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 "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême

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Âge : 32 ans
Titre : Comte de Lauraguais
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Date d'inscription : 09/05/2017


MessageSujet: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   09.05.17 19:52

EDIT : Je suis toujours là ! Je commence mes révisions de bac et dois donc ralentir l'écriture de ma fiche... Mais je ne vous oublie pas  I love you
EDIT 2 : C'est bon, je reprends l'écriture de ma fiche, désolée du retard.  Embarassed



   
Henri d'Angoulême

   
Matthew Goode


   

   32 ans ♔ Comte de Lauraguais ♔ Français, famille Valois-Montmorency ♔
   Veuf ♔ Catholique ♔ A priori hétérosexuel
   ♔ Espion (Main de l'ombre) ♔
   


   
Quoi de plus simple que de mimer la loyauté, elle n'est jamais plus vraie que dans les bouches menteuses.

   

   
Quelques questions de protocole ...  


   
♔ ÊTES PLUTÔT PARIS OU VERSAILLES ?

   Fils de gouverneur et arrière-petit-fils de roi, Henri d'Angoulême a appris dès son plus jeune à accepter les privilèges que lui octroyait son rang. Son impatience d'appartenir à cette société qu'il avait depuis toujours fantasmé à travers les récits de son père l'emportait pourtant sur son avidité et sa luxure : obnubilé par l'honneur perdu de sa famille suite à la destitution de la charge de gouverneur de son père après sa trahison, les plaisirs qu'il savait recherchés par bon nombre de la Cour versaillaise ne l'intéressaient pas.
Cependant, lorsqu'il fût en âge d'y apparaître, Henri ne pût qu'être ébloui par la lumière qui émanait du château. Bien qu'averti de la corruption qui y régnait, la beauté des femmes, le raffinement des hommes et la divinité du lieu ne tardèrent pas à séduire cet homme plein d'orgueil. A la manière de celui des monstrueuses sirènes, le chant irrésistible de la Cour ensorcela Henri qui se laissa joyeusement guider de nombreuses années par la douceur des fastes et des charmes féminins, oubliant presque que c'est la mort qui attend toujours les marins séduits par ces dupeuses créatures.

   
♔ CROYEZ VOUS AU COMPLOT ?

   Du plus loin qu'il se souvienne, le complot avait toujours collé à Henri. Il faut dire que le destin l'avait doté d'une famille des plus singulières. Alors que chaque garçon de bonne famille de sa génération apprenait à aimer son souverain et à haïr les traîtres, le futur comte fit son éducation des récits qu'on lui rapportait de feu son grand-oncle le duc Henri II de Montmorency, mort guillotiné trois ans avant sa naissance. Le petit garçon s'était étrangement toujours senti proche de cet inconnu qu'il admirait du plus profond de son âme : dans ses jeux d'enfant il aimait tantôt à l'incarner victorieux lors de ses campagnes maritimes contre les protestants en 1625, tantôt à mimer sa nomination au rang de Maréchal de France en 1630. Cet homme décrit comme étant « vaillant, généreux, affable, libéral et magnifique, chéri et respecté des gens de guerre » eût alors la mauvaise idée de vouloir renverser le cardinal Richelieu, ministre du Roi Louis XIII, qui avait depuis peu placé ses agents sur les terres de Montmorency dans le but de réduire le rôle des institutions locales et de renforcer le pouvoir royal. Se sentant trahi par le roi et insuffisamment reconnu pour ses services militaires, il rejoint Gaston d'Orléans, le propre frère du roi, dans la conspiration. Bien qu'Henri II réussisse à rallier les États du Languedoc à la rébellion, les troupes sont anéanties par l'armée du roi en 1932. Grièvement blessé, le duc est emprisonné, jugé pour lèse-majesté et guillotiné à Toulouse.  Avec sa naïveté de petit-enfant, Henri était venu à la conclusion qu'il en était ainsi des grands hommes. Le mot "complot" lui était d'ailleurs difficilement supportable : son illustre famille avait en son sein un héros, et non un renégat !
Henri ne se rendit réellement compte du poids de sa sulfureuse ascendance que lorsque le membre le plus proche de sa famille, celui qu'il mettait sur un piédestal et qu'il admirait plus que quiconque fût publiquement humilié par la société qui l'adulait quelques semaines encore auparavant : son cher père, Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême. La période de trouble qui mena à la Fronde avait poussé les parlementaires, puis les grands seigneurs, à la rébellion. Mazarin, le ministre du tout jeune Louis XIV, avait su se faire détester des nobles après son augmentation des impôts et une remise en cause des privilèges. Refusant d'obéir à ce despote de ministre, Louis-Emmanuel est rappelé à la Cour et destitué de son gouvernorat. Bien qu'il réussisse à reprendre un peu plus tard un rôle politique, il était trop tard : le blason de la famille Valois-Angoulême était déjà entaché du déshonneur et il aurait fallu faire preuve d'une immense loyauté pour faire oublier à l'actuelle famille royale la disposition naturelle qu'eût la famille d'Henri a trahir si aisément ses souverains. C'est du moins ce qu'Henri, à peine âgé de 18 ans, promit à son père : lui descendant de la famille Valois-Angoulême, lui arrière-petit-fils de Charles IX, allait redorer le blason familial, racheter l'honneur perdu, et pourquoi pas accroître encore davantage l'influence de son nom.

