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 "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême

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Âge : 32 ans
Titre : Comte de Lauraguais
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Date d'inscription : 09/05/2017


MessageSujet: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   09.05.17 19:52

EDIT : Je suis toujours là ! Je commence mes révisions de bac et dois donc ralentir l'écriture de ma fiche... Mais je ne vous oublie pas  I love you


   
Henri d'Angoulême

   
Matthew Goode


   

   32 ans ♔ Comte de Lauraguais ♔ Français, famille Valois-Montmorency ♔
   Veuf ♔ Catholique ♔ A priori hétérosexuel
   ♔ Espion (Main de l'ombre) ♔
   


   
Quoi de plus simple que de mimer la loyauté, elle n'est jamais plus vraie que dans les bouches menteuses.

   

   
Quelques questions de protocole ...  


   
♔ ÊTES PLUTÔT PARIS OU VERSAILLES ?

   Fils de gouverneur et arrière-petit-fils de roi, Henri d'Angoulême a appris dès son plus jeune à accepter les privilèges que lui octroyait son rang. Son impatience d'appartenir à cette société qu'il avait depuis toujours fantasmé à travers les récits de son père l'emportait pourtant sur son avidité et sa luxure : obnubilé par l'honneur perdu de sa famille suite à la destitution de la charge de gouverneur de son père après sa trahison, les plaisirs qu'il savait recherchés par bon nombre de la Cour versaillaise ne l'intéressaient pas.
Cependant, lorsqu'il fût en âge d'y apparaître, Henri ne pût qu'être ébloui par la lumière qui émanait du château. Bien qu'averti de la corruption qui y régnait, la beauté des femmes, le raffinement des hommes et la divinité du lieu ne tardèrent pas à séduire cet homme plein d'orgueil. A la manière de celui des monstrueuses sirènes, le chant irrésistible de la Cour ensorcela Henri qui se laissa joyeusement guider de nombreuses années par la douceur des fastes et des charmes féminins, oubliant presque que c'est la mort qui attend toujours les marins séduits par ces dupeuses créatures.

   
♔ CROYEZ VOUS AU COMPLOT ?

   Du plus loin qu'il se souvienne, le complot avait toujours collé à Henri. Il faut dire que le destin l'avait doté d'une famille des plus singulières. Alors que chaque garçon de bonne famille de sa génération apprenait à aimer son souverain et à haïr les traîtres, le futur comte fit son éducation des récits qu'on lui rapportait de feu son grand-oncle le duc Henri II de Montmorency, mort guillotiné trois ans avant sa naissance. Le petit garçon s'était étrangement toujours senti proche de cet inconnu qu'il admirait du plus profond de son âme : dans ses jeux d'enfant il aimait tantôt à l'incarner victorieux lors de ses campagnes maritimes contre les protestants en 1625, tantôt à mimer sa nomination au rang de Maréchal de France en 1630. Cet homme décrit comme étant « vaillant, généreux, affable, libéral et magnifique, chéri et respecté des gens de guerre » eût alors la mauvaise idée de vouloir renverser le cardinal Richelieu, ministre du Roi Louis XIII, qui avait depuis peu placé ses agents sur les terres de Montmorency dans le but de réduire le rôle des institutions locales et de renforcer le pouvoir royal. Se sentant trahi par le roi et insuffisamment reconnu pour ses services militaires, il rejoint Gaston d'Orléans, le propre frère du roi, dans la conspiration. Bien qu'Henri II réussisse à rallier les États du Languedoc à la rébellion, les troupes sont anéanties par l'armée du roi en 1932. Grièvement blessé, le duc est emprisonné, jugé pour lèse-majesté et guillotiné à Toulouse.  Avec sa naïveté de petit-enfant, Henri était venu à la conclusion qu'il en était ainsi des grands hommes. Le mot "complot" lui était d'ailleurs difficilement supportable : son illustre famille avait en son sein un héros, et non un renégat !
Henri ne se rendit réellement compte du poids de sa sulfureuse ascendance que lorsque le membre le plus proche de sa famille, celui qu'il mettait sur un piédestal et qu'il admirait plus que quiconque fût publiquement humilié par la société qui l'adulait quelques semaines encore auparavant : son cher père, Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême. La période de trouble qui mena à la Fronde avait poussé les parlementaires, puis les grands seigneurs, à la rébellion. Mazarin, le ministre du tout jeune Louis XIV, avait su se faire détester des nobles après son augmentation des impôts et une remise en cause des privilèges. Refusant d'obéir à ce despote de ministre, Louis-Emmanuel est rappelé à la Cour et destitué de son gouvernorat. Bien qu'il réussisse à reprendre un peu plus tard un rôle politique, il était trop tard : le blason de la famille Valois-Angoulême était déjà entaché du déshonneur et il aurait fallu faire preuve d'une immense loyauté pour faire oublier à l'actuelle famille royale la disposition naturelle qu'eût la famille d'Henri a trahir si aisément ses souverains. C'est du moins ce qu'Henri, à peine âgé de 18 ans, promit à son père : lui descendant de la famille Valois-Angoulême, lui arrière-petit-fils de Charles IX, allait redorer le blason familial, racheter l'honneur perdu, et pourquoi pas accroître encore davantage l'influence de son nom.

