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 C'est après tout un plan comme un autre → Mister

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MessageSujet: C'est après tout un plan comme un autre → Mister   13.03.15 21:35




Voir le prince leur être rendu avait été un soulagement indescriptible pour François, d’une part parce que sans le prince à leur tête, les troupes étaient passablement désorganisées et ne semblait plus vraiment savoir à qui obéir directement, puisqu’indirectement elles appartenaient de toute façon au roi, mais aussi, et surtout, parce que le jeune homme avait eut un énorme sentiment de défaite personnelle et d’incapacité. Incapacité car, au milieu de tout ce bazar indescriptible que consistait la guerre, le camp, les batailles, sans compter sa blessure de laquelle il se remettait à peine véritablement, ne pouvant remonter à cheval que depuis quelques jours, alors qu’elle datait d’avant l’enlèvement du prince, le mousquetaire avait baissé sa vigilance, chose qu’on aurait pu ne jamais le lui pardonner en haut lieu. Après tout il était le capitaine de la garde de Monsieur. Certes, être cloué au lit sans pouvoir respirer totalement était une bonne excuse pour avoir faillit à sa tâche, mais l’honneur de François avait eut mal. Aussi les négociations du roi et de son conseil avec l’armée ennemie pour que le duc d’Orléans leur soit rendu n’avaient cessées depuis son enlèvement. On n’enlève pas un prince de France ainsi ! Cela ne s’était pas vu depuis… une éternité à vrai dire. Et c’était une honte sur l’armée qui avait du mal à s’en remettre. Ils étaient la risée de l’ennemi, ne pouvant assurer la sécurité de leurs propres généraux. Malgré sa blessure, François avait passé un savon à ceux qui étaient chargés de la protection du prince au moment de son enlèvement. Ils étaient indignes de leur uniforme.

Mais tout était bien qui finissait bien, Monsieur était revenu – et personne n’avait eut vent de la visite du prince du Danemark dans le camp non plus, François pouvait respirer plus librement… aussi librement que sa blessure le lui permettait – et il était fidèle à lui-même. Enfin, son comportement était égal, car son humeur… Depuis, c’était comme s’il n’osait plus faire face à ses troupes. François, comme les autres officiers gravitant autour du duc, avait bien évidemment entendu les rumeurs. Il avait été enlevé par le chevalier de Loraine, et Loraine était bien trop connu pour être l’un des amants de Monsieur, et celui qui comptait le plus… Alors, couardise, lâcheté, envie de se cacher, de roucouler alors que des soldats mourraient tous les jours… François avait tout entendu, et tenté de faire taire les rumeurs du mieux qu’il pouvait, ainsi que les autres officiers – du moins l’espérait-il – mais cela ne semblait pas avoir suffit car le prince semblait d’assez mauvaise humeur – ce qui, dans le cas de Monsieur, était bien peu dire… Il allait et venait, comme un lion en cage, étant désagréable avec tout le monde, avant de se laisser aller sur l’un des fauteuils de sa tente, refusait de manger, puis se plaignait que son repas était froid. Bref, du grand Monsieur comme François le connaissait. Le jeune homme aurait eut envie de le prendre par les épaules et le secouer. Hélas, on ne secoue pas un prince de France…

François venait d’entrer sous la tente, en uniforme, pour retrouver Monsieur qui, une fois de plus, tyrannisait ses mignons et ses aides de camps.

-Monsieur, dit François en s’inclinant.

François chassa les mignons d’un signe de tête. Ils semblaient bien trop heureux eux aussi, qui n’avaient plus beaucoup de légitimité sans le prince pour les appuyer, de l’avoir récupéré, mais ne s’attendaient pas à l’avoir d’aussi mauvaise humeur. Le prince et son capitaine se retrouvèrent seuls.

-Monseigneur ne veut-il pas se rendre à diner avec le roi ? Ou à souper ? Cela vous changera surement les esprits. Nos hommes se préparent actuellement pour le siège, pour remplacer les hollandais dans leur attaque, et partiront après le diner, peut-être voudriez-vous les repasser en revue à ce moment là ? suggéra le jeune homme, qui ne savait plus vraiment que faire ou que dire pour remonter le moral du duc.