Ainsi, Henri consacra sa jeunesse à honorer sa promesse : en peu de temps, son nom fut sur tous les lèvres, les salons s’arrachant ce beau garçon, talentueux dans des domaines aussi variés que la musique ou l'art de la conversation, démarrant une carrière s'annonçant brillante dans la marine, et fraîchement marié à un très bon parti de surcroît ! Hélas, la malédiction qui pesait sur sa famille ne laissa que ces quelques années dorées de répit à Henri puisqu'en quelques mois il perdit sa femme en couche ainsi que sa naissante influence aux seins des différents conseils : en effet, Colbert, le ministre du roi, s'inquiétant de voir cet ambitieux au grand nom prendre aussi rapidement autant d'influence, décida de tout bonnement l'écarter des plus hautes sphères du pouvoir au profit de jeunes bourgeois sans importance. Il était piqué au vif dans son honneur et ne se remettait pas de la mort de sa toute jeune femme, se sentant responsable de la brièveté et du tragique de son existence. La Main de l'Ombre, ayant eu vent des tourments dans lesquels était plongé Henri et réalisant l'importance qu'il pouvait apporter à leur mouvement grâce à sa condition et à sa notoriété, se rapprocha minutieusement du jeune veuf. Quelle ne fut pas la surprise de ses membres de n'entrevoir aucun choc, aucune confusion dans le regard du comte qu'on croyait pourtant ignorant des côtés obscurs de la Cour. Non, pas le moindre rictus ne vint trahir les pensées d'Henri. Peut-être que dans d'autres circonstances la ressemblance frappante entre sa situation et celle de ses aïeux l'aurait interpellé, mais ce ne fut pas le cas. Comme eux, il se sentait trahi par le gouvernement et donc par le roi lui-même, comme eux, il se sentait un peu trahi par Dieu : on lui enlevait brutalement tout ce qu'il avait mis des années à bâtir, il n'avait aucun ennemi et encore tout son honneur, alors pourquoi tant de souffrance pour un si jeune homme ?  Il prit alors la décision de se retirer dans son domaine familial afin de réfléchir à ce que lui proposaient les traîtres. Son grand-oncle, son père lui-même avaient trahi... Pourtant, il savait mieux que quiconque quels grands hommes ils étaient et quelles nobles causes les animaient. Marcher dans leurs pas ne serait-il pas le plus bel hommage à leur rendre ?
De retour à Versailles, on lui fit rencontrer Hector de Valois. Tout d'abord méfiant, Henri de Valois-Angoulême découvrit que les deux hommes ne partageaient pas qu'un patronyme : sa finesse d'esprit, son caractère fédérateur l'avaient séduit et totalement convaincu de rejoindre cette sulfureuse organisation de la Main de l'Ombre. Les choses se succédèrent ensuite très rapidement : la guerre de Lorraine éclata en 1667 comme un cadeau du Ciel. Si le roi venait à mourir, quel meilleur successeur qu'Hector de Valois ? De plus, sa femme Gabrielle de Longueville portait un descendant, peut-être même un héritier. Hélas, Dieu eût le sens de l'humour : le roi survécut, revint triomphant de la guerre, et surtout enterra son ambitieux cousin. Gabrielle quant à elle perdit son enfant et fut disgraciée par la Reine. Le mouvement ne tarda pas à exploser : à présent sans maître, les ambitions de chacun prirent le dessus. Les trois voix s’élevant le plus prirent chacune la direction d'une nouvelle branche avec de nouvelles directives : Victor d'Amboise qui se trouvait une légitimité à prendre le trône par la force, Louis de Rohan qui rêvait de voir une République prendre le dessus sur la Monarchie, et enfin Henri lui-même, qui préférait prendre la continuité du défunt Hector et qui désirait redorer le pouvoir royal, nouvellement infesté par de nombreux bourgeois arrivistes. Ainsi, Henri reprenait son influence et se languissait déjà de venger son honneur en même temps que celui de ses ancêtres qui, de là-haut, admiraient sans doute le tragique spectacle qui se préparait.

   
♔ VOUS SENTEZ VOUS PLUS COMME UNE DOUCE COLOMBE OU UNE GROSSE VIPÈRE ?

   Tout d'abord, qui pouvait avoir la prétention de se mesurer à une douce colombe ? Voilà ce que pensait Henri : le monde était, et cela depuis toujours, plein de vilenie. Oui, l'expérience lui avait appris que les hommes qui se réclamaient le plus de la vertu étaient ceux qui méritaient le moins d'y être associé et que chaque homme loyal avait sa part de félonie, comme le brave avait la sienne de couardise. Il en était ainsi. L'unité de mesure nous permettant de séparer l'homme bon du mauvais reposait sur sa seule qualité de comédien. Puisque le monde était un véritable théâtre, quoi de plus naturel ?
Ses gouvernantes et plus tard son précepteur firent tout ce qui était en leur pouvoir pour tuer le cynisme naturel du petit Henri. Les discours moralisateurs et les menaces de damnation éternelle eurent comme unique effet d'apprendre au garçon l'art de la dissimulation et du mensonge. L'âme pécheresse de l'homme le pousse toujours dans ce qui lui est interdit, et si sa compréhension précoce de la laideur de ce monde était blâmable, il s'attacherait alors corps et âme à la préserver.

Était-ce suffisant pour déclarer Henri d'Angoulême vipère ? Évidemment que non. Ce défaut avait au moins eu le mérite d'apprendre au jeune homme à ignorer les médiocres pour ne se concentrer que sur l'essentiel. Hélas, la Cour était friande de racontars sans importance et Henri dût s'en accoutumer. Comme à son habitude, il avait su tirer profit de ce désagrément : apprécié par les jeunes commères, celles-ci lui avaient déjà à plusieurs reprises donné des informations conséquentes sur la situation familiale du Roi ou sur son gouvernement. Triste ironie, c'était donc sa bonne éducation et son extrême galanterie qui firent de lui l'un des hommes les mieux renseignés de Versailles. Mais alors, qu'était Henri si ce n'est un homme paradoxal comme les autres ?

   
♔ QU'AVEZ VOUS A DIRE SUR LA GUERRE ?

   Henri avait été, comme bon nombre de petits garçons avant lui, passionné par la guerre. Sa famille avait connu de nombreux et glorieux chefs militaires et en tant que seul descendant mâle de Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême, on attendait de lui de suivre le même chemin. En grandissant, il avait remarqué que ses jeux de guerre s'écourtaient chaque fois un peu plus. Âgé de 8 ans, il vivait mal sa maigreur et sa petite taille. Il atteignait l'âge où les garçons découvrent que la force des mots peut parfois s'avérer plus forte que la violence physique et, craignant de subir les railleries de ses camarades, il prit la décision de ne pas prêter attention à ces fatigues. Peut-être n'étaient-elles même que passagères...
Cette joyeuse troupe avait pris l'habitude de courir à travers les champs : montés chacun sur un balais, ils s'inventaient de merveilleuses histoires de cavalerie, devenaient enfin les héros. Subitement, le cœur d'Henri s'accéléra, cette fois-ci de manière bien plus conséquente que les précédentes. Le souffle lui manquait déjà depuis une dizaine de minutes. Les veines de son cou se gonflèrent et lorsqu'il perdit connaissance, ses lèvres étaient déjà bleutées.

