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 [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)

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MessageSujet: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   26.07.15 10:56

Le mois d'octobre s'annonçait particulièrement mouvementé pour le Prince du Danemark. Des affaires de famille bousculaient un peu son quotidien et il continuait de recevoir les menaces de mort dont il avait pu s'entretenir avec Dame Sobieska. Celle-ci lui avait sauvé la vie la dernière fois. Il lui en était fort reconnaissant. La faveur lui serait retournée, il l'avait promis. Il devait également rassurer Gisela, son épouse, sur le fait que non, il n'avait pas consommé une quelconque relation avec une marquise de la Cour. Certes, la liste de ses conquêtes se faisait de plus en plus longue, mais concernant la femme en question, elle ne correspondait pas à son style. La Princesse du Danemark avait toutefois de quoi s'inquiéter car son mari n'était pas un exemple de fidélité. Quelques jours plus tôt, le Prince avait usé de ses charmes sur une belle, blonde comme les blés, une comédienne, nommée Claire. Toute captivée par son rang de Prince, elle s'était donnée à lui sans qu'il n'ait véritablement besoin d'insister. Leur nuit avait été passionnée, endiablée. Mais cela, il allait le taire à son épouse, par respect pour elle d'une part, même si elle était cocue comme jamais. Et puis parce qu'il tenait à éviter à la jeune femme des ennuis. Si lui ne risquait rien parce qu'il pouvait tout se permettre ou presque, sans craindre des sanctions, ce n'était pas le cas de la roturière ! Il tâchait donc d'être élégant et de préserver son identité de toute curiosité malveillante et de toute rumeur. Cela étant, si le ragot avait été lancé par lui, il en aurait fait l'éloge et il aurait été à son avantage. A cette pensée, Édouard esquissa un petit sourire. Cette nuit avait été formidable. Il était bien forcé de l'admettre, c'était rare qu'une femme du peuple soit aussi élégante. Tandis que son visage respirait la satisfaction, son "garde du corps" attitré prit la parole :

- Votre Altesse est rayonnante ce matin. Est-ce la chasse qui vous ravi autant ?

- Pardon ? Oh... oui, Siegfried...

Il allait quand même préserver le brave homme de ses pensées intimes. Siegfried avait été envoyé par Frédéric pour veiller sur lui, après une nouvelle tentative d'assassinat échouée. Quelqu'un en voulait au trône danois, c'était désormais très clair. En observant bien son garde du corps, Édouard se dit que son demi-frère avait malgré tout sous-estimé la menace. L'homme avait la cinquantaine passée. Il avait une silhouette fine, sèche, la démarche un peu fatiguée. Si quelqu'un essayait d'attenter à la vie du Prince, il ne pourrait hélas pas y faire grand chose. Malgré tout, l'héritier danois l'aimait bien. Il avait de la conversation, du goût et puis, il se sentait moins seul. Même avant qu'il ne vienne à la Cour de France, il entretenait un rapport assez spécial avec lui, un lien de confiance et parfois aussi de complicité. Édouard n'avait pas peur de le qualifier comme un ami. Il regarda par la fenêtre. La journée était parfaite pour une bonne partie de chasse. Le Prince appréciait ces moments légers, loin du protocole. Il se plaisait à arpenter la forêt domaniale en toute liberté, n'ayant à se soucier que de la beauté de son trophée : le gibier. La chasse avait été déclarée ouverte par le Roi de France et il aurait été scandaleux de ne pas en profiter. A cette occasion, le danois avait invité son meilleur ami : François de Froulay. Quelle drôle d'histoire ils avaient vécu ! Lui, simple Mousquetaire, se retrouvait ami avec l'héritier du Danemark ! Il semblait encore un brin mal à l'aise avec cela. Mais ce n'était pas très grave, Édouard ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Ils avaient convenu d'un lieu de rendez-vous, dans la forêt. Il avait hâte de le retrouver, loin de se douter qu'il avait commis un impair et que celui-ci allait déclencher une tempête violente.

A la vie quotidienne, comme à la chasse, le jeune homme aimait être élégant et bien vêtu. Il avait donc attaché une attention particulière à sa tenue. Parmi toutes les pièces qu'il avait sous la main, il sélectionna un pourpoint bleu assorti à un fûte de la même couleur, un peu épais pour le cheval, et des cuissardes. Édouard s'équipa de son mousqueton et de son épée. Celle-ci était gravée aux armoiries de son pays, sertie de plusieurs pierres précieuses. Il s'en servait peu, bien qu'il ait été formé au combat. Ici, il n'avait point d'ennemi, du moins, connus. Alors qu'ils étaient tous deux prêts, il se mirent en route vers les écuries où l'écuyer avait sellé les deux chevaux. Édouard caressa le sien, une belle jument blanche, qu'il affectionnait particulièrement. Il la préférait à un étalon, tout simplement parce qu'elle était beaucoup plus calme et habile à diriger. Il lui avait donné le doux nom de Cilje, qui signifiait dans sa langue l'être capable de voir les âmes. Après l'avoir flattée, il monta sur son dos. Il regarda autour de lui et se frotta les mains. Il avait hâte de retrouver François et de s'amuser ! Les deux hommes se mirent en route, faisant trotter leurs montures. Ils arrivèrent bientôt au lieu de rendez-vous, dans la forêt. Point de Froulay à l'horizon. Un retard de politesse sans doute. Ils descendirent et Édouard caressa l'arbre le plus proche. Il était bien ici... près de la nature. Ça lui permettait de se ressourcer. Siegfried y alla d'un petit commentaire :

- Typique des français de ne pas être à l'heure...