La réponse du duc ne sembla pas très intelligible à François, qui resta planté là, sans vraiment savoir que faire de plus, quand un estafette se présenta, apportant les nouveaux plans de bataille directement du roi. François les récupéra et alla les étaler sur la table pour se rendre compte de l’avancée de la situation, qui ne semblait pourtant pas avancer plus que ça. Il plaça des bougeoirs aux quatre coins du document pour l’empêcher de s’enrouler à nouveau sur lui-même. La situation n’avançait définitivement pas. Dieu seul savait pour combien de temps ils avaient des vivres à l’intérieur de cette fichue ville, et l’armée française s’épuisait. Les murs étaient solides…

-Les plans, Monsieur. La situation semble assez peu facile à s’extirper… Nos hommes s’y épuisent, constata François.

Par habitude, il voulut prendre une grande inspiration, pour essayer d’y voir plus clair, mais sa blessure le rappela douloureusement à cette incapacité. Fichue guerre. Il passa une main sur ses côtes, sentant encore le bandage en dessous. Il faudrait du temps, avait dit le chirurgien. Du temps ? Apparemment ils n’avaient que ça à perdre dans ce maudit siège. Essayant de penser à autre chose, François allait une fois de plus tenter de pousser Monsieur à sortir de son confinement, quand des hurlements de liesse retentirent à l’entrée du campement. Cris qui, de plus en plus, remontaient en direction des habitations de fortune des dirigeants de l’armée.

-Allez voir ! ordonna François à l’un des gardes placés à l’entrée de la tente.

Cela ne pouvait être dut qu’à une seule chose, mais François n’osait y croire.

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MessageSujet: Re: C'est après tout un plan comme un autre → Mister   25.04.15 17:49


« Les défaites de la vie conduisent aux grandes victoires. »


Il était revenu. Le Prince de France, prisonnier de guerre, enlevé par l'ennemi, et enfermé dans un château médiéval lorrain, avait enfin été libéré, rendu à la France après de longues négociations. On aurait pu se réjouir, Philippe aurait pu faire sa diva, à raconter son calvaire, en rajouter des tonnes, et pourquoi pas s'évanouir dans les bras de Froulay, pour rajouter de la tension dramatique. Mais non. Philippe était arrivé tard le soir, dans un château à quelques kilomètres des troupes où se trouvait un groupe restreint de personnes, où le roi et Louvois se trouvaient dans un salon à peine éclairé. Le ministre de la guerre était sorti et les deux frères avaient dû s'expliquer, Philippe avait juré que ce n'était pas planifié, que non, il n'avait jamais voulu que Lorraine l'enlève. Etaient-ce les larmes, le trémolo dans la voix, ou l'air fatigué du prince, mais Louis XIV était convaincu de l'innocence de son cadet dans cette affaire, et ils étaient tombés dans les bras l'un de l'autre. Avoir le roi dans sa poche était une chose, mais pouvait-on lutter contre les rumeurs ? D'habitude de l'autre côté de la barrière, Monsieur savait pertinemment qu'il était difficile d'aller contre les calomnies et que celle-ci allait lui coller à la peau. Après une courte nuit de sommeil, on l'avait emmené au camp, où il fut tout de même acclamé par ses hommes, ce qui lui fit chaud au cœur. Comment pouvait-on imaginer que le prince avait passé quelques jours de repos avec son amant, aux frais de tous ? Il était fatigué, un peu amaigri, puisqu'il avait refusé de s'alimenter en Lorraine, une barbe négligée, des habits sales … Ce n'était pas vraiment le prince habituel, on l'avait connu bien plus fringuant, même en période de guerre !

Cela faisait donc quelques jours qu'il était de nouveau parmi ses troupes, il sortait peu de sa tente. Tout de même, on lui avait fait prendre un bain, rasé, habiller plus convenablement, cela changeait un physique tout cela ! Et parfois même le moral, mais pas là, Philippe restait morose, lisait les gazettes médisantes et soupirait. Puis parfois, quand on venait lui parler, le voici à cran, à s'énerver pour un rien. C'était de véritables montagnes russes du comportement.

