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 La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé

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MessageSujet: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   05.11.15 19:58



Nerveux? Le mot était faible. François de Froulay venait de mettre pied à terre devant l’hôtel particulier des Chevreuse. Il avait fait un grand effort de présentation, tenue impeccable, rasé de frais, bottes cirées… Rien n’avait été laissé au hasard, ce qui augmentait sa nervosité, lui qui était plutôt d’un tempérament naturel et n’appréciait pas spécialement de devoir se mettre en tenue aussi formelle. Il avait l’impression d’être déguisé, à mille lieux de son uniforme, ou de ses tenues de cavalier. Mais cet état de nervosité ne datait pas de quelques heures plus tôt, hélas, la chose était bien plus compliquée. Quelques jours plus tôt, il avait reçu une missive, bien longue, de son père. Celle-ci, entre félicitations, conseilles et recommandations, contenait surtout un ordre sous un air de conseil avisé. Mal déguisé, à vrai dire, car François avait tout de suite compris que son père lui rappelait qui il était, c’est à dire le seul espoir de continuation de son sang, et si, jusqu’alors, François avait été laissé en roue libre de ce côté-ci, il n’était plus que temps, surtout au vu des deux blessures assez graves qu’il avait essuyé l’année passée – l’une, il était vrai, de son propre fait, face à Edouard…, l’autre à la guerre – de le marier et de faire en sorte de lui donner un héritier. C’était là des considérations que François avait jusqu’alors bien peu prises en compte, et il était en train de réaliser à quel point cela avait été une erreur, au ton de la lettre de son père.

Certes, jusqu’alors, il avait joué les romantiques, et bien mal lui en avait prit, puisque Claire… rien que la pensée de ce prénom le faisait encore souffrir. Il avait été amoureux, comme on aime à vingt ans, passionnément, inconditionnellement, aveuglément, et bien d’autres descriptifs encore. Il avait même songé à l’épouser, à un moment, dans la folie de la jeunesse, car, après tout, son quartier de noblesse n’était pas aussi important qu’il aurait pu l’être. Mais voilà, la trahison de Claire changeait tout, et bien qu’il ait pardonné à Edouard, il avait du mal à tourner la page, beaucoup de mal… La guerre l’avait aidé à oublier momentanément ce problème épineux, mais le retour à Paris le renvoyait à tout cela, et il y avait rarement un coin de rue sans qu’il pense à la jeune femme, déçu. Alors l’idée d’aller faire sa cour à une jeune femme qui, même étant bâtarde, était d’une naissance bien plus haute que la sienne, n’était pas véritablement pour le rassurer. Il n’avait jamais été doué pour les choses de l’amour, ses amis l’étant bien plus que lui. S’il avait séduit Claire, c’était avec son naturel joyeux et honnête, mais cela ne fonctionnait pas toujours avec ces demoiselles de la noblesse, qui préféraient souvent rêver de chevaleries et d’exploits, accompagnés de bons mots. A tout cela, malgré son éducation soignée, François n’excellait pas vraiment. Il était homme d’épée et non de plume. Il doutait sincèrement de pouvoir avoir l’air d’appartenir au même monde que ces gens là, quand bien même sa mère avait été une proche de la grand-mère que son père lui avait désignée.

L’après-midi était heureusement bien belle mais pas trop chaude, ce qui lui évitait de ruiner ses efforts fournis le matin même lors de sa préparation à cet événement – qui n’en était sans doute un que pour lui, était-il bien utile de le préciser ? Il avait écrit un billet quelques jours plus tôt, pour prévenir de sa visite lors de son jour de congé, prévenant qu’il venait présenter les respects de sa famille et s’enquérir de Madame de Chevreuse pour sa mère, et espérait par là même être présenté à Mademoiselle Marie-Louise dont on lui avait venté les qualités. Une fois encore, il s’y était prit à bien des reprises pour écrire ce billet, n’étant guère habitué à ce genre d’exercice. Une brève réponse lui était parvenue, disant qu’on serait ravi de l’accueillir rapidement ce jour là. Heureusement pour lui, le jeune homme n’avait croisé aucun des mignons de Monsieur en quittant Saint-Cloud, ce qui lui avait évité bien des désagréments. Il n’était certes pas d’humeur à se faire embêter par eux, bien que cet après-midi soit un bon moyen de se changer les idées de cette préparation d’escapade sur les bords de Loire, à Chambord, que la cour préparait pour fêter la victoire du souverain lors de la guerre.

Au moment de mettre pied à terre, alors qu’un des valets de la maison s’empressait de venir lui tenir sa bride, François se prit à envier sa jument qui allait passer quelques temps à l’écurie, tranquillement, pendant qu’il serait obligé de tenir salon et faire semblant d’être à l’aise parmi ces gens, lui qui préférait mille fois l’ambiance militaire. A cet instant, il aurait presque préféré être à Saint-Cloud à se disputer avec les mignons et endiguer les caprices de Monsieur – si, si. Le jeune homme monta les quelques marches de l’hôtel particulier, et fut introduit par le maître d’hôtel à qui il se présenta :

-Cap… Marquis de Lavardin – décidément, il ne s’y ferait jamais à ce titre ! – Je suis attendu par Madame et Mademoiselle.

