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 Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval

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Tout pour la Galerie

Âge : 38
Titre : Baron de Roberval, Intendant de Marine pour la Bretagne, Ancien Corsaire
Missives : 36
Date d'inscription : 22/11/2015


MessageSujet: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   30.11.15 5:30


Arthur de Roberval

(Clive Owen)



38 ans ♔ Intendant de la Marine en Bretagne, Ancien Corsaire ♔ Bretonne ♔
Célibataire ♔ Catholique ♔ Hétérosexuel
♔ Groupe ♔Noblesse française


(Lassez vos bottes car ce soir nous danserons au chant des sirènes!)


Quelques questions de protocole ...  


♔ ÊTES PLUTÔT PARIS OU VERSAILLES ?

Sa vie ne l'avait pas réellement préparé à faire une entrée à la cour de Versailles. Néanmoins, il y est parvenu grâce à son courage et faits d'armes. Versailles était supposé être la rançon de la gloire mais il se rend bien compte qu'il y a, tout comme en mer, bien des dangers! C'est pourquoi Arthur de Roberval se sent beaucoup plus à l'aise à Paris. Oui la ville grouille de partout et oui la ville est parfois dangereuse mais c'est alors une menace dont il a l'habitude de traiter. Son hôtel particulier se trouve à Paris et c'est là qu'il a entassé une grande partie de sa richesse. L'ancien corsaire s'est construit sa propre forteresse à son image, métaphore pour ce lieu où il se sent à peu près aussi bien qu'en mer.

♔ CROYEZ VOUS AU COMPLOT ?

Il aurait préféré ne jamais être mêlé à ceux-ci! Voilà que la Favorite veut le faire tomber lui, l'homme qui l'aurait protégé et l'a littéralement défendu contre vent et marée! Julie de Roberval a sans du être piégée par un grand cerveau pour se retrouver dans ce complot d'enlèvement! Sa propre sœur qui comment un tel acte? Cela semble impossible pour Arthur qui n'a maintenant pas le choix de croire à ces complots et d'être sur ses gardes... Si sa sœur était impliquée, combien de personnes encore proches de lui complotent et rêvent en silence l'aboutissement de leurs sombres projets? Les déjouer ou éviter, voilà les deux seules options qui lui semblent raisonnable.

♔ VOUS SENTEZ VOUS PLUS COMME UNE DOUCE COLOMBE OU UNE GROSSE VIPÈRE ?

Il ne pourra jamais être réellement comparé à une colombe... L'ancien corsaire a vécu et vit encore par le fil de sa lame et les détonations de ses pistolets. Cela ne change pourtant rien au fait qu'à Versailles, il se sent terriblement vulnérable et qu'il tente malgré tout de faire profil bas. Par contre, il ne faudrait jamais oublier à qui l'on a à faire!

♔ QU'AVEZ VOUS A DIRE SUR LA GUERRE ?

La Bataille des Trois-Jours... Voilà où j'ai acquis une fois de plus la renommée... Au delà de cela, cette guerre a éprouvé bien des hommes. Je me remémore la conquête du "Great Charity" et le premier souvenir que j'en ai n'est pas le tonnage du navire ou même ses rangs monstrueux de canons, se sont les hommes qui y ont péri dans la bataille. Ironiquement, je me dois d'avouer que malgré tout, j'aime le combat... L'adrénaline et le sentiment que tout peut se jouer en un instant... Je crois qu'un homme ne devrait pas vivre cette anticipation avant de donner la mort mais elle est bien présente chez moi et c'est quelque chose que je taie au reste du monde. Ces gens qui n'ont pas vécu cette vie à bord des navires... Parlant de navires, la guerre Franco-Lorraine a été l'occasion pour moi de faire face à la muraille maritime de la flotte ennemi. De considérer la marine royale et ce qui pourrait être fait. Maudit soit Henri d'Angoulême car il aura bien fini par me convaincre de certaines de ses idées. Me voilà donc Intendant de la Marine en Bretagne et espérons que les guerres futures présenteront une marine française à la hauteur de son potentiel.

♔ QUELS SONT VOS LOISIRS ? AVEZ VOUS UN BUT PRÉCIS ?

Arthur demeurera toujours un grand voyageur. Il aime découvrir de nouveaux endroits et être en contact avec ces différends peuples. La vie en mer est quelque chose qui fait partie de lui c'est pourquoi naviguer le comble de bonheur. Il faut dire que notre homme est beaucoup plus à l'aise sur le pont d'un navire qu'à dos de cheval même s'il ne refuserait pas une promenade. Le violoncelle était un loisir de sa jeunesse avant même le monastère. Il s'y adonne de nouveau depuis qu'il s'est saisi d'un de ces instruments lors de la prise d'un navire ennemi. Finalement, l'escrime est principalement l'activité qui lui rappel le plus qui il est et se dont il est capable. Les leçons qu'il offre au Prince di Paliano l'occupent d'une agréable façon.


Derrière le masque ...
♔ Steeven ♔ 29 ♔ Présent chaque jour
Code bon by Lisa ♔ Comment avez vous connu le forum ? Par partenariat ♔ Quelque chose à dire ? Heureux d'être ici!




Dernière édition par Arthur de Roberval le 26.12.15 15:59, édité 2 fois
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Âge : 38
Titre : Baron de Roberval, Intendant de Marine pour la Bretagne, Ancien Corsaire
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Date d'inscription : 22/11/2015


MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   30.11.15 5:31


Prologue



- « Dunkerque!! Dunkerque est en vue!! »

Voilà les échos qui parvenaient du grand mât de « l’Orientale » jusqu’à la proue du « Great Charity ». Le premier était bien connu de tous ceux s’intéressant de près ou de loin aux affaires navales. Si bien que sans connaître forcément son nom, tout Paris et même en dehors avait entendu parler de cette histoire de légende qu’un Capitaine Corsaire avait acheté sa liberté de l’abbaye auprès du Roi-Soleil grâce à un fabuleux trésor espagnol. Ce Capitaine était Arthur de Roberval et « l’Orientale » était le théâtre de ses exploits. L’histoire du trésor espagnol était bien fondée, seule l’étendue de sa richesse demeure encore un mystère. Fait Baron en plus de sa liberté gagnée grâce à ce butin, on raconte que le Corsaire en aurait gardé tout de même suffisamment pour son compte afin de vivre confortablement durant des années sans quitter le sol français. Mais c’était mal connaître le courageux Baron que de croire qu’il resterait assied sur sa richesse et sa renommée gagnée. C’est avec une lettre de marque en bonne forme pour le compte du Roi de France qu’il reprit la mer de nouveau pour y accroître ses faits d’armes. Aujourd’hui ne faisait pas exception. À l’heure même où la petite frégate « Orientale » moulait dans le port de Dunkerque avec son fidèle second Bellec, un breton tout comme lui à la barre, à 38 ans le Baron de Roberval revenait avec deux nouvelles victoires à son compte. Un navire espagnol coulé lors de la Bataille des Trois Jours mais surtout la prise du navire de ligne anglais que l’on disait imprenable, le « Great Charity » dont il tenait alors la barre. Le coût de cette prise s’était soldé par de nombreuses vies françaises perdues mais l’exploit n’en était pas entaché. C’était un vaisseau digne de devenir le fleuron de la flotte française avec à son bord des pièces d’artilleries et de l’armement en grande quantité, des prisonniers par dizaines desquels de fortes sommes seraient demandées en rançon et je vous laisse deviner où le rhum contenu en ses cales a bien pu disparaître… Encore une fois, « l’Orientale » était peut-être amochée mais jamais vaincu!


*



Ce jeune garçon qui avait grandi dans un château médiéval niché sur un python rocheux à flanc d’atlantique en pleine Bretagne n’aurait jamais imaginé la vie qui pouvait l’attendre.  Fils cadet, il était destiné à l’abbaye alors que son esprit était fasciné par les récits de la table ronde, des exploits de la dynastie Plantagenêt et de l’appel de la mer qui l’invitait avec grands fracas de vagues sur les terres de son enfance. Sa Famille ne négligea pas son éducation et les moments qu’il a passé avec ses frères et ses sœurs à apprendre le nécessaire demeure à jamais les plus beaux souvenirs qu’il conserve de sa Famille. Arthur mit que peu de son intelligence aux longues leçons de lettres et de religion. Intrépide et l’esprit vif, il recherchait l’opportunité de satisfaire sa soif d’aventures lors des rares sessions d’équitation ou d’escrime… Son père ne voyait-il pas le potentiel de son fils en ces matières? Il aurait pu faire honneur à sa Famille par les armes mais rien ne semblait être en mesure de détourner son destin de l’abbaye qui l’attendait. Au tournant de ses quatorze ans, le temps était venu pour lui de mettre de côté ses rêves, ses frères et ses sœurs pour accepter son sort et devenir moine. L’expérience dura trois semaines… D’abord il tenta de s’acclimater à son nouvel environnement mais en vain. La deuxième semaine, s’était comme si tous les murs de l’abbaye voulaient se refermer sur lui et que l’air humide et crasse corrompait ses poumons. Finalement, il se résolu à tourner le dos à ses frères et sœurs afin de lui-même survivre. Un petit baluchon sur l’épaule, une miche de pain volé en main et du courage plein les tripes, Arthur de Roberval parti dans la nuit et dès le petit matin il était devenu mousse sur un navire commercial du nom de « l’Ambulant ». L’océan était vaste et le monde remplit de possibilités, seule condition : ne plus remettre le pied en France.


Il avait peut-être fuit une vie qui allait à coup sur le tuer dans l’âme mais ce qu’il ne savait pas encore c’était qu’il s’apprêtait à vivre les années les plus difficiles de sa vie. Si on n’avait pas trop cherché à savoir d’où il venait ni les raisons de sa motivation, on ne lui rendit pas la vie plus facile pour autant. Les conditions à bord étaient épouvantables, entremêlé de violence et de labeurs qui laissa ses marques tant sur le caractère du jeune-homme que sur son corps. En un peu moins d’un an, il passa novice à bord de ce navire sous le chaud soleil des Bermudes. C’était là amplement de temps pour comprendre que la vie en mer n’avait rien de facile, que celle-ci n’offrait aucun cadeau et que pour survivre il fallait être fort voir même avoir la chance de son côté parfois. L’avantage de passé novice lui permettait d’un peu moins crevé de faim, d’avoir, par le respect gagné auprès de l’équipage, un peu plus la paix mais surtout il pouvait enfin apprendre les vraies tâches d’un matelot.

Il se montra habile à la tâche et infatigable lorsque la situation lui demandait de soutenir l’effort des jours durant. Au fil des voyages, Arthur se démarquait aussi par un certain leadership naturel. Plus il gagnait en expérience et plus il pouvait se lancer au-devant des demandes et être prit en exemple. Cela l’aida énormément à se faire accepter et respecter par l’équipage et bientôt, il pouvait compter parmi eux des amis avec qui passer le temps. N’étant pas trop du genre naïf, il savait bien que les hommes embarqués sur les navires n’étaient pas vraiment du genre à faire confiance. Il avait pour eux un niveau de confiance égal à la qualité de leur travail et c’était bien suffisant. Ses voyages l’amenèrent sur divers points des Caraïbes, le long de la côte des Amériques et lorsque « l’Ambulant » revenait vers la France chargé des produits fins du nouveau monde, Arthur demeurait très discret. Cette crainte d’un jour mouiller dans un port français et de voir au bout du quai des gardes où son propre père figurerait parmi eux afin de le reconduire de force chez les moines ou en prison… Il ne pouvait estimer la réaction de son père lorsqu’il a appris la nouvelle de sa fuite pas plus qu’il ne pouvait prévoir son châtiment. D’aucune manière lorsqu’il se posait en France il chercha à revoir ses frères et sœurs. Il restait étrangement sur le navire ou s’enfermait dans sa chambrette d’une auberge portuaire prétextant la fatigue ou autre devoir à accomplir. Malgré tout, il ne regrettait pas son choix. À dix-huit ans il avait traversé l’atlantique des dizaines de fois, il était devenu matelot à part entière et cette nouvelle vie lui offrait chaque jour de nouveaux défis. Il était avide de connaissance, il cherchait à tout comprendre et tout connaître à bord du navire et même en ce qui attrait au négoce une fois le pied à terre.  L’éducation qu’il avait reçue étant jeune lui conférait un certain verbe et rapidement il comprit le sens des affaires. Il rêvait bien sûr de gravir les échelons un à un et peut-être même qu’un jour il pourrait avoir son propre navire et ouvrir des voies commerciales encore inexplorées! Il était conscient que le monde avait beaucoup à offrir et qu’il y avait toujours une classe de gens prêt à payer pour ce qui se trouvait le marché. Une question de trouver le bon produit pour le bon acheteur mais à coup sûr, quand l’affaire était bonne, le profit était au rendez-vous!


Arthur comprit qu’en plus de la liberté qu’offrait la mer, elle pouvait aussi gonfler les coffres d’or comme le vent gonfle les voiles. Des explorations les plus lointaines et voyages les plus fantastiques, tout ça était commandité par la cupidité de ceux qui y cherchaient à s’enrichir. Dans cette mer de profits à faire, le jeune-homme en voulait lui aussi sa tasse à boire! Maintenant qu’il était matelot, qu’est-ce qui l’empêchait de rechercher un nouvel équipage à rejoindre où les profits seraient bien plus grand que ceux que « l’Ambulant » redistribuait à son équipage? La marine commerciale c’était bien au début mais son esprit ne pouvait s’empêcher de penser aux histoires des corsaires faisant fortune et qu’aurait été la vie à bord d’un navire pirate?! Une vie digne d’une épopée légendaire remplit de risques et de défis avec comme récompense des butins où il y aurait de l’or et des bijoux à plus savoir quoi en faire! Se poser dans des ports plus louches les uns que les autres et boire le rhum directement aux lèvres des femmes! Il y avait quelque chose de séducteur après tout mais un soir à quelques milles marin de Gibraltar, la réalité le frappa comme le boulet de canon qui perça la coque de « l’Ambulant » tout juste au-dessus de la ligne de flottaison. Encore aujourd’hui il ne pouvait chasser de sa mémoire le souvenir de ces planches qui volent en éclats, les cris de détresse de l’équipage et les rugissements sauvages de ces pirates barbaresques qui bondissaient à bord afin de conquérir leur navire. Tout le navire grinçait en protestation et comme il semblait inspirer pour pousser un autre souffle c’est toute une vague qui sembla avaler dans ses poumons. L’eau s’accumulait à grand débit dans la cale où il se trouvait et bientôt c’est toutes ses bottes qui furent submergées. Son instinct de survie lui hurlait de réagir et de tenter de sauver sa peau. L’adrénaline l’envahit et ses sens en alerte le prirent d’une fébrilité qu’il n’avait pas connu jusqu’alors. Était-il conscient que la mort elle-même s’abattait sur le navire? Ses instincts étaient primaire voir animal. Luter jusqu’à la fin plutôt que de se rendre à genoux!