Depuis, Henri était devenu un homme. Il se remémorait souvent cet épisode de son enfance, celui-ci ayant profondément changé le garçon : le soir-même on fit venir de nombreux médecins, on procéda à la saignée, on le fit jeûner... Rien ne semblait ralentir le rythme incessant de son cœur. Durant ces jours interminables d’alitement, le petit garçon prenait peu à peu conscience de sa situation. Certes, il était de petite carrure, mais il avait toujours été en bonne santé. Contrairement à ses frères Armand, Louis et plus tard François, il avait survécu aux terribles maladies de l'enfance. Il réalisa soudain qu'il risquait peut-être de mourir, ou pire, de ne pas devenir militaire ! Malgré les directives du docteur, Henri sauta brusquement de son lit, s'agenouilla et joignit ses mains. Il pria longtemps Dieu, ou du moins pensait le faire : en vérité il tentait vainement de se justifier, demandait égoïstement les raisons d'une telle souffrance et fit l'énumération des bonnes actions qu'il avait accomplies dans la semaine. Puis, il se remit au lit. Tout le monde de l'enfance s’était déjà effondré devant lui.
Bien sur, le comte en riait aujourd'hui. S'il avait su que cet épisode lui permettrait de découvrir l'une des plus grandes passions de sa vie, l'enfant ne se serait pas fatigué inutilement à contrôler ses larmes une bonne partie de la nuit. Il finit par se rétablir et on lui interdit de reprendre ses jeux effrénés. C'est son père qui le sortit de la torpeur dans laquelle il était réduit depuis quelques semaines : «  Viens mon fils, je crois que tu seras un excellent homme d'armée...  »  Dans un premier temps surpris, la colère lui monta : pourquoi son père se moquait-t-il ainsi de lui ? Son enfermement n'était-il pas suffisamment insupportable ?
Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême prit son fils à partie et le fit s’asseoir. Il lui désigna alors une petite gravure d'un aristocrate, boucles foncées et regard inquisiteur. Ayant du mal à cerner ce que voulait lui faire comprendre son père, il releva la tête et fronça les sourcils. Le père, non sans une once de fierté, lui expliqua que cet homme était son grand-oncle Henri II de Montmorency. Alors qu'il ne pensait ne lui raconter que les grandes lignes de la vie de cet illustre personnage, Henri le pria de continuer. Bien qu'il ne comprenait toujours pas quel était le lien entre cet illustre personnage et lui, il le trouva fort intéressant et écouta sagement l'histoire de son père. Quand il eut fini, Valois-Angoulême s'assit aux côtés de son fils et lui murmura, comme une confidence, qu'on racontait qu'ayant un souffle au cœur, il avait pourtant réussit l'exploit de devenir l'un des plus triomphants marins de son époque. Louis-Emmanuel fut heureux de retrouver les étincelles dans les yeux de son fils, celles qu'il avait perdues depuis son accident. Henri le savait à présent : Dieu ne l'avait pas puni, il avait décidé d'une destin encore plus grandiose pour lui, celui de marin. Le souffle au cœur de l'oncle Henri était évidemment un mensonge mais celui-ci se révéla plus fondateur que n'importe quel jeu militaire avec les garçons du village : Henri, lui, avait trouvé sa voie.

Devenu adulte, il n'avait jamais abandonné son rêve. Bien sur il fallut un certain temps avant que le garçon ne sache réellement contrôler ses crises de tachycardie, mais l'objectif final valait bien tous ces d'exercices. On le croyait presque soigné. Devenu un membre éminent de la Cour, il travailla à fournir son carnet d'adresses. Durant une bonne partie de sa vingtaine, Henri se consacra à sa carrière militaire. A l'âge de 30 ans, Henri d'Angoulême possédait le grade de lieutenant de vaisseau.

On entendait depuis un certain temps circuler la rumeur qu'une guerre conséquente se préparait. Les ragots étant monnaie courante à Versailles, les hommes susceptibles de se battre et les femmes de les perdre au combat accordèrent peu de crédit à ces bruits de couloir. Hélas, les mois passèrent et les éminences du pouvoir ne cachaient plus leur tension : le Prince de Lillebonne déclara la guerre à la France afin de récupérer la terre des Trois Évêchés qui lui revenait soit-disant de droit. Quand l'on apprit fin février 1667 que les négociations entre les deux partis avaient échoué, chacun se préparait éminemment à prendre les armes.
Le comte savait quelle occasion de faire ses preuves était cette guerre. La flotte aurait un rôle éminent dans les combats et il comptait bien faire partie des victorieux. Bien que son souffle au cœur recommençait à l'handicaper, Henri était résolu à participer à la bataille. Fin mars son heure était venue : la bataille des Trois Jours était là ! Henri avait déjà rencontré Arthur de Roberval mais celui-ci se tenant éloigné des milieux fréquentés par le comte, il eurent à peine le temps de dépasser les politesses d'usage. Valois-Angoulême s'étonna de trouver si peu d'ambition à ce vaillant corsaire si talentueux. Il admirait son caractère autodidacte et son absence d'hypocrisie : bien que tout les séparait, Henri savait que leurs chemins finiraient par se croiser et qu'ils pourraient s'apporter l'un à l'autre.
Ils se retrouvèrent finalement sur L'Orientale mais l'heure n'était plus aux profits : en infériorité numérique, les vaisseaux français allaient devoir redoubler d'efforts pour vaincre. On jouerait alors sur la vitesse. De Roberval semblait exténué mais commandait ses hommes d'une main de fer : beaucoup d'entre eux étaient des pirates devenus corsaires après avoir répondu à l'appel du Roi et acceptèrent pourtant sans rechigner l'autorité de cet étranger. Peu d'hommes pouvaient se reconnaître le mérite d'avoir inspiré autant d'admiration et de respect.
Au matin du premier jour, l'équipage vit apparaître un nombre impressionnant de navires anglais et espagnols. Lorsque les français prirent aisément le premier navire espagnol, le courage leur revint. Ainsi les deux premiers jours se passèrent sans grande perte. Au matin du troisième jour, cela faisait de longues heures que plus aucun vaisseau n'avait été aperçu. On croyait la bataille gagnée et l'on s’apprêtait à rentrer quand de Roberval insista pour rester. Les prises de guerre étaient importantes et l'équipage exténué : cette initiative médusa les hommes qui la prirent pour un excès d'orgueil de leur chef. Henri observait Arthur : celui-ci, calme comme à son habitude, ne quittait pas des yeux l'océan et semblait préoccupé. Sa décision n'était pas à remettre en cause.
Les marins se considérant déjà presque en repos, sursautèrent à l'annonce du moussaillon : « Capitaine ! Capitaine ! Les Anglais à bâbord ! »  Ce gros navire à plusieurs ponts se révélait très impressionnant. Alors que l'on s'agitait autour de lui, Henri eut un sourire. Il attendait calmement les ordres de son supérieur pour guider au mieux ses hommes. Il était évident qu'Arthur de Roberval savait ce qu'il faisait et était enchanté de la prise qu'il s’apprêtait à faire. Il ordonna de laisser L'Orientale immobile afin que le vaisseau ennemi le prenne pour une frégate abandonnée. Les anglais tombés dans le piège s'approchèrent sans la moindre hésitation. Lorsqu'ils furent suffisamment proches, les boulets de canon explosèrent dans la coque ennemie dans un bruit effroyable qui assourdit quelques instants l'équipage. Pris de panique et réalisant leur erreur, les anglais attaquèrent maladroitement et sans toucher leur cible. Lorsque le capitaine lança un regard appuyé à son équipage, celui-ci comprit qu'il était temps de s’élancer sur le pont anglais et de débuter le combat au corps-à-corps. C'était le moment pour Henri de sortir de scène : le terrain était trop physique pour lui. Il fallut peu de temps aux français pour confirmer leur victoire et déchiqueter le pavillon anglais. Monsieur le duc de Somerset avait fui ce qui laissa Arthur amer mais les acclamations de ses matelots parvinrent à le lui faire oublier. Ce soir, on boirait au roi, à la France, et à l'incroyable Arthur de Roberval !

