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 [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)

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Côté Coeur: Joséphine La Grange
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MessageSujet: [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)   20.08.15 0:33


Alexandre ouvrit les paupières avec difficulté. Ce geste simple lui paraissait de plus en plus compliqué à faire, à mesure que les jours passaient. Il s'était endormi sur le sol glacé et humide de sa cellule. On lui avait mis un petit tas de paille en guise de couche mais l'odeur qui en émanait était épouvantable. Du coup, il avait fait du coin opposé, son lit. La terre et les pierres qui tapissaient le sol demeuraient extrêmement inconfortables. Les coins saillants venaient souvent de loger dans le creux de ses reins. Il sentait tous les os de son corps saisis par la douleur et l'engourdissement. Il se redressa en grimaçant et en frottant son corps gelé. On lui refusait même une couverture. Depuis qu'il était ici, il recevait le même traitement que les autres... c'est à dire une carafe d'eau à moitié remplie pour la journée, du pain tellement dur qu'il était obligé de le tremper dans l'eau. Conséquence directe de ce régime sec, il avait encore maigri. Son visage émacié était désormais caché par une barbe épaisse. Il avait les cheveux hirsutes, à tel point qu'il en était méconnaissable. Malgré la faim, il pratiquait tous les jours une série de cent pompes pour garder un semblant de dignité et de musculature, même si elle avait fondu comme neige au soleil.

Pour l'heure, il n'avait reçu la visite de personne. Il imaginait que sa famille n'avait pas envie de le voir derrière les barreaux. Son père devait probablement fulminer de colère et de rancoeur après lui. Supporterait-il de le voir sur la potence ? Il n'avait pas réfléchi à cette question et il comprenait désormais pourquoi le Capitaine des Mousquetaires jouait des pieds et des mains pour qu'il se cache. Trop tard... Et Philippe ? Alexandre était content qu'il ne vienne pas. Il n'avait envie de lui faire de la peine. Son cadet serait malade s'il le voyait ainsi. Quant à Joséphine, il espérait qu'elle refasse sa vie avec un homme honnête, loyal, car elle le méritait. En définitive, la solitude de sa réclusion lui convenait. Il approcha de la grille en fer forgé qui le retenait prisonnier et regarda le couloir. Il était vide. Des autres cellules, s'échappaient des râles, souvent ponctués de quintes de toux. D'Artagnan ramassa la carafe d'eau. Il n'en restait pas beaucoup... il préféra s'abstenir de boire pour se laver un peu... avec la poussière, il n'était pas très propre. Il s'isola dans un coin, où on avait fait une latrine et entreprit de se débarbouiller. Il entendit la porte des gardes s'ouvrir, au loin. Sans doute venaient-ils escorter quelqu'un d'autre à sa cellule. Il fut surpris d'entendre le cliquetis de la serrure de sa grille. Il eut juste le temps de cacher son intimité lorsque le garde entra et lui parla :

- D'Artagnan, tu as un bienfaiteur. Habille-toi, je t'escorte dans ta nouvelle cellule...

- Pardon ?

- Habille-toi je te dis ! Ou je te traine devant tout le monde dans ta tenue d'Adam ! Je n'ai pas que ça à faire, moi !

Alexandre ne comprenait pas bien l'objectif de ce "transfert" mais il s'exécuta. Il se tourna pour se rhabiller, sous les yeux attentifs du garde qui se méfiait. Il avait la réputation d'être un bon soldat et d'être pugnace, mieux valait le garder à l'oeil même dans ce moment assez gênant. Lorsqu'il fut prêt, le garde lui passa les fers aux mains et le fit passer devant. Ils marchèrent dans les couloirs, pendant dix bonnes minutes, dans le silence. D'Artagnan s'attendait à un guet-apens, quelque part. Il ne savait pas pourquoi, mais il voyait bien les gardes chercher à en finir eux-mêmes et faire passer ça pour un accident. Tout était calme, comme si le lieu demeurait isolé. Le garde le fit se plaquer contre le mur le temps d'ouvrir une porte imposante. Il le fit entrer à l'intérieur. Alexandre regarda autour de lui et fit un recul. Le garde le poussa en avant :

- Avance !

