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 Action, réaction (Pv Paris de Longueville)

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MessageSujet: Action, réaction (Pv Paris de Longueville)   10.08.16 15:47

« Léonie, je voudrais qu’à mon retour la table soit dressée dans le jardin. Il fait encore assez doux pour y passer la soirée… Allons-y, Hilaire. » Sur ces paroles, Diane était sorti de l’hôtel de Rambouillet précédée de son valet. Elle tourna à droite et passa devant l’hôtel de Longueville mais n’y prêta pas la moindre attention. Elle voulait aller récupérer elle-même les gants de soie parfumés au jasmin commandés la semaine dernière. Elle avait attendu la fin d’après-midi pour s’y rendre, après avoir envoyé ses correspondances et lu dans son boudoir.
Il devait être près de dix-sept heures. Le soleil ne se couchait pas encore mais avait perdu son éclat qui aurait pu bronzer le teint de lait de la miss. Elle marchait d’un pas rapide, droite comme un i. Son valet restait derrière elle mais ne la quittait pas des yeux. Hilaire était un grand gaillard à l’air sérieux. Sa carrure imposante, qui impressionnait plus d’un badaud, rassurait davantage la marquise que la silhouette plus frêle de Martin. La capitale pouvait être si dangereuse ces derniers temps…

Elle portait un grand chapeau bleu, censé la protéger des rares rayons de soleil qui trouveraient le chemin de son visage. D’une main gantée, elle tenait un délicat éventail peint d’une scène de la tragédie «Iphigénie en Aulide». Sa robe était une création élégante et simple aux tissus couteux. Le visage légèrement fardé et le rouge aux joues, elle avait ajouté sous l’œil une mouche « assassine » qui caractérisait bien son état d’esprit du moment.

Passer devant l’hôtel de Longueville lui rappela avec quel succès la rumeur qu’elle avait lancée avait fonctionné. Comme prévu, en faisant part de ses doutes sur l’identité du père du nouveau-né d’Estampes, l’idée qu’il s’agissait de Paris de Longueville s’était peu à peu imposée.
Elle avait pris soin de n'en discuter qu’en petit comité et sur le ton de la confidence. Ses interlocuteurs pensaient ainsi détenir un secret et ne dévoilaient pas d'où ils le tenaient. Et la nouvelle, étrangement crédible, passait de salon en salon en s'y implantant doucement mais surement.
Personne ne pouvait savoir qui l’avait réellement lancé. Paris s’en douterait sans aucun doute, et Diane s’étonnait de ne pas avoir encore vu de réaction de sa part. Elle ne se ferait sans doute pas attendre, leurs chamailleries duraient depuis trop longtemps pour s’arrêter là. Si la jeune femme se disait pacifiste, cette lutte avait pris au fil du temps une tournure personnelle qui l’amusait et la grisait. Si le prince lui proposait la paix, elle n’était plus sûre de l’accepter.

A peine avait-elle dépassé l’hôtel qu’elle s’arrêta. Elle avait oublié deux paires de gants qu’elle voulait qu’on lui parfume. Lorsque son valet lui demanda si tout allait bien, elle se retourna et lança : « J’ai oublié quelque chose. Retourne à l’hôtel chercher deux petites boites bleues s’il te plait. Léonie sait où elles sont. ». Hilaire tourna les talons sans broncher et parti, après-tout l’hôtel de la marquise n’était même pas à une minute.
Diane resta donc à attendre, tenant le haut du pavé pour ne pas tacher ses jupes. Elle suivit du regard une calèche qui passait sur la route devant elle puis s’intéressa au Palais Royal qui s’élevait au bout de la rue. Pour patienter elle réajusta ses gants, ouvrit son éventail qu’elle secoua pour se faire du vent et se plongea dans ses pensées.
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MessageSujet: Re: Action, réaction (Pv Paris de Longueville)   30.08.16 17:14

Le jeune homme faisait les cent pas dans son antichambre, le front soucieux, comme son valet de chambre, Garin, lui connaissait lorsqu'il recevait de mauvaises nouvelles de Neuchâtel ou que sa mère le mandait pour une confession dont il se passait généralement.