Ainsi, Henri consacra sa jeunesse à honorer sa promesse : en peu de temps, son nom fut sur tous les lèvres, les salons s’arrachant ce beau garçon, talentueux dans des domaines aussi variés que la musique ou l'art de la conversation, démarrant une carrière s'annonçant brillante dans la marine, et fraîchement marié à un très bon parti de surcroît ! Hélas, la malédiction qui pesait sur sa famille ne laissa que ces quelques années dorées de répit à Henri puisqu'en quelques mois il perdit sa femme en couche ainsi que sa naissante influence aux seins des différents conseils : en effet, Colbert, le ministre du roi, s'inquiétant de voir cet ambitieux au grand nom prendre aussi rapidement autant d'influence, décida de tout bonnement l'écarter des plus hautes sphères du pouvoir au profit de jeunes bourgeois sans importance. Il était piqué au vif dans son honneur et ne se remettait pas de la mort de sa toute jeune femme, se sentant responsable de la brièveté et du tragique de son existence. La Main de l'Ombre, ayant eu vent des tourments dans lesquels était plongé Henri et réalisant l'importance qu'il pouvait apporter à leur mouvement grâce à sa condition et à sa notoriété, se rapprocha minutieusement du jeune veuf. Quelle ne fut pas la surprise de ses membres de n'entrevoir aucun choc, aucune confusion dans le regard du comte qu'on croyait pourtant ignorant des côtés obscurs de la Cour. Non, pas le moindre rictus ne vint trahir les pensées d'Henri. Peut-être que dans d'autres circonstances la ressemblance frappante entre sa situation et celle de ses aïeux l'aurait interpellé, mais ce ne fut pas le cas. Comme eux, il se sentait trahi par le gouvernement et donc par le roi lui-même, comme eux, il se sentait un peu trahi par Dieu : on lui enlevait brutalement tout ce qu'il avait mis des années à bâtir, il n'avait aucun ennemi et encore tout son honneur, alors pourquoi tant de souffrance pour un si jeune homme ?  Il prit alors la décision de se retirer dans son domaine familial afin de réfléchir à ce que lui proposaient les traîtres. Son grand-oncle, son père lui-même avaient trahi... Pourtant, il savait mieux que quiconque quels grands hommes ils étaient et quelles nobles causes les animaient. Marcher dans leurs pas ne serait-il pas le plus bel hommage à leur rendre ?
De retour à Versailles, on lui fit rencontrer Hector de Valois. Tout d'abord méfiant, Henri de Valois-Angoulême découvrit que les deux hommes ne partageaient pas qu'un patronyme : sa finesse d'esprit, son caractère fédérateur l'avaient séduit et totalement convaincu de rejoindre cette sulfureuse organisation de la Main de l'Ombre. Les choses se succédèrent ensuite très rapidement : la guerre de Lorraine éclata en 1667 comme un cadeau du Ciel. Si le roi venait à mourir, quel meilleur successeur qu'Hector de Valois ? De plus, sa femme Gabrielle de Longueville portait un descendant, peut-être même un héritier. Hélas, Dieu eût le sens de l'humour : le roi survécut, revint triomphant de la guerre, et surtout enterra son ambitieux cousin. Gabrielle quant à elle perdit son enfant et fut disgraciée par la Reine. Le mouvement ne tarda pas à exploser : à présent sans maître, les ambitions de chacun prirent le dessus. Les trois voix s’élevant le plus prirent chacune la direction d'une nouvelle branche avec de nouvelles directives : Victor d'Amboise qui se trouvait une légitimité à prendre le trône par la force, Louis de Rohan qui rêvait de voir une République prendre le dessus sur la Monarchie, et enfin Henri lui-même, qui préférait prendre la continuité du défunt Hector et qui désirait redorer le pouvoir royal, nouvellement infesté par de nombreux bourgeois arrivistes. Ainsi, Henri reprenait son influence et se languissait déjà de venger son honneur en même temps que celui de ses ancêtres qui, de là-haut, admiraient sans doute le tragique spectacle qui se préparait.

