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 [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)

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MessageSujet: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   21.09.15 0:02

Depuis que Philippe était venu, Alexandre vivait dans un cadre beaucoup plus confortable que ce à quoi il avait été habitué depuis plusieurs mois. Son frère avait déboursé pas mal d'argent pour lui permettre de vivre décemment, loin de cette cellule humide et froide, dans les quartiers les plus anciens de la Bastille, où il avait incarcéré à son arrivée. Son ancien rang de Mousquetaire ne comptait plus... il n'était rien de moins qu'un assassin aux yeux de tous, même aux yeux du Roi. Il ignorait tout de ce qui allait se passer pour lui. Désormais il s'en moquait un peu. Il se résignait à mourir, pour l'exemple. Comment pourrait-il en être autrement ? Louis XIV n'aurait guère le choix. Il se devait de sanctionner un homme qui avait servi sous ses rangs et que l'on accusait d'avoir tué sa femme et ses enfants, avec la pire barbarie qui puisse exister. Parfois, le jeune homme aurait préféré que ça soit la vérité, pour ne pas être hanté par ce fort sentiment d'injustice. Mais il chassait cette idée. Il n'avouerait pas le crime d'un autre, jamais. Il avait de l'honneur, même si désormais, sa réputation était totalement détruite. Que les autres le jugent, il s'en moquait à présent. Ce qui importait, pour lui, c'était le fait d'être droit dans ses bottes, d'avoir toujours clamé son innocence et de finalement avoir cessé de fuir. Oh, cette décision là fut prise dans la douleur et le désespoir. A quoi bon errer sur les routes toute une vie ? Cela allait à l'encontre de sa personnalité, lui le combattant valeureux, impétueux et courageux qui se jetait dans la mêlée parfois sans réfléchir. Tout cela pour servir l'honneur des d'Artagnan et le Roi. Jamais il ne renoncerait à ce combat. Et contre toute attente, il se rendit à François de Froulay, l'un des rares en qui il avait suffisamment confiance, bien qu'il n'ait pas été un ami proche. Il se souvenait de ce jour terrible, pour son coeur blessé, lorsqu'il avait décidé de quitter la troupe de Molière où on lui avait ouvert les bras sans lui poser de questions. Il se souvint que la résolution fut compliquée à trouver. Et qu'il était parti comme un voleur, sans informer personne, par même Joséphine, si belle Joséphine !

Elle devait probablement lui en vouloir pour être parti sans lui dire au revoir. Mais s'il avait tenté, elle aurait tout fait pour l'empêcher de se mener à une mort quasi-certaine. Comme de coutume chez les d'Artagnan, on ne faisait jamais les choses à moitié. Alexandre avait donc quitté cette loge dans laquelle ils dormaient. Ils avaient la même chambre, pour des raisons pratiques, pourtant le Mousquetaire n'avait jamais tenté quoique ce soit avec cette femme qu'il admirait tant. Le souvenir de Marine demeurait, et il en serait ainsi tant qu'il ne saurait pas qui l'avait tuée. Joséphine, quant à elle, respectait ce deuil et cette distance. Maintes fois, ils étaient passés à deux doigts de s'embrasser. L'attirance entre eux restait forte. Même ici, à la Bastille, Alexandre ne pouvait s'empêcher de penser à elle. Et puis, il secouait vivement la tête pour la chasser de son esprit. Pas parce qu'il ne l'aimait plus, plutôt en raison de l'amertume que sa vision lui laissait. Mieux valait finalement qu'elle ignore tout de ses plans. Les choses devenaient moins compliquées et elle aurait plus de possibilité de rebondir, sans être compromise par son arrestation. Elle devait refaire sa vie, trouver un homme qui sache la rendre heureux et qui soit respectable. Lui, il ne faisait qu'attirer le malheur sur son existence. Une femme si exceptionnelle ne pouvait pas gâcher son avenir pour un pauvre forçat. Il ne regrettait aucun de ses actes. Alexandre soupira et se leva du sol où il faisait quelques pompes. Sur son visage, les couleurs revenaient peu à peu, maintenant que son alimentation était plus... équilibrée. Il continuait à s'entraîner pour remettre du muscle sur ce corps décharné. En sueur après cette petite séance intense, il s'approcha de la zone où était aménagé une latrine. Il se déshabilla pour commencer une toilette salutaire, avec les maigres produits dont il disposait à proximité... du savon et de l'eau froide ! Au moins, cela stoppa net sa transpiration.

Tout affairé à son "ouvrage", il entendit la porte de sa cellule s'ouvrir. Il sursauta et instinctivement il se retourna. Mauvais idée... mauvais réflexe ! Car ce n'était pas un garde qui entra, escorté de son frère... mais une femme ! Et pas n'importe laquelle : Joséphine ! Il fut malheureusement trop tard pour éviter qu'elle ne le voie dans le plus simple appareil. D'Artagnan rougit de honte et cacha l'essentiel avec ses mains, en cherchant désespérément du regard son fute... Le garde afficha un air surpris devant cette scène puis un sourire en coin. Ici, quand une femme venait voir un prisonnier, on savait que ça n'était pas pour jouer aux dames ou pour parler de la pluie et du beau temps ! Il sortit, goguenard et il lança avant de fermer la porte à clé :

- Amusez-vous bien !

Alexandre lui jeta un regard noir et profitant du fait que Joséphine se soit tournée, il s'empressa d'enfiler un pantalon propre que son frère lui avait amené quelques jours plus tôt. Il était rouge tomate et ne sut guère où se mettre. Joséphine l'avait déjà vu torse nu, elle avait soigné ses quelques blessures. Mais jamais elle n'avait été face à ce qu'elle venait de voir à l'instant. Voilà qui allait créer un sérieux malaise... Alexandre cherchait une chemise sans la retrouver. Il prit la parole, la gorge nouée :

- Je... je te prie de m'excuser... je ne pensais pas te voir ici... et les gardes ont la fâcheuse manie de ne pas frapper avant d'entrer... Je... hum... je m'excuse pour... tu sais... le fait de ne pas être présentable... c'est une surprise que tu sois là...

Cela lui mit du baume au coeur. Mais il ne savait pas si Joséphine était là pour lui reprocher son départ ou pas. Il avait très peu d'expérience avec les femmes, Marine ayant été sa seule et unique jusqu'à maintenant. Il ne cernait pas tous les signaux féminins... Maladroit, parce que viscéralement gêné, il reprit :

- Tu n'aurais pas du venir ici... je ne suis pas quelqu'un de bien... tu vas ternir ton image...

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   22.09.15 22:42

- Joséphine ! Tu as entendu la nouvelle rumeur ?

Ces mots. C'était ainsi que ça avait commencé. Héloïse, une des collègues de la comédienne, était entrée dans sa chambre alors que la demoiselle finissait d'enfiler sa robe, semblant impatiente de révéler cette information à son amie. Elle ne pouvait plus attendre, trépignait littéralement. Un sourire amusé était dessiné sur son visage. Joséphine, dont les traits étaient tirés par manque de fatigue et par excès d'inquiétude, tourna le regard vers elle, nouant le lacet sur le devant de sa robe.

- Quelle rumeur ?

- Il paraîtrait que d'Artagnan est en prison. Il s'est rendu et a avoué le meurtre de sa femme et de ses enfants. C'est bien fait pour lui. Un assassin mérite la prison, après tout. J'espère qu'on le pendra en place publique. Il faut que j'aille voir ça.

Aussitôt, le coeur de Joséphine eut un raté. La jeune femme regarda son amie avec horreur, poussant un petit cri qu'elle étouffa de sa main, avant de se rendre compte qu'elle ne devait pas montrer de tels ressentis par rapport à cette histoire. Après tout, personne ne savait que l'homme qui s'était infiltré dans la troupe de Molière et était aujourd'hui porté disparu n'était nul autre que cet Alexandre d'Artagnan. Celui que tout le monde appelait meurtrier, mais qui n'était qu'un pur innocent, victime d'une justice qui ne faisait pas suffisamment bien son travail. Oui, il était innocent. Elle en était convaincue. D'Artagnan, son d'Artagnan ne pouvait pas être le meurtrier de cette femme qu'il avait tellement aimé. Et encore moins un tueur d'enfants. De ses propres enfants, surtout. Usant de ses talents de comédienne, la jeune femme se repeignit un visage plus calme que ce qu'elle était intérieurement, hocha simplement la tête.

- Oui, j'espère qu'il sera pendu. Il le mérite, en effet.

Pendu. Le mot fit frissonner d'effroi la sudiste. Peu importe le moyen utilisé, Alexandre serait tué, jugé coupable du point de vue de tous. Cet homme qui n'avait rien fait allait payer à la place d'un autre. Intérieurement, elle bouillonait. La demoiselle était prête à exploser d'un instant à l'autre. Par réflexe, elle posa le regard sur l'autre lit dans sa chambre, celui qui avait été le sien. Les deux jeunes gens avaient dormis dans la même chambre pendant tout ce temps. Mais pourtant, ils étaient restés sages. Certes, elle n'avait pu un seul instant poser son regard sur lui sans sentir cette envie prenante de l'embrasser. Mais, elle avait toujours respecté le deuil de cet homme qui semblait encore profondément amoureux de sa défunte épouse. Ca se comprenait, d'une certaine manière. Et même si elle était follement amoureuse de lui – à l'image des jeunes femmes dont elle tenait les rôles sur scène -, Joséphine était assez intelligente pour comprendre que cet amour n'était qu'à sens unique. Tant pis pour elle. De toute manière, elle ne pouvait décemment en vouloir à Alexandre. Et puis, il était un noble. Un mousquetaire. Elle… une pauvre fille de campagne, actrice, mariée et ayant fui son époux. Même s'il n'y avait pas eu le souvenir de Marine, elle savait n'être pas digne de lui, de toute manière.