Son habit négligemment posé sur une bergère montrait que le prince s'apprêtait à sortir, mais qu'une immuable force l'avait retenue dans son élan. Silencieux, Garin préféra rester de marbre près de la porte, attendant un ordre tacite de la part de son jeune maître. Lorsqu'il était dans ces humeurs, il ne valait mieux pas brusquer les choses, sous peine de recevoir quelques fâcheuses remontrances et de subir une bouderie qui pouvait durer jusqu'au lendemain.
Garin savait pertinement les humeurs du prince, et s'enorgueillait bien assez de la très mince relation de confiance qu'il y avait entre eux, pour se risquer à la briser pour quelques jours. Depuis l'exil de la duchesse de Longueville et les accusations lancées contre elle, le prince se montrait plus susceptible, plus changeant et la moindre contrariété pouvait faire basculer une journée.

Ce matin-là l'avait d'ailleurs encore prouvé. Heureux, content d'aller retrouver Mademoiselle de Coligny, il s'était soudainement mué en un volcan près à exploser, peu après la réception d'une missive.
Ladite missive faisait d'ailleurs actuellement, l'objet de toutes les attentions de Garin. Que contenait-elle? Le valet aurait beaucoup donné pour le savoir, mais il se doutait qu'avec un peu de patience, il ne tarderait à le découvrir. Après une longue agitation, des insultes proférées à voix basses et des sermons sur la nécessité de l'inconstance des relations, il s'était enfin apaisé. Très bientôt viendrait le dénouement.

Muet, Garin attendait l'instant. Il suivait des yeux le prince, l'observait marcher d'une fenêtre à l'autre, prendre sa veste avant de la reposer, relire la lettre, la froisser, pluis la déplier pour soupirer d'agacement.


-Savez-vous ce qu'il y a de plus humiliant, Garin, lança soudain Paris en pivotant vers le valet, secouant la lettre d'une main agacée?
-Non, monseigneur, osa prudemment le valet.
-D'être le dindon d'une farce que j'aurai pu moi-même mettre en oeuvre! Pourquoi n'ai-je pas eu cette idée, avant de me faire clouer au pilori....et par une femme, qui plus est !
-Si cette femme a lancé une infâmie, soyez heureux qu'elle ne soit donc point de vous, avança judicieusement Garin.
-C'est vrai, admit Paris en s'apaisant, mais tout de même. Le crime de cette vilaine ne passera pas impunément. On ne se joue pas ainsi de moi! J'ai séduit plus de jeunes filles qu'il n'y a eu d'hommes dans sa couche...Je connaissais la cour alors qu'elle était encore au sein de sa nourrice, j'ai monté et fomenté bien plus d'intrigues qu'elle n'a lancé d'odieuses rumeurs !

Agitant encore la lettre, Paris se détacha de son reflet, qu'il observait depuis quelques minutes dans l'immense miroir qui trônait au-dessus de la cheminée de marbre, fit quelques pas pour jeter un oeil distrait par la fenêtre.
-J'ai heureusement des amis qui me préviennent des horreurs qu'on dit sur moi, et se préoccupent de ma personne...sans eux, je subirais l'opprobre sans pouvoir m'en défendre et je.... mais! C'est elle! La souillon ne va pas attendre la fortune de sa gloire!

Sans laisser le temps à Garin de réagir, Paris attrapa sa veste qu'il passa en vitesse, et ouvrit la porte à la volée, avant de dévaler les escaliers de l'hôtel, manquant de renverser la chambrière qui montait.

Traversant la cour d'un pas leste, il se retrouva dans la rue, et d'un oeil, aperçu l'objet de sa colère. Diane de Saint-Maure. Seule, sans ce cerbère qui lui servait de valet, ou peut-être bien plus encore. L'occasion était bien trop belle pour une conversation improvisée et Paris ne voulait laisser passer cette chance. Epoussetant sa veste, arrangeant sa mise, il s'avança vers la jeune femme dans son dos, et arrivé  sa hauteur, émit un petit toussotement poli.

-Mademoiselle, il est des voisins qui ne se croisent guère, mais aujourd'hui, je serai bien heureux si vous daignez accorder à votre victime du jour, une promenade avant l'échafaud.

Sans lui laisser le temps de répondre, il la salua courtoisement, lui pris le bras qu'il passa sous le sien, et l'entraîna à l'écart de leurs hôtels voisins. Il n'avait aucune intention de recroiser son valet digne des lutteurs grecs.

-J'ai été fort surpris d'apprendre que mes escapades nocturnes m'ont mené jusqu'à la couche de Mademoiselle d'Etampes,
, commença-t-il sans lui laisser le temps de réagir, et bien plus marri encore que de découvrir ma probable paternité. Ainsi, vous ne vous couchez devant aucune tentative d'humilier celui qui n'a eu pour tort, que de guetter vos faveurs et vous a envoyé les preuves de son affection, à la hauteur de votre beauté.

