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 [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)

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MessageSujet: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   26.04.15 0:32

La vie d'Édouard suivait son fleuve paisible, un peu comme si après l'énorme tempête provoquée par l'adultère de son ex-épouse, Gisela, le Ciel avait bien voulu lui accorder un temps de répit. Celui-ci était d'ailleurs le bienvenu ! Et il ne se privait certainement pas de cette aura de bien-être qui l'éclairait, à mesure que les jours passaient. En témoignait la ravissante jeune femme qui dormait paisiblement sur sa poitrine nue et à laquelle il caressait les cheveux, d'un geste doux. Comment se nommait-elle déjà ? Marie-Louise ? Anne-Marie ? Avec un tel trou de mémoire, il savait pertinemment qu'il fallait feindre de s'en rappeler et surtout ne pas lui demander. Sinon, il y avait fort à parier qu'en plus d'un souvenir négatif, il lui laisse de la rancœur. Sans compter qu'elle était capable également de faire valser son genou dans ce qu'il avait de précieux... donc mieux valait éviter de froisser la dame. Au dehors, le soleil était déjà haut dans le ciel et inondait la chambre à travers un petit espace présent entre les lourds rideaux de velours bleu ciel qui arboraient la fenêtre. On sentait la langueur du matin, où le Prince et sa conquête de la veille se prélassaient dans ce lit douillet, très seyant en définitive. Édouard était bien élevé, il avait pris soin de demander à ce que l'on apporte à sa douce, un petit-déjeuner copieux. Il attendait les serviteurs d'ici quelques minutes. Leur arrivée se trouvait dans un temps tout relatif, l'idée qu'on puisse les surprendre le ragaillardit. Subtilement, il laissa glisser sa main, sur le flanc de la belle, dans une caresse mesurée savamment de sorte qu'elle provoque un léger désir et qu'elle sorte la demoiselle de son sommeil. Il déposa un baiser sur son cou exposé, faisant frémir cette peau blanche avec sa barbe mal taillée. Il vint se lover au creux de ses reins en faisant glisser sa main sur cette peau parfaite.

C'est à ce moment là que l'on frappa à la porte. Édouard sursauta et la jeune femme aussi. Avant même qu'il n'invite la personne à entrer, celle-ci ouvrit la porte. Il tira le drap sur le lui et sentit la moutarde lui monter au nez. Qui osait donc lui faire l'affront de pénétrer sans y être convié ? Il n'était pas présentable ! Il allait protester vivement lorsqu'il reconnut le messager de son frère, qui était aussi son plus fidèle et plus proche conseiller. Il fronça les sourcils. Frédéric avait-il fait le chemin jusqu'ici lui aussi ? Soudainement inquiet à l'idée que son frère puisse fortement se mécontenter de la présence d'une de ses nombreuses amantes, il blêmit légèrement. Ses craintes furent effacées quelques secondes plus tard, lorsque le messager ferma la porte derrière lui. Au moins s'éviterait-il les sermons de son Roi... qui s'accompagnaient toujours de sanctions pénibles, comme notamment la baisse de ses dotations, ce qui l'empêchait de s'acheter tous types de vêtements et de tissus intéressants. Du haut de sa stature, le messager lui fit une révérence et s'approcha pour lui remettre une enveloppe scellée à la cire, par l'emblème du Danemark... En voilà des façons saugrenues de communiquer ! Il ne l'avait même pas salué ! Son frangin avait-il changé une nouvelle fois le protocole et imposé à ses colporteurs de rester muets comme des tombes ? Cela ne serait guère étonnant... Frédéric était capable de tout en matière de stupidités... Le Prince héritier prit le document et avant qu'il ne l'ouvre, le messager articula enfin quelques mots, d'une voix enrouée avec un accent très germanique, propre aux Royaumes du nord. Il s'exprimait en danois pour éviter que la jeune femme, drap tiré sur elle et rouge tomate, ne comprenne.

- Sa Majesté, votre frère, m'a demandé de vous remettre cette lettre. Il dit que c'est urgent et que cela vous oblige.

Tandis qu'il attendait là, Édouard ouvrit le sceau et commença à lire. Son aîné voulait qu'il se rende dans un Salon de Versailles, aujourd'hui même à quatorze heures. Que voulait-il donc qu'il fasse là-bas ? En danois, le Prince répondit, perplexe :

- N'a-t-il pas expliqué pourquoi ?

- Non, Altesse. Il a simplement dit que vous deviez vous vêtir de vos plus beaux atours et ne pas être en retard. Selon ses termes, il s'agit d'une affaire d'état de la plus haute importance. Je vous attends dans le couloir.

Il se retira laissant Édouard avec la jeune femme. A peine la porte fut-elle fermée que celle-ci se leva en catastrophe pour se rhabiller. Le Prince l'oublia complètement et se leva, dans le plus simple appareil. Il relut la lettre trois fois en se grattant la barbe, l'air songeur. Connaissant Frédéric, cela pouvait être une nouvelle stratégie... En attendant, avec sa lubie de vouloir s'allier avec la Lorraine, il avait fait perdre de l'influence au Danemark à la Cour du Roi Soleil. Et maintenant, Édouard faisait tout pour rattraper le coup... Si en plus, il commençait à lancer des plans foireux de son côté, ça n'allait vraiment pas le faire ! La jeune femme fut prête et partit sans demander son reste. Le jeune homme passa une bonne heure à se préparer. Il s'habilla de sa tenue la plus noble, puis il sortit de sa chambre. Le messager était attablé et il dégustait... son petit déjeuner ! Non mais quel culot ! Il se leva lorsqu'il vit le Prince et les deux hommes se mirent alors en route vers le Chateau de Versailles. Il ne leur fallu pas beaucoup de temps pour y arriver. Une fois sur place, il suivit le conseiller à travers les couloirs, tirant la révérence à tous les nobles qu'il rencontra, accordant même un petit sourire à une marquise dont il avait adoré le parfum la fois où ils avaient eu l'occasion de discuter d'un peu plus près et au calme de leur intimité. Ils entrèrent dans le salon vide. A en croire l'atmosphère, cela ne ressemblait pas à une réunion stratégique. Il n'y avait pas de carte, juste un banquet avec des coupes de fruit, dont du raison. Édouard en piqua un grain tandis qu'il attendait patiemment. Au bout de quelques instants, on toqua à la porte, le conseiller danois alla ouvrir pour faire rentrer deux hommes, visiblement germaniques à en voir leur air franchement pas aimable... et une femme, assez élégante. Le conseiller danois se tourna alors vers le Prince et il lui dit :

- Votre Altesse, je vous présente Aliénor de Wittelsbach, votre fiancée.

