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 [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Il est libre de battre mais n'a pas trouvé qui serait digne de lui.
Côté Lit: Il n'y a que moi et parfois ma fille. Pas d'homme, pour cause d'absence de coeur qui bat.
Discours royal:



FEMME D'AUJOURD'HUI
elle flotte, elle hésite ...

Âge : 24 ans
Titre : Archiduchesse d'Autriche, duchesse douairière de Saxe-Zeitz et de l'Autriche inférieure
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Date d'inscription : 13/09/2012


MessageSujet: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   03.11.16 14:59


« Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie. »

Début novembre 1667, il était temps pour Aliénor de faire quelques bagages et partir pour une nouvelle destination, et un nouveau lit conjugal. Si elle restait toujours sceptique à l'idée de cette union avec le prince danois amoureux des femmes, elle avait revu en partie son jugement sur sa personne. Il ne semblait pas aussi stupide et vide d'esprit qu'il n'y paraissait, juste une certaine paresse à s'intéresser à la politique et aux responsabilités. Cela ne faisait pas de lui une mauvaise personne, ni un mauvais mari. Elle avait souvent entendu l'épouse répudiée clamée à quel point Édouard était gentil, aimable et agréable. Ma foi, cela ne pouvait pas être difficile à vivre avec. Si seulement, il n'était pas le troisième mariage et encore imposé par un frère. Mais il n'était plus le temps de soupirer ou de faire des reproches, il fallait boucler ses malles, elle partait dans deux jours pour un long voyage jusqu'à Copenhague. Elle emmenait quelques tenues, des bijoux, des livres, de quoi l'occuper durant le trajet comme de la broderie. Bien sûr, sa robe de mariée avait sa propre malle, elle y avait passé des nuits entières pour la faire comme elle le souhaitait, loin des tenues imposées les deux premières fois. Dans son périple, sa camériste Julia et sa fille Marie-Anne serait de la partie, bien évidemment.

Depuis le soir où elle avait discuté de la cérémonie avec son fiancé, Aliénor avait pris sa plume en rentrant pour correspondre avec la reine du Danemark, Sophie-Amélie de Brunswick. Cette femme de presque quarante ans avait été enchanté de la lettre de sa future belle-soeur ! Il faut dire que la souveraine avait remodelé la triste cour danoise sur le modèle français, avec grand luxe et toute l'animation possible. L'archiduchesse lui avait proposé d'organiser le mariage avec tout le goût qu'elle avait, tout en lui expliquant leurs demandes. S'en était suivi quelques courriers aimable où Sophie-Amélie écrivait les avancées des préparatifs, le choix des invités, de la musique, … pour une fois, l'autrichienne appréciait l'organisation de son mariage, elle avait un petit pouvoir de décision et avait fait un choix stratégique de demander de l'aide à la reine du Danemark ! Le dernier courrier, elle le reçut la veille de son départ : Sophie-Amélie l'enchantait avec le cœur de musique viennoise qui venait d'arriver ! Elle lui décrivit que Frédéric III avait accepté qu'on sorte quelques joyaux de la couronne pour les faire polir, et quelques invités annonçaient leur venue prochaine. Aliénor lui répondit dans la foulée qu'elle partait et que la prochaine fois qu'elles échangeraient sur le mariage, ce serait de vive voix.

Elle eut du mal à dormir la nuit, et à l'aube, lorsque sa camériste vint la lever, elle vit déjà Aliénor en partie apprêtée dans une tenue de voyage grise, seyante et confortable. Il n'y avait plus qu'à tenter de manger un bout et d'emmener la petit Marie-Anne dans le véhicule de voyage sans la réveiller. L'église sonnait 7h lorsqu'Aliénor monta dans son carrosse, direction son nouveau destin. Le convoi de deux véhicules s'articulaient dans Paris, rejoint aux environs de Vincennes par celui du prince Édouard. Ce dernier avait un peu insisté pour voyager en même temps, la jeune femme ne s'y était pas opposée, le temps allait être long jusqu'à Copenhague. Ils se saluèrent poliment avant de reprendre la route. Durant une partie de la première journée, la jeune femme avait somnolé, pour récupérer de la veille, puis avait passé son temps entre une partie de cartes avec sa camériste, jouer un peu avec sa fille, et lire. Le soir tombait lorsque tout ce petit monde s'arrêta à Lille, première étape du périple, dans une belle auberge où tout le monde put partager le repas, et que les fiancés puissent enfin avoir une conversation.

« Le premier jour ne fut pas désagréable, mais Dieu que c'est inconfortable. Le cocher n'a pas voulu que nous nous dégourdissions les jambes. Je veux bien aller vite, mais tout de même ! Que dites vous d'une promenade après le repas ? Il fait frais mais je pense que nous sommes similaires, rester assis toute une journée ne nous va guère. »

Alors que Julia sa camériste s'en alla coucher la petite Marie-Anne, les deux jeunes femmes redescendirent pour la promenade. Sans doute Édouard eut-il été déçu qu'ils ne soient pas seuls, mais Aliénor gardait toujours en tête le protocole, il fallait un chaperon à quelques mètres d'eux pour les surveiller. La jeune femme n'était pas dupe, elle devinait que si le prince pouvait avoir un aperçu de la nuit de noces, il n'hésiterait pas. Il pouvait tenter après tout, mais il se heurterait à des refus systématiques. Après une petite promenade de quelques rues, tous trois rentrèrent, il faudrait à nouveau se lever tôt et Edouard raccompagna l'archiduchesse devant sa chambre.

« Hé bien, passez une bonne nuit monsieur. »

Avec le sourire et une rapide révérence, Aliénor ferma la porte à clé, non sans un sourire amusé. Non, pas question de le laisser entrer, et puis quoi encore ! La nuit fut plus reposante, mais bien trop courte. Cette fois, Julia la réveilla et elle émit un gémissement plaintif, dormir un peu plus longtemps n'aurait pas été du luxe.