   
♔ VOUS SENTEZ VOUS PLUS COMME UNE DOUCE COLOMBE OU UNE GROSSE VIPÈRE ?

   Tout d'abord, qui pouvait avoir la prétention de se mesurer à une douce colombe ? Voilà ce que pensait Henri : le monde était, et cela depuis toujours, plein de vilenie. Oui, l'expérience lui avait appris que les hommes qui se réclamaient le plus de la vertu étaient ceux qui méritaient le moins d'y être associé et que chaque homme loyal avait sa part de félonie, comme le brave avait la sienne de couardise. Il en était ainsi. L'unité de mesure nous permettant de séparer l'homme bon du mauvais reposait sur sa seule qualité de comédien. Puisque le monde était un véritable théâtre, quoi de plus naturel ?
Ses gouvernantes et plus tard son précepteur firent tout ce qui était en leur pouvoir pour tuer le cynisme naturel du petit Henri. Les discours moralisateurs et les menaces de damnation éternelle eurent comme unique effet d'apprendre au garçon l'art de la dissimulation et du mensonge. L'âme pécheresse de l'homme le pousse toujours dans ce qui lui est interdit, et si sa compréhension précoce de la laideur de ce monde était blâmable, il s'attacherait alors corps et âme à la préserver.

Était-ce suffisant pour déclarer Henri d'Angoulême vipère ? Évidemment que non. Ce défaut avait au moins eu le mérite d'apprendre au jeune homme à ignorer les médiocres pour ne se concentrer que sur l'essentiel. Hélas, la Cour était friande de racontars sans importance et Henri dût s'en accoutumer. Comme à son habitude, il avait su tirer profit de ce désagrément : apprécié par les jeunes commères, celles-ci lui avaient déjà à plusieurs reprises donné des informations conséquentes sur la situation familiale du Roi ou sur son gouvernement. Triste ironie, c'était donc sa bonne éducation et son extrême galanterie qui firent de lui l'un des hommes les mieux renseignés de Versailles. Mais alors, qu'était Henri si ce n'est un homme paradoxal comme les autres ?

   
♔ QU'AVEZ VOUS A DIRE SUR LA GUERRE ?

   Henri avait été, comme bon nombre de petits garçons avant lui, passionné par la guerre. Sa famille avait connu de nombreux et glorieux chefs militaires et en tant que seul descendant mâle de Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême, on attendait de lui de suivre le même chemin. En grandissant, il avait remarqué que ses jeux de guerre s'écourtaient chaque fois un peu plus. Âgé de 8 ans, il vivait mal sa maigreur et sa petite taille. Il atteignait l'âge où les garçons découvrent que la force des mots peut parfois s'avérer plus forte que la violence physique et, craignant de subir les railleries de ses camarades, il prit la décision de ne pas prêter attention à ces fatigues. Peut-être n'étaient-elles même que passagères...
Cette joyeuse troupe avait pris l'habitude de courir à travers les champs : montés chacun sur un balais, ils s'inventaient de merveilleuses histoires de cavalerie, devenaient enfin les héros. Subitement, le cœur d'Henri s'accéléra, cette fois-ci de manière bien plus conséquente que les précédentes. Le souffle lui manquait déjà depuis une dizaine de minutes. Les veines de son cou se gonflèrent et lorsqu'il perdit connaissance, ses lèvres étaient déjà bleutées.

