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 La Comédie Humaine [Benoît&Emmanuelle] - terminé

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Côté Coeur: Le souvenir d'un homme et d'une enfant.
Côté Lit: Un homme aussi froid que le glace pourvoit à le réchauffer en ce moment
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    Du Royaume des ombres.


Âge : 28 ans
Titre : Dame de Noirange, comtesse de Vaunoy
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MessageSujet: La Comédie Humaine [Benoît&Emmanuelle] - terminé   12.04.15 13:36


septembre 1667

-Vous avez rendez-vous ?
-Cela est-il vraiment utile ? Emmanuelle tendit une lettre cachetée au valet qui la prit et la décacheta sans grande conviction. Ses yeux parcoururent le papier, alors qu’Emmanuelle s’impatientait.
-Je vais voir ce que je peux faire, attendez là, et asseyez-vous si vous le souhaitez. Et rappelez-moi votre nom ?
-Madame la comtesse de Vaunoy, mais ce nom lui sera certainement inconnu, à moins qu’il n’ai connu ma sœur aînée longtemps auparavant.

Emmanuelle resta seule un moment dans le boudoir attenant au bureau de Benoît de Courtenvaux, tournant dans le petit patio, observant la rue qui continuait de vivre sous les fenêtres. Cette entrevue, elle ne l'avait pas décidée, elle ne l'avait pas choisie et face à mille maux, elle en aurait préféré d'autres. Mais ce mal était nécessaire aujourd'hui, alors que son destin était à portée de main. Qui l'avait trahie dans l'affaire papale ? Elle ne pouvait encore le savoir, mais la générale avait déjà lâché quelques limiers sur les traces d'un traître. Mais tant que ces réponses demeuraient ignorées, le couperet planait au-dessus de sa tête, unique suspectes dans le meurtre du représentant de Dieu.
Elle détestait par-dessus tout être prise en étau, et ressentir ce sentiment d’étouffement ; plus encore maintenant qu’elle détenait un pouvoir bien supérieur à celui dont elle avait pu jouir. Alors que les ombres passaient sous la fenêtres, elle revoyait l’appartement papal au Vatican ; les cris étouffés, la galopade dans les escaliers de marbre, et cette peur insidieuse d’être découverte, d’être traînée devant la Justice et devoir subir la loi des Hommes. Ce qu’elle avait mené était répréhensible, mais Dieu pourrait le lui pardonner, car Lui savait le fond de son âme et ce qui l’animait, Il savait, Tout-Puissant, et avait lui avait laissé la liberté de guider son propre bras. Il serait miséricordieux, car Il savait qu’elle avait agit pour Lui, et non pour elle-même ! Alors qu’elle touchait d’instinct la croix qui pendait à son cou, elle craignit de subir le poids de la justice terrestre, traître et implacable.
Depuis qu’elle avait pris la place de l’évêque de Vannes, l’orgueil d’Emmanuelle ne s’était tari, et aujourd’hui, elle acceptait difficilement d’être ainsi acculée. Mais La Reynie avait été clair avec elle : elle ne pouvait remonter la tête seule, une aide était sinon nécessaire, du moins inévitable. Elle revit le visage de Luigi Colonna, son innocence bien utile, sa perspicacité salutaire. Et aujourd’hui, elle se retrouvait là, dans le cabinet d’un avocat renommé, comme une proie haletante cherchant un abri.

La porte se rouvrit enfin, faisant sursauter la jeune femme ui se retourna vivement.
-Suivez-moi, madame. Monsieur le marquis peut vous recevoir.
Elle le suivi silencieusement dans un petit couloir, et à sa suite, pénétra dans le bureau de l’avocat. Le valet se retira sans un mot et referma la porte derrière lui. Emmanuelle détailla rapidement le bureau avant de s'avancer dans la pièce. Rangé. Très rangé. Trop ordonné même, peut-être, dénonçant un homme rigide certainement, du moins rigoureux. Peut-être même inflexible, mais non pas corruptible, car ceux qui ordonnaient tant leur bureau ordonnaient leur vie et leurs principes. Benoît de Courtenvaux aimait l’ordre, et sans doute la morale. Comment présenter une telle affaire ? Si Emmanuelle avait acquis une chose lors de ses années d'errance, c'était qu'un mensonge était pardonné s'il était nécessaire.