Le maître d’hôtel le jugea des pieds à la tête, circonspect, hésitant, fronçant le nez, avant de se décider à répondre :

-Oui… oui, madame vas vous recevoir, si vous voulez bien me suivre dans le salon.

François lui emboita le pas. Ils avaient à peine fait quelques pas dans le hall que des bruits de pas et un froissement de tissu caractéristique d’une robe se fit entendre dans les escaliers. François leva la tête et aperçut une charmante jeune femme, vêtue à la dernière mode, dont les cheveux blonds étaient retenus au dessus de sa nuque dans une bien jolie coiffure. Il n’y avait pas à en douter, il était face à mademoiselle de Chevreuse. L’ancien mousquetaire fait marquis – Perraut aurait rit de cette transformation, à n’en pas douter – salua, chapeau bien bas, la jolie apparition, mais fut bien incapable de faire le compliment en règle et à la mode qui était exigé. A peine réussit-il à se présenter :

-François de Froulay, Marquis de Lavardin, pour vous servir, Mademoiselle.

Et ce fut à peu près tout.

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MessageSujet: Re: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   08.12.15 0:57



-Grand-maman, ça m'ennuie, voilà tout ! Je ne connais même pas ce marquis de Lavardan, et…
-Lavardin, Marie-Louise. Vous lui rendrez hommage, comme à un jeune homme d'une excellente famille.
-Je n'ai rien à lui dire. Et d'ailleurs, que vient-il faire ici ?
-Vous m'agacez, Marie-Louise. Préparez-vous, c'est tout. Faites cela pour moi !

La duchesse referma la porte de la chambre de la jeune fille. La mine boudeuse, celle-ci resta un instant à contempler le battant, l'oeil noir. Elle n'avait aucune envie de voir un inconnu aujourd'hui. Elle savait parfaitement pourquoi il venait, elle était loin d'être idiote, et cette affaire l'ennuyait d'autant plus. Elle avait passé la matinée en déshabillé, à lire et écrire, et aurait parfaitement continué sa journée ainsi !
Elle pivota dans sa chaise, renvoyant d'un geste agacé la camériste venue la préparer. Elle prit un petit peigne, passa ses longs cheveux sur son épaule, et entreprit de démêler sa crinière d'or, non sans grommeler contre sa grand-mère.

-Elle va encore vouloir me mettre dans les bras d'un jeune homme, ou insinuer qu'il sera parfait...blablablaaa ! Et après quoi ? Soit il est idiot et naïf et sera intimidé par la réputation de Grand-maman qui la suit partout, et puis il bafouillera trois mots, de peur de se retrouver seul devant une jeune fille... Elle donna des coups secs sur ses cheveux. Soit il sera vantard, pédant, agaçant, critiquant, se montrant bien au-dessus de moi, et rappelant que sa fortune pourra sauver la mienne… Elle a bien choisi son second mari, je choisirai le mien ! Quand Victor sera plus puissant, il acceptera ça, il ne pourra pas me refuser le parti que j'aurai choisi pour mon avenir.

Elle donnait des coups secs à ses pointes, ne vérifiant même pas si celles-ci étaient correctement coiffées. L'idée de se présenter comme un paquet de Noël l'agaçait divinement.
Sa camériste tenta une nouvelle entrée, que Marie-Louise accepta, bon gré mal gré.

-Savez-vous à quelle heure il doit venir ?
-Dans une demi-heure, j'ai entendu. Madame la duchesse s'impatiente de vous voir prête, mademoiselle.
-Évidemment, ronchonna la jeune fille. Je dois faire honneur, et-ceatera !
Elle se tu, laissant la camériste lui peigner correctement les cheveux, les relever avec délicatesse pour les tenir au-dessus de sa nuque. Pour une rare fois dans la journée, elle fut contente. La coiffure lui allait à merveille, et si elle ne craignait de tomber sur un sot ou un abruti, elle ne pouvait nier qu'elle espérait conquérir son invité par son élégance.

Elle passa sa robe d'un vert pâle, s'accordant avec sa chevelure, et choisi avec soin les bijoux qui l'orneraient. Tout était rodé, comme un méticuleux mécanisme, une routine qu'elle connaissait par cœur. Se coiffer, se vêtir, choisir ses bijoux, colorer ses joues, puis sourire. Elle ne détestait pas ce jeu d'apparence, elle y prenait même goût et aimait à s'y plier, mais elle aimait aussi ces nuits d'aventure, lorsqu'elle retrouvait Amboise, ou Valois avant la guerre. Nancy lui avait donné de l'appétit, et il lui tardait de pouvoir enfin se montrer à la hauteur de la tâche et du complot dans lequel elle s'était lancée à corps perdu.
En observant son reflet dans le miroir en pied, elle fut tout à fait satisfaite. Nul ne pouvait se douter de la cabale qu'elle fomentait. Si son père le savait, sa grand-mère ne pouvait en avoir aucun soupçon. Sa petite-fille chérie se montrait bien trop sage !