Poussant un long soupir, elle regarda Héloïse avec un sourire calme, et toutefois légèrement forcé, puis lui demanda de sortir de la chambre, prétextant devoir finir quelque chose en privé. L'autre comédienne obéit sans un mot de plus et Joséphine ferma donc la porte de sa loge avant de se laisser tomber au sol, ses jambes tremblantes. Elle avait peur. Non, elle était terrorisée. Les larmes auraient presque pu couler sur ses joues, mais elle les retint. Il fallait à tout prix qu'elle aille voir Alexandre. Il fallait qu'elle lui parle. Les yeux dans les yeux.

Donnant un coup de poing dans le sol, elle cria de rage. Sa main s'écorcha contre le sol mais la douleur n'était rien comparée à celle de son coeur. La peur de le perdre lui déchirait le coeur. Mais, avait-elle seulement le droit de ressentir une telle chose ? N'était-ce pas simplement déplacé ?

Ce ne fut que deux jours plus tard qu'elle trouva finalement l'occasion d'aller à la Bastille. Joséphine avait été voir Molière, lui avait dit devoir aller en ville pour une affaire urgente, ne pas savoir combien de temps ça prendrait. Il l'avait laissé partir. Se doutait-il de la situation ? Savait-il que l'homme qu'elle avait ramené sous un autre nom était Alexandre d'Artagnan ? La jeune femme ne s'était, à vrai dire, jamais posé la question. Et si c'était le cas, elle pouvait remercier le dramaturge pour l'avoir laissé faire sans jamais dénoncer le mousquetaire à la police.

Sans vraiment faire attention, Joséphine avait enfilé sa plus jolie robe. Au fond d'elle, sans doute espérait-elle que la voir ainsi vêtue, ayant fait un effort pour le voir le réconforterai-il. Elle marchait maintenant dans les rues de la capitale, ne se souciant presque pas des gens autour d'elle, manquant d'en heurter quelques uns, de les renverser. Son regard était fixé droit devant elle et ses pensées occupées seulement par le jeune homme. Enfin, le grand bâtiment qu'était la prison de la Bastille se dressa devant elle. Majestueuse. Effrayante. Pesante, aussi. Surtout quand elle pénétra à l'intérieur. Que faisait une jeune femme dans un tel endroit ? Les personnes qui la virent entrer devait sans doute penser à une femme de petite vertu rendant visite à un prisonnier. Mais Joséphine s'en fichait. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent ! Seul l'homme à qui elle avait laissé son coeur comptait désormais.

A peine fut-elle entrée qu'un homme imposant se dressa devant elle, la faisant déglutir et baisser les yeux. Il lui demanda ce qu'elle faisait là. Son ton était sec, froid. Glacial, même. Pour toute réponse, Joséphine fouilla dans sa cape de faible qualité pour en sortir une bourse loin d'être pleine. Toutes ses économies, depuis son entrée dans la troupe de Molière. Cet argent qu'elle gardait de côté pour acheter sa liberté, si une telle chose était possible. C'était désormais pour Alexandre que cet argent allait servir, pour le voir. Il le méritait amplement. Elle n'avait pas hésité une seule seconde.

- J'aimerais voir Alexandre d'Artagnan. Je suis une amie…

L'homme partit d'un éclat de rire. Une amie, hein ? Une putain, devait-il sans doute penser. Une conquête du meurtrier. Elle leva les yeux vers lui, de défi presque. Une soudaine bouffée de courage. Peut-être bien était-ce suicidaire, mais tant pis ! Il la jugea un instant, un long instant. Puis, il se poussa du chemin, en appela un autre à qui il ordonna de conduire la demoiselle voir d'Artagnan. Joséphine poussa un soupir de soulagement.

Les marches jusqu'à la cellule lui semblèrent un véritable calvaire. Plus les secondes passaient, plus son coeur se serrait dans sa poitrine. Ses mains tremblaient. Elle tremblait de tout son être. Dans quel était le trouverait-elle ? Pendant les deux jours qui avaient précédés, elle avait tout imaginé, avait tenté de se préparer à tout. Mais, était-elle vraiment prête ?

Finalement, l'homme ouvrit la porte de la cellule, la poussa dedans.

- Alexan… Oh mon Dieu !

Il était là. Nu comme à sa naissance. Il ne devait certainement pas s'attendre à la voir. Comment aurait-il pu ? Elle était même pas censée savoir qu'il s'était rendu. Enfin, c'était ce qu'elle pensait, étant donné qu'il ne l'avait pas prévenue, était parti comme un voleur, avait disparu sans donner la moindre nouvelle. Les joues de la demoiselle étaient rouges alors qu'elle se retourna. Certes, elle l'avait vu torse nu. Mais n'avait jamais vu jusqu'alors cette partie bien particulière de son anatomie. Et même si elle savait à quoi ça ressemblait, étant mariée, elle ressentait bien entendu de la gêne. Mais pas que… Regard fixe sur ses pieds, dos à lui, elle posa ses mains sur ses joues brûlantes. Il lui fallait effacer de suite l'image qu'elle venait de voir de son esprit. Sinon les retrouvailles seraient encore plus étranges que ce qu'elles promettaient déjà d'être de base.

L'entendant fouiller dans la pièce, sans doute à la recherche de son pantalon, elle attendit un peu. Il lui ferait signe sans doute pour lui dire quand elle pourrait se retourner. Relevant le regard, le fixant sur le mur en face d'elle, elle prit une profonde inspiration pour se calmer. Elle ne pouvait pas le nier, il était bel homme. Elle l'avait toujours trouvé très beau, de toute manière. Alors qu'il reprit la parole, elle sentit le signal et se retourna, se retrouvant face à la vision de son torse nu. Il n'avait plus autant de muscles qu'avant, mais il restait le même. Furtivement, elle se mordit l'intérieur de la joue.

A ses mots, elle ne put que hocher la tête. Elle comprenait, bien entendu.

- Tu n'as pas à t'excuser. C'est pas ta faute…

Entendre sa voix réchauffa instantanément le coeur de la demoiselle. Il était là, face à elle. Et c'était presque comme s'ils n'avaient jamais été séparés. Presque comme s'ils n'étaient pas dans une cellule, à la Bastille. C'était presque normal. Un sourire tendre se dessina sur le visage de la brune. Elle avait pensé le disputer, lui crier dessus, lui reprocher de ne rien lui avoir dit, de l'avoir laissé dans l'incertitude et la peur. Mais, elle ne pouvait plus. Il était là et elle oubliait sa colère. Les yeux dans les yeux avec lui, elle fut prise d'un frisson. C'était fou ce que cet homme lui faisait. Elle haussa les épaules. Son image, elle s'en fichait. Ca ne comptait pas désormais. Pas ici. Pas alors qu'elle était avec lui.

- Tu vas bien ? Lui demanda-t-elle, l'inquiétude dans sa voix plus audible que désiré.

Question idiote ! Comment pouvait-il aller bien ? Il était en prison, pour des meurtres qu'il n'avait pas commis. Parfois, elle ferait mieux de se taire. Secouant la tête, elle ajouta, incroyablement nerveuse :

- Enfin… tu vois ce que je veux dire… j'espère…

Elle se tordait les mains, se triturait les ongles. Son coeur se serrait dans sa poitrine, une fois encore. Elle avait envie de lui dire là maintenant ce qu'elle ressentait. Elle avait tellement peur de ne plus jamais le revoir, de ne plus jamais en avoir l'occasion. Joséphine dut même se forcer pour ne pas lâcher les mots d'un coup, pour ne pas l'embrasser là, maintenant. Non, elle ne pouvait clairement pas faire ça. Pas comme ça. Pas maintenant. Pas avec lui.

- Je t'ai cherché, tu sais ? Tellement cherché. Tu aurais du me le dire avant de te jeter dans la fosse aux lions.

Ca pour l'avoir cherché… et voilà qu'elle le retrouvait enfin. A vrai dire, elle aurait préféré ne jamais le retrouver et savoir qu'il avait disparu de Paris, qu'il était loin désormais, en sécurité.
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   10.10.15 22:03

Depuis que Philippe était venu, Alexandre vivait dans un cadre beaucoup plus confortable que ce à quoi il avait été habitué depuis plusieurs mois. Son frère avait déboursé pas mal d'argent pour lui permettre de vivre décemment, loin de cette cellule humide et froide, dans les quartiers les plus anciens de la Bastille. Son ancien rang de Mousquetaire ne comptait plus... il n'était rien de moins qu'un assassin aux yeux de tous, même aux yeux du Roi. Il ignorait tout de ce qui allait se passer pour lui. Désormais il s'en moquait un peu. Il se résignait à mourir, pour l'exemple. Comment pourrait-il en être autrement ? Louis XIV n'aurait guère le choix. Il se devait de sanctionner un homme qui avait servi sous ses rangs et que l'on accusait d'avoir tué sa femme et ses enfants, avec la pire barbarie qui puisse exister, selon les "témoins". Parfois, le jeune homme aurait préféré que ça soit la vérité, pour ne pas être hanté par ce fort sentiment d'injustice. Mais il chassait cette idée. Il n'avouerait pas le crime d'un autre, jamais. Il avait de l'honneur, même si désormais, sa réputation était totalement détruite. Que les autres le jugent, il s'en moquait à présent. Ce qui importait, pour lui, c'était le fait d'être droit dans ses bottes, d'avoir toujours clamé son innocence et de finalement avoir cessé de fuir. Oh, cette décision là fut prise dans la douleur et le désespoir. A quoi bon errer sur les routes toute une vie ? Cela allait à l'encontre de sa personnalité, lui le combattant valeureux, impétueux et courageux qui se jetait dans la mêlée parfois sans réfléchir. Tout cela pour servir l'honneur des d'Artagnan et le Roi. Jamais il ne renoncerait à ce combat. Et contre toute attente, il se rendit à François de Froulay, l'un des rares en qui il avait suffisamment confiance, bien qu'il n'ait pas été un ami proche.