Il força son passage dans l’eau ainsi qu’au travers l’équipage en panique dans la cale pour se saisir d’une hachette que l’on utilisait pour rompre les cordages. Armé de son outil rudimentaire et d’un petit couteau qu’il avait appris à garder sur lui pour sa sécurité à bord, il rencontra aux abords de l’escalier menant au pont ce qui allait être le premier homme qu’il allait tuer. Le pirate élança sa lame dans un mouvement d’arc vers le cou d’Arthur afin d’en finir avec ce matelot qui lui barrait le chemin. Vif et sauver par ses réflexes apprit bien des années plus tôt lors de ses sessions d’escrime, Roberval esquiva en se penchant vers l’arrière. Le pied assuré d’Arthur lui permis de ne pas tomber à la renverse tandis que le pirate déséquilibré d’avoir fendu l’air dû faire un pas vers l’avant dans l’escalier pour ne pas piquer du nez. Dans ce mouvement, Roberval savait qu’il ne pouvait laisser filer une pareille opportunité. La pointe inférieure de sa hache s’accrocha à l’omoplate de son assaillant tel un crochet qui l’envoya tête première dans l’eau. Arthur bondit sur lui en plaquant ses genoux dans le dos de l’homme qui cherchait à se relever afin de reprendre son souffle. Le coude gauche du matelot maintenait la tête du pirate sous l’eau alors que sa hache était relevée cherchant le coup fatal qu’il pourrait porter sans se frapper lui-même. Il hésitait à franchir cette ligne de non-retour que celle de tuer un homme de ses mains mais il ne concédait rien à son opposant qui se débattait pour chercher de l’air. L’eau de la calle lui éclaboussait le visage comme pour le ressaisir et Arthur appuya cette fois à deux mains derrière la tête du pirate pour le noyer une fois pour toute. Soudainement, il ne se passait plus rien. L’homme était mort et Roberval se releva ne réalisant pas encore tout ce qui venait de se passer. Le pirate remonta légèrement à la surface le visage tourner vers le bas et totalement immobile.

Arthur de Roberval ne comptait pas s’arrêter là… Il était prêt à en découdre et étrangement la perspective de tuer à nouveau ne lui chamboulait pas le cœur comme il se l’était déjà imaginé. Question de vie ou de mort, il préférait la vie et il n’allait pas donner la sienne sans recevoir! Ses bottes claquaient sur les planches de l’escalier alors qu’il les gravissait deux à deux rajoutant qu’une note de plus dans le chaos présent. Il émergea sur le pont, aveuglé un instant par le soleil qui le força à plisser les yeux pour distinguer ce qui l’entourait. Le couteau tenu à la renverse, la hache bien brandit et une stature remplit de courage s’offrait à la vue des pirates. Rien de plus qu’un jeune imbécile éprit d’héroïsme dans une situation perdue d’avance. L’espace d’un instant et Arthur retrouva ses sens que pour découvrir la scène d’horreur qui se dévoilait maintenant à lui sur le pont. Ses compagnons jonchaient le sol tous mort dans des positions les plus sordides et éparpillés. Le reste lui est qu’un vague souvenir… Il se souvient d’être bondit sur le premier homme près de lui, de l’avoir atteint de sa hache tout en rugissant comme un fauve. Il ne peut compter le nombre de blessures qu’il reçue pas plus que celles qu’il infligea. Rapidement, on le rua de coups comme si les pirates s’amusaient sur son corps avant de l’achever pour de bon. Il se débattait mais en vain et bientôt il finit par perdre connaissance.

À son réveil il était enchaîné dans les cales d’un bateau qu’il ne reconnaissait pas, entouré d’hommes qui ne parlaient pas sa langue et vers une destination qu’il ignorait. Sa confusion était à peu près égale à la douleur qu’il ressentait dans tout son corps. Il était couvert d’ecchymoses et il saignait par endroit dû à des coupures. Il fût nourri de restes et de tout juste assez d’eau pour le maintenir en vie. Le navire sur lequel il se trouvait s’apprêtait à jeter l’ancre quelque part sur le sud de la côte africaine lorsque le capitaine vînt afin le voir. Il apprit que sa hargne à se défendre l’avait sauvé et qu’il espérait aujourd’hui tirer un bon prix de la vente de sa personne. Sans ménagement on l’amena vers une estrade où s’alignait des hommes, même des enfants, destinés à être vendus. Arthur comprit que son destin pouvait se jouer ici. S’il n’était pas réclamé qu’est-ce qui empêcherait le capitaine pirate de ne pas le tuer? Tel que prévu, l’acheteur se présenta à l’estrade à la recherche d’une bonne affaire. C’était un corsaire d’expérience et il cherchait parmi les hommes devant lui la perle qui viendrait compléter son équipage afin de remplacer quelques pertes subites lors de leur dernière prise.

- « Ah je sais ce que vous recherchez » lança le capitaine pirate dans un français correct mais à l’accent atroce. « J’ai justement deux bons spécimens à vous présenter… »

Les deux hommes passèrent devant lui faisant mine de ne même pas l’avoir vu pour s’arrêter devant un homme noir à la forte carrure. L’homme, bien que visiblement fort semblait brisé. Arracher à sa terre natale et à sa famille, il était ici pour être vendu et il n’osait rien espérer de la vie à présent… Le capitaine en fit un portrait bien éloquent, vantant sa force « digne d’un bœuf » et sa docilité pour un « sauvage »… Les négociants allaient poursuivre vers le prochain candidat et Arthur savait qu’il ne devait pas laisser cela se produire. Il avait la gorge serré et la bouche sèche mais il força l’air à sortir de ses poumons pour émettre un son mélangé entre le grognement et la parole. « Moi! » Les deux hommes s’arrêtèrent incertain d’avoir bien entendu et Roberval se racla la gorge alors qu’ils se retournaient vers lui.

- « Prenez-moi! Je vous en supplie… »

- « Qu’as-tu à dire de celui-ci? »

- «  C’est un très bon choix Capitaine Baert! Plein de vigueur et un bon matelot à ce que l’on dit »

- « Il a l’air amoché votre homme… » dit le Baert observant les blessures sur le corps d’Arthur.

- « Simplement un peu sale… Un seau d’eau et un repas et il sera prêt à reprendre la mer dès demain! »

Les deux hommes se mirent à l’écart pour discuter seul à seul. Négociant les prix et le destin de ces hommes enchaînés. Tendant l’oreille, Arthur parvenait difficilement à entendre des brides de conversations… Une phrase dite par le Capitaine Baert le fit s’agiter pour forcer son choix se méritant simplement un coup de poing dans le ventre de la part d’un homme posté à les surveiller. « Je ne peux prendre les deux »  avait-il dit. Compréhensif, le capitaine pirate avait hoché la tête avant de s’exclamé sous l’effet d’une idée de génie : « Ouvrons les paris et faisons les combattre! Le survivant sera alors le bon! » L’idée paru plaire au Capitaine Baert et Arthur su qu’il allait devoir une fois de plus combattre pour sauver sa peau.

On lui retira ses chaines pour le pousser dans une arène de fortune entouré de petite palissade pour en délimiter les contours et recouverte de sable. Libre de ses mouvements, Arthur chercha à raviver ses muscles ainsi que ses sens alors que son adversaire entrait à son tour. C’était une vraie tonne de muscle mais Roberval était prêt à l’affronter avec stoïcisme. Cet homme était après-tout ce qui l’empêchait de quitter cet endroit et il n’allait pas donner sa place. Cette sensation d’adrénaline qu’il avait ressenti lors de l’attaque de « l’Ambulant » lui revenait. Le rythme des battements de son cœur s’accélérait et la douleur qu’il avait éprouvé jusqu’ici avait fait place à l’anticipation d’un combat à livrer. Les deux combattants s’étudièrent un instant tournant face à face autours de l’arène. La tonne de muscle devant lui semblait ancrer chaque pas qu’il posait sur le sol alors que lui se tenait sur la plante de ses pieds gardant les talons en équilibre prêt à bondir à la première opportunité. L’homme noir lança un crochet prévisible qu’Arthur évita en contre-attaquant d’une rapide droit sur le bras qui passait par là. Son adversaire ne parut même pas gêné de la piqure qu’il venait de lui faire et ce n’était rien pour rassurer Arthur. Ce dernier évita plusieurs autres coups appliqués avec force qui essoufflait peu à peu son ennemi. Voyant l’occasion de se faufiler sous une frappe, Roberval bondit le genou gauche s’écrasant dans l’abdomen de son adversaire qui plia vers l’avant. Deux rapides coups de poing dans les côtes avant que le poing de son ennemi ne s’abatte sur lui tel une massue directement à la base de son cou. Arthur se retrouva ainsi d’une frappe au sol et il dû rouler rapidement sur le côté pour éviter un coup de pied qui l’aurait décapité à coup sûr!

Debout à nouveau, le combat pouvait reprendre. Arthur attrapa au passage le bras de son opposant alors qu’il fendait l’air et lui rabattit le talon de sa botte directement sur le genou une première fois, puis une deuxième puis il encaissa un poing en pleine gueule avant d’être repoussé par la main libre de l’homme noir avec suffisamment de force pour qu’il retrouve le sol sablonneux. Arthur recracha ce qui lui semblait être une demi-pinte de son propre sang tout en cherchant à se relever. Son assaillant ne lui en donna pas l’occasion lorsque qu’un coup de pied termina sa course dans son ventre l’envoyant dans la poussière qu’il n’aurait pas dû quitter. Roberval roulait cherchant à fuir l’homme qui l’avait à sa merci mais il fût bientôt bloqué le dos à la palissade de bois. Deux bras forts comme des troncs d’arbre plongeaient vers lui pour le relever mais Arthur fût plus rapide. Il lui envoya une poignée de sable directement dans les yeux ce qui le força à reculer offrant ainsi le temps nécessaire à Arthur de se remettre debout. Il sauta vers la palissade pour se pousser d’un pied sur celle-ci vers son ennemi. Ce dernier aveuglé ne vit jamais le poing qui allait lui fracasser le nez. Arthur retomba sur ses pieds tel un chat et poursuivi son œuvre. Droite dans les côtes, esquive d’une frappe lancée à l’aveuglette, talon derrière le genou, déplacement sur la gauche suivi deux frappes dans les reins, directe du droit à la mâchoire précédé d’une autre esquive et lorsqu’enfin son ennemi lui offrit son dos, Roberval lui fit plier les genoux et ses bras s’enroulèrent autours de son cou pour l’étouffer à mort. Il écarta les jambes pour plus de stabilité et il serra de toutes ses forces en rugissant. Avec horreur il fût soulevé de terre alors que son ennemi se remettait sur ses pieds mais Arthur n’allait pas lâcher. Désorienté et l’air commençant à manquer, l’homme noir tituba et chercha à plaquer Arthur contre la palissade dans l’espoir de le décrocher de son perchoir. Ce dernier cru sous l’impact que sa cage thoracique venait d’exploser dans un bruyant craquement mais c’était les planches de bois qui venaient de rompre et les deux hommes tombèrent par terre. Arthur coincé sous le poids de son adversaire n’en relâcha pas moins sa prise. Il allait s’accrocher à lui jusqu’à ce que la mort le trouve et c’est en enroulant ses jambes autours du corps de son ennemi et les bloquant de ses pieds qu’ils allaient l’attendre ensemble. Ce qui lui parut être une éternité ne dura en fait que quelques secondes. À bout de force sous le corps inerte de son opposant, Arthur pouvait pour la première fois entendre les cris des spectateurs sous l’euphorie de la scène qu’ils avaient sous les yeux. C’est là aussi qu’il put lire dans le regard du Capitaine Baert cet éclat de ravissement quant à l’issu du combat. Lorsque deux hommes vinrent enfin pour le dégager de là, il eut droit aux présentations officielles apprenant du même coup que le Capitaine Baert avait misé sur lui et que ses gains couvriraient amplement sa réhabilitation à bord du « Téméraire »…


Une vie d'aventures


Après cinq ans sur le « Téméraire » qu’est-ce qu’il en avait vécu des aventures! Des dizaines de navires vaincus, autant de trésors partagés au sein d’un équipage efficace et dévoué à la renommée du navire corsaire. Durant c’est années, Arthur de Roberval avait pu se démarquer de maintes façons. Il avait d’abord réussi à faire sa place à bord avec ses poings et il se montra un matelot tout aussi hargneux les armes à la main. Il y avait dans ses assauts une férocité et une soif de combattre faisant honneur à ses origines bretonnes. Souvent le premier à sauter sur le pont ennemi, Arthur n’hésitait pas à mener ses compagnons au cœur des combats les plus sauvages et il en tira un grand respect de ceux qui voyageaient avec lui. À bord, le travail était constant. Le Capitaine Baert n’était pas de ces hommes à accepter la flânerie mais en revanche, le rhum y était foutrement bon! Ce tournant dans la vie de Roberval, goûtant à cette vie de corsaire où la limite avec la piraterie est aussi mince qu’une lettre de marque, l’enchantait. Durant ces cinq années il avait vu de nouveaux horizons, les Indes, le Siam et nombre de colonies anglaises et espagnols qu’ils avaient pillés. Il avait connu l’amour en Amérique au sein d’une tribu micmac et avait développé une haine pour les anglais lorsque ceux-ci lui reprirent cet amour comme si elle n’était pas destinée à des hommes tels que lui… Enfin, c’est une autre histoire…

Cet évènement l’avait pourtant marqué. Il buvait plus souvent qu’à son tour et ne s’adonnait plus avec la même ardeur aux plaisirs de la chaire  présents dans les différends bordel de Bluefield, Cuba ou Tortuga… Il passait aussi beaucoup plus de temps à jouer que ce soit aux cartes ou aux dés car après-tout, il aimait ça. L’homme qui était embarqué cinq ans plus tôt avait bien changé en effet. Les voyages, les batailles et côtoyer des hommes aux manières plus que douteuses influençaient forcément le tempérament de Roberval. À vrai dire, cela aurait été l’excuse facile pour justifier ses travers mais au fond de lui il croyait qu’il était possible de survivre dans cet environnement sans noyer toute l’éducation de gentilhomme qu’il avait reçu plus jeune. Il croyait aussi que l’on pouvait évoluer dans ce monde en ayant au cœur des valeurs et des principes permettant de ne pas perdre la moralité de vue.  Jamais on n’avait pu reprocher son courage et son honneur typiquement breton. Auprès des Dames, il était courtois et possédait une certaine galanterie maladroite, dû à son éloignement de la cour, tout à fait charmante.  Il n’était certes pas avare d’histoires à partager avec ses compagnons d’équipages et celles qu’il préférait raconter étaient bien celles où il était mis de l’avant. Bien sûr qu’il était fier et que son port était altier! Mais en bout de ligne, c’est ce qui lui permit de devenir le second du Capitaine Baert, son bosco.  Il était devenu ce lien entre l’équipage et le Capitaine. À la fois présent pour la discipline qu’il souhaitait exemplaire et pour écouter leurs craintes et elles sont nombreuses à bord d’un navire!