Le prochain arrêt serait Cologne, où l'archevêque en place n'était autre que Maximilien-Henri de Bavière, un cousin de la jeune femme, autant dire qu'elle allait en terre Wittelsbach, là où on aimait que tout soit carré et à cheval sur les règles. La journée de voyage se fit plus longue, malgré les jeux de cartes, la broderie, les jeux avec sa fille. En début d'après midi, Aliénor avait besoin de changer d'air, plutôt que ce carrosse confiné. Elle monta sur un cheval pour faire quelques kilomètres à l'air libre. Il faisait froid mais sec, le soleil de décembre brillait sur les Pays Bas Espagnols qu'ils traversaient. Le plat pays ne marqua aucun difficulté, tout le cortège poursuivait sa route à bonne allure, tandis que les fiancés chevauchaient côte à côte, tout en babillant avec politesse. Ce ne fut qu'au moment du soleil couchant que l'archiduchesse regagna son carrosse, glacée mais ravie de cette promenade, avant de s'enfouir dans ses chaudes fourrures comme couverture. Cologne pointa le bout de son nez alors que 8h du soir sonnait sur la cathédrale. Ils ne repartiraient que demain dans la journée, Aliénor en profiterait pour voir la cathédrale, et prier une dernière fois en terre catholique avant de se voir remise entre les mains de protestants. Elle avait dans sa cassette quelques courriers de proches du roi danois, lui demandant d'abjurer le catholicisme pour devenir protestante, et ses réponses furent catégoriques : non. Elle ne changerait pas de religion pour un homme, fut-il futur roi du Danemark …

Au palais épiscopal, son cousin l'archevêque la prit dans ses bras. Les dernières fois qu'ils s'étaient vus, c'était à son second mariage, il avait voulu bénir l'union bien malheureuse. Les fiancés furent accueillis selon leurs rangs, par un grand banquet avec l'aristocratie et la haute bourgeoisie du coin, toute la bonne société de la principauté, ravis d'avoir un peu de distraction. Les jeunes gens eurent leurs appartements, dans une aile différente pour la bienséance. Aliénor s'en amusait tout en se changeant, histoire d'être présentable pour le banquet du soir. Assise à la droite de son cousin, elle se sentait bien, retrouvait une partie de son enfance dans cette ambiance joyeuse mais rigoureuse malgré tout. Elle dansa, notamment avec Edouard, et toujours aussi galant (ou plutôt aussi désireux d'aller plus loin) raccompagna sa fiancée à ses appartements.

« Bonne nuit monsieur, reposez vous bien car le voyage n'est pas terminé. »

Encore une fois, elle lui ferma la porte au nez, avant d'aller se coucher. Dés le lendemain, après la visite de la cathédrale, Aliénor embrassa l'archevêque son cousin et tout le cortège reprit la route. D'ici demain matin, ils seraient à Hanovre, terre natale de la reine du Danemark,  Sophie-Amélie de Brunswick, puis direction Rostock pour le bateau jusqu'à Copenhague …


______________________

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La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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Côté Lit: Un vrai défilé... surtout en ce moment.
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MessageSujet: Re: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   18.12.16 11:57

Les dernières semaines passèrent à un vitesse éclair. Edouard avait à peine eu le temps de se faire à l'idée qu'il allait se remarier. Il aurait aimé que cela ne soit qu'un mauvais rêve et que son frère le laisse tranquille. Hélas, le Roi du Danemark ne lâchait pas le morceau. Cette union stratégique, lui rapporterait, pour sûr. Et tant pis si cela ne convenait pas aux deux intéressés, ça ne serait pas le premier mariage forcé que l'on faisait en Europe ! Heureusement, Édouard pouvait compter sur Aliénor pour égayer les choses et faire passer la pilule. L'archiduchesse avait du charme. D'une part, elle avait un physique solide, vigoureux, avec de belles formes qui plaisaient au danois. D'autre par, elle s'avérait à la fois intelligente et cultivé. Parler avait elle devenait un véritable plaisir. Ils échangeaient de tout, de rien, mais surtout d'étoffes, de mode, de voyages. Le jeune homme adorait voyager. Il se rappelait de ses nombreuses excursions diplomatiques, un peu partout dans les pays voisins. Il redécouvrait les climats, les reliefs, comme autant de merveilles dans l'univers. En règle générale, il aimait bien faire une halte pour manger quelques spécialités locales et boire. Pas de l'eau, évidemment, mais de l'alcool. Dans les territoires du Nord, l'eau de vie devenait indispensable pour se réchauffer l'hiver et le Prince avait une bonne résistance à l'ébriété. Il savait aussi s'amuser. Il ne se passait pas un voyage sans qu'il ne s'adonne à son plaisir favori : la séduction. Sourire charmeur, bonnes phrases suffisaient à conquérir les femmes, du moins, les plus "offertes" d'entre elles. Il aimait plaire dans le but, évident, de passer un bon moment ensuite.

Sa réputation le précédait et Aliénor savait que leur mariage ne serait pas de tout repos. Mais pour autant, Édouard savait se montrer gentleman, et il évitait de parler de ses conquêtes. Il tâchait même d'être disponible et attentionné dès qu'elle en ressentait le besoin. Ce fut dans cette optique, qu'il proposa que leurs convois voyagent ensemble vers le Danemark. Il se souciait d'elle, bien plus qu'il ne l'avait fait pour Gisela. Et il y avait une raison à cela : elle lui résistait. Avec sa première femme, tout avait très rapide. La suédoise avait succombé à ses avances, avant même qu'ils ne soient mariés. L'archiduchesse, elle, possédait des principes. Dont un qui agaçait Édouard autant qu'il l'intriguait : pas de galipettes avant le mariage ! Aliénor s'arrangeait pour qu'il ne la raccompagne jamais dans ses appartements. Il ne pouvait mettre un pied chez elle. Elle refusait catégorique de lui ouvrir son intimité. De nombreux hommes auraient été voir ailleurs, surtout dans de pareilles circonstances. Le Prince, lui, développait une fascination pour cette force de caractère. Bien qu'élévé avec des concepts patriarcaux, il ne se voyait pas comme supérieur à sa future femme. Bien entendu, il la laisserait se charger des choses qui "convenaient" aux femmes, mais il ne pourrait pas laisser une totale liberté sur la décoration, l'accoutrement... Il aimait trop cela pour s'y soustraire. En contrepartie, il lui donnait volontiers les domaines virils de la politique. Voire quelques responsabilités. Il n'aimait pas avoir d'obligations. Il garderait la guerre et surtout la diplomatie où, il fallait bien l'admettre il excellait. Enfin, sauf qand son frère décidait de soutenir le Duc de Lorraine face au Roi de France... heureusement qu'il avait évité les pots cassés par un habile argumentaire.

Bref, Édouard et Aliénor quittèrent Paris ensemble, direction Lille. Il ne fallait pas traîner en ce début de voyage. Le but était de permettre une arrivée rapide au Danemark. Seule problème : plus ils montaient vers le nord et plus il faisait froid. Cela impliquait donc que les chevaux soient plus lents d'une part et que les routes fûssent aussi moins pratiquables. En clair, tant qu'ils pouvaient se le permettre, ils traçaient leur route sans s'arrêter. Le soir, l'archiduchesse ne manqua pas de le faire remarquer :

« Le premier jour ne fut pas désagréable, mais Dieu que c'est inconfortable. Le cocher n'a pas voulu que nous nous dégourdissions les jambes. Je veux bien aller vite, mais tout de même ! Que dites vous d'une promenade après le repas ? Il fait frais mais je pense que nous sommes similaires, rester assis toute une journée ne nous va guère. »

- Il est vrai que la banquette n'est guère agréable. Je vous ferais porter quelques coussins que j'ai mis dans mon carosse, à vous et votre fille. Je tiens à ce que vous soyez à l'aise. J'apprécierais vraiment une promenade avec vous à mon bras. Je ne connais pas vraiment cet endroit mais nous n'aurons qu'à longer les bâtiments.