Il se souvenait de ce jour terrible, pour son coeur blessé, lorsqu'il décida de quitter la troupe de Molière où on lui avait ouvert les bras sans lui poser de questions. Il se souvint que Joséphine dormait paisiblement, le visage apaisé, baigné en partie la lueur de la lune au dehors. Elle avait quelque chose de sublime, une beauté rare qui transparaissait dans chacun de ses traits, encore plus quand elle était au naturel, sans l'artifice des maquillages, sans l'apparat des costumes de scène. S'il ne s'était pas fait violence, il aurait passé toute la nuit et même plus à la regarder, énivré par les battements de son coeur qui s'emballaient et se succédaient de façon très rythmée. Sans bruit, sans lettre, il lui avait tourné le dos pour disparaitre à travers la porte de leur chambre. Surtout ne plus se retourner, ne pas penser au désespoir et à l'inquiétude qui le lendemain animeraient son visage et son esprit. Jamais, elle n'aurait accepté qu'il se rende... parce qu'elle tenait beaucoup à lui, il le savait bien. Au fond, Alexandre espérait vainement qu'elle ne lui pardonnerait pas cet abandon, qu'elle s'enfuierait de son côté pour le laisser mourir. La douleur serait moins forte et moins violente lorsqu'il rendrait son dernier souffle. La vie amenait souvent son lot de surprises, bonnes et mauvaises. Et la présence de Joséphine, ici à la Bastille était les deux à la fois. Alexandre se sentait mal, vis à vis de son départ et en même temps, la comédienne dégageait une telle aura, qu'il sentit ses moyens filer comme le vent. La béatitude, l'admiration et surtout l'amour, qu'il essayait de nier, se manifestaient dès lors que la ravissante jeune femme entrait dans son champ de vision. Autant dire que lorsqu'elle parla, il se sentit bien bête et bien désarmé ! N'était-il pas formé au combat ? Joséphine avait le même pouvoir sur lui que Marine... sa douce Marine... Il avait enfilé son haut alors qu'elle parlait... Il ne lui répondit pas de suite et elle ne tarda pas à lui montrer son désaccord, nerveuse.

- Tu n'aurais pas du me chercher... c'est dangereux d'être près de moi... et puis, tu vas ternir ton image si la rumeur court que tu rends visite à un assassin condamné...

Il se sentit très mal et il eut du mal à déglutir. Comment pouvait-il commencer la conversation par de tels propos ? Il baissa les yeux et machinalement, se prit l'épaule. La jeune femme n'attendait pas ces mots, durs et impitoyables. Elle avait payé des gardes, affronté leur jugement méprisant, mis son image en danger pour venir le voir, lui parler. Son plan tombait à l'eau. Il ne voulait surtout pas la blesser, pas davantage. Il s'empressa donc de reprendre, pour rattraper sa maladresse :

- Je suis désolé... je pensais que tu continuerais ta route, loin de moi, que tu finirais par te moquer de ce qu'il pouvait bien m'arriver... Le fait de m'éloigner, j'avais espoir que tu m'oublies. Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes ici ! Tu ne devrais pas être là, c'est dangereux... sale, répugnant. Ce n'est pas un endroit pour quelqu'un comme toi...

Il ne savait pas vraiment comment expliquer ce qu'il ressentait. Bien sûr qu'il se sentait mieux avec sa présence. Mais d'un autre côté, cela venait compliquer les choses. S'il marchait vers la mort, il devait commencer à mettre de la distance, pour la préserver du chagrin. Et il fallait en faire de même avec sa famille. Pourtant, Alexandre se sentait bien incapable de la chasser. Sa présence lui faisait beaucoup de bien. Il resta à distance, de peur de perdre le contrôle, de l'embrasser, de la serrer dans ses bras. Amis... ils étaient amis... enfin... d'une amitié, étrange, fausse, marquée par des sentiments profonds plus puissants que leurs volontés. Ils ne devaient pas céder maintenant et se lancer dans une tragédie. Ce fut pour cette raison qu'il resta immobile, émanant sans le désirer, une certaine froideur. Il était en train de créer un climat incompréhensible puisque dans le même temps, il reprit la parole pour répondre à sa première question :

- Je vais mieux... depuis que tu es là... je veux dire... ça me fait plaisir de te revoir... Philippe a commis la folie de débourser une somme astronomique pour que je sois mieux traité. Je lui serais éternellement redevable... mon ancienne cellule était... un cauchemar... j'apprécie ce confort même si je me dis que je ne le mérite pas. Tu dois m'en vouloir et je le regrette. Mais je n'avais pas le choix. Je ne supportais plus de fuir... ce n'est pas dans ma nature. Je suis fatigué, je veux que tout ça se termine...

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   13.12.15 1:35

Lui en vouloir… Non, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle savait au fond d'elle qu'il aurait fallu, pourtant. Ca aurait plus facile de lui tourner le dos et de le laisser tomber. De le laisser là, enfermé dans sa cellule, sans plus jamais avoir aucun contact avec celui que tous pensaient meurtrier. Mais Joséphine en était bien incapable. Elle ne pouvait pas en vouloir à cet homme face à elle. Et ce pour la simple et bonne raison que c'était un tout autre sentiment qui l'animait à son égard. Un sentiment qu'elle essayait de cacher coûte que coûte, mais qui semblait vouloir revenir à la surface. Un sentiment qu'elle pensait ne jamais connaître. Après tout, elle était une femme mariée et elle s'était faite à sa situation. Le seul homme qu'elle pourrait jamais connaître serait son mari. Et ce même si elle avait souffert avec lui. Terriblement souffert. Déjà qu'elle s'était échappée…Elle n'allait pas non plus devenir une femme adultérine. La demoiselle s'était répété cela de nombreuses fois en arrivant à Paris. Elle se connaissait bien et se doutait que les tentations seraient grandes, dans cette capitale. Mais, elle était forte. Du moins, le pensait-elle jusqu'à lui. Jusqu'à Alexandre. Jusqu'à ce qu'il entre dans sa vie.

Joséphine… Ressaisis-toi, que diable !

Continuant de triturer ses mains, elle lui sourit. Un sourire doux, tendre. Un sourire qui se voulait réconfortant. Qui la réconfortait elle, en tout cas. Cet homme face à elle, elle se rendait maintenant compte qu'elle ne pouvait vivre sans lui. Quand il était loin, c'était comme si une partie d'elle s'en allait aussi. Elle ne s'en était pas rendue compte jusque là, n'avait pas voulu écouter cette partie d'elle qui hurlait de douleur. Elle ne devait pas l'écouter. Et pourtant, elle ne pouvait désormais plus l'ignorer. Même si elle le désirait plus que tout au monde, elle ne pouvait taire cette petite voix en elle qui lui disait ce qu'elle aurait aimé ne jamais entendre. Cette vérité la blessait. Non, elle n'était pas la même quand il n'était pas là. Et elle savait que, malheureusement, il se pouvait bien qu'il ne revienne plus jamais… Lui, le prisonnier. Lui, le condamné à mort. Lui, l'homme qu'elle aimait.

Certes, Alexandre avait été un homme marié. Et Joséphine n'avait pas pu ignorer le fait que sa tendre épouse disparue lui manquait terriblement. Il l'avait aimé, cette femme. Il l'aimait encore. Elle le sentait. Et Joséphine respectait cela, admirait cela même. La force de cet amour au-delà même de la mort. Une preuve de plus qu'il n'aurait jamais pu la tuer. Une preuve que personne ne semblait remarquer, pourtant. Mais, au fond d'elle, Joséphine ressentait comme une forme de jalousie à l'égard de cette femme. Elle le savait, c'était quelque peu déplacé d'être jalouse d'une morte. Surtout morte dans d'aussi horribles conditions… Mais, elle ne pouvait s'en empêcher. Dieu qu'elle aimerait elle aussi être aimée jusque dans la mort avec cette force terrible.

-Je m'en fiche. Je m'en fiche, tu peux pas savoir à quel point. Lui répondit-elle. Je m'en fiche de ce que les autres penseront. Je m'en fiche des regards que l'on peut bien poser sur moi. Je ne suis pas la femme que tu crois, Alexandre. Je me fiche d'aller à la Bastille rendre visite à un prisonnier si ce prisonnier, c'est toi. Je t'en veux pas. Je t'en voudrais jamais...