- Ne soyez pas sournois. Il va bientôt arriver, il a peut-être été retenu à la caserne.

- Est-ce bien raisonnable pour le Prince héritier du Danemark de côtoyer un soldat étranger ? Votre frère n'apprécierait pas...


- S'il était au courant. Or, il n'y a pas de raison qu'il le soit. François n'est pas un soldat étranger, c'est un ami. Tenez, vous entendez ? Il arrive ! Et au galop visiblement. Je suis certain qu'il a hâte que nous commencions. Ne soyez pas désagréable.


Il était loin de se douter que ce galop était accompagné d'une immense colère... dont il allait faire les frais.

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   03.09.15 12:13

François était hors de lui. La nuit lui avait parut longue. Il avait erré sans but depuis la veille au soir, ne sachant que faire, ni où aller. Il avait l’impression qu’on venait de le poignarder dans le dos. Rage et peine se mêlaient en lui, il n’arrivait plus à penser clairement. Clairement… Le terme était surement mal choisi, mais l’ironie lui tira un sourire amer. Claire, là était la cause de son tourment. Il lui vouait un amour inconditionnel, un amour d’adolescent emporté qui pense que tout est possible, malgré leurs différences de statut, de situation… Et tout son amour, ses rêves, venaient d’être brisés par un simple aveu, une phrase avait suffit à tout détruire aux yeux du jeune homme dont le cœur semblait avoir arrêté de battre. Comment pourrait-il pardonner ? L’aimer encore ? Il était tiraillé, déchiré entre cette passion qu’il lui vouait, et cette trahison que son éducation, son caractère, sa personnalité, en un mot comme en cent tout ce qu’il était, n’arrivait ni à accepter, ni à pardonner. Mais Claire n’était pas la seule cause de sa fureur. L’autre avait un autre prénom, et était celui d’une personne qui lui était toute aussi chère : Edouard. Edouard du Danemark, qu’il considérait comme un ami, qui, du haut de sa royale naissance, considérait François, simple mousquetaire, comme un ami. Du moins était-ce ce que François pensait avant cette trahison. Ces deux personnes qu’il aimait venaient de lui briser le cœur, dans un affront qu’il ne pourrait jamais totalement oublier.

Claire était bizarre, quand il était venu la chercher à la fin de la représentation, comme ils en avaient l’habitude. François avait tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. Une fois de retour chez la jeune femme, elle n’avait plus tenu très longtemps. Ses cheveux blonds défaits encadrants son visage angélique, ses grands yeux bleus remplis de larmes… François n’avait pas eut le temps de la retenir que déjà elle se jetait contre lui, s’exclamant qu’elle en avait assez de lui cacher une chose qui s’était passé avec un autre. Elle n’avait pas eut le choix, on l’avait forcée. Il l’avait vue une fois, et  la voulait à tout prix. On ne disait pas « non » à un prince. D’abord, sous le coup de l’incompréhension, François l’avait questionné. Puis il avait senti son sang se glacer dans ses veines, soudain incapable d’articuler. Il avait écouté, la jeune femme articulant malgré ses sanglots, mais s’était fait de pierre. Une fois son histoire terminée, devant le manque de réaction de François, elle l’avait suppliée de lui pardonner, de lui parler, de dire quelque chose, n’importe quoi. Il en était incapable. Une seule phrase avait franchit ses lèvres. Pas même une phrase, deux petits mots : « Son nom ? ». Cela sonnait comme une condamnation à mort. Claire avait hésité, mais devant la mine de son amoureux, elle n’avait pu que finir par dire la vérité. Et le couperet était tombé, intensifiant encore la douleur que le jeune homme ressentait, lui qui n’aurait jamais cru ça possible. Edouard… François s’était levé, et avait quitté la petite habitation de Claire, sans se retourner.

Il avait voulut aller chez Edouard, mais savait d’avance qu’il ne l’y trouverait pas, le prince du Danemark allant et venant à sa guise, personne ne savait vraiment ce que le prince faisait ni à quel moment. Mais il savait où le trouver au matin. Les deux hommes avaient prévu d’aller chasser. François passa la nuit dans une taverne, lui qui ne buvait jamais, et se saoula au point de s’endormir sur la table alors que même les poivrots tenaient encore le coup. L’aubergiste pourtant, le réveilla d’un baquet sur la tête à l’aube. Il avait mal au crâne, et la douleur à sa poitrine était encore bien présente. D’un pas mal assuré, il s’était levé, pour retourner au camp des mousquetaires, où il passait habituellement la nuit quand il n’était pas de service, après avoir vu Claire. Mais cette nuit n’avait rien eut de semblable aux autres. Le pas de plus en plus certain alors qu’il avançait, son mal de tête se dissipant, il s’était dirigé directement vers les écuries, où Soraya, sa jument, l’attendait. N’ayant ni le temps ni l’envie d’attendre, il entreprit de la seller.

-François !

Le jeune homme se figea. Claire… Il ne se retourna pas, reprenant son geste, sanglant Soraya. Claire s’était approchée de lui, le prenant par le bras.