Depuis leur rencontre, Édouard considérait Aliénor comme son égale, sans préjugé aucun. Et il portait la même considération sur sa fille. Avec les enfants, il semblait à l'aise. Il savait trouver les mots et le ton pour être à la fois rassurant et ouvert. La petite Marie-Anne avait l'air de l'apprécier et c'était réciproque. Alors qu'elle allait se coucher, le Prince s'imagina qu'ils marcheraient seuls. Que nenni... Un chaperon était de la partie... Il fit mine de ne pas être agacé, mais au fond de lui, ça commençait à bouillir un peu. Après s'être dégourdis les jambes, il la raccompagne et se vit, une fois encore, claquer la porte au nez. Quelque peu frustré, il regagna ses quartiers pour dormir. Paradoxalement, il se réveilla aux aurores et en pleine forme. Retrouver le Danemark l'excitait quelque peu. Il avait hâte de revoir son beau pays. Lorsque tout le monde fut prêt, le convoi se dirigea vers Cologne. Édouard n'ignorait pas que sa fiancée avait ici de la famille et que celle-ci était catholique jusqu'au bout des ongles. Lui, les guerres de religion, ça le passionnait moyennement. Il était protestant, mais il acceptait qu'Aliénor ne le soit pas. Et d'ailleurs, contrairement à tous les proches du Roi du Danemark, il ne lui mettait aucune pression pour qu'elle change de foi. Au contraire, il savait qu'elle ne voulait pas négocier ce point et il ne le lui demandait même pas. Sur ce point, Edouard affichait un progressisme certain. Ainsi, il se montra des plus polis avec l'archevêque de Cologne, même si on ne lui permit pas d'entrer dans la cathédrale. Le soir, un banquet en leur honneur fut organisé, amenant les deux fiancés à danser. Avec galanterie, il raccompagna Aliénor à ses appartements et ne fut pas surpris qu'elle lui ferme la porte, une fois encore. Ici, dans ces terres, il ne pouvait guère y faire grand chose... En revanche, une fois au Danemark, ça allait changer...

Édouard avait fait parvenir une missive par coursier peu avant qu'ils ne quittent Lille. Elle était destinée à l'un de ses amis, basé à Hanovre. Dans la lettre il lui demandait de trafiquer la serrure pour que la porte d'Aliénor ne puisse fermer. A cette pensée, le danois s'endormit avec un sourire en coin. Il comptait bien tout tenter pour consommer son mariage avant la cérémonie. Aliénor jouait trop avec ses nerfs depuis le début... Au lendemain, il fut compliqué pour le Prince de se lever sans violer la bienséance. Disons que sa nuit avait été agitée de rêves particulièrement torrides, et qu'en conséquence, il lui fallut un temps de récupération. Résultat, le convoi partit légèrement en retard. Pour garder bonne figure, le danois évoqua un problème d'organisation. Plus ils avançaient, plus le froid se faisait glacial. A un moment, Edouard fit arrêter le cortège pour donner quelques manteaux bien chauds à sa belle et à sa fille. Il ne fallait pas qu'elles attrapent froid. Hanovre les accueillit bientôt. On avait fait préparer un accueil chaleureux, dans ces terres natales de la Reine du Danemark. Edouard profita d'un apparté pour demander à son ami Marquis si le plan était prêt. Celui-ci lui confirma. Pas de danse ce soir, mais Edouard et Aliénor eurent droit à une visite guidée du palais. Ils s'attardèrent dans la grande bibliothèque, où Edouard, contemplatif, feuilleta un ouvrage de Gallilée, un de ses auteurs préférés. Pas sûr que ça soit très catholique pour Aliénor, d'ailleurs. Une fois leur petite parenthèses terminée, Edouard raccompagna la belle archiduchesse jusqu'à ses appartements.

- Madame, je vous souhaite de passer une bonne nuit. La route devrait être plus courte demain.

Comme d'ordinaire, Aliénor ferma la porte après l'avoir salué. Mais seulement voilà... impossible de la fermer. La serrure semblait bloquée. L'air de rien, le Prince joua la surprise :

- Il semble que vous ayez un léger aléas... je ne suis point serrurier, mais j'ai le sentiment que c'est cassé. Attendez, je vais jeter un oeil.


Innocemment, Edouard poussa légèrement la porte, et resta sur le seuil. Il regarda la serrure et demanda :

- Il me vient une idée. Ma chère, auriez-vous dans vos affaires une pince à cheveux ?

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   05.01.17 21:55

Etait-ce bien chrétien d’agir ainsi, de tourmenter les sens d’un homme ? Lors de cette soirée à Cologne, elle lui ferma pour la seconde fois du voyage la porte de sa chambre. Cela bien sûr, elle ne le regrettait pas ! Mais l’archiduchesse voyait bien que son fiancé tentait de la séduire, lui faisait les yeux doux et aurait bien aimé avoir un avant-goût de la nuit de noces. Sans doute Aliénor lui faisait payer cette impatience, et un peu aussi cette obsession pour le goût de la chair et de la luxure. Ce n’était pas une raison pour jouer sur cela, elle n’avait rien d’une allumeuse comme la princesse Farnèse ou la duchesse de Richmond, mais c’était sans doute un des derniers plaisirs avant de devoir passer à la casserole. Elle y repensait alors qu’ils partaient vers Hanovre, fief de la famille de sa future belle-sœur. Il est vrai qu’elle n’avait pas vraiment eu le temps de parfaire son éducation sensuelle : son premier mari était un homme mûr mais assez traditionnel, et le second l’avait toujours dégoûtée. Un seul avait su aiguiser ses sens, Derek de Saxe, le neveu de son premier mari. A peine plus âgé qu’elle, il l’avait séduite et elle était tombée dans ses bras. Mais cet instant de plaisir s’était soldé par un chagrin d’amour et de tomber enceinte. Jamais Marie-Anne n’avait été de son mari, elle l’avait su dés le départ, et quand elle avait recroisé Derek, cela lui avait sauté aux yeux. Voilà pourquoi elle l’emmenait avec elle et ne l’avait jamais laissée à Dresde, cela aurait été bien trop flagrant … Mais ses seules nuits de plaisir avaient fini en faute, de quoi calmer ses ardeurs. Depuis, Aliénor ne s’était plus entiché d’un homme, et n’avait pas cherché à prendre amant depuis son veuvage, elle n’en voyait pas l’intérêt. Même Édouard, pourtant très bel homme et enjôleur, ne la séduisait pas. Sans doute parce qu’elle savait ce qu’il avait derrière la tête, et puis de savoir que de coucher deviendrait bientôt une obligation. Après, personne n’était à l’abri de surprise …

Le voyage se faisait de plus en plus frais et le prince danois fit apporter des couvertures supplémentaires pour les dames du carrosses frissonnantes. Une délicate attention qui toucha l’autrichienne, avant de s’endormir d’épuisement, et d’ennui aussi. Heureusement, le voyage jusqu’à Hanovre se fit rapidement et l’accueil fut des plus chaleureux. La visite du palais de Hanovre se révéla somptueux, dans un magnifique style baroque, et elle se prit à repenser au palais de la Résidence de Munich, là où elle avait grandi et passé de bons moments. La bibliothèque fut le clou du spectacle, Aliénor admira la grande collection d’auteurs germaniques mais aussi français, des traités de littérature, mais aussi de science se succédaient sous les yeux émerveillés de la jeune fiancée. Après le dîner en leur honneur, il était temps d’aller se coucher. Le voyage commençait à peser sur la jeune femme, et chaque kilomètre parcouru la rapprochait inexorablement de son destin … Édouard tint à la raccompagner à ses appartements. Pensait-il vraiment que cette technique, qui n’avait pas marché les deux premières nuits, allait réussir ce soir ?