Doucement, elle s'approcha de lui, le regarda Il était là et elle respirait enfin. Elle était à nouveau entière. Pourrait-elle jamais revenir une deuxième fois ? Une troisième ? Elle ne le savait pas. Elle en doutait. Combien de temps faudrait-il avant qu'on le condamne ? Avant qu'on le pende en place publique ? Si beaucoup des membres de la troupe allaient aller voir l’exécution, Joséphine savait qu'elle ne pourrait être là. Ou peut-être le faudrait-il quand même ? Être là une dernière fois auprès de lui, au premier rang. Ne pas quitter son regard un seul instant jusqu'à son dernier souffle. Être un support pour lui dans la mort. De nombreuses fois dans ses rêves, elle avait vu son corps pendant au bout d'une corde. Elle l'avait vu, mort, les lèvres bleutées. Non, elle ne pourrait supporter cette vue. Elle ne le pourrait jamais.

- Alexandre… je… pardon de te demander ça mais… tu penses que c'est bientôt fini ? Je veux dire… il y a une chance que tu sois libéré ou… ?

Les sanglots étaient présents dans sa voix, à l'idée de le perdre. Elle tremblait légèrement. Levant les yeux vers lui, elle sentit alors cette chose entre eux qu'ils tentaient tant bien que mal de cacher, d'ignorer. Elle la sentait, si forte, si puissante. Elle ne devait plus la cacher. Ils ne pouvaient plus. Pas alors qu'ils n'étaient plus surs de rien. Dans un geste désespéré, et sans vraiment rien écouter d'autre que son coeur, elle posa une main sur son visage, caressa sa joue un instant, avant de sceller ses lèvres contre les siennes. Lui avait-elle répondue ? Elle ne le savait pas. A vrai dire, peu importait. La réponse n'était pas ce qu'elle voulait. Elle avait juste besoin de poser la question. Juste ça.

Le baiser fut très bref. Elle y mis rapidement fin. Les joues de Joséphine étaient rouges, de honte en partie. Se reculant aussitôt de quelques pas, lâchant son visage, elle baissa les yeux. Des larmes coulèrent doucement, dévalèrent ses joues, vinrent s'écraser contre ses lèvres pour y répandre leur amertume.

- Pardon...  Souffla-t-elle Pardon...

Mais, c'était moins à Alexandre qu'au fantôme de Marine qu'elle demandait pardon. Pardon d'aimer cet homme qui avait été et qui demeurait encore sien malgré la mort. Pardon d'avoir laissé ses sentiments parler en dépit de tout. Pardon d'avoir été faible.
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   31.01.16 11:33

Bien que la situation ne s'y prêtait guère, Alexandre se sentit fier de voir Joséphine balayer d'un revers de main toutes les rumeurs que l'on pouvait lancer sur elle ou sur lui. Depuis le début, elle le croyait lorsqu'il lui disait que ce n'était pas un assassin. Elle avait rejoint ce cercle très fermé et très précieux de proches qui voyait la vérité. Son père, son frère, elle... et puis Barnabé, Cédric, François, son ancien compagnon d'armes auquel il s'était rendu sans faire d'histoire. Même le bourreau avait émis des doutes sur sa culpabilité. Ces maigres soutiens l'aidaient à ne pas sombrer dans la folie, à ne pas lâcher prise définitivement sur tout. Il se sentait moins seul et à la Bastille, ce n'était pas du luxe ! Alors qu'elle se rapprochait, Alexandre l'observa. Cette proximité, il l'appréciait. Combien de fois l'avait-il regardé en train de dormir, sans jamais oser l'approcher ? Il ignorait ce qu'il se passait à l'intérieur de la tête de la jolie comédienne. Et ce n'était pas plus mal... Jamais ! Ô grand jamais il n'accepterait qu'elle le voie mourir... Cette pensée lui apparaissait davantage comme une déchirure que comme une volonté. Il voulait lui épargner l'injustice, l'agonie, comme il l'avait fait avec Marine, autrefois. Sa place se trouvait ailleurs qu'au pied d'un échafaud ! Bien sûr, parfois, il constatait qu'elle s'agitait, comme sous l'emprise d'un mauvais rêve. Mais il mettait ça sur les cauchemars d'artiste, c'est à dire, la peur du vide, d'oublier son texte, d'être la cible de tomates ou d'oeufs pourris, pire, de ne plus avoir son costume. Lui-même avait connu ça, la perte de son uniforme. Dans un rêve une fois, il s'était retrouvé nu devant tout le monde à la caserne ! Voilà qui était désagréable et suffisant pour expliquer des gémissements désapprobateurs ou des gestes virulents dans les bras de Morphée. Bon, il fallait aussi le reconnaitre, se réveiller permettait de constater qu'il ne s'agissait que d'un rêve et donc, cela apportait du soulagement. Sauf que pour Joséphine, le cauchemar risquait bien d'être prémonitoire. Et c'est alors qu'elle posa la question qui coupa net sa réflexion. Serait-il libéré ou non ? Deux choix s'offraient à lui : lui mentir ou rester franc... Le dilemme ne dura guère :

- Non... le seul moyen pour que je sois libéré serait qu'il y ait une preuve permettant d'incriminer un autre que moi ou bien qui me disculpe... Je me prends à rêver que cela soit bref et rapide. Que l'on ne m'oblige pas à m'afficher devant une foule en liesse d'assister à ma mise à mort. Peut-être qu'elle sera courte, un peu comme une guerre qui dans l'idéal pourrait durer 48 minutes... propre, sans bavure, sans faste. Un jour peut-être cela se fera-t-il ! On terminera un conflit comme l'on empoisonne sans douleur un homme... Je ne devrais pas rêver, ce serait comme dire qu'un jour des météores seront lâchés sur de lointaines contrées pour les forcer à se soumettre. La soumission ou la mort sont toujours dans l'opulence, pour marquer les esprits...

Ils échangèrent un regard qui fit tout basculer. A l'instant même où leurs yeux se fixèrent mutuellement sur l'autre, l'ancien mousquetaire sut que quelque chose allait se produire, une chose qu'il n'imaginait pas autrement que dans des rêves lointains et naïfs. Elle s'approcha encore. Une voix, celle de Marine, lui ordonna de reculer mais il n'en fit rien. Il resta immobile, silencieux, comme si le cours des événements ne pouvait être changé. Deux mains chaudes se posèrent sur son visage creusé par la disette et la fatigue. C'était si doux... si agréable... comme lorsqu'il l'avait soigné. Elle avança encore vers lui jusqu'à ce que ses lèvres ne rencontrent les siennes. Sonné, Alexandre la laissa faire, appréciant chaque seconde de ce baiser sincère et passionnel. Le contact s'interrompit. Elle se recula brutalement. D'Artagnan fut désemparé par cette violence, par ses excuses. Pourquoi ne continuait-elle pas ? Il sentit son corps tout entier le brûler de l'intérieur, sur son visage, sur sa bouche... dans son coeur. Le désespoir, lorsqu'il survient, provoque des réactions incontrôlées. Peut-être que son instinct animal, primaire, parlait plus fort. Qu'il ressentait le besoin de laisser une trace avant de mourir, de marquer un esprit longuement... Il ne voulait pas que tout cela s'arrête. Alors il s'approcha à son tour et posa ses mains sur ses bras. Malgré sa maigreur, il avait encore de la poigne. Pourtant, il ne lui fit pas mal, il se montrait simplement rassurant, présent, prêt à la soutenir, tant moralement que physiquement.

- Il y a des chemins inaccessibles, des vérités presque invisibles. Il y a des baisers sans lendemain mais aussi
des histoires sans fin, des appels que l'on n'oubliera pas. Et ces mots dont on ne se lassera... Les mains où l'on ne se sentira pas bien... Ces matins-là, je chaufferai bien tes mains...
Joséphine...


Il s'approcha à son tour et délicatement, en tout cas autant qu'il le put malgré ses mains râpeuses et viriles, il essuya ses larmes et caressa doucement son menton. Sans forcer, il le maintint en place pour venir déposer un baiser à son tour. Mais il n'y avait pas de retenue dans celui-ci... Il goutta à l'amerture de ses larmes, au parfum délicat de ses émotions. Il l'embrassa oui, avec une passion dévorante, une conviction consolidée. Et pourtant, il s'était juré de la rayer de sa vie, pour ne pas la faire souffrir de par sa disparition... Il aurait suffi qu'il la repousse, qu'il lui demande de partir en arguant qu'il n'était guère intéressé. Oui mais, il aurait menti effrontément. Et maintenant que le glas approchait, sa conscience tenait à ce qu'il reste franc jusqu'au bout. Il retira ses lèvres, et appuya son front contre le sien pour la regarder dans les yeux.

- Tu n'as pas à demander pardon... Quand l'amour à vos yeux offre un choix agréable, jeunes beautés, laissez-vous enflammer. Je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens pour toi... depuis le début. Au début, je pensai que ce n'était que de l'admiration. Quand tu jouais sur scène, que je regardais depuis mon poste de garde, je sentais comme une étincelle... une folie... je me suis persuadé que c'était cela. Mais je me suis perdu... tu dévores mon coeur et mon âme, même aujourd'hui. Tu m'enflammes... à un point que j'ai douté de mon mariage, de ce que j'avais construit et que l'on m'a retiré, probablement que j'ai été puni... Ne nous mentons pas... tu sais aussi bien que moi que tout cela est hélas éphémère. Ce que nous vivons là n'aura probablement pas de lendemain. Je ne veux pas que tu en souffres, parce que je ne pourrais pas reposer en paix si c'était le cas. Peut-être qu'au point où en sont les choses, il vaut mieux profiter de l'instant présent et ne plus en reparler, pour ne rien regretter et ne pas en dépérir... Jure-moi que tu le feras, Joséphine...