Édouard s'étouffa littéralement avec le raisin. Il se mit à tousser et à taper sur son torse pour essayer de reprendre sa respiration...

- De... de l'eau... vite... Ma... ma quoi ???

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   03.05.15 19:28


« Le mariage est la mort morale de toute indépendance. »


Par cette fin d'août, on aimerait se prélasser à l'ombre des bosquets de Versailles pour espérer un peu de fraîcheur, et observer la nature se retrouver à son paroxysme de beauté, déguster une orangeade et lire la gazette. Mais non, le départ pour Chambord provoquait un rythme soutenu dans les grands appartements, la plupart des courtisans voulaient y en être, se montrer auprès du roi lors des chasses à venir. Et dans la Maison de la Reine, toutes s'activaient au départ de Marie-Thérèse, forcément de la partie, et chacune des dames en charge se devraient à leur tour préparer leurs propres malles, car il fallait prévoir au moins deux tenues de bal, plusieurs de chasse et de cavalier car elles se salissaient vite, plus des robes du quotidien, de quoi tuer le dos de plusieurs valets, juste pour quelques jours à la campagne. Comme les autres dames, Aliénor avait aidé Marie-Thérèse d'Autriche dans le choix de ce qu'elle emportait, relancée la couturière pour les robes qui manquaient et ne rien oublier ! D'habitude, la tranquillité, la quiétude même était le quotidien des dames de la Reine, mais pas aujourd'hui.

Heureusement, cela ne dura que la matinée jusqu'au déjeuner, la reine partait en promenade avec le Roi pour l'après midi, libre aux dames de suivre ou pas. Les vieilles duègnes préféraient se mettre au frais, pour ne pas cuire dans leurs robes noires, chacune ensuite vaquaient à leurs occupations, Aliénor retourna à ses petits appartements pour se reposer un peu avant de partir pour Paris, où elle devait finir ses propres bagages. Seulement, le repos fut de bien courte durée, Julia, la camériste de l'autrichienne, vint annoncer à sa maîtresse que le chancelier du Prince Électeur de Bavière se trouvait dans la pièce d'à côté, demandant à la voir. Etonnée, l'archiduchesse pria à sa camériste de les installer, le temps qu'elle se pomponne. Pas grand chose, Aliénor lissa sa toilette un peu froissée par la sieste, remit un peu de rouge sur la bouche et les joues, et placer quelques épingles dans ses boucles pour ne pas faire trop négligée. C'était un peu de coquetterie mais on ne pouvait lui en vouloir de bien paraître en tout instant. Dans l'autre pièce se tenaient assis le chancelier von Mercy, on peut dire le bras droit de son frère le prince Électeur, et son fils.

« Monsieur von Mercy, quel plaisir et quelle surprise de vous revoir.
J'espère ne pas vous déranger madame dans votre charge ou votre quotidien. répliqua poliment le quinquagénaire aux cheveux blancs.
Ne craignez rien, je me reposais juste. Mon frère veut-il me voir ?
Il m'envoie pour parler avec vous … Pouvons nous faire quelques pas, si vous le voulez ? »

Il est vrai que dans l'antichambre il faisait chaud, marcher dans les jardins ne feraient pas de mal, et tous trois sortirent des petits appartements de l'archiduchesse, donnés par la Reine pour qu'Aliénor puisse se reposer au château s'il ne lui était possible de rentrer à Paris. Pendant la descente des escaliers, ils parlèrent banalités. Von Mercy avait vu grandir Aliénor, il était conseiller de son défunt père et à présent de son frère aîné, cet affreux Ferdinand-Marie avec qui elle était en froid. D'ailleurs, la jeune femme en profita pour toucher deux mots sur sa rente.

« Je n'aime guère parler argent, mais mon frère ne devait-il pas me donner pension pendant que je me trouvais en France ?
Oui, madame.
Puisque vous le pouvez, pourriez vous m'envoyer cette pension à présent ?
Hé bien, c'est aussi de cela que nous devons parler … »

L'homme semblait bien mystérieux, et ne semblait pas vouloir descendre dans les jardins, il prit le long couloir jusqu'au salon d'Hercule. Les grands appartements n'allaient pas donner plus de fraîcheur, Aliénor eut l'impression qu'on l'emmenait quelque part sans lui dire de quoi il en retournait. C'est alors qu'elle s'arrêta en plein milieu du salon, où peu de courtisans se trouvaient, la plupart étaient dehors. Le chancelier se retourna, étonné du comportement de la jeune femme.

« Madame, je veux bien tout vous expliquer mais suivez moi. »

Cela ne la convainquit pas des masses mais la curiosité l'emporta, même si un frisson lui parcourut le dos, cela ne présageait rien de bon. Ils passèrent dans le Salon de l'Abondance et le fils cogna à la porte du Salon de Vénus pour se faire annoncer. Quelle drôle d'idée de fermer les portes, pensa la jeune femme, et les trois autrichiens entrèrent dans la pièce où se trouvait deux hommes, un jeune et élégant, et un autre plus vieux. Avant même que von Mercy ouvre la bouche, elle comprit, le peu de subtilité de mise en scène montrait le travail de son frère. Alors que le chancelier ouvrait la bouche, Aliénor lui coupa la parole, de la colère dans la voix.