« Mais vous êtes idiot, ou vous le faites exprès ? C'est froid ! C'est intolérable de manger presque glacé ! »

C'est à cet instant que François apparut dans la tente, toujours aussi digne malgré sa blessure et la douleur qui devait l'accompagner dans chacun de ses mouvements. Son capitaine des gardes semblait soucier du prince.

« Monseigneur ne veut-il pas se rendre à dîner avec le roi ? Ou à souper ? Cela vous changera sûrement les esprits. Nos hommes se préparent actuellement pour le siège, pour remplacer les hollandais dans leur attaque, et partiront après le dîner, peut-être voudriez-vous les repasser en revue à ce moment là ?
Non … Oui … Je ne sais pas … » fut la réponse la plus pertinente qu'il put sortir.

Regardant à peine François, le prince avait les yeux dans le vide, jouant machinalement avec une bague à son annulaire, totalement ailleurs. Il n'avait plus envie de faire grand-chose, tout ce qu'il ferait à présent ne semblait plus crédible, et on le critiquerait quand même, ressasserait cette mésaventure lorraine encore et encore. Et ce n'était pas les plans de la bataille qui allait changer quoi que ce soit … Un siège était en cours depuis plusieurs jours, un véritable merdier que les lorrains ne voulaient pas lâcher, où français et hollandais se cassaient les dents sans vraiment avancer. Froulay lui expliquait la situation, et le regard las du prince sur les plans prouvaient qu'il avait autant d'intérêt à faire des efforts qu'à regarder un accouplement de hiboux sur un canapé. Rien à voir, il n'avait aucune idée, se sentait un piètre militaire, un homme sans valeur, et n'avait pas envie de faire quoi que ce soit. Il n'y a que les cris de joie qui lui firent lever la tête, se demandant bien ce qu'on pouvait fêter alors que le siège semblait être une cuisante défaite. Un garde s'en alla voir et les secondes avant son retour furent un grand suspense ! Il revint avec un militaire, couvert de poussière, mais un sourire jusqu'aux oreilles, ravi d'apporter la bonne nouvelle !

« Monseigneur, nous avons gagné ! Aussi improbable que peut être notre victoire, elle l'est pourtant ! l'homme exultait.
Mais … il regarda Froulay, fronçant les sourcils, vous m'expliquiez à l'instant que nos hommes s'épuisent, que rien n'avance. Et vous, expliquez nous !
C'était le cas, jusqu'à ce matin. Nous n'arrivions pas à avancer, ou très peu. Les lorrains savaient garder leur ville et les espagnols géraient les canons, d'où de nombreuses pertes de notre côté. Mais ce matin, on nous a apporté des plans de la ville, avec la mention d'un mur fissuré sur le flanc est. C'est par ici que nous avons attaqué, profitant du grand vent poussiéreux pour dégager plusieurs canons de ce côté-ci. La surprise a eu raison de notre victoire. »

Il y eut un silence, et Monsieur avait été à la fois intéressé, et perplexe. Il avait gardé les sourcils froncé, puis regarda les plans sous ses yeux, ne voyant pas de trace de cette fameuse carte et son flanc est fissuré.

« Mais qui vous a donné ces plans ?
Un de vos hommes a rencontré le marquis de Blainville, théoriquement affilié au duc de Lorraine, l'a trahi car il n'aurait pas apprécié la façon dont il était traité.
Hum … merci. Et félicitations. le militaire sortit et Monsieur se leva. Blainville est une vraie girouette, il était à la Cour avant la guerre, voulait jurer fidélité à notre roi avant de retourner sa veste. Il était dans l'entourage de l'autre, il refusait d'évoquer le nom du chevalier de Lorraine, durant ma capture. Un jour, il était ravi d'être là, l'autre il pestait comme pas deux. Parfois, il m'apportait ma nourriture et me faisait la causette. Comme si j'avais à cœur d'écouter ses déboires sentimentaux. Il est veuf et fou amoureux de madame Labelette, très belle et intrigante, qui n'est avec lui que pour l'argent, rarement un couple fut plus mal assorti. Elle l'avait suivie à Nancy et avait finalement plié bagage pour repartir sur ses terres, le jugeant stupide et sans ambition. Pour la première fois, il eut un petit rire. S'il a trahi par amour, c'est qu'il était vraiment désespéré ! »