Alors qu'elle choisissait son parfum, elle entendit le bruit distinct des fers sur les pavés de l'hôtel. Se précipitant à la fenêtre, elle tenta de découvrir le mystérieux visiteur. Ca ne pouvait être que lui, elles n'attendaient aucune autre visite, depuis le poste ce matin ! Elle observa le cheval, la mise de l'homme...Il ne devait pas être bien pauvre, ni trop riche. Belle tournure, beau maintient, visage sérieux mais honnête. Il ne devait pas avoir fait ses études à la Perverie, au moins. C'était une bonne chose, elle détestait ces humours peu conventionnels.
Elle eu un petit regard satisfait et un sourire se dessina au coin des lèvres. Finalement, il se pouvait qu'il ne soit pas si idiot ou pédant qu'elle ai pu l'imaginer ! En le suivant des yeux alors qu'il pénétrait dans l'hôtel, elle oublia sa bouderie du moment, et se précipita pour terminer de se parfumer.

-Vite, dépêche-toi, je ne veux pas le faire attendre !
Elle termina de mettre ses boucles, et entendant la voix de sa grand-mère, s'apprêta à sortir. Mais, la main posée sur la poignée, elle se tourna une dernière fois vers sa camériste. Avant que je fasse mon entrée, pourriez-vous avertir le marquis de Lavardin que je suis d'une telle beauté, qu'elle risque d'exploser et si je devenais tout à coup trop belle, n'hésitez pas à utiliser ce puissant sédatif afin de me contrôler ! 
Elle eu un petit rire et s'engouffra dans le couloir.

La voix du majordome avait résonné dans le hall, mais Marie-Louise n'avait aucune envie d'attendre pour voir s'il ressemblait plus à l'ogre qu'au Chat Botté. Arrivée en haut des escaliers, elle s'arrêta un court instant pour découvrir le jeune homme que sa grand-mère avait décidé de lui présenter. Marie-Louise avait parfois la mémoire très courte, et remisa rapidement ses premières humeurs concernant son invité. Bien qu'il n'était d'aucun intérêt marital à l'heure actuelle, elle accepta malgré tout de faire plus ample connaissance. Peut-être lui cachait-il une facette moins timide que celle qu'il lui présentait à l'instant-même !

Elle eu un sourire poli et descendit gracieusement les marches, congédiant le majordome qui s'offusquait de les laisser seuls.
-Partez, Grand-maman va revenir sous peu. Laissez-nous vivre un peu, vous savez, c'est pas marqué dans les livres, mais le plus important à vivre, c'est de vivre au jour le jour !
Elle se tourna enfin vers son hôte.
-Monsieur le marquis, c'est un plaisir de vous recevoir, le salua-t-elle dans un large sourire. Elle lui tendit une main, avant de l'invité à la suivre. Venez, nous serons bien mieux dans le salon bleu. L'automne est parfois effroyable en cette saison, et un feu n'est jamais malheureux !
Elle le laissa la suivre dans la pièce décoré dans les tons azurs, et lui montra un siège, avant de prendre elle-même place dans un second.

-Vous devez, autant que moi, trouver cette entrevue un peu étrange ! La duchesse, ma grand-mère, prévoit des choses sans m'en parler, et je dois m'efforcer de lui complaire. Mais si aujourd'hui je pensais avoir à rencontrer un vieil homme trop riche et plus prêt de la tombe que du trône, me voilà heureusement surprise ! Mais dites-moi, reprit-elle ...si je peux me vanter de connaître de nombreux courtisans, le nom du marquis de Lavardin ne m'est pas familier, et dans mes souvenirs, l'homme était peu enclin à fréquenter la cour. Êtes-vous son fils ?

La porte s'ouvrit à nouveau sur le majordome, qui apporta quelques gâteaux, thé, chocolat et jus de fruit, avant de s'éclipser, guettant toujours de l’œil l'arrivée de la duchesse. Le pauvre homme se retournait avant d'être dans sa tombe !
-Ne vous souciez pas de lui, il est un peu vieux jeu, mais il devrait être habitué, le nom de Chevreuse n'est pas associé au calme et à la plénitude, fit-elle dans un petit rire !

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MessageSujet: Re: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   22.12.15 23:21

Il n’y avait que deux endroits au monde où François était à l’aise : l’armée, et le château familial. Hélas, aujourd’hui, il n’était ni dans l’un, ni dans l’autre, et il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il trouvait l’idée de son père bien saugrenue. Jamais il ne l’avait soupçonné ambitieux. Certes, il voulait le mieux pour son fils qui était tout en faveur ces derniers temps, mais de là à le vouloir épouser une jeune femme qui, quoi que bâtarde, venait d’une famille si influente… Cela dépassait le nouveau marquis. Il était de toute façon dépassé de manière générale ces derniers temps, entre son nouveau titre, ce retour de la guerre, et maintenant ça… C’était à se demander si le monde n’avait pas décidé de tourner plus vite et de ne lui laisser que le temps de le regarder faire son œuvre en ayant à peine le temps de respirer. Il regrettait presque le passé, se prêtant à fantasmer à l’époque des rois anciens, Philippe le Bel, ses fils, et son neveu le Roi Trouvé, dont les seigneurs n’avaient qu’à faire la guerre contre les anglais, sans se mêler d’autre type de politique. Les mariages se faisaient, se défaisaient, sans que cela ne choque personne. A l’époque du Roi Soleil, un mauvais mariage pouvait anéantir votre réputation, ou pire, celle de toute votre famille. François était certain que ses parents ne voulaient au contraire que son bonheur, mais l’amour l’avait jusque là durement éprouvé. D’aucun lui dirait sans doute que mariage et amour n’avaient rien à faire ensemble, mais il avait du mal à le voir autrement.