« Un troisième mariage, c'est bien cela ? Vous ne vouliez pas m'en parler avant de me mettre devant le fait accompli. Ferdinand-Marie me dégoûte … dit-elle assez bas pour ne parler qu'à son voisin de gauche.
Madame, il ne … »

Mais ils étaient déjà arrivés face à ce fiancé qu'elle connaissait de vue, on ne pouvait rater le prince du Danemark avec son élégance un peu tape à l’œil. Et on ne pouvait passer à côté de sa drôle de naissance et la répudiation de son épouse pendant la guerre. Et à sa tête, il semblait surpris de cette nouvelle, autant qu'elle était en colère, mais essayait de ne rien montrer, pour paraître poli auprès des danois, qui n'avaient rien demandé. L'homme âgé la salua par une révérence.

« Archiduchesse, votre chancelier a dû vous expliquer que votre frère et notre roi ont conclu un accord, et quelle meilleure preuve que d'une union ? expliqua l'homme, ravi.
Meilleure, je ne sais pas, mais répandue, on connaît les destins des filles de grandes familles. Elle paraissait calme mais sa voix fut un peu trop sèche, ce qui provoqua un silence de quelques secondes, avant que von Mercy ne reprit la conversation.
Prince, commença t'il en s'adressant à Edouard, voici Aliénor von Wittelsbach, fille et sœur d'Électeurs de Bavière, cousine du grand empereur Léopold II. Madame, voici …
Édouard Oldenburg, prince-héritier du Danemark.continua la jeune femme imperturbable, cachant toujours sa colère, et s'adressa à son nouveau fiancé. Il est difficile de ne pas vous connaître monsieur, votre réputation de bon vivant vous précède. De plus, mes frères ont parlé de vous. Enfin en oubliant de mentionner notre future union, sinon cela ne saurait pas drôle. »

Le conseiller et le chancelier s'observèrent,  ne sachant quoi se dire, von Mercy savait exactement dans quel état se trouvait la jeune femme et chaque parole la tendrait un peu plus. De son côté, la jeune femme regardait son nouveau fiancé et bien qu'il soit beau et jeune, des points que n'avaient pas les deux précédents époux, elle ne lui trouvait aucune grâce. Ce n'était pas sa faute à lui, mais il la privait de cette liberté dont elle avait eu tellement de mal à avoir, qu'elle ne voulait plus relâcher. Elle avait déjà eu une vie assez conséquente à vingt quatre ans, elle ne voulait ni être princesse, encore moins reine, et n'avait pas envie de donner d'héritier au Danemark …


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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   04.06.15 23:43

On avait donné à Édouard une coupe d'eau, qu'il but entre deux quintes de toux étouffées. On ne crachait pas ses poumons devant une dame ! Principe de politesse aussi vieux que le monde ! Et ça, le Prince y était très attaché. Il était un séducteur né, mais il s'assurait de faire dans la délicatesse et la galanterie, toujours. Il profita donc que l'on meubla le silence pour tenter de retrouver un souffle normal. S'il avait su qu'un raisin pouvait autant nuire à ce moment officiel, il s'en serait passé, sans hésitation quelconque. Heureusement, l'eau eut un effet salvateur, elle lui permit de se reprendre et il écouta attentivement la situation. Il n'avait pas encore pu saluer Aliénor. En fait, il tombait des nues et ne comprenait toujours pas comment on pouvait lui avoir caché des fiançailles ! Il venait tout juste de sortir d'une période difficile et douloureuse après avoir après que Gisela l'avait trompé... avec un anglais ! Car oui, l'adultère en lui-même ne lui posait pas de problème. Tant que cela ne salissait pas son honneur, il n'y voyait pas d'inconvénient. Tout devait rester discret et privé. En tombant enceinte de Morgan et en lui cachant la vérité pendant de longues années, Gisela l'avait trompé, et il n'avait pu l'accepter. Au fond, il regrettait que cela se soit passé ainsi. Le princesse de Suède était son amie d'enfance, une confidente, élégante, gentille, qui supportait ses aventures, même si dans l'ombre elle œuvrait pour qu'elles échouent. Le Danois l'avait répudiée, mais il lui permettait de s'occuper de l'enfant, celui qu'il avait pensé être son héritier. Et il s'assurait qu'elle ne manque de rien. Il était cocu mais pas rustre...

Au moins, Aliénor était-elle belle, plus, à n'en point douter que Gisela. Et ce qui faisait son charme, c'était son petit accent germanique, très subtil qu’Édouard remarqua dès qu'elle prit la parole. Visiblement, elle aussi, elle ne savait pour quelle raison on l'avait conduite ici. Elle semblait nourrir une colère froide, contre ses frères, peut-être même contre lui. Mais l'héritier du Danemark n'y était pour rien dans toutes ces manigances. Il avait été trompé lui aussi, floué et tenu à l'écart d'une décision cruciale qui le concernait au premier titre ! Frédéric allait l'entendre... si le Roi était davantage habitué à soupirer sous les invectives très agitées de sa sœur, Bianca, il ne savait pas vraiment de quoi Édouard était fait. En réalité, mieux valait ne pas s'attirer ses foudres, car aussi gentleman et cultivée eut-il été, sa patience n'était pas infinie. Le visage de Morgan en avait d'ailleurs fait les frais. Le Prince n'aimait pas la violence, comme tout être humain, cependant, il n'hésitait pas à s'en servir si la situation l'y obligeait. Bon, il n'allait pas débouler à Copenhague pour péter le nez de Frédéric. Il se contenterait d'une lettre bien salée et de représailles ultérieures. Même s'il était prince héritier, son statut ne le protégeait pas du crime de lèse-majesté. Il devait donc gérer cela de façon diplomatique, mais ferme. Oldenbourg fut surpris lorsque Aliénor coupa la parole à von Mercy pour parler de lui. Elle le connaissait... visiblement, elle avait eu des échos sur lui, sa personnalité, son mode de vie. De son côté, lui, ne savait pas grand chose d'Aliénor. Ils ne côtoyaient pas les mêmes endroits.