-François, regarde-moi !

Forcé de tourner, la tête, il s’exécuta. Elle n’avait pas plus ni mieux dormit que lui, ses traits tirés sous la capuche de sa cape en témoignaient. Il se dégagea d’un geste brusque et saisit la bride pour finir d’harnacher sa jument. Peu habituée à un traitement si brutal de la part de son maître, celle-ci renâcla un peu. François n’était pourtant pas d’humeur. La saisissant par les reines, il la fit sortir de sa stalle, contraignant Claire à reculer. Elle contourna pourtant le cheval, alors que François se mettait en selle.

-Qu’est ce que tu vas faire ? s’enquit-elle, la voix brisée.

François lui jeta un regard glacial, comme il ne l’avait jamais regardée.

-Je vais le tuer.

Et, talonnant sa jument, il quitta l’enceinte du camp, sans se retourner, malgré le cri de la jeune femme.

-C’est un prince, tu mourras.


A vrai dire, à l’instant précis, c’était sans doute ce qu’il recherchait.

Soraya n’avait sans doute jamais été aussi malmenée par son maître, qui l’adorait. Dès qu’elle ralentissait, ce jour là, François la talonnait plus encore, et ce fut trempée de sueur et écumante malgré la fraicheur de la matinée, que la jument de François lui fit rejoindre le prince et sa suite. A peine arrivé, il sauta à terre, ignorant l’animal qui reprenait son souffle malgré elle. La mise de François était fort négligée : chemise et pourpoint froissés, barbe non taillée… Heureusement, il était habillé en civil. Il était bien loin de son état normal pour afficher telle figure. Il marcha droit sur Edouard, son gant à la main, et le lui jeta au visage, signe évident d’une provocation immédiate en duel.

-Sortez votre arme, Edouard, à moins que vous ne préfériez que je vous embroche ainsi, traitre que vous êtes.

Edouard eut effectivement à peine le temps de sortir sa propre arme, François s’était débarrassé de son chapeau et de son pourpoint pour croiser le fer avec le prince. Il ne plaisantait pas.

-Comment avez-vous pu oser faire ça
, siffla François, lançant sa première attaque, bien plus guidé par la rage que par le sang froid du combattant qu’il était habituellement.

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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   20.09.15 1:06

Le Prince danois avait déjà imaginé toute la partie de chasse dans sa tête. Il savait déjà qu'il allait laisser le plus gros gibier pour François afin de ne pas le dévaloriser. Après tout, contrairement à lui, il n'était que mousquetaire ! Et il voulait éviter qu'il ne souffre d'un complexe d'infériorité à cause de cela. Froulay avait beau faire comme si tout était normal entre eux, comme si leur amitié coulait de source, son ami était suffisamment malin pour savoir qu'il n'était pas forcément sûr de lui. Pouvait-on lui ne vouloir ? Il était noble, certes mais il entretenait de l'estime pour un membre de la famille royale d'un pays étranger. Si un jour il lui faisait affront, c'était tout son pays qu'il était susceptible d'engager dans un conflit. Peut-être que le jeune homme en avait pris conscience. Cela expliquait sans doute ses réserves. Mais c'était mal connaître le danois. Celui-ci ne cherchait jamais querelle, pas même lorsqu'il avait trop bu ! C'était un pacifiste né, patient, calme, peut-être pas réfléchi sur tous les sujets mais il s'y efforçait. Si un jour, le mousquetaire commettait un faux pas, il saurait lui pardonner. L'ironie de l'histoire fut sans doute qu'à ce moment où il pensait ceci, il était encore loin de se douter de la suite ! En voyant François arriver, Édouard esquissa un sourire rayonnant. Il avait fait vite pour ne pas être trop en retard, en témoignait l'essoufflement prononcé de sa jument. Il pensa qu'il ne s'était pas réveillé. Et il l'imagina alors sursauter dans son lit, quémander l'heure, se rendre compte qu'il faisait attendre un Prince puis s'habiller en catastrophe, jurant et pestant contre ce sort si cruel ! Il allait l'accueillir par une boutade amicale lorsqu'il reçut un gant en plein visage. Surpris, il vit François dégainer son épée et instinctivement il en fit de même. Il avait les yeux écarquillés. Siegfried avait lui aussi sorti son arme, mais sur un geste du Prince, il se tint à l'écart. Le danois ne comprenait pas vraiment ce qu'il s'était passé. Il aurait voulu croire à un jeu, une simple blague de son ami, pourtant... non, il semblait sérieux, déterminé à en découdre ! Oui, mais de quoi ? Édouard eut tout juste le temps de lever son épée pour contrer la première attaque. Décontenancé, il fit quelques pas en arrière et s'exclama :

- Mais enfin, François ? Que vous arrive-t-il ?