Il lui demandait beaucoup. Au fond, et c'était une volonté tout à fait humaine, il espérait qu'elle lui dise que non, elle ne pourrait jamais l'oublier... Mais il ne se leurrait pas. Une fois qu'il serait enterré, la belle jeune femme poursuivrait sa vie, arpentant les scènes, profitant des moments joyeux qui lui permettraient d'oublier la tragédie qu'elle avait connu. Il l'espérait. Ce fut étrange de ressentir à la fois une pointe de jalousie et une pointe de bienveillance. Alexandre n'y était pas habitué, lui qui se montrait possessif et tenace.

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Dernière édition par Alexandre D'Artagnan le 07.04.16 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   31.01.16 23:42

Elle aurait du partir alors. Tourner les talons et ne plus jamais revenir ici. Ne plus jamais le revoir. Elle aurait du… Mais elle ne le pouvait pas. Elle ne pouvait pas lui dire simplement adieu. Elle ne pouvait pas se dire qu'elle ne le verrait plus jamais. Elle ne pouvait pas abandonner cet homme pour qui elle se consumait d'un amour déraisonnable. Le souffle de la comédienne se bloqua dans sa gorge quand elle sentit ses main sur ses bras. Le contact l'électrisa. Ses lèvres avaient encore le goût de celles de cet homme. Un goût qu'elle ne pourrait jamais oublier. Même si c'était le premier, dernier et seul baiser qu'ils échangeaient, elle savait que ce goût resterait à jamais gravé avec perfection dans sa mémoire. Jamais rien n'avait été aussi bon. Jamais rien n'avait apporté tant de joie, de plaisir à la demoiselle que l'idée de ce baiser. Mais, jamais rien n'avait été aussi douloureux, non plus. Elle l'écouta, un faible sourire se dessinant sur ses lèvres, éclairant son visage. Elle aimerait tellement, elle aussi. Elle aimerait tellement être avec lui, pouvoir l'avoir éternellement à ses côtés. Elle aimerait tellement pouvoir montrer à tous à quel point elle aimait cet homme face à elle.

Oui, elle aimerait…

- Alexandre… Souffla-t-elle alors qu'elle sentait le contact de ses doigts sur sa peau.

Le contact la fit frissonner. Elle ne savait plus quoi faire. Elle avait envie de l'embrasser encore. Mais, elle ne le pouvait pas, ne devait pas. Non, elle ne devait pas faire ça. Ce n'était pas bien. L'espace d'une seconde, elle pensa à le repousser. Avant qu'il ne soit trop tard. Mais déjà, il était trop tard.

Les lèvres d'Alexandre se posèrent sur les siennes. Le baiser fut aussitôt passionné. Un baiser comme on en donne pas à n'importe qui. En tout cas, elle osait l'espérer. La demoiselle mit un peu de temps avant d'y répondre, troublée. Mais, ses mains finirent par se poser sur le visage de celui qu'elle aimait tant, le prenant en coupe. Et elle se joignit avec force et conviction au baiser. Elle lui rendit son geste avec la même passion. Avec amour. Le sang lui monta encore aux joues. Joues qui devinrent rouges, qui lui chauffèrent. Son corps entier la brûlait. Elle avait tellement envie de plus, au fond d'elle. Elle voulait un instant charnel, sensuel avec cet homme face à elle. Non, ça ne serait vraiment pas raisonnable pour le coup. Rien que ce baiser l'emplissait déjà de tellement de choses. Elle avait déjà tellement plus que ce qu'elle aurait jamais pu espérer.

Joséphine repensa alors à toutes ces fois où elle l'avait vu torse nu. Toutes ces nuits où elle s'était réveillée et avait veillé sur son sommeil. Où elle avait voulu s'approcher de lui pour se glisser à ses côtés. Elle aurait tellement aimé ressentir la chaleur de son corps contre elle, ces nuits-là. Juste son corps contre le sien. Rien que ça. Déjà ça.

Cette fois, ce fut Alexandre qui mit fin au baiser. Pour poser son front contre le sien. Pour la regarder dans les yeux. Les mains de la comédienne restèrent sur ses joues. Un sourire tendre se dessina sur ses lèvres alors qu'elle reprenait son souffle. La déclaration du mousquetaire acheva de faire pleurer Joséphine. Mais plus de peur, de honte cette fois-ci. De joie. Bel et bien de joie. Oh oui, elle était heureuse. Tellement heureuse. Il parlait d'amour. Le mot que la belle avait rêvé de nombreuses fois d'entendre dans la bouche d'Alexandre. Il parlait d'eux. Il parlait de quelque chose entre eux. La brune caressa le visage de cet homme face à elle, son front toujours contre le sien. Ses yeux brillaient désormais.

- Non. Alexandre, non. Tu ne peux pas me demander ça. Je peux pas te promettre de t'oublier, de tout laisser tomber. De recommencer une autre vie comme si de rien était. Pas après ça. Alexandre, je ne peux pas. Je… Je t'aime.

Voilà ! Les mots étaient lâchés. Cela semblait peut-être précipité, mais ça ne l'était nullement. Elle y avait pensé si souvent, s'était posée tant de questions. Joséphine le savait d'autant plus maintenant. Elle était sûre d'elle : ça n'était pas juste une passade. Elle aimait cet homme comme elle n'avait jamais aimé auparavant.

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   25.03.16 19:21

Alexandre vivait deux grands drames. Le premier restait encore et toujours la mort de Marine, qui le hantait, qui lui faisait faire d'horribles cauchemars. Il n'avait pas vécu la scène, aussi, les pires visions lui venaient en tête. Marine battue à mort, saignée à blanc, brûlée vive. Ses enfants avec elle... à l'appeler, alors que lui se trouvait ailleurs. A chaque fois qu'il y repensait, il avait envie d'en mourir. Cet odieux assassinat l'avait injustement conduit, ici, à la Bastille où il était persuadé qu'il finirait ses jours. Tout aurait été simple, si seulement Joséphine n'avait jamais croisé son chemin. Depuis le début, il le sentait, ce feu dévorant, cette passion grandissante. Il avait essayé de l'isoler, de l'enfermer et de l'ignorer, mais de l'intérieur, ça l'avait embrasé. Maintenant, qu'il craignait que la fin de vienne, il ne pouvait rien retenir. Et voilà son second drame. Si seulement il avait été franc plus tôt, s'il avait mis de côté sa peur de petit garçon pour lui dire qu'il l'aimait. Ils n'en seraient pas là. Joséphine l'aurait probablement empêché de se rendre. Oui mais, Alexandre aurait fini par échapper à sa vigilance. Il n'en pouvait plus d'être considéré comme un meurtrier. Il voulait s'arrêter là, en finir avec cette ignoble torture. Il voulait faire cesser la souffrance qui lui lacérait le coeur et l'âme. A l'idée qu'elle soit seule et qu'elle refasse sa vie, oui, il était jaloux, naturellement. Il regrettait même d'être là. Mais d'un autre côté, il ne voulait pas non plus qu'elle se morfonde pendant toute son existence... Joséphine ne l'entendait pas de cette oreille. Contrairement à lui, elle n'avait pas perdu espoir. Elle lui répondit donc avec une certaine délicatesse que ce qu'il lui demandait était impossible. Elle l'aimait. Tout était résumé. L'ancien mousquetaire baissa les yeux un court instant. Que pouvait-il répondre à ça ? Il la regarda à nouveau et répondit :

- Je t'aime aussi. Mais s'il m'arrive quelque chose, tu devras continuer à vivre. Je te le demande, parce que je t'aime, justement. Tu es tellement belle, tellement exceptionnelle... Je sais que tu garderas la tête haute. Je sais qu'un jour peut-être, quelqu'un d'autre croisera ta route et pourra te rendre heureux. Ne lui ferme pas ton coeur à cause de moi.

Il caressa ses cheveux, sans la quitter des yeux. Et il l'embrassa à nouveau, toujours aussi passionnément. Il semblait graver cet instant dans sa mémoire, pour l'aider dans la terrible épreuve qui suivrait d'ici quelques semaines. L'interrogatoire, l'audience auprès du Roi, le jugement... et puis, le point final. Il était brûlant, comme si le brasier qui avait longtemps couvé en lui, irradiait désormais sans qu'il ne puisse le contrôler. Il prit une de ses mains dans celle qu'il avait de libre, pour en caresser les doigts. Il y eut un bruit de cliquetis dans la salle à côté, des mots de protestation, tandis qu'une voix grave et sinistre prononça quelques mots. Alexandre reconnut immédiatement ce ton. Richard Sanson, le bourreau, venait "s'occuper" de son "voisin" de cellule. Bientôt ça serait son tour. Ils restèrent silencieux jusqu'à ce que les deux individus se soient éloignés. D'Artagnan vint s'installer sur son lit, car il avait du mal à tenir debout, il se sentait fatigué. Tout en tenant la jeune comédienne par la main, il l'invita à s'installer à côté de lui. Il jugea bon de changer de sujet, pour parler de choses moins morbides et dramatiques.

- J'espère que la troupe va bien... et que Molière n'a rien dit que je sois parti du jour au lendemain... Puis, j'espère aussi que le succès est toujours sur ta route. Je me rappelle, la première fois où je t'ai vu jouer. Tu interprétais ton rôle avec un tel naturel et une aisance telle, que je n'ai pas arrêté de te regarder... J'ai bu chacun de tes mots et puis tu m'as regardé à ton tour, je me suis senti mal à l'aise, démasqué... un peu comme tout à l'heure quand tu es rentré et que je n'étais pas présentable. Je n'ai pas oublié ton sourire. Jamais... Depuis, à chaque fois que je le pouvais, je suis venu te voir. A chaque fois, j'avais des étoiles plein les yeux. Tu illuminais ma journée. Ca n'a pas changé... je ressens toujours la même chose au fond de moi : l'excitation, la peur de te déplaire, l'admiration.