Depuis, Henri était devenu un homme. Il se remémorait souvent cet épisode de son enfance, celui-ci ayant profondément changé le garçon : le soir-même on fit venir de nombreux médecins, on procéda à la saignée, on le fit jeûner... Rien ne semblait ralentir le rythme incessant de son cœur. Durant ces jours interminables d’alitement, le petit garçon prenait peu à peu conscience de sa situation. Certes, il était de petite carrure, mais il avait toujours été en bonne santé. Contrairement à ses frères Armand, Louis et plus tard François, il avait survécu aux terribles maladies de l'enfance. Il réalisa soudain qu'il risquait peut-être de mourir, ou pire, de ne pas devenir militaire ! Malgré les directives du docteur, Henri sauta brusquement de son lit, s'agenouilla et joignit ses mains. Il pria longtemps Dieu, ou du moins pensait le faire : en vérité il tentait vainement de se justifier, demandait égoïstement les raisons d'une telle souffrance et fit l'énumération des bonnes actions qu'il avait accomplies dans la semaine. Puis, il se remit au lit. Tout le monde de l'enfance s’était déjà effondré devant lui.
Bien sur, le comte en riait aujourd'hui. S'il avait su que cet épisode lui permettrait de découvrir l'une des plus grandes passions de sa vie, l'enfant ne se serait pas fatigué inutilement à contrôler ses larmes une bonne partie de la nuit. Il finit par se rétablir et on lui interdit de reprendre ses jeux effrénés. C'est son père qui le sortit de la torpeur dans laquelle il était réduit depuis quelques semaines : «  Viens mon fils, je crois que tu seras un excellent homme d'armée...  »  Dans un premier temps surpris, la colère lui monta : pourquoi son père se moquait-t-il ainsi de lui ? Son enfermement n'était-il pas suffisamment insupportable ?
Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême prit son fils à partie et le fit s’asseoir. Il lui désigna alors une petite gravure d'un aristocrate, boucles foncées et regard inquisiteur. Ayant du mal à cerner ce que voulait lui faire comprendre son père, il releva la tête et fronça les sourcils. Le père, non sans une once de fierté, lui expliqua que cet homme était son grand-oncle Henri II de Montmorency. Alors qu'il ne pensait ne lui raconter que les grandes lignes de la vie de cet illustre personnage, Henri le pria de continuer. Bien qu'il ne comprenait toujours pas quel était le lien entre cet illustre personnage et lui, il le trouva fort intéressant et écouta sagement l'histoire de son père. Quand il eut fini, Valois-Angoulême s'assit aux côtés de son fils et lui murmura, comme une confidence, qu'on racontait qu'ayant un souffle au cœur, il avait pourtant réussit l'exploit de devenir l'un des plus triomphants marins de son époque. Louis-Emmanuel fut heureux de retrouver les étincelles dans les yeux de son fils, celles qu'il avait perdues depuis son accident. Henri le savait à présent : Dieu ne l'avait pas puni, il avait décidé d'une destin encore plus grandiose pour lui, celui de marin. Le souffle au cœur de l'oncle Henri était évidemment un mensonge mais celui-ci se révéla plus fondateur que n'importe quel jeu militaire avec les garçons du village : Henri, lui, avait trouvé sa voie.

Devenu adulte, il n'avait jamais abandonné son rêve. Bien sur il fallut un certain temps avant que le garçon ne sache réellement contrôler ses crises de tachycardie, mais l'objectif final valait bien tous ces d'exercices. On le croyait presque soigné. Devenu un membre éminent de la Cour, il travailla à fournir son carnet d'adresses. Durant une bonne partie de sa vingtaine, Henri se consacra à sa carrière militaire. A l'âge de 30 ans, Henri d'Angoulême possédait le grade de lieutenant de vaisseau.