Ces craintes, on les entend, on y croit parfois et certaines ne sont que pures sottises! Une météo incertaine a toute les raisons d’inquiéter les hommes lorsque l’on est confronté à sa merci au milieu des flots marins. En ces circonstances, Arthur pouvait passer des jours à la barre à lutter contre les éléments qui s’abattaient sur eux. Les voilent qui se déchirent sous les vents tropicaux, les mâts qui menace de rompre à tout moment, le navire qui tangue dans les vagues telle les hanches d’une pute d’un bordel de Sukhôtai… Durant ces périodes il semblait infatigable et plus la lutte semblait féroce, plus il était calme et résolu à affronter cette bête que mère nature avait libéré sur eux. Il y avait aussi les légendes de marins… Calypso, le Jonas et les sirènes pour ne nommer que celles-là… En tant que second, c’était sa responsabilité que l’équipage ne s’abonne pas à ce genre de distraction et lorsque les bruits courraient dans les bas-fonds du navire comme quoi les Dieux des mers ou Calypso même étaient en train de faire leur œuvre, Arthur était là pour leur rappeler l’humilité à avoir face aux éléments et aux puissances auxquelles ils étaient confrontés en mer. Un marin trop téméraire pouvait le conduire directement à la mort et mettre en danger non seulement l’individu mais tous ses collègues. Il fallait donc que les hommes soient habités non pas d’un sentiment tétanisant mais de la juste crainte à avoir afin qu’avec précaution, tous puissent exécuter leur devoir. Car à voyager des semaines durant sans toucher terre, dans des conditions parfois plus que difficiles, certains hommes sombraient dans la plus pur des folies. En particulier ceux que l’on accusait bien trop souvent à tort de tous les maux du navire; un Jonas...   Roberval avait vu de ces hommes être menacés, attaqués, certain se croire maudit au point que le suicide était leur seul apaisement mais le bosco en avait aussi sauvé au fil des années en les enfermant dans une cabine le temps que passe la mauvaise fortune. Après un voyage dans des conditions plutôt difficile où un manque d’eau potable s’était fait ressentir, certain marins commerçants sous l’effet de l’épuisement et du soleil de plomb qui leur tapait sur la tête, à s’imaginer des visions de sirènes aux corps alléchants et aux chants remplient de promesses… Arthur avait donc convié tout l’équipage sur le pont où leurs canons étaient rangés dans leurs sabords pour les leur montrer.

- « Voici messieux, les seules sirènes auxquelles je crois. Vous connaissez leur chant et c’est qu’à celui-ci que nous nous adonnerons avec passion! »

En fait, ce ne fût pas tout à fait vrai… Les marins avaient cette qualité une fois le pied posé sur la terre ferme d’être d’excellents compagnons de taverne et de soirées arrosés. Arthur de Roberval ne faisait pas exception à cette règle à la différence près qu’il conservait toujours une certaine classe et une élégance dans ses manières qui trahissait aisément sa naissance. Lors de ces occasions, les chants des marins s’élevaient au rythme des choppes qui valsaient entre leurs mains. Si Arthur était un piètre chanteur, il avait pu se remettre au violoncelle qu’il avait un jour saisi sur un navire vaincu. C’était un instrument qu’il avait eu la chance d’explorer dans sa jeunesse et avec lequel il prenait plaisir de nouveau à en tirer quelques airs. Ses compagnons habituels lors de ces occasions étaient entre autre ce vieux loup de mer de Vauquelin aux larges épaules. L’homme avait au moins dix années de plus que lui et ils avaient en commun d’avoir embarqué sur la mer dès leur jeune adolescence. C’était un homme bourru et têtu qui avait survécu aux pires conditions, à des tempêtes que l’on n’ose pas imaginer et à plus de bataille qu’un homme pouvait espérer faire sans en perdre un membre. On ne pouvait lui enlever son courage et lors d’un abordage, tout l’équipage était ravi de compter un homme tel que lui à leur côté. Puis il y avait Bequel, une vraie encyclopédie vivante de toutes les légendes que la mer pouvait contenir! Le respect qu’il éprouvait pour les flots marins était tel l’amoureux craintif de sa promise. Les éléments de la nature lui rappelaient une femme capricieuse qu’on arrive à contenir mais jamais à dompter! Au port, on pouvait le voir errer tôt le matin sur la plage et caresser de sa main les petites vagues qui venaient mourir doucement contre le sable avant de retraiter vers l’étendue infinie. Une caresse du bout des doigts comme l’amant bienveillant… C’était un homme dévoué au navire et à son équipage. Il ne rêvait pas de devenir Capitaine mais cela n’en faisait pas moins un artilleur de grands talents et auprès des pièces d’artilleries, il était le maître à bord! Finalement, peut-être celui qui était son plus fidèle ami, Bellec. L’homme qui a longtemps conservé un visage rond et enfantin pouvait aujourd’hui afficher les traces sur celui-ci de nombreuses années passées en mer. Il possédait un calme pragmatique et réfléchit. Jamais à s’énerver pour un rien et toujours un appui solide en qui avoir confiance. Pour Bellec, il n’y avait qu’une seule façon de faire le travail et c’était de la bonne manière. En plus de ses qualités en tant homme qui faisaient de lui un compagnon fort apprécié, c’était aussi un navigateur d’exception. Son jugement et ses connaissances rendaient la conduite du navire bien plus aisée lorsqu’il n’y avait aucune carte détaillants les courants marins ou lorsque les vents semblaient capricieux.



Dernière édition par Arthur de Roberval le 28.12.15 16:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   30.11.15 5:31


De batailles en conquêtes



Ils étaient assurément le quatuor de confiance du Capitaine Baert. Ce dernier avait des contacts dans tous les ports d’importances. Les contacts de l’un devenaient peu à peu les contacts de l’autre. Arthur avait aussi ses petites relations pour dénicher des informations quant à la « bonne affaire » présente en mer… Toute cette sous-culture autour du métier ainsi que tous les fils qui en tissaient la toile devenaient de plus en plus familière pour le second. La mer offrait un monde à part dont il était bien difficile d’en tracer le portrait vu de l’extérieur mais maintenant âgé de vingt-sept ans, Arthur de Roberval pouvait clairement affirmer être l’un de ses acteurs. Il ne pouvait s’imaginer qu’en partant une nouvelle fois de Saint-Malo qu’il allait alors être précipité dans un nouveau rôle. Le « Téméraire » naviguait depuis à peine quelques jours dans l’Atlantique lorsqu’à l’horizon se manifesta l’ombrage d’un second navire venant à leur rencontre. Vauquelin en appela les mousses au haut du mât de misaine pour connaître l’origine du pavillon s’approchant. Un coup d’œil à la longue-vue et sans surprise on confirmait que c’était un navire arborant un pavillon française qui devait certainement rentrer au port. Le vieux loup-de-mer haussa les épaules tout en questionnant le choix de cap de ce navire. Au fond de lui, il avait ce pressentiment que l’affaire n’était pas tout à fait nette. Certes, demander un second avis embêtait fortement son orgueil mais il alla le trouver auprès de Bellec qui était après-tout un homme fiable et de confiance.

- « Voilà qui est effectivement un drôle de choix de cap mon ami… À croire qu’il nous fonce dessus… »

- « C’est peut-être bien le cas. » répondit Vauquelin.

Les deux hommes allèrent retrouver le Capitaine Baert à la barre pour lui partager leurs observations. Par simple précaution, Baert changea le cap de quelques degrés à bâbord de manière à créer un espacement entre leur ligne de cap. Il n’y avait pas de quoi alarmer tout l’équipage après-tout. De manière générale, Vauquelin avait aussi cette tendance à se méfier de tous les autres navires non pas par crainte, mais par ce désir qu’il avait d’en découdre. Ce dernier demeura à la proue de longues minutes observant l’allure de l’autre navire avant de se résoudre à taire cette voix intérieur et de vaquer à ses occupations de supervision sur le pont. Bellec aussi était reparti faire quelques calculs auprès des cartes et tout se passait de nouveau normalement. Ce calme à bord fût bien éphémère! Ce même mousse qui avait plutôt appelé à un pavillon français sonna le changement de pavillon! Ce qui semblait être un navire français retournant au port de Saint-Malo était maintenant une frégate anglaise fonçant droit sur eux avec qu’une seule idée possible en tête. La nouvelle se répandit comme une trainée de poudre et bientôt Arthur qui était resté dans sa cabine jusqu’ici l’apprit à son tour.  Il mit la main sur la ceinture contenant le fourreau de sa rapière pour l’emporter avec lui vers le pont où il allait retrouver ses compagnons du quatuor auprès du Capitaine Baert. Rapidement l’ordre de déserter le pont fût donné pour tous les hommes qui n’avaient pas besoin d’y être. Si combat il y avait à avoir, il fallait dissimuler au mieux le nombre de matelots présent de manière à créer l’incertitude chez l’autre. Visiblement, le Capitaine était outré de se faire prendre en cible. Alors que les cinq hommes pesaient leurs options, le visage  de Baert semblait crispé et une seule idée semblait lui caresser l’esprit.

- « Nous pouvons tenter de les semer » lança Bequel mais l’option fût abandonnée rapidement lorsque Bellec conclu qu’ils n’avaient pas la vitesse nécessaire ni les vents favorables pour cette manœuvre… Une chose était sûr, ils n’abandonneraient pas le navire et sa cargaison donc il devenait de plus en plus claire qu’ils allaient devoir combattre.

- « Quelle insolence de nous attaquer si près des côtes françaises! » Brisant son silence, le Capitaine ne semblait pas être d’humeur à vouloir laisser passer l’affront et tous furent attitrés à leur rôle habituel.


Le quatuor s’en alla sous le pont afin  de rassembler les hommes. Arthur ordonna qu’on débarrasse tout ce qui pourrait être encombrant et qu’on prépare la table du chirurgien car oui, elle risquait fortement d’être utile! Bequel rassembla ses artilleurs et prépara le nécessaire au combat tout en faisant resserrer les canons dans leurs sabords. La poudre, les amorces, les mèches et les allumes étaient mis à porter de main pour le combat à venir. Vauquelin préparait les armes de toutes sortes. Fusils, pistolets, sabre et hache d’abordage, afin, tous ses jouets favoris allaient être distribués aux hommes pour l’abordage. Si le pont semblait des plus désert avec le Capitaine Baert à la barre, en dessous c’était une vrai fourmilière! Pour Bellec en particulier qui faisait le relais entre le Capitaine et les hommes postés sous le pont. En situation normale il aurait bien été à bout de souffle mais lorsque l’adrénaline vous envahis dans l’anticipation d’un combat à livrer, le souffle qui manque semble passer au second plan… Tout se déroulait jusqu’ici avec l’efficacité d’un équipage d’expérience et les hommes se contentaient du minimum pour s’exprimer laissant planer un certain silence de mort.

Arthur avait commencé à distribuer les armes aux hommes qui allaient le suivre lors de l’abordage à venir. Lui-même rangeait deux pistolets à sa ceinture lorsque Vauquelin vînt s’armer à son tour. Les deux hommes se croisèrent du regard. Ils étaient en quelque sorte le fer de lance des troupes d’abordages. Tous deux étaient de réelle furies une fois les armes tirées et l’éclat au fond de leurs yeux exprimait clairement leur résolution à être une fois de plus fidèle à leur réputation. Le loup-de-mer se chargea les bras de fusils comme on empile des bûches pour les remettre sans ménagement dans les bras d’un pauvre mousse qui devait en être à ses premiers affrontements. Vauquelin fit un pas vers l’escalier menant au pont mais se retourna saisissant d’une main forte Arthur par la chemise.

- «  Que je ne te prenne pas à aborder cette satanée frégate sans moi! »

Un sourire complice s’étira sur les lèvres des deux hommes et Roberval répondit par une forte tape derrière l’épaule de Vauquelin. Ce dernier appela sous sa direction les mousses et novices à bord pour les conduire au haut des mâts d’où ils auraient des positions de tir avantageuses et où ils seraient en bien meilleure sécurité. Bellec de son côté prit les hommes nécessaires aux tirs de mitrailles des couleuvrines et caronades rejoignant le Capitaine sur le gaillard arrière. Ce dernier manœuvrait habilement de manière à ne pas concéder  le flanc du navire pour une attaque de bord à bord. Il était déterminé à les faire payer au prix cher cette idée farfelue que de s’en prendre au « Téméraire »! Lorsque la frégate anglaise fût près au point que l’on puisse voir son étendard à l’œil nu, celle-ci tira un coup de semonce dans l’espoir que le « Téméraire » baisse son pavillon et se rende sans combattre. Si le boulet de canon avait terminé sa course à des mètres du navire, il sembla piquer le Capitaine Bart droit dans sa fureur.

- « Qu’on leur transmettre nos politesses! » avait-il commandé.

L’Ordre fût reprit par Arthur au pied de l’escalier pour en donner le signal à Bequel. Comme il ne faisait aucun doute qu’on en viendrait là, le coup déjà préparé parti rapidement en réponse marquant d’une note assourdissante et couverte de fumée le point de non-retour quant au combat à venir. L’artilleur regarda le boulet atterrir dans l’océan et ferma les yeux un bref instant tournant ses pensées vers cette mer qui l’avait bercé toute sa vie. « Veilles aujourd’hui sur ceux qui te furent toujours dévoués » pria t’il en silence. Il ouvrit les yeux, prit une grande inspiration et cette lueur qui brulait plutôt dans les yeux de Vauquelin et Roberval s’alluma aussi dans son regard. Il marchait d’un pas ferme entre les rangs d’artilleries inspirants ses hommes de sa prestance et il les commanda.