« Madame, je vous souhaite de passer une bonne nuit. La route devrait être plus courte demain.
Je ne suis pas sûre que la traversée en mer soit une meilleure perspective, mais si elle peut m’éviter un peu le carrosse. Bonne nuit monsieur. »

Comme toujours, Aliénor voulut fermer sa porte mais la serrure semblait bloquée. La porte lui résista, elle pesta à voix basse de ne pas pouvoir être tranquille pour dormir. Jamais elle n’aurait pensé qu’Édouard aurait pu avoir avec cette affaire, il arrivait parfois qu’une serrure se bloque, par le froid, la poussière ou une défaillance de mécanisme. En tout cas, sur le seuil de la porte, le danois semblait tout à fait prêt à aider. Il regarda la serrure et eut une drôle de demande.

« Il me vient une idée. Ma chère, auriez vous dans vos affaires une pince à cheveux ?
C’est comme demandé à un pouilleux s’il a des poux. Une dame en a toujours des dizaines sur elle. »

Même si elle portait une coiffure relativement simple, ses longs cheveux blonds étaient retenus par de nombreuses épingles, il fallait bien les maintenir et paraître décente, rien de plus révoltant qu’une fille en cheveux ! Elle la lui tendit, ne sachant pas trop ce qu’allait faire Édouard mais après deux minutes à le voir se débattre contre la serrure, elle posa la main sur la serrure pour l’empêcher de continuer.

« Ne vous en faites pas monsieur pour cette porte qui ne ferme pas. Je la laisserais ainsi. Je demanderais à Igor de jouer les gardiens. A cet instant apparut un imposant cosaque l’air patibulaire. Mon frère Maximilien a eu l’amabilité de me laisser Igor à Hanovre pour notre protection. C’est un garçon brave et solide, je lui donne ma confiance. Je peux dormir sur mes deux oreilles avec lui devant ma porte. Bonne nuit monsieur. »

Elle quittait l’antichambre pendant que sa camériste installa une chaise, une cruche d’eau et un gobelet près du cosaque, installé devant le prince danois qui n’avait qu’à se la carrer derrière l’oreille ! Le lendemain, comme Rostock n’était pas bien loin, la famille Brunswick, lointains cousins des Wittelsbach il y a plusieurs siècles, les garda un peu plus longtemps et le couple put repartir après une bonne nuit de sommeil et une collation. Reposée et bien plus dispose que les jours précédents, Aliénor décida de faire le reste de son voyage terrestre à cheval, pour chevaucher aux côtés d’Edouard.

« Avez-vous entendu du bruit dans les couloirs cette nuit, monsieur ? Julia m’a relatée qu’il y avait eu un boucan dans les couloirs, qu’Igor s’en était pris à un pauvre serviteur qui passait par là. Heureusement rien de grave pour le malheureux. Pas besoin de serrure quand on a un cosaque ! »

Le port de Rostock se profilait à l’horizon, Aliénor vivait ses derniers instants en terre impériale avant de s’embarquer vers la froideur du Danemark. On ne pouvait pas louper l’énorme navire chargé de les conduire dans la baie de Copenhague, avec ses trois mâts, ses voiles blanches et les armoiries Oldenbourg et du Danemark. On chargea les malles et les suivants à ce voyage. Aliénor fut emmenée dans sa cabine pour se reposer et aussi se changer, elle ne pouvait décemment pas arriver en habit de voyage, il lui fallait paraître en belle robe et à son avantage. On la laissa dormir jusqu'au lever du soleil avant de l’habiller d’une magnifique robe bleue sombre avec dentelles au col et aux manches. Bien sûr, elle ne pouvait sortir ainsi, on l’habilla aussi d’un long manteau blanc surmonté de brocard bleu et de fourrure. Sa camériste la coiffa et la maquilla, elle revêtait le vrai visage de la fiancée du prince du Danemark, d’une archiduchesse autrichienne. On approchait de Copenhague, la jeune femme vit à travers sa fenêtre le paysage se dessiner, et la ville apparut, colorée, majestueuse. Il semblait y avoir du monde sur le port, elle décida de monter sur le pont pour mieux voir. Édouard s’y trouvait déjà, lui aussi avait revêtu une tenue digne d’un prince retournant au pays. Et en effet, beaucoup de danois avait fait le déplacement pour apercevoir la nouvelle princesse et saluer le couple arrivant. La jeune femme les salua, touchée, elle n’avait jamais été accueillie de la sorte …

Le navire accosta enfin, une grande haie d’honneur de soldats royaux laissait passer une femme d’âge mûr et un homme à l’air grave. Si l’homme semblait être un ministre, Aliénor reconnut Sophie-Amélie, par son portrait vu à Hanovre il y a peu. Les deux femmes se saluèrent selon leurs rangs mais elles se rencontraient enfin, après ces lettres échangées. Et la reine du Danemark s’avérait exactement comme l’autrichienne l’imaginait : de bon goût, douce et pourtant fière, et d’une grande beauté.

« Madame, je suis ravie de vous rencontrer enfin. Si j’ai pu apprécier notre correspondance, rien ne vaudra une vraie conversation.
Oh madame, je ne peux être que de votre avis ! Il me tarde de vous expliquer en détail ce que j’ai fait et de finaliser avec vous. Édouard, je suis contente de vous revoir à Copenhague. La cour manquait un peu d’entrain sans vous. »