Lorsqu'il se tourna vers Froulay, celui-ci le regardait avec une drôle de lueur dans le regard, ce qui laissa le prince un peu désarçonné.

« Quoi ? Ce n'est pas ma faute si les gens me racontent leurs vies, sans penser un seul instant que je ne savais pas garder un secret ! »


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MessageSujet: Re: C'est après tout un plan comme un autre → Mister   28.05.15 11:18

François ne savait plus quoi faire pour remonter le moral du prince et le remettre dans l’esprit de la guerre. Ils étaient si différents tous les deux, à se demander quelle avait été l’idée de placer le jeune Froulay sous les ordres d’un prince aussi … sulfureux. François s’était certes prit d’affection pour le jeune homme qui avait sensiblement le même âge que lui, mais il avait parfois envie de le prendre par les épaules et le secouer, comme à cet instant, et lui dire de se reprendre. Mais il n’y avait rien à faire, et les côtés reine parjurée dramatique du Duc d’Orléans étaient des phases dont il fallait attendre la fin, comme les vents qui changent avec les marées, ils allaient souffler dans une autre direction à un moment ou à un autre. En attendant, les cartes, missives et ordres de missions s’entassaient sur le bureau de campagne en attendant que le duc ne daigne les ouvrir ou ne serait-ce que se les faire lire, et les ordres trainaient. François tentait tant bien que mal de faire reprendre au prince le goût des arts de la guerre, en l’intéressant au sort de ses hommes et en ayant tenté de faire taire les rumeurs, mais la chose restait difficile, on ne parlait pas devant les officiers, pas quand ils étaient aussi proches du prince.

François étant à court d’idée, il se contentait de lire rapidement les missives et de donner les ordres qu’il estimait le plus juste, de la part du prince. Il se serait pourtant bien gardé de signer quoi que ce soit en son nom et les ordres qu’il donnait fussent bien minimes. Son rang lui interdisait plus, il était bien trop respectueux des convenances pour dépasser son autorisation. Ses réponses étaient pourtant pour le moins évasives, ce qui inquiétait le mousquetaire et jeune capitaine. Il n’avait goût à rien et ne s’intéressait à rien, mangeait à peine. Les rumeurs pires que tout avaient affecté son moral. François trouvait qu’il dramatisait, bien évidemment. Le seul moyen d’aller contre était de sortir la tête haute, et de remettre à leur place d’un bon mot dont Monsieur avait le secret les impudents qui tentaient de faire des insinuations douteuses. Bref, on dépérissait et s’ennuyait dans le camp du duc d’Orléans et cela ne semblait pas prêt de s’arranger, loin s’en fallait. C’était à désespérer avec le frère du roi, si François avait été d’un tel naturel.

Il cherchait encore une autre solution, bien qu’il devait avouer commencer à être à court, quand des cris avaient interrompus la monotone quiétude – aussi tranquille qu’un camp de soldat puisse être – entourant la tente du prince. On s’agitait, on criait de joie, c’était la liesse. Mais que se passait-il donc ? Quelques instants plus tard, un des gardes faisait entrer un sous officier, du moins semblait-il, il était couvert de poussière et il était impossible de dire son grade. Mais sa joie ne laissait presque plus de doute à la contenance de la nouvelle.

-Monseigneur, nous avons gagné ! Aussi improbable que peut être notre victoire, elle l'est pourtant !

Le prince et François échangèrent un regard, aussi incrédule l’un que l’autre, puis le prince lui demanda :

-Mais … vous m'expliquiez à l'instant que nos hommes s'épuisent, que rien n'avance.