Il posa une main sur sa hanche et vint à nouveau l'embrasser. A la base, dans sa tête, il n'y avait pas d'arrière pensée quelconque. Mais tout pouvait facilement basculer d'un instant à l'autre. Il détacha ses lèvres et ajouta :

- J'aurais du te dire tout ça, bien avant... mais ça n'aurait pas été opportun. Au début j'étais marié... ensuite le deuil est venu et puis j'ai été en fuite. Je ne veux rien t'imposer de mes déboires... je pensais que tu préférais que ça soit comme ça... Je regrette... ce temps perdu...

EL/ Désolé pour le temps de réponse, j'avais écrit le RP dans mes brouillons mais j'ai complètement oublié de le publier. Embarassed

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   27.04.16 23:58

Aux paroles d'Alexandre, la brune ne put qu'opposer la vision de son mari. Retrouver un homme qui pourra la rendre heureuse...comme Alexandre la rendait heureuse...Ce n'était pas son époux qui allait le faire. Car Joséphine sentait que le moment approchait. Ce moment fatidique où il viendrait. Ce moment où il la retrouverait. Peut-être finirait-il par la tuer ? Il la frapperait, sans doute. Si fort qu'il pourrait mettre fin aux jours de la comédienne. Elle ne demandait que ça. Si Alexandre ne devait plus être, elle ne voulait plus être non plus. Elle voulait le rejoindre dans la mort. Jamais elle ne trouverait un homme comme lui. Il n'en existait pas d'autres, des hommes comme lui. Elle en était certaine. Elle en avait croisé des hommes dans sa vie. Jamais aucun ne lui avait fait ressentir ce que le mousquetaire lui faisait ressentir. Et pas seulement l'amour. La joie aussi. La sensation de bien-être, de confiance.

Joséphine continua de le regarder dans les yeux, un sourire tendre aux lèvres. Avant que ces mêmes lèvres ne sentent celle de d'Artagnan sur les siennes. Avant qu'il ne lui redonne un baiser passionné. Avant qu'elle n'y réponde encore à son tour. Elle ferma les yeux, frissonna aux contacts sur sa peau. Jusqu'à entendre un bruit de clé. Jusqu'à ce qu'elle sente Alexandre se tendre. Les voix dans la cellule d'à côté la firent trembler. Elle comprit rapidement ce dont il s'agissait. Le bourreau. Elle le savait, elle aussi : ce serait bientôt le tour du mousquetaire. La torture. Des larmes coulèrent sur les joues de la comédienne qu'elle essuya rapidement. Des larmes de peur. Elle ne pouvait imaginer que l'on fasse du mal à celui qu'elle aimait, à un être aussi bon que lui. Mais pourtant, ses changements physiques ne trompaient pas. Alexandre souffrait ici. Comment pouvait-il en être autrement ? Il était emprisonné pour meurtre, à la Bastille. Ca n'allait pas être le paradis. Plus les jours passaient, les secondes même, plus elle sentait que la fin approchait. Que pourrait-elle bien faire, elle ? Si le Roi croyait Alexandre coupable, il mourrait. Ce n'était pas une petite comédienne sans pouvoir aucun qui allait changer les choses, simplement parce qu'elle était tombée amoureuse. Parfois, elle rêvait que les choses se déroulaient comme dans une pièce de Molière. Mais, c'était loin d'être le cas.

Le suivant, elle prit place sur le lit, à ses cotés. Elle s'en souvenait parfaitement, de ce jour où elle l'avait rencontré. Elle se souvenait de son regard qui l'avait transpercée, de son sourire qui l'avait faite sourire en retour.

- Ne t'en fais pas pour ça.

Tendrement, de son autre main, elle vint caresser la joue de l'homme. Son regard était posé sur son visage, le couvant avec amour.

- Ne penses pas à ça. Tu n'me décevras jamais, Alexandre. Jamais. Je ressens la même chose aussi. Quand tu étais avec moi, chez Molière...combien de fois j'ai rêvé de t'embrasser. Voir même simplement de te serrer dans mes bras, contre moi.

Joséphine frissonna alors que la main de l'homme se posait sur sa hanche. Un autre baiser fut échangé. Et ils étaient si proches qu'elle ne pouvait que penser un peu plus à la façon dont les choses pouvaient tourner. Elle en avait envie, terriblement envie. Mais, ce n'était pas convenable. Et puis, elle ne voulait pas qu'Alexandre la prenne pour une fille facile. Ce n'était clairement pas son genre.

Quand le baiser fut rompu, elle resta collée à lui, aimant la sensation de son corps si proche du sien, de son souffle sur son visage.

- J'aurais du aussi t'en parler. Mais il y avait ta femme, tes enfants...et puis le deuil...Ce n'était pas bien. Je respectais trop ta femme, sa mémoire. Ca devait être une femme bien pour que tu l'aimes autant. Elle a eu beaucoup de chance. Je suis sûre que tu as été un époux et un père de famille formidable.

La brune sourit légèrement, posa la tête sur son épaule. Elle inspira son odeur rassurante. Elle se sentait bien.

- Je me souviens, quand je t'ai rencontré, avoir été enchantée. Tu était si beau, si majestueux. Je sais pas...tu me rendais heureuse…simplement heureuse de te voir. Même si je ne connaissais pas encore ton nom, si je ne t'avais pas parlé. J'étais contente.

Elle posa sa main sur la sienne, en caressa le dos de ses doigts. Ses yeux se fermèrent tandis qu'elle se concentrait sur l'instant, comme pour ne louper aucune sensation. Son coeur se serra dans sa poitrine à l'idée même d'être un jour séparée de lui.

- Est-ce cela que l'on appelle l'amour, Alexandre ?
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   11.05.16 0:36

L'amour... Alexandre l'avait connu avec Marine. Avec un grand "A", malgré les doutes et les tumultes de son coeur lorsqu'il croisa Joséphine pour la première fois. Il ne s'y attendait pas, à avoir des vues pour une autre femme, à songer, dans ses fantasmes d'homme pourtant respectable, à commettre un adultère, même innocent, simplement sentimental. Et il s'en était voulu, de céder à l'envie de la voir jouer, de poser ses yeux sur elle, comme un papillon irait se brûler les ailes sur les flammes, à corps perdu. Il avait du résister à la tentation, mettre de la distance mais plus le temps passait, plus cela s'avérait difficile. Finalement, le destin avait décidé d'un autre scénario pour leurs vies. Bien qu'en proie au doute, la perte de Marine fut une blessure si violente et si terrible, qu'il ne s'en était toujours pas remis. Seul le fait d'attraper le coupable et de le voir condamné pouvait lui apporter la paix et le repos. Sauf que malheureusement, tout le monde pensait que c'était lui, même le Roi qu'il avait juré de servir. Il apparaissait résigné, meurtri de ne pouvoir mourir avec un minimum de dignité. Enfer ou paradis, peu lui importait maintenant... pourvu que la souffrance ne cesse. Et le pire, c'est que l'amour qu'il éprouvait pour la comédienne le rendait fou de rage au fond de lui. Il serait condamné, à tort et ne connaitrait plus jamais cet amour, autrefois si réconfortant.

- Oui... c'est cela qu'on appelle l'amour... la passion... la communion. Le plus terrible, c'est que j'aime toujours ma femme, elle a été tout pour moi. Elle m'a donné deux beaux enfants que je n'ai pas eu l'occasion de revoir avant leur lâche assassinat. Je ne pourrais jamais oublier ce que nous avons partagé. Pas plus que je ne pourrais t'oublier. Parce que j'aurais voulu vivre la même chose à tes côtés...


Il garda le silence pendant quelques minutes. L'ambiance était lourde, bien que les deux jeunes gens se montrent très attentifs aux signaux de l'autre. D'Artagnan serra sa main. Le geste n'avait rien de fougueux ou de puissant. A vrai dire, il avait perdu beaucoup de sa force et ses gestes demeuraient fébriles.

- Mon père... ne le répète pas, pour son honneur, il vaut mieux ne pas rajouter de l'huile sur le feu, pense qu'il n'y a ni paradis, ni enfer. Que l'enfer, s'il fallait lui donner un lieu, c'est cette terre. Je ne sais pas depuis quand il a perdu la foi... peut-être depuis que ma mère est... partie. Moi-même je ne sais pas quoi en penser... Philippe dit qu'il ne faut pas se détourner de Dieu, qu'il est là dans chaque instant pour nous soutenir. Je crois qu'il doit être très occupé et qu'il n'a pas le temps de regarder nos petites personnes... Mais je crois aussi qu'il lui arrive de se faire aider par des personnes à la belle âme... C'est probablement ce que tu es, un ange, envoyé sur ma route pour m'aider à aller mieux...