-Je vous remercie de me recevoir sans vous avoir préalablement contacté, le salua-t-elle courtoisement alors qu’il lui fit un galant baisemain. Monsieur Colonna m’a assuré que sa missive saurait vous convaincre de me recevoir, et je me rends compte avec plaisir que ce jeune homme est bien fiable. Elle s’installa sur le siège qu’il lui présenta, arrangeant ses jupes, puis retira lentement ses gants de dentelle crème. Sa robe d’un bleu sombre avait été choisie avec soin : ni trop décolletée, ni trop provocante, mais laissant toutefois apparaître le haut de sa gorge pâle, sous laquelle son cœur battait froidement. Il m’a dit également que vous seriez d’une aide inestimable. J’espère en cela qu’il ne s’est pas trompé, car mon cas est épineux. Je sais qu’à l’instant, vous songez que chaque personne passant cette porte vous expose un épineux problème, mais je doute que celui-ci vous soit déjà connu, ajouta-t-elle dans un léger sourire.

Elle s’arrêta un moment, joua avec ses gants de dentelle, avant de relever les yeux vers Benoît de Courtenvaux. Son regard d’un bleu limpide était de ces regards fermes et droits, prouvant son homme de justice et d’égalité. Elle eu un doute fugace sur l’aide qu’il pourrait lui apporter dans son affaire, tant son problème troublait la morale religieuse. Il avait toute les raisons du monde de lui refuser son aide, au vue de l'ampleur de sa faute terrestre. Mais cette pensée s’estompa lorsqu’elle inspira longuement avant de reprendre la parole. Il fallait qu'elle maîtrise sn propre sujet, comme elle maîtrisait sa vie depuis 10ans bientôt.
-Voici l’affaire, monsieur, et depuis le début. Elle inspira avant de poursuivre J’ai sombré dans un ordre mystique à la mort de mon époux, le comte de Vaunoy. Les désordres du deuil, le désespoir d’une vie sans avenir, la crainte de n’être qu’une veuve éplorée…tous ces sentiments m’ont poussé à rejoindre ce groupe, qui me soutenait et a fait de moi une femme plus forte, surpassant le deuil et les douleurs de la vie. Mais en échange, ma fille m’a été prise. Par sécurité, m’a-t-on dit, afin de l’éduquer, de l’élever et faire  d’elle une personne libre, mais aujourd’hui, j’ai compris qu’il n’en n’était rien.

Elle avait un moment baissé les yeux vers ses mains, observant la croix qui reposait sur sa poitrine, mais Emmanuelle releva son visage grave vers l’avocat et fixa son regard sur les yeux clairs de Courtenvaux. Les meilleurs mensonges étaient issus d’un noyau de vérité, et c’était autour de ce noyau qu’Emmanuelle tissait une épaisse toile, recouvrant la vérité, masquant la réalité aux yeux les moins avertis.  Courtenvaux le saurait-il ? Poserait-il d’embarrassantes questions ? S’intéresserait-il seulement à tous ces détails ? Emmanuelle avait bien assez de pouvoir pour maquiller la vérité au sein de l’Ordre si l’homme se mettait à fouiller, mais elle ne savait combien de temps elle pourrait tisser une toile assez solide pour qu'il ne puisse la traverser. Elle n'était pas encore passée maître en l'art du mensonge, mais avait acquis quelques prouesses depuis de nombreuses années, et alors qu'elle parlait, elle s'efforçait de croire en ce qu'elle contait, afin qu'aucune ombre ne vienne ternir le tableau qu'elle peignait à l'avocat. Il fallait en retenir chaque détail chaque point que l'oeil nu ne percevait, mais qu'un expert pouvait déceler. La moindre faille, la moindre accroche dans sa toile pouvait la faire chuter.

-Je l'ai compris lorsqu'on m'a demandé de prendre part à ce que ce groupe appelle la justice. Un homme avait été désigné par lui comme coupable, et je suis devenue l'une des mains du destin, l'un des couperets tombant sur sa nuque.
Elle avait lâché ces mots froidement, comme si, en se détachant de ses actes véritables, elle se plaçait comme innocente du crime dont on l'imputait. Il y avait au fond d'elle cet éternel duel, celui qui opposait Emmanuelle et Diane, la femme et la main de l'ombre, les sentiments et la raison, la vérité et le mensonge. Emmanuelle était douce, patiente et innocente, mais Diane n'en n'était qu'une copie pervertie, qu'avait noircit la rancœur et le désir de puissance. L'une ne pouvait soutenir l'autre, moins encore la cautionner dans ces actes. Si Diane avait assassiné le Pape, Emmanuelle n'avait été que l'instigatrice de la chose, âme priant pour le salut de celle qui rejoignait le Père plus tôt que le Créateur ne l'avait souhaité. Emmanuelle ne soutenait pas Diane, et les mots, choisis avec soin, l'éloignait un peu plus de ce qu'elle avait été, de cette main vengeresse. Aujourd'hui, Diane devait disparaître lentement pour laisser Emmanuelle reprendre son existence.

