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 La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Une fois offert et mis à lambeaux, il est pour l'heure tout entier à son roi.
Côté Lit: Je n'y tiens pas une collection ! Mais il n'est pas glacé non plus.
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Âge : 32 ans et des poussiè... (Non pas ce mot maudit)
Titre : Marquis de Courtenvaux, Magistrat parlementaire et avocat
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MessageSujet: La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}   27.11.15 16:38


« La mort frappera à midi »


Les traits plus que jamais tirés, le marquis filait comme le vent vers Versailles. Voilà déjà plusieurs heures qu’il était sorti par l’une des portes dérobées de Chambord avant de s'élancer sur les routes. Ces heures là s’ajoutaient à toutes celles accumulées durant les derniers jours où il avait crevé trois chevaux pour faire les lieues qui le séparaient du roi. Un voyage aller-retour exténuant mais obligé, aucune missive même scellée n’aurait pu apporter au roi une telle nouvelle, il fallait qu’il prenne ses ordres de sa bouche lors d’une audience improvisée. L’affaire était trop grave puisqu’il avait obtenu le nom de l’un des commanditaires de l’assassinat de Sa Sainteté. Une fois arrivé sur place, il avait dû parlementer avec Colbert, grand insomniaque aux yeux de l’eternel pour être reçu de Louis XIV, ce qui avait donné lieu à quelques piques bien senties des deux côtés. Finalement Bontemps lui aussi éveillé l’avait introduit auprès du monarque. Il lui avait tout dit. Les aveux d’Emmanuelle de Vaunoy qu’il avait dépeinte plutôt comme une victime influençable et non comme une coupable afin qu’elle ne soit pas inquiétée et surtout l’implication d’Ulrich de Sola.  Louis XIV avait donné ses instructions d’une voix calme mais déterminée : Luigi Colonna et lui-même devaient arrêter dans les plus brefs délais cet individu et le lui amener pour qu’il le livre au Vatican. Un tel coup d’éclat lui apporterait encore plus de gloire auprès du nouveau pontife. Pourtant, si l’assassin devait se montrait trop dangereux pour leur sécurité, ils avaient l’autorisation de l’abattre. C’était clair. Pour procéder de façon très officielle à l’interpellation, le roi lui avait remis l’un de ses sceaux. Un objet que le marquis conservait dans son bagage de fortune en priant pour que sa chevauchée folle ne le lui fasse pas perdre.

Benoît littéralement épuisé arriva au palais le lendemain à la tombée de la nuit. Il s’octroya des moments de repos bien mérités et se fit même masser par Nicéphore, bien connu pourtant pour avoir fréquemment les mains sales.  Il ne pourrait pas réfléchir à l’élaboration d’un piège sans un minimum de sommeil.  Lorsque l’aube arriva, courbaturé comme jamais et les côtes extrêmement douloureuses à cause du bout de lance resté coincé lors d’une bataille, il dut pourtant se mettre sur ses deux pieds. La première chose qu’il fit, fut de recevoir un de ses indicateurs, la seconde fut d’écrire à son coéquipier du moment. Il lui donnait rendez-vous trois heures plus tard, dans la forêt domaniale près des étangs de la Minière et ce pour une excellente raison qu’il lui fournirait un peu plus tard.

Son bain pris, son pourpoint et ses chausses mises, il n’eut pas le courage de remonter en selle et partit avec son carrosse qu’il abandonna à l’orée de la forêt. S’asseyant sur un tronc d’arbre malgré la présence de feuilles mortes mouillées par une pluie récente, il attendit Luigi. Il était en avance et il en profita pour repenser à comment ils allaient procéder. Etait-ce une bonne idée que la sienne ? Le lascar se douterait peut-être de quelque chose mais l’appât était bon, c’était même le meilleur qui soit. Il suffisait que le dit appât n’en sache jamais rien et qu’il ne lui arrive rien non plus, sinon il était certain qu’ils rencontreraient de sérieux problèmes par la suite. Parce que oui l’appât était un personnage des plus puissants sur l'échelle internationale, s’il se plaignait au roi, celui-ci les protégerait-il jusqu’au bout ? C’était risqué, très risqué et le marquis généralement imperturbable, car pesant toujours chacune de ses décisions pendant des lustres avait soudainement peur. Mais avaient-ils vraiment un autre choix pour faire sortir le renard de sa tanière ? Pas vraiment …

