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 Quand l'ambassadeur prend ses quartiers

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Cela peut vous paraître étrange mais j'en ai un. Il est bien caché, je le réserve à qui m'aimera vraiment. Et pour mes enfants.
Côté Lit: Vous voulez une liste ? Ce sera même un recueil !
Discours royal:



ϟ TURN OUT THE LIGHT ϟ
show me your dark side

Âge : 30 ans
Titre : Duc de Richmond, de Lennox, de Gloucester, Comte de March, cousin de Charles II d'Angleterre
Missives : 720
Date d'inscription : 15/02/2012


MessageSujet: Quand l'ambassadeur prend ses quartiers   08.10.15 18:29


« Un ambassadeur est un honnête homme que l'on envoie mentir à l'étranger dans l'intérêt de son pays.” »


La journée s'annonçait fraîche mais ensoleillée d'une fin septembre, on aurait dit une journée anglaise comme Morgan les aimait tant. Accoudé à la fenêtre, il observait le paysage calme de la campagne versaillaise, les feuilles des arbres prendre des teintes automnales, un beau dégradé doré à rouge flamboyant, où les feuilles tombaient donnaient lieu à des averses colorées. Sûr qu'un  Benserade aurait eu les vers justes pour un tel paysage. Dans un plan plus proche, un petit bambin de trois ans, les cheveux noirs et le teint pâle, courait en riant, poursuivi par une jeune femme voluptueuse à la chevelure de feu qui riait aussi de bon cœur. Voici une belle scène familiale : son fils Andrew – son bâtard qu'il avait eu avec l'épouse de son ennemi Seymour – et sa gouvernante s'amusait sans se préoccuper de la politique, de la diplomatie ou même d'une quelconque étiquette.

A Londres, son fils aurait été ballotté par les gouvernantes désireuses d'avoir une charge, il y aurait eu aussi la pression du pseudo-père, lord Seymour n'aimant pas trop ce fils qui n'était pas de lui, qui sait ce que ce gamin serait devenu. Peut être aurait-il été envoyé loin de la Cour, et finir dans l'église d'Angleterre. Au moins ici, avec son père, le petit Andrew pourrait grandir et Morgan lui donnerait tout ce qu'il faudra pour en faire un grand.

C'est dans ce petit moment familial que Bryan, le valet du duc, vint troubler, annonçant un visiteur, enfin plutôt deux. Richmond, habillé comme un nobliau de campagne, n'avait pas prévu de recevoir qui que ce soit, et si les gens prenaient la peine de se faire annoncer par une petite lettre quelques jours avant leur arrivée, cela serait bien plus poli. Dans le salon où le valet avait installés ces messieurs, Morgan comprit qu'il s'agissait d'une affaire importante. Deux hommes, un tout mince tout de noir vêtu, l'air sec et peu aimable, ainsi qu'un petit ventru, l'air bon vivant, grand sourire aux lèvres et les joues rouges, attendaient l'ambassadeur et le saluèrent avec grand respect, selon son rang, et poli, Morgan les salue à son tour.

« Gentlemen, que me vaut l'honneur de votre visite ?
Nous sommes désolés de venir sans prévenir monsieur l'ambassadeur, mais notre roi Charles II, nous a écrit pour accélérer les travaux de l'hôtel et de vous y emmener quand tout cela sera prêt, dit le grand maigre, du nom de Sir Laurel.
Quel hôtel ? demanda Morgan, interloqué.
Mais le votre bien sûr, celui qui abritera l'ambassade d'Angleterre. Sa Majesté ne vous en a t'elle pas parlé ? Questionna le gros, du nom de Sir Hardy.
l m'a parlé de quelques travaux d'aménagement, mais je croyais qu'il parlait d'ici … »

Les deux hommes, des professionnels de l'architecture, balayaient du regard l'intérieur de la maison, et se retinrent de rire. Non, il n'y avait pas du grand luxe, Morgan l'avait loué à son arrivée en Fance pour avoir un lieu agréable non loin de Versailles. Il n'avait pas pensé devenir ambassadeur ni quoi que ce soit, se sentait à l'aise dans ces lieux et n'avaient pas cherché plus loin. Peut être, en effet, qu'il valait mieux avoir un espace un peu plus … adéquat dirons nous qu'une maison de famille ! Morgan, connaissant son royal cousin, devinait déjà l'hôtel particulier en plein Paris avec luxe en abondance, ce qui lui donnait d'avance le tournis. Les deux hommes lui laissèrent le temps de s'habiller convenablement puis tous trois se rendirent à la capitale. Pendant le voyage, les deux autres ne cessèrent de jacqueter sur la décoration, le retard des travaux, les employés, l'agencement … A un moment, Richmond n'écoutait même plus, contentant de hocher de la tête machinalement, il préférait attendre pour commenter, des paroles en l'air de cet improbable duo ne lui permettait pas de se rendre compte du lieu.