- Qu'est-ce que cet endroit ?

- Ta nouvelle cellule !

Alors que le garde lui enlevait les fers, Alexandre examina le lieu. Il y avait un lit de paille, rudimentaire, mais qui ne sentait pas l'urine, lui... Une table, avec un plateau sur lequel se mélangeait les victuailles... L'odeur fit grogner son estomac bruyamment, il manqua défaillir... Un instinct presque animal se réveilla en lui, à la vue de cette nourriture. Les latrines, beaucoup plus propres et le sol lisse témoignaient du "prestige" des lieux. Avant qu'il n'ait pu prendre la parole, la porte se referma derrière lui et le garde verrouilla. Il resta cinq bonnes minutes à attendre, sonné, dérouté... Et puis, n'y tenant plus, il se rua vers la table, saisit la cuisse de dinde et se mit à la dévorer à grande vitesse. Si son père avait été là, il lui aurait fait remarquer qu'il mangeait comme un animal... mais Alexandre s'en moquait. Il était comme en transe... c'est à peine s'il mâchait sa nourriture. Il prit la carafe et fut surpris de voir qu'elle contenait... du vin... Il la porta directement à sa bouche, sans utiliser le verre. Le liquide rouge était légèrement aigre mais il s'en moquait... deux filets rouges coulèrent sur son menton et son cou.

En dix minutes, il avait fini son assiette, léché jusqu'à la moindre gouttelette de jus. Il s'essuya le visage et les mains avec une serviette en tissu blanc qui fut immédiatement souillée de tâches et de graisse. Lui qui était assez distingué ne put retenir un rôt sonore qui résonna dans la pièce. Il posa sa main sur son ventre. Il se sentait repus, comme s'il n'avait plus l'habitude d'ingurgiter tout ça. Il se vautra littéralement sur le matelas et il s'endormit comme une masse, sans trop comprendre ce qui lui arrivait. Il espérait juste que ce ne soit pas un rêve... Les heures passèrent. Il n'entendit pas le garde ouvrir la porte, accompagné d'un homme qu'il connaissait bien. Quand ils arrivèrent, Alexandre ronflait bruyamment, allongé sur le dos, le corps à moitié dans le vide.

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MessageSujet: Re: [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)   25.08.15 19:01

Quand Philippe apprit que son frère s'était rendu de son plein gré à la justice, son premier réflexe fut de courir au Châtelet pour le voir. Mais déjà transféré à la Bastille, le jeune duc savait qu'il devrait user de toute sa persuasion pour entrer. Il tenta malgré tout, mais on lui expliqua que vu sa condition, le prisonnier ne pouvait recevoir aucune visite. D'Artagnan cria au scandale, demanda à voir le gouverneur mais cela lui fut refuser aussi. Il se promit de revenir, ce qu'il fit deux jours plus tard, une bourse d'or au flanc. Si cela lui permit d'entrer, le jeune homme ne vit ni le gouverneur ni son frère, tout juste un subalterne qui lui répétait ce que la garde avait dit la première fois. Philippe, pourtant bien plus calme que les autres hommes de la famille, s'emporta dans cette cour où il traita l'autre d'escroc, qu'il était intolérable de payer juste pour entrer sans possibilité que sa requête soit aboutie. On évitera de retranscrire les injures mais il est certain que Charles n'aurait pas renier son cadet en cet instant. Tout ce cirque conduisit Philippe à être expulsé de la forteresse, dans une colère noire.

Il y avait bien un moyen, des lois ! Une loi … Philippe eut l'idée d'aller consulter un avocat, lui seul pourra lui dire ce qu'il faudrait faire. Après tout, il y a bien des prisonniers qui reçoivent des visites et vivent dans le luxe dans leur cellule, pourquoi Alexandre n'aurait juste pas droit à une visite fraternelle ? L'homme qu'il consulta n'avait plus d'âge avec ses cheveux d'un blanc pur, tombé sur les épaules en de belles boucles. Son visage ridé, avait l'air bienveillant, bien que sérieux. D'Artagnan lui exposa la problème, persuadé de l'innocence de son frère, et voulait qu'il ait un traitement décent.