On entendait depuis un certain temps circuler la rumeur qu'une guerre conséquente se préparait. Les ragots étant monnaie courante à Versailles, les hommes susceptibles de se battre et les femmes de les perdre au combat accordèrent peu de crédit à ces bruits de couloir. Hélas, les mois passèrent et les éminences du pouvoir ne cachaient plus leur tension : le Prince de Lillebonne déclara la guerre à la France afin de récupérer la terre des Trois Évêchés qui lui revenait soit-disant de droit. Quand l'on apprit fin février 1667 que les négociations entre les deux partis avaient échoué, chacun se préparait éminemment à prendre les armes.
Le comte savait quelle occasion de faire ses preuves était cette guerre. La flotte aurait un rôle éminent dans les combats et il comptait bien faire partie des victorieux. Bien que son souffle au cœur recommençait à l'handicaper, Henri était résolu à participer à la bataille. Fin mars son heure était venue : la bataille des Trois Jours était là ! Henri avait déjà rencontré Arthur de Roberval mais celui-ci se tenant éloigné des milieux fréquentés par le comte, il eurent à peine le temps de dépasser les politesses d'usage. Valois-Angoulême s'étonna de trouver si peu d'ambition à ce vaillant corsaire si talentueux. Il admirait son caractère autodidacte et son absence d'hypocrisie : bien que tout les séparait, Henri savait que leurs chemins finiraient par se croiser et qu'ils pourraient s'apporter l'un à l'autre.
Ils se retrouvèrent finalement sur L'Orientale mais l'heure n'était plus aux profits : en infériorité numérique, les vaisseaux français allaient devoir redoubler d'efforts pour vaincre. On jouerait alors sur la vitesse. De Roberval semblait exténué mais commandait ses hommes d'une main de fer : beaucoup d'entre eux étaient des pirates devenus corsaires après avoir répondu à l'appel du Roi et acceptèrent pourtant sans rechigner l'autorité de cet étranger. Peu d'hommes pouvaient se reconnaître le mérite d'avoir inspiré autant d'admiration et de respect.
Au matin du premier jour, l'équipage vit apparaître un nombre impressionnant de navires anglais et espagnols. Lorsque les français prirent aisément le premier navire espagnol, le courage leur revint. Ainsi les deux premiers jours se passèrent sans grande perte. Au matin du troisième jour, cela faisait de longues heures que plus aucun vaisseau n'avait été aperçu. On croyait la bataille gagnée et l'on s’apprêtait à rentrer quand de Roberval insista pour rester. Les prises de guerre étaient importantes et l'équipage exténué : cette initiative médusa les hommes qui la prirent pour un excès d'orgueil de leur chef. Henri observait Arthur : celui-ci, calme comme à son habitude, ne quittait pas des yeux l'océan et semblait préoccupé. Sa décision n'était pas à remettre en cause.
Les marins se considérant déjà presque en repos, sursautèrent à l'annonce du moussaillon : « Capitaine ! Capitaine ! Les Anglais à bâbord ! »  Ce gros navire à plusieurs ponts se révélait très impressionnant. Alors que l'on s'agitait autour de lui, Henri eut un sourire. Il attendait calmement les ordres de son supérieur pour guider au mieux ses hommes. Il était évident qu'Arthur de Roberval savait ce qu'il faisait et était enchanté de la prise qu'il s’apprêtait à faire. Il ordonna de laisser L'Orientale immobile afin que le vaisseau ennemi le prenne pour une frégate abandonnée. Les anglais tombés dans le piège s'approchèrent sans la moindre hésitation. Lorsqu'ils furent suffisamment proches, les boulets de canon explosèrent dans la coque ennemie dans un bruit effroyable qui assourdit quelques instants l'équipage. Pris de panique et réalisant leur erreur, les anglais attaquèrent maladroitement et sans toucher leur cible. Lorsque le capitaine lança un regard appuyé à son équipage, celui-ci comprit qu'il était temps de s’élancer sur le pont anglais et de débuter le combat au corps-à-corps. C'était le moment pour Henri de sortir de scène : le terrain était trop physique pour lui. Il fallut peu de temps aux français pour confirmer leur victoire et déchiqueter le pavillon anglais. Monsieur le duc de Somerset avait fui ce qui laissa Arthur amer mais les acclamations de ses matelots parvinrent à le lui faire oublier. Ce soir, on boirait au roi, à la France, et à l'incroyable Arthur de Roberval !