- « Nous frappons pour couler! Chargez à tribord et poussez les pièces dans les sabords! »

La première salve à noircir l’air fût faite par l’ennemi. Habile à la barre, le Capitaine Baert l’avait anticipé. Grâce à sa manœuvre où il redressait le navire de façon à sa positionner perpendiculairement, la plus grande majorité des boulets tombèrent de manière inoffensive dans l’eau où rebondit sans dommage sous le gaillard avant. Celle qui allait suivre par le « Téméraire » allait être bien plus fracassante. Un autre rapide changement de cap du Capitaine et le flanc des anglais s’exposa aux tirs de Bequel et de ses artilleurs. Par l’ouverture d’un sabord, Bequel avait vu l’un de leurs boulets emporter toute une pièce d’artillerie adverse en plus de quelques planches qui avaient volé en éclat. Pendant que le Capitaine ennemi manœuvrait pour engager son mât de beaupré sur le pont du « Téméraire », Baert de son côté tentait d’offrir le plus de temps possible à ses artilleurs avant l’abordage. L’exécution de Bequel et de ses hommes étaient sans faille et la cadence de tirs qu’ils offraient était des plus terrifiante. Si jusqu’ici le « Téméraire » défendait bien sa peau, les choses prirent rapidement un nouveau tournant. Du haut d’un mât on appela à une deuxième frégate anglaise, plus petite que la première, qui était à son tour en approche. Soudain, les hommes qui étaient alors confiant auprès d’Arthur semblaient beaucoup plus inquiets. Bien sûr, Roberval faisait de son mieux pour les rassurer, les galvaniser avant le combat à livrer mais lui-même se demandait s’il avait déjà vécu pareille situation.

- « Courage messieux! Nous ne leur concéderons rien!! »

À ce moment même où Arthur terminait sa phrase, deux évènements bousculaient une fois de plus le court de la bataille. D’abord, un boulet chaîné s’écrasa sur le mât de misaine et ce dernier se fissura dans un sourd craquement qui raisonna dans tout le navire. Bien que le mât tenait toujours en place, il était désormais sujet à se rompre à tout moment.  Roberval gravi les marche menant au pont pour voir de ses yeux les dommages du mât. La fissure qu’il y avait ne laissait aucun doute qu’avant la fin de la bataille ce mât serait tombé. Vauquelin, du haut du mât principal hurlait aux hommes présent à la misaine de descendre immédiatement. Sa voix se perdant parmi les détonnassions des canons et des fusils des hommes postés en hauteur pour faire pleuvoir la mort sur les ponts des deux navires. Tant bien que mal, les mousses et novices de la misaine réussirent à toucher le pont et s’abriter près du gaillard avant. Arthur en fût soulagé mais lorsque le « Téméraire » se braqua à tribord avec une telle force qu’il manqua de faire chuter même les marins au pied les plus solides, il comprit alors que quelque chose d’autre allait terriblement mal. Il chercha des yeux à voir le Capitaine Baert à la barre afin de comprendre la manœuvre mais son instinct ramena son attention vers l’avant du navire qui s’en allait droit à la rencontre de celui de leur ennemi. « Attention!! » cria-t’il tout en s’agrippant aux rampes d’escalier alors que les deux mâts de beaupré des navires entrèrent en collision. Une vague remonta plus haut que la ligne des ponts sous l’effet des coques de navire qui comprimaient l’espace. Les deux beauprés furent endommagés et le mât de misaine dans une ultime protestation s’écroula sur le pont des anglais tuant sur le coup l’un de leur officier. Tout semblait entremêlé, les mâts, les cordages, les voiles et tout le gréement reliaient les deux navires dans un verrou dont ils ne pourraient se défaire. Lorsqu’un des deux navires bougeaient, il entrainait du coup l’autre le faisant tanguer. Arthur comprit rapidement le péril de la situation et cria de toutes ses forces à Bequel de cesser le feu. Ce dernier lui lança un regard cherchant à comprendre et Arthur rajouta : « nous sommes accroché à eux! » Le maître artilleur survola du regard la coque de la frégate anglaise pour y voir une éclaboussure être englouti à bord de la cale anglaise. Il écarquilla un œil et plissa l’autre en murmurant un « oh la la »… Si un d’eux coulait, il allait du même coup entraîner l’autre avec lui et aussi surprenant que cela puisse être, les anglais le comprirent aussi… La confusion à bord des navires était palpable et l’espace d’un instant, les hostilités furent suspendues. Arthur s’élança sur le pont pour y retrouver Bellec à la barre tentant de redresser le navire où le Capitaine Baert gisait à ses pieds dans une mare de sang.

- « Le Capitaine est mort. Quelles sont vos ordres Capitaine? »

- « Maintenez nous droit et envoyez vos hommes tenter de nous décrocher de là! » répondit Arthur qui réalisait à peine qu’il venait de tomber capitaine au cœur d’une furieuse bataille.

Le Capitaine Baert avait été atteint d’un tir provenant d’un mât adverse. La balle lui avait broyé la gorge et il s’était noyé dans son propre sang en quelques secondes. Il s’était alors écroulé sur la barre et le poids de son corps inerte retombant vers le sol avait fait partir en vrille la barre à tribord sans personne pour la stabiliser. Arthur n’avait que peu de temps pour mesurer l’état de la situation et déterminer la marche à suivre. Ses yeux constataient les dommages fait par l’ennemi tant sur le « Téméraire » et les quelques hommes qui reposaient sans vie sur le pont. Il y avait aussi cette deuxième frégate en approche qui représentait un danger éminent… Si la situation semblait perdue d’avance, Arthur avait tout de même un plan qui pourrait les sortir de là. Sans perdre un instant et profitant de cette pause dû à la confusion chez l’ennemi qui dressait un pavillon de détresse pour la deuxième frégate, Roberval retourna près de l’escalier menant au pont d’artillerie où Vauquelin, venant de descendre du mât principal, le retrouva.

- « Monsieur Bequel! Navire en approche à tribord! Concentrez-y le feu et empêchez-le de rejoindre la bataille! Je veux aussi une pièce sur le pont avec un boulet chaîné! » Vauquelin et Bequel regardèrent Arthur se demandant ce qu’il ferait bien d’un canon sur le pont.

- « Nous allons briser leur élan! » expliqua simplement le nouveau Capitaine.


- « Cela va prendre du temps Capitaine… » s’inquiéta l’artilleur.

- « Nous allons les occuper, faites vite! »


Arthur s’était tourné vers Vauquelin lorsqu’il parla d’occuper l’ennemi. Les deux hommes n’avaient pas besoin de faire de long discours pour comprendre comment ils allaient offrir à Bequel le temps nécessaire pour monter le canon sur le pont. Les hommes destinés à l’abordage y étaient toujours réunis et ils étaient tous fébriles à entrer à leur tour dans la bataille. « Combien sont-ils? » questionna Arthur à l’endroit de Vauquelin qui avait pu mesurer leur force du haut du mât. « Près du double… » répondit le loup de mer. Cela aurait pu décourager Arthur et les hommes présents mais Vauquelin avait cette manière bien particulière d’inspirer courage. Il dégaina son sabre et son visage s’illumina.

- « C’est quand vous êtes prêt Capitaine! »

- « Messieux, aux armes!! Suivez nous et restez groupé! » ordonna Arthur.

À la suite de Vauquelin et d’Arthur, les hommes se précipitèrent sur le pont armes à la main. Sur le pont adversaire, l’ennemi se rassemblait mais Arthur et ses hommes allaient les prendre de vitesse. Sans la moindre hésitation ils se lancèrent à l’abordage de la frégate anglaise poussant un rugissement aussi sauvage que primaire. La scène était d’autant plus surréaliste dû à la fumer provenant des canons du « Téméraire » qui tiraient sans relâche à tribord sur la deuxième frégate en approche. Vauquelin atterrit le premier jouant du sabre et de l’épaule pour se frayer un chemin au cœur des anglais se rassemblant pour faire face à leur charge. Si quelques matelots anglais tombèrent sous ses premiers coups, il en laissa derrière lui pour les courageux du « Téméraire ». Arthur bondit non loin de lui menant aussi la charge. Ses yeux imprimaient dans son esprit les différentes menaces mais surtout les officiers à abattre afin de répandre la confusion chez les anglais.  La rapière dans sa main droite balayait les coups destinés à le tuer et il ripostait avec un même désir. Il retenait le coup de son pistolet à sa main gauche. La balle si précieuse allait être offerte à celui ayant les galons nécessaire. Entre-temps, cette arme était pour lui tout aussi utile pour bloquer les frappes ennemis et s’en servir afin d’ouvrir la garde de l’homme devant lui pour suivre d’un trait mortel de la rapière. Le choc initial fût à l’avantage des français mais bientôt la pression se faisait ressentir. Arthur savait bien qu’il ne pourrait pas les vaincre d’un seul abordage mais ses hommes et lui se devaient d’au moins les affaiblir. Repérant un anglais distribuant les ordres avec autorité, Roberval en fit sa cible. Sa lame bloqua une frappe et porta les lames vers le ciel ouvrant suffisamment la garde pour que son poing fermé tenant son pistolet s’abattre sur le nez de l’homme devant lui. Les jambes molles dû à son nez qui venait de voler en éclats, Arthur le poussa d’une botte dans le ventre vers ses alliés se créant ainsi tout juste l’espace pour viser et faire feu. La balle suivi son chemin jusqu’au cœur de l’homme le laissant pour mort. Vauquelin de son côté rivalisait d’efficacité avec son Capitaine. Avec eux, les hommes du « Téméraire » avait créé une sacrée commotion sur le pont ennemi mais il commençait à être le temps de retraiter avant l’encerclement. Chaque seconde qui passait à présent augmentait de façon exponentielle leur péril.

- « On retraite!!! Repliez-vous!!! » hurlait Arthur à ses hommes.

Souhaitant en finir avec un dernier adversaire, le Capitaine s’appliqua à faire danser sa lame furieusement. Un compagnon de l’ennemi devant Arthur comprit qu’il ne ferait pas le poids. Il intercepta la première frappe du deuxième homme de sa rapière et abattit la crosse de son pistolet dans ses côtes. Les lames s’entrechoquèrent sur le premier et suivant un mouvement d’arc amena les pointes vers le sol. Celle d’Arthur s’avéra être la plus rapide à reprendre l’action en tranchant dans le muscle de la cuisse de son ennemi qui tomba à genoux. Son compagnon cru bien en ses chances d’en finir avec Roberval alors que sa lame plongeait avidement vers le cou de ce dernier. Dans un réflexe qui lui sauva la vie, Arthur leva son pistolet tout juste à temps pour faire dévier la lame qui lui ouvrit une plaie à l’épaule. Comme son premier adversaire, son pistolet toucha le pont anglais mais le Capitaine ne prit pas la peine de ralentir. Un coup droit de la rapière et l’homme à genoux trouva la mort. Le deuxième s’élança à son tour mais il n’allait pas avoir le dessus une deuxième fois de suite. La main gauche libre d’Arthur se saisi du poignet de son adversaire utilisant son momentum pour le tirer vers lui. Déséquilibré, il fit quelques pas rapides vers l’avant et le Capitaine se glissa derrière lui l’embrochant dans les côtes au passage. Piqué sur sa rapière et soutenu à l’épaule par la main gauche d’Arthur, le corps de l’homme lui offrit un bouclier contre des tirs jusqu’à la rampe de la frégate anglaise. Il se débarrassa de sa palissade humaine pour rebondir sur son navire s’abritant comme ses hommes contre la rampe du « Téméraire ». Le Capitaine dégaina son deuxième pistolet et abattu un anglais qui s’était lancé à leur poursuite. Ceux qui le suivirent eurent le même sort tombant sous les balles des hommes de Bellec et des apprentis de Vauquelin.  Ce dernier arriva finalement se mettant rapidement à couvert. Les deux hommes s’observèrent un instant inquiet par la quantité de sang qui mouillait leur chemise. Dans un geste similaire ils balayèrent l’inquiétude signifiant que ce n’était là que blessures superficielles et que la bonne majorité du sang présent ne venait pas d’eux.

Sur le pont du « Téméraire », la visibilité était devenue pratiquement nul dû à la fumée des canons. Arthur pouvait tout de même bien voir la pièce d’artillerie qu’il avait fait demander à Bequel. Un homme de ce dernier l’informa qu’un boulet chaîné avait été chargé et qu’il était prêt à tirer à son ordre. Vauquelin quant à lui distribuait les fusils planqués près des rampes pour la prochaine volée. Il y eu un deuxième interlude alors qu’un silence s’abattait sur les navires, le « Téméraire » n’ayant plus d’angle pour viser la deuxième frégate. Le Capitaine, Arthur présuma, du navire anglais l’interpella :

- « Tired of fighting you scum?! »

- “Here’s the Captain speaking! Surrender and we’ll spare your men!” répondit Arthur avec force et conviction. Le Capitaine Anglais ricana un coup avant de répondre alors que ses hommes se rassemblaient pour aborder le « Téméraire ».

- « My men aren’t afraid by rats like you! »

- “Trust me, they will be!


Arthur regarda l’artilleur qui comprit où il devait faire feu. Le devant du canon s’abaissa pour viser dans le tas d’hommes anglais qui se rassemblaient. Bien qu’il ne fût pas coutume d’utiliser une telle pratique, la situation l’exigeait si les hommes à bord du « Téméraire » espéraient survivre. Le Capitaine regarda une dernière fois Vauquelin qui hochait de la tête approuvant le geste avant de donner l’ordre qui allait le hanter pendant bien des nuits.