« Jeune homme, il n'y a qu'un moyen pour cela : rencontrer le gouverneur et avoir de l'argent.
Mais comment voir le gouverneur ? Je n'ai eu le droit qu'à un subalterne aigri de sa position ! S'écria le jeune, presque désespéré.
Vous êtes vous déjà rendu à l'hôtel de Clermont ? Demanda l'avocat, sans prendre en compte les paroles du jeune homme.
Quoi ? Mais quel rapport ? Et comme l'autre ne répondait pas, il répondit avec agacement. Oui, en tant que libraire du roi, cela m'ouvre des portes, et il arrive que madame de Scudéry m'invite. Et alors ?
Il se trouve que Montlezun, le gouverneur, adore s'y rendre. Lui qui ne voit que des soldats et des prisonniers, là il est entouré de jolies femmes intelligentes. Il faut que vous vous y rendez quand il est là. »

En quelques jours, tout était réglé : Philippe avait envoyé un pli à madame de Scudéry pour lui demander quand il pourrait revenir dans son élégant hôtel. Elle le pria le vendredi où il y aurait foule, de plus le gouverneur sortait de sa forteresse pour ses beaux yeux ! Autant dire que d'Artagnan avait sa chance. L'homme  était jovial, pas le plus intelligent mais appréciant les jolies choses et les belles dames. Autant dire que discuter avec d'Artagnan, surtout pour parler travail, l'ennuya vite. Il pressa la conversation, accepta le relogement du prisonnier aux frais du duc, moyennant compensation. Pas besoin d'avocat pour comprendre que l'homme prenait les pots-de-vin. Parfait.

Le samedi, Philippe envoya une lettre au gouverneur, le remerciant de leur conversation, et avec ceci, un magnifique service de vaisselle qu'il avait acheté en Italie, ainsi qu'un portrait d'une demoiselle italienne, inconnue, mais dont le geste lui avait plu. C'est vrai que les pots-de-vin étaient plus pratiques que n'importe quel homme honnête : Philippe n'avait plus qu'à acheter le mobilier et tout, lundi, Alexandre aurait une cellule décente. Table, vaisselle, vêtements propres, nourriture, tapis, Philippe fit tout apporter le lundi. Il ne manquait que le lit, qui devrait arriver plus tard, l’ébéniste ayant eu une urgence. Deux semaines de perdues alors qu'avec des cadeaux, tout s'était résolu. Après un déjeuner avec le gouverneur, interminablement gras, Philippe put enfin avoir l'autorisation de voir Alexandre dans son nouveau logis. Ce dernier dormait sur son lit de fortune en attendant le vrai. Au vu de l'absence de nourriture, le jeune duc pensa que son frère n'avait dû beaucoup manger ces derniers temps. Il demanda à ce qu'on les laisse seul, puis s'approcha de l'endormi et le secoua légèrement.

« Alexandre … Alexandre, c'est moi … Philippe … »

Et s'il lui en voulait de ne pas avoir pu venir avant ? Le jeune duc espéra que non alors que son frère emergea doucement, lui s'assit sur une des chaises qu'il avait apporté. Malgré son simple habit de cavalier, il avait l'air d'un prince à côté de la tenue et de l'apparence de son aîné, ce qui lui serra le cœur. Mais il n'avait pas envie de drame, il se contenta d'un sourire en soulevant le broc de vin.

« Tu aurais pu en garder pour ton frère quand même ! »

Il était tout de même content de voir son frère, qu'il ne soit plus dans cette infâme forteresse, ni à se cacher dans Paris comme le plus misérable des criminels. Philippe ferait tout pour l'innocenter, car il croyait en son frère, en son amour pour Marine et en son honnêteté.

« Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt, j'ai bien essayé mais voir le gouverneur est plus difficile que de voir le roi ! Je n'ai pu le rencontrer que vendredi, et enfin te voir, t'installer dans un endroit décent. Il se tut et eut un petit soupir, puis se remit à sourire. Je t'ai fait venir quelques meubles, un peu de linge propre. Tu auras un vrai lit d'ici ce soir, ou demain. J'ai employé un cuisinier qui viendra t'apporter tous tes repas. Ils ne seront pas aussi somptueux que le premier, mais je me suis dit qu'il te fallait reprendre des forces. »

Puis profitant du silence qui régnait, Alexandre observait sa nouvelle cellule, Philippe avait besoin de se confier.