-Si je me trouve ici devant vous, monsieur, reprit-elle en relevant de nouveau les yeux vers lui, c'est que je suis aujourd'hui désignée comme unique coupable de ce crime lâche et innommable. Je suis mère d'une fille que je n'ai pas vu depuis près de dix ans, je suis proche de recouvrer ce qui m'a appartenu dans cette ancienne vie que j'ai abandonnée, et je vois tout cela sacrifié sur l'autel de la loi, alors que les véritables coupables errent, leurs mains sanglantes prêtes à frapper de nouveau. Elle se tut de nouveau pendant quelques secondes, perdue dans ses propres paroles, celle qu'elle détournait de leur chemin de vérité. Je ne nie pas ma responsabilité, monsieur, mais j'ai besoin de vous pour retrouver une liberté qu'on m'a ôté il y a bientôt dix ans, et que, par cécité, je n'avais alors pas cherché à reprendre.

Elle s'arrêta enfin, sachant pertinemment que l'avocat ne se contenterait pas de ces explications, mais en demanderait plus. Moins elle en disait maintenant, plus elle avait de chance de broder autour de l'once de vérité qu'elle venait d'émettre. Si Emmanuelle prenait le dessus, Diane n'était jamais bien éloignée, tenant quelques ficelles qu'elle manipulait avec soin.

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"Dans la nuit j'ai cherché celui que mon coeur aime; dans mon jardin aride il a fait son domaine."




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MessageSujet: Re: La Comédie Humaine [Benoît&Emmanuelle] - terminé   26.06.15 16:36

- Quel nom m'avez-vous dit ?
- Vaunoy, la comtesse de Vaunoy.

Derrière son secrétaire, Benoît n'avait pas même levé les yeux de ses différents dossiers. Il était même très concentré sur le plus épineux de tous, l'affaire de la malheureuse Diane de Joanis retrouvée assassinée en juin de la même année. Son époux avait eu recours à ses services pour le défendre mais les charges avaient été si lourdes que le Parlement de Toulouse l'avait tout de même contraint au bannissement et à la confiscation de ses biens pour complicité passive ! Les confrères du marquis avaient salué là une victoire, puisque tous les autres coupables s'étaient vus condamnés à être rompus vifs mais malgré tout Benoît n'était pas satisfait … Son humeur s'en ressentait depuis quelques jours, il s'irritait pour un rien.

- Je n'ai pas vraiment le temps aujourd'hui, priez la de repasser demain !

Le valet allait s'exécuter lorsque son regard balayant à nouveau toutes ses paperasses se fixa sur une missive qu'il avait reçue. Il s'agissait du courrier que Luigi Colonna lui avait fait parvenir et dans lequel, il lui demandait de recevoir justement cette dame.

- Attendez ! Finalement, faites la entrer !

Son serviteur acquiesça d'un simple mouvement de tête ne s'étonnant guère de ce revirement. Ce dernier à peine sorti, Benoît dans un de ses réflexes maniaques rangea le peu de désordre qui se trouvait dans la pièce, arrangea plume et encrier puis examina son tapis venu d'orient. Encore une fois lorsqu'il recevait, tout devait être en permanence parfait que ce soit pour une réception ou pour un simple entretien ! Apercevant d'ailleurs de fines particules de poussières sur le dossier du siège réservé aux visiteurs, il y passa également son mouchoir à la hâte afin de les effacer. A le voir ainsi, on aurait pu penser à un criminel effaçant toute trace de son passage, ce qui amusait souvent ses collègues parlementaires.

Tout était aussi propre qu'un sous neuf, lorsque sa future cliente rentra. Vêtue d'une robe d'un bleu très sombre, le visage fermé et inquiet malgré une grande dignité se lisant sur ses traits, la dame aurait pu sans conteste faire partie de l'entourage d'Elisabeth d'Alençon. Ses duègnes l'auraient accueillie à bras ouvert dans leur cercle. Se gardant bien de faire part de cette réflexion à l'intéressée, le marquis se pencha seulement avec sa galanterie légendaire pour baiser sa main.

-Je vous remercie de me recevoir sans vous avoir préalablement contacté.
- Je vous en prie.