Tout à ses pensées, il n’entendit des pas se rapprocher que lorsqu’une ombre se dessina derrière lui. Etant sur la défensive, il se redressa vivement et sortit son épée dont il s’était naturellement armé. Son nœud coulant était aussi attaché à sa ceinture puisqu’il détestait la vue du sang, mais son premier réflexe avait été de dégainer.

- Ah c’est vous Luigi, dit-il en replaçant aussitôt son arme dans son fourreau.  Merci d’être à l’heure.

Après un bref salut de politesse, il rentra dans le vif du sujet.

- Comme vous le savez, je suis allé à Chambord. J’ai des nouvelles du roi. Nous devons lui ramener Sola mort ou vif, plutôt vif que mort cela dit, vous comprenez facilement pourquoi.  

Il l’invita à faire quelques pas avec lui.

- J’ai eu une idée de traquenard car oh mon Dieu tout est lié vous allez voir ! Répondez seulement à cette simple question mon cher ami : quelle est la personne que le danois déteste le plus au monde ? Le prince Edouard. Si une occasion se présente d’en finir avec lui, on peut être sûrs qu’il la prendra sans hésiter. C'est une aubaine pour nous puisque le prince va rencontrer en catimini une de ses maîtresses aujourd’hui, tout près du bois Robert, c'est-à-dire à cinq minutes d’ici. Il sera très peu escorté et une fois sur place plus du tout comme on se l’imagine. Si Sola passe à l’action, on peut parier que ça va être maintenant, conclut-il en accentuant sur le dernier mot de sa phrase.  Je sais que les conditions ne sont pas idéales, le prince ne doit s’apercevoir de rien, il fait jour mais nous devons agir très vite et ne perdre aucune occasion. Alors Monjoie, Saint Denis, que je trépasse si je faiblis !

Il brandit le poing comme pour se donner plus de courage puis il revint directement à l'affaire.

- J’ai placé certains de mes indicateurs à des endroits stratégiques pour être prévenu quand le prince approchera, avez-vous amené les vôtres ?

Avec leurs deux bandes de recrues, ils ne pourraient pas être pris au dépourvu, tout au moins pour le début de leur mission.  Après … Après, ça serait beaucoup d’improvisation ma foi !

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quand son avocat est cru.




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Côté Lit: Un certain florentin le partage la plupart du temps. D'autres aussi, moins souvent ...
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MessageSujet: Re: La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}   14.12.15 18:00


Plus jamais il n'irait en Italie, voilà ce que Luigi répétait depuis son retour à Versailles, après son périple italien où il ne voulait pas aller à la base. A cause de Barberini tout d'abord, ce fourbe s'en allait donner victoire à son oncle pour les nouvelles élections papales, puis Contarini qui avait décidé de lui voler une partie de sa fortune. Pourtant, il avait tenu bon jusqu'à son arrivée à Venise, et l'arrestation de son ennemi, le voir enfermé dans la prison des plombs et la récupération d'une partie de son argent lui avait redonné un peu d'énergie pour poursuivre son voyage jusqu'à Rome. Puisqu'il n'y avait plus de Colonna au Vatican, il restait tout de même important que la famille garde de bonnes relations avec le futur souverain pontife, et Luigi y veillerait. Entre nuits trop longues pour reprendre des forces, et journées de négociation, il n'avait pas vu grand chose de la Ville Éternelle qui l'avait vue grandir. Après la nouvelle élection, un Jésuite proche des Barberini mais n'ayant pas d'hostilités envers les Colonna, Luigi put prendre enfin un peu de véritable repos, avant de repartir.