Aliénor admirait la foule de badauds venus les admirer. Elle les salua et distribuait des sourires. Elle ne s’attendait pas à un tel accueil. Mais elle aurait le temps de voir cela plus tard, il lui fallait monter dans le carrosse royal direction le palais royal pour l'avant dernier arrêt. La reine lui annonça qu'ils séjourneraient deux jours au château de Rosenborg avant de monter dans le nord du pays, direction le château de Frederiksborg pour les festivités. Rosenborg était un joli château de briques, de taille moyenne, agréable à l'oeil. Construit par le père d'Edouard, elle appréciait cette demeure et resta bouche bée lors de la visite, avec des plafonds baroque, le cabinet de travail du roi mais surtout la salle du trône au dernier étage, majestueuse comme il se doit. Elle séjournerait au même étage que la souveraine, au premier étage. Les deux femmes laissèrent de côté le prince pour discuter de nombreuses heures, trop heureuses d'enfin se rencontrer. Après tout, elles avaient un destin similaire : fille de l'Empire, destinée à un prince danois. Elles se ressemblaient sur de nombreux points : la souveraine n'avait jamais abdiqué sa religion, bien qu'elle ait élevé ses enfants dans la foi protestante comme le veut la tradition, et mettait en garde l'autrichienne, beaucoup viendraient la tourmenter avec cette question. Aliénor saurait tenir tête, hors de question de passer protestante : son père s'était bien trop battu contre eux durant la Guerre de Trente Ans …

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MessageSujet: Re: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   15.01.17 17:10

Igor... il aurait du s'en douter ! Comment avait-il pu penser l'espace d'un instant qu'il pourrait s'introduire dans la chambre d'Aliénor, juste parce que la serrure était irréparable ? Cela démontrait qu'Édouard, encore jeune, n'avait jamais vraiment eu affaire à quelqu'un d'insensible à ses avances. Evidemment qu'il se sentit frustré en voyant l'homme patibulaire, prendre place dans l'antichambre ! C'était logique ! Dans sa tête, il avait déjà joué la scène et pensait finir sa nuit dans les draps de sa future épouse. Seulement voilà, le destin, ça ne se contrôle pas. Il tenta d'afficher un air rassuré mais dès qu'Aliénor eut le dos tourné, il lança un regard assassin au colosse, qui ne semblait pas impressionné le moins du monde. A ce moment-là, le danois commença à maudire de tous les noms imaginables, Maximilien, le frère d'Aliénor. Le Prince regagna ses appartements, en prenant son mal en patience. Sa mauvaise humeur se faisait ressentir auprès de ses serviteurs. En général, quand il était dans cet état, c'est que son frère l'avait contrarié. Ce fut donc très surprenant pour son entourage, qui se garda bien de creuser la raison de cet agacement manifeste. Édouard se laissa tomber sur son grand lit froid. Et son esprit se mit à tourner dans tous les sens. Bientôt, ils arriveraient à destination. Il n'avait pas envie de revoir Frédéric... ni même de parler avec lui. Son demi-frère lui imposait un mariage, trop près après son divorce. Pis, il se permettait de fomenter les choses dans son dos... En fait, la seule raison pour laquelle Édouard était intéressé par cette rencontre, c'était pour vérifier l'état de santé du Roi. Il l'espérait en forme, parce qu'il n'avait pas envie de prendre la relève ! Il avait beau essayer de se projeter, sur le trône, il se sentait désemparé. Que décider, que dire, que fait ? Il ne pourrait même plus éternuer sans faire déplacer toute la garde ! Non, il ne voulait pas de ce destin...

Ses pensées s'égarèrent sur Aliénor, qui deviendrait bientôt sa femme. Et qu'il n'était pas parvenu à séduire avant le mariage. Pourquoi ? D'ordinaire son charme opérait avec les femmes... Il comparait avec Gisela, mais les situations ne se ressemblaient pas. Avec la suédoise, ils avaient un passé commun, ils se connaissaient et ils s'appréciaient. L'archiduchesse et lui restaient des inconnus l'un pour l'autre. Ils ne vivaient pas ensemble, ils se fréquentaient depuis qu'on les avait mis devant le fait accompli. Et s'il faisait fausse route ? Si finalement, ce mariage forcé ne déboucherait sur rien d'autre qu'une question d'intérêts ? Il n'était plus sûr d'en vouloir. Il ne voulait pas être marié pour un motif stratégique ou politique. Si Aliénor et lui partageaient leurs vies, il fallait que ça soit réellement le cas. Or, jusqu'à maintenant, à chaque fois qu'il avait tenté de la séduire, il avait vécu un camouflet. Pas même un petit sourire ou un regard intéressé... rien. Il doutait qu'elle soit frigide. Cela ne laissait qu'une hypothèse : il ne l'attirait pas. Soit, cela pouvait arriver et au fond, il ne lui en voudrait pas. Contrairement à Sofia, elle ne l'avait pas allumé. Les doutes s'enchainaient les uns après les autres. Édouard se releva et entreprit de se devêtir. Il fit néanmoins venir un de ses serviteurs pour le charger d'aller vérifier la chambre d'Aliénor, dans le cas où Igor aurait levé le camp ou se serait endormi. Il avait peu d'espoir sur ce point. Et quand son serviteur revint, en nage, il comprit que son intuition avait été plutôt bonne. Igor, fidèle à sa mission avait bien failli le tuer ! Édouard passa une très mauvaise nuit, en proie aux doutes et aux questions. Au matin, il affichait une mine plus soucieuse qu'à l'ordinaire. Il tâcha d'être un minimum poli avec ses hôtes, mais on sentait qu'il était fatigué. Ce qui n'était guère le cas d'Aliénor, rayonnante et souriante.

Au moment du départ, le danois demanda sèchement qu'on lui selle un cheval. Au diable le carosse, il avait envie de respirer le grand air ! Il fut surpris de voir Aliénor le rejoindre. Quand celle-ci évoqua Igor, Édouard ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Et il lui répondit, visiblement irrité :

- Certes. Il s'agissait d'un de mes serviteurs, que j'avais envoyé pour vérifier que ce rustre d'Igor n'était pas en train de dormir au lieu de protéger votre porte. Sans détour, je vous le dis, je n'avais pas confiance en lui... sans doute est-ce à cause du fait qu'il ait été envoyé par votre frère Maximilien, que je ne connais guère mais qui, jusqu'à présent, n'a pas franchement brillé par ses idées et par ses plans. Enfin qu'importe... Wilhem, ce malheureux, a mis toute la nuit pour s'en remettre... et moi toute la nuit pour le calmer.

Ils continuèrent leur chevauchée. Lorsque les armoiries d'Édouard furent visibles, sur le navire qui allait les transporter, le prince sembla se détendre. Il aimait son pays, il adorait y revenir dès qu'il en avait l'occasion, de préférence anonymement. Lorsqu'ils arrivèrent dans le port, le jeune homme avait oublié sa mauvaise nuit et ses doutes. Comme il était de tradition chez lui, il passerait la soirée entouré des officiers et des conseillers que son frère avait envoyé. Il souhaita à Aliénor une bonne nuit, sans la raccompagner à sa cabine. Il abandonnait l'idée. Les retrouvailles furent arrosées, une sorte d'enterrement de vie de jeune garçon, à la danoise. Au programme, tonneaux de bière et pichet de liqueurs. Autant dire que lorsqu'il partit se coucher, le prince héritier avait du mal à marcher droit ! Il s'endormit comme une masse et ne se réveilla qu'au matin lorsque ses serviteurs vinrent l'aider à se préparer. En dépit de sa gueule de bois, il se leva, dynamique et enjoué à l'idée de poser le pied sur sa terre natale, loin de la Cour de Versailles et de son ambiance parfois étrange. Lorsque le jeune homme fut fin prêt, il monta sur le pont, tout fringant. Quand Aliénor l'y rejoint, il ne put s'empêcher de la regarder, tant elle était radieuse. Peut-être qu'il ne l'attirait pas et qu'elle n'aurait jamais de désir pour lui. Mais l'inverse n'était pas vrai, au contraire. Plus le temps passait et plus il était sous son charme. Il lui glissa un joli compliment :

- Très chère, vous êtes magnifique, une fois n'est pas coutume ! Vous allez en éblouir beaucoup. Voyez-vous le Soleil vient rarement en nos terres !