Alors qu'il marquait une courte pause, un cri sinistre retentit du plus profond de la prison. Il transportait tellement de souffrance et de douleur, qu'Alexandre ne put s'empêcher de frisonner malgré lui. Dans son style, Sanson était un type sans coeur et sans humanité. Tôt ou tard, il viendrait pour lui aussi, pour le soumettre à un interrogatoire et le faire avouer. D'Artagnan savait déjà qu'il resterait silencieux. Jamais il n'avouerait un crime qu'il n'avait pas commis, quitte à durcir sa sentence. De toute façon, qu'est-ce qui pouvait être pire que la mort ? La vie à errer, veuf, sans sa progéniture, dans un monde hostile et froid. Seule Joséphine valait la peine qu'il se batte et apportait un oeil nouveau à sa condition. Il la regarda, trahissant un air apeuré par la simple idée d'être torturé lui aussi. Et si Richard parvenait à lui arracher ces mots qu'il refusait de prononcer ? On le disait démoniaque, violent... sans aucun remords ni limite... Cet accès de faiblesse avait quelque chose de touchant surtout pour quelqu'un qui, pudeur familiale oblige, avait été éduqué pour cacher ses émotions, en vain. Désarmé, inquiet, il laissa son instinct de préservation prendre le dessus, sans même essayer de le contrôler. Il s'avança pour embrasser fougueusement Joséphine. Ses joues étaient si rouges qu'elles le brûlaient. Il s'en moquait et conserva ce contact charnel.

Rien dans le geste n'était convenable. Seulement, comme souvent chez les êtres sentant arriver la fin, Alexandre ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'il allait laisser ensuite, après sa mort, sur cette terre. Et dans sa tête, tout s'emballait, tout s'embrouillait. Il aurait aimé pouvoir réfléchir, agir posément, mais rien n'y faisait. Il ne cessait de l'embrasser, comme si sa vie en dépendait. Ses mains, légères et tremblantes, effleurèrent les bras de Joséphine. Il quitta sa bouche pour venir embrasser son cou, faisant glisser sa peau sur la sienne.  Arrivé près de son oreille, il murmura :

- Je remercie Dieu pour t'avoir envoyé vers moi... parce que je ressens une multitude de choses... pour toi... et que même si j'aurais voulu que les choses soient différentes, je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle... Je le sens... c'est un feu ardent qui me consume...

Sa main se posa sur son épaule, tandis qu'il fit doucement glisser le côté gauche de sa robe, dévoilant sa peau légèrement hâlée.

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   25.05.16 0:43

Si le geste n'avait rien de fougueux et semblait même faire ressortir la faiblesse physique de l'homme, Joséphine sourit toutefois. Elle angoissait, savait que le bourreau serait là d'un instant à l'autre. Alors, elle devrait sortir et le laisser se faire torturer. Elle ne pouvait imaginer la douleur que ça devait être et ne supportait pas l'idée qu'on lui fasse du mal à lui. Elle le savait innocent. Jamais un homme aussi bon, aussi doux, aussi aimant n'aurait pu tuer sa femme et ses enfants. Et pourtant, ils continuaient tous à le croire. S'ils avaient fait attention ne serait-ce qu'une seule seconde...Ils pourraient voir la peine qui étaient la sienne et le désir de vengeance. Ce monstre qui lui avait tout enlevé...si seulement Joséphine l'avait face à elle… Elle n'hésiterait pas une seule seconde avant de le tuer. Certes, la situation serait compliquée et dangereuse pour la jeune femme. Mais, elle voulait le tuer. Lui qui avait fait tant de mal et qui continuait encore. Alexandre allait être exécuté à sa place. N'était-ce pas là la pire injustice qui soit ?

La tête toujours posée sur son épaule, elle écouta ses mots, ne put s'empêcher de rougir. Elle, un ange ? Si seulement Alexandre savait...s'il savait qu'elle n'était arrivée à Paris, chez Molière que parce qu'elle fuyait un mari violent et possessif. S'il savait que La Grange n'était même pas son vrai nom. Enfin, celui de sa mère, mais tout de même. Joséphine croyait évidemment en Dieu. Mais, comme Alexandre, elle savait qu'il avait des choses plus importantes à régler que les petits problèmes des êtres humains. Alors, parfois, il fallait s'occuper soi-même de son destin. Il fallait avoir le courage de fuir vers une autre vie, une vie meilleure. Et c'est ce qu'elle avait tenté de faire. Même si la peur l'habitait constamment. La peur de se perdre, de le retrouver, de faire face aux mauvaises personnes.

Elle allait lui répondre quand le cri du prisonnier lui glaça le sang. Elle se serra un peu plus contre Alexandre, prise d'un frisson. Bientôt, ce serait son tour à lui. Des larmes perlèrent aux coins des yeux de la belle brune. Elle avait peur, terriblement peur. Si...quand Alexandre sera condamné, il faudra qu'elle tire un trait sur cette romance. Et déjà l'idée lui semblait impossible et trop douloureuse. Rien que l'idée de le voir pendu en place publique lui était insupportable. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire ? Absolument rien. Elle n'était personne. Sa parole n'avait aucun poids.

Le baiser qui arriva alors déstabilisa la demoiselle. Mais, elle ne put s'empêcher d'y répondre. Les baisers étaient empreints de dépendance. L'un comme l'autre en avait besoin. Ils étaient ardents, emplis de désir. Un désir que partageait la demoiselle, mais qui lui faisait peur. Elle désirait Alexandre. Elle voulait partager avec lui un instant sensuel, charnel. Mais pouvait-on la blâmer d'avoir peur quand on savait ce que ces instants avaient été pour elle, autrefois ? Son mari la violait encore et encore. Il ne lui faisait pas l'amour, jamais. Eric avait toujours voulu lui faire un enfant. Rien d'autre ne comptait pour l'homme. Et temps qu'elle n'était pas enceinte, il prenait possession de son corps avec violence. Elle avait appris à se taire et à cacher ses larmes. Mais, elle avait peur. Même si elle savait que rien ne serait jamais comme ça avec Alexandre, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur.

Alors que les lèvres du soldat dérivèrent dans son cou, un faible gémissement passa les lèvres de la comédienne.

- Alexandre...moi aussi...moi aussi, je le sens...mais...doucement...s'il te plaît…

Toutefois, elle ne fit rien pour l'empêcher de caresser son bras, de baisser sa robe. Elle l'aida même. Son corps ne demandait que ça, que le contact du sien. Une fois encore, elle captura ses lèvres dans un baiser ardent, ses mains se glissant dans la nuque du prisonnier, sous sa chemise. Elle caressa sa peau, sentit les muscles, mais aussi les os sous ses doigts.

- J'en ai envie… j'en ai tellement envie…mais...si on nous surprends … ?
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   19.06.16 22:06

Dans la tête d'Alexandre, il n'était pas question de la contraindre, de la forcer ni même de la violenter pour arriver à quelque chose, qu'elle soit intime ou non. Le jeune homme n'avait été élevé comme ça. Sa mère lui avait appris le respect et même s'il faisait preuve d'une terrible maladresse avec les femmes en général, il n'en restait pas moins un homme de valeurs. Philippe, son frère, possédait le même code de l'honneur. Il l'appliquait avec plus de facilité parce qu'il se montrait très tolérant. Peut-être que sur ce point, l'aîné avait plus de mal, mais jamais, il n'irait à l'encontre de la volonté de quelqu'un. Il aurait suffi que Joséphine lui dise non, qu'elle lui demande d'arrêter, pour qu'il le fasse. De ce point de vue, les d'Artagnan restaient impassibles. Même Charles, qui pourtant avait des tendances réactionnaires et souvent colériques ne s'était jamais adonné à ce type de choses. Pour autant, le prisonnier ne savait rien du passé traumatisant de l'actrice. Il l'aimait, mais ignorait qu'elle était mariée et qu'elle avait changé de nom. Peut-être était-il trop tôt pour en parler... Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi puisque tout portait à croire qu'il allait mourir. Pas besoin de l'embarasser avec tout cela. Dans ses gestes, il se montrait doux mais légèrement brusque, on sentait que ses nerfs étaient à fleur de peau. Guillaume et Aurore étaient morts, du moins le croyait-il. Il ne laisserait rien derrière lui. Cette question le taraudait, instinctivement. Il voulait essayer d'y remédier... Plus facile à dire qu'à faire. Outre le consentement mutuel il fallait aussi que ça tombe dans une bonne période et ça, c'était loin d'être acquis. Bien sûr, tout cela, il ne le calculait pas, il se laissait porter par son corps, uniquement par lui, puisque son esprit, meurtri avait déjà renoncé à tout, à la liberté et à la vie.

Joséphine répondit à son entreprise par une caresse qui le fit frémir. Cela faisait longtemps qu'il avait pas été touché de la sorte. Il sentit son coeur battre à tout rompre. Ils s'embrassèrent à nouveau, ne parvenant à rompre le contact que difficilement et au prix d'un gros effort. La jeune femme évoqua alors sa peur qu'on les surprenne. Pour Alexandre, ce fut un retour à la réalité... Oui, il se retrouvait enfermé à la Bastille, dans une cellule décente grâce à son frère. Que risquait-il à se faire attraper ? Rien de pire... de toute façon il s'en moquait, il ne voulait plus cacher son amour pour elle. Puisqu'on le condamnait, il profiterait de la vie jusqu'à son dernier souffle. Il caressa tendrement la joue de Joséphine.

- Qu'importe... j'ai envie de toi...

Il se redressa pour venir l'embrasser et prendre sa tête dans le creux de ses mains. Lentement, il descendit, pinçant son cou de ses lèvres. Il aida Joséphine à se mettre à califourchon au dessus de lui, puis il se leva, portant l'actrice de ses bras. Ses muscles, du moins ce qu'il en restait se contractèrent au maximum. Il ne pourrait pas tenir longtemps. Il le savait. Sa force le quittait depuis des semaines. Il l'assit sur la table. Pas besoin de lunettes pour voir qu'il avait envie. Debout cela se voyait forcément. Il retira les derniers vêtements de Joséphine avant de perdre son regard sur son corps. Puis il s'approcha à nouveau pour l'embrasser, d'un baiser passionné et torride. Ses mains se posèrent alors sur sa poitrine, où il entreprit plusieurs caresses.