« J'espère que tu m'en veux pas de t'avoir laissé là … j'ai essayé dés que j'ai su ton arrestation, je te le promets … »


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Donner du style à son caractère- voilà un art grand et rare ! Celui-là l'exerce qui embrasse tout ce que sa nature offre de forces et de faiblesses, et qui sait ensuite si bien l'intégrer à un plan artistique que chaque élément apparaisse comme un morceau d'art et de raison et que même la faiblesse ait la vertu de charmer le regard.

Prince Philippe:
 


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MessageSujet: Re: [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)   13.09.15 23:53

Alexandre dormait à poings fermés quand Philippe entra, tellement bien qu'il ne l'entendit pas. Un fait rare, car l'aîné avait toujours eu le sommeil léger, son instinct de militaire prenant souvent le dessus sur la paix d'un lit douillet. Il faisait un rêve étrange. Il se retrouvait dans une sorte de tunnel mal éclairé, avec des bruits de feuilles qui bruissent. Devant lui, se tenait un homme, qu'il ne connaissait pas et qui ne cessait de lui répéter qu'il allait être en retard pour son mariage. Il ne parvenait pas à distinguer son visage. Il voulut lui dire qu'il ne pouvait pas se marier car il était veuf, qu'il ne le voulait pas, mais quand il ouvrit la bouche, ce fut le silence. Il continua d'avancer jusqu'à perdre l'individu de vue. Il se retrouva alors dans une grande pièce avec un immense buffet. Son ventre grogna, il se saisit d'une miche de pain et commença à mâchouiller. Un coup de feu retentit au loin et attira son attention. Il accourut, se mêlant à une foule qui venait de toute part et qui se dirigea vers la Cour de Versailles. Tous se précipitèrent horrifiés dans les bâtiments, laissant Alexandre seul, en plein milieu. Sur le balcon, se trouvait Marine, arme brandie vers le Roi. Il y eut un second coup de feu, Louis XIV s'effondra. Une cohorte de soldats s'étaient positionnés autour d'Alexandre. Marine lui reprocha de l'avoir abandonnée et demanda à ce que qu'on ouvre le feu. Il sentit les balles lui cribler le corps sans le tuer. Il tomba à genou, sans mourir. Charles arriva alors avec son épée et il lui dit alors : "Pourquoi faut-il toujours que tu t'accroches ?". La lame lui traversa le coeur, sans qu'il ne puisse crier. Il écouta ce tintamarre dans sa tête, les battements de son palpitant en souffrance, alors que la lumière se faisait intense et qu'il entendait comme un bourdonnement grave. "Alexandre...". Il laissa la voix se perdre dans le lointain. "Alexandre, c'est moi...". Ce ton de voix lui était familier. Il le connaissait bien c'était celui de... "Philippe". Alexandre se réveilla en ouvrant grand les yeux. Il lui fallut plusieurs secondes pour reprendre ses esprits et se rappeler de l'endroit où il se trouvait.

Il regarda son frère avec surprise. Mais que faisait-il ici ? Il se redressa, avec quelques difficultés car son dos lui faisait mal. Philippe examinait les maigres restes du repas et fit un peu d'humour. Il ne savait même pas qu'il allait venir ! Mais tout cela semblait irréel. Pourquoi son cadet se serait-il déplacé ? Il faisait honte à toute la famille et il n'était plus franchement fréquentable ! Il comprit au fur et à mesure que son changement de cellule et tout le confort autour venaient de lui. Évidemment cela le toucha. Il observa plus en détail de décor qu'il n'avait pas spécialement remarqué lors de son arrivée, trop pressé de manger à s'en faire exploser l'estomac. Il fronça les sourcils son frère prit un ton d'excuse. S'il lui en voulait ? Avait-il perdu l'esprit ? Alexandre se frotta les yeux, il éprouvait la plus grande difficulté à émerger. Il posa ses yeux verts sur son frère tout en restant silencieux. A ce moment là, il se demandait s'il ne rêvait pas encore. Il se leva avec difficulté pour s'approcher de Philippe et maladroitement, il lui toucha les cheveux. Ils semblaient bien réels... Il prit alors sa tête et la serra contre sa poitrine avec affection. Philippe put remarquer qu'il avait moins de force que d'ordinaire et que la masse de muscles n'était plus trop présente. Il pouvait aussi sentir une odeur d'alcool, le vin, qu'il avait ingurgité à une vitesse folle. Il tituba, pris d'un vertige et il fut contraint de relâcher son étreinte pour se laisser choir sur le lit. Oui, il se sentait fatigué, mais l'étreinte avait été si naturelle et intense, qu'elle témoignait de sa force intérieure.