A Versailles, tout le monde revenait presque comme si de rien n'était, du moins pour ceux qui avaient survécu et après un peu d'accalmie, le quotidien reprit de belle avec la révolte du peuple, avant que le roi ne décide de partir à Chambord, pour changer de Fontainebleau pour sa période de chasse. Et Colonna dut être de la partie, ce qui ne l'arrangeait guère, dormir près d'un château vide lui aurait permis de retrouver ses forces. Heureusement, on ne l'obligeait pas à venir aux parties de chasse ! Par contre, il avait du vivre une chasse à l'homme avec Sir Howard, où l'affreux ogre danois les avait poursuivi, et où une balade tranquille s'était terminée en tentative d'assassinat sur deux personnalités étrangères. Après cette étrange agression, Colonna avait demandé au roi la permission de revenir à Paris, où son agresseur se trouvait sans doute. Il avait donné le nom d'Ulrich de Sola, raconté son passif avec cet homme et voulait le traîner devant la justice. Le roi lui accorda le droit de s'en retourner à la capitale.

Bon d'accord, il avait passé plus de temps à dormir qu'à véritablement enquêter, heureusement qu'il possédait un réseau d'informateurs qui lui faisaient des rapports régulièrement. Ulrich avait été aperçu plusieurs fois à Paris, ainsi que dans la campagne versaillaise, mais impossible de connaître sa véritable adresse, sans doute n'en avait-il pas, vivant comme un nomade. Cela ne l'étonnerait pas du bonhomme, un vrai mercenaire devait se montrer discret, voilà pourquoi il était si difficile à trouver. Mais il ne fit pas le rapprochement entre son enquête et la missive du marquis de Courtenvaux, espion également, pour un rendez vous secret dans la forêt. Au vu du pli solennel, cela sentait la mission de grande importance s'il ne fallait pas même pas l'écrire. Trois heures, il fallait prévenir quelques gens recrutés à Versailles, histoire d'avoir un peu de renfort. Et après cela, s'habiller. S'il s'agissait vraiment d'une mission importante et au vu de la mission, tenue sobre de rigueur, un tenue de couleur marron, des bottes noires et de quoi couvrir sa tête et son cou, il était prêt. Et comme il était en avance et pas loin du lieu de rendez vous, s'y rendre à pied s'avérait plus simple. Sous son manteau se tenait l'épée de rigueur, un pistolet chargé et un peu de poudre si besoin, et un poignard dans sa botte, le voilà paré pour la mission et quitta les dépendances de Versailles. Alors qu'il sortait, un homme courait perpendiculairement à lui. Oh tiens, Godefroy de la Tour d'Auvergne jouait les coursiers royaux, mais n'arrivait pas toujours à l'heure, il fallait respecter la tradition. Presque incognito, Luigi lui fit un petit croche-pied et ce dernier vola quelques instants avant de tomber dans la boue. Il fallait bien un peu d'amusement avant la gravité de la situation.

Quelques hommes à lui se trouvaient déjà là quand il arrivait, prêts à recevoir des ordres, le romain les fit patienter pour rejoindre Courtvenaux … qui l'accueillit avec son épée.

« Ah c’est vous Luigi.  Merci d’être à l’heure.
Il faut dire que votre missive ne m'a pas accordé le moindre retard, est-ce à ce point grave ?
Comme vous le savez, je suis allé à Chambord. J’ai des nouvelles du roi. Nous devons lui ramener Sola mort ou vif, plutôt vif que mort cela dit, vous comprenez facilement pourquoi.  
Nom de Dieu ... oh pardonnez moi, je voulais dire nom d'une pipe. Je sais bien que c'est pas beaucoup plus pieux, mais au moins on est à genoux.
Luigi n'en revenait pas de la mission actuelle. Le roi vous a t'il parlé de mon passif avec cet homme ? Il a essayé plusieurs fois de me tuer, notamment à Chambord peu avant mon retour … Savez vous comment l'avoir ? »

Benoît lui expliqua son plan et pourquoi Ulrich se trouverait là d'ici quelques minutes. Savoir que son bourreau sera proche de lui une nouvelle fois et qu'il faudra l'arrêter, tout ceci donnait des sueurs froides à Luigi qui écoutait avec plus d'attention encore.

