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 La vérité, rien que la vérité, toute la vérité [REVELATION VALOIS]

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MessageSujet: La vérité, rien que la vérité, toute la vérité [REVELATION VALOIS]   30.08.15 17:36

« Monsieur le baron. C’est bientôt l’heure. »

La voix fluette qui s’éleva dans dos tira le fou de sa torpeur et qu’il somnolait sur son fauteuil, un livre ouvert qu’il n’avait même pas parcouru sur les genoux. Après une demi-seconde d’incertitude quant à où il se trouvait, Ferdinand se passa une main sur le visage et tourna la tête vers la porte pour croiser le regard soucieux d’Aurélien et Faustine, debout dans l’encadrement, leurs visages inquiets illuminés par la faible lueur de la chandelle. Ses deux domestiques, plus fidèles que des labradors, avaient mis un point d’honneur à s’assurer qu’il soit bien réveillé à l’heure dite ; et les connaissant, ils ne bougeraient pas d’un pouce jusqu’à ce que le baron ne quitte ses appartements. Laissant échapper un soupir, il s’arracha au confort de son fauteuil et, d’un geste de la main, les rassura. Non, il ne retournerait pas s’asseoir. Non, il ne retournerait pas s’assoupir. A presque deux heures du matin, la tentation était grande, mais cette fois-ci, l’heure était trop grave. Et Ferdinand, aussi bien que ses domestiques, n’en étaient que trop conscients. L’horloge au mur tiquait lentement, égrenant les secondes qui les séparaient de l’heure fatidique.

« Monsieur le baron souhaite-t-il une collation avant de partir ? » demanda Faustine, les mains jointes sur son tablier.
« Non, merci Faustine. Tu peux aller te coucher. Toi aussi, Aurélien. Je n’ai plus besoin de vous ce soir. »
« Je ne vous accompagne pas, baron ? » interrogea Aurélien qui déjà enfilait sa veste et s’interrompit dans son mouvement.
« Pas cette fois. Le sujet est trop grave, je ne veux pas mettre plus de paires d’oreilles à risque. »

Aurélien bougonna quelque chose mais finit par hocher la tête. Brave Aurélien, songea Ferdinand en les observant partir, un léger sourire au coin des lèvres. Fidèle, loyal, pas le plus futé mais suffisamment malin pour s’attirer des ennuis et pas assez pour s’en sortir sans dommages. Heureusement, Faustine était là pour lui mettre un peu de plomb dans la tête – mais il ne pouvait pas risquer de la mettre en danger elle aussi. Les informations qui allaient être révélées ce soir étaient bien trop importantes et explosives pour les impliquer. Oh, il se doutait que ses domestiques connaissaient la nature de ses activités, il avait même fait appel à leur aide plusieurs fois… Mais pas cette fois.

Cette fois, c’était entre lui, le roi, et d’Artagnan. Et lorsque ces trois-là se réunissaient dans le plus grand secret, ça n’était jamais pour des affaires légères.

Une fois certain qu’Aurélien et Faustine étaient rentrés dans leurs chambres respectives, Ferdinand retourna dans le salon et raviva le feu, songeur. La pluie battait contre la vitre de sa fenêtre – des révélations en pleine tempête, on ne pouvait que difficilement faire plus attendu. L’ambiance dramatique serait au rendez-vous. Pas étonnant qu’Aurélien ait été si impressionné et ressenti le besoin d’accompagner son maître – un rien suffisait à le faire paniquer. Pauvre garçon, s’il savait dans quels ennuis son maître avait la fâcheuse tendance à se jeter, il aurait démissionné depuis longtemps – ou aurait attaché Ferdinand à son lit pour s’assurer qu’il ne s’en aille plus risquer sa vie quotidiennement dans les rues de Paris ou dans les sous-sols de Versailles. Puis, le roi serait venu réclamer la présence de son fou, aurait demandé ce qu’était la signification de tout ceci, et Aurélien se serait liquéfié sur place…

Quel beau tableau. Ferdinand esquissa un sourire en s’éloignant de la cheminée, faisant lentement les cent pas dans la pièce. Le roi. Quelle tête ferait-il après avoir entendu ce que le fou avait à lui confier ?

Quelle tête ferait-il en apprenant que son cousin, Hector de Valois, avait toujours été son ennemi le plus acharné, et le responsable de ses malheurs, l’instigateur des plus terribles complots qui avaient frappé la couronne ces dernières années ?

