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 « What are we waiting for ? » ♤ Cédric

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MessageSujet: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   05.10.14 15:56




Un verre à la main, appuyée contre le montant de la fenêtre, Isabelle s’ennuyait ferme. Elle n’avait pas la moindre envie d’être là, et ne demandait qu’une chose, repartir à Versailles séance tenante. Certes, là-bas, on s’ennuyait aussi, mais au moins, on ne risquait pas sa vie. Pas d’une manière aussi directe, disons. Elle se situait à quelques centaines de toises seulement du dernier champ de bataille et, elle en était certaine, c’était les feus des armées ennemies qu’elle voyait à travers la fenêtre teintant le ciel noir de la nuit d’un orangé peu engageant. La jeune femme n’était d’ailleurs pas totalement certaine que ce fût uniquement la fraicheur du soir qui lui donnait la chair de poule. Quelle idée de venir ici… Quelle idée le baron, son dernier amant en date, officier d’Etat Major du roi, avait eut de lui « demander » - comprendre ordonner – de venir le rejoindre ici ? Et pourquoi, grand Dieu, avait-elle accepté ? Elle y réfléchirait à deux fois avant de quitter Versailles de nouveau. Demander son congé à la reine qui ne savait plus quoi faire d’autre que de s’abimer en prière depuis quelques semaines, avait été un enfer, celle-ci ne cessant de dire que les prières de toutes les dames de la cour ne suffiraient pas à sauver les âmes des armées du roi et à les protéger. Isabelle avait dut user de toute sa force de séduction pour l’obtenir. Tout cela, pour traverser tout le pays en carrosse, dans le froid et avec des routes inconfortables, et se retrouver ici, à mourir de froid et d’ennui.

Elle regardait sans les voir ces messieurs jouer aux cartes, tout en songeant que si elle avait voulut, elle aurait pu tous les battre à plate couture et repartir à Versailles à l’instant même en vouant le baron et ses idées folles au diable. Mais elle le savait, une femme sans support masculin, à Versailles ou ailleurs, ne valait rien. Aussi le ménageait-elle pour le temps qu’elle pouvait. Mais cela ne durerait pas, elle le savait bien. Il ne restait qu’à trouver celui qui lui succèderait, la guerre ne l’aidait pourtant pas dans cette tâche. Il faudrait attendre. Elle finit son verre de vin et le posa sur le plateau que lui tendait une ordonnance, tirant sur ses manches dans le vain espoir d’acquérir un peu de chaleur… Ses robes de cour n’étaient pas faites pour ce temps, en montrant plus qu’il était supportable par cette température, le tissu vert bouteille étant bien trop fin pour les courants d’airs de l’espèce d’hôtel particulier réquisitionné par et pour les officiers du roi de France. Isabelle se rapprocha du feu. Antoinette, jamais bien loin, et qui avait refusé de laisser sa maîtresse partir seule, lui apporta discrètement un châle en laine. La jeune femme la remercia d’un sourire avant que la servante ne disparaisse à nouveau. Elle jeta un bref coup d’œil au jeu de ces messieurs, qui ne lui prêtaient d’ailleurs pas la moindre intention, se demandant quelle idée le baron avait eut de faire venir sa maîtresse, et quelle idée celle-ci avait eut de venir, cette frivole qui ne voulait sans doute qu’un peu d’excitation.

Mais leur jeu était tout aussi insipide que leur conversation, et les enjeux bien maigres, se contentant la plupart du temps de signer des reconnaissances de dettes qui n’auront plus beaucoup de sens si jamais les officiers mourraient au combat. Quel héritage ils laisseraient à leur famille, un bout de papier signé un soir d’ennui et d’angoisse. Isabelle détestait ruminer ce genre de triste pensée, et ce n’était pas l’écuyer qui jouait tristement du violon dans son coin qui allait alléger l’atmosphère. Isabelle n’était décidément pas faite pour ça. Elle ne supportait plus de rester dans cette pièce. N’en déplaise au baron, demain, elle repartait à Versailles. Trois jours ici lui avaient largement suffit, et à lui aussi, si l’on voyait l’attention qu’il lui portait. Inutile même de rester dans cette pièce plus longtemps. Soupirant, elle s’approcha de la table. Le baron lui jeta un coup d’œil et lui adressa un sourire froid, alors qu’elle feignait d’apporter encore quelque attention à la partie. Mais il était inutile de faire semblant plus longtemps. Aussi se pencha-t-elle à l’oreille du baron et lui murmura doucement :