Son visage lui sembla pourtant familier. Il lui prit délicatement la paume pour lui faire un baisemain et une révérence respectueuse. Oui, il était bien élevé. Malgré les circonstances, il voulait éviter qu'Aliénor n'éprouve le moindre malaise. Il ne dit pas un mot et regarda les deux hommes complices. Son regard nordique aux teintes azurées s'assombrit. Après la surprise, venait la colère. Et d'ordinaire si avenant, le visage du Prince avait viré à l'inquiétant. Sur un ton glacial, il prit la parole, sa voix grave légèrement enrouée à cause de sa fausse-route.

- Sortez immédiatement de cette pièce. Nous règlerons nos comptes tout à l'heure...

Il désigna la porte d'un air impérieux et sous cet ordre autoritaire, à contrecœur, les deux individus quittèrent le salon. Édouard soupira, fortement dès que la porte fut fermée. Il se tourna ensuite vers Aliénor. Oui, elle était belle. Vraiment. Et elle semblait intelligente aussi, ce qui était très appréciable. Mais leurs éducations semblaient tellement différentes. A la voir comme ça, il l'aurait qualifiée de bigote, probablement trop coincée pour accepter l'idée de parler avec lui. Pourtant, ils s'y trouvaient obligés par la force des choses. Édouard la regarda, sans vraiment sourire. Non, ces fiançailles ne l'enchantaient pas du tout ! C'était donc trop demander que de pouvoir convoler de lit en lit sans avoir une alliance comme boulet autour du doigt ? En plus, quel était l'arrangement derrière tout ça ? Non, il n'appréciait pas de l'apprendre comme ça, qu'on le mette devant le fait accompli. Il tenta d'être le plus agréable possible, même si Aliénor put le sentir distant :

- Madame, je ne sais comment m'exprimer... j'oserais croire que tout cela est une terrible malentendu et que ces fiançailles ne sont qu'une mauvaise histoire inventée par nos familles pour se gausser de nous. Mais hélas, je me dois d'être réaliste... et d'admettre que nous avons été bel et bien fiancés. Je n'ai pas à le faire, car la décision m'a été cachée tout ce temps, mais je souhaite vous présenter mes excuses pour cet instant très incommodant... Je n'apprécie guère les mariages arrangés, même si comme vous l'aviez dit, ils sont habituels. Puis-je vous proposer de vous asseoir sur ce fauteuil ?

Il tint le dossier du-dit siège. Il se montrait prévenant, précautionneux. Il n'était pas question qu'Aliénor souffre un seul instant de sa mauvaise humeur et des conséquences d'une décision pour laquelle nul ne lui avait permis de donner son avis. Le Prince du Danemark ajouta :

- Votre visage me parait familier... mais je ne me souviens vous avoir croisée ici ? Serait-ce ailleurs ?

Il ne s'en rappelait plus, mais la dernière fois qu'Aliénor l'avait vu, c'était dans les ruelles, alors qu'il sortait débraillé de l'habitation d'une couturière avec laquelle il avait passé une bonne nuit. Ils avaient fui les gueux révoltés ensemble... un souvenir qui n'était pas du tout à son avantage... ça la foutait mal comme premier contact avec sa future femme !

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   15.07.15 15:34

Un piège, voilà dans quoi elle était tombée. Malgré son apparence aimable, elle restait assez froide, ses yeux azurs trahissaient cette colère en elle. Si on pouvait lire en elle, on verrait Ferdinand-Marie de Bavière pendu au bout d'une corde. Cela ne pouvait être plus clair … A cet instant, l'autrichienne en était à son maximum de politesse et de calme, mais elle refusait de sourire, de faire des compliments, ou tout simplement admettre cette future union. Un troisième mariage, encore un. N'existait-il pas une loi laissant les veuves tranquilles après deux mariages et trois enfants ? Elle avait donné deux fils à deux hommes différents, on allait aussi lui en demander un pour la dynastie danoise ? Non, alors non, elle ne voulait plus être une machine à enfanter, ni une personnalité dont on scrute les moindres faits et gestes. En tant que dame d'honneur de Marie-Thérèse d'Autriche, elle voyait le quotidien d'une reine, avec sa Maison où rien n'est rose, que l'on observe du lever au coucher, ce qu'elle porte, ce qu'elle dit, ce qu'elle fait, à qui elle parle, ce qu'elle mange, ce que le roi lui dit, ce qu'elle dépense … Non, clairement, Aliénor n'avait pas l'étoffe d'une reine, elle ne supporterait guère tous ces regards à longueur de journée.

Et elle n'avait pas envie de celui qui allait devenir roi de Danemark. Discrètement, son regard détaillait le nouveau fiancé. Pourtant, celui-ci avait tout pour plaire : de son âge, ce qui changeait des deux précédents, une belle allure, un visage agréable, contrairement à l'autre rongé par la vérole et la consanguinité, de grands yeux bleus, et une coquetterie plaisante. Non le prince avait de nombreuses qualités, en particulier physiques, non négligeables pour un parti non-voulu. Mais, sans le connaître réellement, Aliénor avait eu vent de la légèreté de mœurs et sa passion pour les jeunes femmes. Et rien que ce défaut le rendait bien moins charmant aux yeux de la nouvelle fiancée. Un mari volage, elle avait donné et là encore, voyait assez bien la reine de France au quotidien, obligée de partager ses escaliers secrets avec celle de la duchesse de Guyenne pour ne pas vouloir subir cella à son tour. Et puis les chats ne font pas des chiens, Aliénor connaissait la passion du père d’Édouard, Christian IV, pour les femmes. Puis elle l'avait vue elle-même, ce jour de révolte où, travestie en Aline, elle l'avait rencontrée débraillée, sortant d'une maison quelconque. Où va la noblesse si les princes culbutent des roturières ? D'ailleurs, il se mit à parler d'un ton froid et sec aux chaperons les entourant.