Son sourire s’effaça. Le souvenir de cette nuit fatidique lui revenait en mémoire, les détails aussi vivaces que si tout s’était passé la veille. Une course-poursuite, une bataille acharnée, deux pistolets dégainés – et la réalisation de qui était l’adversaire et de tout ce que ça impliquait. Une vie entière d’amitié gisant à leurs pieds au milieu de débris de verre imaginaire, des vérités ignominieuses jetées à la figure, un monde qui s’était écroulé alors que les masques étaient tombés à terre, révélant à chacun l’hideux visage du traître. Traître à la couronne, traître aux Valois. Chacun son combat – pour toujours irréconciliables. Une vérité que Ferdinand n’avait jamais réussi à accepter, d’abord par déni, ensuite parce que la guerre avait accaparé toute son attention. Puis Hector était mort, fauché en pleine bataille. Un héros de guerre. L’ironie était stupéfiante. Ferdinand en était resté abasourdi plusieurs jours, partagé entre la douleur d’avoir perdu son meilleur ami sans avoir pu se réconcilier avec lui – et le soulagement de ne pas avoir eu à le faire. Car la réconciliation, il le savait, n’aurait pu venir que s’il avait pris certaines décisions ; des décisions qu’aujourd’hui il regardait avec horreur. Le marché avait pourtant été clair depuis le début. Un an pour prouver la légitimité des Valois. Sinon…

L’horloge frappa les deux heures. Aussitôt, le fou poussa la tapisserie qui dissimulait la porte cachée par laquelle il accédait au couloir secret qui le menait jusqu’aux appartements du roi. Le bruit de ses bottes résonnait à peine sur le pavé, et il ne lui fallut que deux minutes pour se glisser comme un courant d’air dans les appartements privés de son monarque. Lorsqu’il referma la porte derrière lui et se retourna, il constata que le roi soleil était fidèle au poste, droit comme un i à son secrétaire. Prêt à parler affaires. Comme toujours. D’Artagnan, lui, n’était pas encore arrivé, mais connaissant le mousquetaire, cela ne saurait tarder.

« Diable Louis, respire mon garçon. On dirait que tu as avalé un chandelier. » lui fit remarquer Ferdinand, néanmoins sans joie. S’il n’avait rien dit de la nature exacte de ce qu’il allait lui révéler, en revanche il avait bien précisé qu’il s’agissait de quelque chose de grave. « Garde-nous cette mine d’enterrement pour quand je vous aurai dit ce que j’ai à vous dire. »

Un bruit de pas annonça l’arrivée du plus respecté et respectable des mousquetaires. Ferdinand salua l’arrivée de son chef bien aimé d’un hochement de tête, et laissa à Louis le soin de l’inviter à s’asseoir. Le fou, lui, restait debout, déambulant ici et là, trahissant sans soute l’agitation dans son esprit sans même s’en rendre compte. Puis, enfin, il se lança.

« Vous vous doutez que je n’ai pas pris la liberté de vous appeler tous les deux de gaité de cœur – surtout que même un fou sait qu’on n’appelle pas un roi. Mais à cas extrême, mesures extrême, n’est-ce pas ? » commença-t-il, les mains jointes dans son dos. « Il y a quelque chose dont il faut absolument que je vous parle… Je n’ai que trop retardé ce moment mais maintenant… Maintenant… »

Il marqua une pause, cherchant ses mots – un phénomène assez rare pour être noté de la part de cette inlassable pipelette. Puis il se jeta à l’eau.

« Il s’agit de ton cousin de Valois, Louis. Hector. Ce que je vais te dire ne va pas te plaire. Prépare-toi. » prévint-il en plantant ses yeux dans ceux du souverain. « Crois-moi, je n’irais pas salir sa mémoire si je ne pensais pas que c’était d’une importance vitale pour ton royaume. »

Louis ignorait les détails exacts des liens qui unissaient les Valois aux Anglerays, mais il savait parfaitement que les deux hommes avaient été amis. Il savait que les Valois avaient toujours eu une place spéciale dans sa famille – et que l’heure devait être grave pour qu’il rappelle ainsi à leur souvenir le dernier des Valois. En tout cas, le fou comptait là-dessus.