- « Dégagez, FEU!!! »

Le coup parti instantanément… Le boulet chaîné se déploya tout en tournoyant vers la masse d’anglais regroupés avant l’abordage. Il termina sa course brisant la rampe de l’autre côté puis tomba à la mer laissant derrière lui autant d’hommes morts que mutilés. Les cris d’horreurs et de douleurs des anglais étaient insupportables. Arthur força l’air de ses poumons à sortir pour poursuivre le combat malgré tout. Il ordonna à ses hommes armés de fusils de viser et pour la première fois, Roberval vit l’horreur qu’il venait de causer. Pendant une fraction de seconde, se gorge se serra si fort qu’il crut bien étouffer mais réussi tout de même à donner l’ordre de faire feu. Un rang d’hommes s’écroula sous les tirs et ceux qui tenaient encore debout étaient pour la plupart sous le choc. Encore plus nombreux qu’eux mais horrifiés, les anglais ne savaient plus s’ils devaient aider leurs compagnons ou poursuivre la bataille. La plupart d’entre eux n’entendirent même pas Arthur ordonner un nouvel abordage et quelques instants à peine plus tard, ils capitulaient devant le massacre. Le pavillon anglais fût abaissé et remplacer par celui aux couleurs de France. La deuxième frégate voyant cela choisi de retraiter abandonnant ses compagnons aux mains de l’équipage du « Téméraire ». Ces derniers n’étaient pas pour autant tirer d’affaire. Il restait encore à déprendre les navires et à arrêter l’eau de s’infiltrer dans la frégate anglaise. C’est Bellec qui prit le relais à partir de là. Arthur et Vauquelin étant conduits pour soigner leurs blessures. Bequel de son côté rassembla une petite équipe de « charpentiers » pour colmater les brèches. Lorsqu’Arthur revînt sur le pont avec un tout nouveau bandage à l’épaule, on l’informa que les navires seraient en mesure de rejoindre Saint-Malo sans trop de difficultés et que le niveau de l’eau présent dans la frégate anglaise était de près de soixante-dix centimètres mais stable… Bellec en prit la barre pour le trajet du retour et Arthur ramena le « Téméraire » avec un mât en moins.

Le trajet du retour se fit sans heurts. À bord on tentait de sauver le plus de marins autant français qu’anglais. Les équipages avaient payé le prix fort de cette bataille et malgré la victoire, Arthur n’était d’aucune humeur à festoyer. Il était devenu Capitaine dans des circonstances qu’il aurait préféré ne pas vivre. Aurait-il été plus sage de se rendre? Roberval n’était pas de ce genre et son équipage ne semblait pas remettre en cause les décisions qu’il avait dû prendre au cœur de la bataille. C’était là la première chose qu’il se devrait d’apprendre en tant que Capitaine, celle de vivre avec le poids de ses décisions et de ses conséquences. Il ramenait à Saint-Malo un « Téméraire » en mauvaise état ainsi qu’une frégate ayant aussi besoin de réparations… Il allait aussi apprendre ce que c’est de subir les foudres d’un armateur. Lorsque « Monsieur Mézac » se présenta au bout des quais, le visage rougeâtre menaçant d’exploser, Arthur comprit qu’il allait devoir fournir quelques explications…

- « Mais c’est quoi ce foutoir?! » hurla le charmant Mézac…

- « Ce sont deux navires demandant quelques soins tout simplement. »

- « Quelques soins?! On va devoir rebâtir le « Téméraire » et cette frégate?! Mais où est Baert?!»

- « Baert est mort. Le « Téméraire » était son navire et il en était Capitaine. Je suis le Capitaine du « Téméraire » et c’est mon navire. Je crois que l’on trouvera à s’arranger pour couvrir les réparations grâce à cette frégate anglaise non? »


Les deux navires allaient devoir séjourner en cale-sèche. Mézac s’occupa d’abord de la frégate qu’il rebaptisa puis il la confia à Bellec. Bien sûr, Arthur n’était pas satisfait de voir son équipage être divisé mais après tout, il ne pouvait rien dire ni faire. Son navire avait besoin d’un nouveau mât et c’est Mézac qui défrayait… Durant le temps que dura les réparations, Roberval s’en tenait à ses habitudes et resta subtil dans sa chambre d’auberge jusqu’à ce que le moment soit venu pour lui de reprendre la mer. L’armateur ne lui confia au début que des voyages sans intérêts. C’était la charmante façon à Mézac de démontrer que c’était lui qui tirait les ficelles et qu’Arthur et son équipage allaient devoir faire ses preuves avant de pouvoir espérer mieux. Ces voyages couvraient les dépenses et le temps perdus qui avaient servi à remettre en ordre de marche le « Téméraire ». Arthur gagnait peu mais au moins il était en mer avec Vauquelin comme second. Bellec de son côté goûtait à pareille médecine mais ils n’avaient que peu d’options. C’est à cette époque que Roberval commença à songer à s’affranchir de cet armateur. Pourquoi ne serait-il pas capable lui-même d’assurer ce rôle? Juste à Saint-Malo il y avait bien d’autres affréteurs qui seraient prêt à lui confier du travail à celui ayant un navire et les moyens de parcourir le monde. Arthur cultiva ce plan pendant qu’il établissait un réseau de contacts. Bientôt il eut des informateurs dans tous les ports où il avait l’habitude de séjourner. Ceux-ci lui permettait de connaître les différentes rumeurs, les bonnes affaires à dénicher et l’équipage du « Téméraire » parvînt alors à conclure quelques affaires en parallèle jusqu’à temps que le jour vienne de se séparer de Mézac. Le tout nous mena en 1660 et Arthur était sur le point de mettre son plan à exécution. Comme le hasard faisait bien les choses, Mézac le prit de vitesse et lui confia un autre de ces voyages ennuyeux.

Comment le Capitaine aurait-il pu se douter que ce voyage allait avoir autant d’impacts sur sa vie par la suite? Comment savoir qu’une personne rencontrée alors allait autant le hanter? Cette personne était Amy of Leeds, une anglaise qui plus est! C’était qu’un voyage banal. Amener la jeune femme en Amérique où elle serait mariée au Gouverneur de Philadelphie… Rien de plus simple si ce n’était d’endurer le pénible Plymouth qui était chargé de veiller sur elle. Sincèrement, Arthur détestait cet homme. Combien de fois au cours du voyage qui allait suivre avait-il pensé le faire passer par-dessus bord?  Il était exactement le genre d’homme qu’il méprisait. Plymouth noyait le manque d’intérêts de sa personne dans l’alcool. Il eut le mal de mer tout le long du voyage où il n’était pas complétement assommé par l’alcool. Lorsqu’enfin il parvenait à s’exprimer entre deux vomissements, c’était que pour se vanter ou bien tourmenter la pauvre demoiselle à bord. Cette manière qu’il avait eue de lui tapoter l’épaule comme s’ils étaient de grands compagnons… Arthur l’aurait embroché sur le champ… Il se contenta de prier qu’une haute vague l’emporte en chemin et lorsque Bequel vînt le trouver pour lui annoncer qu’ils étaient tous prêt à partir, Arthur pria pour que ce voyage soit le plus court possible. Bien sûr, Plymouth fût en tout point ce à quoi il s’attendait de lui. Sa surprise vînt de la demoiselle de Leeds. Elle avait d’abord passée les premiers jours du trajet bien enfermée dans sa cabine avant de se décider à en sortir en grandes pompes. Le petite demoiselle qui avait piqué le loup de mer de Vauquelin en plein où cela fait mal en lui suggérant un changement de cap devant une météo incertaine. Dans sa traditionnelle délicatesse, Vauquelin l’avait retourné sans ménagement à sa broderie n’en faisant qu’à sa tête. La demoiselle avait abouti dans les mains d’une gueule cassée de première à bord et Arthur avait dû intervenir pour qu’elle ne termine pas en offrande au marin. Une altercation et un changement cap donnant raison à la miss plus tard, Arthur pouvait enfin faire connaissance. Cette jeune femme était bien différente de celle qu’il se l’était imaginé. Intelligente et vif d’esprit, elle posait un tas de questions pour comprendre comment fonctionnait le navire et sa conduite. Ses manières élégantes, ayant pourtant une enfance loin du conte de fée, lui donnait une maturité et une aisance à la discussion. Ensemble, ils passèrent de longs moments à arpenter le navire parlant de tout et de rien. S’ouvrant parfois à l’autre mais toujours de bonnes compagnies. Dans ces moments, Arthur s’imaginait le gentilhomme qu’il aurait pu être et du côté de la demoiselle, la liberté qu’elle voyait en Arthur et qui aurait pu être sienne. Ils se donnaient rendez-vous lorsque le Capitaine était disponible durant les semaines que dura le voyage.

- « Avez-vous de la Famille Capitaine? » avait-elle osé demandée un soir. Arthur avait fait une pause dans leur promenade cherchant comment il pourrait détourner le sujet. Il était impossible de lui avouer qu’il était un « fugitif » en quelques sortes…

- « Ma Famille est celle qui se trouve à bord parmi nous chère demoiselle. »


C’était une réponse satisfaisante à ses yeux. Elle reconnue l’envie du Capitaine de ne pas étirer le sujet et rapidement la conversation dériva vers d’autres propos. Arthur ne pouvait savoir qu’elle le prendrait aux mots et que bien des années plus tard, cette réponse allait être la source de ses maux. Dans l’instant que dura ce voyage, il était permis de rêver… Chacun mesurant où ils en étaient dans leur vie et ce que l’avenir leur réservait. Pour la jeune femme, c’était une vie de devoir à accomplir à Philadelphie auprès d’un époux qu’elle ne connaissait point… Arthur quant à lui se voyait toujours à parcourir la mer mais seul… Terriblement seul depuis la mort de son seule vrai amour… De leurs échanges, naquit une amitié qui tissait ses liens plus rapidement qu’une araignée tisse sa toile. Amy il fallait le dire, était de ces femmes à faire rêver par leur beauté et au-delà de son apparence, Arthur trouvait en elle, pour la première fois depuis fort longtemps, une femme capable de le comprendre et d’admirer l’homme qu’il était. Le fait qu’elle soit anglaise ne semblait plus du tout un problème à présent, voir qu’une ironie à présent qu’elle chamboulait les battements de son cœur. Elle était son genre de femme mais elle ne lui était pas destinée. Même si l’idée le tourmentait, il ne pouvait s’engager à lui faire part de ses sentiments. Quelle aurait été sa réaction s’ils n’avaient pas été réciproques?! C’est pourtant elle qui franchi la première barrière. À l’heure de leur rendez-vous, il l’avait retrouvé troublé par une autre imbécilité de ce Plymouth. Arthur avait même dû être clair à son endroit de ne plus embêter la jeune demoiselle mais tous ces évènements avaient assombri le moment. Un coup de vent avait fait voler le voile recouvrant un tableau qui se tenait derrière Amy et Arthur l’aperçu en se retournant.  C’était une peinture représentant le « Téméraire » en ses moindres détails que le Capitaine reconnu immédiatement. Elle l’avait peint pour lui et ce cadeau était une marque claire de son affection pour Roberval. Simplement, le cœur n’y était pas après les frasques de Plymouth…

Ils étaient tous deux retournés à leur cabine et Arthur avait accroché le tableau dans la sienne. Il ne pouvait détourner ses yeux de celui-ci et ses pensées étaient troublées par Amy of Leeds. Ce présent était l’indice qu’il avait cherché en elle quant à ses sentiments. Il l’imaginait, sienne, avec un destin tout à fait différent. Pourquoi ne pourrait-il pas lui aussi goûter à ce bonheur? Il se leva maintes fois pour se diriger vers la porte de sa cabine pour aller la retrouver et tout lui avouer de ses sentiments. Seuls quelques principes et valeurs de gentilhomme le retenait et pour une des rares fois dans sa vie, Arthur semblait manqué de courage pour affronter ses craintes vis-à-vis de ses désirs. Comme elle n’avait cessé de le surprendre durant ce voyage, c’est elle qui était venu à lui… Elle s’offrait à lui et le Capitaine l’avait alors enveloppé de ses bras puissants pour qu’à jamais elle soit protégée et s’y sente en sécurité. Leurs baisés étaient le reflet de l’explosion de leur passion. Ils déchiraient toutes traces de raison pour s’abandonner en cet instant l’un à l’autre. Le destin se chargea bien vite de les rappeler à l’ordre. Arthur cru vraiment, alors qu’on appelait d’urgence sur le pont pour faire face à une tempête, qu’il n’aurait jamais droit au bonheur de l’amour et que c’était là la juste conséquence de ses actions en mer. Le rêve était si doux mais le réveil fût bien amer dans la bouche de Roberval. Il la quitta, oh combien désolé, il maudissait ciel et mer de s’acharner ainsi sur lui mais remonta tout de même sur le pont pour reprendre la barre. Sa lutte contre la tempête dura trois jours. Quelques braves comme Vauquelin et Bequel venaient le seconder mais Arthur resta là, seul contre les éléments. C’est bien là qu’il était, seul au cœur de la tempête que représentait son existence. Il se devait de combattre le tumulte pour espérer un jour trouver des eaux calmes. On le félicita d’avoir su ramener le « Téméraire » à bon port et les au revoir avec Amy se firent avec dignité… Ils avaient des airs d’adieux le laissant seul sur le pont de son navire.

Arthur resta très silencieux lors du voyage de retour. Ses pensées étaient tournées vers ce qui aurait pu être. Amy of Leeds occupait son esprit et la vision de la toile du « Téméraire » demeurait un témoin réel de ce bref moment de passion. Une chose est sûre, c’était une forte bourse qui attendait Roberval une fois rentrée. Cet imbécile de Plymouth ayant fait les arrangements probablement avant le départ. Depuis le temps que le Capitaine du « Téméraire » caressait l’envie de rompre son partenariat avec l’armateur Mézac, cette somme d’argent qu’il venait de toucher lui offrait maintenant assez de liquidités pour se le permettre. Arthur avait les contacts et il était prêt à passer à autre chose surtout après s’être permis de rêver à une vie différente. Le hasard semblait s’acharner à contrer son bonheur mais cette fois, Arthur voulait le prendre en main propre. Peu de temps après lui, son fidèle ami Bellec avait accosté lui-aussi à Saint-Malo. La rencontre entre les deux hommes fût brève et l’entente était au rendez-vous. Durant toute la nuit suivante, l’équipage du « Téméraire » ne trouva aucun repos. Tous étaient occupés à œuvrer sur le navire à quai et dans la plus grande discrétion. Des charrettes remontaient le quai apportant de nouvelles pièces d’artilleries, des vivres et autres nécessaires à un voyage en mer. Une cargaison fût montée à bord provenant d’un nouvel affréteur et au petit-matin ils étaient déjà partis. Lorsque Mézac se réveilla, il trouva ses pièces d’artilleries empilées au bout du quai et le « Téméraire », Bellec et Arthur, volatilisés. Ils passèrent ainsi une année à vivre sous leur propre gouverne. À voyager et combattre pour leur propre chef. Il y avait toujours cette crainte de retourner en France qui était présente tant par la famille d’Arthur que par ce Mézac dont on ne pouvait deviner les frasques. Une année passée sans remettre les pieds à Saint-Malo et à prendre des quartiers dans les îles des Caraïbes dans des ports peu fréquentables.