« Sortez immédiatement de cette pièce. Nous réglerons nos comptes tout à l'heure... »

Elle le regarda d'un air surpris, puis se tourna vers von Mercy avant de lui faire un bref hochement de tête, signe qu'il devait partir. En général, on ne laissait pas deux fiancés seuls ainsi, mais ils étaient de grandes personnes, avaient connu l'union du mariage, et vu la colère qui les animait, il n'allait pas se passer grand chose. Pourtant, Aliénor restait sur ses gardes, mettant volontairement de la distance entre eux deux, par son attitude, même si Édouard semblait faire des efforts de son côté. Il s'excusa d'abord au nom de ceux qui ont intrigué pour leur union sans leur dire.

« Je n'apprécie guère les mariages arrangés, même si comme vous l'aviez dit, ils sont habituels. Puis-je vous proposer de vous asseoir sur ce fauteuil ?
Avec plaisir, je vous en remercie.  Elle s'y assit délicatement et lissa la jupe.
Votre visage me parait familier... mais je ne me souviens vous avoir croisée ici ? Serait-ce ailleurs ? »

Aliénor resta interdite un instant. L'avait-il reconnu ? A l'évidence non, vu son visage, et ce n'était pas plus mal. Elle eut tout de fois un petit sourire au coin des lèvres.

« Je ne pense pas. Je passe le plus clair de mon temps au château, ou chez moi. Vous devez peut être confondre, vous devez voir tellement de monde … Asseyez vous aussi, je vous prie. »

Par monde, elle voulait dire bien sûr femmes. Alors des petites blondes ont du passé dans son lit à foison, et puis elle n'avait pas envie qu'il se rappelle où il l'avait vue exactement. Malgré tout, elle restait polie et ne voulait pas faire d'allusions un peu trop appuyées. Ce n'était pas contre lui qu'elle en avait après tout, mais contre son frère. Édouard était tout comme elle, le dindon de la farce. Malgré son rire, elle restait distante et montrait assez peu d'entrain à cette conversation, autant l'expliquer.

« Ne prenez pas contre vous mon attitude mais je n'ai guère envie ni de sourire ni de m'amuser alors que ma propre famille me poignarde dans le dos. Je sais que ce genre de choses ne se dit pas, mais j'espérais qu'on me laisse un peu tranquille. Elle soupira, en partie résignée. Vous ne connaissez guère mon histoire, mais vous êtes ma troisième union et après avoir donné des héritiers à la Saxe et au Tyrol, je n'aspirais qu'à rester ici auprès de ma cousine la Reine. Pas d'en devenir moi-même une. »

Elle se montrait rarement si sincère. Mais cela était trop à dire vrai. Son frère aîné logeait chez elle en ce moment même, et il ne s'est même pas déplacé pour l'annoncer en personne, c'était d'une lâcheté sans borne et sans nom. Elle reprit tout de même un peu de contenance pour continuer à parler.

« Savez vous qui sont les actuels rois de Suède, monsieur ? Des Wittelsbach, des cousins palatins. Autant dire que mon frère a su viser juste avec vous, voici que les Wittelsbach de Bavière retourne sur le trône danois. Les autrichiens à la conquête du Nord … »

Comprenait-il quelque chose à la politique au moins ? Il avait hésité à répondre et ne semblait pas tout comprendre. Personne n'était parfait après tout, mais le rôle d'un héritier au trône est tout de même important, la géopolitique représente un grand savoir qu'elle avait acquis grâce, ou malgré, ses précédents époux. Quitte à se résigner de devenir reine, autant que ce soit avec un mari compétent, mais ce n'était pas gagné. Peut être avait-il d'autres qualités ou passions qui les rapprocheraient … un peu du moins.




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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   01.08.15 13:16

Il aurait pourtant juré que son visage lui était familier. Il lui rappelait quelqu'un mais il était bien incapable de dire qui. Elle disait vrai, il croisait beaucoup de monde et il se pouvait tout à fait qu'il la confonde avec une autre. Il n'allait pas insister au risque de la froisser. Il sentait déjà suffisamment qu'elle était tendue, inquiète. Il ne perçut pas véritablement le sens premier de son propos. A ce moment là, il ne souhaitait nullement se vanter de ses conquêtes et en faire l'étalage. Tout d'abord parce qu'il s'agissait de respect. On ne disait jamais à une femme qu'elle était cocue, ou qu'elle risquait fort de l'être. Bien que pour Aliénor, Édouard n'ait pas prévu de faire exception, il se devait d'admettre qu'elle était jolie. Les traits agréables et fins de son visage, contrastaient un peu avec son très léger accent germanique. Dans les pays du Nord, les gens avaient un parler assez brut, guttural, difficile à masquer sur certains mots. Il s'assit sur un fauteuil à côté d'elle lorsqu'elle le lui intima. Le Prince perçut d'entrée de jeu qu'elle n'était pas heureuse d'être là, tout comme lui. A vrai dire, ils étaient piégés, victimes d'un plan machiavélique et stratégique. C'est ce qu'elle se mit à lui expliquer, évoquant les enjeux politiques de leur union. Ainsi donc Frédéric avait prit la décision d'affaiblir sa position en faveur des autrichiens. Cela aurait presque pu le faire sourire, s'il n'avait pas eu l'impression que pour la splendide jeune femme, le trône s'avérait acquis. Quelque chose le dérangeait fortement dans son propos. Non, il ne voulait pas être Roi, il se moquait éperdument des tractations de son demi-frère visant à affiner sa stratégie. La politique, ça l'intéressait vaguement, notamment sur le plan diplomatique, mais ça s'arrêtait là. Il n'avait aucune envie de régner, ni même d'y penser. Aimablement, il répondit, sûr de lui :

- J'ignore ce que votre famille imagine, Madame, mais je ne suis pas le Roi du Danemark. J'en sais gré à Dieu d'ailleurs. Il me parait inopportun que vous ayez été monnayée pour une question d'influence politique. Vos proches se sont fourvoyés. Mon demi-frère le Roi se porte bien et je sais qu'il offrira à mon pays un héritier, beau et fort, me reléguant ainsi au statut de Prince. Je n'ai nullement l'intention de devenir Roi du Danemark. Dussè-je pour cela prier Dieu toutes les nuits et tous les jours, pour que la Reine actuelle enfante !