De nombreux mois avaient passés depuis cette belliqueuse expérience. Cette bataille signait la fin de sa courte expérience de terrain : le comte vieillissait et contrôlait de moins en moins son souffle au cœur. Il commença alors à se consacrer à son nouveau rôle dans l'administration maritime et ne mit d'ailleurs pas longtemps avant de devenir un proche de Lionne, le responsable de cette section, qui vit en Henri un successeur potentiel. Le comte avait dorénavant un rôle militaire primordial dans lequel il était plus que compétent. Il était beau, jeune, puissant : le monde était à lui. A moins qu'un certain Colbert et cet absurde destin n'aient décidé de lui mettre des bâtons dans les roues...

Source de la Bataille des Trois Jours

   
♔ QUELS SONT VOS LOISIRS ? AVEZ VOUS UN BUT PRÉCIS ?

- Jouer de son apparente ingénuité (bien que ses plus proches amis connaissent l'acerbe cynisme dont il sait faire preuve dans l'intimité) pour recueillir les informations les plus intéressantes de la cour ;
- Chasser avec son ami d'enfance Frédéric d'Auvergne ;
- Analyser au premier coup d’œil le comportement de ses nouvelles rencontres et réaliser que son intuition s'avère presque toujours bonne ;
- Tenter d'oublier la froideur de son cœur depuis le décès récent de son épouse ;
- Amuser la Cour de ses bons mots et séduire les jeunes candides de la Cour qui voient en lui tout d'un prince charmant.

- Chercher un moyen d'infiltrer le pouvoir royal ;
- Avancer dans sa reprise des titres de duc d'Angoulême et comte de Ponthieu qui appartiennent à sa sœur, folle et enfermée.
   
   

   
Derrière le masque ...
♔ Clara ♔ 16 ans ♔ Présente tous les jours
   Bontemps a raison ♔ En recherchant sur Google un forum de RPG historique pour ma petite-sœur et moi ♔ En espérant très bientôt pouvoir m'intégrer à votre joyeuse communauté (un peu de compatissance siouplé  I love you )


   


Dernière édition par Henri d'Angoulême le 16.07.17 20:12, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 11:22

Bonjour bonjour et bienvenue donc sur ATV ! cheers

Que ça fait plaisir de voir la Main de l'Ombre s'étoffer un peu ! What a Face

Si tu as d'autres questions surtout n'hésite pas à nous envoyer un mp à mes collègues et moi ou à poster sur le flood des p'tits nouveaux qui se trouve dans cette catégorie. Clin d'Oeil

Ne t'inquiète pas si personne ne vient pour l'instant t'accueillir, c'est pour une simple organisation des fiches, nos membres chéris te souhaiteront la bienvenue une fois que tu seras validé. Smile

Bonne inspiration pour l'écriture de ta fiche ! Si tu veux davantage de place pour ta seconde partie de bio, n'hésite pas à me le faire savoir, je retirerai ce post.

A très vite ! sunny

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La duchesse de Fer
" Je vois en toi quelque chose qui offense le vulgaire. L'envie et la calomnie te poursuivront. Alors dans ce désert égoïste qu'est la vie, ne pense plus qu'à toi. "

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 20:16

Bonjour et merci ! Very Happy

J'avais compris pourquoi on ne venait pas me souhaiter la bienvenue en lisant quelques fiches déjà validées. Comme je pensais que vous ne viendriez que quand j'aurai fini ma fiche, j'ai effectivement oublié de poster la deuxième partie de ma présentation. silent

À vrai dire j'avais peur de me lancer avec ce personnage susceptible d'avoir une certaine importance dans le jeu. J'espère que j'apprendrai à m'en montrer digne, je débute plus ou moins dans le RP et ai peur de ne pas être au niveau.  bounce

Pour l'instant je n'ai qu'une seule question technique que je t'envoie par MP, mais je n'hésiterais pas à te contacter pour d'autres questions. Je risque d'ailleurs de le faire sous peu parce que j'ai peur d'avoir du mal à m'intégrer à cet univers bien complexe ahah !