-Mon ami, je vous quitte. Ne tardez pas trop…

Il hocha vaguement la tête, concentré dans sa partie. Les plus jeunes officiers, rompus aux manières de cours où ils avaient surement été pages, se levèrent pour la saluer, les autres, connaissant sa réputation, ne lui adressèrent même pas un regard. Elle n’y prêta pas à attention. Une idée, pourtant, lui traversa l’esprit, pour passer une nuit tranquille. Elle retira l’une de ses bagues – cadeau du baron ou d’un autre, elle ne savait plus – et s’approcha de l’échanson qui se tenait bien droit.

-Veillez à ce que les verres de ces messieurs ne soient jamais vides.

Discrètement, et avec un regard entendu, elle lui glissa sa bague dans la main. Le jeune garçon la regarda, émerveillé, avant de hocher vigoureusement la tête :

-Bien madame !

Isabelle lui sourit, et quitta la pièce. Les couloirs étaient parcourus de courants d’airs et l’ameublement était spartiate. Rien ici ne serait regrettable aux yeux de la jeune femme. Elle rejoignit sa chambre s’attendant à y retrouver sa femme de chambre. Mais d’Antoinette, point de traces. Isabelle poussa un soupir. Où pouvait-elle bien être ? Elle ne s’inquiétait pas vraiment pour sa femme de chambre, celle-ci était encore plus débrouillarde que sa maîtresse. Isabelle contempla la pièce, équipée d’un lit et d’une armoire où trainaient les hardes du baron, et son coffre qu’on avait déposé dans un coin où se pouvaient voir les quelques affaires qu’elle avait amenées avec elle. Et soudain, l’idée de se coucher dans ce lit glacial lui donna envie de vomir. Elle saisit sa cape doublée d’hermine et ses gants et fit demi tour. Sur la pointe des pieds, elle traversa l’hôtel particulier délabré et sorti dans ce qui avait dut être à un moment ou un autre un jardin, qui n’était plus que friche désormais. Le froid était encore plus intense à l’extérieur, mais il ne lui paraissait pas aussi humide. Elle se sentait mieux. Nulle pensée à s’éloigner de l’hôtel particulier, juste faire quelques pas. Elle s’arrêta à la limite de la lumière venant du bâtiment, observant dans le noir les reflets rouges dans le ciel provenant du camp qu’elle soupçonnait être celui de l’ennemi.

Prise dans ses pensées, elle ne discerna le cavalier venant dans sa direction au petit trot que quand le cheval de celui-ci glissa sur le sol froid et renâcla un instant. Par réflexe, elle recula, alors que le cheval continuait d’avancer vers elle. Le cavalier était emmitouflé dans son uniforme, son visage légèrement dissimulé. Pourtant, ces yeux, Isabelle les aurait reconnus entre mille s’il avait fallut. Elle serra les dents, au souvenir de leur dernière rencontre. Officiellement, dans le jardin de Versailles où, malgré tout, il lui avait été d’une aide précieuse. Officieusement, dans une chambre où il n’était pas celui qu’elle devait rejoindre et elle n’était certainement pas celle qu’il attendait. Pourtant, il arrêta son cheval devant elle. Par réflexe, elle le prit par la bride et le flatta. La coïncidence, si s’en était une, était énorme. Elle releva les yeux vers le cavalier et croisa son regard.