« Il y a un an presque exactement, j’ai tendu un piège à nos ennemis. Une nuit, j’ai réussi à coincer un des hommes qui complotent dans ton dos sans qu’on ne parvienne à les attraper – il s’est débattu, a presque réussi à m’échapper, mais j’ai réussi à le rattraper avant qu’il ne s’enfuie avec des papiers importants qui auraient pu mettre à mal tes relations diplomatiques avec nos voisins étrangers. J’ai réussi à lui arracher son masque… »

Désormais immobile, les yeux fixés sur un point sur le mur, il déglutit et lâcha enfin :

« C’était Hector de Valois. »

Silence. Ferdinand reprit :

« Me reconnaissant à son tour, il renonce à me tuer – il était pourtant très déterminé, vous pouvez me croire. Et il m’explique alors, dans sa rage et sa colère, qu’il n’est pas seulement un participant au complot. Il en était le chef… »

Alors, se remémorant sa terrible discussion avec Hector, Ferdinand leur raconta tout ce qu’il savait. La folie du père d’Hector. Le lavage de cerveau dont il a certainement été la victime dès son plus jeune âge. Sa haine envers la dynastie Bourbon, ses plans pour reprendre la couronne, son organisation secrète, ses alliés… Non, il n’avait aucun autre nom, Hector n’était pas stupide. Mais les implications de l’existence de cette organisation bouleversait tout ce que les espions croyaient savoir sur les ennemis de la couronne. Il ne s’agissait plus de cabales dispersées, mais d’une véritable association de dissidents qui pouvaient mettre leurs moyens en commun et renverser le pays à la première occasion. Une véritable boîte de Pandore qui n’attendait que d’être ouverte pour répandre le chaos et la destruction…

« … après ces explications, nous avons passé un marché. Personne ne mourrait ce soir-là, mais je devais lui laisser un an. Un an pour m’apporter la preuve formelle de l’illégitimité des Bourbon. S’il échouait, il se rendait à moi et livrait ses complices. S’il réussissait… je devais le rejoindre. Puis la guerre a éclaté, et sa mort a annulé notre marché… » conclut-il, le cœur lourd.

Le fou, qui ne riait pas le moins du monde, se tourna vers ses deux compagnons, la mine grave.

« Je suis désolé de ne vous avoir rien dit. Mais ce marché était la meilleur opportunité que nous ayons jamais eue de mettre la main sur nos ennemis, j’ai cru prendre la bonne décision. Mais même si Hector n’est plus, ses complices sont encore là, et dieu sait si la mort de leur chef a mis un terme à leurs plans... ou s'ils ont réussi à se réorganiser. »

La vérité s'étalait sous leurs yeux. Quant à Ferdinand, il ne se faisait pas d'illusions. Son sort à lui était bien incertain, et c'était à Louis et Charles de décider, maintenant, ce qu'ils allaient de l'imprudent qui, suite à un marché, aurait bien pu se voir forcé de passer de l'autre côté...
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MessageSujet: Re: La vérité, rien que la vérité, toute la vérité [REVELATION VALOIS]   10.09.15 22:39


« La vérité, c'est qu'il n'y a pas de vérité. »


En général, l'instant après le coucher solennel et le moment où il se recouche est le préféré de Louis. Fini le faste qu'il adore tant pourtant, il pouvait vaquer à ses occupations. Cela pouvait être rejoindre Amy ou son épouse, mais souvent c'était pour les affaires de l'Etat. Le monarque avait un souci de sommeil depuis presque toujours, l'insomnie le guettait et il ne lui fallait pas plus de quelques heures pour se remettre. Même Bontemps dormait plus que lui, c'est dire !

Mais pas ce soir. Il redoutait cet instant, ce moment où il apprendrait des nouvelles « graves » aux dires de son fou. Si Anglerays le disait, il ne fallait pas minimiser la chose. Mais le gredin n'avait pas voulu en dire plus, laissant le roi dans ses réflexions, à savoir ce qu'il se passait, qu'est ce qui était si grave et si secret à la fois. En attendant que ses deux fidèles espions, formant ainsi le triangle d'or du réseau d'espionnage, arrivent, Louis se mit derrière son secrétaire, à travailler sur le projet du ministère de la marine que proposait Colbert, ainsi que de reéquiper les navires français. Ce fut avec une difficulté inhabituelle que Louis dut se concentrer, chercher à comprendre et annoter en marge quelques bafouilles, mais il avait bien du mal. Il voulait savoir.