L’opportunité d’une nouvelle vie se présenta d’elle-même. Un coup si grand qu’il imposerait le respect et l’admiration de tous ceux qui en auraient vent. Alors que le « Téméraire » était accosté depuis quelques jours laissant une forte tempête tropicale passée, l’équipage avait envahis les différentes auberges, tavernes et bordels. Arthur avait trouvé compagnie auprès d’une prostituée qu’il connaissait bien et qui avait un don particulier pour tendre l’oreille aux rumeurs. Elle était blonde, des formes généreuses et une fine taille… Des airs sophistiqués et un sourire mi-moqueur mi-racoleur. En fait, c’était une pâle copie de la mademoiselle de Leeds mais Roberval s’y contentait… Ce dernier était assied derrière un petit pupitre et semblait perdu dans ses pensées. L’humeur n’était pas au batifolage… Bientôt, les vents se calmeraient et il pourrait reprendre la mer mais en attendant, il déprimait à terre… La blonde tenta bien de raviver son humeur par quelques tours séduisants mais l’intérêt était ailleurs. Alors elle piqua sa curiosité afin de raviver cette flamme dans les yeux du Capitaine qui en faisait un client si spécial.  

- « Il y a une rumeur qui court en ville… » lança t’elle tout en servant à boire.

- « Tu sais combien j’aime les rumeurs… » répliqua Arthur avec peu d’intérêts mouillant ses lèvres dans son verre.

- « Tu n’aimes que l’or je le sais bien! » elle s’approcha de lui posant ses seins sous son menton et son regard dans le siens. Elle agrippa les appuie-bras de sa chaise et lui sourit avant de poursuivre. « Cette rumeur parle d’or, de beaucoup d’or! » Elle lui caressa la joue et le délaissa balançant des hanches jusqu’au pied du lit emportant avec elle l’intérêt naissant d’Arthur.

- « Alors dis-moi… J’aime les rumeurs qui parlent d’or mais j’aime aussi savoir en quoi elle me concerne. »

- « Un client espagnol est venu me voir hier… » Arthur roula les yeux en l’air par réflexe marquant sa désillusion d’être exclusif. « … et comme toi il avait une mine affreuse. Mais bon, tu sais que quand tu fais un effort tu es plutôt mignon. » Il lui renvoya un sourire des plus sarcastiques et se reprit une gorgée alors qu’elle se rapprochait de lui. « Le pauvre homme était triste pour ses compagnons… Il croit qu’ils ont péri durant la tempête au large d’ici… »

- « En quoi cela concerne l’or?! » le Capitaine s’impatientait mais la blonde n’avait pas fini son petit jeu à ses dépens. Elle posa les mains sur ses épaules les faisant glisser sur les bras puissants de Roberval.

- « Il devait y avoir deux navire de lignes espagnols aussi fort que ces bras à rejoindre le port… À quoi bon de si gros navires si ce n’est pas pour s’en servir? » Elle fit une petite moue déçue en référence au manque d’enthousiasme d’Arthur à lui tenir compagnie. Il lui prit alors les hanches dans l’étau de ses mains et la fixa droit dans les yeux.

- « À quoi bon deux navires donc? »

- « Deux navires quittant l’Espagne… » elle glissa ses mains sur son torse, « … pour venir escorter un galion en partance du Venezuela chargé d’une cargaison très... » elle lui ramassa l’entre-jambe d’une main, « … précieuse! Tu comprends? » Arthur en perdit un instant le souffle alors que son esprit s’emballait… Des gros navires, de gros seins, de grosses cargaisons, d’or, de sexe et de sang, du coup il était excité pour la peine…

- « Hum… Donc il y aurait un de ces deux gros… navires qui aurait coulé? » questionna Arthur alors qu’elle le quittait à nouveau pour s’étendre sur le  lit de la chambre.

- « Voilà… On n’envoie pas deux navires de ligne pour une faible récompense non? Ce galion je le comprends… Il doit se sentir bien seul à présent… Allons Capitaine, il n’y a que vous ici qui soit assez digne de le conquérir!» elle releva légèrement sa robe de manière à exposer sa cuisse à Roberval qui, s’approchant, la saisie de sa main. Il s’allongea au-dessus d’elle pour l’embrasser fougueusement. La lèvre inférieure de la blonde entre ses dents, le Capitaine connaissait à présent l’objet de son désir : un galion espagnol bourré d’or! Il s’adonna avec elle avec passion mais la quitta avec empressement alors qu’un plan d’attaque se formait dans sa tête. Le « Téméraire » allait reprendre la mer en premier et se lancerait à la poursuite des espagnols avant même qu’ils ne quittent le port. Leur itinéraire était clair et avec un peu de chance Arthur rejoindrait leur cap sans trop de retard. En ville, il avait fait rameuter tout l’équipage, avait ordonné que l’on achète des voiles supplémentaires malgré le regard intrigué de ses hommes et que l’on se prépare à quitter le port aux premières heures du jour. Arthur prit lui-même la barre lors des premières heures du voyage alors que les vents étaient encore forts puissants malgré la tempête qui s’essoufflait. Se fût qu’une fois au large et lorsque le ciel c’était enfin dégagé qu’il expliqua la nature de leur voyage à ses trois fidèles amis. Bellec, se pencha sur les cartes de la région traçant les routes possibles offrant les meilleurs vents et courant marins. Il se devait d’estimer leur position en prenant en compte un paquet de paramètres mais Bellec n’en était pas non plus à sa première course-poursuite! Bequel s’était assuré que sous le pont, tout soit en état de combattre passant en revue l’artillerie, les fusils et les lames.  Vauquelin avait fait monter les nouvelles voiles roulées au haut des mâts attendant leur heure pour s’exposer fièrement aux vents. Le quatuor était en mission et chacun remplissait son rôle à merveille. À ce moment, Arthur savait que si ce coup était possible, ce ne serait qu’avec cet équipage qu’il pourrait l’accomplir!

Quelques jours plus tard, la fortune semblait leur sourire. Un cri du haut de la vigie appelait au navire droit devant légèrement à tribord. Arthur regarda ses proches amis avec une lueur qui s’allumait dans ses yeux. Il monta les cordages pour rejoindre le mousse à la vigie et lui prit la longue-vue des mains. Ce n’était pratiquement qu’une ombre sur la ligne d’horizon et il n’y avait aucune trace d’un deuxième navire. D’une façon qu’il ne pouvait expliquer, il était pratiquement convaincu que c’était la cible recherchée… Cela ne pouvait qu’être eux! Il ordonna que l’on maintienne le cap à leur poursuite alors qu’il ne pouvait détacher ses yeux de cet espoir. Il resta là durant des heures à le fixer sans avoir la certitude que c’était l’objet de leur désir à l’horizon et ce n’est que lorsque le soleil tournait à l’ouest pour la nuit qu’il se résolue à descendre du perchoir. Vauquelin prit la barre pour une grande partie de la nuit tenant le cap et Arthur prit congé dans sa cabine. Il tenta bien de se reposer un peu mais il était agité par la perspective d’avoir repéré le galion espagnol. Il fermait les yeux en vain puis fixait le tableau du « Téméraire » se demandant s’il aurait un jour la chance de lui exposer le trésor qu’il allait conquérir… Il avait tout de même réussi à dormir un peu mais se fût une nuit bien agitée. Dès les premières lueurs du jour, il se devait de monter sur le pont afin de voir de ses yeux s’ils s’étaient rapprochés tel qu’escompter. Le navire de la veille était bien là. Le « Téméraire » naviguait droit dans son sillage. Bellec avait fait changer l’étendard durant la nuit et Arthur grimaça de voir les couleurs de l’Espagne au sommet du mât principal. Il monta une fois de plus à la vigie et pût pour la première fois estimer la grosseur du navire devant. C’était loin d’être qu’un vulgaire bateau de marchands. Devant-lui, naviguait un réel navire de guerre et à en juger par la hauteur du gaillard arrière, il était armé sur plusieurs pont. Il y avait des chances qu’effectivement se soit le navire de ligne que la blonde lui avait décrit. Il fallut attendre pratiquement vers midi avant que l’équipage du « Téméraire » puisse identifier l’étendard espagnol sur le navire devant eux. Cela ne pouvait pas être une coïncidence! Devant ce navire, il devait forcément y avoir le galion chargé d’or! Cela redonna confiance en tout l’équipage et toutes les voiles étaient déployées pour cette chasse. En milieu d’après-midi, Arthur comptait user de ruse pour ne pas alerter le navire devant lui. Profitant d’un courant et de vents favorables à sa manœuvre, il changea de cap afin de gagner en vitesse. Roberval modifiait sa trajectoire de quelques degrés seulement afin de corriger la gîte du navire et trouver le compromit idéal entre le cap et la vitesse. Enfin, quand le vent tourna dans la direction escomptée, ils purent naviguer avec une forte poussée arrière redressant le cap droit sur leur cible pendant la nuit. Cette nuit fût semblable à la précédente. Peu de repos pour le quatuor habituel et des rêves bercés d’or et de batailles.

- « Capitaine! Capitaine!! Venez vite! »

C’est ainsi qu’on l’avait réveillé, l’appelant à se rendre sur le pont. Devant eux, ce même navire de plus en plus gros à mesure qu’ils coupaient la distance. Arthur regarda avec une certaine interrogation dans les yeux le matelot qui était venu le chercher. Bien que beaucoup plus près, cette perspective n’apportait rien de nouveau. Ce dernier l’invita à regarder de nouveau et cette fois, dans le roulis d’une vague, une deuxième série de mâts se dressait fièrement sur l’océan. C’était les mâts d’un grand galion espagnol avec une coque bien enfoncée dans les flots marins gardienne des trésors qu’elle contenait. C’était exactement pour ce navire qu’ils avaient repris la mer à la hâte pour se lancer dans cette chasse. Maintenant la proie était bien en vue!

- « Salutations ma beauté… » murmura Arthur alors qu’un sourire fébrile s’étira sur ses lèvres.

De par sa longue vue, Roberval voyait le Capitaine du navire de ligne qui regardait en sa direction. Arthur se tenait fièrement au pied du mât de beaupré laissant les vents le fouetter alors qu’il se retenait par le câblage de la voile de foc. Il leva un bras en direction du navire devant lui pour le pointer du doigt. Une façon d’autant plus claire de leur dire qu’il venait pour eux alors que l’étendard français trouvait sa juste place au sommet du mât principal du « Téméraire ». Ils avaient peu de temps avant d’être confronté à un nouveau combat. D’ici à ce que le soleil en soit à son zénith, les canons tonneraient, les armes seraient brandies et le destin de plusieurs hommes se joueraient. Comme à l’habitude, ces derniers désertèrent le pont afin de dissimuler leur nombre. Seules les personnes indispensables demeuraient sur le pont pour conduire le navire vers son objectif. Il était temps pour Roberval de mettre son plan à l’épreuve et souhaiter que celui-ci soit à la hauteur de ses espérances. Devant eux, le capitaine du navire espagnol avait lui aussi un plan d’attaque en tête. Il se détacha de la ligne de course à tribord s’écartant pour offrir une pleine vue sur le galion devant lui. Le « Téméraire » ne dévia pas de sa trajectoire voguant droit devant à pleine vitesse tout en observant la manœuvre adverse. L’exécution à bord du navire ennemi semblait parfaite alors que ce colosse tournait cette fois vers bâbord. La manœuvre lui avait permis de se donner l’angle nécessaire pour enligner ses canons sur les différends pont avec le « Téméraire ». Arthur savait que dans un affrontement direct, il ne ferait pas le poids. Le vaisseau espagnol était décidé à lui faire barrage et ce n’était pas le coup de semonce balancé par Bequel qui les découragea. Roberval ordonna que l’on modifie le cap de quelques degrés à bâbord pour tenter de les prendre de vitesse. Arthur croyait, ou voulait le laisser-croire, qu’il était possible de leur passer tout juste sous le nez en évitant de se positionner en parallèle où ils auraient été vulnérables aux tirs du puissant espagnol. Ce dernier resserra l’angle de manière à empêcher le passage perdant au passage un peu de portance dans ses voiles.

- « Capitaine, je ne voudrais pas vous remettre en doute mais nous ne passerons jamais devant eux à cette vitesse… »

- « Faites-moi confiance monsieur Bellec! Je ne veux pas passer devant, mais derrière eux! Que Bequel retienne ses artilleurs. Notre seul objectif est le gouvernail de ce fichu monstre!»