-Bonsoir, Cédric…

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   08.02.15 14:46

Rien n'était moins confortable que le campement de soldats après une bataille. Elle avait beau avoir fini hier, l'air avait encore une odeur de mort, de souffrance et de sang. Ou alors c'était l'infirmerie non loin qui avait cette odeur. On y mourrait plus qu'on pouvait s'en sortir, il valait mieux prier pour leurs saluts, du moins si on croyait en Dieu. Cédric, avait abandonné l'idée d'un Dieu il y a bien longtemps, le jour où on lui a retiré ses rêves, sa vie pour quelque chose de misérable, une vraie descente aux enfers. Tuer pour gagner sa vie, pour sauver sa peau, protéger celui qui était son roi, voilà sa vie et elle n'était pas jolie. Après un soupir, assis près d'un feu, Portau secoua la tête pour éviter de ressasser tout cela. Trop d’événements avaient eu lieu en trop peu de temps … La mort d'Hector avait achevé d'ébranler ce qu'il avait construit ces dix dernières années. Hector de Valois avait crée cette organisation, tout préparer pour monter sur le trône, pourquoi était-il mort ? Certes, c'était dans un dernier coup d'éclat, il avait voulu tuer Louis XIV en pleine bataille, c'était le plan parfait. Mais il ne fut que l'arroseur arrosé, et a agonisé avant d'expirer, Cédric à ses côtés. La mort dans l'âme, il avait du faire le chemin jusqu'à Paris pour annoncer à sa désormais veuve la triste nouvelle. Lui pour qui la mort n'était qu'une formalité, le voilà à affronter le deuil, le doute et une certaine forme de tristesse. Mais avant cela, retrouver Alexandre lui avait déjà fait poser des questions sur ses plans machiavéliques. Et puis … Non. Il ferma les yeux avec force pour ne pas penser à elle, ni à imaginer son visage. Mais une voix intérieure lui soufflait le prénom d'Isabelle.

D'un bond, Cédric quitta l'assemblée autour du feu pour faire quelques pas. De toute façon, il n'écoutait pas la conversation, il était dans ses pensées depuis trop longtemps et il valait mieux partir. L'air froid du soir le prenait au corps, pourtant bien emmitouflé. Mais ses mains se glaçaient, ses lèvres se gerçaient et son visage pâle se faisait fouetter par le vent. Il essayait de penser à autre chose, mais trop tard, elle revenait dans son esprit, tout d'abord sur la défensive, agressive comme un félin dans un bosquet, puis sensuelle dans cette chambre. De rage, il tapa violemment dans une tasse au sol, pour l'envoyer au loin. Il n'avait pas besoin de soucis comme elle, il y avait déjà tant à penser : l'avenir de la Main de l'Ombre, la volonté de les rassembler autour de Gabrielle, des alliances à mettre en œuvre, mais aussi garder un œil sur les d'Artagnan, continuer ses propres plans … non, pas besoin de problèmes supplémentaires.

S'en retournant au feu de camp, cela riait bien, et puisqu'il fallait y faire bonne figure, Cédric voulut se montrer un peu plus sociable :

Hé bien, qu'est ce qui vous fait rire de la sorte ?
Oh, on parlait du baron et de sa poule … la pauvre d'être avec un tel homme.
Il doit plus aimer ses cartes qu'elle, heureusement qu'il a assez d'argent pour la combler. On l'imaginait à jouer aux cartes et elle partir, le laissant comme un idiot !


Et les voici à s'imaginer un tas de scénarios où le baron est tourné en ridicule, ce qui donnait l'occasion de se moquer un peu de certaines personnes se croyant au dessus des autres. Du moins jusqu'à cette information :

J'aurais une telle beauté dans mon lit, j'irais pas dormir dans la baignoire ! Rien qu'avec son regard azur, elle m'avait transpercée le cœur.

Fini de rire, Cédric redevint sérieux tout à coup. Une courtisane avec les yeux assassins mais où on voudrait plonger dedans, il n'y en avait pas cinquante. Ainsi, elle était là, à quelques lieues de lui ?

J'aurais tellement voulu la revoir … mais le vin me fait défaut. Qui est volontaire pour porter le mot au baron ?

Il tendit le pli, et avec un instinct de chasseur, ce fut Portau qui attrapa le mot le premier, avec bien plus de rapidité que certains, à leur grand désespoir. Tout en essayant de balayer les questions de sa tête, il partit chercher de quoi se couvrir un peu plus, fourrer le pli dans son manteau et chercher un cheval. Il jeta tout de même un œil au mot, voir si c'était d'une importance capitale … Ah non, ce n'était que l'épouse qui priait pour lui, rien de bien transcendant. Malgré le temps clément en journée, le froid de la nuit pouvait laisser un sol dur et froid, gelé là où les flaques ont construit leur nid, mieux valait y aller tranquillement sans grand galop. Et c'est donc au trot qu'il pénétra dans le jardin, à l'arrière de la demeure encore allumée en bas, signe que le baron préférait encore ses cartes. S'avançant un peu plus, une silhouette se détacha de l'obscurité. Et lorsque leurs regards se croisèrent, ils savaient qui était l'autre. Si elle avait les yeux azurs les plus perçants qu'il soit de la gente féminine, Cédric n'était pas en reste, des années de morts et de solitude sans doute ont joué. Elle s'approcha de la monture, la flatta avant de lui adresser la parole.