A bientôt (par message privé donc) Razz

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   11.05.17 23:21


Mémoires du Grand Siècle



« L'AVENIR D'UN ENFANT EST L’ŒUVRE DE SA MERE. »

1er décembre 1635
« C'en est assez, laissez-moi seule avec mon fils à présent. »

Marie-Henriette avait beau avoir accouché 48 heures auparavant, elle n'avait guère eu le temps de rencontrer son nouveau-né. L'héritière de La Guiche enchaînait les grossesses : en six ans de mariage, elle avait déjà donné naissance à pas moins de quatre enfants. Ses cheveux qui perdaient précocement de leur éclat, ses cernes bleuâtres et son regard las vieillissaient la jeune maman d'au moins 10 ans. Qui aurait alors pu croire que la Dame de Chaumont venait tout juste de fêter ses 32 ans ? Ce mariage avait fané la jeune femme autrefois reconnue pour sa si grande beauté. Il fallait dire que Louis-Emmanuel n'était pas l'homme dont elle avait rêvé et que leur union était bien loin de ce qu'elle avait connu. C'est à l'âge de 19 ans qu'elle épousait enfin son amour de toujours le Comte de Thorigny Jacques de Goyon de Matignon. Bien que le mariage resta stérile, les amants avaient vécu une relation sentimentalement et intellectuellement passionnée. Le comte laissait à son épouse la liberté de profiter à son aise de sa bibliothèque remarquablement remplie et profitait régulièrement de ses avis avisés. Marie-Henriette, désormais résolue à ne jamais enfanter, n'imaginait pas meilleur mari que son cher comte de Thorigny... C'était sans compter sur Monsieur le comte d'Alais, tombé éperdument amoureux de la belle quelques années auparavant. De quatre ans son aîné, Louis-Emmanuel n'avait jamais oublié leur rencontre à la Cour : Marie-Henriette venait d'y être présentée à l'âge de 17 ans et n'avait laissé personne indifférent. La chevelure blonde qui retombait en longues boucles sur son visage d'un teint laiteux faisait jalouser les femmes et fantasmer les hommes. Très vite, chacun était revenu à ses occupations mais Valois-Angoulême n'avait jamais pu se débarrasser du souvenir qu'il avait gardé du charme et de la grâce émanant de l'adolescente. Depuis un an, Louis-Emmanuel s'était mis en tête d'en faire sa femme et ne lésinait sur rien : lettres scandaleuses et cadeaux luxueux pleuvaient et laissaient Marie-Henriette désemparée.  Jacques ne tarda pas à découvrir  l'envahissant personnage qui n'attendait qu'une seule chose : la provocation en duel du mari blessé dans son orgueil. La main, à défaut du cœur de la Dame de Chaumont, était en jeu au milieu de ce combat de coqs. Nous connaissons le dénouement de cette histoire, ne nous attardons pas sur les épousailles, sur le combat acharné du comte pour conquérir sa belle, sur l'acharnement de celle-ci à s'investir dans l'éducation de ses enfants et sur les maîtresses que Louis-Emmanuel ne tardât pas à prendre. Aujourd'hui, Marie-Henriette avait son fils dans ses bras et rien ni personne ne pourrait lui gâcher ce moment.
« Henri... Tu seras mon petit Henri à moi. Ta maman sera toujours là pour toi, tu le sais ça ? »
Le garçonnet qui dormait paisiblement ne pouvait pas encore se rendre compte du poids qui allait peser sur ses petites épaules. Sa sœur aînée était le portrait de son père tandis que ses deux frères, de santé fragile, vivaient une partie de l'année loin du domaine familial. Henri, bien que frêle, vivrait. Il possédait les traits harmonieux de sa maman qui comptait faire de lui son véritable héritier. Cette fois-ci, elle ne le laisserait pas sous la coupe de son père ou d'un quelconque médecin : il serait à elle, et rien qu'à elle.

***

« LE RIRE DANS L'ENFANCE EST TOUJOURS PRES DES LARMES. »

24 avril 1644

Henri courait gaiement derrière sa sœur dans le jardin de leur domaine normand. Le garçonnet venait tout juste de quitter sa traditionnelle jaquette, robe aux manches bouffantes et col en broderie, symbole de l'enfance dont il fallait a présent se défaire afin d'appréhender une nouvelle étape dans la formation de l'homme en devenir qu'il était. La chemise resserrée aux poignets sous son pourpoint bleu-vert la démangeait, l'enfant ne comprenait pas ce brutal changement vestimentaire mais devinait que ce rite de passage, qui avait eu lieu quelques jours après son septième anniversaire et qui avait vu disparaître sa bienveillante gouvernante au profit de ce précepteur austère, était un honneur. Il signifiait que le garçon devenait homme et que, s'il ne pouvait déjà en avoir les responsabilités, il en aurait au moins l'accoutrement. Sa mère avait été particulièrement émue de le voir abandonner le bonnet mais s'inquiétait déjà de le voir  s'éloigner peu à peu d'elle. Ce petit bout d'homme l'avait aidée à supporter les morts consécutives de ses deux premiers garçons Louis et Armand, rappelés tous deux à Dieu avant même d'avoir atteint l'âge de 5 ans. Aimé pour trois, Henri avait toujours été particulièrement couvé par sa mère qui se servait de lui comme d'un moyen d'apaiser ses propres névroses, au grand dam de son père qui craignait que cette surprotection maternelle ne le préparât point assez aux difficultés de ce monde qu'il aurait un jour inévitablement à affronter. Henri quant à lui avait survécu à cette maladie qu'est l'enfance, et n'avait que faire des ambitions qu'on avait pour lui. Pour lui, l'heure était au jeu. Le futur comte était heureux de le partager avec sa sœur, de six ans son aînée, et qui avait toujours décliné chacune de ses invitations : «  Henri, combien de fois devrais-je te répéter qu'il est inconvenant pour une Dame de s'amuser dehors ? »
Hélas, ce n'était pas par amour pour son frère que cette « Dame » d'à peine 12 ans avait décidé de l'accompagner. A l'intérieur d'une bâtisse du domaine, le cadet de la famille, François, 5 ans, suffoquait : le corps de l'enfant était clairsemé de pustules douloureuses, la fièvre l'abrutissait. Comme ses aînés, François était de constitution fragile et l'on craignait pour lui une même mort prématurée : Louis-Emmanuel l'avait alors envoyé chez un médecin réputé de la région pour des examens et où il avait, cyniquement, attrapé la petite vérole. Le petit corps étant trop faible pour se défendre, on lui avait préparé une pièce particulière proche de la maison pour le laisser s'éteindre auprès des siens. Très contagieuse, la variole vola jusqu'aux adieux que Marie-Henriette aurait voulu prononcé à son fils. A 41 ans, cette mère allait enterrer son troisième enfant, son troisième fils, et, avec lui, le peu de rayonnement qui lui restait.
Henri ignorait jusqu'au retour de son cadet. Étant le seul frère qui lui restait, il aimait lui enseigner ce qu'on lui avait lui-même enseigné, lui apprenait jeux et bonnes manières, contait les merveilleuses histoires de cavalerie qu'il s'inventait et  auxquelles il rêvait de participer, pour de vrai. Le cadet admirait l’aîné qui s'était promis de le protéger. Mais où était ce protecteur alors que son camarade de jeu s'éteignait à jamais ? On avait sciemment demandé à Marie-Françoise d'éloigner au maximum le garçonnet de la pièce mortifère, et celui-ci n'y voyait que du feu.
Henri ne comprenait pas l'anxiété dans le regard de son aînée. Il prenait pour arrogance ce qui n'était, dans l'esprit et le cœur de Marie-Françoise, que du chagrin. Ses yeux appelaient sans cesse le pavillon de chasse où était réunie sa famille et où, ni elle, ni son cadet n'avaient leur place. Le premier homme qui en sortit était ratatiné sur lui-même, épaules rentrées et visage baissé. Appuyé contre un muret, ce que les enfants prenaient pour un vieillard peinait à reprendre sa respiration. Ce n'est que lorsque celui-ci se retourna que la petite Dame put reconnaître l'être chétif à quelques mètres d'elle. Elle courut attraper la main d'Henri. Elle regardait fixement l'homme qui se rapprochait, enfonçait de plus en plus ses ongles dans la petite main potelée qu'elle tenait à mesure que l'ombre avançait. L'enfant cherchait à quitter cette emprise, recherchait dans les yeux de sa sœur les raisons de cette douloureuse étreinte. Impassible, elle restait muette aux interrogations du petit qui s'était mis à appeler sa mère.
Louis-Emmanuel s'agenouilla finalement face à celui qui était désormais le seul fils qui lui restait. Il resta un instant à regarder les boucles blondes d'Henri qui, avec l'âge, tournaient de plus en plus vers le châtain, les yeux turquoise incrédules, la peau laiteuse et tachetée, sur le haut du nez, de quelques tâches de rousseurs. En effet, ce garçon avait bien peu de son géniteur, si ce n'est cette cambrure dans le bas du dos qui les faisait tous deux se tenir très droit et qui leur donnait cet air suffisant et superbe. Louis-Emmanuel eut un rictus triste. Il ouvrit les petites paumes et glissa à l'intérieur de celles-ci une petite bague dorée sur laquelle était gravée le prénom de François. Au même instant, Marie-Henriette sortait à son tour du pavillon, les cheveux défaits et le visage décomposé par les larmes. Le cœur d'Henri rata un battement. Ses yeux à son tour se remplirent de larmes. Il se sentait humilié, d'une part par le peu de confiance que lui avait accordé sa famille, et d'autre part par sa propre défaillance : il avait menti à son frère et n'avait pas su le protéger. Il voulait hurler et se débattait, cherchait à se dégager des bras de ce père qui l'enveloppaient de toutes les responsabilités futures qu'il aurait à supporter en tant qu'unique survivant mâle de cette toxique famille de Valois-Angoulême. « A présent, tu te dois d'être un homme. Il est temps de quitter l'insouciance, Henri. »