Il esquiva une seconde attaque de justesse et fronça les sourcils. Il ne reconnaissait plus son ami. Celui-ci avait l'air de vouloir l'abattre. Il percevait de la fureur dans ce regard si vif et si doux d'ordinaire. Quelle mouche l'avait donc piqué pour qu'il se montre aussi zélé et violent ? Aussitôt, bien entendu, Édouard commença à se poser une multitude de question diverses et variées. Bousculée par la peur, sa raison le poussa à la divagation. Peut-être qu'en réalité, lui et le psychopathe masqué qui ne cessait de le menacer de mort ne formaient qu'une seule et même personne. Ou alors il l'avait envoyé ici pour l'assassiner ! Siegfried était prêt à bondir sur l'agresseur et il ne semblait pas comprendre que son prince se défende avec mollesse. Le danois ne faisait que parer les coups. Il ne souhaitait pas blesser François, sauf si celui-ci l'y obligeait vraiment. Il n'était pas trop tard, selon lui, pour tenter de le raisonner... Au fond, le prince héritier commença à se dire que Froulay était un Mousquetaire, autrement dit un homme simple, de la petite noblesse, qui n'avait pas d'intérêt autre que personnel à sympathiser avec un danois comme lui, qui potentiellement pouvait accéder au trône. Que pouvait-il se passer maintenant ? Il tenta une ouverture et un dialogue :

- François, expliquez-moi ce que cela signifie ? Vous souhaitez m'assassiner ? Pour quelle raison ? Qui vous l'a demandé ? Je ne souhaite pas croiser le fer avec vous... je vous en prie, rangeons ces rapières et parlons comme des hommes civilisés et distingués que nous sommes, voulez-vous ?

Rien n'y fit. François le poussa en arrière d'un geste brutal et déloyal, alors qu'il baissait son arme. Édouard tomba en arrière et se retrouva allongé sur le dos, au sol. Il mit quelques secondes à réaliser, surpris par la douleur de cette chute inattendue. Et son visage changea alors du tout au tout. Sa bonne humeur fut aussitôt masquée par la colère. Un sentiment qui d'ordinaire ne l'habitait jamais, sauf lorsque l'on s'en prenait à sa mère ou à sa petite soeur, Bianca. Et autant dire que dans cet état, il avait un côté impressionnant, lui qui d'ordinaire affichait un visage angélique, de gentilhomme, se retrouvait crispé et altéré par la rage. Il se mettait rarement en colère mais lorsque cela arrivait, même Frédéric III s'éclipsait et pourtant c'était son Roi. Le jeune homme pouvait tout admettre, tout accepter, sauf la tromperie et la trahison. Et là, il se sentait trahi par François, qui l'attaquait sans raison, du moins le pensait-il encore... Alors que François allait l'attaquer, profitant du fait qu'il ait lâché son épée, il lui fit un croche-pattes et se dégagea pour se relever à la hâte. Le mousquetaire était vautré sur le sol, un nuage de poussière autour de lui. Édouard se campa sur ses deux pieds et se positionna à quelques mètres de lui, après avoir récupéré son arme. Adieu le jeune garçon pacifique et amoureux de la paix. Il avait cédé la place au guerrier, formé par les plus sages militaires royaux du Danemark, au corps à corps.

- Je ne vais pas me laisser tuer, François. Rengainez votre arme et partez avant que je ne sois contraint de vous faire mal !

Même sa voix était transformée, grondant comme un coup de tonnerre. Il espérait que le mousquetaire comprenne et décampe. Il ne l'imaginait pas poursuivre dans cette voie hasardeuse et s'en prendre à lui. Après tout ils étaient amis non ?

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   04.10.15 10:06

François ne pouvait même plus se contrôler. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait. Que les duels soient interdits et passibles de la peine de mort lui était totalement sorti de l’idée. Les valeurs qu’il chérissait tant à l’état normal ? Oubliées. Son sens de l’honneur ? Il pensait le défendre en provoquant Edouard. Mais Claire n’était qu’une simple comédienne, qui n’avait rien en commun avec une jeune femme noble qui aurait pu être l’épouse de François, non. C’était le cœur de la jeunesse et des passions qui s’exprimait à la pointe de son épée et avec la précipitation qu’il avait mise à arriver jusqu’à la chasse où il devait rejoindre l’héritier danois. En cet instant, rien n’aurait pu arrêter le jeune Froulay. Qu’il soit aîné de famille, seul héritier de son père, sa carrière militaire… rien ne comptait plus que ce sentiment de trahison qu’il ressentait désespérément à cet instant. Le simple fait de penser à Claire lui brûlait le cœur et l’âme plus sûrement que s’ils avaient été sous le joug d’un fer chauffé à blanc. Son regard, terrorisée, à l’idée de perdre François. C’était par son mensonge, celui partagé avec l’homme qu’il pensait son ami, qui venait de les séparer tous deux. Et, François le savait au fond de lui, bien plus que cette trahison d’une nuit, c’était ce mensonge qui le déchirait et rendrait toute chose impossible au futur. Et pourtant, il avait aimé Claire, et l’aimait encore, de cet amour de jeunesse, passion dévorante, et qui le rendait si vulnérable à l’instant.