A ce moment, Ferdinand apparut grâce à son passage secret, le fou ne prenait même pas la peine de passer par Bontemps, que Louis avait demandé de garder la porte pour faire entrer les deux invités du soir. Peu d'humeur à la plaisanterie, il n'esquissa même pas un sourire à la blague d'Anglerays, qui ne semblait pas vraiment inspiré. Il régnait un silence presque de mort, l'arrivée de d'Artagnan se faisait attendre pour avoir ces fameuses révélations qui n'en finissaient plus d'arriver. Enfin, Bontemps conduisit Charles dans la pièce, et s'étonna de voir Ferdinand ici ! Louis l'assura d'aller se coucher tranquille, et les voici enfin seuls après s'être salués. Le fou put enfin se lancer, et il ne faisait pas le fier. Louis ne le quittait pas des yeux, impatient de ce qui pouvait bien être d'une si grande importance, il ne pouvait pas s'imaginer qu'un boulet de canon ne serait pas moins violent …

« Il s’agit de ton cousin de Valois, Louis. Hector. Ce que je vais te dire ne va pas te plaire. Prépare-toi.  Crois-moi, je n’irais pas salir sa mémoire si je ne pensais pas que c’était d’une importance vitale pour ton royaume.
Ferdinand, trêve de bavardage. Qu'as tu à dire ?  »

Le ton, agacé, montrait à quel point il semblait impatient de tout savoir. Que pouvait avoir fait son cousin ? Ferdinand et lui avaient été amis, Louis comprenait un peu que cela faisait mal à son espion de raconter quelque chose sur lui … et salir sa mémoire. Alors le récit, concis, commençait un an avant et Louis l'écoutait avec attention, comprenant petit à petit où voulait en venir Ferdinand mais ne voulant pas y croire et pourtant …

«  Et il m’explique alors, dans sa rage et sa colère, qu’il n’est pas seulement un participant au complot. Il en était le chef…
Comment ? » répliqua t'il, d'une surprise sans nom.

Non, vraiment, il ne s'attendait pas à cela. Qu'Hector ait pu comploter contre lui, c'était déjà beaucoup, mais alors le chef de l'organisation ? Lui, son cousin à qui il avait donné la charge de gentilhomme du roi ? Il avait l'occasion de le tuer une bonne dizaine de fois depuis tout ce temps. Louis écoutait le reste, le père d'Hector – cet enragé – et tout le reste, le souverain avait les yeux dans le vague, ayant du mal à enregistrer toutes ces informations invraisemblables, il n'arrivait pas à imaginer Hector aussi cruel, voire pire, que son père. Qu'il ait monté une organisation à sa solde parmi la noblesse non plus. En qualité de roi, il savait qu'il y avait toujours de potentiels traîtres dans son quotidien, mais au point d'avoir préféré Hector à lui ? De l'imaginer mort ? Cette réalité était terrifiante et il s'accrocha à son bureau pour ne pas trembler. De peur, mais aussi de colère, qu'on lui ait caché cela depuis aussi longtemps.

« … après ces explications, nous avons passé un marché. Personne ne mourrait ce soir-là, mais je devais lui laisser un an. Un an pour m’apporter la preuve formelle de l’illégitimité des Bourbon. S’il échouait, il se rendait à moi et livrait ses complices. S’il réussissait… je devais le rejoindre. Puis la guerre a éclaté, et sa mort a annulé notre marché… »

C'était presque le coup de grâce. Ferdinand, son fidèle ami et allié, prêt à le trahir à son tour. Il jeta un regard à d'Artagnan, lui aussi accusant le coup. Sans doute aurait-il transpercé le fou de son épée si Louis lui en avait donné l'ordre … Heureusement que le souverain avait plus de retenue que cela.

« Je suis désolé de ne vous avoir rien dit. Mais ce marché était la meilleur opportunité que nous ayons jamais eue de mettre la main sur nos ennemis, j’ai cru prendre la bonne décision. Mais même si Hector n’est plus, ses complices sont encore là, et dieu sait si la mort de leur chef a mis un terme à leurs plans... ou s'ils ont réussi à se réorganiser. »

Un nouveau silence régna, Ferdinand avait fini son long récit et il fallait y répondre. Mais que dire ? Trop d'informations, trop de trahisons d'un coup, difficile à encaisser cela, même quand on a l'habitude de porter le poids de la France depuis sept ans maintenant. Il finit par se lever, sembla réfléchir puis regarda son fou. Rien que dans ses yeux, on pouvait comprendre sa colère, et en même temps sa déception.