Il fallait au moins que la jeune fille lui plaise, à défaut de l’aimer. Et la chose était difficile à savoir d’avance. Il ne savait rien ou presque de Marie-Louise de Chevreuse, ayant apprit son existence avec la lettre de son père. Il n’avait jamais été très au fait des affaires de la cour et avait du interroger à droite et à gauche pour en savoir un peu plus sur la jeune femme. Les informations étaient assez vagues : elle avait étudié au couvent pour devenir une jeune fille accomplie, elle était très proche de sa grand-mère, la célèbre Duchesse de Chevreuse… Et c’était à peu près tout. Jeune, on la disait jolie… Bref, le portrait était assez vague en somme et François en était resté sur sa faim. En bon militaire, il détestait monter au front sans en savoir un minimum sur son adversaire, et cette fois-ci, il était dans le brouillard total. Ne s’étant pas rendu à Versailles récemment, et les mignons s’intéressant peu – pour ne pas dire pas du tout - aux jeunes filles, trouver un avis objectif n’avait pas été une mince affaire. C’était donc la boule au ventre que le jeune capitaine était arrivé chez la duchesse de Chevreuse où il avait été convié. Celle-ci s’était d’ailleurs dite ravie de recevoir le fils d’une de ses anciennes amies. François avait noté mentalement d’interroger plus avant sa mère sur cette histoire. Comment sa mère, si calme, avait-elle bien pu se retrouver à devenir amie – ou du moins une relation – de la rocambolesque duchesse de Chevreuse ?

Introduit, il n’avait pas eut à attendre très longtemps pour que la jeune femme se présente à lui. Elle avait d’ailleurs presque devancé le majordome. François s’était présenté, mais ne savait que dire de plus. Dans sa jolie robe verte allant à ravir avec ses cheveux blonds, elle était ravissante, et semblait fraiche et gaie. La première impression était donc plutôt favorable pour lui, en espérant qu’elle en pensa autant, ce qui n’était pas garanti. D’un air décidé, elle chassa le serviteur qui n’eut pas son mot à dire, avant de se retourner vers François, qui baisa la main qu’elle lui présentait :

-Monsieur le marquis, c'est un plaisir de vous recevoir. Venez, nous serons bien mieux dans le salon bleu. L'automne est parfois effroyable en cette saison, et un feu n'est jamais malheureux !

François obtempéra sans rien dire, se contentant de hocher la tête avec un sourire. Après tout, il n’était pas chez lui. Sa jeune hôtesse le précéda dans le salon, où elle lui fit signe de s’installer, avant d’en faire de même. Le jeune homme faisait de son mieux pour se détendre, mais il n’était pas très à l’aise. Il ne faisait pas parti de ces godelureaux de cour, un rien caméléon, qui changeaient d’attitude en fonction de leur interlocuteur. Il avait l’impression, malgré sa tenue soignée, de faire tache dans le décor luxueux du salon des Chevreuse. Heureusement Marie-Louise ne semblait pas s’en faire pour si peu.

-Vous devez, autant que moi, trouver cette entrevue un peu étrange ! La duchesse, ma grand-mère, prévoit des choses sans m'en parler, et je dois m'efforcer de lui complaire. Mais si aujourd'hui je pensais avoir à rencontrer un vieil homme trop riche et plus prêt de la tombe que du trône, me voilà heureusement surprise !

François eut un petit rire. Au moins, ils étaient deux dans cette galère.

-Mais dites-moi,...si je peux me vanter de connaître de nombreux courtisans, le nom du marquis de Lavardin ne m'est pas familier, et dans mes souvenirs, l'homme était peu enclin à fréquenter la cour. Êtes-vous son fils ?

Le jeune capitaine fit « non » de la tête, avant d’expliquer :

-Ce titre est à vrai dire très récent. Je suis né Froulay, et après avoir été sous-officier des mousquetaires de Sa Majesté, j’ai été fait capitaine de la garde de Monsieur le Duc d’Orléans. C’est sous ses ordres, lors de la dernière guerre, qu’il m’a fait marquis de Lavardin, pour me récompenser de mes services. La chose était à mes yeux bien inutile pourtant. J’espère que cela ne me rend pas indigne de votre présence, Mademoiselle ?

Le naturel honnête de François pourrait bien le desservir dans ce monde dont il connaissait les codes, sans vraiment savoir comment les appliquer. Marie-Louise, elle, paraissait rompue à l’exercice, et à l’aise dans n’importe quelle situation. Au grand jamais François n’aurait pu avouer que cela l’intimidait. Plutôt la mort.

-Quant à cette entrevue… A vrai dire, j’ai l’impression que mes parents et votre grand-mère cherchent à mettre en œuvre un complot dont nous sommes les pions. Le chemin est long du projet à la chose, tenta le jeune homme pour détendre l’atmosphère.

La porte s’ouvrit et le majordome vint déposer un plateau, avant de s’éclipser, tout en regardant François comme s’il était le tentateur incarné. Le marquis échangea un regard étonné avec son hôtesse, qui ne put s’empêcher de rire :

-Ne vous souciez pas de lui, il est un peu vieux jeu, mais il devrait être habitué, le nom de Chevreuse n'est pas associé au calme et à la plénitude!