Après un peu de route, voici les anglais dépassés le Louvre et le Palais Royal, longer le jardin des Tuileries et tourner à droite, dans le quartier Saint-Honoré, un joli coin où tout n'était pas encore construit, contrairement au Marais où il devenait impossible de créer sa bâtisse. Le carrosse s'arrêta devant une grande porte, menant sans doute à une cour intérieure pavée. Bingo, lorsque la porte s'ouvrit, Morgan s'aperçut qu'il avait raison. La demeure de pierre comptait un étage nobles, plus deux étages pour des appartements d'amis et du personnel, avec un plan en U. Pour l'instant tout lui plaisait. Il suivit les deux hommes qui lui présentèrent tout d'abord le rez de chaussée, avec un grand escalier avec une rampe en fer forgé ; on y trouvait aussi un énorme portrait de Charles II dans toute sa modestie, sans doute pour rappeler qu'on se trouvait en Angleterre ici aussi. Quelques banquettes et bouquets de fleurs se trouvaient ici ou là, assez simple mais donnant tout de même le ton des lieux. S'en suivit trois salons différents : un rouge avec un énorme lustre et quelques tableaux de personnalités anglaises ; un bleu avec beaucoup de chaises, fauteuils et tabourets, pour recevoir et discuter sans aucun doute ; un doré, beaucoup plus spectaculaire, qui servirait pour les invités de marque ; Sir Laurel lui souffla que si le roi ou le duc d'York venait en France, on monterait un lit dans cette pièce. Pourquoi pas après tout, on peut ne pas passer par là grâce à la galerie ouverte à côté. La pièce suivante surprit Morgan : une salle du trône ! Tout en damas rouge avec des colonnes et des rideaux cramoisis, ainsi qu'un siège.

« En tant qu'ambassadeur, vous représentez le roi en France. Si l'un de nos compatriotes venaient à être récompensés, cela se fera ici. »

Face à cette salle, une jolie salle de bal. Pas bien grande mais de quoi faire de magnifiques dîners mondains en bon comité, avec de nombreux chandeliers et des miroirs donnant sur la galerie de verre, de quoi refléter la lumière, à la manière de la galerie des glaces. Après avoir fait le chemin en sens inverse dans cette galerie, lumineuse et donnant sur un grand jardin encore en construction mais dont on devinait les plans à la française, fait par un disciple de Le Nôtre, bien évidemment. La grande salle à manger d'apparat – que Morgan n'utilisera qu'en de rares occasions – pouvait accueillir une quarantaine d'invités. On le conduisit au premier étage, ce qui serait ses appartements. Au fil des marches, les deux hommes montrèrent une dépendance dans la cour et se félicitèrent de leur cuisine moderne. L'étage était bien fait, découper en deux appartements spacieux : la première pour l'ambassadeur en personne, avec une antichambre, un cabinet de travail, et une chambre à coucher et quelques pièces ; une pour « madame », même si aucune femme n'habiterait là, un peu plus spacieux, avec un boudoir en supplément. L'étage supérieur, pour les amis, abriteraient son frère et son fils, pendant que les domestiques dormiront au dernier étage. Bien pensé, bien fait, Morgan n'avait pas l'impression d'intrusion chez qui que ce soit.

« Et quand puis-je m'installer ?
Selon Sa Majesté, le plus tôt sera le mieux.
Ce que Sa Majesté le roi Charles veut, on ne peut lui refuser … »

Maintenant que l'hôtel était prêt, il serait dommage de ne pas y habiter, et faire vivre les lieux. Progressivement, les affaires furent transférés de Versailles vers Paris, d'une maison de campagne paisible, à la tumultueuse vie parisienne, de la simplicité au grand luxe. Même son petit frère Henry avait apprécié les lieux et n'avait pas rechigné devant les quatre pièces qui lui étaient attribuées ! Quant à Andrew, il aimait en particulier le jardin. Et Morgan, depuis son nouveau bureau – avec de nombreux tiroirs à secrets comme il en rêvait – pouvait observer son petit garçon jouer avec sa gouvernante par une fraîche journée d'automne. Finalement, peu de choses changeaient …

______________________

I've lost a lot a in this game. Another everyday face with no name, I'm not selling misery, so would you stay around with me. I know that you are afraid, the traces of war linger on my face but I'm not selling misery, maybe some day I'll feel home again.


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