« Tu as cru bien faire ? Tu as cru bon de n'en informer personne, de laisser planer sur moi une épée de Damoclès, peut être de me faire mourir parce que tu as CRU que c'était une bonne solution ? Il se contenait, hurler dans le château n'était pas forcément bien vu à cette heure, Mais tu es plus fou encore que ce que je pensais. Un homme qui trahit son roi aurait trouvé toutes les excuses du monde pour t'avoir à sa merci. Quelle preuve t'aurait-il emmené ? Dis moi ! »

Le ton était légèrement monté, Louis prenait sur lui pour ne pas hurler comme il aurait aimé faire, il aurait bien aussi voulu gifler Anglerays pour sa négligence mais il préféra serrer les poings et ne pas déverser le flot de la colère, sinon cela aurait été sans fin.

« Imaginons qu'il trouve une vraie preuve, tu m'aurais vraiment trahi ? Sans m'informer, tu aurais retourné ta veste pour un fourbe ? Tu m'aurais sacrifié sur l'autel de votre amitié ? Même si tu étais sûr qu'il ne trouverait aucune preuve, car il n'y en a AUCUNE, crois tu vraiment qu'il se serait rendu ? »

Il poussa un profond soupir d'exaspération, il n'y avait aucune logique à ce marché, à part celui de la vie sauve, mais il y avait surtout aucune raison à ce silence, et Louis lui faisait bien comprendre.

« Tu m'as trahi, Ferdinand. Je t'ai fait confiance toutes ces années et voici ce que j'ai en échange. Les rois n'ont pas d'amis, l'adage dit vrai.
Il s'approcha de d'Artagnan, lui qui a été là dans les grands moments de la vie du monarque. Je vois bien que vous avez quelque chose à dire d'Artagnan, n'hésitez pas. »

Sûr qu'avec Charles, ça n'allait plus être fait dans la dentelle …

______________________



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MessageSujet: Re: La vérité, rien que la vérité, toute la vérité [REVELATION VALOIS]   11.10.15 12:27

- Allez !!! Bon, essayez donc de vous montrer digne de monter sur ce canasson, nom de Dieu !

Charles perdait patience... Il tâchait de former une nouvelle recrue dans les Mousquetaires. Le jeune homme, gentil au demeurant, peinait à se mettre en selle. La faute à un cheval trop grand pour ces jambes courtes. D'Artagnan le regardait faire depuis quelques minutes et le spectacle commençait à le lasser. Dépité, il secoua négativement la tête. Il s'approcha de l'animal, que la nervosité avait envahi et le caressa pour le calmer. La recrue baissa les yeux et Charles le secoua un peu :

- Ôtez donc cette mine d'enterrement sacrebleu ou je vous fais mettre à l'isolement ! La tâche est aisée, regardez donc ! Même le plus nabot des nains, dût s'appeler Nicolas, doit pouvoir être capable de chevaucher sur le dos d'un éléphant s'il le faut ! Vous allez chercher la prise, ici et vous prenez de l'élan sur vos jambes ! Comme ça ! Allez chercher l'ouverture vers l'extérieur !

Tout en expliquant il joignit le geste à la parole et il se hissa sur la selle. Aussi vieux soit-il, Charles n'avait rien perdu de sa souplesse. Il toisa la recrue de toute sa hauteur et continua à caresser le cheval. Il ajusta son chapeau à plume, de couleur grise aujourd'hui et sur un ton passionné, il précisa :

- Regardez ! Tout en fluidité ! Quand vous serez sur son dos, vous serez ce cheval, vous vous sentirez libre ! Allez ! A votre tour maintenant !

Charles descendit et laissa Nicolas monter, du moins essayer. C'est à ce moment là qu'un messager arriva. Ferdinand demandait sa présence pour une affaire avec le roi. D'Artagnan glissa le pli dans le veston de son uniforme et entreprit d'aider la recrue pour monter à cheval. Il lui fit la courte échelle, qu'au moins il puisse lui démontrer ce qu'il valait. Mais dans le même temps le messager lui précisa que "l'audience" avait lieue en ce moment même. D'un geste brutal, le Capitaine donna une impulsion. Nicolas passa par dessus le cheval pour se tomber de l'autre côté dans la paille, la tête la première. D'Artagnan ne prit même pas garde à son cri de surprise étouffé ni même aux rires des autres mousquetaires qui observaient moqueurs, la bleusaille se faire bousculer par le "patron". Charles, fidèle à lui-même s'emporta :

- Andouille ! Vous ne pouviez pas commencer par cela ! Où est-ce ? Au appartements du Roi ! Par tous les diables ! Quelle catastrophe le Fou va-t-il encore nous annoncer !!! Poussez-vous donc de mon chemin !