***

« LA MALADIE DE L'ADOLESCENCE EST DE NE PAS SAVOIR CE QUE L'ON VEUT ET DE LE VOULOIR CEPENDANT A TOUT PRIX. »

5 août 1652

Cela faisait quelques semaines qu'Henri était en Auvergne. Ses parents lui avaient autorisé un mois de vacances, et l'adolescent de tout juste 17 ans était heureux de pouvoir se libérer de ce précepteur si rigide qui avait été désigné pour faire son éducation. En cette période de rébellion qu'est l'adolescence, Henri détestait tout ce qui se mettait au travers de sa liberté : ce tuteur, auquel il devait respect et considération, était donc le premier de ses désagréments. Pourtant, Henri ne connaissait rien de la vie et malgré tous les efforts de Louis-Emmanuel, la matriarche gardait un rôle primordial dans la vie du jeune homme.
A vrai dire, ce n'était pas par hasard que Louis-Emmanuel se montrait soudainement si généreux. En début d'année, il avait assisté à l'enterrement de Frédéric-Maurice de la Tour d'Auvergne. Les deux hommes s'étaient rencontrés lors de la Fronde : le prince de Sedan était l'un des personnes principaux de cette rébellion, de laquelle était née cette amitié consolidée par l'immense respect que les deux hommes se vouaient mutuellement. A l'annonce du décès imminent de son ami, Louis-Emmanuel s'était empressé d'arriver à son chevet. Près de lui il avait trouvé Éléonore de Bergh, sa veuve éplorée. Sa beauté avait été l'objet de louanges dans tout le royaume, et Louis-Emmanuel, comme tant d'autres, n'était pas resté insensible à ses charmes. Elle était pourtant l'inverse de ce qu'était sa propre femme, à l'époque où il était, de la même manière, tombé amoureux d'elle. Ainsi, la princesse, malgré un corps potelé par les grossesses répétées, était l'incarnation même de la grâce : sur sa tête légère retombaient des mèches brunes, ses yeux verts perçants semblaient pénétrer l'âme de tous ceux qui avaient la chance d'être l'objet de son regard et sa moue naturelle lui donnait un caractère presque enfantin. A 39 ans, Éléonore faisait ses adieux au père de ses dix enfants et à l'homme pour lequel elle s'était battu toute sa vie, aussi bien dans l'élaboration de leur propre union désapprouvée par leurs familles respectives, que dans la désunion d'avec le roi Louis XIII. Toute sa vie ne fut que force et sacrifices, et le duc d'Angoulême ne put s'empêcher d'admirer cette femme, magnifiée dans la souffrance.
De cet amour, incompris par la veuve, était donc né une amitié. S'efforçant d'assister la princesse dans son deuil, le duc s'était montré ô combien attentif aux besoins d'Eleonore qui, inconsciente des véritables desseins de Louis-Emmanuel, était heureuse de trouver une épaule généreuse sur laquelle se reposer.
Ainsi, Eleonore avait invité la famille Valois-Angoulême à séjourner dans leur maison familiale en Auvergne. Évidemment, Louis-Emmanuel s'était bien gardé de dévoiler le véritable objectif de ce congé estival. Il ne fallut pas quelques jours avant qu'Henri ne comprit celui-ci, après avoir remarqué l'attention toute particulière accordée par son père à la princesse de Sedan. Tout d'abord inquiet pour sa mère, il réalisa cependant que Marie-Henriette, qui n'avait jamais réellement aimé son second époux, avait tout aussi bien capté le regard indolent et langoureux de Louis-Emmanuel et qu'elle se gardait bien de lui faire remarquer, trop heureuse de se trouver éloignée de lui. Lassé par ces problèmes familiaux liés au manque de communication qui régnait chez lui et qui étaient les conséquences directes de l'absence d'amour, Henri avait donc bien décidé d'apprécier son séjour et de s'éloigner de ses géniteurs si encombrants.