François réalisa qu’effectivement, il était reçut par la jeune femme sans chaperon, ce qui était loin d’être convenable. Il aurait presque hésité à se retiré, car il était, lui aussi, « vieux jeu », si l’on en croyait son ami Edouard, du moins. Il aurait sans doute fini par le faire si la porte ne s’était pas ouverte à double battant, la duchesse faisant une entrée fracassante. François bondit sur ses pieds pour saluer la vieille dame, dont l’œil n’avait rien perdu de sa vivacité.
-Madame, c’est un plaisir et un honneur d’enfin vous rencontrer, amorça-t-il en saluant.

-Alors le voici. Mais n’est-il pas charmant ! Qu’en dites-vous, Marie-Louise, ne ferait-il pas l’affaire ?

François en aurait rougit jusqu’à la racine des cheveux. Il coula un regard en coin à Marie-Louise, attendant une réaction de sa part. La duchesse ne semblait pas vouloir rester, elle ne fit pas mine de s’asseoir, mais se tourna cependant vers François un instant :

-Comment se porte Madame votre mère ? Survit-elle en Province ? Je ne comprends pas qu’on puisse s’isoler à ce point.

-Elle est ravie, oui, et se porte comme un charme. Elle vous transmet même sa plus fidèle amitié.

-La province… Je respecte son avis, mais en même temps, ce n’est pas le mien, donc pas le bon. Bien, je vous laisse, à plus tard.


Et elle reparti comme elle était revenue. François se tourna vers Marie-Louise, encore sous le choc de cette rencontre atypique.

-Elle est… extraordinaire, tenta le jeune marquis.

De là à savoir s’il s’agissait d’une critique ou d’un compliment, lui-même était incapable de le dire.

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MessageSujet: Re: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   18.01.16 19:54

Oh-oooh, le jeune homme était donc né Froulay ? Le nom n’était pas inconnu à la jeune fille qui se contenta pourtant de hocher la tête dans un exquis sourire. Oui….Froulay…Où avait-elle bien pu l’entendre. Elle savait qu’on lui en avait dit du bien, peut-être même de l’excellent, mais où diable l’avait-elle ouï ? Sa grand-mère en savait sûrement quelque chose, mais avouer à son aïeule qu’elle ne pouvait retenir un nom qui se révélait peut-être important était signer un aveu de faiblesse. Face à la duchesse, Marie-Louise ne l’aurait jamais osé. Devant son père, oui. Et elle savait pertinemment que lui-même détestait s’avouer vaincu devant la duchesse.
Froulay, donc… Alors que le jeune marquis de Lavardin expliquait la récompense du frère du roi – en voilà un beau jeune homme ! – Marie-Louise ne cessait de fouiller ses souvenirs, mais sans succès, bénissant cette capacité féminine à pouvoir faire deux choses en même temps !

-Indigne, s’exclama-t-elle dans un petit rire ? Allons, vous êtes d’une noble famille et savez très certainement qui je suis. Ce serait plutôt à moi d’être indigne de vous. Comme vous le dites, je pense que nous sommes deux dindons d’une farce à laquelle je goûte peu.

En vérité, Marie-Louise pensait très sincèrement ce qu’elle confiait au marquis. Indigne, elle pouvait l’être, car même en descendant de deux prestigieuses lignées, elle n’en restait pas moins une bâtarde, et sujette d’une scandaleuse et houleuse affaire. Sa naissance était un secret de Polichinelle qui avait fait les choux gras des gazettes à l’époque et se trouver face à un Froulay venu lui faire la cour était une chose à laquelle elle n’avait jamais réellement imaginé. Lorsqu’elle agréait les paroles du marquis et reconnaissait également être un pion, elle n’en pensait pas moins. Il y avait là deux forces supérieures – qu’on appelait « parents » - qui les poussaient l’un vers l’autre, en espérant une probable union.
Alors que le majordome posait son plateau sur le guéridon, Marie-Louise réfléchissait rapidement à l’attitude à adopter. Le marquis laissait une impression de parfait gentilhomme, honnête et droit, sensé et réfléchi. Policé, courtois… la méritait-il vraiment ? Si l’on oubliait sa naissance, qu’était-elle ? Une aventureuse, une comploteuse, une âme vengeresse qui cherchait à détrôner le frère de celui que le marquis servait. Elle avait une âme sombre et le visage lumineux.

Marie-Louise imaginait une improbable union lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, laissant passer la duchesse, radieuse et éclatante. Lavardin avait bondit hors de son siège pour saluer l’ancienne intrigante et la jeune femme ne put retenir un sourire face aux manières parfaite de ce soupirant forcé.

-N’est-il pas charmant ! Qu’en dites-vous, Marie-Louise, ne ferait-il pas l’affaire ?
-Je ne sais à quelle affaire vous  songez, Grand-Maman, répondit-elle d'une voix peu amène. Peut-être monsieur de Froulay-père en sait-il d’ailleurs plus que nous autres jeunes gens.
Elle pinça ses lèvres, contrariée de voir son aïeule parler ainsi d’un invité en sa présence. Elle n'avait parfois aucun respect d'autrui ! Etait-il un simple objet dont on pouvait disposer pour une affaire ? C’était bien là un trait de sa grand-mère, qu’elle détestait : considérer les autres comme des pions utiles à des affaires.