Bonsoir Isabelle. Je ne m'attendais pas à te voir ici …

Menteur. Ou plutôt menteur à demi, il ne s'attendait pas à ce qu'elle soit dans le jardin en tout cas, cela lui faisait un comité d'accueil. Après ces fraîches retrouvailles, le silence retomba lourdement, seul le cheval souffla un peu fort. Puis, descendant de sa monture, Cédric fut à hauteur d'Isabelle et découvrit légèrement son visage, laissant apparaître un petit sourire moqueur.

Que fais tu dehors, frileuse que tu es ? Le lit est-il encore plus glacé ? Oh je sais, tu devrais brûler ces cartes à jouer, ça te réchaufferait un peu …

Non, ils n'arrivaient pas à avoir une vraie conversation. C'était des piques lorsqu'ils se voyaient. Ou de la passion lorsque les visages sont masqués … aucune demi-mesure. Il saisit la bride de son cheval et commença à marcher.

Rentre, tu vas attraper froid …

Sauf là, le temps fut plus neutre, ce qui était déjà une grande avancée par rapport à d'habitude. Ce n'était pas une bonne idée d'être là …

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   05.03.15 0:40

Isabelle aurait à la fois voulut n’être jamais venue ici, et ne pas s’être retrouvée en face de Cédric, et en même temps, n’aurait échangé sa place contre rien au monde. Etait-ce un jeu du destin, ou simplement une manigance de son ancien amant – son ancien amour - ? Elle n’aurait pas pu le savoir, ça aurait été montrer trop d’intérêt, du moins bien plus qu’elle aurait voulut le laisser paraître. Elle tenait le cheval de l’ancien mousquetaire par la bride, il ne pouvait aller nulle part, ni plus avant, sans doute l’espèce de vieux château glacial que la jeune femme avait quitté était sa destination finale, ni revenir sur ses pas. Ce sentiment de supériorité furtive et futile la grisa un instant. La bête semblait s’être calmée de sa frayeur sur les chemins boueux gelés du front. Le silence s’était installé quelques instants entre les deux manipulateurs. Il n’y avait pas grand chose à se dire. Isabelle trouvait cela presque irréel, bien que Cédric soit sans doute l’une des raisons – et pas la moindre – pour lesquelles elle avait arrêté de croire aux contes de fées, bien que Monsieur Perrault semblait vouloir les remettre au goût du jour. Quelle idée… Comme s’il fallait emplir la tête des enfants avec de telles histoires… Elle avait cru comprendre qu’ils étaient à destination des garçons, pour leur montrer ce qu’un bon soldat, un bon fils de famille, devait faire. Cela la faisait rire sous cape. Il y avait tellement peu de chance pour que cela fonctionne.

Cela n’aurait de toute façon pas fonctionné avec Cédric, c’était presque certain. Il n’y avait qu’à l’entendre parler.

-Bonsoir Isabelle. Je ne m'attendais pas à te voir ici …

Menteur ? Isabelle n’aurait pas pu le dire avec certitude. Elle n’avait jamais su s’il mentait ou non de toute façon. Sinon, elle n’aurait sans doute pas perdu son temps à attendre désespérément des lettres qui n’arrivaient pas. Elle releva les yeux vers lui, emmitouflée dans sa cape doublée de fourrure et haussa négligemment les épaules.

-Je suis pleine de surprises, rétorqua-t-elle d’un ton énigmatique.

Le silence s’installa à nouveau entre eux, pendant quelques instants. Qu’avaient-ils à se dire ? Cette soirée au bal ? Isabelle ne préférait même pas y penser, et se trouvait stupide d’avoir cédé à ses passions. Elle avait l’impression d’être une petite fille prise en faute. Il y avait des sujets qu’il fallait mieux ne pas aborder. Finalement, Cédric mit pied à terre et se retrouva à sa hauteur, dégageant son visage du col de son manteau, un sourire provocateur aux lèvres. Elle leva les yeux au ciel, accompagné d’un petit soupire qui fit de la buée autour d’eux.