Au point d’en oublier toute bienséance et préséance au jeune prince, qui, s’il le traitait en ami, était loin d’être son égal. L’erreur, s’il le blessait, pouvait être fatale. Sur l’heure, il n’en avait cure. La seule chose qui comptait pour lui était, derrière la façade de laver son honneur bafoué, de se venger et d’exorciser ainsi cette douleur qu’il ressentait. Les yeux embués de larmes de Claire, qui avait essayé de le retenir, lui criant qu’il allait se faire tuer, ne lui donnait que plus de rage. Une rage sourde qui réclamait le sang et ne semblait pas vouloir s’assouvir de l’alcool qu’il lui avait fournit la nuit précédente. Rien ne pouvait l’arrêter, et pas même le fait que sa fidèle jument semblait au bord de l’évanouissement vu le rythme d’enfer qu’il lui avait fait mener de Paris jusque là. Il avait tout oublié, de qui il était jusqu’à la bienséance exigée. Rien ne semblait pouvoir le détourner de son but. Jusqu’au bout, jusqu’au bout… Edouard ne comprendrait pas, Edouard ne comprenait pas. Edouard ne comprenait rien… Il pouvait avoir toutes les femmes qu’il voulait, il était prince. François aimait Claire. Aussi quand il rejoignit le Prince et tira l’épée, il n’avait que cela en tête. Et personne, autour de lui, ne sembla réaliser qu’il était sérieux et que ce n’était pas une plaisanterie. Il était déterminé comme il l’était en temps normal pour des choses beaucoup plus rationnelles et logiques.

Edouard avait à peine eut le temps de lever son arme pour se défendre, tout en reculant, sous le coup de la surprise.

- Mais enfin, François ? Que vous arrive-t-il ?


Ce qu’il lui arrivait ? Il allait bientôt le comprendre. Ivre de rage, François ne se laissait pas aller à la compassion ou à la parlotte. Il attaquait, sans relâche, laissant sa rage guider son arme, chose que tout bon duelliste savait être la pire, mais François avait aussi oublié cet art dans lequel il excellait habituellement.

-François, expliquez-moi ce que cela signifie ? Vous souhaitez m'assassiner ? Pour quelle raison ? Qui vous l'a demandé ? Je ne souhaite pas croiser le fer avec vous... je vous en prie, rangeons ces rapières et parlons comme des hommes civilisés et distingués que nous sommes, voulez-vous ?

François le repoussa et Edouard tomba à terre, la pointe de l’arme de François sur sa gorge.

-Est-ce ainsi que vous lui avez parlé à elle aussi ? Lui avez-vous proposé de « parler » pour mieux la trahir, et la forcer à me mentir ? Vous êtes un serpent, monseigneur !

Ce dernier mot sonnait plus comme une insulte que comme la marque de respect qu’il était censé incarner, François en avait bien conscience. Il n’avait pourtant pas l’intention de s’excuser. Du sang allait coupler. Le sien ou celui du prince ? C’était à voir.

-Je n’ai besoin de personne pour m’ordonner quoi que ce soit, j’agis de mon propre chef. Un peu comme vous en somme. Et dites à votre polichinelle de ne pas m’approcher, sinon je l’embroche.

La menace n’était pas une menace en l’air. François recula pourtant, il n’était pas encore assassin qui tuait un homme à terre et sans défense. Il laissa le prince se remettre sur ses pieds alors que, se tournant vers son cheval, il défit les cordelettes de son pourpoint, et le retira, afin d’être plus à l’aise en chemise, et enfila ses gants. Il était prêt à se battre.

-Je ne vais pas me laisser tuer, François. Rengainez votre arme et partez avant que je ne sois contraint de vous faire mal !

François eut un rire froid, glacial. Ainsi, le prince se révélait.

-Ah ! C’est peut être plus ainsi que vous l’avez contrainte, Votre Altesse. En lui rappelant qui vous étiez, et qu’elle, pauvre comédienne, n’avait rien pour vous résister. Petite poupée de quelques heures, une nuit tout au plus, entre vos bras.

Une fois prêt, il fit de nouveau face à Edouard. Rien ne l’effrayait en cet instant, et pas même le regard meurtrier qu’Edouard lui portait.

-Etes vous prêt ? L’un de nous rencontrera le Créateur, aujourd’hui.

François attaqua de nouveau, et face à l’incompréhension teintée de rage d’Edouard, il n’en avait que le cœur plus broyé. L’avait-il oubliée, elle aussi, comme n’importe laquelle de ces maîtresses passagères dont le prince oubliait l’existence à peine sortaient-elles de son lit ?

Les serviteurs du Danois ne savaient que faire : intervenir, risquant ainsi d’être blessés, ou laisser les deux hommes à leur combat ? Cela arrangeait François. Le temps qu’ils se décident, le duel aurait eut une fin. D’un mouvement puissant, François repoussa Edouard.

-Vous ne comprenez toujours pas, n’est ce pas ? Vous l’avez oubliée, comme toutes les autres. Aussi vite prises, aussi vite inutiles.

Nouvel échange, nouvelle bousculade, nouveaux tintements du fer qui se croise dans la volonté de tuer.

-Claire Ornelle ! Lâcha soudain François. Vous l’avez oubliée elle aussi ?

Rien qu’à prononcer son nom, il en avait les larmes aux yeux.

-Vous avez tout détruit… lâcha-t-il entre ses dents, avant de hurler : Tout gâché !!!

Et habité d’une nouvelle rage, il reparti à l’assaut.