Plus ils approchaient et plus la clameur se faisait entendre. Contrairement à Frédéric III, Édouard jouissait une grande popularité auprès du peuple danois. Pour preuve, la nouvelle de son divorce et de sa non-paternité avait largement plus ému que lorsque le Roi avait frôlé la mort... Et pourtant, bien que cette reconnaissance le touche, il ne se voyait pas régner. Ici, en cette terre du Nord, on applaudissait le retour du Prince. Et tout le monde se demandait à quoi pouvait bien ressembler la future princesse. Le navire accosta et le couple descendit, côte à côte. Dans son élément auprès des gens, Édouard les salua, sans se départir de son sourire. Cela sembla agacer le Ministre dépêché sur place, qui se demandait sans doute comment il allait pouvoir respecter tout son planning sans froisser son Roi. Qu'importe ! Le Prince prit son temps. Comme le voulait l'usage, il fit une révérence à la Reine, Sophie-Amélie et lui répondit, taquin :

- Vraiment ? Diantre, comme c'est étonnant, j'avais cru comprendre que Frédéric avait décidé de succomber aux danses venues d'Orient afin de rendre la vie à la cour, et ses conseils des ministres, moins moroses !

Ils pouffèrent de rire. Le Ministre, affable, s'éclaircit la gorge, histoire de manifester sa désapprobation et d'écourter un peu les usages d'accueil pour accélérer le mouvement. Édouard l'ignora superbement puisqu'il enchaina :

- Sachez que le plaisir est partagé ! Je ne sais guère combien de temps s'est écoulé depuis la dernière fois où je suis venu ici, mais Dieu que ce fût long !


Ils s'avancèrent vers le carosse royal. Édouard ne put s'empêcher d'être fier, en voyant tous ces gens acclamer Aliénor. Il avait tendance à croire en son peuple et à suivre son intuition. Elle recevait un accueil beaucoup plus chaleureux que Gisela. Une bonne augure ! Ils furent conduits jusqu'à Rosenborg, où Aliénor eut droit à une visite des lieux. Édouard resta en retrait. Cet endroit lui rappelait des souvenirs et par pudeur, il préférait vivre cet instant en solitaire. Christian, son père, continuait de vivre en lui. Il avait toujours admiré cet homme, parce qu'il était visionnaire et d'une intelligence rare. L'honneur qu'il lui avait fait, en le reconnaissant comme fils légitime, pesait toujours sur ses épaules. Ce goût du voyage, de l'aventure et des femmes, il le tenait de lui. D'ailleurs, parmi tous les descendants de Christian, Édouard était celui qui lui ressemblait le plus, à fois par le physique mais aussi par la personnalité. Certaines pièces faisaient revenir des souvenirs heureux, des moments de rire, de complicité. D'autres, évoquaient la tristesse, la douleur. Aucune ne laissait le prince insensible. S'assurant qu'Aliénor était entre de bonnes mains, celles de sa belle-soeur, il prit congé. En parcourant les couloirs du chateau, le Ministre de son frère l'aperçut et s'approcha. Il commença à parler d'un ton mielleux, ce qui insupportait Édouard, pourtant assez tolérant. La conversation, banale, dériva petit à petit vers le mariage et vers... la religion. Frédéric III, par le biais de son Ministre, lui demandait de bien vouloir "dompter" sa future épouse afin qu'elle adopte la religion danoise. Édouard le laissa dire. Il savait déjà ce qu'il allait lui répondre, mais il préférait lui faire gaspiller sa salive avant, juste pour l'amusement intérieur que cela lui procurait. De toute évidence, Aliénor ne voulait pas se renier. Il ne la forcerait pas. Encore moins pour les motifs stratégiques de son frère.

- Vous pourrez dire à mon frère bien aimé que s'il souhaitait s'entretenir de ce point avec moi, il pouvait le faire en venant m'accueillir aujourd'hui. Nous aurions eu tout le loisir de nous retrouver et discuter. Et puisqu'il vous a désigné comme son messager, vous pourrez aussi lui ajouter que je ne dompterais pas ma fiancée afin qu'elle épouse notre religion. Ce choix lui appartient et je ne m'y opposerais pas. Peut-être que le jour où il domptera le Reine pour qu'elle devienne protestante, je réviserais ma position sur ce sujet. Cela aussi, vous pourrez le lui répéter. Maintenant, nous en avons terminé, je dois revoir une femme précieuse.

Il laissa le Ministre, livide, en plan et s'avança vers une femme à l'autre bout du couloir. A mesure qu'il avançait, Édouard sentait son coeur tambouriner dans sa poitrine. Il se serait presque mis à courir. Tant pis pour la convenance, il la serra dans ses bras, comme un précieux trésor. Il se dégagea après deux longues minutes pour la regarder. Elle avait le visage légèrement émacié, marqué par les rides au front, signe des soucis et des inquiétudes. Mais elle souriait.

- Mère ! Qu'est-ce que tu es belle !

- Allons, ne dis pas de bêtises... Je ressemble à une vieille pie que l'on aurait cherché à plumer maintes et maintes fois ! Mon Dieu, tu as gardé cette barbe ! Je te rappelle que tu vas te marier... ce n'est guère convenable. Et tu as maigri...

Édouard eut un rire franc en se caressant la barbe. Il en était fier, lui ! Il comptait la tailler mais certainement pas la raser de près ! Ils continuèrent leur conversation jusqu'à l'heure du diner, où ils gagnèrent la salle de réception. Le repas serait intimiste puisqu'on avait prévu quatre couverts : Édouard, Sophie-Amélie, Aliénor et Léna de Kiel. Quand ils arrivèrent dans le salon, les deux autres femmes étaient déjà présentes. Édouard fit les présentations et ne cacha pas sa fierté à l'idée que sa mère ait accepté de manger avec eux. Ils prirent place autour de la table. le couple se retrouvait face à face. Alors que les domestiques commençaient à apporter quelques plats, le danois prit la parole :

- Il m'a été demandé par mon frère de vous "dompter", je reprends volontairement le terme, chère archiduchesse, afin que vous fassiez séance tenante votre conversion à ma religion. Il va de soi que j'ai refusé sans détour cette invitation. Mais je tenais à vous en informer, car il y a de fortes chances pour que le Roi vous en fasse la demande directement.