-Que fais tu dehors, frileuse que tu es ? Le lit est-il encore plus glacé ? Oh je sais, tu devrais brûler ces cartes à jouer, ça te réchaufferait un peu …

Isabelle lui jeta un regard noir. Que lui dire ? Qu’elle préférait de loin le froid du dehors que celui, humide, malsain, des draps où son amant la rejoindrait – si le valet ne faisait pas correctement son travail – et où elle n’avait aucune envie de s’allonger ? Pourtant, elle fut immédiatement sur la défensive, mais sans hausser le ton :

-Pour ce qui est des cartes, j’ai préféré les laisser aux mains de ces messieurs. Ils ne savent de toute façon pas s’en servir, et finiront peut être comme tu le dis de la cheminé. Pour ce qui est des draps, heureusement, le baron sait fort bien les réchauffer, mieux que d’autres, je te remercie.

La pique était basse, mais Cédric l’avait cherchée. L’allusion était transparente. Mais terriblement fausse. Il ne récoltait que la monnaie de sa pièce. Elle ne lui avait rien demandé. Encore une fois… Elle avait presque l’impression qu’il s’attachait à ses pas, la suivant comme son ombre. Dans les jardins de Versailles… A cette soirée qu’il fallait mieux oublié, car retrouvé le goût de ses lèvres et son odeur l’avait bien plus chamboulée qu’elle ne pouvait se le permettre… Et encore maintenant. Cette impression n’était pourtant pas désagréable, du moins pas s’il s’agissait de Cédric. Elle refoula cette pensée immédiatement. Elle était montée bien trop haut, se sortant seule de la boue dans laquelle il l’avait laissée puis oubliée.

-Rentre, tu vas attraper froid …


« Que t’importe ? Songea-t-elle. Laisse-moi ! Nous n’avons plus rien à nous dire… »

Pourtant elle s’exécuta sans rien dire, faisant demi tour, elle se plaça de l’autre côté du cheval, proche et en même temps inaccessible. Ils marchèrent tous deux jusqu’à l’entrée de cette espèce de ruine déprimante. Un page se précipita pour prendre la bride du cheval de Cédric. Isabelle prit les devants et monta les quelques marches du porche, entendant le bruit des bottes de Cédric dans son dos. Elle s’apprêtait à retourner dans sa chambre, pourtant la curiosité la fit rester. Elle écouta Cédric décrire la raison de sa présence à l’aide de camp apparut à sa rencontre. Il fallait dire que l’uniforme lui allait plutôt bien, maintenant qu’ils étaient à la lumière des chandelles.

-Je regrette, Comte, mais je crains que monsieur le Baron ne se soit endormit…

-Dans ce cas, réveillez-le, rétorqua Isabelle, tendant sa cape à Antoinette qui venait d’apparaître à son tour.

La femme de chambre semblait très bien se rappeler de Cédric, car elle resta interdite un bref instant, avant de jeter un regard inquiet et interrogateur à sa maîtresse, qui lui répondit par une indifférence totale. Antoinette se retira immédiatement, songeant sans doute à par elle que c’était la seconde mauvaise idée de ce séjour – après avoir eut l’idée de venir ici – que de rester dans les parages de cet homme qui avait laissé sa cadette de deux ans dans un état de désespoir qu’elle n’aurait jamais pu croire. Pourtant, devant le manque de réaction de sa maîtresse, la camériste n’avait qu’à s’incliner.

-C’est que, madame, reprit l’aide de camp, le sommeil n’est pas… totalement naturel.

Isabelle eut un léger sourire. Ces messieurs n’avaient pas lésiné sur leurs verres consciencieusement remplis.

-Le vin, j’imagine ? Eh bien que monsieur le comte vous remette cette missive. Est-elle à ce point confidentiel qu’elle se doive d’être remise en main propre au baron ?

Isabelle défia Cédric du regard. Pour qu’il dise oui ou qu’il dise non ? Elle-même ne le savait pas vraiment. Elle cherchait simplement à pimenter le jeu. La réponse ne se fit pas attendre. Evidemment, il devait la lui remettre en personne…

-Alors, monsieur de Gan, vous voici contraint à attendre en ma compagnie.

Elle tourna les talons, et prit le chemin d’un petit boudoir qu’elle avait repéré à son arrivé et qui avait été mis à sa disposition. Elle n’avait pas vu l’utilité de l’endroit. Du moins pas jusque-là. En chemin, elle croisa le valet à qui elle avait donné la mission du remplissage des verres. Il portait sur un plateau un carafon en cristal dont il restait un petit tiers, et les rares verres encore propres restant du diner. Isabelle saisit deux d’entre eux et la bouteille, avant d’adresser un clin d’œil au valet.