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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   11.10.15 0:22

Édouard ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Après avoir pensé que François voulait l'assassiner, il se demandait plutôt s'il n'avait pas perdu l'esprit. Voilà qu'il tenait un discours décousu... Elle ? Mais de qui parlait-il ? Il ne voyait pas du tout de quoi son ami voulait parler ! Qui avait-il trahi et forcé à mentir ? Il chercha activement dans son esprit pour trouver quelque chose, une idée, une piste, mais en vain. Froulay lui en voulait pour quelque chose qui lui était inconnu ! Il l'insulta, le qualifiant de serpent. Quel était donc cet homme qu'il avait face à lui ? Le danois ne le reconnaissait pas. Il se remit sur ses pieds tandis que son "adversaire" se préparait au combat. Il lui fit comprendre que s'ils se battaient, il ne retiendrait pas ses coups. Édouard n'aimait pas la violence ni les querelles. Mais s'il n'avait pas le choix alors il se lançait à corps perdu dans la mêlée. Tant pis pour le Mousquetaire... qui se mit à rire. Édouard en eut des frissons dans le dos. Mais qu'est-ce qui n'allait pas ? Etait-il en train de rêver ? En l'occurrence, il s'agirait plutôt d'un cauchemar ! Le délire de François reprit... contrainte ? Mais par le Diable de qui parlait-il donc !!! Une comédienne, une poupée... voilà qui se précisait. Une femme donc ! Voilà bien sa veine ! Des femmes, il en connaissait des tas ! Etait-il possible qu'il ait couché avec une des membres de la famille Froulay ? Sa petite soeur peut-être ? Si c'était le cas, alors il l'avait fait sans savoir ! Et donc, François pouvait bien faire preuve d'indulgence lorsqu'il invoquerait son ignorance ! Le Prince esquiva de justesse une attaque violente.

Il ne pouvait pas réfléchir et se battre ! Pas dans ces conditions ! Il tenta de raisonner son ami mais lorsqu'il ouvrit la bouche, il sentit la point de la lame lui effleurer le flanc. Il para une attaque, sournoise et se dégagea. Mais Froulay, endiablé, décidé à en découdre, revint à la charge. Un nom fut lâché. Claire Ornelle... bon, il s'agissait donc bien d'une femme, mais elle n'avait pas de lien de parenté avec François. Les éléments se mirent peu à peu en place dans sa tête. Il s'agissait probablement de la femme sur qui le mousquetaire avait jeté son dévolu. Même si elle ne lui disait rien du tout. Édouard se protégea d'un nouvel assaut plus violent que le précédent et incrédule, il prit la parole :

- Mais enfin, François... rangeons ces armes et discutons-en calmement ! Je ne connais pas de Claire Ornelle ! De qui s'agit-il ? Cela va finir en tragédie et...

Tragédie. C'est alors que tout se mit en place dans l'esprit du prince ! Claire Ornelle ! La comédienne était dans la troupe de Molière aux dernières nouvelles ! Il s'en rappelait maintenant ! Blonde, le visage charmant, un regard expressif et transcendant, elle l'avait séduit par son sourire. Envouté par ce charme de théâtre, le danois l'approcha alors pour la séduire. Et après une soirée passée à échanger et à roucouler, il se glissa dans son lit. Édouard ne se souvenait pas de cette nuit, probablement parce qu'elle n'était pas transcendante. Il avait répondu à une simple pulsion, se gardant bien d'aller plus loin. Ce n'était guère la première fois qu'il s'amusait ainsi. Comment aurait-il pu savoir que François et elle avait une liaison ? Le hasard avait vraiment mal fait les choses. Comprenant soudain les raison de cette colère, il fit un geste à son serviteur pour qu'il reste en retrait de la joute. Il eut tout juste le temps d'éviter un nouvel assaut. Son épée siffla dans l'air et vint entailler le bras de François, en surface. Il saignait légèrement.

- Claire et vous étiez... ? Je n'en avais pas connaissance ! Elle ne m'en a rien dit ! Si je l'avais su... je n'aurais jamais tenté de la séduire ! Je suis confus François...

Il savait qu'il l'avait blessé mais ça n'était pas volontaire. François voulait laver son honneur ? De quel affront ? Il suffisait qu'ils gardent tout cela pour eux, qu'ils conviennent que ça n'était pas une trahison, mais une erreur, une terrible erreur. Si seulement Froulay acceptait de ranger son arme et de se montrer raisonnable... mais il attaqua à nouveau. Édouard para l'attaque et profita du fait qu'ils se regardent dans les yeux pour lui dire :

- Je n'avais nullement l'intention de gâcher quoi que ce soit ! Encore moins de vous détruire ! Vous êtes un ami, jamais je ne chercherais à vous nuire. Je suis prêt à ranger mon arme pour que nous en discutions. Sincèrement, François, pouvez-vous me croire aussi fourbe pour avoir commis cette erreur sciemment ?

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   14.10.15 10:17

Personne n’avait jamais vu le mousquetaire dans un tel état. Lui-même, se voyant d’un point de vue extérieur, ne se serait sans doute pas reconnu. Une telle haine pour l’autre était rare, voir quasiment inexistante pour le jeune Froulay qui était généralement plutôt tolérant. Mais il avait l’impression qu’on venait de lui enfoncer un poignard dans le dos, et que celui-ci venait de transpercer son cœur au passage – sentiment tout à fait désagréable, vous en conviendrez. Il ne pouvait pas laisser passer sa colère, lâcher prise. Pas si tôt, pas si vite. Il voulait tout détruire sur son passage, il n’y avait qu’à voir la manière dont il avait traité sa fidèle jument, lui qui l’adorait, pour s’en rendre compte. La pauvre bête, en nage, mettrait des heures à s’en remettre. Et il n’en avait rien à faire. Tout ce qui lui importait, était de panser son cœur meurtri par la trahison de son premier amour et de celui qu’il considérait comme son plus proche ami. Laver son honneur ? Sans doute le percevait-il ainsi, mais il n’y avait pas d’honneur dans cette histoire. Claire était une comédienne, il était noble – de petite noblesse, mais noblesse tout de même. L’idée même de pouvoir l’épouser un jour était stupide. Pourtant, dans ses rêves naïfs de jeune homme amoureux, François s’imaginait décrocher la lune pour elle. Et il l’aurait fait, avant la veille au soir. Cette soirée avait tout changé, autant pour elle que pour lui. Plus jamais il ne pourrait lui faire confiance, et à Edouard non plus.