Ils s'étaient à présent éloigné et avaient gagné le chemin menant à la rue des Petits Champs, où les commerces fllorissants attiraient nombre de bourgeois, nobles et parisiens. Ainsi, en public, la peste n'oserait lâcher trop de venin sur sa victime désignée.

-Est-ce donc ainsi que son les femmes d'aujourd'hui ? Madame de Sévigné avait donc raison de me dire que peu de soupirants se pressaient à votre boudoir. Votre salon abrite certainement les suppôts de précieuses à la plume acide.

Il se tut un instant, gardant un visage courtois mais fermé, pour éviter toute imagination de la part des personnes qu'ils croisaient.
-Je serai plus courtois que vous ne l'êtes avec moi, mademoiselle, reprit-il. Acceptez de publier un démenti sur cette affaire, et restons-en là.

Lâchant enfin son bras, il la fixa de ses yeux clairs, n'attendant malheureusement qu'une réponse négative de la part de la jeune femme. En son for intérieur, il l'avait espéré, car cette négation ouvrait d'officielles hostilités.

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et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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MessageSujet: Re: Action, réaction (Pv Paris de Longueville)   11.09.16 18:44

La marquise avait beau être une « précieuse » intellectuelle, l’objet actuel de ses pensées était tout sauf philosophique. Patientant sur le perron, elle observait un enfant converser malicieusement avec une vendeuse de sucreries et attendait, amusée, le moment où il chercherait à chaparder une douceur. Elle voyait la petite main du gamin se rapprocher inexorablement du panier, et ne put s’empêcher de se remémorer sa propre expérience de voleuse de cuisine.
Combien de fruit, de gâteaux avait-elle subtilisée à la cuisinière pour les savourer à l’ombre d’un arbre du jardin ou devant un roman ? Elle avait été la reine de la parlotte, amadouant les filles de cuisine avec un sourire, un compliment ou d’un enfantin trait d’esprit. Et si on ne daignait rien lui donner, elle se servait elle-même, saisissant vivement un met et disparaissant aussitôt.

Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que le garçon ne saisisse une poignée de pâte de fruits et ne déguerpisse. Mais au moment crucial, alors que Diane s’apprêtait à profiter d’un petit spectacle de rue, on toussota derrière elle. Sursautant, elle se retourna vivement alors qu’un « Au voleur ! » s’élevait dans la rue. Elle jeta un coup d’œil contrarié à la jeune femme à qui le garçon n’avait non pas prit quelques bonbons, mais tout le panier (pas mal, petit), puis se retourna vers son interlocuteur.

- Mademoiselle, il est des voisins qui ne se croisent guère, mais aujourd'hui, je serai bien heureux si vous daignez accorder à votre victime du jour, une promenade avant l'échafaud.

Voir que Paris de Longueville, ce personnage très peu chère à son cœur, avait gâché son petit plaisir de l’instant n’enchanta pas la marquise, qui dû faire appel à toute son expérience de courtisane pour sourire et cacher sa contrariété profonde. Elle ouvrit la bouche pour refuser le plus amicalement possible cet entretien mais le jeune homme l’entraina sans lui demander son avis. Elle s’arma d’un sourire figé et lâcha

-Monsieur, mon valet sera de retour d’un moment à l’autre. Je dois me rendre chez le parfumeur-gantier aussi j’ose espérer que vous saurez être bref.

Mais le vil quoiqu’élégant courtisan enchaina sans autre forme de procès :

- J'ai été fort surpris d'apprendre que mes escapades nocturnes m'ont mené jusqu'à la couche de Mademoiselle d'Etampes et bien plus marri encore que de découvrir ma probable paternité. Ainsi, vous ne vous couchez devant aucune tentative d'humilier celui qui n'a eu pour tort, que de guetter vos faveurs et vous a envoyé les preuves de son affection, à la hauteur de votre beauté. Est-ce donc ainsi que sont les femmes d'aujourd'hui ? Madame de Sévigné avait donc raison de me dire que peu de soupirants se pressaient à votre boudoir. Votre salon abrite certainement les suppôts de précieuses à la plume acide.

Ils était désormais dans une rue animée, et Diane ne put qu’admirer l’ingéniosité de Paris qui avait trouvé le moyen parfait pour éviter toute forme de dispute ouverte. Malheureusement, la marquise était aussi forte que lui à ce jeu-là, et ils évoluaient désormais dans un univers qu’ils connaissaient bien, celui de l’hypocrisie. Le premier à s’énerver serai également le perdant de la partie, aussi il s’agissait de rester calme et de n’attirer en aucun cas l’attention.