- Je t'en aurais voulu d'être venu... si seulement j'en avais le courage. Mais je suis heureux de te voir... Je ne suis pas très à l'aise avec le luxe et je devrais te dire que tu n'avais pas besoin de faire tout ça... pourtant, je ne le ferais pas... Tu n'as pas idée de l'horreur que c'est, une cellule ordinaire... je préfèrerais mourir que d'y retourner. Je n'ai malheureusement pas grand chose pour te remercier... à part ces guenilles il ne me reste rien.

Il baissa les yeux vers ses vêtements troués et usés. Normalement, sa fierté aurait parlé et il se serait muré dedans. Mais là, il était tombé tellement bas qu'il n'avait même plus la force de défendre son amour-propre. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu Philippe, depuis cette fameuse nuit au Fort où leur père l'avait caché. Il se hâta de le questionner sur lui, profitant de l'occasion pour oublier tout ce qui le concernait directement, en espérant que la diversion suffise.

- Tu as un teint rayonnant... comment vas-tu ? Et Elodie ? Et les enfants ? Ils se portent bien ?

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MessageSujet: Re: [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)   30.11.15 22:47

L'étreinte de son frère fut à la fois douloureuse et chaleureuse. En effet, Alexandre avait toujours un gaillard costaud, sur la lignée de leur père, et s'il l'avait vu amaigri au fort quand il se cachait, cela était pire aujourd'hui, et il le sentait. La gêne de voir son frère dans cet état alors qu'il le savait innocent. Une vie injuste, cruelle, à laquelle Philippe ne voulait le laisser sombrer davantage. Les deux hommes se comprenaient, ayant vécu la mort douloureuse et violente de la femme aimée. Philippe avait réussir à se reconstruire petit à petit, et il pouvait remercier Élodie pour cela, mais derrière sa carapace de gros dur, son aîné était bien plus fragile. Le cacher au fort, une idée stupide de l'isoler de la sorte, couper du monde alors qu'il avait besoin de sa famille. Et aujourd'hui la Bastille, là le jeune duc pouvait essayer de faire quelque chose : le sortir des cachots, lui payer une cellule, du mobilier, de la nourriture, tout ce qu'il fallait pour aider son frère du mieux qu'il pouvait.

Puis son frère se dégagea, tituba jusqu'au lit de fortune, en attendant le nouveau, et s'y laisse tomber. Philippe put le contempler davantage, son cœur se serra face à la maigreur de son frère, de ses traits tirés, et ce regard si triste. Etait-ce à cela que lui-même ressemblait à la même occasion ? Cela lui fit froid dans le dos, alors qu'il l'écoutait avec attention

« Je t'en aurais voulu d'être venu... si seulement j'en avais le courage. Mais je suis heureux de te voir... Je ne suis pas très à l'aise avec le luxe et je devrais te dire que tu n'avais pas besoin de faire tout ça... pourtant, je ne le ferais pas... Tu n'as pas idée de l'horreur que c'est, une cellule ordinaire... je préférerais mourir que d'y retourner. Je n'ai malheureusement pas grand chose pour te remercier... à part ces guenilles il ne me reste rien.
Je respecte ton avis tu vois mais en même temps c’est pas le mien donc c’est pas le bon... Tu es en vie, c'est tout ce qui m'importe. Je ne demande pas de remerciements, tu l'aurais fait aussi si les rôles étaient inversés. Nous sommes frères et il était absolument hors de question de te laisser croupir comme un miséreux. »

Mais comme souvent, pas question pour l'instant de lui parler face à face, Alexandre se murait facilement dans un silence profond, à masquer ses émotions. Au moins il lui parlait, posant des questions, même s'il évitait soigneusement de prendre des nouvelles de leur père.