- J'ai souvent rêvé de ce moment... et j'en avais honte... je craignais de dire quelque chose pendant mon sommeil alors que tu étais à coté...

Oh, Joséphine avait forcément du l'entendre gémir sans forcément faire de lien avec un rêve torride. Il colla son corps contre le sien, avec douceur. Sa main droite descendit sur son ventre, puis sur son pubis, jusqu'à atteindre le fruit prétendûment défendu où il entama d'agréables caresses. Une chose était sûr, avec Alexandre, Joséphine ne serait pas en manque d'amour et d'attention...

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   12.09.16 15:09


Assise là, sur cette table peu solide, elle pouvait voir et sentir clairement le désir du soldat. Il avait envie d'elle. Et malgré tout, elle ne put s'empêcher d'en être à la fois fière et heureuse. Toutes ces nuits passées dans sa chambre chez Molière lui revinrent en mémoire. Toutes ces fois où elle aurait aimé venir se blottir contre lui, l'embrasser, plus encore même...mais où elle s'était interdit de le faire. Peut-être ne la désirait-elle pas, après tout.. Là était l'excuse qu'elle s'était toujours donnée. Et pourtant, elle l'avait entendu durant toutes ces nuits sans dormir. Elle avait entendu ses gémissements. Ils avaient été idiots. Tellement stupides. S'ils avaient eu le courage tous deux de tout s'avouer avant, Joséphine était certaine qu'il ne serait pas en prison. Pas ici. Pas comme ça. Elle aurait tout quitté pour fuir avec lui, loin de Paris. Elle lui aurait fait comprendre qu'il fallait partir. Peut-être aurait-elle du ?

Aux caresses sur sa poitrine, elle gémit. Son corps entier était brûlant de désir et son souffle se faisait plus lourd. Ses yeux brillaient alors qu'elle le regardait. Doucement, elle lui ôta sa chemise, caressa son torse avec des gestes doux. Il avait perdu du muscle et n'avait, pas endroits, que la peau sur les os. Mais, il restait terriblement beau. Terriblement désirable. La brune se mordit la lèvre en regardant cet homme qui était alors sien. Même si ça ne durerait pas longtemps… Un petit cri de surprise passa ses lèvres alors qu'il entreprit des caresses plus intimes et la comédienne écarta un peu plus les jambes par réflexe, pour lui laisser plus d'accès dans ses gestes si agréables. Se penchant en avant, elle vint déposer ses lèvres sur le torse de son amant, se contentant de caresser cette zone-ci pour le moment. Même si une partie d'elle voulait plus, elle prendrait son temps. Elle n'était pas vraiment certaine de bien faire et craignait quelque peu la réaction d'Alexandre. Mais, elle faisait de son mieux.

Mais ce bel instant fut coupé par des coups à la porte. Joséphine sursauta, regarda Alexandre avec peur. Elle savait ce que cela voulait dire. Il le savait aussi. Le bourreau était là. C'était son tour. Il entrerait sous peu dans la pièce et elle était là, nue. Le sang afflua à ses joues et elle enfouit son visage dans le cou du mousquetaire, collée contre lui. Son corps entier tremblait et elle sentait aussi la peur de son amant. D'autres coups. Il commençait à s'impatienter. Et bientôt, il ouvrirait la porte. Joséphine se leva, prit sa robe qu'elle enfila rapidement. Ses cheveux était défaits et la robe mal posée sur son corps. Mais au moins, le bourreau ne la verrait pas nue.

Se tournant à nouveau vers Alexandre, elle prit la chemise du soldat dans ses mains et lui enfila doucement avant de poser ses mains de chaque côté de son visage et de l'embrasser amoureusement, tendrement. Les larmes se remirent à couler sur le visage de Joséphine, mais elle les essuya du revers de la main, espérant qu'Alexandre n'ait rien vu. Posant son front contre le sien, elle remarqua alors qu'ils n'avaient plus dit un mot depuis plusieurs longues minutes.

- Alexandre...je...je t'aime…

Ce furent les seuls mots qu'elle fut capable de prononcer. Une déclaration d'amour. Une promesse de ne jamais l'oublier. Peut-être était-ce la dernière fois qu'ils se voyaient. Ca semblait en tout cas les bons mots à dire. Il fallait qu'elle les dise. C'était un besoin terrible. Rien qui ne pourrait empêcher son coeur de se briser douloureusement dans sa poitrine, mais quand même. Joséphine ne vit pas le bourreau qui était entré et qui les regardait avec un sourire malsain. Elle ne le vit pas attraper Alexandre fermement pour l'attirer hors de la cellule. Finalement, en l'espace de quelques secondes, elle se retrouva seule dans cette pièce froide. Alexandre avait été emmené. On allait le torturer encore et encore pour des réponses qui ne seraient que mensonges.

La comédienne sortit rapidement de la Bastille, courant presque vers la sortie. Puis, alors que le soleil parisien vint heurter sa peau, elle éclata en sanglots.
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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   17.09.16 23:52

A mesure que le temps passait, Alexandre lâchait prise sur tous les interdits, toutes les conventions. S'il devait mourir, il voulait faire les choses qui lui paraissaient les plus importantes avant. Aimer Joséphine, lui dire qu'elle était plus que précieuse à ses yeux. Certes, à cet instant, il ne parlait pas, il agissait... Il sentait que la jeune femme, bien que disposée à ses caresses, demeurait quelque peu crispée. Il en ignorait la raison, mais il se désigna naturellement comme responsable, puisqu'il donnait l'assaut. Impossible de prendre du recul, la seule remarque qu'il se fit, c'était que son ardeur prenait trop le pas, alors il essaya de faire ses gestes plus doux et d'ajouter plus de sensualité. Cela ne possédait rien d'évident. Entre l'envie, le désir et cet instinct, Alexandre se retrouvait au milieu d'une guerre intérieure sans merci. Il voulait poursuivre, son corps le lui imposait presque. Il luttait donc intérieurement pour savourer chaque précieuse seconde de ce moment d'intimité et d'amour. Il n'avait rien d'un rustre, mais à force d'ignorer ses sentiments, de les bannir, il s'était frustré tout seul, comme un grand !

Sans doute était-ce cet instinct de survie, cette flamme douce de l'existence, qui le poussait à agir ainsi. Il n'appréciait pas cet instant, uniquement parce qu'il s'agissait probablement du dernier, mais parce que Joséphine, continuait à lui inspirer autant de sensations agréables que profondes. Son coeur battait fort, comme lorsqu'il avait rencontré Marine, auparavant. Il se souvenait de cette douceur agréable, de l'écrin de soie qui avait entouré son corps lorsqu'ils échangèrent leur premier baiser. Il avait ressenti la même chose avec la comédienne. Il aurait aimé se dire qu'il tournait la page, que quelque chose de neuf commençait, mais au fond, il trouvait que son comportement n'était pas le bon. Pourquoi lui rompre le coeur ? La mort approchait, mieux valait renoncer à tout que de tenter de grapiller quelques instants de plaisir et d'allégresse. Sans doute, Richard Sanson se dit-il la même chose ? Le bourreau se tenait devant la porte. Certes, il avait un certain respect pour Alexandre, parce qu'il ne le pensait pas fondamentalement coupable. Mais s'il attendait, ça n'était pas par charité. Les portes de la Bastille étaient épaisses mais pas suffisamment pour étouffer les bruits.

Méticuleusement, il attendit que la table se mette à grincer sous le poids des deux amoureux, pour frapper brutalement à la porte. Dans la pénombre du couloir, un sourire mauvais s'afficha sur son visage... carnassier. Il se satisfaisait de casser cet instant, à n'en point douter. Il commença à introduire la clé dans la serrure, lentement, faisait volontairement un maximum de bruit, comme pour torturer le couple. A l'intérieur, tout se passa assez vite, Alexandre partagea une étreinte avec Joséphine, mais ne parvint ni à la rassurer, ni à faire disparaitre son inquiétude. Il l'aida à enfiler sa robe et la laissa lui remettre sa chemise. Ils s'enlacèrent, ils s'embrassèrent. Un délic sinistre précéda l'ouverture de la porte dans un grincement ignoble. Richard apparut dans l'embrasure. Presque immédiatement, ses yeux se posèrent sur Joséphine, avec une expression perverse. Il était goguenard, il jouissait d'avoir interrompu leur court moment de répit. Il se plaisait à torturer leurs esprits éprouvés. Sanson ne laissa pas à Alexandre le soin de parler. Il le saisit fermement par le col avec une telle brutalité que les coutures craquèrent. L'ancien Mousquetaire n'en menait pas assez large pour tenter de résister. Et de toute façon, il n'en avait plus envie. Richard lui attacha les mains dans le dos et le poussa vers le couloir.

D'Artagnan aurait voulu hurler à Joséphine qu'il l'aimait, lui aussi, mais il n'en trouvait pas la force. Et Sanson, de faire glisser volontairement sa hache le long du mur, dans leur longue marche vers la salle d'interrogatoire. Le bruit sinistre se répandit dans la prison, couvrant les pas irréguliers d'Alexandre. Rien n'était plus cruel que la marche du condamné... hormis, sans doute, son bourreau.

FIN

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MessageSujet: Re: [Bastille] Le charme du prisonnier, une légende ? (Ft. Joséphine)   Aujourd'hui à 7:17

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