Mais le jeune marquis semblait peu s’en soucier et la duchesse avait repris un babillage léger, demandant quelques nouvelles de la mère du marquis. Ainsi, l’entremise était donc par là. Quand deux femmes s’acoquinaient, le diable pouvait trembler !
Fort heureusement, elle pris le parti de les laisser seul à nouveau et Marie-Louise esquissa un petit sourire forcé en l’observant s’éloigner enfin.

-Elle est…extraordinaire,  fit le marquis de Lavardin après son départ.
-Extraordinaire….c’est le mot, lâcha la jeune fille en se rasseyant mollement dans sa bergère. Exaspérante en est un autre. Elle se mêle de tout, se sent indispensable partout où elle passe, imagine que le monde attend de ses nouvelles.  

Elle eu un petit sourire jaune et préféra mordre à pleines dents un innocent morceau de cake plutôt que de mal penser de son aïeule.
-Le plus amusant,  continua-t-elle, est qu’elle refuse d’accepter qu’elle n’a plus sa place dans cette époque. Une nouvelle génération est là…Voyez, lorsque la jeune duchesse de Longueville est entrée dans le monde, bien avant ma naissance et certainement la vôtre, ma grand-mère a tremblé pour son image et a refusé qu’on puisse se permettre de prendre sa place. Ainsi est-elle. Mon père a parfaitement su utiliser son orgueil pour obtenir ce qu’il souhaitait.  

A nouveau, un sourire sardonique se dessina sur son visage angélique et elle se tut un moment pour siroter une gorgée de thé. Elle réalisa alors que sa grand-mère avait encore réussi à obtenir l’attention de son entourage : même absente, on parlait d’elle ! Elle était aussi insupportable qu’admirable !
-Mais assez parlé des anciens,  reprit-elle dans un franc sourire, cette fois. Parlez-moi plutôt de vous…Enfin je veux dire, de votre emploi auprès de Monsieur ! Ce doit être harassant, on le dit tyrannique, porté sur les mignons et les rubans…Pourtant, je crois avoir entendu qu’il était brave homme de guerre ! Alors…a-t-il combattu en rubans ?  

Et plus la jeune fille parlait, plus elle observait le jeune marquis, plus une idée lui venait à l’esprit. Il était fort convenable, charmant, galant, bien mis…Il devait certainement avoir la trahison en horreur et malgré cette improbable rencontre forcée, aurait refusé de ne pas venir en aide à une jeune fille qui le lui demandait. Se pouvait-il qu’il accepte de l’aider, parfois ? Ou qu’il cache quelques lettres compromettantes ? Il n’était certainement pas de ces impertinents qui ouvraient les courriers des demoiselles…et utiliser la probité d’un marquis n’avait rien de malhonnête ! Elle ne pêcherait que par omission, la faute n’était pas si grave.  
Elle s’était décidée, mais attendrait encore un peu. Elle devait être certaine que son instinct ne la trompait pas, et que Froulay accepte, sinon une relation selon l’attente de leurs parents, du moins une franche amitié.
Et en terme d’amitié, il n’y avait pour elle aucune ombre qui la faisait douter.

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MessageSujet: Re: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   04.02.16 14:58

Le malaise des premiers instants avait fini par se dissiper, et François se sentait un peu plus à son aise dans ce magnifique salon où il sentait tout de même qu’il détonait quelque peu. Marie-Louise semblait enjouée, rieuse, fine d’esprit et ne semblait ni choquée de sa mise ou de sa condition, elle qui, bien que bâtarde, venait d’une si grande et prestigieuse famille – mais pour laquelle elle ne semblait pas avoir de prétention, comme elle le fit remarquer elle-même, François n’ayant jamais l’indélicatesse d’amener le sujet de la bâtardise de la jeune femme sur le tapis. La conversation glissait tranquillement entre eux, bien que la bienséance aurait voulu qu’il y ait un chaperon pour éviter quelque rumeur lancées sur la vertu de la jeune fille, mais on semblait assez peu concerné par ce genre de chose dans la famille de Chevreuse – si on oubliait le très carré majordome, cela allait sans dire. Les deux jeunes gens ne paraissaient pas si mal assortis au final, mais François avait tout de même le sentiment d’être le dindon d’une farce, et Marie-Louise partageait cette sensation, ce qui le rassura, dans la mesure où il n’était pas fou alors. Le passage de la grand-mère de Marie-Louise produisit l’effet d’une tornade, un instant, et François ne sut plus où se mettre. Heureusement, la jeune femme, elle semblait avoir prit le pli d’une certaine répartie envers sa grand-mère. Une fois celle-ci repartie, aussi vite qu’elle était venue, François, soufflé, ne savait que dire de plus, encore sur le coup de la surprise. Un mince adjectif pour décrire la duchesse réussit à franchir ses lèvres. Marie-Louise, blasée, prit le contrepied.

-Extraordinaire… c’est le mot. Exaspérante en est un autre. Elle se mêle de tout, se sent indispensable partout où elle passe, imagine que le monde attend de ses nouvelles.