Elle l’écouta sans l’interrompre. Elle attendait cet affrontement et n’était pas étonné de la réaction du Prince. Aussi, elle éclata de rire dès qu’il eu finit de parler et ouvrit son éventail qu’elle avait refermé pour se faire de l’air. Paris ne se rendait manifestement pas compte de la lourdeur de ses avances passés et comment le pourrait-il, lui si habitué à ne se voir refuser aucune faveur.

-Oh mon chère, je vois que vous affectionnez toujours autant le cynisme et la calomnie. Grand bien vous fasse mais, voyez-vous, je ne souhaite pas suivre la voie que vous ouvrez. Il fait bien chaud aujourd’hui et je ne souhaite pas m’échauffer plus que de raison.

Elle eut un sourire amusé et continua

-Aussi je passerai outre vos attaques personnelles pour vous demander plus de précisions sur cette affaire d’Etampes. Vos accusations sont bien directes et for diffamantes, mais je ne vois pas ce que je peux faire pour enrailler pareille rumeur qui comporte je suppose une grande part de vérité. Vous êtes après tout un esclave de vos élans, comme chaque individu de votre sexe et peut-être même plus que tout autre.

Elle lui tapota l’épaule de son séduisant ennemi avec son éventail, dans un geste qui pourrait paraitre amicale à toute personne extérieure à la discussion mais en vérité parfaitement dédaigneux.

-Je serai plus courtois que vous ne l'êtes avec moi, mademoiselle. Acceptez de publier un démenti sur cette affaire, et restons-en là.

Il lui lâcha enfin le bras et la marquise put s’écarter pour le regarder de face. Elle parut considérer la chose et y réfléchir. Durant quelques secondes, la raison lui dicta d’enterrer la hache de guerre et d’en rester là dans cette rivalité qui durait depuis un peu plus d’un an. Un an plus tôt, justement, elle aurait sans doute choisi cette voie, elle qui avait toujours agi froidement et rationnellement. Mais elle avait peu à peu pris goût à cette joute, qui la contraignait à faire preuve d’inventivité et de dextérité pour nuire à son ennemi. Un petit plaisir secret mais tenace qui lui faisait aujourd’hui préférer la guerre à la paix.

-Je ne vois pas en quoi cela changerai quoi que ce soit. Qui-suis-je face à un tel scandale ?


(Juste, il me semble que Diane est plus agée que Paris, nan ? )
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MessageSujet: Re: Action, réaction (Pv Paris de Longueville)   11.10.16 18:46

En règle générale, Paris aimait les joutes. Plus encore celles dans lesquelles il savait détenir l'avantage sur son concurrent. Il les aimait car elle le confortait dans son intellect, le mettaient encore un peu sur ce piédestal spirituel qu'il affectionnait tant, et chacun de ses admirateurs pouvaient encore louer ses prouesses verbales. Il gagnait toujours ce qu'il y était venu chercher.
Mais il était des joutes que le prince chérissait bien différemment. Elles l'agaçaient, car elles le plaçaient face à un détracteur de choix, mais il les attendait tout autant que les premières, car elles relevaient d'un véritable défi. Il ne s'agissait cette fois plus d'esbrouffe, mais d'un véritable duel dans lequel le perdant ne retirait que de la honte.
Julie - ou Diane, puisque la précieuse l'était jusqu'au bout - était de ces concurrents qui laissaient peu de répit à Paris, et bien que le personnage se montrait exécrable, il savait qu'une joute avec elle était une véritable partie à remporter avec honneur.

Elle n'était pas Gabrielle. Sa soeur aînée était trop prévisible, trop proche de lui pour qu'elle lui laisse la moindre surprise. Elle n'était pas non plus une Marie de Durfort dont le terrain était connu, ou encore une Mancini, aux manières tellement conventionnelles. Sainte-Maure était dangereuse, et jouer avec elle sur ce terrain était autant grisant que dangereux.

Il avait mené la première manche de bout en bout, et acceptait gracieusement de lui laisser la main sur la seconde. Malgré l'agacement qui l'avait poussé à descendre lui parler, il ne se départi pas de son courtois sourire, et quiconque les aurait aperçu n'aurait pu imaginer la détestation mutuelle. La jeune femme ouvrit son éventail sous le regard amusé du jeune prince.
Ses paroles étaient presque attendues. Elle n'allait évidemment pas avouer que la calomnie était bien plus de son ressort...Quoiqu'elle puisse affirmer sur son ignorance quant à l'affaire Etampes, il ne la croyait pas. Une seule autre aurait pu lancer une telle rumeur, et JA-MAIS Olympe ne l'aurait trahi. Pas de cette manière!