Il l'invita à s'asseoir avant de reprendre place lui-même.

- Monsieur Colonna m’a assuré que sa missive saurait vous convaincre de me recevoir, et je me rends compte avec plaisir que ce jeune homme est bien fiable.
- Il est en effet très persuasif, lança non sans sourire le marquis en songeant à son camarade espion.
- Il m’a dit également que vous seriez d’une aide inestimable. J’espère en cela qu’il ne s’est pas trompé, car mon cas est épineux. Je sais qu’à l’instant, vous songez que chaque personne passant cette porte vous expose un épineux problème, mais je doute que celui-ci vous soit déjà connu.

En effet, Benoît n'avait pu s'empêcher de soupirer, combien de fois par jour lui disait-on ce genre de phrases ? Il ne les comptait plus … Mais puisque madame de Vaunoy avançait que son problème était bien particulier, il était déjà impatient d'en savoir davantage car ce qui avait été porté à sa connaissance pour l'instant était bien peu de choses. Luigi lui avait simplement stipulé qu'il s'agissait de l'affaire du Vatican et de la mort du Pape. Rien d'autre. Il lui fit donc signe de continuer sur sa lancée, tout en scrutant avec minutie tous ses faits et gestes pour se faire une meilleure idée de sa personne.

Quant au monologue d'Emmanuelle, il n'en perdit pas une miette non plus. Cette dernière lui fit part de son veuvage, du rapt de sa fille par un ordre mystique qu'elle avait ainsi rejoint. Toutes ses paroles étaient empreintes d'une telle théâtralité que Benoît doutait quelque peu de la véracité de ses dires … Il tenta de ne rien laisser paraître tant qu'elle n'eut pas fini. C'est alors qu'elle parla à demi-mots se présentant comme la Main du destin ou comme un couperet. Se pourrait-il que … Avait-elle osé ? … Ses yeux s'ouvrirent bien grands …  Il voulut se signer car profondément croyant mais n'en fit rien, il ne devait pas se laisser troubler ! Toute faiblesse peut devenir une arme entre les mains d'un inconnu, en particulier une femme ayant beaucoup à se reprocher ! Il ne lui laisserait aucun outil pour le manipuler.

- Qu'attendez-vous exactement de moi ? rétorqua t-il alors d'un ton assez sévère.

Il n'était pas sot et ne pouvait que l'avoir deviné mais il voulait le lui entendre dire ! Que tout soit clair et net !

-Si je me trouve ici devant vous, monsieur,  c'est que je suis aujourd'hui désignée comme unique coupable de ce crime lâche et innommable, déclara t-elle avant d'épiloguer à nouveau sur sa fille et sur une existence perdue sur laquelle elle voulait reprendre le contrôle, Je ne nie pas ma responsabilité, monsieur, mais j'ai besoin de vous pour retrouver une liberté qu'on m'a ôté il y a bientôt dix ans, et que, par cécité, je n'avais alors pas cherché à reprendre.

Les yeux plissés et plantés dans ceux d'Emmanuelle,  le marquis empreint comme d'habitude d'humanisme ne pouvait qu'être touché par le discours qu'elle lui tenait. Il n'était pas persuadé qu'elle lui disait toute la vérité mais tout du moins en partie. Il n'était pas persuadé qu'elle fut réellement une victime mais sans doute l'était-elle un peu … Et si en effet d'autres responsables se cachaient dans la nature et étaient prêts à frapper de nouveau, il devait agir.

S'adossant tout à coup à son siège, Benoît saisit sa plume et la lissa plusieurs fois entre ses doigts. Un geste qui trahissait chez lui une réflexion intense. Il fallait que la comtesse parle … Elle en savait bien plus long que ce qu'elle voulait bien lui dire.

- Qui êtes-vous madame ? Je veux dire … qui êtes-vous vraiment ? lui demanda t-il sans ambages, j'entends bien vos plaintes depuis que nous parlons, au sujet d'une vie que l'on vous aurait arrachée et que vous voudriez retrouver ! Comme si vous aviez abandonné jusqu'à votre vrai nom !

Le marquis laissa sa question en suspens quelques secondes avant de reprendre.

- Enfin … ceci n'étant que de la curiosité déplacée de ma part, vous pouvez ne pas répondre. En revanche, si vous voulez que je vous aide, vous me devez une totale franchise sur cette affaire.

Encore une fois, son ton était incisif et peut-être brusque mais il le fallait.