-Je suis aussi surprit que vous, Monsieur…
mais le duc le coupa, à l’adresse de l’autre.

-Et vous, expliquez nous !


François était tout aussi curieux, et ravi, il fallait bien l’admettre. Enfin une bonne nouvelle soufflant sur le camp.

-C'était le cas, jusqu'à ce matin. Nous n'arrivions pas à avancer, ou très peu. Les lorrains savaient garder leur ville et les espagnols géraient les canons, d'où de nombreuses pertes de notre côté. Mais ce matin, on nous a apporté des plans de la ville, avec la mention d'un mur fissuré sur le flanc est. C'est par ici que nous avons attaqué, profitant du grand vent poussiéreux pour dégager plusieurs canons de ce côté-ci. La surprise a eu raison de notre victoire.

Une idée commença à germer dans l’esprit de François. Une chose sur laquelle il n’arrivait pas encore à mettre le doigt mais cela ne saurait tarder, il le savait. Pour une chance, en tout cas, c’était une chance.

-Mais qui vous a donné ces plans ?

-Un de vos hommes a rencontré le marquis de Blainville, théoriquement affilié au duc de Lorraine, l'a trahi car il n'aurait pas apprécié la façon dont il était traité.

Mais c’est bien sûr ! Songea soudain François, n’écoutant presque plus la conversation, et fixant soudain le duc. A peine fit-il attention quand le militaire sortit, sans doute plus pour fêter la victoire que pour se décrasser un peu. Mais François avait déjà bien d’autres choses en tête. Les paroles du prince, qui débitait vraisemblablement tout ce qu’il savait sur Blainville, que François ne connaissait pas.

-Blainville est une vraie girouette, il était à la Cour avant la guerre, voulait jurer fidélité à notre roi avant de retourner sa veste. Il était dans l'entourage de l'autre durant ma capture. Un jour, il était ravi d'être là, l'autre il pestait comme pas deux. Parfois, il m'apportait ma nourriture et me faisait la causette. Comme si j'avais à cœur d'écouter ses déboires sentimentaux. Il est veuf et fou amoureux de madame Labelette, très belle et intrigante, qui n'est avec lui que pour l'argent, rarement un couple fut plus mal assorti. Elle l'avait suivie à Nancy et avait finalement plié bagage pour repartir sur ses terres, le jugeant stupide et sans ambition. S'il a trahi par amour, c'est qu'il était vraiment désespéré !

François fixait toujours le prince, hésitant à avancer son idée. Mais cela pouvait n’être que bénéfique, il en était persuadé.

-Quoi ? Ce n'est pas ma faute si les gens me racontent leurs vies, sans penser un seul instant que je ne savais pas garder un secret !

-Monseigneur, c’est vous ! s’exclama soudain François. Les plans, Blainville. C’est vous !

Certes, cela n’avait sans aucun doute rien à voir avec la discussion qu’ils avaient jusque-là – rien du tout – mais c’était maintenant, ou jamais. Ils étaient seuls sous la tente, pas même un mignon pour laisser trainer ses oreilles. A voir si le duc ne pouvait pas tenir un secret le concernant lui-même. Devant l’incompréhension de Monsieur, François prit l’une des chaises de campagne et la plaça derrière lui pour qu’il s’asseye. Le mousquetaire se permettait cette familiarité que jamais avant et surement plus jamais il ne se permettrait, mais pour l’honneur de son maître et le sortir de son apathie, aux grands maux les grands remèdes.

-Ecoutez-moi un instant. Ces plans sont arrivés de manière miraculeuse ou presque – François se signa. Vous venez de dire que Blainville vous rendait souvent visite, et vous parlait de sa vie, j’en déduis que vous passiez un temps fou à discuter, ou du moins assez de temps pour, je ne sais pas, le convaincre de trahir Lorraine, et nous donner ces plans. Cela coïnciderait avec votre retour parmi nous. Et, une fois la guerre terminée, qui croirait la parole d’un marquis, connu pour être au service de l’ennemie, contre celle du frère du roi ? C’est vous Monseigneur, tout, cette victoire, ces plans, la trahison de Blainville.