« Tu as un teint rayonnant... comment vas-tu ? Et Elodie ? Et les enfants ? Ils se portent bien ?
Tout va parfaitement bien. Le manoir est devenu une garderie, avec trois bambins, il y a de quoi faire ! Avec Barnabé, on ne sait plus où donner de la tête avec tout ce petit monde, j'ai décidé d'engager une gouvernante, ça nous fera du repos. Puis les petits ont besoin d'une présence féminine, la maison manque de chaleur. Il prit l'unique siège pour s'asseoir et retira son chapeau. Quant à Élodie, je me dis qu'il est peut être temps d'officialiser les choses. Je ne sais pas ce qu'elle répondra, mais je me dis que sur un malentendu, ça peut marcher. »

Il n'avait parlé à personne de sa possible demande en mariage à la jeune femme qui faisait battre son cœur depuis tout ce temps. Maintenant qu'il connaissait son secret, le gascon voulait la protéger, et il voulait l'aider à mener sa double-vie, lui servir d'alibi si besoin est. Et puis, n'oublions pas que nous sommes au 17e siècle, on ne peut pas rester un couple éternellement, il fallait bien passer devant l'autel tôt ou tard. Philippe soupira, difficile pour lui de ne pas sourire en pensant à cela, et regarda à nouveau son frère.

« Je sais ce que tu vas répondre à ma question, mais je la pose quand même car je suis bien plus têtu que toi. Quand tu sortiras, car ce sera chose faite bientôt j'en suis certain, que penses tu d'être mon témoin ? Après tout, qui mieux qu'un frère pour épauler un autre ? »

La justice dans le royaume pouvait se montrer assez longue et impitoyable, il faudra s'armer de patience pour qu'Alexandre puisse sortir de cette bâtisse gigantesque. Mais Philippe se montrait confiant, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour réussir à faire sortir son frère de cet enfer. En attendant, il l'aiderait à s’accommoder aux lieux, par un peu de mobilier, des vêtements propres et de la bonne nourriture. D'ailleurs, la porte de la cellule s'ouvrit sur un gardien, ainsi que deux hommes portant un lit, modeste et une place, mais bien plus confortable que sa paillasse qu'on lui retira d'ailleurs. Derrière eux une jeune femme portait un panier contenant des vêtements propres.

« Voilà, tout est arrivé, tu as le confort de l'homme moderne. Toi qui disait n'avoir que des guenilles, tu as d'autres chemises et pantalons. Par contre, ce sera un petit peu grand … mais après quelques déjeuners de poulets bien gras, on en reparlera. »

Philippe dépensait une partie de ses rentes pour tout ceci, mais il ne pouvait pas laisser son frère dans la crasse au milieu des rats, c'était au-dessus de lui. Puis de toute façon, il n'avait pas beaucoup de dépenses personnelles au quotidien, autant investir dans la famille. Et l'aider, le faire parler serait une bonne chose. Il quitta sa chaise pour faire quelques pas, ne sachant pas trop comment choisir les mots, mais la sincérité serait sans doute la meilleure arme.

« Alexandre, je sais ce que tu traverses … en partie, j'ai été à ta place il y a quelques années, sauf que ma prison, je l'avais forgée moi-même. Instinctivement, il porta une main sur son poignets où les cicatrices restaient toujours. Il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de vous sans trop savoir pourquoi et on s'enferme. Tu sais que tu peux me parler, me faire confiance. Parle moi de ce que tu veux, mais je ne peux pas t'aider si je ne sais pas ce qu'il se passe vraiment dans ta tête … »

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MessageSujet: Re: [Bastille] Rien ne peut séparer deux frères (Pv Philippe)   06.12.15 14:43