François, sentant le sujet sensible, s’abstint de faire un commentaire alors que Marie-Louise prenait un morceau de gâteau. Il connaissait d’autres jeunes filles – une en particulier, sa propre sœur – qui avaient du mal avec les manières intrusives de leurs parents et de leur famille. Connaissant mal cependant l’exubérante madame de Chevreuse, un commentaire aurait été mal venu, il n’avait jamais fait parti de ces brillants esprits de cour toujours à l’affut du bon mot, qui peut pourtant blesser. Cela manquait sans doute pour faire de lui le parfait homme du monde que son titre lui permettait désormais d’être pleinement, mais il ne s’en formalisait pas, très heureux comme il était. Marie-Louise le tira de sa pensée, enchaînant, comme si elle parlait à elle-même :

-Le plus amusant, est qu’elle refuse d’accepter qu’elle n’a plus sa place dans cette époque. Une nouvelle génération est là…Voyez, lorsque la jeune duchesse de Longueville est entrée dans le monde, bien avant ma naissance et certainement la vôtre, ma grand-mère a tremblé pour son image et a refusé qu’on puisse se permettre de prendre sa place. Ainsi est-elle. Mon père a parfaitement su utiliser son orgueil pour obtenir ce qu’il souhaitait.


François tritura son chapeau un instant, osant une réponse qui, peut être, surement, allait déplaire à la jeune femme et réduire à néant cette complicité naissante entre les deux jeunes gens, qui, à défaut de se plaire autant que leurs familles respectives l’auraient voulu, trouvaient au moins un terrain de compréhension.

-Quand on a été une femme de premier plan comme votre grand-mère, que sa réputation précède partout, il ne doit pas être aisé de se voir reléguer à la seconde place. A défaut de pardonner, et d’excuser, il y a matière à comprendre sans doute… De notre jeunesse, ce sont des choses que nous ne pouvons comprendre.

La réponse était peut être beaucoup trop philosophe pour le jeune marquis, qui ne se prétendait pas bel esprit. Il y eut un moment de flottement, auquel Marie-Louise pallia très vite.

-Mais assez parlé des anciens. Parlez-moi plutôt de vous…Enfin je veux dire, de votre emploi auprès de Monsieur ! Ce doit être harassant, on le dit tyrannique, porté sur les mignons et les rubans…Pourtant, je crois avoir entendu qu’il était brave homme de guerre ! Alors…a-t-il combattu en rubans ?

François retint un rire avec quelques difficultés, surprit de la franchise de la jeune fille, et amusé en même temps de cette réputation qui entourait le frère du roi pour tous ceux qui ne le côtoyaient pas au quotidien. N’avait-il pas eut lui-même cet a priori avant d’être affecté à son service ? On disait tant sur lui. Le sujet était à la mode.

-Monsieur est… fantasque, osa le jeune homme, ne sachant comment le décrire autrement. C’est un travail de tous les instants, il ne se rend compte de rien, agit sur un coup de tête, oubli ce qu’il a lui-même exigé quelques instants plus tôt, ne jure que par la préséance et l’étiquette, ses caprices n’ont d’égale que ceux du roi, mais dans des mesures totalement différentes… Et en même temps, tous ces petits défauts en font quelqu’un de très attachant. Il sait récompenser ceux qui le servent fidèlement, parfois avec une démesure qui lui est propre…

Sans en parler véritablement, il pensait à la manière dont il était devenu marquis, d’une idée pour tirer enfin le prince de cette morosité constante dans laquelle il s’était glissé depuis son retour de Loraine, idée qui lui avait value un marquisat. Jamais le jeune homme n’aurait pensé en arriver à de telles extrémités.

-Mais bien qu’il ait toujours accordé une importance primordiale à son uniforme, il n’a jamais fait rajouter de rubans. La chose aurait pu être possible il est vrai, cependant.

L’idée même le fit sourire à postériori. Si jamais Monsieur avait eut un tel caprice sur le champ de bataille, nul doute que François se serait arraché les cheveux.

-Appelez-moi idiot, naïf, ou vieux-jeu, mais à l’image de ces hommes suivant un du Guesclin, je respecte beaucoup le duc, bien que lui et sa clique de mignon puissent me rendre fou la plupart du temps. Au final, quand il faut agir, il agira, voilà tout.

François avait conscience qu’il pouvait passer pour un idiot dans ce monde où il fallait toujours avoir un coup d’avance sur les autres et où l’ambition primait sur tout. Il n’avait jamais vraiment été ambitieux, se laissant diriger par son devoir. Et il n’avait pas la moindre idée de ce qui se passait dans la tête de Marie-Louise alors qu’elle le fixait…

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MessageSujet: Re: La belle et le mousquetaire [Marie-Louise] - Terminé   01.04.16 21:23

Marie-Louise sentait que le pauvre jeune homme ne souhaitait prendre part à ses récriminations contre sa grand-mère, et contre toute attente - du moins de ceux qui la connaissaient bien - la jeune fille compris son malaise et se contenta de sourire poliment. Elle se prit, un très court instant avant de reprendre la parole, à apprécier cette mesure de la part de Froulay. Sans qu'elle ne le veuille, elle avait finalement lancé un test auquel il s'était prêté de bonne grâce: s'il s'était emporté à son tour, fustigeant la duchesse de Chevreuse, se mêlant d'affaire que tous deux n'avaient connu, certainement aurait-il baissé dans l'estime de Marie-Louise. Les bruyants, les hableurs, les beaux parleurs, ceux qui l'acquiésçaient sans réfléchir étaient ennuyeux. Froulay, lui, semblait heureusement être resté lui-même. Voià une chose qui lui plu.