De nombreux mois avaient passés depuis cette belliqueuse expérience. Cette bataille signait la fin de sa courte expérience de terrain : le comte vieillissait et contrôlait de moins en moins son souffle au cœur. Il commença alors à se consacrer à son nouveau rôle dans l'administration maritime et ne mit d'ailleurs pas longtemps avant de devenir un proche de Lionne, le responsable de cette section, qui vit en Henri un successeur potentiel. Le comte avait dorénavant un rôle militaire primordial dans lequel il était plus que compétent. Il était beau, jeune, puissant : le monde était à lui. A moins qu'un certain Colbert et cet absurde destin n'aient décidé de lui mettre des bâtons dans les roues...

Source de la Bataille des Trois Jours

   
♔ QUELS SONT VOS LOISIRS ? AVEZ VOUS UN BUT PRÉCIS ?

- Jouer de son apparente ingénuité (bien que ses plus proches amis connaissent l'acerbe cynisme dont il sait faire preuve dans l'intimité) pour recueillir les informations les plus intéressantes de la cour ;
- Chasser avec son ami d'enfance Frédéric d'Auvergne ;
- Analyser au premier coup d’œil le comportement de ses nouvelles rencontres et réaliser que son intuition s'avère presque toujours bonne ;
- Tenter d'oublier la froideur de son cœur depuis le décès récent de son épouse ;
- Amuser la Cour de ses bons mots et séduire les jeunes candides de la Cour qui voient en lui tout d'un prince charmant.

- Chercher un moyen d'infiltrer le pouvoir royal ;
- Avancer dans sa reprise des titres de duc d'Angoulême et comte de Ponthieu qui appartiennent à sa sœur, folle et enfermée.
   
   

   
Derrière le masque ...
♔ Clara ♔ 16 ans ♔ Présente tous les jours
   Bontemps a raison ♔ En recherchant sur Google un forum de RPG historique pour ma petite-sœur et moi ♔ En espérant très bientôt pouvoir m'intégrer à votre joyeuse communauté (un peu de compatissance siouplé I love you )


   


Dernière édition par Henri d'Angoulême le 23.05.17 22:00, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 11:22

Bonjour bonjour et bienvenue donc sur ATV ! cheers

Que ça fait plaisir de voir la Main de l'Ombre s'étoffer un peu ! What a Face

Si tu as d'autres questions surtout n'hésite pas à nous envoyer un mp à mes collègues et moi ou à poster sur le flood des p'tits nouveaux qui se trouve dans cette catégorie. Clin d'Oeil

Ne t'inquiète pas si personne ne vient pour l'instant t'accueillir, c'est pour une simple organisation des fiches, nos membres chéris te souhaiteront la bienvenue une fois que tu seras validé. Smile

Bonne inspiration pour l'écriture de ta fiche ! Si tu veux davantage de place pour ta seconde partie de bio, n'hésite pas à me le faire savoir, je retirerai ce post.

A très vite ! sunny

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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 20:16

Bonjour et merci ! Very Happy

J'avais compris pourquoi on ne venait pas me souhaiter la bienvenue en lisant quelques fiches déjà validées. Comme je pensais que vous ne viendriez que quand j'aurai fini ma fiche, j'ai effectivement oublié de poster la deuxième partie de ma présentation. silent

À vrai dire j'avais peur de me lancer avec ce personnage susceptible d'avoir une certaine importance dans le jeu. J'espère que j'apprendrai à m'en montrer digne, je débute plus ou moins dans le RP et ai peur de ne pas être au niveau.  bounce

Pour l'instant je n'ai qu'une seule question technique que je t'envoie par MP, mais je n'hésiterais pas à te contacter pour d'autres questions. Je risque d'ailleurs de le faire sous peu parce que j'ai peur d'avoir du mal à m'intégrer à cet univers bien complexe ahah !