Quelques instants plus tard, les navires étaient sur le point d’être à porter de tirs pendant que le galion espagnol contenant le trésor poursuivait sa fuite. Il était aussi maintenant clair que si rien n’était modifié, les deux navires de combats allaient tout droit vers une collision. Arthur ordonna à Vauquelin de se tenir prêt à déployer les nouvelles voiles dès qu’ils seraient passés ainsi qu’à tout l’équipage de s’accrocher comme ils le pouvaient. Tout était une question de timing… Pour se faire, ils devaient survivre à une volée du puissant navire espagnol, changer de cap pour éviter la collision et réussir le passage à l’arrière. Si près, Arthur entendait le Capitaine espagnol hurler ses ordres alors que ses canons pointaient le bout de leur nez dans leur sabord. À la barre de leur propre bateau, Roberval pouvait déduire dans le flot de paroles espagnoles de son homologue un truc du genre : « ce Capitaine est totalement fou! » Arthur quant à lui souriait… Il était prêt à démontrer l’étendue de son courage téméraire et ce qu’il était capable de faire en pareil situation. L’espagnol se redressa légèrement pour se positionner en parallèle pour un tir alors que les navires voguaient à pleine vitesse. À cet instant, Bellec pensa qu’ils ne passeraient jamais! Arthur expédia la barre en vrille vers la droite et le « Téméraire » en grinça de toutes ses planches en signe de protestation. Il se mit à tanguer fortement sur la gauche et sous l’effet du virage brusque, la petite frégate se cambra comme un fier étalon pendant qu’elle pivotait pratiquement sur elle-même. L’instant d’après il y eu un tonnerre assourdissant alors que le navire de ligne déchainait sur eux sa puissance de feu. La pointe du mât de beaupré du « Téméraire » n’était qu’à quelques mètres de la coque de son ennemi et en cette position perpendiculaire, bons nombres des boulets de canons tirés vers eux sifflèrent de chaque côté sans les atteindre. Dans leur tentative de les arrêter, les espagnols avaient choisi de viser dans les voiles et les boulets qui étaient vis-à-vis eux firent leur œuvre.  De sa position, Arthur n’avait aucune difficulté à entrevoir le ciel bleu par les trous laissés dans ses voiles. Sous la pression du vent qui venait gorger les voiles, on pouvait entendre ces dernières se déchirer comme la chemise d’un amant fiévreux de désirs. La coque était parvenue à faire dévier bons nombres de tirs mais certains avaient terminés leur course à l’intérieur dans un grand fracas de planches. Dans son élan, le « Téméraire » était parvenu à se retourner tout de même et Bequel tel qu’ordonné, parvînt à retenir ses hommes d’offrir une riposte maintenant qu’ils étaient enlignés. Des mâts, les tirs pleuvaient mais Vauquelin et les siens devaient à leur tour remplir leur mission. Les nouvelles voiles se déployèrent par-dessus les voiles endommagées envoyant les poulies du gréement voler en l’air et se tendre sous la force du vent. La riposte se fit entendre à la cadence de leur vitesse chaque fois qu’une pièce d’artillerie passait devant le gouvernail ennemi. À la fin du passage, ce dernier avait été réduit en lambeaux et le « Téméraire » poursuivait sa route en s’écartant à tribord sans possibilités pour le navire de ligne espagnol de les rattraper.

Quelques heures plus tard de poursuite, de trous de coque réparés et de blessures pansées, le « Téméraire » semonçait le galion espagnol. Bien qu’il ne se rendit pas sur-le-champ par orgueil, se fût qu’une question de temps après que Vauquelin et Arthur aient touché le pont lors de l’abordage pour qu’il capitule se sachant vaincu. On épargna les hommes car là n’était pas le but de leur expédition… Cette catin qui avait mis Arthur sur la touche n’aurait pu imaginer ce que ce dernier allait trouver comme trésor dans les cales du galion. Le trésor était destiné nuls doutes au Roi d’Espagne mais c’est vers le Roi-Soleil que le Capitaine du « Téméraire » espérait le présenter; du moins en partie... À son retour en sol français, Arthur amena plusieurs coffres chargés d’or et de pierres précieuses jusqu’à la cours de Louis XIV. On le reçu, on écouta sa demande et on considéra son offre… La liberté contre le trésor tout simplement. Le Roi, ne se contenta pas seulement de lui accorder sa demande, voyant en Roberval tout le potentiel de cet homme, il l’anoblie baron du même nom. C’était un retour à la liberté couvert de gloire et d’or plein les poches! Tout Paris avait entendu parler de cette histoire et enfin, Arthur savourait un répit glorieux bien mérité. Il retrouva son vieil ami Rohan dans la foulée. Un breton tout comme lui et un homme au tempérament similaire. Un homme qui lui rappelait de bons souvenirs de sa jeunesse où la galanterie de l’homme l’avait rapproché de sa sœur dont il n’avait plus de nouvelles depuis des années. C’était une heureuse rencontre et Arthur accepta sur le champ de prêter une forte somme à son ami pour l’aider se promettant de se revoir dès son retour. Car le Baron n’eut pas à attendre longtemps avant que le Roi souhaite rentabiliser son « investissement » en la personne d’Arthur. Les missions s’enchaînèrent toujours portées par le Roi lui laissant peu de répits. Lors de ses retours, il pouvait apprendre par brides les dernières nouvelles de la Capitale ou ce qui faisait la manchette à Versailles, ce lieu qui lui semblait si étranger. C’est par une de ces occasions qu’il entendit parler de nouveau de la jeune miss Leeds…  Ne s’étend pas contenté de revenir en France sans même lui en dire un mot, elle était devenue par on ne sait quel moyen, la Favorite du Roi! Le Baron de Roberval eu bien du mal à digérer la nouvelle et c’est dans une taverne parisienne, devant un verre, qu’il tourna et retourna la question dans sa tête… De pensée que le tableau du « Téméraire » allait l’attendre comme toujours dans sa cabine lors de son prochain voyage lui laissa soudainement un goût amer dans la bouche… Simplement de savoir qu’il reprendrait la mer à bord de ce navire ne semblait plus lui plaire… C’était un vent de changement qui le portait à présent… L’esprit brumeux mais raisonné, il se mit en tête de changer de navire et tirer un trait sur le passé alors qu’il quittait la taverne.

À peine avait-il fait quelques pas en direction de son nouvel hôtel particulier, qu’il remarqua une scène qui lui était plutôt familière à bord des navires. Trois hommes s’en prenant à un autre plus faible et vulnérable. Le type semblait noble ou du moins fortuné par ses habits et il était clair qu’il ne ressortirait jamais de cette ruelle en vie sans un fort coup de chance. Coup de chance ou intervention du Baron? Voilà qui était similaire en cette occasion. Arthur se présenta à l’embouchure de la ruelle et dégaina sa rapière et interpella les hommes. Ils rapportèrent leur attention vers lui tout en exposant leur lame prêts à faire face à la menace qu’il représentait. Entre les insultes et les jurons, ils informèrent le baron qu’il commentait une grave erreur de se mêler de ce qui ne le regardait pas. Savaient-ils seulement à qui ils s’adressaient?! Ils s’avancèrent tous vers Arthur qui dégainant de sa main gauche un pistolet, pétrifia sur place l’homme sur sa gauche au bout de son canon. Deux frappes rapides et une habile torsion du poignet et Arthur venait d’entailler le bras de son premier agresseur lui faisant perdre son arme. Le deuxième s’élança à son tour pour connaître un sort similaire s’écroulant au sol suite à une entaille à la cuisse… Roberval pointa sa lame au côté de son pistolet vers le troisième et inclina la tête en signe de défi.

- « J’ai eu un bras. J’ai eu une jambe… Pourquoi pas une tête?! » menaça le Corsaire.

L’homme ne chercha pas à répondre et ses acolytes et lui prirent la fuite laissant Arthur et la victime inconnue seuls dans la ruelle. Ce dernier avait repris ses esprits et regardait le baron avec une certaine admiration ou du moins, avec gratitude pour l’avoir sorti des griffes de ces hommes.

- « Vous avez eu de la chance aujourd’hui! Je ne serai pas derrière votre maigre carrure pour vous sauver la vie à chaque coin de rue! » avait dit Arthur avec une certaine pointe de dédain pour cet homme. La réponse de ce dernier l’avait pourtant surprit.

- « Apprenez-moi! »

- « Pardon?! Vous apprendre les armes?! »

- « J’ai de quoi payer… Je suis Luigi Colonna, Prince di Paliano… »

Et comme pour accentuer son point, le Prince lui balança une bourse bien fournie. Arthur l’attrapa au vol et en tira les lacets de deux doigts pour en examiner le contenu… « Pourquoi pas » se dit-il… N’avait-il pas un nouveau navire à financer?! Les deux hommes se donnèrent rendez-vous tous les jours avant le départ prochain d’Arthur. Il fallait l’avouer, le baron n’aurait jamais parié sur le potentiel de son élève mais ce dernier faisait de réels progrès! Ces progrès aidant, une réelle amitié se forgea entre eux. Bien sûr, Arthur demeurait méfiant… Qui était cet homme au fond et qu’avait-il donc à cacher sous ces airs efféminés?! Il n’eut pas beaucoup de temps pour retourner la question dans sa tête… Déjà, le Roi lui confiait une importante mission en destination du Siam… Par un vrai coup de chance, il put mettre la touche finale à son projet de nouveau navire en feuilletant son courrier qu’il avait d’abord négligé. Un négociant de vin l’avait approché pour des alcools rares et nouveaux? Arthur avait bien encore quelques produits fins capables de répondre à une demande immédiate et ce voyage vers le Siam n’était-il pas l’occasion d’en ramener plein les cales?  Le pauvre Julien de Saint-Bel apprit rapidement que les arguments du corsaire étaient tout aussi tranchants que le fil de sa rapière! 60/40 des recettes pour le Capitaine payable en partie dès lors. D’aucunes manières Arthur comptait faire de cet homme son ami mais tant qu’il aurait les moyens de payer, ils pourraient sans aucun doute faire des affaires!

C’est ainsi, qu’avec de nouveaux partenaires d’affaires, une délégation diplomatique à bord, qu’il quitta la France à bord d’un nouveau navire en direction du Siam. « L’Orientale » semblait un nom parfaitement désigné par cette affaire et c’est ainsi que l’on apprendrait bien assez tôt à le reconnaître ainsi que son Capitaine. Le voyage connu un fort succès et il permit au Baron de conclure de bonnes affaires l’enrichissant un peu plus encore. S’il avait espéré à son retour jouir un peu des fruits de ses voyages, c’est la guerre contre la Lorraine qui le rattrapa cette fois.  Corsaire engagé au sein de la flotte française, il participa à l’élaboration des plans de batailles mais surtout, il fût crédité de la Bataille des Trois-Jours où la capture du « Great Charity » venait rajouter à sa renommée. À son retour à la Capitale, il était pris d’assaut par divers courriers ou de gens souhaitant le rencontrer dans de petits salons mondains… Très son genre d’ailleurs… Parmi eux, Henri d’Angoulême qu’il avait déjà croisé plus tôt et qui l’avait endormi par ses visions de la future flotte française… À cette époque, la question semblait bien loin des préoccupations d’Arthur. C’est après avoir fait le face à face avec l’impressionnante flotte ennemi au large de Dunkerque que sa vision avait évolué… Comme il s’était senti vulnérable face à cette muraille de navires! Henri lui parlait de rejoindre la marine royale et d’ainsi pouvoir contribuer à son essor et Arthur pensa… C’était l’occasion pour lui d’avoir sa juste porte d’entrée à Versailles. D’enfin savourer sa gloire et qui sait, de revoir Amy of Leeds? Chose dite, chose faite, le Roi l’avait nommé Intendant de la Marine en Bretagne et il pouvait désormais être reconnu à sa juste valeur. Rapidement, il comprit qu’il n’était pas tout à fait de ce monde… En fait, il savait bien que parmi cette masse de gens tous plus beaux les uns que les autres, qu’il était au fond qu’un marin déguisé en gentilhomme. Parmi les courtisans et les hauts nobles de ce royaume, peu avait vécu une vie similaire à la sienne. Peu devait vivre avec autant de sang sur les mains et contrairement à eux, son éducation n’avait pas eu pour seul but de faire une entrée remarqué à la cour. On le jugeait sans le connaître mais surtout, Arthur intriguait. Solitaire, renfermé et peu enclin aux ragots… Il s’y sentait épié comme si chacun se demandait comment ce baron fortuné pouvait leur être utile. Pour lui, Versailles était l’endroit pour vivre heureux et avec les honneurs mais il semblait bien être le seul là-bas à poursuivre cet objectif si modeste. Il y avait par contre bien une personne qui de par son attitude sortait du lot. La petite pouvait se vanter d’avoir un titre de comtesse qui la précédait en plus d’une beauté qui ne pouvait laisser un homme indifférent. Constance de Prie l’avait d’abord abordé pour louanger ses faits-d’ armes, souligner son courage et admirer la témérité de l’ancien corsaire. Homme dans le plus pur sens du terme, Arthur ne pouvait que sourire et être intrigué par cette espèce de groupie qui se présentait à lui. D’autant plus, elle lui offrait un peu de compagnie et une personne avec qui échanger parmi cette cour qu’il ne connaissait pas. La flatterie se changea en mots voilés, charmant et charmeuse la Comtesse… Il fallait bien le dire, depuis son retour à la cour, Arthur n’avait qu’entrevu Amy et que de loin. Il devait absolument tourner la page sur cette histoire chose qu’il avait fait en grande partie. Néanmoins, l’humeur de Roberval n’était pas pour autant celui de se jeter sous les draps de la première mignonne à croiser son chemin. Ainsi, l’insistance de la Comtesse d’Arcises était pratiquement contre nature. Quant au Baron, comment peut-on refuser un entretient avec une si jolie femme? Les fois où il se voyait à Versailles rendait le séjour beaucoup plus agréable et c’était au final une bonne chose, peu importe les intentions nébuleuses de la Comtesse.



Dernière édition par Arthur de Roberval le 28.12.15 17:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   30.11.15 13:34

Bonjour et bienvenue sur ATV Tutur ! Pom Pom

Comme je te disais la dernière fois sur la CB, si tu as la moindre question surtout n'hésite pas à nous contacter par mp ou via le flood des nouveaux comme tu l'as fait pour ton avatar. I love you

Ne t'inquiètes pas si pour l'instant personne d'autre que moi ne vient t'accueillir, c'est juste pour une bonne organisation des fiches. Une fois ta validation faite, nos petits membres viendront te faire coucou.  sunny

Bonne inspiration pour la rédaction de ta fiche !

A très vite !  sunny

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   19.12.15 0:38

Bonsoir Arthur ! Smile

Comme ça fait presque 1 mois que tu t'es inscrit et que ça fait une vingtaine de jours que tu as posté ta fiche sans qu'elle ne soit avancée, je viens aux nouvelles.  Smile

Est-ce que tu rencontres des difficultés ? As tu besoin d'un délai supplémentaire pour la terminer ? ^^ N'hésite pas à nous demander.  Clin d'Oeil

En revanche, si malheureusement nous n'avons pas de nouvelles de ta part sous 10 jours, nous devrons supprimer ton compte.  Désolé de Lisa Ça serait dommage.  Désolé de Lisa

A très vite, nous l'espérons. ^^

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   19.12.15 4:43

Hello!

Un délais, alors ça oui!

Mais mine de rien je suis bien présent. Je passe plusieurs fois par jours voir et suivre ce qui se passe.

Pour ce qui est de ma fiche, elle va bien! Elle avance mais comme j'expliquais, c'est un vrai romain... Je vous jure que j'étais plein de volontés de faire ça bref et touchant mais je ne sais trop ce qui c'est passé... J'ai perdu le contrôle et maintenant j'ai créé un monstre!

