néant et que leur amitié ne s’était trouvée interrompue.
    La surprise pouvait se lire sur les traits d’Evangéline qui se figèrent un instant, puis ses lèvres s’élargirent en un grand sourire. Dans sa robe d’un lilas poudré, elle s’avança vers la comtesse de Leeds, les bras ouverts :


    - Oh Amy, dear ! J’ai bien craint ne jamais plus entendre parler de vous !

    Lui saisissant les mains, elle prit une seconde pour la considérer de pied en cap :

    - Et pourtant, regardez-vous, vous avez une mine splendide… Mes missives sont restées lettres mortes, Dieu sait qu'elles furent nombreuses! Si bien que j’en ais été amenée à me demander si toutefois j’avais pu faire ou dire quelque chose pour perdre votre amitié…
    Allons pourquoi tant de silence et de mystères pendant tout ce temps ?


    Machinalement, réflexes de Cour obligents, elle invita d’un geste son amie à prendre place sur un fauteuil, tandis qu’elle-même se posait gracieusement sur petit sofa, les yeux gourmands de réponses.
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MessageSujet: Re: A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn)   A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn) Icon_minitime06.02.09 0:29

Des lettres restées sans réponses? A combien de personnes encore avait-elle causé soucis pendant ces longs mois d'absence? Cependant en y réflichissant bien de fausses angoisses à beaucoup, de vraies angoisses, assurément à un nombre plus restrinct . La Cour pouvait chuchoter, imaginer des tas de raisons qui ne seraient d'ailleurs jamais les bonnes et après tout quel intérêt représentait-elle pour Versailles, sinon les rumeurs? Qui aurait pu s'imaginer que tous ces mois elle les avait passées dans les 20 mètres carrés d'une chambre sinistre aux confins de White Hall ? Sans doute personne et même sa chère Evangéline, mais au moins depuis quelques heures Amy entendait de la sincérité dans la voix de quelqu'un. Au fond c'était cela qui comptait.

La comtesse voulait répondre à son amie et la rassurer mais sur l'instant les mots lui manquèrent. Elle qui était venue solliciter un service de sa part n'avait pas pensé qu'on pouvait finalement la questionner elle. Ces temps-ci n'étaient pas des plus calmes pour la jeune femme et les répercussions sur son état d'esprit pouvaient varier. Tantôt traumatisée par des souvenirs de séquestration et d'insultes, tantôt chavirant dans les songes fabuleux qui venaient de bercer sa nuit avec Louis. Elle qui n'avait jamais rien laissé au hasard au cours de sa jeunesse y dérogeait.

Mais pour cela il lui fallait peut-être quelque histoire qui captive son intérêt, comme celle du complot contre le Roi dont elle ne savait plus rien. Le mystère et l'art de se déguiser l'attiraient comme des aimants. Elle savait Evangéline elle même très tentée par ce péché mignon, bien qu'elle ne lui avait jamais rien demandé par respect des secrets qu'elle gardait en elle. Mais la comtesse n'ignorait pas ce trait d'union si fort entre elles et se souvenait que ce fut là un bon terrain d'amitié dès le départ.

Amy accepta avec grand sourire l'invitation de s'asseoir tout près de Mademoiselle de Comborn et réfléchit à une réponse pour calmer les anxiétés de son amie :

- Je suis profondément navrée de vous avoir causé tant de soucis à mon sujet. En vérité je reviens d'Angleterre, j'ai dû y demeurer quelque temps. J'avais une affaire à régler avec mon père, une affaire qui m'a valu des conséquences fâcheuses. J'ai dû faire preuve de ruse et de sacrifices pour y réchapper et pour revenir auprès de vous à Versailles. Qui sait, peut-être ne suis pas encore tirée de cette mauvaise passe ! Je vous l'avoue à présent ma famille m'est devenue étrangère, ennemie. Je ne saurai leur faire confiance plus avant !

La demoiselle of Leeds tenait les mains de sa chère amie avec entrain comme pour y puiser un peu de force face à de mauvaises reminiscences.

- Je suis vraiment impatiente de connaître tout ce qui s'est passé ici depuis mon départ et surtout ce qui vous est arrivé ma chère? J'espère que vous vous portez bien et que vos nouvelles seront meilleures que celles que je viens de vous donner.

Elle baissa les yeux avant de se décider à aborder le but de sa visite :

- Mais je vous mentirai chère Evangéline si je prétentais que je viens à vous pour le seul plaisir de vous revoir. Bien que celui-ci soit sincère croyez le bien. Je viens à vous pour vous requérir de votre part un service qui me sauverait des tracas pouvant encore subvenir dans ma vie. Pour y remédier notre bon Roi me fait l'honneur de m'offrir une province française et son titre de noblesse : la Guyenne. Mais vous n'ignorez pas ma chère les conditions d'une telle cérémonie. Ainsi je parlerai sans détours, pourriez-vous me combler doublement de bonheur en acceptant de devenir ma marraine?