A bientôt (par message privé donc) Razz

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 23:21


Mémoires du Grand Siècle



« L'AVENIR D'UN ENFANT EST L’ŒUVRE DE SA MERE. »

1er décembre 1635
« C'en est assez, laissez-moi seule avec mon fils à présent. »

Marie-Henriette avait beau avoir accouché 48 heures auparavant, elle n'avait guère eu le temps de rencontrer son nouveau-né. L'héritière de La Guiche enchaînait les grossesses : en six ans de mariage, elle avait déjà donné naissance à pas moins de quatre enfants. Ses cheveux qui perdaient précocement de leur éclat, ses cernes bleuâtres et son regard las vieillissaient la jeune maman d'au moins 10 ans. Qui aurait alors pu croire que la Dame de Chaumont venait tout juste de fêter ses 32 ans ? Ce mariage avait fané la jeune femme autrefois reconnue pour sa si grande beauté. Il fallait dire que Louis-Emmanuel n'était pas l'homme dont elle avait rêvé et que leur union était bien loin de ce qu'elle avait connu. C'est à l'âge de 19 ans qu'elle épousait enfin son amour de toujours le Comte de Thorigny Jacques de Goyon de Matignon. Bien que le mariage resta stérile, les amants avaient vécu une relation sentimentalement et intellectuellement passionnée. Le comte laissait à son épouse la liberté de profiter à son aise de sa bibliothèque remarquablement remplie et profitait régulièrement de ses avis avisés. Marie-Henriette, désormais résolue à ne jamais enfanter, n'imaginait pas meilleur mari que son cher comte de Thorigny... C'était sans compter sur Monsieur le comte d'Alais, tombé éperdument amoureux de la belle quelques années auparavant. De quatre ans son aîné, Louis-Emmanuel n'avait jamais oublié leur rencontre à la Cour : Marie-Henriette venait d'y être présentée à l'âge de 17 ans et n'avait laissé personne indifférent. La chevelure blonde qui retombait en longues boucles sur son visage d'un teint laiteux faisait jalouser les femmes et fantasmer les hommes. Très vite, chacun était revenu à ses occupations mais Valois-Angoulême n'avait jamais pu se débarrasser du souvenir qu'il avait gardé du charme et de la grâce émanant de l'adolescente. Depuis un an, Louis-Emmanuel s'était mis en tête d'en faire sa femme et ne lésinait sur rien : lettres scandaleuses et cadeaux luxueux pleuvaient et laissaient Marie-Henriette désemparée.  Jacques ne tarda pas à découvrir  l'envahissant personnage qui n'attendait qu'une seule chose : la provocation en duel du mari blessé dans son orgueil. La main, à défaut du cœur de la Dame de Chaumont, était en jeu au milieu de ce combat de coqs. Nous connaissons le dénouement de cette histoire, ne nous attardons pas sur les épousailles, sur le combat acharné du comte pour conquérir sa belle, sur l'acharnement de celle-ci à s'investir dans l'éducation de ses enfants et sur les maîtresses que Louis-Emmanuel ne tardât pas à prendre. Aujourd'hui, Marie-Henriette avait son fils dans ses bras et rien ni personne ne pourrait lui gâcher ce moment.
« Henri... Tu seras mon petit Henri à moi. Ta maman sera toujours là pour toi, tu le sais ça ? »
Le garçonnet qui dormait paisiblement ne pouvait pas encore se rendre compte du poids qui allait peser sur ses petites épaules. Sa sœur aînée était le portrait de son père tandis que ses deux frères, de santé fragile, vivaient une partie de l'année loin du domaine familial. Henri, bien que frêle, vivrait. Il possédait les traits harmonieux de sa maman qui comptait faire de lui son véritable héritier. Cette fois-ci, elle ne le laisserait pas sous la coupe de son père ou d'un quelconque médecin : il serait à elle, et rien qu'à elle.