Ainsi, Henri devenait un homme. Ses cheveux blonds avaient disparus au profit d'une masse épaisse châtain foncée qui lui tombait sur les épaules et qui contrastait avec sa peau claire. Son corps malingre était, avec la puberté, devenu plus puissant et vigoureux. L’aînée Valois-Angoulême, Marie-Françoise était, quant à elle, mariée depuis 3 ans et pouponnait ses deux enfants, ainsi Henri était donc le seul à devoir s'intégrer à la famille nombreuse de la veuve. En effet, le prince de Sedan ne laissait pas qu'une femme, il laissait également pas moins de 10 jeunes enfants, tous encore mineurs : l'aînée Élisabeth avait 17 ans, Godefroy-Maurice 16, Louise-Charlotte 14, Amélie 12, Frédéric-Maurice qui avait hérité du nom de son illustre père 10, Emmanuel-Théodose 9, Hippolyte 7, Constantin-Ignace 6, Henri-Ignace 2 et enfin Mauricette-Fébronie qui n'avait même pas 1 an. Isolé par son précepteur, Henri était peu habitué à côtoyer autant de personnes, ainsi il s'évadait le plus souvent possible et partait découvrir la campagne auvergnate. Il avait bien rencontré Élisabeth qui avait la particularité d'avoir le même âge que lui, pourtant il ne lui avait trouvé rien d'intéressant : elle lui rappelait trop sa sœur et son orgueil mal placé. Elle était également très influençable et Henri pouvait à loisir la manipuler. Pris de remords, il décidait de l'éviter afin de ne pas la blesser d'avantage. C'est ainsi qu'il décidait de partir se promener, loin de toute l'union de cette famille qui lui rappelait bien évidemment toute la discorde au sein de la sienne. Après une longue marche, il trouvait un lac et décidait de s'y arrêter. Le jeune homme n'en avait jamais vu de tel : entourée d'une forêt, l'eau bleue turquoise invitait irrésistiblement chaque passant à s'y plonger. On avait évidemment attribué un valet à Henri mais celui-ci avait décidé de s'en garder pour cette fois : il souhaitait être seul. Pour les deux prochaines heures, il savait que son absence n'inquiéterait pas outre mesure et il comptait profiter de chaque minute. Alors qu'il commençait à se déshabiller, Henri fut surpris d'entendre des rires non loin de lui : il se retournait soudainement et surprenait Louise-Charlotte, assise sur une rive et riant avec sa dame de compagnie. Le petit Frédéric-Maurice, quant à lui, se baignait dans le lac. Craignant d'interrompre cette jolie scène pittoresque, Henri revêtit son pourpoint et s'installa de sorte à pouvoir les observer sans se faire remarquer. Il restait ainsi là, de nombreuses minutes, à observer deux membres de cette famille à laquelle, dans une autre vie, il aurait rêvé d'appartenir. Frédéric-Maurice, très grand pour son âge, était ce type de garçon qui respirait la confiance en soi et la joie de vivre. Il amusait sa sœur en multipliant les galipettes et autres pirouettes dans le lac et remontait quelques fois à la surface pour discuter avec elle. Lorsqu'il sortit, Henri put plus nettement examiner le jeune garçon : il était effectivement très grand, ses cheveux blonds lissés par l'eau lui tombaient en désordre sur le visage et on pouvait observer, à travers eux, deux grands yeux bleus brillants qui représentaient si bien toute l'exaltation de ce bout d'homme qui n'attendait que de pouvoir prouver au monde l'étendue de ses talents. Mais ce n'était pas Frédéric-Maurice qui intéressait Henri. Il jalousait plutôt l'intérêt que Louise-Charlotte avait pour ce garçon et tout l'amour fraternel qu'elle avait pour lui. Oui Henri le jalousait, il le jalousait comme jalousent les adolescents, c'est à dire de cette manière totalement irraisonnée et incontrôlée, de cette manière qui brise le cœur de ceux qui comprennent à peine la puissance de leurs sentiments naissants. Henri n'avait jamais eu réellement l'occasion de fréquenter l'autre sexe, et la fréquentation de sa sœur l'en avait d'ailleurs plutôt désintéressé. Pourtant, il sentait que celle-ci était différente. Allant sur sa quinzième année, elle avait la maturité des filles qui se préparent à devenir femmes et l'insouciance et la fraîcheur de l'enfant. Ses cheveux châtain clairs étaient remontés à l'aide d'une broche mais le vent avait laissé s'échapper quelques boucles qu'elle avait soigneusement replacées derrière ses oreilles. La chaleur de ce mois d'août avait rougi ses joues et les idioties de son frère la faisait rire aux éclats. Le même vent qui l'avait décoiffée faisait remonter sa robe et dévoilait ses petites chevilles blanches. Henri, réalisant l'intimité dans laquelle il s'était immiscé, devint rouge comme une pivoine et détourna le regard. Il prit ses affaires et reprit le chemin du retour. Alors qu'il n'avait pas encore quitté le lac, il fut surpris par la voix de Frédéric-Maurice : « Ne serait-ce pas là le fils de l'ami de notre mère ? Quel est son nom, déjà ? »  Avant qu'il ne put faire le moindre geste, le garçonnet était déjà derrière lui, suivi de sa sœur et de sa dame de compagnie. Il fut donc obligé d'accompagner la joyeuse troupe et fit alors leur connaissance. Frédéric-Maurice avait 7 ans de moins qu'Henri et n'avait presque rien en commun avec lui. Pourtant, il appréciait sa compagnie et sa jovialité. Henri repensait souvent à François et, consciemment ou non, commençait à tisser des liens quasi-fraternels avec ce nouvel ami.

Rentré dans la demeure des Tour d'Auvergne, Henri alla s'allonger dans son lit, tentant de remettre de l'ordre dans ses idées. Après avoir eu l'occasion de s'entretenir avec Louise-Charlotte, il était on ne peut plus convaincu de l'amour qu'il lui portait. Il aimait comme il n'avait jamais aimé et s'attristait déjà du peu d'intérêt qu'elle devait lui porter. Il n'était rien pour elle, si ce n'est un compagnon d'un mois, qu'elle ne reverrait sans doute jamais. Pourtant, une joie inexpliquée l'enveloppait et ne le quittait plus. Il la reverrait, il en faisait le serment. Pour le moment, il devait faire bonne figure et ne rien laisser paraître de cet emballement du cœur qu'il ressentait pour la première fois.