On sentait bien qu'il était sincère. Élevé pour régner, si par malheur il venait à arriver quelque chose à Frédéric, Édouard devrait le remplacer au pied levé. Cela le terrifiait. Il ne voulait pas moisir dans les murs d'un château, aussi beau eut-il été. Il ne voulait pas de toutes les responsabilités qui incombaient à un monarque. Il voulait garder sa petite vie agréable, faite de voyages, de légèretés, de conquêtes, de découvertes, d'aventures ! Oublier les tracas de la cour pour apprécier la saveur de la liberté, de la paix intérieure. Il n'attendait qu'une chose : que Frédéric III ait un héritier pour exploser de joie et fêter cette nouvelle dignement. Pour son époque, Édouard n'était pas quelqu'un de commun. Il ne recherchait pas le pouvoir. Il savait qu'il ternissait les cœurs, comme celui d'Ulrich par exemple ou de son autre demi-frère, Waldemar. Il pervertissait l'âme, en accentuant l'arrogance, la vanité, l'orgueil. Il déraisonnait les hommes les plus sages. Son père en était un parfait exemple. Non, il ne voulait pas devenir ainsi, porter tout le poids de son pays sur ses épaules. Il nota qu'Aliénor l'observait et qu'elle semblait attentive. Il prit la décision de capter son attention dans un changement de sujet.

- Madame, il est, ma foi, vrai que je ne connais guère votre histoire et vos goûts. Je distingue toutefois bien votre intérêt pour la politique et vos connaissances affinées dans ce domaine. Je n'avais guère analysé la situation sous cet angle, mais je ne suis pas vraiment surpris. Comme beaucoup d'autres mariages, les intérêts d'état priment souvent sur les intérêts des principaux concernés. Sachez que je suis formellement désolé de la trahison familiale dont nous sommes victimes. J'aurais aimé pouvoir faire en sorte que cela n'arrive point et que vous ne soyez plus importunée.

Il grommela entre ses dents, à l'intention de son frère :

- Il va la sentir passer celle-là, tout Roi qu'il soit...

Il versa de l'eau dans une coupe et la lui tendit. S'il y avait bien une chose qu'Édouard ne supportait pas, c'était de ne pas être un gentleman. Il avait été élevé avec des valeurs bien précises : le respect, la discipline. Faire outrage à une femme, c'était faire outrage à son Roi. Aussi, même s'il avait un comportement volage, il s'assurait de laisser un bon souvenir et de ne pas blesser ces femmes. Aliénor avait de la chance, d'un certain point de vue. Car le Prince héritier du Danemark était quelqu'un de particulièrement attentionné et de passionné. Elle ne manquerait pas de petits gestes, de délicatesses. Sur ce point là, le danois était irréprochable en tout temps et en tout lieu.

- Mais Madame, puisque nous sommes amenés à faire connaissance, peut-être auriez-vous l'amabilité de me raconter votre histoire ? Je sais que vous aimez la politique, en tout cas que cela vous intrigue. Je constate également que vous avez beaucoup de goût et que vous savez vous parer des plus belles robes. Cette étoffe est magnifique. Puis-je la toucher ?


Il parlait bien de la robe, du tissu. Édouard avait toujours été passionné par les beaux atours, la mode vestimentaire. Peut-être qu'Aliénor partageait aussi cette passion. Ou peut-être pas. Il n'en savait rien.

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Edouard



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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   13.08.15 22:28

Ils avaient un point en commun en tout cas : aucun d'eux ne voulait se marier. Pas sûr que ce soit la meilleure base qu'une union ait connu mais il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Sauf qu'Aliénor n'avait plus encore d'être ce bon cœur, d'être sacrifiée encore et encore sur l'autel matrimonial pour le plaisir de la politique bavaroise, et autrichienne. Elle n'allait pas être la veuve noire parcourant l'Europe, à semer les époux et les héritiers tout de même ! Elle voulait simplement un peu de tranquillité, trop demandé sans doute. Elle aurait pu tomber sur pire, encore un cousin débile ou alors partir pour le Palatinat, dans l'autre branche des Wittelsbach, celle des protestants avide de sang, dans un coin reculé de l'Empire où la ville la plus vivante est sans doute Heidelberg. Vous ne connaissez pas ? C'est normal … Elle avait pris plaisir à Dresde, déprimée à Innsbruck, elle ne voulait pas se jeter le fleuve à Heidelberg !

Et pendant ce temps là, son fiancé danois tentait de la persuader qu'il ne serait jamais roi de Danemark, et elle jamais reine donc. Elle eut un petit sourire de le voir si enflammé du refus des responsabilités qu'on pouvait lui donner. Un sourire un peu moqueur, il fallait bien l'avouer, ce garçon là n'avait pas vraiment la fibre politique.

«  … Je n'ai nullement l'intention de devenir Roi du Danemark. Dusse-je pour cela prier Dieu toutes les nuits et tous les jours, pour que la Reine actuelle enfante !
Mais, nous sommes bien d'accord : à l'heure actuelle, vous êtes l'héritier du trône. Son silence de quelques secondes balaya le monologue du danois. Mon frère ne voit pas sur le long terme ni sur des suppositions. Si tout le monde pensait comme vous, on enverrait heureusement pas les filles à quitter leurs familles enfant pour rejoindre leur fiancé, où qu'il soit. Ni à se marier à peine adolescente. Peut être l'avez vous rencontré à Nancy : Ferdinand-Marie montre juste par son physique qu'il commande et que personne ne l'empêche de quoi que ce soit. Sauf l'Empereur, et Dieu, bien évidemment. Alors s'il a une idée en tête, c'est à dire que vous êtes à l'heure actuelle le futur roi de Danemark, il cherche un moyen pour s'accrocher à cela. Et le piton pour son ascension, c'est moi. Elle se rendit compte qu'elle le prenait un peu de haut à lui expliquer comme à un enfant et se radoucit. Mais si cela vous plaît de prier, je m'y joindrais volontiers. »

Elle n'avait pas envie de partir pour le Danemark et passer le reste de sa vie là-bas. Il paraît que le défunt père d'Edouard avait construit de beaux châteaux, de beaux bâtiments dans la capitale et que Copenhague lui devait beaucoup. Sans doute, mais qu'y ferait-elle ? Elle ne parlait pas un mot danois, et voici des années que la reine, allemande, était décédée, il ne devait plus y avoir beaucoup de compatriotes …

En tout cas, on ne pouvait pas dire qu'ils n'avaient rien à se dire ! Même si c'était pour être d'accord sur le fait de ne pas vouloir se marier, et en désaccord sur la politique de mariage, Aliénor n'avait pas quitté des yeux son fiancé. Non pas qu'elle le dévorait des yeux, mais elle l'observait. Une attitude reflétait beaucoup la véritable personne, tout comme son regard.