Elle préféra détourner la conversation, non sans proposer quelques gâteaux à son hôte. Parler de Monsieur devrait sûrement permettre de longues discussions enflammées, le frère du roi n'était pas réputé pour être d'un calme olympien! Elle fut heureuse de le voir retenir un rire et cacha ce petit plaisir dans sa tasse, en sirotant une gorgée de plus.

-Monsieur est… fantasque,commença-t-il doucement. C’est un travail de tous les instants, il ne se rend compte de rien, agit sur un coup de tête, oubli ce qu’il a lui-même exigé quelques instants plus tôt, ne jure que par la préséance et l’étiquette, ses caprices n’ont d’égale que ceux du roi, mais dans des mesures totalement différentes…

A la citation du roi, Marie-Louise eu un petit haussement de sourcil. Philippe ne devait sûrement pas lui ressembler! A lui, elle ne lui reprochait rien. Monsieur dégageait une impression aimable, et non pas bouffie d'orgueil et de suffisance royale. De fait, le court discours de Froulay la rassura. Les frères ne se ressemblaient pas tant.

-Et en même temps, tous ces petits défauts en font quelqu’un de très attachant. Il sait récompenser ceux qui le servent fidèlement, parfois avec une démesure qui lui est propre, continua le jeune homme.
-Vous peignez là un portrait bien différent que celui que je dressais à tort, s'exclama Marie-Louise dans un sourire! Tel que vous me le décrivez, il semble bien aimable, quoique fils de roi, ajouta-t-elle dans un regard en coin.
-Mais bien qu’il ait toujours accordé une importance primordiale à son uniforme,reprit Froulay, il n’a jamais fait rajouter de rubans.

Marie-Louise, cette fois-ci, éclata de rire. Mais un rire posé, mesuré, avec toute la grâce qu'une jeune fille de bonne famille se devait d'avoir. En effet, il devait être bien difficile de se battre avec des rubans accrochés à son armure!
-Je crois que je n'avais jamais réfléchi à la chose, mais en effet...à y penser, l'idée est assez saugrenue, que d'aller se battre avec des rubans à son épée! Et j'imagine que vous auriez du les lui rattacher dès que l'un avait décidé de partir! J'ai l'impression que vous l'aimez bien, n'est-ce pas, reprit-elle lorsqu'elle calma son rire. Il ne doit pas être bien pire qu'un autre!
-Appelez-moi idiot, naïf, ou vieux-jeu, mais à l’image de ces hommes suivant un du Guesclin, je respecte beaucoup le duc, bien que lui et sa clique de mignon puissent me rendre fou la plupart du temps. Au final, quand il faut agir, il agira, voilà tout.
-Je vois que c'est un homme meilleur qu'on ne le pense, répondit-elle.

Mais les derniers mots n'avaient pas échappé à la jeune femme. Ainsi, Monsieur, le dolent frère du roi lorsqu'il s'agissait de politique, était parfaitement capable d'agir quand il le faudrait? Et fallait-il comprendre qu'il attendait un moment propice? Qu'il pouvait se montrer un allié s'il le fallait? Après tout, Gaston avait bien décidé de trahir famille, amis, ennemis! François de Froulay semblait bien trop honnête pour qu'il puisse imaginer ce qui se passait dans l'esprit de Marie-Louise à cet instant. Et contre toute attente, elle eu un petit mouvement de honte. Il s'était livré à elle sans détours, franchement et honnêtement, n'imaginant pas un seul instant qui servait réellement son hôte. Et elle? Elle se servait de ce qu'il lui confiait. Elle ne voyait, à présent, qu'un informateur, une oreille, un oeil pour la Main de l'Ombre. Un outil pour mener à bien ses desseins.

Elle fut si honteuse de le penser qu'elle se réfugia à nouveau dans sa tasse pour qu'il ne remarque pas l'éventuelle rougeur qui lui montait aux joues. Elle fit semblant de boire, reprenant ses esprits. Froulay était tropo honnête, il était hors de question qu'elle l'utilise à ses propres fins, du moins...sans son consentement!
Un oeil levé par dessus sa tasse, elle l'observa à la dérobée. Il incarnait le gentilhomme chevaleresque, ne pensant jamais à mal, d'une probité à toute épreuve, et capable de trouver en Monsieur des qualités que nul autre ne voyait. Et il détestait les mignons, bien sûr. Se rappelant des desseins de sa grand-mère, elle songea qu'elle ne méritait pas un tel homme, comme son aïeule elle-même n'avait mérité son grand-père.

Reposant sa tasse, elle lui adressa un large sourire, lui tendant à nouveau un plat de gâteaux.
-Je crois qu'il va nous falloir les finir, dit-elle dans un sourire malicieux, sans quoi le majordome nous empêcherait de sortir dehors. Jouez-vous au croquet? Dès que nous aurons terminés, je vous montre!

Elle termina sa tasse, puis sonna une petite cloche pour appeler le majordome.
-Ou alors, reprit-elle, je devrais jouer de malice pour parvenir à mes fins!


***FIN***

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