Léna, qui ne pouvait pas voir Frédéric même en peinture et qui n'avait pas non plus la langue dans sa poche, lâcha, d'une phrase courte mais assassine :

- Qu'il commence par "dompter" son épouse.

- C'est exactement ce que j'ai répondu à Monsieur le Ministre, Mère. Navré chère Sophie-Amélie, tu risques de trouver mon frère dans un état d'agacement avancé...

______________________

Edouard



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MessageSujet: Re: [Danemark] Quand les archiduchesses repassent devant l'autel   14.02.17 13:21

Rosenborg était un petit bijou, un véritable écrin de beauté. Aliénor, dans son apprentissage de l’Histoire des royaumes d’Europe, n’avait pas eu une haute opinion de Christian IV : querelleur, bigame, rejetant son épouse pour sa maîtresse, protestant, ses précepteurs n’avaient jamais tendre avec le défunt roi de Danemark. En y repensant, tous les souverains protestants (et anglicans pour l’Angleterre) avaient été décrit avec un certain dégoût. Jamais on ne lui avait dit que Christian IV avait bâti de belles demeures, et qu’il avait bon goût. Ce couloir aux moulures baroques lui avait rappelé son court séjour à Venise, où elle avait adoré ces fabuleux palais, à défaut de la qualité de vie. Sophie-Amélie décrivit son défunt beau-père avait une certaine tendresse, mélangé à de la nostalgie, un souvenir de sa tendre jeunesse. L’autrichienne lui posait de nombreuses questions sur l’histoire du Danemark, sur Christian IV, sur la vie à la cour danoise … Sophie-Amélie avait emmené un certain chic, s’inspirant de Vienne où elle avait passé quelques années, mais aussi de la Cour de France, la plus élégante selon elle. En guise de cadeau, la jeune femme lui avait apporté les derniers coloris à la mode, quelques patrons de robes dernier cri et entre deux anecdotes danoises, elles parlèrent mode et chiffons. Une dizaine d’années séparaient les deux femmes mais une complicité évidente s’était tissée. Sophie-Amélie souffrait d’une certaine solitude, accentuée par l’absence d’un héritier. Bien sûr, elle avait donné des filles et celles-ci pouvaient régner, mais la primauté masculine restait maîtresse. Si elle ne donnait pas un fils, Édouard serait le souverain selon la volonté de Christian IV. Une mesure étonnante puisqu’il n’était qu’un fils légitimé. La reine lui expliqua l’attachement du père pour son fils, à la différence de Frédéric ou Valdemar-Christian, trouvant le premier souffreteux et le second trop fourbe. Édouard, quant à lui, se montra un fils aimant, simple, en bonne santé, et avec une stature royale dès son plus jeune âge.

« Il ressemble beaucoup à son père. Tant au niveau qualités intellectuelles, artistiques … Bon, il a aussi hérité de certains défauts. Les chiens ne font pas des chats … »

L’archiduchesse comprit évidemment l’allusion à l’infidélité, un des traits majeurs de Christian IV. Il avait une réputation de bellâtre à Versailles, ayant fréquenté des femmes sensuelles comme Sofia Farnèse. Si Aliénor connaissait la nature de certains hommes à voir si l’herbe était toujours plus verte ailleurs, elle espérait juste un mari discret, et choisissant des femmes propres. Qui sait ce qu’une courtisane comme Isabelle de Saint-Amand pouvait cacher comme maladie à se faire payer pour aller de lit en lit ? Mais avant qu’il aille voir ailleurs, la jeune femme savait qu’il partagerait son lit … D’ailleurs, il avait essayé durant tout le voyage, à anticiper la nuit de noce, sans aucun succès. Si elle en voulait toujours à Maximilien, elle le bénissait de lui avoir laissé Igor, son cosaque tout en muscle.

L’après midi se succéda avec plaisir. Après la visite, la reine Sophie-Amélie avait organisé une sortie en traîneau dans le parc du château. Chaudement couvertes, les deux femmes se glissèrent dans de somptueuses luges sculptées et parcoururent les chemins, soulevant de la poudreuse, à grande vitesse. Puis une collation pour se réchauffer, et il était temps de regagner ses appartements pour se reposer, et se choisir une tenue pour le dîner de ce soir. Après une courte sieste, la jeune femme s’habilla d’une jolie robe verte et blanche, releva ses cheveux et descendit à la salle à manger. Ils n’étaient que quatre ce soir, Aliénor eut le plaisir de faire la connaissance d’une autre femme dans la vie de son fiancé, sa mère. Léna de Kiel, dont les traits démontraient une beauté passée, ne pouvait pas renier son fils ! Le couple s’installa face à face et Edouard l’interpella :

« Il m'a été demandé par mon frère de vous "dompter", je reprends volontairement le terme, chère archiduchesse, afin que vous fassiez séance tenante votre conversion à ma religion. Il va de soi que j'ai refusé sans détour cette invitation. Mais je tenais à vous en informer, car il y a de fortes chances pour que le Roi vous en fasse la demande directement. Aliénor ne lâcha qu’un petit rire, mais Léna répondit à sa place.
Qu'il commence par "dompter" son épouse.
C'est exactement ce que j'ai répondu à Monsieur le Ministre, Mère. Navré chère Sophie-Amélie, tu risques de trouver mon frère dans un état d'agacement avancé...
Oh j’ai l’habitude, après vingt ans de mariage. Mais Aliénor, il ne faut pas vous laisser faire.
Mais il n’en était pas question, je vous rassure. Déjà à Versailles, quelques envoyés m’avaient suggéré de penser à ma conversion. Puis monsieur le Ministre a essayé à plusieurs fois d’avoir une audience avec moi, voilà pourquoi il est passé par vous, monsieur. »

Le dîner prit ensuite une tournure plus agréable, rythmé par une conversation plaisante. Aliénor parla de Versailles, défendit sa cousine Marie-Thérèse, donna des nouvelles de Vienne et apprécia que l’empereur Léopold 1e, son cousin, envoya une délégation pour le représenter. Après une courte nuit, entre un cauchemar de Marie-Anne et toujours cette angoisse du mariage, la journée commença bien mal. A peine avait-elle entamé son petit déjeuner qu’une lettre lui parvint. Le sceau familial lui annonçait que son aîné Ferdinand-Marie avait enfin décidé de s’intéresser à sa petite sœur, deux jours avant de la revoir. Comme toujours, il était égal à lui-même, c’est-à-dire odieux et sans pitié. Après avoir indiqué qu’il était arrivé avec son épouse et quelques grands personnages de Munich, mentionnant à peine la présence de Maximilien-Philippe, voici qu’il donna des conseils de nature conjugal à sa petite sœur ! Dans sa troisième union et après avoir profité d’une période de liberté, le prince-électeur de Bavière ne voulait pas qu’elle « gâche » ce si beau mariage par son envie de liberté. Autant dire que cela lui avait coupé l’envie d’avaler quoi que ce soit. Pour se calmer, elle voulut sortir, prendre l’air frais. Et c’était pile à ce moment que le ministre vint se présenter dans l’antichambre. Exaspérée, pas dans son assiette, Aliénor n’avait aucune envie de discuter avec cet homme. Mais il n’allait pas la lâcher, autant s’en débarrasser. Mielleux, à faire des ronds de jambe, le voici à parler de choses et d’autres, à noyer le poisson, avant de lâcher une bombe.