La jeune femme ne lâchait plus la main de son interlocutrice, elle aurait voulu boire ses paroles suspendues comme on buvait un chocolat bien chaud en cette période hivernale.

______________________

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MessageSujet: Re: A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn)   A la recherche d'une marraine ...(Pv Evangéline de Comburn) Icon_minitime26.02.09 14:50

    Tandis que son amie de longue date commençait son récit, Evangéline qui la scrutait put constater qu'elle avait quelque peu changé ces derniers mois, pendant son absence. Sa mine se faisait soucieuse, contrariée. A la vérité, ce départ impromptu loin des ors de Versailles n'avaient dû être ce qu'Amy espérait, ni une promenade de santé. Les années sont longues à la Cour et l'habitude de dévisager en silence un personnage pour y lire les états d'âme dissimulés prenait empire sur la vicomtesse: devait-elle donc obligée d'agir avec celle qui était devenue une alliée et une confidente fidèle comme avec les fins renards qu'elle avait à espionner? La jeune femme se blâma intérieurement. Amy n'était pas femme à montrer trop d'elle, voilà qui les rapprochait, et la constater si peu maîtresse des sentiments qu'elle laissait paraître ne pouvait que surprendre Evangéline et enfin lui donner l'envie d'en savoir plus.
    Elle l'écouta patiemment, soulagée au fond de n'avoir pas à lui tirer les vers du nez pour avoir quelques éclaircissements, soulagée également de voir que ses craintes d'avoir perdu, sans raisons et sans préavis, l'amitié d'Amy étaient sans fondements. Le soutient et la confiance étaient assez rare par ici pour qu'on s'en inquiète lorsqu'ils venaient à être tus pendant de si longs mois.
    Au mot « ennemie », Melle de Comborn ne put retenir un air de surprise non feinte. Ennemie? Voilà un bien grand mot! Il y a des temps où les mots ont plus de force que d'autres, de leur temps à elles, ce mot-là était synonymes de bien des fourberies, de ligues, de tracas. Car lorsque l'on était ennemis, c'était pour la vie. En étant devenue la douce amie du Roi de France, Amy s'en était fait assurément beaucoup. Evangéline, qui avait déjà son lot d'inimitiés, prenant tacitement son parti s'était donc récupéré pas mal de nouveaux détracteurs.

    Eloïse s'était éclipsée lorsque les deux amies s'étaient retrouvées et revenaient à présents à pas de souris les bras chargés d'un plateau d'étain sur lesquels s'étalaient deux tasses de thé blanc bien fumantes accompagnées de leur théière de laquelle s'échappait également une volute de fumée bienvenue en cette matinée sombre d'hiver. Une petite coupe de miel doré et luisant, des tranches jaunes et vertes de citron juteux en provenance directe de l'Orangerie, donnait un peu de lumière et un peu de sucre au tableau. La suivante connaissait les us de réception de sa maîtresse et s'éclipsa de nouveau aussi silencieuse qu'elle était venue sur un simple sourire de remerciement de celle-ci.

    Amy avait à présent saisi les mains d'Evangéline qu'elle enveloppait des siennes. Après avoir tenu de tels propos sur sa famille, voilà qu'elle se mettait à lui demander des nouvelles de la Cour! Ce n'était pas que la jeune femme n'avait rien à dire sur ce sujet, bien au contraire, mais le changement de ton était si abrupt qu'elle comprit que ce n'était là qu'un sujet de pure diversion. Elle rit doucement, toute déstabilisée qu'elle était par l'attitude bien contradictoire de Miss of Leeds et ouvrit la bouche pour parler:


    -Eh bien! Vous m'en demandez là! Par où commencer...

    Alors qu'elle s'humidifiait les lèvres comme elle avait pour habitude de le faire lorsqu'elle allait entamer une longue conversation, voire monologue, où il y aurait beaucoup de venin à répandre et bien des sujets pour se gausser, elle fut interrompu par Amy qui ne la regardait plus. Il lui sembla que ses doigts dans les siens se mirent à trembler.

    Citation :
    - Mais je vous mentirai chère Evangéline si je prétentais que je viens à vous pour le seul plaisir de vous revoir. Bien que celui-ci soit sincère croyez le bien. Je viens à vous pour vous requérir de votre part un service qui me sauverait des tracas pouvant encore subvenir dans ma vie. Pour y remédier notre bon Roi me fait l'honneur de m'offrir une province française et son titre de noblesse : la Guyenne. Mais vous n'ignorez pas ma chère les conditions d'une telle cérémonie. Ainsi je parlerai sans détours, pourriez-vous me combler doublement de bonheur en acceptant de devenir ma marraine?
    C'était Evangéline qui s'était apprêté à parler et c'était Amy qui était prise d'une logorhée sans fin. La vicomtesse devait aller de surprise en surprise tout au long de leurs retrouvailles, c'était écrit quelque part! Et vraiment, l'alarme que lui avait donné son amie auparavant au sujet de sa famille ne devait pas soutenir la concurrence de ce dernier boulet de canon.

