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 [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il est libre de battre mais n'a pas trouvé qui serait digne de lui.
Côté Lit: Il n'y a que moi et parfois ma fille. Pas d'homme, pour cause d'absence de coeur qui bat.
Discours royal:



FEMME D'AUJOURD'HUI
elle flotte, elle hésite ...

Âge : 24 ans
Titre : Archiduchesse d'Autriche, duchesse douairière de Saxe-Zeitz et de l'Autriche inférieure
Missives : 641
Date d'inscription : 13/09/2012


MessageSujet: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   03.11.16 14:59


« Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie. »

Début novembre 1667, il était temps pour Aliénor de faire quelques bagages et partir pour une nouvelle destination, et un nouveau lit conjugal. Si elle restait toujours sceptique à l'idée de cette union avec le prince danois amoureux des femmes, elle avait revu en partie son jugement sur sa personne. Il ne semblait pas aussi stupide et vide d'esprit qu'il n'y paraissait, juste une certaine paresse à s'intéresser à la politique et aux responsabilités. Cela ne faisait pas de lui une mauvaise personne, ni un mauvais mari. Elle avait souvent entendu l'épouse répudiée clamée à quel point Édouard était gentil, aimable et agréable. Ma foi, cela ne pouvait pas être difficile à vivre avec. Si seulement, il n'était pas le troisième mariage et encore imposé par un frère. Mais il n'était plus le temps de soupirer ou de faire des reproches, il fallait boucler ses malles, elle partait dans deux jours pour un long voyage jusqu'à Copenhague. Elle emmenait quelques tenues, des bijoux, des livres, de quoi l'occuper durant le trajet comme de la broderie. Bien sûr, sa robe de mariée avait sa propre malle, elle y avait passé des nuits entières pour la faire comme elle le souhaitait, loin des tenues imposées les deux premières fois. Dans son périple, sa camériste Julia et sa fille Marie-Anne serait de la partie, bien évidemment.

Depuis le soir où elle avait discuté de la cérémonie avec son fiancé, Aliénor avait pris sa plume en rentrant pour correspondre avec la reine du Danemark, Sophie-Amélie de Brunswick. Cette femme de presque quarante ans avait été enchanté de la lettre de sa future belle-soeur ! Il faut dire que la souveraine avait remodelé la triste cour danoise sur le modèle français, avec grand luxe et toute l'animation possible. L'archiduchesse lui avait proposé d'organiser le mariage avec tout le goût qu'elle avait, tout en lui expliquant leurs demandes. S'en était suivi quelques courriers aimable où Sophie-Amélie écrivait les avancées des préparatifs, le choix des invités, de la musique, … pour une fois, l'autrichienne appréciait l'organisation de son mariage, elle avait un petit pouvoir de décision et avait fait un choix stratégique de demander de l'aide à la reine du Danemark ! Le dernier courrier, elle le reçut la veille de son départ : Sophie-Amélie l'enchantait avec le cœur de musique viennoise qui venait d'arriver ! Elle lui décrivit que Frédéric III avait accepté qu'on sorte quelques joyaux de la couronne pour les faire polir, et quelques invités annonçaient leur venue prochaine. Aliénor lui répondit dans la foulée qu'elle partait et que la prochaine fois qu'elles échangeraient sur le mariage, ce serait de vive voix.

Elle eut du mal à dormir la nuit, et à l'aube, lorsque sa camériste vint la lever, elle vit déjà Aliénor en partie apprêtée dans une tenue de voyage grise, seyante et confortable. Il n'y avait plus qu'à tenter de manger un bout et d'emmener la petit Marie-Anne dans le véhicule de voyage sans la réveiller. L'église sonnait 7h lorsqu'Aliénor monta dans son carrosse, direction son nouveau destin. Le convoi de deux véhicules s'articulaient dans Paris, rejoint aux environs de Vincennes par celui du prince Édouard. Ce dernier avait un peu insisté pour voyager en même temps, la jeune femme ne s'y était pas opposée, le temps allait être long jusqu'à Copenhague. Ils se saluèrent poliment avant de reprendre la route. Durant une partie de la première journée, la jeune femme avait somnolé, pour récupérer de la veille, puis avait passé son temps entre une partie de cartes avec sa camériste, jouer un peu avec sa fille, et lire. Le soir tombait lorsque tout ce petit monde s'arrêta à Lille, première étape du périple, dans une belle auberge où tout le monde put partager le repas, et que les fiancés puissent enfin avoir une conversation.