«  Je sais que les conditions ne sont pas idéales, le prince ne doit s’apercevoir de rien, il fait jour mais nous devons agir très vite et ne perdre aucune occasion. Alors Monjoie, Saint Denis, que je trépasse si je faiblis !
Sur un malentendu, ça peut marcher. Il ne faudra pas rater le coche car si tel était le cas, lui ne nous ratera pas. J'ai survécu plusieurs fois à la mort face à lui, je veux préserver ma bonne étoile et ne pas tenter le diable.
J’ai placé certains de mes indicateurs à des endroits stratégiques pour être prévenu quand le prince approchera, avez-vous amené les vôtres ?
Oui, j'ai quelques hommes, je m'en vais leur expliquer la situation, qu'ils sachent à quoi s'attendre. »


Luigi quitta son partenaire du jour pour prévenir ses hommes, donner quelques ordres, et surtout le mot de passe en cas d'ennui. Puis de retour vers Benoît, ceux-ci virent une jeune femme encapuchonnée, un peu suspect à cette heure là, avancer jusqu'à une clairière. Sans doute la maîtresse du prince danois. Il fallait la suivre sans faire de bruit, sans l'alerter, savoir où elle et son amant allait se retrouver, et où Ulrich allait essayer de tuer le prince Édouard.

« Si j'avais su, on m'aurait utilisé comme appât. J'ai l'habitude, le baron d'Anglerays le fait souvent … Je n'aime pas quand il y a des innocents en jeu. » souffla Luigi tout bas.

Trop tard, ils ne pouvaient plus reculer, tout d'abord pour la sécurité des amants et parce qu'une silhouette se détacha au loin.

« Là-bas, regardez … le sieur de Sola suit de loin la jeune femme. Elle va vers la route, c'est que le prince va la chercher en carrosse. Il faut le neutraliser avant l'arrivée du prince. »

Mission sous haute tension …


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« Vivre, c'est survivre. »


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MessageSujet: Re: La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}   11.02.16 17:08

" Sur un malentendu, ça peut marcher. Il ne faudra pas rater le coche car si tel était le cas, lui ne nous ratera pas. J'ai survécu plusieurs fois à la mort face à lui, je veux préserver ma bonne étoile et ne pas tenter le diable."

Benoît ne put contenir un frisson d'effroi à cet avertissement. En tant qu'espion, il connaissait les principales missions de ses collègues comme eux n'ignoraient pas les siennes, c'était la moindre des choses, mais avoir un rappel de l'une des pires que Luigi ait connu était à vous glacer le sang en pareilles circonstances ... Oui il avait survécu à la mort face au danois ! Oui ils jouaient désormais avec le destin qui était également le leur ! Leur adversaire était un loup, le plus dangereux de tous et même Saint Hérem n'aurait rien pu contre cette espèce là.  S'il vous prenait à la gorge, il n'était pas du genre à vous relâcher avant de vous savoir mort !  A cette pensée, le marquis en bon catholique se signa.

" Oui, j'ai quelques hommes, je m'en vais leur expliquer la situation, qu'ils sachent à quoi s'attendre. "

C'est à dire au pire mais tous les deux n'avaient pas choisi des enfants de chœur ! Il s'agissait d'hommes bien entraînés, redoutables à l'épée et prompts à sortir leur pistolet ! Pour capturer un loup, il fallait bien une meute, même s'ils ne feraient que le cerner afin de ne pas lui permettre une évasion quelconque ! A eux de faire le plus difficile  et ils ne seraient pas trop de deux quitte à se penser lâches ! Car oui, Benoît aimait les combats un contre un mais il est des circonstances particulières qui réclame des mesures particulières ...

- Bien. Alors, écoutez-moi, vous faites comme d'habitude : vous, vous promettez tout et moi, je ne donne rien ! lui rappela t-il dans une boutade hors de propos afin de justement détendre l'atmosphère. C'est Colbert qui se chargera de les payer puisque cette arrestation est un ordre du roi !