-Vous ne m’avez pas vue, lui chuchota-t-elle.

-Madame est montée se coucher il y a bien longtemps de ça, répondit l’homme.

Isabelle lui sourit, et quelques pas plus tard, ouvrit la porte du petit boudoir, avant d’esquisser une courbette à Cédric :

-Si Monsieur le comte veut bien se donner la peine…

Elle entra à sa suite et referma la porte derrière eux. La joute des piques allait sans nul doute continuer…

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   14.07.15 17:37

Je suis pleine de surprises.

C'était peu le cas de le dire ! Cédric n'aurait pas pensé, il y a tout au plus une heure au camp, qu'il la reverrait. Isabelle se montrait quand on l'attendait le moins, ce qui rendait la surprise plus grande et surprenait davantage le truand, qui ne s'habituait pas au retour de la jeune femme dans sa vie. Mettre une croix sur la belle et continuer sa vie, cela aurait été bien plus facile. Mais non, Isabelle revenait sans cesse, et sans savoir vraiment pourquoi, il avait cet irrésistible besoin de s'approcher d'elle, de lui parler, même si c'est pour être insultant, et de la regarder. Une dizaine d'années avaient passé et la jeune demoiselle romantique avait laissé place à cette dame froide, au regard noir et à la réplique cinglante. Et le pire dans tout ça, c'est que ça lui allait bien. Alors pourquoi s'arrêter dans ce jeu stupide de la provocation ? Cédric s'en donnait presque à cœur joie, juste pour voir la répartie de la brune à ses côtés, et il avait touché juste.

Pour ce qui est des draps, heureusement, le baron sait fort bien les réchauffer, mieux que d’autres, je te remercie.
Il doit les faire brûler, entre l'alcool et l'ardeur. Surtout l'alcool.

Il pouvait continuer ainsi très longtemps, cela l'amusait suffisamment. Mais le but n'était pas de la mettre en colère, alors il fallait doser ses paroles, ce qui n'était pas chose facile. Alors cette fois, il décida de se taire, il serait trop bête de transformer ce moment amusant en conflit. Surtout que la pique repiquée lui était directement attribuée, mais Portau n'en avait cure, il ne prenait pas ce genre de menaces au sérieux, c'était juste du dent pour dent.

Et tous deux avancèrent jusqu'à la demeure, chacun du côté de la monture. L'air droit, marchant d'un pas déterminé, Cédric se disait qu'il ferait mieux de partir vite, l'idée de venir jusqu'ici était bien mauvaise et il ne comprenait toujours pas il avait été aussi pressé de la revoir. Elle l'avait laissée croupir au fond des Pyrénées et puis essayé de le tuer ! Certains étaient mort pour beaucoup moins que cela. Mais avant que son esprit ne divague, un page survint devant eux pour prendre la monture en charge, pendant qu'Isabelle montait déjà les marches et Portau à sa suite. Porter la missive et partir, voilà tout ce qu'il devait faire, cela ne prendrait que quelques minutes, surtout qu'on gelait presque plus dans le couloir qu'à l'extérieur. Voir le baron, donner le mot et s'en aller, retrouver le campement et se dire qu'il avait été idiot. Seulement voilà, le baron dormait, et apparemment bien profondément. Le vin l'avait assommé, ce qui était stupide quand une courtisane de la trempe d'Isabelle attendait dans la pièce d'à côté. Mais chacun semblait avoir ses priorités.

Le vin, j’imagine ? Eh bien que monsieur le comte vous remette cette missive. Est-elle à ce point confidentiel qu’elle se doive d’être remise en main propre au baron ?
Hé bien … Ce regard de défi, il le connaissait bien, et cela balança toutes ses résolutions. Par défi bien sûr. Il se tourna vers le page. On m'a bien dit de lui remettre directement. Je ne sais pas ce que c'est mais les règles sont les règles.
Alors, monsieur de Gan, vous voici contraint à attendre en ma compagnie.