« Le premier jour ne fut pas désagréable, mais Dieu que c'est inconfortable. Le cocher n'a pas voulu que nous nous dégourdissions les jambes. Je veux bien aller vite, mais tout de même ! Que dites vous d'une promenade après le repas ? Il fait frais mais je pense que nous sommes similaires, rester assis toute une journée ne nous va guère. »

Alors que Julia sa camériste s'en alla coucher la petite Marie-Anne, les deux jeunes femmes redescendirent pour la promenade. Sans doute Édouard eut-il été déçu qu'ils ne soient pas seuls, mais Aliénor gardait toujours en tête le protocole, il fallait un chaperon à quelques mètres d'eux pour les surveiller. La jeune femme n'était pas dupe, elle devinait que si le prince pouvait avoir un aperçu de la nuit de noces, il n'hésiterait pas. Il pouvait tenter après tout, mais il se heurterait à des refus systématiques. Après une petite promenade de quelques rues, tous trois rentrèrent, il faudrait à nouveau se lever tôt et Edouard raccompagna l'archiduchesse devant sa chambre.

« Hé bien, passez une bonne nuit monsieur. »

Avec le sourire et une rapide révérence, Aliénor ferma la porte à clé, non sans un sourire amusé. Non, pas question de le laisser entrer, et puis quoi encore ! La nuit fut plus reposante, mais bien trop courte. Cette fois, Julia la réveilla et elle émit un gémissement plaintif, dormir un peu plus longtemps n'aurait pas été du luxe.

Le prochain arrêt serait Cologne, où l'archevêque en place n'était autre que Maximilien-Henri de Bavière, un cousin de la jeune femme, autant dire qu'elle allait en terre Wittelsbach, là où on aimait que tout soit carré et à cheval sur les règles. La journée de voyage se fit plus longue, malgré les jeux de cartes, la broderie, les jeux avec sa fille. En début d'après midi, Aliénor avait besoin de changer d'air, plutôt que ce carrosse confiné. Elle monta sur un cheval pour faire quelques kilomètres à l'air libre. Il faisait froid mais sec, le soleil de décembre brillait sur les Pays Bas Espagnols qu'ils traversaient. Le plat pays ne marqua aucun difficulté, tout le cortège poursuivait sa route à bonne allure, tandis que les fiancés chevauchaient côte à côte, tout en babillant avec politesse. Ce ne fut qu'au moment du soleil couchant que l'archiduchesse regagna son carrosse, glacée mais ravie de cette promenade, avant de s'enfouir dans ses chaudes fourrures comme couverture. Cologne pointa le bout de son nez alors que 8h du soir sonnait sur la cathédrale. Ils ne repartiraient que demain dans la journée, Aliénor en profiterait pour voir la cathédrale, et prier une dernière fois en terre catholique avant de se voir remise entre les mains de protestants. Elle avait dans sa cassette quelques courriers de proches du roi danois, lui demandant d'abjurer le catholicisme pour devenir protestante, et ses réponses furent catégoriques : non. Elle ne changerait pas de religion pour un homme, fut-il futur roi du Danemark …

Au palais épiscopal, son cousin l'archevêque la prit dans ses bras. Les dernières fois qu'ils s'étaient vus, c'était à son second mariage, il avait voulu bénir l'union bien malheureuse. Les fiancés furent accueillis selon leurs rangs, par un grand banquet avec l'aristocratie et la haute bourgeoisie du coin, toute la bonne société de la principauté, ravis d'avoir un peu de distraction. Les jeunes gens eurent leurs appartements, dans une aile différente pour la bienséance. Aliénor s'en amusait tout en se changeant, histoire d'être présentable pour le banquet du soir. Assise à la droite de son cousin, elle se sentait bien, retrouvait une partie de son enfance dans cette ambiance joyeuse mais rigoureuse malgré tout. Elle dansa, notamment avec Edouard, et toujours aussi galant (ou plutôt aussi désireux d'aller plus loin) raccompagna sa fiancée à ses appartements.

« Bonne nuit monsieur, reposez vous bien car le voyage n'est pas terminé. »

Encore une fois, elle lui ferma la porte au nez, avant d'aller se coucher. Dés le lendemain, après la visite de la cathédrale, Aliénor embrassa l'archevêque son cousin et tout le cortège reprit la route. D'ici demain matin, ils seraient à Hanovre, terre natale de la reine du Danemark,  Sophie-Amélie de Brunswick, puis direction Rostock pour le bateau jusqu'à Copenhague …


______________________

pion de l'échiquier politique
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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