Dans sa vie, Alexandre n'avait jamais été très patient. Il aimait bien vivre sa vie avec impétuosité, il lui fallait de l'action. Et pourtant, contrairement à Philippe, les grands voyages et l'inconnu l'effrayaient. Il aurait tout donné pour garder le confort de son foyer. Le destin en décida autrement. Il vivait des heures sombres, de terribles difficultés qui lui permettaient aussi de prendre conscience de la futilité de certaines de ses colères. Il fronça les sourcils lorsque son cadet lui dit sans détour qu'il s'asseyait sur son avis. Peut-être que s'il avait été plus en forme, il aurait vertement argumenté, en rappelant à Philippe que c'était lui l'aîné et donc qu'il avait raison par essence. Bref, ils se seraient lancé dans une dispute fraternelle afin de savoir lequel des deux devait avoir le dernier mot. Un échange absurde, surtout dans une telle situation... Les voilà à la Bastille, dans une position très peu confortable, surtout pour le Mousquetaire. Enfermé ici, à attendre que la sentence tombe. Ce serait pour bientôt... Il avait repéré ce bourreau, un certain Richard Sanson qui tournait autour avec un sourire carnassier. Et puis, cet homme aussi... qui semblait vouloir lui soutirer des informations sur sa condition et qui essayait de l'approcher. D'Artagnan se demandait ce qu'il avait bien pu faire à ses cheveux... sa coiffure était affreuse, plus tard, on nommerait cela un brushing. Il s'appelait Engueran quelque chose... le genre de patronyme à coucher dehors. Il s'était souvent défendu auprès des gardes, clamant vouloir écrire un nouveau tome de ses "Contes intimes". Et il protestait vivement lorsqu'on le touchait de peur qu'on le salisse ou qu'on le froisse. Une fois, il avait même fait un malaise en voyant un anneau de fer forgé pendant au bout d'une chaîne. C'était là qu'on pendait les prisonniers pour les soumettre à la question. Un interrogatoire auquel Alexandre avait échappé pour l'instant mais qui tôt ou tard finirait par arriver. Il n'avait pas peur. Le bourreau ne l'effrayait pas, au contraire, il lui était reconnaissant d'être professionnel. Comme ça, sa mort serait rapide et sans douleur. Il revint à la réalité, lorsque Philippe parla du manoir. Barnabé se portait mieux... parfait. Aux dernières nouvelles, son état de santé s'était dégradé, un mauvais rhume dont il ne parvenait pas à se débarasser. De le savoir sur pied, prêt à s'occuper des enfants l'enchantait. Il s'abreuva de ces bonnes nouvelles et esquissa même un petit sourire lorsque son frère parla du manque de présence féminine. Au moins, son neveu et sa nièce jouaient encore. La tristesse passa dans ses yeux fatigués en repensant à Aurore et à Guillaume. Il n'eut pas le temps de trop s'épancher dessus... Philippe dit quelque chose qui le redressa sur son lit.

- Un malentendu ? Comment ça un malentendu ? Mais enfin tu es un d'Artagnan, elle ne te dira jamais non ! Mais il te faut faire cela dans les règles de l'art ! Déjà, tu dois la regarder dans les yeux et ne pas trembler ! On dirait que tu as peur ! Et il faut te soigner un peu... mieux tailler cette barbe, pour commencer... Je croyais avoir été un bon professeur autrefois !