« J’ose quérir madame l’archiduchesse, selon les désirs de Sa Majesté Frédéric III, de revoir sa position sur la question religieuse …
C’est-à-dire, monsieur ?
Hé bien … que madame l’archiduchesse épousant un protestant, elle le devienne elle-même.
Non, lâcha t’elle froidement.
Pourtant, Sa Majesté estime … Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, le ton monta.
Écoutez moi bien, monsieur. Je vous ai dit non, et je vous le redis : je ne changerais pas de religion pour un mariage. Il y a bientôt dix ans, on m’a mariée à un membre de la famille de Saxe, personne n’a su me faire plier, pas même la terrible Madeleine de Hohenzollern. Alors ce n’est pas vous, ni même le roi du Danemark qui me fera changer d’avis. Elle était debout, droite, et ne vit pas que la porte du salon était ouverte, que certains écoutaient derrière, mais sa voix se fit plus ferme. Je suis la fille de Maximilien 1e de Bavière, un homme fier qui a donné sa vie pour faire triompher le catholicisme. Il a donné littéralement sa vie pour cette cause. Jamais son unique fille ne trahira cet engagement, cet amour pour cette religion. Personne, entendez moi, personne ne me fera changer d’avis, et si ça ne plaît pas à votre roi, à mon frère ou même au pape, je préfère tout annuler et entrer dans un couvent ! Maintenant, je sors et je ne veux plus vous voir dans mes appartements. Adieu monsieur ! »

Il n'eut pas eu le temps de prononcer un mot qu'Aliénor quitte la pièce, bousculant les curieux venus entendre le discours de la jeune femme. Elle partit toute la journée en carrosse dans Copenhague avec une dame d'honneur de la reine Sophie-Amélie, pour lui montrer la ville, faire le tour des hospices de charité et de quelques personnalités. A son retour, elle ferma la porte de sa chambre et put enfin se libérer, se jetant sur le lit pour pleurer. Seule Julia, sa fidèle camériste se tenait là et après hésitation s'approcha de sa maîtresse.

« Je n'ai pas eu le temps de le dire à madame, mais vous avez très courageuse ce matin face au ministre.
Tant d'énergie pour un stupide mariage. Je n'ai rechigné sur rien, mais ça je ne pouvais pas … elle sanglotait, le nez dans les coussins.
Mais madame a eu amplement raison. Et vous avez la reine de votre côté, et même votre fiancé vous soutient. Nous avons beau être loin, vous n'êtes pas seule, madame. »

Julia, malgré sa jeunesse, avait les bons mots. Elle laissa Aliénor seule se reposer, reprendre un peu ses esprits avant de revenir pour venir la préparer pour la dîner du soir. Encore une fois, ils n'étaient en petit comité, deux dames de compagnie de la reine se tenaient là et deux autres personnes. A son arrivée, Sophie-Amélie applaudit et les autres suivirent, puis elle s'avança vers elle pour lui prendre les mains.

« Ma chère, vous avez été d'un grand courage ce matin. Pardonnez nous d'avoir écouté à la porte, mais vous avez remise cet arrogant ministre à sa place. Vous m'avez rappelée la jeune femme que j'étais quand je suis arrivée ici. Elle eut un sourire bienveillant. Sachez qu'il est reparti et que nous ne serons plus dérangés ce soir, alors passons une dernière soirée à Rosenborg. »

Aliénor fut rassurée, elle n'aimait pas être au cœur d'une polémique comme celle-ci, mais elle en avait eu assez qu'on veuille la forcer à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas. La marier d'accord, mais pas se renier au point de changer de religion. Face à elle, Édouard semblait bienveillant aussi et peut être fier d'elle. Et si l'opinion de son fiancé ne comptait guère en temps normal, elle fut rassurée de voir en lui un homme attentif et ayant une bonne opinion d'elle. Mais déjà la soirée se terminait : demain, tout le monde partirait plus au nord, à Frederiksborg.

Les carrosses s'enchaînaient au petit matin dans un long cortège. Le roi Frédéric III était parti plus tôt mais une partie de la maison de la Reine, les notables de Copenhague et tout un tas de personne avait décidé de se joindre au cortège, rendant le trajet long, et lent surtout. Aliénor passa son voyage entre somnoler et regarder les paysages blancs du royaume. Quand soudain, au détour d'une route, elle vit une merveilleuse apparition : au milieu d'un lac gelé, de hautes tours en briques rouges et au toit vert. Imposant avec ses cinq étages, Frederiksborg Slot se montrait dans toute sa splendeur. A l'entrée principale se tenait une grande fontaine, gelée elle aussi par le froid d'hiver. Le futur couple princier fut accueilli avec tous les grands honneurs qui soient, et furent conduits dans leurs appartements respectifs. Ceux d'Aliénor donnait sur un lointain jardin à la française tout en perspective. Après un peu de repos, mais avant le souper du soir, moins intime puisqu'il y aurait le roi Frédéric III en personne, mais aussi ses frères, le représentant de l'empereur du Saint-Empire et quelques grands noms de la Cour danoise, l'autrichienne se faufila hors de ses appartements pour admirer la grande salle où se déroulerait la fête du mariage de demain. Des petites gens s'affairaient à décorer avec goût, et elle admirait les bonnes idées de sa future belle-sœur, qui avait su satisfaire les désirs de la mariée et ce qui était possible. Puis elle se rendit dans l'immense chapelle. D'un style baroque à couper le souffle, la jeune femme eut l'impression de se retrouver à Vienne, ou dans une église italienne. Haute d'une dizaine de mètres, décorée à n'en plus finir, elle ne savait plus où donner de la tête, partout il y avait quelque chose à regarder comme le retable sur la gauche, l'orgue au-dessus de sa tête … cela changeait tellement des temples protestants nus et vides qu'elle avait pu voir, on se croirait presque chez les catholiques. Prenant place sur un banc de bois, elle restait admirative de l'endroit, alors que des pas se firent entendre derrière elle. Édouard devait la chercher pour une raison précise, pas sûr qu'il rentre souvent dans une église. Elle eut un petit sourire et continua de lever les yeux sur les voûtes.

« Venez vous aussi repérer les lieux pour demain ? J'ai vu l'immense salle de bal, sa majesté la reine a respecté nos idées et a su l'adapter, j'en suis contente. Quant à la chapelle … je ne m'attendais pas à un si bel endroit. »

______________________

pion de l'échiquier politique
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son cœur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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