Après lui avoir adressé un clin d’œil, Luigi s'éloigna quelques instants. Courtenvaux reprit sa place sur le tronc d'arbre et  sortit à nouveau son épée du fourreau, pour l'aiguiser à l'aide d'une pierre qu'il venait de trouver entre les feuilles. Il espérait vraiment n'avoir besoin de s'en servir que pour menacer et non pas pour embrocher Ulrich ! La vue du sang l’écœurait, c'était sale et dégoûtant, de plus cela lui rappellerait la guerre et ses compagnons d'armes ! Le traumatisme des combats en somme ! Mais s'il le fallait, il le ferait ! Que n'aurait-il pas fait pour obéir au roi ?

Lorsque son partenaire revint auprès de lui, l'attente ne se fit pas longue avant l'enclenchement des événements. Tant mieux, patienter des minutes voire même peut-être une heure les aurait sans doute trop rongés ! Une forme encapuchonnée se dessina sous leurs yeux et continua d'avancer dans les bois. Faisant attention à faire le moins de bruit possible, il lui emboîtèrent le pas à une certaine distance.

" Si j'avais su, on m'aurait utilisé comme appât. J'ai l'habitude, le baron d'Anglerays le fait souvent … Je n'aime pas quand il y a des innocents en jeu. "

Colonna avait parfaitement raison, ils auraient pu agir de la sorte mais le danois aurait également su qu'il n'aurait pas eu la partie facile, puisque tous deux s'étaient déjà battus ! Tandis que lorsqu'ils les verraient apparaître, sa surprise serait telle qu'elle serait un atout de plus.

- C'est vrai, moi non plus je n'apprécie pas de faire ça, mais comme il déteste le prince encore plus que vous, c'était le meilleur moyen de ...

Il ne put murmurer un mot de plus, Luigi venait de désigner du doigt une silhouette, un homme cette fois-ci.

" Là-bas, regardez … le sieur de Sola suit de loin la jeune femme. Elle va vers la route, c'est que le prince va la chercher en carrosse. Il faut le neutraliser avant l'arrivée du prince. "
- Oui c'est le moment ou jamais ! Je vais faire signe à nos hommes !

Marchant courbé avant de pouvoir se glisser derrière un arbre, Benoît sortit un petit miroir de son pourpoint et le plaçant dans le meilleur angle du soleil à son zénith, l'objet produisit un reflet éblouissant auquel un autre lui répondit ! Désormais, leurs recrues savaient qu'ils devaient agir et également quelle zone encercler. Il rampa dans les feuilles pour revenir discrètement aux côtés de Luigi.

- Comme quoi le soleil, c'est jaune, c'est moche, ça va avec rien, mais ça peut sauver la vie, lança t-il avec un sérieux déconcertant avant de l'inviter à passer à l'assaut. A vous l'honneur, je sais que vous avez des comptes à régler avec lui et c'est mieux les yeux dans les yeux ! Je le prends de revers et vous de front ?

Ni une, ni deux, ils se mirent à courir, épées au poing, de sorte à se retrouver devant et derrière Sola. Leur proie prise à présent en tenailles, tomba immanquablement dans le piège.

-  Au nom du Roi rendez-vous monsieur et sans faire d'histoires ! Il est si doux de vivre ! On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps, alors ne tentez pas le diable !

Le diable c'était lui et ils allaient sans doute l'apprendre, une fois encore pour Luigi, à leurs dépends !

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MessageSujet: Re: La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}   13.03.16 13:49

Ce jour s’avérait décisif pour Luigi. Après toutes ces années à avoir échappé au danois, avoir eu son souffle dans son dos, se sentir poursuivi, lui échapper au point de presque mourir d’épuisement, c’est lui qui allait attaquer. Et malgré la peur le tiraillant, le romain ressentait une étrange sensation de hâte, une certaine satisfaction à se trouver du côté du chasseur pour une fois. Quand Courtanvaux s’éloigna pour donner le signal, Luigi se signa et fit une dernière prière pour que Dieu lui vienne en aide, le garde en vie comme les autres fois, et qu’il ne pêche pas d’orgueil en cas de victoire. De toute manière, en cas de mort, Colonna avait pris ses dispositions, demandant à un curé de campagne l’absolution. Dans tous les cas, il était prêt. Son collègue espion revint à ses côtés.