***

« LE RIRE DANS L'ENFANCE EST TOUJOURS PRES DES LARMES. »

24 avril 1644

Henri courrait gaiement derrière sa sœur dans le jardin de leur domaine normand. Le garçonnet venait tout juste de quitter sa traditionnelle jaquette, robe aux manches bouffantes et col en broderie, symbole de l'enfance dont il fallait a présent se défaire afin d'appréhender une nouvelle étape dans la formation de l'homme en devenir qu'il était. La chemise resserrée aux poignets sous son pourpoint bleu-vert la démangeait, l'enfant ne comprenait pas ce brutal changement vestimentaire mais devinait que ce rite de passage, qui avait eu lieu quelques jours après son septième anniversaire et qui avait vu disparaître sa bienveillante gouvernante au profit de ce précepteur austère, était un honneur. Il signifiait que le garçon devenait homme et que, s'il ne pouvait déjà en avoir les responsabilités, il en aurait au moins l'accoutrement. Sa mère avait été particulièrement émue de le voir abandonner le bonnet mais s'inquiétait déjà de le voir  s'éloigner peu à peu d'elle. Ce petit bout d'homme l'avait aidée à supporter les morts consécutives de ses deux premiers garçons Louis et Armand, rappelés tous deux à Dieu avant même d'avoir atteint l'âge de 5 ans. Aimé pour trois, Henri avait toujours été particulièrement couvé par sa mère qui se servait de lui comme d'un moyen d'apaiser ses propres névroses, au grand dam de son père qui craignait que cette surprotection maternelle ne le préparât point assez aux difficultés de ce monde qu'il aurait un jour inévitablement à affronter. Henri quant à lui avait survécu à cette maladie qu'est l'enfance, et n'avait que faire des ambitions qu'on avait pour lui. Pour lui, l'heure était au jeu. Le futur comte était heureux de le partager avec sa sœur aînée, de six ans son aînée, et qui avait toujours décliné chacune de ses invitations : «  Henri, combien de fois devrais-je te répéter qu'il est inconvenant pour une Dame de s'amuser dehors ? »
Hélas, ce n'était pas pour amour pour son frère que cette « Dame » d'à peine 12 ans avait décidé de l'accompagner. A l'intérieur d'une bâtisse du domaine, le cadet de la famille, François, 5 ans, suffoquait : le corps de l'enfant était clairsemé de pustules douloureuses, la fièvre l'abrutissait. Comme ses aînés, François était de constitution fragile et l'on craignait pour lui une même mort prématurée : Louis-Emmanuel l'avait alors envoyé chez un médecin réputé de la région pour des examens et où il avait, cyniquement, attrapé la petite vérole. Le petit corps étant trop faible pour se défendre, on lui avait préparé une pièce particulière proche de la maison pour le laisser s'éteindre auprès des siens. Très contagieuse, la variole vola jusqu'aux adieux que Marie-Henriette aurait voulu prononcé à son fils. A 41 ans, cette mère allait enterrer son troisième enfant, son troisième fils, et, avec lui, le peu de rayonnement qui lui restait.
Henri ignorait jusqu'au retour de son cadet. Étant le seul frère qui lui restait, il aimait lui enseigner ce qu'on lui avait lui-même enseigné, lui apprenait jeux et bonnes manières, contait les merveilleuses histoires de cavalerie qu'il s'inventait et  auxquelles il rêvait de participer, pour de vrai. Le cadet admirait l’aîné qui s'était promis de le protéger. Mais où était ce protecteur alors que son camarade de jeu s'éteignait à jamais ? On avait sciemment demandé à Marie-Françoise d'éloigner au maximum le garçonnet de la pièce mortifère, et celui-ci n'y voyait que du feu.

[...]

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   04.06.17 19:51

Bonjour !

Je viens aux nouvelles ! Comment avance la fiche ? Very Happy

A très vite j'espère !

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   04.06.17 20:34

Philippe d'Orléans a écrit:
Bonjour !

Je viens aux nouvelles ! Comment avance la fiche ? Very Happy

A très vite j'espère !

J'ai mon bac dans moins de deux semaines donc d'ici là ça ne devrait pas beaucoup avancer, par contre j'aurai deux semaines après pour préparer mon oral ce qui me laissera le temps de la reprendre ! Smile

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   05.06.17 22:44

Ah oui, priorité au bac Green Bon courage pour tes examens !
Et à bientôt Clin d'Oeil

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"Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême
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