Il le taquinait un peu. Philippe avait un charme naturel qui le rendait beau quelles que soient les circonstances. Bon sauf peut-être au réveil... mais ça c'était commun à tout le monde. Alexandre se souvient de la première séance de rasage de son cadet. En temps normal, Charles aurait du lui montrer comment faire, mais étant donné qu'il s'absentait souvent, ce fut l'aîné qui s'en occupa. Un souvenir amusant, qui mettait un peu de baume au coeur. Le "prisonnier" se mit à tousser, ce qui en ces lieux ne demeurait guère étonnant. Et puis vint une question à laquelle il ne s'attendait pas. Accepterait-il d'être son témoin ? Alexandre le regarda sans répondre. C'était touchant qu'il ait foi en sa libération, en la justice. Mais lui avait dépassé le stade de l'espoir. Sa reddition ne fut pas hasardeuse. Il en avait assez de fuir, de se cacher. On l'accusait d'un crime qu'il n'aurait jamais commis. On le traquait comme un criminel alors qu'il défendait la cause du Roi et des Mousquetaires depuis des années. Il ne voulait même plus continuer à vivre. Certes, il restait Joséphine, Philippe... son père, Barnabé... quelques rares personnes qu'il appréciait, mais après ? Sa femme était morte, ses enfants aussi, du moins le pensait-il encore. Toute sa vie s'était effondrée. Vivre ? Oui mais pour quoi ? Il se sentait fatigué, accablé. On lui avait tout pris. Les gardiens les interrompirent. Alexandre fut prié de se lever, surveillé de près par deux hommes armés et extrêmement méfiants. On enleva la paillasse, pour y mettre un lit. Et on lui apporta un panier de linge. Sur la défensive, il attendit que les autres sortent puis il s'approcha du lit comme s'il s'agissait d'un animal sauvage. Il ne savait pas trop comment réagir... tout ce confort, tous ces efforts... il se sentit gêné que son frère ait eu à débourser cela, qu'on le traite de cette façon. Mais cette douceur lui fit du bien, au fond. Il regarda les vêtements dans le panier et écouta religieusement ce que son frangin lui disait, avec justesse. Lui aussi avait connu la souffrance, incapable de sa raccrocher à la vie. Il tenta d'en finir et ses poignets démontrait à quel point sa volonté d'en finir avait été puissante. Pourtant, sa renaissance semblait un exploit pour Alexandre. L'épuisement physique et moral formaient un mélange mortel l'amenant peu à peu à se laisser sombrer. Il resta silencieux et se contenta de prendre des vêtements. Il retira son haut, sans être gêné, il était courant qu'à la caserne, il se change devant d'autres. Et puis Philippe était son frère. Il dévoila un torse amaigri, où la peau n'épousait plus les muscles mais les os, ses côtes. On devinait à peine ses muscles, fatigués, comme épuisés. Son teint était pâle, marqué par çi par là par quelques bleus. Les gardes n'y avait pas été de main morte. Ses articulations craquèrent un peu lorsqu'il fit des mouvements avec ses bras pour mettre sa chemise. L'humidité aussi, venait le torturer un peu.

- J'apprécie tout ce que tu fais, Philippe. Mais tu ne dois pas te bercer d'illusions. Il n'y aura pas d'autre issue... pas de lendemain qui chantent. Tu vas devoir te montrer fort quand le moment sera venu. Je sais que tu en es capable.

Il nageait dans sa chemise qui était pourtant à sa taille habituelle. Il continua de se changer et poursuivit :

- Et puisque l'on a pour prison, une terre dont le seul horizon est un désert, un désert... pourquoi s'acharner ? Je suis un criminel aux yeux de tous. Je ne vais pas lutter. Je suis fatigué de courir et de fuir. Je n'ai tué personne, mais il ne me reste plus grand chose. Elle est morte : je la pleure. Si elle était en vie, nous nous querellerions... sans doute au sujet des enfants qui eux non plus ne sont plus là. J'attends que le Roi me libère. S'il croit en mon innocence, ce qui serait surprenant puisque tout m'accable, alors je sortirais d'ici, mon honneur lavé. Pour faire quoi ? Je ne sais encore... si je n'avais pas le mal de mer, j'aurais pris la première embarcation pour l'autre bout du monde. Mais tu me connais, je resterais ici, parce que je n'aime pas voyager, je n'aime pas les nouvelles choses. Si le Roi me juge innocent, je serais témoin à ton mariage, je te collerais en permanence pour qu'on trouve un moyen de dompter tes cheveux et apprendre à te raser convenablement ! Ne nous berçons pas d'illusions. Tout m'accuse. J'ai beau clamer que je n'ai tué personne, nous savons tous les deux que ça ne suffira pas. Alors fais-toi à l'idée que si l'on m'exécute, ce sera aussi une libération. Je suis en paix avec moi même. Mes seuls regrets sont d'avoir permis que cela n'arrive. Ce n'est pas ce que tu aimerais entendre, je le sais bien. Mais tu me demandes d'être honnête... alors voilà...

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