Niveau difficultés ça va aussi. Du fait qu'Arthur est marin, ça m'a demandé beaucoup de recherche quant aux termes nautiques et la conduite de navire ou bien les techniques de combats naval etc... Donc j'ai suivi une formation 101 question d'être cohérent. J'ai aussi composé en fonction qu'Arthur a déjà été joué. Donc sans trop rentrer dans les détails de ce qui a été fait avant, j'en ai tenu compte ainsi que des rp passés.

En gros, je veux bien intégrer mes liens dans ma fiche. Donc ça l'achève et de manière optimiste j'essaie de vous livrer le pavé pour noël. Simplement, dans la vie étant donné que je travail en restauration, je vous laisse imaginer mes semaines c'est jours-ci... On se fait un peu malmener en affichant complet et en ouvrant des jours où normalement on est fermé... Ah et dernier point, on dirait que j'ai tellement peur de livrer une fiche qui ne soit pas à la hauteur de votre niveau que du coup, j'y porte attention et je la cajole...

Donc voilà! Si délais est possible, je le prendrai avec plaisir car je crois avoir une bien belle histoire à vous faire lire!
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   19.12.15 13:46

Recoucou ! Smile

Nous voyons bien que tu es présent, sur ça il n'y a pas de problèmes, c'est juste que comme nous n'avions pas de nouvelles sur l'avancement de ta fiche, nous voulions en avoir. ^^ Merci de nous avoir répondu. Pas de soucis non plus sur le roman. Beaucoup en ont fait ici. Green

De combien de temps penses tu avoir besoin pour terminer ? Smile


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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   19.12.15 14:31

Comme je disais, mon objectif c'est de vous faire un cadeau de noël:D

Disons une dizaine de jours environ mais je vais forcé pour finir ça dans 2-3 .
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   19.12.15 14:48

Pas de problèmes, nous te mettons donc un délai jusqu'au 29. Smile

Ça sera un chouette cadeau de Noël et si tu postes un peu après c'est pas grave, ça sera pour le jour de l'An. **

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   28.12.15 17:56


Épilogue



S’il avait été nommé Intendant de la Marine en Bretagne, c’était en parti parce qu’Arthur connaissait bien la sombre nature des hommes… Il avait compris que derrière toute façade se cache bien souvent de sombres désirs. Chacun aspire à quelque chose et nombreux sont les moyens d’y parvenir. S’il avait osé croire que Versailles serait pour lui une échappatoire, il avait dû se rendre à l’évidence que les choses ici n’étaient pas si différentes voir même pires! La Cour était d’une sorte d’avarice qu’il connaissait très mal! En mer, lorsque l’on désir le butin de la gloire, on expose fièrement son pavillon, on leur balance un boulet de semonce avec un extra de poudre pour l’éclat et on tire ses lames! À Versailles, l’éclat ne servait qu’à masquer les sombres manipulations à l’ombre… Ragots et complots semblaient bien être le quotidien et Arthur l’apprit de la plus cruelle des façons : sa sœur venait d’être arrêté puis conduit à la Bastille pour un crime de lèse-majesté. La mort attendait sa proche parente qu’il avait abandonnée bien des années plus tôt. Avait-il encore une carte à jouer? Emplit de remords, il devait la tenter.

« Ma Dame, le Baron de Roberval est ici et demande un entretient » Voilà les paroles simples et brèves qu’avait prononcé la servante d’Amy of Leeds à celle-ci. Cette dernière paru se fermer en elle-même levant une palissade invisible autour de sa personne que rien ni personne ne pourrait atteindre. Elle trônait littéralement au centre de la pièce sur un fauteuil digne du mobilier royal. Elle ordonna que tout le monde sorte et de faire entrer celui qu’elle avait un jour connu en tant que le corsaire qui avait su la faire rêver. Arthur allait rapidement comprendre que ces rêves s’étaient depuis longtemps évanouis! Il entra dans la pièce et offrit la révérence à la Comtesse de Leeds. Visiblement, elle avait changé depuis leur dernier entretient et elle ne semblait d’aucunes façons d’humeurs à le recevoir.

- « Ma Dame, il est pour moi un immense bonheur de vous savoir de retour à la Cour de notre Roi après votre séjour à Philadelphie… » si Arthur avait cru que cette allusion au passé mettrait la table pour une courtoise discussion, alors là il s’était bien trompé!

- « Que voulez-vous Baron? » le ton froid et autoritaire de la jeune femme fit comprendre aussi à Arthur qu’elle avait bel et bien su gravir les plus hautes marches pour trôner comme Favorite du Roi en ne concédant rien…

- « Ma venue concerne cette terrible affaire où un grand cerveau a sans nuls doutes manipulé ma propre sœur Julie. Il est impossible de croire qu’elle est la véritable coupable de cet incident et le sort que l’on lui réserve est d’autant plus injuste. » Voilà ce que l’amour fraternel pouvait faire… Arthur qui avait délaissé sa famille pour suivre son propre instinct revenait aujourd’hui en tentant pour une fois de faire quelque chose pour eux.

- « Mais que diable vous fait croire que je suis d’humeur à croire pareille histoire ou ne serait-ce disposée à vous écouter? » Il était vrai, Amy n’était d’aucune humeur à négocier sur cette histoire.

- « Sur le « Téméraire »… Après ce que nous… » commença le Baron mais la Favorite le coupa net.

- « Je vous interdis de ressasser le passée! Il n’y a pas de « nous » qui tienne! »

- « Je vous en supplie Amy… » tenta Arthur et la demoiselle réagit une fois de plus fortement.

- « Mais de quel droit osez-vous vous adresser à moi ainsi!? Il est temps de vous rappeler votre rang! Vous venez ici en suppliant pour votre traitre de sœur en me racontant une histoire toute droite sortie de vos hypothèses. Comment pourrais-je croire un homme qui m’a ouvertement menti; trahis ma confiance!» À ces mots, le Baron de Roberval paru troublé voir même perdu, ne comprenant pas ce dont à quoi elle faisait allusion. Pour la Comtesse de Leeds, ce silence était fort révélateur.

- « À l’époque, vous m’avez caché votre fuite. Vous m’avez menti quant à votre famille alors que je vous questionnais en toute innocence. Vous avez abusé de ma confiance pour me dresser un tout autre portrait de votre personne! Vous avez raison sur un point… Votre sœur est bien trop insignifiante pour avoir pensé à un tel plan mais je connais bien une personne assez téméraire et audacieuse pour tenter un tel coup! » À ce moment précis, Arthur comprit qu’il ne pourrait rien pour sa sœur mais qu’à présent, la menace était clairement tournée vers lui.

- « Voyons! Vous ne croyez tout de même pas que je suis mêlé à cette histoire quand même! » Il s’était redressé sur la défensive. Les choses avaient pris réellement une drôle de tournure…  

- « Ce que je sais… C’est que vous avez toujours obtenu ce que vous vouliez non? Fortune aux mains des espagnols? Gloire et honneur au bout du sabre? Votre liberté acquise du Roi en personne? Une charge royale? Sachez que cette fois Baron vos petits désirs ne seront pas réalisés! Vous n’aurez rien de moi! Maintenant allez-vous en… » Ses paroles ne laissaient pas de place à la discussion. Son timbre de voix sec et autoritaire marquait clairement que dans cette pièce, c’était elle qui était au commande et qu’Arthur n’aurait que d’autres choix que de se plier à sa volonté.

- « Comtesse, je vous prie de m’écouter… » et elle le coupa net.

- « Gardes!!! »

Un mot prononcé de sa part et c’était suffisant pour que la porte de la pièce s’ouvre en trombe. À peine Arthur avait-il eu le temps de saisir le sens de ce mot que trois gardes avaient pénétré à l’intérieur prêt à se saisir de lui. Le Baron de Roberval leva les mains pour signifier qu’il n’était pas là pour leur poser problème et les rassura.

- « Ne vous inquiétez pas messieux, je m’en allais et je connais la sortie… »

Il quitta la pièce sans se retourner… Il pouvait clairement ressentir la menace qui lui planait dans le dos et cela le troubla grandement. Il déambulait vers la sortie en se repassant la scène dans sa tête. Comment sa relation avec Amy avait-elle pu tourner à une haine ouverte de sa part? Qu’allait-il arrivé à sa sœur au final? Il se demanda aussi si le sort qu’on allait réserver à sa proche parente n’était pas dû justement au fait qu’elle soit de sa famille… Il allait quitter Versailles pour se rendre à la Bastille. Il se devait de le faire ou du moins c’est là que ses pulsions voulaient le conduire. Arthur quitta donc la cour pour se rendre à son hôtel particulier. Là-bas, il y amassa son attirail, prêt à faire face à toutes éventualités. Il resserrait la selle de son cheval, enroulait la ceinture contenant le fourreau de sa rapière à ses hanches et vérifiait qu’il ait un pistolet à porter de main… Le genre de préparatifs que l’on fait avant de livrer bataille vous savez? Un homme qui, par un hasard du sort venait lui rendre visite et le voyant faire, le savait bien… Un breton comme lui pouvait en reconnaître un autre! Comme Arthur allait monter à cheval, il se fit interpeller.

- « Roberval!! Arrête! Où vas-tu ainsi? » Le Baron se retourna dégainant sa rapière et la pointa en direction de cette voix qu’il n’avait pas reconnu au premier abord.

- « Rohan… » Il rangea sa lame et força un sourire sur ses lèvres pour le saluer…  « Je m’en vais à la Bastille… Je dois voir ma sœur! » expliqua Arthur se rendant bien compte de la stupidité de son idée au même moment où il l’expliquait au Chevalier du Rohan.

- « Mais es-tu fou? Tu vas te faire tuer! » Ce dernier s’approchait pour calmer Roberval et le ramener un tant soit peu à la raison.

- « Je crois que c’est exactement ce que la Favorite souhaite mon ami… »

- « Je peux te protéger Arthur… Tu as au moins un allié ici… »


Recevoir l’aide de Louis de Rohan face à cette histoire était un soutient qu’Arthur ne pouvait refuser… Un service pour un autre, ce dernier allait aussi prêter de fortes sommes d’argent au Rohan pour l’aider à son tour… Bien qu’il se questionnait quant à la nature des dettes de Louis, Arthur n’en disait rien pour l’heure. Entre bretons, ils étaient l’un pour l’autre un soutien dont ils ne pouvaient se passer. Depuis des générations leur famille s’était côtoyée dans la bonne entente. Il était donc d’un naturel qu’aujourd’hui, cette alliance prenne forme bien que le Baron ignorait bien les manigances de son ami. Mais à Versailles, combien de personnes peut-on réellement considérer comme son ami? Face à la Favorite, Arthur n’avait pas le luxe de se passer du Chevalier…


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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   03.01.16 22:49


Tu es validé(e) !

Bienvenue à

Versailles !



OMG Bave J'ai dévoré ta fiche comme un roman d'aventures (j'aaaaime la période des corsaires!!), cet Arthur est juste parfait!
Tu as parfaitement repris le personnage, il est tout à fait à ta sauce et je n'ai (presque) rien à redire et te valide avec plaisir!!

Oui, "presque" ^^ En effet, le lien avec Amy of Leeds n'est pas 100% clair pour moi: il ne me semblait pas qu'il y ai eu une relation charnelle entre eux.
Comme sa joueuse est en vacances actuellement et que ça ne va pas changer ton histoire à 360°, je te valide néanmoins, mais il faudrait voir ça avec elle Clin d'Oeil

A très vite sur le flood et surtout en RP, car je vois déjà des idées poindre leur bout de nez Razz

Une fois la validation passée, il faut recenser ton avatar, puis créer ta fiche de liens et consulter celle des autres, remplir le point info et le consulter pour savoir qui fait quoi.
A partir de 50 messages, vous pourrez demander un logement et à 100 messages un rang personnalisé.
Viens faire un tour sur
le flood et n'oublie pas de mettre tes liens de présentation, fiche de liens et point info dans ton profil Clin d'Oeil




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et tout le plaisir de l'amour est dans le changement."


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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   03.01.16 23:53

Ah ça fait plaisir cette validation!!

Pour ce qui est d'Amy, je me suis basé sur le rp de l'ancien Arthur et d'Amy. La partie "Olé" comprenait une Amy qui retire sa robe de nuit (la coquine!) et un élan d'embrassage passionné où la chemise du capitaine avait baissé pavillon... Il n'y a pas eu de... rapport! Arthur se fait appeler par l'équipage pour braver une tempête et l'élan charnelle se termine sans plus.

Je crois que c'est à peu près ce que j'ai raconté dans la fiche mais en sous-entendant qu'Arthur aurait voulu bien plus. (forcément!)

Dans tout les cas, un gros merci! je me mets à mes devoirs de recensement.
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   04.01.16 0:10

UN ARTHUUUUUUUR **

Bienvenue parmi nous avec ce superbe personnage que tu sembles maîtriser à la perfection, quelle fiche ! ** J'ai hâte de lire tes rps, et je viendrai prochainement te trouver pour des liens yeah

Félicitations pour ta validation !

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And see, that nothing can be known!
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   04.01.16 18:08

Je viens de me griller: je ne lis pas tous les RP des gens.... ("au bûcher!" ) Siffle Siffle

Du coup si ça avait été prévu comme ça avec l'ancienne joueuse et dans un RP, pas de souci alors! Merci d'avoir précisé Clin d'Oeil

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   10.01.16 16:09

Je suis contente de te voir validé Tutur ! Je suis fan de ton roman ! **  Tu t'es très bien approprié le perso !  cheers Bienvenue officiellement à Versailles !  yeah

Je m'excuse de ne pas avoir lu ta fiche plus tôt mais j'avais vraiment une connexion très chaotique de là où j'étais et tout ne s'affichait pas. La frustration quoi ! Razz Le passage coquin me convient tout à fait sinon. Pervers XD C'est en effet ce qu'on avait dit, ils ont failli, ça rend leur lien d'ailleurs + intéressant puisque maintenant ils se fightent. What a Face

A très vite en rp !  Banane

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   10.01.16 20:42

Merci beaucoup Amy! J'avais hâte de te lire à ce sujet! Je suis bien heureux que cela t'ait plu. Permanente
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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   13.01.16 9:58

J'étais persuadée d'être passée te souhaiter la bienvenue ôO Honte à moi

Bienvenue parmi nous alors ** je suis certaine qu'il y a matière à faire avec mon DC, Silvestre, marin lui aussi, je passe rapidement dans ta fiche de lien What a Face

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MessageSujet: Re: Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval   Aujourd'hui à 1:11

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Dansons au chant des sirènes! - Arthur de Roberval
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