-Votre façon de jouer sans cesse avec vos gants trahit une grande nervosité de votre part, or j'ai connu bien des clients madame. Les innocents forts de leur conscience irréprochable ne sont pas aussi fébriles ! Vous ne niez pas une certaine responsabilité certes, mais je ne pense pas qu'elle soit minime pour autant. Aussi, quelle part avez-vous pris précisément dans cette affaire ?

Elle parut hésiter, sans doute s'était-elle résolue à en dire le moins possible en rentrant ici. Il sentit donc qu'il avait besoin d'insister.

- Ecoutez, je viens d'éviter la mort à un aristocrate des plus en vue il y a tout juste quelques jours madame, rien ne me parait impossible tant que mon dossier est bien préparé. En outre, le prince Colonna a dû vous parler de mes relations … dit-il en pensant à Louvois bien sûr mais surtout au roi qui s'il faisait toute la clarté sur cette affaire pourrait faire grâce à Emmanuelle. Je dois pouvoir vous faire confiance autant que vous me faites confiance ! Je veux donc tout savoir des circonstances de ce drame, dans le cas contraire vous devrez malheureusement vous adresser à un avocat bien plus naïf que moi.  

Les choses étaient dites ! C'était à prendre ou à laisser !

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Un accusé n'est pas cuit
quand son avocat est cru.




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MessageSujet: Re: La Comédie Humaine [Benoît&Emmanuelle] - terminé   18.08.15 9:39

- Qui êtes-vous madame ? Je veux dire … qui êtes-vous vraiment, avait lâché Courtenvaux ?

« Qui êtes-vous, madame ? » Ces mots avaient cinglé dans l'air, comme un fouet, ou une dague enfoncée en plein ventre. Qui était-elle ? Diane ? Emmanuelle ? C'était bien là tout le drame de ses dix dernières années. Elle avait appris à  être une  autre, elle devait à présent faire revivre Emmanuelle. Le marquis ne pouvait prévoir ce que cette simple question soulevait en elle, mais il ne fallait rien laisser passer, ne rien montrer. Son regard resta ferme et droit, ses mains continuèrent de courir sur la dentelle de ses gants d'un  geste naturel et calme. Le moindre signe d'inquiétude pouvait tout gâcher.

Elle inspira lentement, pour qu'il ne puisse percevoir cette inspiration comme un moyen d'apaiser les battements de son coeur. Les avocats n'étaient pas seulement des hommes de loi. Elle savait que la curiosité dont ils faisaient preuve pouvait être un moyen de déceler les failles de leurs interlocuteurs, de percevoir le mensonge, l'angoisse de la vérité camouflée. Le regard de son avocat montrait qu'il devait être bien plus aiguisé que celui de ses corrélégionnaires.  
- Enfin … ceci n'étant que de la curiosité déplacée de ma part, vous pouvez ne pas répondre. En revanche, si vous voulez que je vous aide, vous me devez une totale franchise sur cette affaire.

-Je le suis, répondit-elle d'une voix plus blanche qu'elle ne le voulait.

-Votre façon de jouer sans cesse avec vos gants trahit une grande nervosité de votre part, reprit-il d'un ton incisif.
Elle souleva un sourcil, comme si elle se moquait des paroles du marquis, mais elles avaient fait mouche. Pour autant, elle ne cessa pas son petit jeu et osa même un léger sourire un coin. L'homme était doué. Elle était même certaine qu'il n'allait pas encore dévoiler son potentiel, mais déjà, Emmanuelle comprit qu'il fallait jouer son jeu si elle ne voulait découvrir entièrement le sien.
-Les innocents forts de leur conscience irréprochable ne sont pas aussi fébriles ! Vous ne niez pas une certaine responsabilité certes, mais je ne pense pas qu'elle soit minime pour autant. Aussi, quelle part avez-vous pris précisément dans cette affaire ? 

Elle planta sur lui un de ses regards d'azur et ne cilla pas. Elle entr'ouvrit la bouche, mais les mots s'arrêtèrent et elle referma ses lèvres, laissant ses doigts jouer sur ses gants.

- Ecoutez, je viens d'éviter la mort à un aristocrate des plus en vue il y a tout juste quelques jours madame, rien ne me parait impossible tant que mon dossier est bien préparé. En outre, le prince Colonna a dû vous parler de mes relations … dit-il en pensant à Louvois bien sûr mais surtout au roi qui s'il faisait toute la clarté sur cette affaire pourrait faire grâce à Emmanuelle. Je dois pouvoir vous faire confiance autant que vous me faites confiance ! Je veux donc tout savoir des circonstances de ce drame, dans le cas contraire vous devrez malheureusement vous adresser à un avocat bien plus naïf que moi.  