-Vous êtes après tout un esclave de vos élans, comme chaque individu de votre sexe et peut-être même plus que tout autre.

Il préféra rester coi face à l'accusation devenue trop habituelle chez ces femmes qui se disaient savantes et libres. Il ne se sentait nullement esclave de sa propre condition, l'idée même était saugrenue ! Il étouffa un rire narquois mais ne pu retenir un sourire sarcastique. Elle pensait tout connaître de lui ? Elle se mettait son éventail dans l'oeil jusqu'à la poignée ! Sa propre mère ne le connaissait pas entièrement, et cette infatuée de Sainte-Maure ne pouvait y prétendre. Il préféra ne pas broncher lorsqu'elle le tapota avec son éventail, mais jeta un regard froid à l'objet.

-Je ne vois pas en quoi cela changerai quoi que ce soit. Qui-suis-je face à un tel scandale ?

Il eu de nouveau un petit rire sarcastique et s'abstint de lever au ciel, apercevant à quelques mètres un de ces jeunes gens, fraîchement arrivés à la cour et dont il servait de guide, parfois peu recommandable. Il avait volontairement mené la Sainte-Maure dans cet endroit, mieux valait poursuivre ce jeu de faux semblants.

-Qui êtes-vous face à cela, répondit-il ? Ne me faites donc pas croire que vous n'avez aucune information. Ne pas le croire serait une insulte à votre intelligence !
Il lui lança un sourire jaune. Sans le dire clairement, il préférait laisser planer le doute sur ce qu'il soupçonnait.
-Vous êtes une âme de l'intrigue, mademoiselle. La petite-fille d'Arthénice ne peut se révéler mauvaise à ce jeu, et je ne peux croire que vous ne sachiez rien au sujet de mademoiselle d'Etampes. Mais si tel serait le cas, l'estime que je  porte à votre esprit baisserai à coup sûr.

Il eu de nouveau un sourire ironique, mais il ne baissait pas sa garde. Sa plus chère ennemie, Gabrielle, partie, il se pensait enfin tranquille. Pourquoi avait-il fallu que sa route croise celle de Diane? Mais elle, contrairement à sa soeur, n'avait avec lui aucun lien qui pouvait freiner des ardeurs vengeresses et si la drôlesse préférait s'enferrer et poursuivre ses allégations, il ne refusait aucun traitement. Mais cela, il se garda bien de le laisser entendre à la jeune femme. Ce qu'il avait refusé de faire à sa soeur, par lien de sang, il le ferait pour une toute autre ennemie.

-"Si ça n'est vous, c'est donc votre soeur", dit-il en reprenant la fable du poète La Fontaine. Si ça n'est vous, je doute fort que vous ignoriez son identité. Et vous la protégez certainement. Je l'admets, reprit-il d'une voix honnête, j'ai été fat et vaniteux, et cela ne m'y reprendra plus. Mais vous ne gagnez rien à cela. Ma réputation est bien assez entâchée, vous ne pouvez pas la noircir plus qu'elle ne l'est !
Cela était faux, mais il espérait que la jeune femme l'imagine plus naïf qu'il ne l'était. Toutefois, devant une femme qui semblait ne reculer devant rien, il préférait jouer une importante carte, plutôt que perdre totalement la main. Dans un sourire, alors que quelques badauts s'approchaient, il l'incita à s'éloigner du lieu, posant courtoisement la main sur son épaule, et se pencha vers son oreille, afin que ses paroles ne puissent s'envoler.
-Vous niez avoir une quelconque implication dans cette affaire, mais quite à me répéter: je ne vous crois pas. Vous êtes trop intelligente pour ne pas avoir de lien, et vous me détestez trop pour ne pas fourrer votre nez là où vous pouvez me nuire.

Il s'arrêta, entendant du bruit derrière eux. Que se passait-il encore ? Les émeutes n'avaient-elles pas cessé ? Il se releva, observa la foule des passants, et jeta un oeil vers l'endroit où le brouhaha devenait plus fort. Un voleur, certainement, qui serait bientôt rattrapé par la garde.
-En bref, sachez que je suis comme le reste de ma famille: lorsqu'un ennemi m'attaque, je réponds, mais pas en tendant la joue gauche. Vous pouvez donc prévenir la jolie plume qui s'est soucié de moi.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Action, réaction (Pv Paris de Longueville)   Aujourd'hui à 20:44

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