Edouard tentait toujours de l’arrêter, alternant menaces et tentative de compréhension.

-Mais enfin, François... rangeons ces armes et discutons-en calmement ! Je ne connais pas de Claire Ornelle ! De qui s'agit-il ? Cela va finir en tragédie et...

Il ne se rappelait même pas d’elle ! Cela fit encore plus de mal au jeune mousquetaire, déjà au paroxysme de sa colère. Certains n’en avaient vraiment rien à faire du mal qu’ils pouvaient faire autour d’eux, et Edouard, qu’il avait toujours pris pour un ami, en faisait parti. Pourtant, il semblait enfin comprendre. François avait reculé, épée pointée vers le sol, le temps de laisser réaliser à l’héritier danois pourquoi il allait mourir en ce jour. Mais il jugea que cela suffisait, et attaqua de nouveau, avec une telle fureur qu’il ne prit aucune précaution, et Edouard réussit à lui entailler le bras. C’était bien la preuve que François  n’était pas dans son état normal. Jamais, autrement, Edouard n’aurait réussi à le blesser ainsi, de manière aussi ridicule. Mais au lieu de calmer François et de le ramener à la raison, cela attisa encore plus son envie de revanche. En plus de l’avoir trahit, de l’avoir blessé moralement, Edouard venait de le blesser physiquement, entaillant sa chemise blanche qui se teinta d’un filet rouge. Rouge… Comme la colère qui habitait le mousquetaire depuis plus de douze heures maintenant et qui avait eut le temps de se décupler, mais sans doute pas de cuver.

-Claire et vous étiez... ? Je n'en avais pas connaissance ! Elle ne m'en a rien dit ! Si je l'avais su... je n'aurais jamais tenté de la séduire ! Je suis confus François...

-Ce ne sont pas des excuses que j’attends, mais que vous m’en rendiez raison, rétorqua le mousquetaire, remontant sa manche de manière à colmater la petite estafilade.

Le mousquetaire était de toute façon allé beaucoup trop loin pour en rester là. Il ne pouvait plus revenir en arrière, du moins pas à ses yeux. Ce qu’il avait fait était un crime de lèse majesté, et il en serai puni quoi qu’il advienne. Entre un prince danois et un pauvre mousquetaire, quand il fallait faire le choix d’une tête qui tombe, celui-ci était bien vite fait. François n’avait pourtant point de scrupules, ce qui était étonnant quand on le connaissait, ni de seconde opinion. Il était prêt à tout, et à aller jusqu’au bout. Quoi que dise Edouard, cela ne pourrait plus l’arrêter. Il était comme un cheval au galop, qui va de plus en plus vite de peur de trébucher s’il ralenti. Aussi se remit-il en garde, et attaqua de nouveau. Mais Edouard para le coup.

-Je n'avais nullement l'intention de gâcher quoi que ce soit ! Encore moins de vous détruire ! Vous êtes un ami, jamais je ne chercherais à vous nuire. Je suis prêt à ranger mon arme pour que nous en discutions. Sincèrement, François, pouvez-vous me croire aussi fourbe pour avoir commis cette erreur sciemment ?

-Au vu de votre réputation, plus rien ne m’étonne, rétorqua François.

De la mauvaise foi ? Sans aucun doute. Enragé, François repoussa le prince et attaqua encore, et encore. Mais dans sa fureur, s’il se souvenait de tout ce qu’il faut savoir pour attaquer, la défense, elle, il semblait l’avoir oubliée. Edouard n’eut d’autre choix que de contre attaquer pour se défendre. François ne protégeait pas son côté droit, laissant une ouverture béante, que la défense et contre attaque d’Edouard n’eurent d’autre choix que de prendre pour cible, consciemment ou non. La douleur fut vive, mordante, terrassante. François se figea, et recula, pour découvrir la plaie, qu’il tenta de colmater avec sa main, mais inutile. Le souffle coupé, il regarda Edouard. Il était plus surprit qu’effrayé, et, sans s’en rendre compte, le sol se dérobât sous ses pieds, et il sombra dans l’inconscience, incapable de respirer.