François s’arrêta un instant dans sa tirade pour juger de l’effet de ses paroles sur le duc. Il en était certain, il tenait quelque chose.

-Votre honneur restauré auprès de l’armée, votre autorité militaire réassurée… Qui sait, nous pourrions presque aller jusqu’à dire que tout cela n’était qu’une mise en scène visant à retourner les agents de l’ennemi contre lui !

François s’emballait, ce n’était pourtant pas dans sa nature. A croire que la situation lui était montée à la tête. Pourtant, il en était convaincu, c’était la bonne solution.

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MessageSujet: Re: C'est après tout un plan comme un autre → Mister   23.07.15 19:20

Qui aurait cru qu'une discussion sur les peines de cœur d'un lorrain pourrait mettre en avant le prince de France ? Il est vrai que durant sa capture, il n'avait pu rejeter bien longtemps le marquis de Blainville qui en avait gros sur la conscience. Et si sa vie amoureuse pathétique n'intéressait pas le prince de France, cela avait le mérite d'avoir un peu de compagnie et de voir quelqu'un d'autre que lui-même. Mais quelle histoire grotesque tout de même, non ? Un homme sans vraiment de qualités, à peine celui d'être bien né, fou amoureux d'une dame tellement superbe que c'était un affront pour elle de ne serait-ce que regarder cet homme sans grande manière, mais dont on ne pouvait reprocher son cœur tendre. Et aujourd'hui, par amour pour cette dame, il trahissait son camp, la Lorraine et ses alliés, pour donner des plans à la France, demander pardon au roi et espérer reconquérir la dame. Tout cela pour une femme, stupide tout de même …

Oui, Philippe ne voyait que cela. La trahison de Blainville était stupide. Capitale pour les armées du roi, pour la victoire et pour éviter de mourir dans un siège sans fin, mais stupide quand même. Malgré le côté romantique, le prince ne pouvait s'empêcher de penser qu'il s'agissait là d'un geste désespéré d'un homme sans honneur, sans dignité, prêt à s'aplatir pour une femme. Mais François y voyait autre chose … de bien plus grand.

« Monseigneur, c’est vous !  Les plans, Blainville. C’est vous ! S'exclama son capitaine surexcité.
Quoi moi ? Qu'est ce que vous racontez ? »

Monsieur fronça les sourcils, ne comprenant pas un seul instant ce que voulait dire son capitaine, piqué on ne sait quelle fièvre, même ses yeux semblaient s'enflammer. De quoi faire presque peur au prince d'ailleurs … Froulay se permit même de le faire asseoir, où Philippe s'exécuta sans broncher, à se demander quel était ce plan étrange, où « c'était lui » mais lui quoi ? Pourquoi les gens ne s'expliquent pas clairement au premier abord ?! Mais une fois assis, il put avoir l'explication de cette étrange idée.

« Écoutez moi un instant. Ces plans sont arrivés de manière miraculeuse ou presque. Vous venez de dire que Blainville vous rendait souvent visite, et vous parlait de sa vie, j’en déduis que vous passiez un temps fou à discuter, ou du moins assez de temps pour, je ne sais pas, le convaincre de trahir Lorraine, et nous donner ces plans.
Hé bien … la réponse était bien sûr non, mais Froulay continua sa tirade.
Cela coïnciderait avec votre retour parmi nous. Et, une fois la guerre terminée, qui croirait la parole d’un marquis, connu pour être au service de l’ennemi, contre celle du frère du roi ? C’est vous Monseigneur, tout, cette victoire, ces plans, la trahison de Blainville.
Oh … Monsieur venait de comprendre le plan et amorça un petit sourire, le premier depuis son retour.
Votre honneur restauré auprès de l’armée, votre autorité militaire ré-assurée… Qui sait, nous pourrions presque aller jusqu’à dire que tout cela n’était qu’une mise en scène visant à retourner les agents de l’ennemi contre lui !
Brillant ! C'est ab-so-lu-ment brillant, Froulay ! Lança le prince en bondissant de sa chaise, à nouveau d'attaque. Vous venez de me sauver la mise, vous n'avez pas idée à quel point ! Ce qui devait être la mort de ma réputation fait de moi … un héros de guerre. »