Cette fois, Emmanuelle ne cacha pas son sourire au coin de ses lèvres. Elle montra tout de son cynisme, avoua silencieusement que son récit n'était pas entièrement livré, mais ce sourire montrait également que des détails ne pouvaient être confessés. Elle devrait en cacher, et elle le lui signifiait clairement, comme une enfant insolente face à son précepteur. Elle mentait effrontément, et elle le faisait avec un royale cynisme. Ses relations ? Quelles relations ? Elle s'était adressé à lui, Colonna l'ayant rassurée sur la loyauté de Courtenvaux, son habileté et sa perspicacité. Mais pas pour des relations qui pourraient l'aider. Des relations ? Emmanuelle n'en avait cure ! C'était elle, la relation que les faibles contactaient. C'était Colbert, celle qu'elle possédait en cas de problème ! La Reynie ? Louvois ? Mézière ? Qu'importe, elle n'était pas là pour ça. Elle voulait laver son nom avant de le reprendre aux yeux du monde, et avec l'accusation de La Reynie, Colbert ne pouvait rien effacer d'un coup de chiffon sur un tableau noir. Une réhabilitation en bonne et due forme annihilerait les soupçons qui pesaient sur l'Ordre depuis quelques années, et sur les actions perpétrées au nom de Diane de Noirange.

Dire la vérité ? Elle était bien trop atroce. Elle avait pensé et organisé l'assassinat du descendant de Pierre. A côté, les soupes de successions semblaient bien pâlottes et sans saveur.

-Je vous ai choisi ni pour votre naïveté, ni pour vos relations, maître. Des relations, je peux en avoir, peut-être même plus importantes que les vôtres, et peut-être même plus terribles par leur pouvoir sur la société. Je vous ai choisi pour votre habileté, votre discrétion, votre honnêteté. Monsieur Colonna m'a assurée de tout cela et je m'en remets à vous.

Elle fini par prendre ses gants à pleines mains, à les lisser une dernière fois puis les rangea dans une petite poche.
-Vous êtes également aussi perspicace que m'avait prévenu notre ami commun, dit-elle dans un sourire. Pourtant, il semblerait que votre perspicacité ai une limite : vous paraissez ne pas comprendre pour quelles raisons je ne vous dévoile pas tout. Ça n'est pas pour cacher une responsabilité plus importante, mais parce qu'il existe des faits et des détails qui ne sont pas nécessaires à mon affaire.

Elle se tut un court instant. Ses yeux qui s'étaient doucement ranimés prirent une teinte froide et se détachaient de la pièce. Il fallait laisser Diane de Noirange reprendre l'entretien. La fausseté et l'hypocrisie de Diane étaient parfaits face à Courtenvaux.
-Je suis fébrile car une épée de Damoclès prend place lentement, mais sûrement, au dessus de ma  tête. Elle se balance dangereusement, me désigne unique coupable car ma conscience m'a fait avouer ma faute. Les véritables instigateurs jouissent d'une liberté totale de conscience, font fi de la morale et de la religion.
Tout en parlant, elle s'était penchée vers une petite sacoche qui était jusqu'alors restée sur ses genoux. Elle en tira un feuillet plié en quatre, qu'elle déplia et posa sur le bureau de l'avocat.

-Voici les plans des appartements du pontife, maître. Comme vous l'avez souligné, la  vérité sera nécessaire et ceci est une preuve de ce que je peux avancer. Ma responsabilité ? fit-elle d'une voix qui s'arrêta un court moment...elle fut de veiller ici et là – elle pointa du doigt un escalier et un palier des appartements – que nul n'entre ou ne gêne les  opérations. Lorsque le danger vint, je du avertir les...les exécuteurs, qui prirent la fuite, me laissant organiser la mienne seule.

Elle se tut enfin, relevant ses yeux et croisa le regard du marquis. N'était-ce pas l'entière vérité ? N'était-ce pas ce qui s'était passé, presque au mot près ? Etait-il important de préciser le nom du commanditaire de ce meurtre ? Pas maintenant, songea-t-elle. Emmanuelle était innocente. Diane n'avait fait que suivre l'ordre de son ancien mentor, l'évêque de Vannes.
-Voici la vérité, monsieur. Voici où m'a menée mes angoisses nées dix ans auparavant, lorsque par faiblesse, j'ai suivi ceux qu'il ne fallait pas suivre. Ils sont intouchables. Mais les exécuteurs, eux, non.