« A vous l'honneur, je sais que vous avez des comptes à régler avec lui et c'est mieux les yeux dans les yeux ! Je le prends de revers et vous de front ?
Si cela ne vous dérange pas, je voudrais l’honneur de le combattre. J’ai passé trop de temps du côté gibier, j’aimerais prendre le rôle du chasseur. »


Puis tirant son épée, Luigi s’engagea à la suite de l’espion pour ce moment tant attendu et si redouté. Aura-t-il le courage de lui faire face ? Et si le colosse l’assommait dès le premier assaut ? Secouant la tête, il se sépara de son acolyte pour prendre sa place au-devant du danois. Mais les questions le tenaillaient, il ne voulait pas mourir, surtout pas de la main de Sola, lui qui avait échappé à tant de fois, ce n’était pas le moment. Et puis, il ne pouvait pas abandonner le marquis de Courtanvaux, si brave et si aimable. S’il avait appris que la mort arrivait à tout instant, il souhaitait le plus au monde que cela ne soit pas aujourd’hui. Tout en serrant un chapelet au travers de son pourpoint, enfin il le vit.

A la lueur du jour, tamisé par les feuilles encore présentes, la silhouette de l’assassin paraissait encore plus massive, plus lourde, la lumière tombant sur ses cheveux blonds et ses larges épaules. Luigi se sentit minuscule, malgré sa haute taille, et plus chétif que jamais. Son cœur s’emballa à toute allure, il dut respirer longuement pour tenter de se calmer un peu, et entrer à son tour dans l’arène au moment où Benoït interpella leur cible.

« Au nom du Roi rendez-vous monsieur et sans faire d'histoires ! Il est si doux de vivre ! On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps, alors ne tentez pas le diable !
Et pourquoi me rendrais-je ?
Son accent fort et sa voix si grave rajouta une tension dramatique, alors qu’il vit Luigi. Toi ? Ne meurs tu donc jamais ?
Il paraît que la Mort ne m’aime guère, pourtant il a envoyé un de ses meilleurs faucheurs.
Tu sais il y a de la promotion dans l’air, au lieu de finir au trou, tu pourrais bien fini dans un trou au Père Lachaise. Il serait temps.
Désolé, je ne peux pas parler, je suis en mode héros. Rendez vous calmement, ou nous userons de la force s’il le faut. »


Après un court silence, Sola éclata de rire. Un rire à glacer le sang, tant par les tons graves de sa voix que sa puissance toute viking. N’avait-il donc jamais peur, et se croyait à l’abri de tout danger ? Apparemment oui, il ne prenait pas cette menace comme un danger potentiel, cela avait un côté quelque peu agaçant. Puis, le mercenaire tira à son tour son épée, signifiant tout refus de se rendre de manière courtoise. Prévisible certes, mais redouté par le romain qui lui faisait face. Cette vision de Sola, épée en main, courant à toute vitesse vers lui donna envie à Luigi de tout abandonner, de fuir comme il avait fait toutes ces années, ne pas affronter ce grave danger mais sauver sa peau. Il tremblait, haletait, mais pourtant se mit en position pour l’attendre, pour combattre.

Le premier coup paré fut d’une violence redoutable, le choc des lames vibra jusque dans les bras de Colonna, un instant déstabilisé avant de se reprendre et d’attaquer à son tour. S’il savait se battre, merci le baron de Roberval, Luigi savait surtout esquiver les coups avec une grande habilité, l’avantage d’un corps si mince par rapport à la masse face à lui. Agilité contre force, voilà un combat original !

« Mais tu vas mourir oui ! 
Un jour, mais pas aujourd'hui. »


Et il lança son épée sur son adversaire, qui le para sans vraiment de difficulté. Les lames s’entrechoquèrent, les deux se trouvaient si proches. Puis d’un coup, Ulrich repoussa violemment son adversaire en arrière et lui tourna le dos pour se battre à présent avec Courtanvaux venu à son secours. Un des hommes du marquis sortit des bosquets pour venir prêter main forte, mais un coup de feu l’arrêta net. Sola avait assez de matériel sur lui pour tuer une armée, pas de quoi les rassurer. Le combat n’avait commencé que depuis quelques minutes qu’un mort gisait déjà au sol, cela promettait.