***

« QUAND ON EST JEUNE, ON A DE L’ÉNERGIE A PROFUSION, C'EST ELLE QUI NOUS DONNE L'ENVIE DE TUTOYER LES ÉTOILES. »

2 septembre 1655

Quand Henri se rendit pour la première fois à la cour Versaillaise, l'heure n'était plus aux angoisses puériles et aux inquiétudes superficielles de la reconnaissance mondaine. Mort deux ans auparavent, le duc d'Angoulême avait eu le temps, quelques instants avant de rendre son dernier soupir, d'avertir son héritier du message qu'il aurait à porter sa vie durant. La famille Valois-Angoulême-Montmorency avait été insultée et trainée dans la boue suite aux trahisons successives de ses membres, desquelles son grand-oncle le duc Henri II de Montmorency perdit la tête, son grand-père Charles d'Angoulême sa liberté et enfin son propre père, Louis-Emmanuel de Valois-Angoulême, son influence et sa notoriété. Ainsi ce dernier pria le jeune homme de 18 ans de redorer le blason familial et d'user de tous les moyens pour venger ce déshonneur qui hanta le duc tout au long de sa vie. Une telle faculté familiale à l'infidélité quant au pouvoir royal ne pouvait pas ne pas être arrivée aux oreilles de Sa Majesté le jeune roi Louis XIV. Encore sous le joug de la reine-mère et régente Anne d'Autriche, Louis n'était pas encore le Soleil que l'on connait aujourd'hui. Lorsqu'on apprit que le jeune comte de Lauraguais allait arriver à la Cour, on le pria de prêter serment de fidélité au roi. Il était évidemment convenu que chaque noble se devait d'être voué corps et âme à son souverain, cependant cet engagement, de la bouche d'Henri, prenait une tournure toute particulière. Il était pourtant prononcé en toute sincérité car Henri, animé par les joies et les ambitions romantiques du nouvel adulte, comptait bien être reconnu pour ses qualités et sa noblesse d'âme.
Le jeune comte n'oubliait pas que son propre arrière grand-père, Charles IX, avait été autrefois à la place si convointée de Louis de Bourbon. Charles IX, lui-même petit-fils du roi des rois François Ier, avait été le témoin (et probablement l'instigateur) du tristement connu massacre de la Saint-Barthelemy. Traumatisé, abandonné de tous et en premier lieu par sa propre mère, la tumultueuse Catherine de Médicis qui entend le détrôner, Charles IX s'éteint, emporté par la fièvre. Il n'avait pas 24 ans. Heureusement pour Henri d'Angoulême, car de cet évènement dépend même son existence, Charles avait eu le temps de tomber fou amoureux de Marie Touchet. Cette jeune comtesse, connue aussi bien pour sa spiritualité que pour sa beauté qui inspira la poésie du roi lui-même, et dont l'amour survécut au passage à l'âge adulte des jeunes amants, au mariage du roi et aux guerres de religion, allait porter un fils : Charles d'Angoulême, le grand-père d'Henri.
Le sang royal coulait donc dans ses veines et il était ainsi tout naturel pour lui d'appartenir à la Cour de son pays. Les ancêtres des courtisans qu'il cotoyait avait un jour servi le sien, ainsi le comte connaissait sa valeur et ne comptait pas se laisser sous-estimer, ou pire, oublier, par ces calculateurs incapables, pour un grand nombre, de témoigner de leur soit-distant illustre naissance.

La perruque était déjà d'usage à la Cour, mais les cheveux foncés et abondants d'Henri lui permettaient de faire exception à la règle. Sous son pourpoint foncé qui lui descendait jusqu'en dessous des hanches était sa chemise champagne aux manches flottantes. On remarquait ensuite ses hauts-de-chausse qui couvraient le haut de ses cuisses et une partie de ses bas clairs. Ce costume somptueux était complété par des souliers à petits talons blancs et rouges. Ils seraient plus tard agrémentés de rubans de couleurs de toutes sortes et embellis, comme le reste du costume, d'accessoires extravagants au goût de Monsieur le frère du roi qui allait bientôt réglementer le moindre des faits et gestes, de par les vêtements jusqu'à la conduite, des membres de la Cour.
Mais le moment n'était pas aux conspirations ou aux manipulations : Henri n'allait pas en avoir besoin. Il était beau comme on l'est à 20 ans, il était beau car il ignorait encore ses charmes, qui ne tardèrent d'ailleurs pas à opérer sur les jeunes courtisanes qui l'observaient rentrer dans le salon du coin de l'oeil, et il était beau de son inexpérience et de ses rêves qu'il comptait assouvir le plus vite possible. D'excellente éducation, il ne tarderait pas à devenir la coqueluche des salons, apprécié autant pour ses bons mots et sa charmante et faussement timide galanterie que pour ses talents de claveciniste, oubliant de peu le dessein initial de cette arrivée triomphale à Versailles. Loin des machinations des courtisans, la vie s’avérait finalement assez douce et agréable...



***

« EN FAIT D'AMOUR, VOIS-TU, TROP N'EST PAS MÊME ASSEZ. »

6 octobre 1663

[...]

______________________

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elle n'est jamais plus vraie que dans les bouches menteuses.


Dernière édition par Henri d'Angoulême le 17.07.17 21:01, édité 23 fois
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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   04.06.17 19:51

Bonjour !

Je viens aux nouvelles ! Comment avance la fiche ? Very Happy

A très vite j'espère !

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   04.06.17 20:34

Philippe d'Orléans a écrit:
Bonjour !

Je viens aux nouvelles ! Comment avance la fiche ? Very Happy

A très vite j'espère !

J'ai mon bac dans moins de deux semaines donc d'ici là ça ne devrait pas beaucoup avancer, par contre j'aurai deux semaines après pour préparer mon oral ce qui me laissera le temps de la reprendre ! Smile

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MessageSujet: Re: "Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême   05.06.17 22:44

Ah oui, priorité au bac Green Bon courage pour tes examens !
Et à bientôt Clin d'Oeil

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"Loyauté me lie" - Henri d'Angoulême
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