C'était là le nœud de son problème : identifier Ulrich et Eléonore, c'était s'identifier publiquement, c'était dévoiler l'Ordre et ses actions. Si elle pouvait évincer les deux autre en se protégeant, elle avait tout gagné. Mais la tâche était ardue. Silencieusement, elle prit elle-même une plume sur le bureau, la trempa dans l'encre et sans un mot, traça quelques mots. Ceux qui désignait le moins impliqué par l'Ordre. "Ulrich de Sola".

-Maître, vous servez la justice et la vérité. Et en pénétrant dans ce bureau, j'ai compris pourquoi Luigi Colonna m'a confié à vous. Si je devais livrer l'entière vérité, je me serais tournée vers un prêtre. Et vous êtes avocat. Veuve, j'ai néanmoins de quoi avancer vos honoraires, si ce sujet est un frein pour vous.

Elle ponctua ces derniers mots sans un sourire. Courtenvaux n'aurait plus aucun autre détail de l'affaire, encore moins des précédentes. S'il devinait aussi rapidement ses angoisses, il serait bien capable de comprendre cela. Il voulait jouer à ce jeu ? Ils y joueraient !

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MessageSujet: Re: La Comédie Humaine [Benoît&Emmanuelle] - terminé   10.11.15 0:04

-Je le suis.

Non elle n’était pas sincère ou pas entièrement du moins … Voilà pourquoi il s’était permis de la couper lui si galant pourtant, pour la mettre au pied du mur. Il ne désirait pas perdre son temps en phrases inutiles ou avec de potentiels clients mettant un point d’honneur à tourner autour du pot. Etait-ce trop demandé de jouer franc jeu avec un avocat qui n’est là que pour vous aider après tout ? Le sourire qu’elle lui lança lorsqu’il eut fini son monologue incisif était si insolent que cela finit par l’agacer plus encore ! Il ne prononça pas un mot de plus, il avait tout dit de manière claire,  mais en revanche, il  ne se priva pas pour lui lancer un regard foudroyant. Cette insolence sur le coin de ses lèvres était si inappropriée ! N’était-elle pas apparemment dans une situation très délicate ? Certes, elle avait apparemment de l’audace, ce qui en règle générale ne pouvait que lui plaire, les moutons sans caractère de la cour le dégoûtaient, pourtant, il restait persuadé que le juste milieu existait.

-Je vous ai choisi ni pour votre naïveté, ni pour vos relations, maître. Des relations, je peux en avoir, peut-être même plus importantes que les vôtres, et peut-être même plus terribles par leur pouvoir sur la société.

Le marquis arqua un sourcil curieux. Qui était donc ces relations plus importantes et plus terribles ? La jeune femme l’intriguait à présent, surtout par ce dernier mot qui claquait presque à ses oreilles. Terrible n’était pas anodin après tout. Faisait-elle partie d’un ordre quelconque ? Il y en avait à foison dans le royaume.

- Je vous ai choisi pour votre habileté, votre discrétion, votre honnêteté. Monsieur Colonna m'a assurée de tout cela et je m'en remets à vous.

Comptait-elle l’amadouer en le flattant ? Si oui, elle en serait pour ses frais, seule sa chère tante et seconde mère y parvenait encore.

-Vous êtes également aussi perspicace que m'avait prévenu notre ami commun,  Pourtant, il semblerait que votre perspicacité ai une limite : vous paraissez ne pas comprendre pour quelles raisons je ne vous dévoile pas tout.
- Mais je ne demande qu'à être éclairé, lui répondit-il en lui rendant son sourire.
- Ça n'est pas pour cacher une responsabilité plus importante, mais parce qu'il existe des faits et des détails qui ne sont pas nécessaires à mon affaire.
- Je vois. Mais peut-être pourriez-vous me laisser juge de cela ? demanda t-il avec une pointe d’ironie et d'agacement.

C’est vrai après tout, combien d’affaires avait-il traitées sans trop de préparation à cause de clients trop muets ? Un élément, un seul peut parfois faire pencher la balance ! Que cette jeune femme ne lui dissimule rien était le b à ba, rien ne devait être tu. Hélas, madame de Vaunoy ne paraissait pas décidée à se livrer, arriverait-il à la sonder avant la fin de leur entretien ? Rien n’était moins sûr !