A son tour, le marquis se retrouva en difficulté face au géant venu du Nord, au tour de Luigi de prendre la relève. Seulement, après seulement quelques échanges, le romain se trouva trop près de l’ennemi, dont il ne vit pas arriver le poing sur le plexus, de quoi lui couper le souffle, qu’il n’avait déjà pas beaucoup, et le fit vaciller en arrière.

« A l’aide ! » parvint t’il à sortir de sa bouche.

Mais Ulrich se montrait déjà de toute sa hauteur, épée vers le ciel, prêt à le transpercer. Non, ne pas mourir maintenant …


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MessageSujet: Re: La mort frappera à midi {Luigi & Benoît}   17.07.16 17:57

Benoît connaissant pertinemment les rencontres musclées entre l’italien et le danois se montra bon prince. Il laissa à son compagnon de mission l’opportunité de se dresser face à cet ennemi de toujours.  Plus qu’une volonté,  il s’agissait d’un besoin presque vital pour Luigi et Courtenvaux en était bien conscient. Tous ces traumatismes que Colonna gardait certainement en lui ne s’envoleraient qu’à cette condition. Par conséquent, comment aurait-il pu lui refuser ?  En guise de réponse à sa requête, il avait souri et hoché la tête en signe d’acquiescement. Il couvrirait donc ses arrières en cas de problèmes. Ah ces problèmes ...

- Que Dieu nous en préserve ! avait-il murmuré pour lui-même avant d'interpeller Ulrich.

Hélas, ce dernier, fidèle à sa réputation de bête à sang froid se remettait déjà bien trop rapidement de sa surprise. Il venait de balayer  la somation du marquis d’un revers de la main. Sa voix de stentor semblable à celle d’un démon, résonnait dans la forêt et Benoît fut parcouru de frissons d’effroi. De plus, avec la rapidité d’un rapace Sola s’apprêtait à bondir. Seule la vision soudaine de Luigi qu’il pensait sorti d’outre-tombe, le coupa dans son élan.

Ces deux là échangèrent quelques paroles glaçantes puis Ulrich décidément peu impressionnable par le piège qu’on venait de lui tendre, dégagea son épée du fourreau en riant. Ce rire machiavélique aurait pu faire reculer un martyr en quête d’expiation. Benoît en pâlit, tentant de conserver son calme. Lui le cérébral, avait espéré raisonner, négocier mais aucun argument si ce n’est celui des armes n’aurait manifestement de poids face à cet assassin.  Le combat serait rude voire expéditif … Avec cet homme là qui justement n’avait rien d’un homme, on ne faisait pas dans la demi-mesure. Il mourrait ou les tuerait !

Et s’il avait eu le moindre doute, la force herculéenne avec laquelle il s’abattit sur le malheureux italien, aurait pu le lui ôter ! Malheureux ? Oui et non, malgré son aspect chétif, Colonna dont l’agilité était bien connue dans leur cercle d’espions semblait avoir redoublé de forces. L’énergie du désespoir ou de la haine ? Qu’importait ! Il se défendait comme un lion et était habile comme une gazelle. Benoît aux aguets pour parer à la moindre faiblesse de son compagnon, regardait ce duel avec admiration. Le danois quant à lui, écumait de rage de ne pas avoir encore porté un coup mortel à son adversaire. Une bonne chose ! Luigi le travaillait autant au moral qu’au physique !

Fut-ce pour cette raison que le mastodonte se détourna de lui pour s’attaquer tout à coup à Benoît ? Sans doute… Il faut dire aussi que ce dernier après le nouvel entrechoc de lames s’était rapproché par crainte pour la vie de Colonna.

- Allez ! Montre-moi donc ce que tu vaux l’épousseteur, se moqua le géant en portant une botte terrible à Benoît.

