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 Le dernier jour du reste d'une vie (Pv Benoit)

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Joséphine La Grange
Côté Lit: Ca va merci... et vous, confortable ?
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ADMIN SEXY
and he knows it !

Âge : 29 ans
Titre : Ancien Mousquetaire - En recherche d'emploi !
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MessageSujet: Le dernier jour du reste d'une vie (Pv Benoit)   18.12.16 12:03

Le soleil se levait doucement sur Paris. Chacun de ses rayons venait lécher les façades, petit à petit, dans une course inexorable pour chasser l'abîme de la nuit, les ténèbres. Le ciel, d'un bleu sombre, s'éclaircissait doucement, pour adopter une teinte rosée. Les étoiles s'effaçaient au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient. Ce matin là, il faisait particulièrement froid. Un vent glacial soufflait, venant du nord-est, des terres picardes. Le mois de décembre venait à peine de commencer. Depuis plusieurs matins, le verglas recouvrait les pavés, provoquant glissades et chutes. Les quelques badauds qui osaient braver ce climat rude, remontaient leurs manteaux jusqu'au col et tâchaient de se réchauffer en marchant d'un pas plus pressé. Pourtant, ces passants n'imaginaient pas la chance qu'ils avaient. Car ailleurs, à l'intérieur de la Bastille, d'autres se trouvaient moins bien lotis. Les prisonniers grelottaient. L'endroit, en plus d'être humide, était envahi de courants d'air. Chaque hiver permettait de faire un peu de ménage. La situation pouvait choquer par son cynisme, mais les geôliers ne faisaient pas grand chose pour améliorer les conditions de vie. Après tout, les rations ne couraient guère les rues ! Une bouche de moins à nourrir, c'était bon à prendre. Et puis, qui pouvait donc s'émouvoir de la mort d'une vermine ? Personne... A part peut-être le bourreau, puisque cela lui faisait un condamné de moins à exécuter. Tout le monde ici savait que ne pas mourir de froid n'était qu'un sursis.

Alexandre, le premier. Malgré les deniers de Philippe et sa cellule "de luxe", il s'était terré dans un coin, enfoui sous une cape. Il claquait des dents. De la buée sortait de ses narines et de sa bouche. La nuit avait été longue... très longue. Il n'avait pas réussi à fermer l'oeil. Et pour cause. Aujourd'hui se tenait son procès. L'occasion de voir se terminer cette descente aux enfers par une apothéose, son exécution. D'Artagnan ne se faisait aucun doute là-dessus. Il allait mourir, accusé d'avoir tué son épouse et ses enfants. Ses heures étaient comptées et bien qu'il en ait conscience depuis son arrivée en ce lieu, plus l'heure approchait, plus l'angoisse le tenaillait. La mort l'inquiétait. Le destin semblait vouloir jouer avec lui quelques heures de plus, en le frigorifiant, sans doute pour lui donner un avant-goût de ce que serait sa fin. L'ancien mousquetaire eut une quinte de toux, le genre à ne pas annoncer quelque chose de bien. Quand on le regardait, on se demandait comment il pouvait encore tenir debout. Ses joues étaient creusées par la fatigue et la faim. Il avait des cernes et sa carrure presque squelettique le rendait chétif. Personne n'aurait pu croire que deux ans plus tôt, il combattait dans l'uniforme de Mousquetaire. De toute façon, peu de gens s'intéressaient à son cas, juste quelques amis encore fidèles et puis sa famille. Alexandre pensa à son frère, Philippe. Il lui faudrait surmonter cette épreuve, aller de l'avant. Il avait foi en lui. Un peu de chaleur l'envahit lorsqu'il se souvint de Barnabé. Ce bon vieux Planchet, fidèle laquais de son père, toujours prompt à faire preuve de bienveillance à l'égard de cette famille dont il faisait partie, viscéralement.

D'Artagnan sortit ses mains de sous la cape. Il tenait une lettre, écrite par Charles, le patriarche. Pas un seul reproche, pas une seule remarque sur le fait qu'il ait décidé de se rendre. Son père lui envoyait un soutien timoré, il n'avait jamais fait dans le sentiment. Il paraissait confiant, étrangement. Il se persuadait que l'aîné allait s'en sortir, parce qu'il refusait de renoncer. Sinon, à quoi bon lui envoyer un avocat ? C'était ce qu'il lui annonçait dans cette lettre. Un certain Benoit de Courtenvaux assurerait sa défense. Triste jour pour lui... car il allait perdre son affaire. A ce moment-là, Alexandre ne savait pas ce qui allait se passer. Il ignorait que ses enfants étaient toujours en vie, bien à l'abri chez leur grand-père. Charles gardait cela secret pour le procès, afin de lui sauver la mise. Mais il restait toujours accusé du meurtre de Marine, et dans un cas comme dans l'autre, il se retrouverait acculé et condamné à mort. Le jeune prisonnier relut pour la vingtième fois sa lettre. Il avait fait l'effort de se raser, même s'il était taillé à plusieurs endroits. Il avait mis des vêtements neufs, un peu trop grands pour lui, prêtés par Philippe. Il patientait, se recroquevillant de plus en plus à cause du froid. Ses lèvres prenaient une teinte violacée. Il entendit un bruit dans le couloir. Le bourreau. Sanson ne ratait pas une occasion de jouer avec ses peurs. Il faisait grincer sa hâche sur les murs de pierre, avec un sourire sadique sur le visage. Alexandre l'entendit s'arrêter devant sa porte et lui dire, d'une voix cruelle :

- Tic-tac... tic-tac... c'est bientôt ton tour, d'Artagnan... Ha ha ha !

Son rire diabolique le terrifia. Lui qui avait tenu tête jusqu'à maintenant, il sentait ses nerfs à fleur de peau ! Il déglutit avec difficulté en essayant de penser à autre chose, mais entre le vent et l'image du bourreau, il n'y parvint pas. Les minutes qui suivirent furent interminables. Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir, s'amplifiant à mesure qu'ils se rapprochaient de sa porte. Alexandre posa ses yeux sur celle-ci. Lentement, le geôlier ouvrit la serrure. Il y eut un grincement et un homme entra. Il était grand, avec un air austère. Il ressemblait à un avocat... Alexandre se redressa et se leva, jaugeant le nouvel arrivant avec attention. Alors que celui-ci lui tendit la main, il la lui serra. Sa poigne n'était pas aussi ferme qu'il l'aurait voulu, ses doigts se retrouvaient engourdis. D'ailleurs, à travers ses gants, Benoit du bien sentir qu'il était gelé ! D'Artagnan lui coupa la politesse, d'une voix rocailleuse :

- Je sais qui vous êtes. Vous avez fait le déplacement pour rien... vous parlez à un condamné, qui n'en a plus pour très longtemps.

Malgré son assurance, on sentait bien qu'il n'était pas du tout tranquille. Il était curieux de savoir ce que Benoit avait prévu de dire pour le défendre... Venant de son père, il y avait forcément quelque chose de mystérieux caché sous l'acte. D'Artagnan fut à nouveau pris d'une quinte de toux et se détourna pour se calmer un peu. Il faisait peine à voir, bien qu'il essaie de tout faire pour rester digne, après tout il possédait toujours sa fierté maladive.

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