- Je suis fébrile car une épée de Damoclès prend place lentement, mais sûrement, au dessus de ma  tête. Elle se balance dangereusement, me désigne unique coupable car ma conscience m'a fait avouer ma faute. Les véritables instigateurs jouissent d'une liberté totale de conscience, font fi de la morale et de la religion.
- Il ne tient qu’à vous de les dénoncer dans ce cas. Mais monsieur de la Reynie serait peut-être plus indiqué que moi … lança t-il en se redressant pratiquement de son fauteuil comme pour lui signifier la fin de cette entrevue.

Ce fut le plan d’architecture qu’elle déplia sur son secrétaire qui le fit se rasseoir. Il faut dire que ses propos venaient de faire tinter à nouveau en lui la corde de la curiosité ? Les appartements du pape ?  Intéressant ! Très intéressant même !

- Ma responsabilité ? Elle fut de veiller ici et là que nul n'entre ou ne gêne les  opérations. Lorsque le danger vint, je du avertir les...les exécuteurs, qui prirent la fuite, me laissant organiser la mienne seule.

Les yeux de Benoît brillaient intensément. Il ne s'était pas attendu à ce qu'une personne vienne d'elle-même pour avouer sa participation si minime soit-elle à ce crime. Un crime qui avait déchaîné les cours européennes, Louis XIV en roi très Chrétien en avait été secoué et avait placé sur cette affaire l’un de ses espions en la personne de Luigi. Luigi avec qui il formait un binôme pour y faire toute la lumière. Emmanuelle lui avait-elle confié tout ceci avant qu’elle ne vienne le trouver ou était-ce une simple coïncidence ? Il ne le pensait pas. Toujours est-il, qu’elle lui donnait ici une information de taille et qu’elle ne pouvait pas en rester là !

- Voici la vérité, monsieur.
- Et puisque il n'est jamais agréable de porter un tel fardeau pour d'autres, vous ne pouvez que me donner le nom de ces scélérats, n'est ce pas ? Sachez que c'est non-négociable, madame. J'accepterai de vous assister qu'à cette condition.la pressa t-il.

Elle ne répondit pas et un instant le marquis crut bien déchanter après tant d’espoirs. Fort heureusement, prenant plume encrier et feuillet elle traça quelques mots. Trois pour être exact : Ulrich de Sola. Le parlementaire avait plusieurs fois croisé le noble danois à Versailles et il ne lui avait clairement pas fait bonne impression, pour autant il avait mis ce regard de fouine sur le compte de ses différends avec la cour danoise. Qu’avait-il à gagner dans ce meurtre d’ailleurs ? La couronne qu’il disputait tant au prince Edouard ?

- Maître, vous servez la justice et la vérité. Et en pénétrant dans ce bureau, j'ai compris pourquoi Luigi Colonna m'a confié à vous. Si je devais livrer l'entière vérité, je me serais tournée vers un prêtre. Et vous êtes avocat. Veuve, j'ai néanmoins de quoi avancer vos honoraires, si ce sujet est un frein pour vous.

Par cette seule phrase, Benoît comprit qu’il n’obtiendrait plus rien de la jeune femme. C’était tant pis certes, mais au moins avait-il l’essentiel !

- Ça n’en est pas un madame. Pour en revenir à ce que nous disions, je vous crois en effet car c’est Luigi Colonna qui vous a recommandé à moi et que s’il vous a accordé votre confiance, je peux faire de même. Je ne reviendrai donc pas sur ce que j’ai dit. Je vais vous apporter mon aide pour que cette épée de Damoclès ne pèse plus sur votre tête. Le vrai coupable paiera et vous avez bien fait de collaborer avec la justice sur ce point. Elle devrait se montrer clémente envers vous.

Il se leva et contournant son secrétaire, il fit les quelques pas qui le séparaient de la porte. Il n’avait plus un instant à perdre, il devait faire un rapport au Roi et prendre ses ordres.

- Je me charge de tout à présent. Donnez l'emplacement de votre hôtel particulier à mon avoué et je vous tiendrai au courant des avancées de la procédure, la tranquillisa t-il après un baise main.

- Au revoir comtesse.

Lorsqu’il se retrouva seul, il attendit quelques instants à la grande fenêtre. Lorsqu’elle apparut sur le perron et gravit le marche pied de son équipage, il ne la quitta pas des yeux et la salua lui adressant un vrai sourire, un sourire satisfait. Le premier d’une série qui allait bientôt rythmer sa vie conjugale, mais comment aurait-il pu s’en douter à cette minute ?

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Un accusé n'est pas cuit
quand son avocat est cru.




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