    Un long silence s'ensuivit et couvrit tout le salon poudré de Melle de Comborn. Celle-ci qui fixait jusqu'alors le regard de son amie gardait ses yeux pâles grands ouverts envoya perdre son regard dans le vague, ses lèvres ostensiblement entre-ouvertes dans l'expression d'une exclamation de surprise totalement muette. Un long silence encore. Si elle n'avait été si dramatique et source de tant d'enjeux pour Amy, la scène eût pu être drôle.
    Evangéline lâcha un instant les mains de son amie pour se saisir d'une tasse de thé et y plonger la bouche. Elle avait une telle soif tout à coup qu'elle en oublia presque qu'elle était en train de se brûler la langue, le palais et tout le gosier avec le liquide bouillant, sans sucre, ni citron pour l'adoucir un peu.

    - Duchesse... Savez-vous que ce titre vous octroie le tabouret?

    Quelle question! Mais bien sûr qu'elle le savait! Outre la chance infinie de lui permettre de s'asseoir aux (longs est-il besoin de le préciser) dîners du Roi, ce titre prestigieux l'élevait au plus haut dans la hiérarchie curiale et de la noblesse... française...
    Elle arqua un léger sourire à l'attention de son amie:


    - Allons, je vous quitte comtesse anglaise et vous me revenez duchesse française?

    Finalement après ces longues minutes qui l'avaient tenue coite, un rire bien franc s'échappa de sa gorge: si elle s'était attendu à ceci en se levant ce matin! Pourtant ce transport de joie, mêlé d'étourdissement mourut bien vite. Evangéline n'était pas sans savoir que Louis XIV distribuait à ses maîtresses bien des honneurs qu'il pouvait tout aussi bien leur retirer une fois sa faveur passée. S'élever si haut, c'était prendre le risque de chuter bien bas.
    Melle de Comborn qui ne se laissait pas, ou plus, enivrée par les promesses de l'amour tourna un regard un peu ennuyé vers son amie qui attendait la réponse à sa question. C'était bien des périls que la demoiselle anglaise allait courir là. De bien plus grands que ceux qu'elle avait pu connaître déjà. Souvent, jadis, elles avaient bien ri ensemble de ces favorites qui se voyaient couvertes d'or et de gloire avant de sombrer dans les limbes de la disgrâce et de l'oubli... De ce sort-là, Evangéline se pourléchait les babines lorsqu'il frappait des dindes sans cervelle, mais jamais, au grand jamais, ne le souhaitait-elle à une amie si chère.
    Quoi lui dire alors? Amy n'était pas venue pour entendre ceci et c'était risquer de perdre pour le coup sa complicité que de lâcher si abruptement de telles pensées...

    Evangéline lui saisit de nouveau la main qu'elle avait pourtant lâché:

    -Peut-être n'est-ce pas ma place de vous dire ceci, je le crois pourtant en tant qu'amie fidèle et sincère... Mais vous n'êtes pas sans ignorer que ce titre dont vous allez être détentrice, fait de vous une personne à abattre ici. Si vous le voyez comme le terme de vos ennuis présents, je vous en promets de bien plus grands encore à l'avenir...

    Son ton n'était pas prévenant de trop, ce n'était pas dans ses manières d'agir avec complaisance, il était inquiet car c'était tout simplement ce qu'elle ressentait en cet instant. Sur ce, elle reprit de nouveau sa tasse pour en boire de nouveau une gorgée. Puis lorsqu'elle l'eût reposée dans sa soucoupe, elle dit finalement:

    -Mais puisque plus encore que par le passé, vous aurez besoin d'alliés sans failles et puisque vous m'en jugez digne, je vous porterai jusqu'à vos dignités...

    Elle espérait que son message d'amie avait été bien reçu, elle lui sourit chaleureusement après avoir été si peu enthousiaste et si alarmiste.
    Evangéline savait que cette cérémonie la mettrait au second plan après Miss of Leeds, il était dit qu'elle partagerait un peu de son sort désormais: dans la grâce, comme dans l'opprobre. Elle s'en jugeait de taille, elle bénéficiait d'un soutien royal que peu soupçonnaient, pas même l'amante de celui-ci, et qui lui assurait d'essuyer bien des tempêtes sans être éclaboussée d'une goutte... Oui, mais cela durerait-il toujours? Ne venait-elle pas en prenant si ouvertement le parti de la favorite de sceller son propre destin à la Cour de France?

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