Il monta prestement sur le cheval et partit au galop pour se rendre au château de Versailles. Il avait un côté conquérant à chevaucher ainsi à travers Paris. Il était difficile de ne pas voir sa mine soucieuse. Cette rencontre sortait de l'ordinaire. Habituellement, Ferdinand n'avait pas besoin de sa présence pour faire des rapports au Roi. Le fait que Charles ait été convié, vivement, voulait dire que la situation s'avérait délicate. Probablement un nouveau complot ourdi contre le Roi. D'Artagnan savait que tous les jours, des félons voulaient se payer le tenant de Trône de France. Il s'agissait dès lors de coordonner les choses pour cueillir un maximum de traîtres ! A cet effet, le Roi avait eut l'intelligence de faire appel à deux hommes de confiance. Ferdinand tout d'abord, qui, en sa qualité de fou, bénéficiait d'une excellente couverture. L'homme était capable de se faufiler dans n'importe quelle conversation sans se faire repérer, pour en entendre tous les secrets. Il était plus qu'un atout, il demeurait essentiel à la stratégie du Roi. Et puis, en face, comme alter-égo et compagnon de route, le Roi avait fait appel à son plus vaillant et intègre Mousquetaire : Charles. Et celui-ci avait bien évidemment accepté la mission qui lui incombait. En façade, il se montrait exécrable, aigri, pas particulièrement très avenant. C'était volontaire, il brouillait les pistes, mettait en confiance ses adversaires pour mieux les prendre par surprise. Charles était rusé et son tandem avec Ferdinand le rendait redoutable. Ceux qui disaient que le Roi de France n'avait aucune jugeote et qu'il ne savait pas bien s'entourer, se trompaient.

Bien sûr, il leur arrivait de se tromper, d'échouer. Mais Louis était satisfait de ses deux pièces maîtresses. Il continuait à leur faire confiance. Entre le souverain et Charles, c'était quelque chose d'assez particulier qui s'était noué. Le Capitaine avait été son protecteur pendant la Fronde. Il ne l'avait pas lâché, déjouant les attaques des opposants avec une férocité exemplaire. Le vieil homme servait la Couronne depuis Louis XIII, son père et jamais, il n'avait manqué à son devoir et à sa mission. C'était donc une forme de tendresse qui s'était développé entre eux. Charles jouant un rôle protecteur, une figure paternelle qui manquait parfois au jeune Louis dans l'adversité. Et le Roi lui, admirait l'homme et le soldat indéfectible. Sans qu'une diseuses de bonnes aventures n'ait besoin de le lui confirmer, il savait que D'Artagnan finirait par mourir l'arme à la main, au combat. Parce que cet homme ne connaissait que le terrain et l'honneur. Arrivé dans la Cour du château de Versailles, Charles confia sa monture à un écuyer. Puis il s'avança d'un pas déterminé vers le bâtiment. Il jeta à peine un regard à l'architecture. Certes, c'était beau, mais pour lui, ce n'était qu'un tas de pierres et de ciment, du matériel, sans importance puisqu'il survivrait à la mémoire de son bâtisseur. A quoi bon se soucier des choses qui n'étaient pas éphémères puisqu'elles ne manqueraient jamais ? Dans la famile du mousquetaire, l'éducation n'avait été matérialiste. La possession était une aide, pas une finalité. C'est sans doute pour cette raison que le manoir des d'Artagnan, situé sur des terres en périphérie de Paris ne payait guère de mine. Il était même modeste et contrastait avec les tenues toujours impeccables et criardes de Charles.