«  Madame, il est, ma foi, vrai que je ne connais guère votre histoire et vos goûts. Je distingue toutefois bien votre intérêt pour la politique et vos connaissances affinées dans ce domaine. Je n'avais guère analysé la situation sous cet angle, mais je ne suis pas vraiment surpris. Comme beaucoup d'autres mariages, les intérêts d'état priment souvent sur les intérêts des principaux concernés. Sachez que je suis formellement désolé de la trahison familiale dont nous sommes victimes. J'aurais aimé pouvoir faire en sorte que cela n'arrive point et que vous ne soyez plus importunée.
Nous sommes hélas les pantins de la tradition matrimoniale. »

Elle ne termina pas sa phrase mais le pensa fort « et nous l'infligerons à nos enfants. » Mais elle ne voulait pas d'enfant avec lui et ferait tout pour. Par contre, elle savait que ses enfants déjà nés seraient la nouvelle générations de sacrifiés. Ses fils, héritiers du Tyrol et d'une partie de la Saxe, auraient peut être un petit mot à dire, cherchant le compromis entre la politique et le goût. Mais sa fille, sa petite Marie-Anne ? Elle le savait, son affreuse belle-mère, Madeleine de Hohenzollern, chercherait un parti pour l'enfant dés qu'elle serait en âge de se marier, ou alors, sauterait sur l'occasion d'un parti providentiel, un peu comme avait fait Ferdinand-Marie. Sa pensée la terrorisa, et un frisson de dégoût parcourut sa colonne vertébrale. Non, ne pas penser à cela, elle avait encore un peu de temps. Et pour se remettre, elle saisit la coupe remplie d'eau que le danois lui tendait, un peu trop vite sans doute pour paraître détendue. De toute façon, elle ne l'était pas, un côté d'elle restait fâchée.

« Mais Madame, puisque nous sommes amenés à faire connaissance, peut-être auriez-vous l'amabilité de me raconter votre histoire ? Je sais que vous aimez la politique, en tout cas que cela vous intrigue. Je constate également que vous avez beaucoup de goût et que vous savez vous parer des plus belles robes. Cette étoffe est magnifique. Puis-je la toucher ?
Pardon ? Elle fut surprise par la dernière question. Toucher son vêtement ? Voici quelque chose d'incongru, mais sans doute inoffensif, non ? Oh et puis après tout, ce n'était pas grand chose, puis il était flatteur d'avoir un connaisseur. Hé bien, faites … Elle tendit son bras pour qu'il touche sa manche. C'est du satin, venu de Venise, lui-même importé de Chine. La coquetterie est sans doute mon grand pêché mignon, et j'ai la chance d'avoir une parfaite couturière pour me satisfaire. » termina t'elle, ravie.

Sa couturière, c'était elle. Comme toute dame de son rang, elle avait appris la couture et la broderie dés son plus jeune âge et avait continué pour tromper l'ennui en Saxe mais surtout à Innsbruck. A force de trop s'ennuyer, elle s'était perfectionnée et grâce à cela, elle n'avait presque plus besoin de piocher dans sa cassette, où l'argent rentrait de moins en moins vu les dépenses folles de son stupide époux. Et aujourd'hui cela lui permettait de rester élégante malgré son peu de fortune. Elle pouvait donc se permettre ses belles dentelles et cette passementerie très élaborée. Après ce bref contact, elle replia son bras vers elle.

« Si vous voulez parler de goûts, nous pouvons parler d'art. S'il y a bien une chose positive que je retire de mes mariages, c'est de m'être occupée à promouvoir des artistes, et amassé une jolie collection d'objets. Je possède quelques peintures et sculptures, et j'aime à croire que l'art peut permettre aux gens de s'élever intellectuellement. Aimez vous l'art ? Je ne connais pas d'artistes danois, mes connaissances dans le nord de l'Europe s'arrête aux flamands. »

Elle avait éludé l'air de rien, la question sur son histoire. Elle n'avait pas envie de déballer sa vie à un presque inconnu, même s'il était sensé passer une grande partie de sa vie avec elle. Non, parler d'art la calmait un petit peu … pour l'instant.


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MessageSujet: Re: [Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)   10.10.15 22:33

Pour avoir maintes fois réfléchi à son avenir, Édouard savait qu'il ne s'imaginait pas Roi, encore moins marié et donc contraint d'assurer une lignée ! Pas après la trahison qu'il avait subi de la part de Gisela et ce sous-homme de Richmond ! La prochaine fois qu'il croiserait l'anglais, il lui ferait tâter de sa lame, foi de danois ! Aliénor lui mit quand même une sacrée douche froide lorsqu'elle lui fit remarquer que pour l'heure, c'était ce qui l'attendait très certainement. Au moins étaient-ils d'accord pour prier afin que le drame, jamais ne se produise ! Sa réflexion sur la tradition matrimoniale le blasa intérieurement. Il ne pouvait la contredire car elle avait raison. Sentant poindre le malaise, il s'empressa de changer de sujet et d'en venir à un thème plus léger et surtout plus intéressant que leur avenir. Pour le moment, Édouard évita d'y penser. Il se focalisa sur cette étoffe, magnifique, qu'il voulait toucher, non pas pour paraître déplacé mais pour l'admirer. Aliénor le lui permit et avec un geste doux et délicat, il caressa le tissu du bout des doigts, le faisant passer entre pour en apprécier la qualité. Une pure pièce de satin, oui. La qualité de la pièce n'était pas contestable. Il sentait tout le travail méticuleux qui avait été accompli pour tisser et pour embellir l'ouvrage. Quand elle parla de coquetterie, le Prince fut tout attentif à son propos. Cela leur faisait un point commun ! Bonne nouvelle ! A finir mariés, autant qu'ils puissent quand même bien s'entendre sur quelques sujets ! Il posa son verre et retira son autre main pour ne pas l'importuner. Avec une myriades d'étoiles dans les yeux, il lui dit :