Bien que réformé de l’armée et aimant peu ce sport, Benoît continuait ses entraînements d’escrime. Il le fallait bien dans ce dur métier, aussi para t-il cette attaque avant d’en lancer une de son cru qui décontenança quelque peu son adversaire.

- J'espère que cette démonstration ne vous déçoit pas !

Pourtant, l’acharnement que le danois mettait à chacune de ses charges épuisait peu à peu le marquis. Un sanglier blessé n’aurait pas été plus agressif ! Ce ne fut guère étonnant donc s'il ressentit soudain une pique sévère au niveau des côtes. Voilà que sa vieille blessure d’Arras se réveillait. C'est à cet instant, que l’un de leurs hommes sortit des taillis dans le but de les aider. Qu’à cela ne tienne, Ulrich décrocha un pistolet de sa ceinture et tira. L’indicateur s’écroula pour ne plus jamais se relever. Un silence de mort, succéda un court instant à la violence des combats.

- Fumier ! Ordure ! lança un Benoît qui n’avait plus rien du courtisan poli et raffiné des salons littéraires, mais que la situation excusait.

Ces insultes laissèrent pourtant le danois indifférent, bien au contraire cela semblait le flatter. C’est le marquis qui décidément remonté lui porta un nouveau coup, puis un autre. Sa force se décuplait également. Ce butor le faisait littéralement sortir de ses gonds ! Un atout qui devint bientôt un handicap puisqu'il commit une erreur. Ayant en effet aperçu le mouvement que Courtenvaux avait eu pour protéger sa poitrine douloureuse, Ulrich en profita pour frapper ailleurs. Son tibia plus précisément. Benoît face au choc tituba, ce qui le mit bien entendu en danger. Fort heureusement, Luigi vint à son tour à la rescousse et leurs échanges reprirent. Des échanges de plus en plus brutaux, le mastodonte se savait acculé et peut-être qu’après avoir jugé de la dextérité de ses adversaires, n’avait-il plus autant confiance en lui. Mais c’était là qu'il fallait accentuer leur vigilance, il allait devenir de plus en plus dangereux ! Cette intuition se révéla juste lorsque son poing s’écrasa dans la cage thoracique de l’italien, au point de lui couper la respiration.

« A l’aide ! »

Le marquis encore boitillant, s’élança malgré la douleur et bondit sur Sola qui chuta ! Enfin ! L’épée que ce dernier comptait planter dans le corps de Luigi vola à plusieurs mètres et tous deux roulèrent au sol entraînant avec eux, un amas de feuilles. Ayant encerclé tel un serpent sa gorge de son bras, Benoît serrait de toutes ses forces. Étrangler était sa spécialité dès qu'il s'agissait d'éliminer un nuisible au nom du roi. Ulrich, le visage de plus en plus pourpre en faisait l’amère expérience. Il suffoquait se débattant comme jamais.

- Pitié ! lâcha d'ailleurs le stentor d'une voix soudainement faible.

Mais l’espion n’écoutait pas. Il fallait en finir, leurs vies en dépendaient. Hélas, la chance fut encore une fois du côté du danois car même s’il eut toutes les peines de se dégager de cette prise, il y parvint en assénant un coup de pierre à l’occiput de Courtenvaux. La blessure n'était pas importante mais l'endroit sensible et son sang jaillit en abondance. Alors une panique toute naturelle s'empara de lui, surtout lorsque ses mains en furent couvertes. Cette vision l'horrifiait, le traumatisme de la bataille d'Arras s'éveillait en lui. Il ne supportait pas l'idée d'être sali. L’autre ricana en le voyant pris de tremblements et libéré de son emprise ne tarda pas à sortir un poignard de sa botte. Combien d’armes ce démon avait-il sur lui ? En un éclair, il le lui plaça sous la gorge au point que sa peau s’entailla sous la lame.

- Je dois admettre que tu es plutôt doué pour la strangulation, mais moi c’est l'égorgement ! Adieu, on se retrouvera en enfer !

Fermant les yeux, Benoît vit soudain défiler bien des épisodes de sa vie. Il avait perdu ! Il était perdu !

______________________


Un accusé n'est pas cuit
quand son avocat est cru.




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