Ces derniers mots, il les prononça avec attention, d'une voix touchante. Lui sur qui on tirait sur son prétendu enlèvement allait devenir un fin stratège. Il avait démontré au roi son frère plusieurs idées de stratégie convaincantes pour un homme qui n'était soit-disant pas élevé dans l'amour de la guerre. Mais ceci relevait le tout, une sorte de cerise sur le gâteau. Mais rien n'arriverait sans Froulay. Le prince se tourna vers celui-ci, ivre de bonheur, ravi de cette délivrance, de ce fardeau que pouvait être le sien depuis son retour !

« Froulay, vous êtes un héros. Il le pointa du doigt puis se mit à tourner en rond, à la recherche d'une idée. Pour cela vous méritez une récompense : de l'or … ou un cheval … non, l'or c'est mieux … une terre ! Un château ! Une terre avec un château en plus de l'or et d'un cheval ! Le prince s'emballait mais il s'arrêta soudain, content d'avoir trouvé. Je vous dois ma réputation, et si je sais que vous ne demandez rien en retour, ce n'est qu'un juste retour des choses. Je vais écrire de ce pas au généalogiste pour vous trouver une terre à acheter, je vous ferais marquis ou baron, que sais-je encore ! Votre aide m'est tellement précieuse, je vous retourne en cadeau ce que je peux. »

Il va sans dire qu'une terre avec château, en connaissant le prince, ce ne serait pas trois champs et un moulin ! Monsieur malmenait son personnel, c'était bien connu, mais quand on lui rendait service, il savait remercier avec grandeur, à la hauteur de son cœur et l'estime qu'il a pour la personne. Autant dire que Froulay devenait un sacré veinard.

« Allez raconter cette histoire à nos hommes, que tout le monde sache, que cette rumeur remplace l'autre. Froulay s'en allait, il l'appela une dernière fois. Encore merci. »

Alors que François quitta la tente, Philippe se hâta d'écrire une missive, demander quelle terre était disponible à racheter, et comment faire toute la paperasse pour l'offrir à quelqu'un. Aussitôt signé et le sceau des Orléans apposé, il envoya un mignon se rendre à toute hâte à Paris, et que la réponse ne se fasse pas tarder. Puis il put profiter d'un peu de détente, lui tellement sur les nerfs ces derniers jours. Mais passé quelques minutes, ces mignons entrèrent, sautant de joie, fiers de l'accomplissement de leur maître.

« Quelle idée géniale, monseigneur ! Et dire que vous nous avez rien dit ! Nous comprenons mieux votre anxiété, vous aviez peur que Blainville se défile ! Du génie ! »


Qu'il était bon de savourer la victoire et pour ce soir, le prince voulut se mêler à ses hommes pour fêter cette victoire. A peine sorti de sa tente, il pouvait entendre « Vive le Roi !Vive Monsieur qui a gagné la bataille ! » en chœur. De quoi verser une petite larme. Et lever son verre à cette bataille !




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MessageSujet: Re: C'est après tout un plan comme un autre → Mister   14.08.15 12:06