- Par tous les Saints ! Une couturière particulière dites-vous ? Au vu de la qualité de cette pièce, permettez-moi de vous dire que votre couturière est très douée ! Je ne distingue aucune imperfection ! C'est du grand ouvrage ! Ah ! Si seulement les couturières que mon frère daigne mettre à mon service étaient aussi douées que la vôtre ! Quel drame, ne trouvez-vous pas ? Je veux parler de mon fil tiré, là, sous mon bras ! Elles reprisent, mais il revient toujours ! Acceptez toutes mes excuses pour cette offense à votre tenue, Madame !

Il était Prince, elle était Archiduchesse. La logique aurait donc voulu qu'il soit irréprochable avec ses atours, hélas, ce n'était pas le cas. Et Édouard, en amateur de tenues considéraient cela comme un manque de respect envers sa future épouse. Pourtant, ça ne restait qu'un détail... qu'elle n'aurait jamais remarqué, s'il n'en avait pas parlé ! Elle lui sauva la mise une nouvelle fois en changeant de sujet. Au moins, elle ne parut pas vexée. Elle éloigna son bras dans un geste gracieux, qu'Édouard apprécia regarder. En l'observant sans insister, il se rendit compte qu'elle avait un charme certain. Son visage froid laissait paraître quelques signes d'expression. La colère, sans doute contre son frère, la douceur aussi, l'intelligence. Le danois fut satisfait de ne pas être tombé sur un laideron ou une gourde... car malheureusement, beaucoup de jeunes femmes à qui on pouvait potentiellement le marier ne brillaient pas par leur personnalité ! Elle aborda l'art, un choix judicieux car Édouard aimait cela. Voilà qui faisait un deuxième point en commun. Elle lui confessa avoir promu quelques artistes et disposer d'une belle collection d’œuvres. Aussitôt, le Prince manifesta son intérêt par une totale attention. Il buvait ses mots, et hochait la tête. Sans le vouloir, le plus naturellement du monde, il planta son regard bleu, celui de cocker, pardon de danois, dans le sien. D'ordinaire, l'insistance aurait été à proscrire et mal élevée, mais ici, elle s'inscrivait dans une atmosphère toute particulière, comme si un semblant de complicité était en train de naître entre ces deux fiancés improbables. A leur insu, ils donnaient raison aux infâmes comploteurs ayant ourdi leur union. Tandis qu'Aliénor évoquait les peintres danois, Édouard caressa sa barbe, tout en réfléchissant. Il n'y avait aucun peintre danois qui ait marqué l'époque, ou même la mémoire royale. Bien sûr, quelques individus sortaient du lot mais sans plus. En toute franchise, Édouard répondit donc :

- Nos peintres s'essayent encore à la conception de portraits officiels. Pour tout vous dire, il n'en existe pas un qui sorte réellement du lot commun, à mon grand dam ! Mais cela viendra ! J'ai ouï dire qu'une école des arts était en projet à Copenhague. Elle permettra, sans nul doute de faire connaître nos artistes les plus talentueux. Le maniement du pinceau, c'est tout un art ! Personnellement, j'admire particulièrement les oeuvres de Rubens, Dieu ait son âme ! Cet homme avait un talent incontestable, je suis persuadé qu'il inspirera les plus grands artistes de notre époque. Un peu comme Léonard de Vinci en son temps ! Si je puis me permettre, Joachim von Sandrart est également un artiste talentueux. J'ai eu l'occasion de voir le portrait de Maximilien Ier et ma foi, il est plutôt réussi !

Édouard aurait pu converser pendant des heures d'art et c'est un peu ce qu'il se passa. Aliénor et lui échangèrent encore quelques propos sur la sculpture et même sur les talents artistiques des paysagistes. Ils discutèrent entre autres de littérature, de joaillerie, d'ébénisterie. Tant de sujets qui auraient fini par épuiser le commun des mortels. Naturellement, ils posaient ensemble les fondations de leur futur mariage. Le Prince du Danemark ne fit aucune avance déplacée, il se comporta même comme un parfait gentleman, bien éduqué, ne masquant ni ses passions, ni ses raisonnements. Il était lettré et ne craignait pas de le montrer. Au bout d'un certain moment, Aliénor manifesta poliment le souhait de mettre un terme à leur entrevue. Officiellement, elle expliqua avoir quelques affaires à régler, urgentes. Officieusement, Édouard savait qu'il s'agissait des mêmes que les siennes. Tous deux allaient dire deux mots aux responsables de ces fiançailles forcées et ne se retiendraient pas dans leurs propos. Malgré le fait que tout se soit bien passé, les deux jeunes gens restaient en colère. Ils détestaient se voir manipulés ainsi et trahis par leurs proches. En tout élégance, Édouard raccompagna Aliénor jusqu'à la sortie du salon et la remercia pour cet agréable moment passés ensemble. Même s'ils ne s'aimaient pas, au moins, ils pourraient discuter et échanger sur bon nombre de thèmes. Une belle complicité pouvait naître de ce terreau fertile. Une fois qu'Aliénor fut partie, Édouard se servit une coupe d'eau et la but d'une traite. Il fit craquer ses doigts dans un bruit sourd et quitta le salon, en disant, entre ses dents :

- Et maintenant... à nous...

Certains allaient en prendre pour leur grade...

[FIN]

______________________

Edouard



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[Salon de Vénus] Comment ça fiancés ? (Ft. Aliénor)
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