Il fut conduit par un serviteur jusqu'aux appartements du Roi et après avoir été introduit, il salua Louis et le Baron d'Anglerays d'une révérence irréprochable. Il ne savait pas quelles affaires importantes l'amenaient ici, mais pas de doute, Ferdinand était grave, il avait probablement des informations cruciales. Comme il prit la parole, Charles l'écouta attentivement. « Vous vous doutez que je n’ai pas pris la liberté de vous appeler tous les deux de gaité de cœur – surtout que même un fou sait qu’on n’appelle pas un roi. Mais à cas extrême, mesures extrême, n’est-ce pas ? » commença-t-il, les mains jointes dans son dos. « Il y a quelque chose dont il faut absolument que je vous parle… Je n’ai que trop retardé ce moment mais maintenant… Maintenant… ». Tandis qu'il marquait une pause, Charles fit un geste de la main pour le presser de parler enfin ! « Il s’agit de ton cousin de Valois, Louis. Hector. Ce que je vais te dire ne va pas te plaire. Prépare-toi.  Crois-moi, je n’irais pas salir sa mémoire si je ne pensais pas que c’était d’une importance vitale pour ton royaume ». Il détestait les effets d'annonce ! Ferdinand était déjà en train de jouer avec ses nerfs ! Un agacement que partagea le Roi... « Ferdinand, trêve de bavardage. Qu'as tu à dire ?  ». Et le Fou d'entamer alors son récit. Hector de Valois. L'évocation de ce nom entraînait forcément un peu de tristesse chez Charles, puisqu'il était mort au combat. Louis éprouvait du mal à s'en remettre. Quand son cousin disparaissait de façon aussi brutale, cela laissait des cicatrices. Dès les premiers mots d'Anglerays, l'esprit de Charles se mit en route, dans une énorme cavale. Les pièces du puzzle se mirent en ordre avant même que Ferdinand ne termine. Celui-ci dut voir la pâleur grandissante du Capitaine, qui resta anormalement silencieux. Et puis le coup de grâce tomba. «  Et il m’explique alors, dans sa rage et sa colère, qu’il n’est pas seulement un participant au complot. Il en était le chef… ».

Instinctivement, d'Artagnan se rapprocha de Louis, comme pour lui servir de soutien s'il se sentait défaillir. Un geste anodin en apparence mais qui en disait long sur cette relation presque familiale qu'ils partageaient. « Comment ? ». Les propos de Louis se perdirent en écho. Là, c'était un séisme... une véritable déchirure à laquelle il ne pouvait pas vraiment croire. La révélation en elle-même était blessante, pourtant, elle n'était guère pire que la suite. Alors que d'Artagnan se demandait alors pourquoi Ferdinand n'avait pas immédiatement arrêté ou tué Hector, le fou reprit la parole et ses explications. Mais cette fois, à chacun de ses mots, d'Artagnan reprenait de la couleur... une couleur rouge, celle du sang qui bouillonnait à l'intérieur et de la colère. « … après ces explications, nous avons passé un marché. Personne ne mourrait ce soir-là, mais je devais lui laisser un an. Un an pour m’apporter la preuve formelle de l’illégitimité des Bourbon. S’il échouait, il se rendait à moi et livrait ses complices. S’il réussissait… je devais le rejoindre. Puis la guerre a éclaté, et sa mort a annulé notre marché… ». Un marché ??? Un marché !!! Depuis quand Ferdinand pactisait avec l'ennemi ??? Et pour des motifs fallacieux qui plus est ? Sentant soudain l'atmosphère se faire de plus en plus lourde et tendue, le Baron se justifia, d'une façon bien peu adroite... « Je suis désolé de ne vous avoir rien dit. Mais ce marché était la meilleur opportunité que nous ayons jamais eue de mettre la main sur nos ennemis, j’ai cru prendre la bonne décision. Mais même si Hector n’est plus, ses complices sont encore là, et dieu sait si la mort de leur chef a mis un terme à leurs plans... ou s'ils ont réussi à se réorganiser. ».

Le silence tomba, pesant... le calme avant une énorme tempête. Charles affichait un air totalement incrédule. Il aurait pris le plafond sur le crâne que ça ne l'aurait pas autant sonné. Il écumait sa rage, mais cette fois ça n'était pas la petite colère habituelle, non... Tout son corps était tendu, prêt à exploser, un peu comme une théière bouchée. Il laissa cependant le Roi prendre la parole. On ne coupait pas le sifflet au souverain et Charles aurait été impoli de réagir en premier, car il n'était pas le plus trahi dans cette affaire. « Tu as cru bien faire ? Tu as cru bon de n'en informer personne, de laisser planer sur moi une épée de Damoclès, peut être de me faire mourir parce que tu as CRU que c'était une bonne solution ? Mais tu es plus fou encore que ce que je pensais. Un homme qui trahit son roi aurait trouvé toutes les excuses du monde pour t'avoir à sa merci. Quelle preuve t'aurait-il emmené ? Dis moi ! ». Outre la preuve, c'était surtout le fait que Ferdinand n'en parle à personne, pas même à Charles pour au moins préparer un plan B si jamais Valois ne tenait pas parole ou tentait de commettre l'irréparable. « Imaginons qu'il trouve une vraie preuve, tu m'aurais vraiment trahi ? Sans m'informer, tu aurais retourné ta veste pour un fourbe ? Tu m'aurais sacrifié sur l'autel de votre amitié ? Même si tu étais sûr qu'il ne trouverait aucune preuve, car il n'y en a AUCUNE, crois tu vraiment qu'il se serait rendu ? ». Pour le coup, Charles n'était pas tout à faire d'accord avec le Roi. Hector lui-même se serait rendu, car il s'agissait d'un homme d'honneur et on ne pouvait pas le lui retirer. En revanche, le doute était permis quand à la trahison de ses amis. Jamais et ça, Charles en était persuadé, il n'aurait fourni la liste de ses complices. Ce pacte ressemblait ni plus ni moins à une entourloupe pour essayer de gagner du temps. Hector aurait accéléré ses plans, en profitant du fait que Ferdinand était "endormi" par ce marché peu réaliste. Comment avait-il pu tomber dans un panneau pareil ?