Quiconque serait entré à ce moment précis dans la tente du prince n’aurait reconnu ni le frère du roi, ni son capitaine des gardes, tant la situation paraissait cocasse : le Prince, abattu, et son capitaine, soudain éclairé d’une lueur dans les yeux que personne ne semblait jamais lui avoir vue. Car l’idée de François se tenait, totalement. Les dates concordaient, les périodes, les déclarations… Tout ! C’était parfait, à croire que cet imbécile de Blainville avait tout fait pour se faire trahir. François avait trouvé l’idée parfaite, il en était convaincu. Et Philippe, de son côté, semblait totalement perdu, n’arrivant pas à suivre son capitaine dans ses idées apparemment farfelues, qui ne l’étaient pourtant pas tant que ça. Après tout, pourquoi pas ? Il fallait pourtant que Monsieur suive. Ce qu’il sembla finir par faire, malgré ses interruptions pleines d’incompréhensions. Jamais auparavant, François ne se serait permit d’agir avec le duc comme il venait de le faire, et jamais plus il ne se le permettrait à nouveau. Tout, plutôt que de continuer à voir le frère du roi dans cet état d’apathie qui ne semblait plus le quitter et qui était pour le moins ennuyeuse pour le jeune homme, mais surtout pour ses troupes qui perdaient morale à entendre des rumeurs sur leur commandant en chef, sans le voir lui. François le trouvait souvent trop excessif, mais là, c’était aller trop loin dans la mélancolie, il faudrait suggérer à Monsieur de trouver un entre deux, afin de le ménager, lui.

Il fallut quelques instants à Monsieur pour intégrer ces informations, l’idée, le déroulement, quand soudain, il bondit de sa chaise comme un diable de sa boite, s’exclamant :

-Brillant ! C'est ab-so-lu-ment brillant, Froulay ! Vous venez de me sauver la mise, vous n'avez pas idée à quel point ! Ce qui devait être la mort de ma réputation fait de moi … un héros de guerre.

François hocha la tête, croisant les bras, pas mécontent de son idée ni de son travail sur le moral du duc. Certes, cela était mentir, chose contre laquelle François était absolument. Mais Blainville l’avait bien mérité, il avait trahit son roi, et Monsieur ne méritait pas la façon dont il était traité, voilà tout. Philippe était resté un instant sans rien dire, semblant réfléchir, avant de se tourner vers François, le pointant du doigt :

-Froulay, vous êtes un héros. Pour cela vous méritez une récompense : de l'or …

-Inutile, Monsieur je…

-ou un cheval … non, l'or c'est mieux …

-… ne fais que mon devoir en…

-Une terre ! Un château ! Une terre avec un château en plus de l'or et d'un cheval !

-… vous serv…


François ne finit pas sa phrase, abasourdi. Que venait de dire Monsieur ?

-Je vous dois ma réputation, et si je sais que vous ne demandez rien en retour, ce n'est qu'un juste retour des choses. Je vais écrire de ce pas au généalogiste pour vous trouver une terre à acheter, je vous ferais marquis ou baron, que sais-je encore ! Votre aide m'est tellement précieuse, je vous retourne en cadeau ce que je peux.

François mit quelques instants à assimiler l’information. Lui ? Baron ? Marquis ? Terre ? Château ? Cela faisait beaucoup d’informations à assimiler en une seule fois. Réussissant à revenir à lui, il mit genou à terre, s’inclinant pour saluer le frère du roi :

-Ma loyauté vous est à jamais acquise, Monseigneur, vous le savez déjà. Ma reconnaissance vous sera éternelle.

Il était inutile de discuter avec Monsieur, François l’avait bien comprit, à force. Philippe le congédia pourtant assez vite :

-Allez raconter cette histoire à nos hommes, que tout le monde sache, que cette rumeur remplace l'autre.


François hocha la tête, et se releva, quittant la tente, encore un peu désorienté. Sur le chemin, il croisa les mignons, tout à leur joie de ne pas avoir à aller se faire couper en morceaux, et l’apostrophant. François se dépêcha de leur raconter cette histoire. Leur raconter à eux, c’était déjà faire la moitié du travail. Puis il se rendit chez les autres officiers, et le soir-même, la rumeur s’était répandue comme une trainée de poudre, voyant les officiers du roi défiler chez le frère de celui-ci pour le féliciter. Le soir-même, le camp résonnait de ce simple cri qui faisait pourtant un bien fou :

-Vive le Roi ! Vive Monsieur qui a gagné la bataille !

Et François sourit, en songeant qu’au moins, cela avait été utile.

***

Quelques semaines plus tard, de retour à Paris, François reçu officiellement le marquisat de Lavardin. Cela lui paraissait totalement irréel, encore alors. Il lui faudrait un bon moment pour s’habituer.

[FIN DU RP]

______________________

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