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ANYTHING COULD HAPPEN  


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MessageSujet: Re: [Octobre 1666] Tout ça pour une femme... (Pv François)   08.11.15 10:34

La situation était en train de tourner véritablement au drame. Édouard était toujours sonné par ce qu'il vivait. Jamais, il n'aurait pensé que la situation aurait pu se dégrader à ce point. Si François ne voulait pas accepter ses excuses, alors que pouvait-il bien attendre ? Le détestait-il à ce point pour vouloir l'occire ? Tout ça pour une femme ? S'il devait compter le nombre de prétendants ayant vécu la même déconvenue et qui auraient voulu le tuer, il ne serait sans doute plus vivant depuis longtemps ! Le Prince Danois avait un grand talent, celui de savoir séduire. En règle générale, son charme naturel suffisait à attirer l'oeil des dames, aussi des messieurs, mais bon, ça, il ne s'en vantait pas. Il plaçait alors un ou deux mots d'esprit, quelques compliments et tout le reste venait naturellement. Il aurait voulu dire à François que Claire n'était pas une femme pour lui. Il était son ami, il méritait tellement mieux qu'une comédienne qui lui avait cédé. Mais il n'en eut pas le temps et dans un sens ce fut heureux... Pas sûr que le Mousquetaire ait voulu entendre ce genre de propos. Il fit son possible pour éviter les coups et se préserver. Non, il ne voulait pas se battre, ce n'était pas l'esprit qui parlait. François était resté chez lui et lui avait envoyé un animal enragé. Il repensa au moment passé avec Claire. Cela n'avait pas été transcendant, en tout cas, le danois l'avait pratique oubliée, ce qui voulait dire que leur histoire n'avait été qu'éphémère. Ca aussi, il aurait voulu le lui dire, expliquer qu'il ne menaçait rien, mais le combat l'empêcha d'être inapproprié et de souffler sur les flammes. Et puis le Mousquetaire lâcha quelques mots, qui blessèrent profondément Edouard... "Au vu de votre réputation, plus rien ne m'étonne..."

Depuis quand sa réputation était un problème ? Le Prince n'avait jamais rien caché à son ami et s'il avait lui-même découverte que Claire était sa fiancée, jamais il n'aurait couché avec ! Il n'aurait même pas essayé ! Depuis le début, Edouard subissait un procès en règle qui ne lui plaisait pas du tout. Mais il trouvait le moyen de garder contenance. Là, François lui lançait une pique assassine qui faisait beaucoup plus mal qu'un coup d'épée. L'héritier du Danemark n'avait jamais vraiment connu d'amitié sincère. Les qualités qu'il avait décelé dans le coeur du Capitaine des Mousquetaires suffirent à lui faire goûter à ce bonheur, cet épanouissement social que tous désiraient. L'attaque causa plus de dégâts que leur duel. Edouard continua à parer les coups. Plus le temps passait, plus son ancien ami devenait grossier, tant dans ses gestes que dans sa garde. Mais le danois ne pouvait s'empêcher, en même temps qu'il bloquait les assauts, de réentendre les mots de François. Ici gisait désormais leur amitié. Il se rappela des recommandations de son frère, sur le fait que l'amitié n'existait pas et qu'il n'y avait que l'intérêt. Il n'avait jamais cru Frédéric à ce propos. Pourtant, en voyant François prêt à le tuer, après un procès tronqué où il n'avait même pas pu se justifier, il comprenait. Froulay attaqua, le visage monstrueux tant la haine l'habitait. Edouard plaça son fleuret en avant tout en esquivant. Il le sentit buter, s'enfoncer puis ressortir. Le combat s'arrêta. François regarda avec surprise sa blessure qui ne tarda pas à saigner abondamment. Alors qu'il cherchait sa respiration, il regarda Edouard. Le Prince le fixait de son regard azur, sans laisser filtrer la moindre émotion. Et puis le mousquetaire s'effondra. Le Prince interpela alors son "garde du corps" :

- Vite, prenez de quoi endiguer le saignement !

- Mais votre Altesse, il a tout de même tenté de vous tuer !

Edouard se précipita auprès de François et posa ses mains sur la plaie pour l'empêcher de saigner.

- Il respire encore ! Je ne suis pas un monstre ! Dépêchez-vous !

L'autre s'exécuta et se plaça en face, sortant d'une petite besace un onguent et un linge. Edouard regarda le sang se répandre sur ses doigts. Une larme roula sur sa joue. Il ne voulait pas le tuer... malgré tout ce qui venait de se passer, il l'appréciait, il avait eu de l'estime et de la considération pour lui. Il refusait de sacrifier son humanité pour un lâche abandon dans les bois qui signerait la mort de celui qui avait été son ami. Siegfried appliqua un peu d'onguent puis le linge. Il se servit de la chemise de François pour l'attacher autour du "pansement" et endiguer le saignement.

- Il ne tiendra pas longtemps si nous ne l'amenons pas quelque part...

- Alors allons-y !

Les deux hommes hissèrent François sur le cheval d'Edouard. Le Prince monta derrière lui, pour le caler et éviter qu'il ne tombe. Siegfried attacha la jument de François et le cortège se mit en route. Ils cavalèrent du mieux qu'ils purent, essayant de menager les bêtes et de ne pas aggraver le cas de François. Dans la plus grande discrétion, ils demandèrent une chambre dans une auberge. Edouard porta François jusqu'à un lit. Il faisait son poids le colosse ! Il laissa Siegfried soigner la blessure. Après une bonne heure, constatant que le mousquetaire n'était plus en danger, le Prince quitta la chambre sans un mot ni un regard. Il donna de quoi payer la pension du mousquetaire puis sortit. Le reste de la journée, Edouard la passa dans ses appartements, à broyer du noir. Il ne voulut voir personne. La journée avait été suffisamment catastrophique comme ça !

*** FIN ***

______________________

Edouard



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