Le Capitaine, que son esprit ne laissait jamais en paix se mit à réfléchir intensément à toutes les raisons possibles et imaginables. Il fut cependant tiré de ses pensées par les propos du Roi, qui à eux seuls le touchèrent au coeur. « Tu m'as trahi, Ferdinand. Je t'ai fait confiance toutes ces années et voici ce que j'ai en échange. Les rois n'ont pas d'amis, l'adage dit vrai ». Oui, cela le touchait que Louis soit ainsi trahi, qui plus est par un homme qui obtenait toute sa confiance. Il aurait voulu le prendre contre lui pour le rassurer, lui faire comprendre qu'il n'était pas seul. Mais le protocole l'interdisait et puis il n'était pas son fils. Cette familiarité aurait donc été complètement déplacée ! Alors que le Roi se rapprochait de lui, il l'interpela, avec un ton blessé, bien plus qu'il ne voulait le faire paraitre... « Je vois bien que vous avez quelque chose à dire d'Artagnan, n'hésitez pas ». Lâchez les chiens... Charles avait fourni de gros efforts pour s'éviter d'exploser. Le Roi sonnait l'hallali ! Mort au Fou ! La suite se passa à une vitesse incroyable. Rubicond, le Capitaine chargea comme un boulet de canon. Et la droite partit.. le poing siffla dans l'air, entrainant ainsi un bruit d'impact conséquent. Du sang gicla sur l'uniforme de d'Artagnan. Et comme au ralenti, Ferdinand, déséquilibré par la charge et ce crochet auquel personne ne s'attendait, tomba au sol, sur les fesses, quelque peu sonné. Et là, ce fut l'explosion de colère, une rage que personne parmi les mortels n'avait encore jamais imaginé. C'était à se demander si Charles lui-même allait y survivre ou s'il serait consumé.

- ESPÈCE D’IMBÉCILE !!! Qu'est-ce qui a bien pu te passer par la tête !!! PACTISER AVEC L'ENNEMI !!! DANS LE DOS DE TON ROI !!! DANS MON DOS !!! Que serait-il arrivé s'il t'avait trompé en inventant une fausse preuve ? AURAIS-TU TOI-MÊME PLANTÉ LE POIGNARD ??? VERSÉ LA CIGUË ??? PARBLEU MAIS OU AVAIS-TU DONC L'ESPRIT ??? Même un vrai fou dégénéré n'aurait pas agi ainsi !

Charles agita son poing dans le vide. Il s'était fait mal... et en même temps vu le choc du coup, on comprenait pourquoi. Peu lui importait d'avoir brisé le calme du château. Il fallait que ça sorte. La voix rauque éraillée par cet accès de rage, il questionna Ferdinand :

- Et maintenant ? As-tu réfléchi aux conséquences ? Ce traître, ce félon, a été enterré avec les honneurs ! Ton Roi est humilié ! Blessé par ta décision absurde ! La confiance est brisée !!! Et pire ! Non seulement Valois est mort mais de surcroît, nous n'avons AUCUN FICHU NOM POUR SES COMPLICES !!! Qu'est-ce qui t'a pris ??? Et ne me fais pas croire que c'était de l'amitié ! Il y a autre chose ! PARLE !!!

D'Artagnan voulait savoir ce qui avait poussé Ferdinand à faire ça. Car il le savait au fond de lui, des raisons beaucoup plus solides existaient... Et puis, intérieurement, il pensait déjà à la façon dont il allait tirer son ami du pétrin... Oui, car même si Ferdinand était la cible de sa colère, ce qui le mettait le plus en pétard, c'était le fait qu'il mette sa vie en danger. Trahir le Roi, c'était signer son arrêt de mort. Il espérait donc que le Baron se mette rapidement à table, que ce sac de nœuds puisse être démêlé... la partie n'était pas gagnée...

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