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 Perte d'une comédienne, gain d'un mécène.

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MessageSujet: Perte d'une comédienne, gain d'un mécène.    22.11.14 19:13

22 juillet 1667,



A monsieur Racine,

J'ai peur que vous me détestiez en lisant cette lettre, je suis lâche, je ne vous dis pas tout ça en face mais c'est que je n'ai pas pu, je n'ai pas eu la force de vous dire adieu. Je vous respecte trop, je vous admire trop, votre jugement me fait peur, je ne voulais pas que vous me traitiez d'ingrate. Monsieur, vous avez été deux ans de ma vie, et même davantage puisque votre théâtre a sauvé ma vie. Je ne dis pas ça pour que vous me pardonniez plus facilement, mais parce que c'est vrai. Si je n'avais pas été si souvent dans la peau de vos magnifiques personnages, j'aurai été contrainte d'être dans la mienne et jusqu'à maintenant c'était lourd à porter croyez moi.

Aujourd'hui que la Belle Iole n'est plus, je peux bien vous dire la vérité. Je m'appelle Blandine Pisdoe, je ne suis pas comédienne de carrière mais fille d'un très riche banquier. Si cette condition vous paraîtra sans doute moins gratifiante que de monter sur les planches, elle l'a été bien plus importante pour d'autres. A cause de ça, j'ai été enlevée à l'âge de douze ans. Ces gants que vous me voyiez porter en permanence cachaient une blessure à la fois physique et morale. Je ne rentrerai pas dans les détails mais on m'a mutilé pour faire comprendre à mon père qu'il fallait qu'il paie une rançon. Je passerai sur les longues années de détention, si ce n'est pour vous dire que c'est déjà le théâtre qui m'a donnée la force de lutter.  C'est pour ça que dès que j'aie pu m'évader, je me suis plongée à coeur  et à corps perdu dans cet art pendant quelques années. Être engagée par vous a été le couronnement de mille espérances.

Vous avez été sévère, très sévère et nos relations ont parfois été tendues car je ne vous écoutais pas toujours, mais ça a été un réel privilège Monsieur que de travailler avec vous.

Pourquoi je parle au passé ? Parce que tout a changé. Mes ennemis étant morts à la guerre, j'ai retrouvé le père auquel on m'avait arrachée. Je ne veux plus le quitter, je ne dois plus le quitter et surtout je dois revenir à la vie qui était la mienne.

Voilà pourquoi je quitte l'hôtel de Bourgogne dès aujourd'hui, en emportant avec moi tous ces beaux souvenirs.  

Sachez que je reste une grande admiratrice de votre talent et que je souhaite plus que tout devenir l'une de vos mécènes, tant que vous dépensez pas cet argent à quelques tavernes bien sûr. Pardon, je n'ai pas pu résister à cette dernière taquinerie. Ne m'en voulez pas s'il vous plait, ni de ça ni du reste.

Restons bons amis, car j'espère que nous l'avons été.

A bientôt,

Celle qui restera pour vous et pour vous seul, la Belle Iole.
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