Il ne dit rien et hocha juste de la tête par politesse, un très fin sourire fut esquissé au coin des lèvres. Cédric ne bougeait pas de sa place, attendit par politesse qu'on l'invite quelques part. Dans cette maison, et comme dans beaucoup d'endroits d'ailleurs, il n'était rien, seulement un soldat, un messager dans une grande demeure où se trouvait un restant de luxe, une poignée de nobles se vautrant dans le luxe et la luxure, et cette femme qu'il ne pourrait plus jamais s'offrir. Cette dernière réapparut avec un restant de vin et deux verres avant de l'inviter à entrer dans une jolie pièce, si on enlève la peinture décrépie au plafond et sur un pan de mur, avec ses meubles confortables et presque à la mode. Il s'assit dans un gros fauteuil avec un large sourire, content de goûter au confort après des semaines de camps avec la paillasse presque au sol.

Tu ne saisis pas la chance d'être ici … il regarda encore le décor … du moins au chaud. Tu aurais pu partir au front avec ton double. Où est-il sensé être d'ailleurs ?

Il faisait bien sûr référence à la couverture masculine, c'était comme ça qu'il l'avait retrouvée, sans le vouloir. Nez à nez avec ce chevalier de Louvel, un homme fin mais non sans qualités, personne ne pouvait penser qu'en dessous se cachait une femme, une poule de luxe. Deux personnalités aux antipodes … Isabelle lui servit du vin, et Cédric leva son verre vers la jeune femme avec un petit sourire.

Je pourrais presque pensé que tout était orchestré pour que je reste. Le baron endormi ivre, toi toujours éveillée, ce vin … on va dire que je suis flatté.

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   01.08.15 20:41

Ce petit jeu avait tendance à fatiguer Isabelle qui n’avait pas l’intention de répondre plus longtemps aux provocations de Cédric. Après tout, ne disait-on pas que le plus intelligent était celui qui arrêtait en premier ? La jeune femme, qui, un instant, elle devait l’admettre, avait presque – presque, n’abusons pas – été ravie de le voir en ces lieux, n’avait qu’une envie désormais, le voir les quitter. Elle avait autre chose à faire que de supporter l’ancien mousquetaire et ses sarcasmes, sans parler de ses réflexions de jaloux. Bien évidemment, elle ne lui aurait pas dit cela à voix haute, il aurait trouvé le moyen de nier, renforçant l’impression de la jeune femme. L’innocent n’aurait pourtant pas eus besoin de nier… S’il s’en défendait, c’était donc qu’il était coupable, non ? Bien qu’aucun des deux n’en avait reparlé – ils n’en avaient pas eus l’occasion – cette brève étreinte dans cette chambre où il lui avait tendue une embuscade était encore fraiche dans sa mémoire. Avait-elle ravivé des ardeurs passées ? Isabelle aurait été passée à la question qu’elle aurait refusé de l’admettre. Leurs orgueils étaient tels qu’il était impossible de penser qu’à une époque, ils étaient tout l’un pour l’autre. Dans une autre vie…

Pourtant, quand il lui avait intimé de rentrer pour ne pas prendre froid, elle l’avait fait. Pourquoi ? Bonne question. Par pure bravade, elle aurait put, aurait dut même, rester à l’extérieur, ne serait-ce que pour lui prouver une bonne fois pour toute qu’il n’avait aucun ascendant sur elle. S’eut été stupide, enfantin même. A la mesure du comportement qu’Isabelle pouvait avoir quand Cédric était dans les parages, elle qui pourtant, se targuait de savoir se maîtriser et de pouvoir se retenir d’idées stupides, ne croyant qu’aux comportements réfléchis et soupesés. Pas ce soir, visiblement. Rarement les jours où elle voyait Cédric. L’intérieur de la demeure n’était guère plus accueillant que son extérieur. Le froid ambiant s’y faisait toujours ressentir, de manière un peu plus humide, et la jeune femme n’avait qu’une hâte, celle de faire ses malles et de s’en retourner à la cour, où, certes, on s’ennuyait ferme, malgré le mal que se donnaient la reine, la favorite, Madame, et la duchesse de Longueville devenue madame  de Valois pour divertir leurs maisons respectives par leurs querelles incessantes, mais où au moins, on ne se laissait pas dépérir de froid. Isabelle se serait sans doute sentie plus concernée si le baron lui avait été d’un quelconque intérêt – même passager – mais voilà, d’intérêt, il n’était plus. S’il n’avait pas la courtoisie de se faire tuer à la guerre, il se ferait sans doute aucun renvoyé lorsqu’il reparaîtrait à la cour et qu’il viendrait lui rendre visite.

En attendant, ce fat avait eut l’idée saugrenue de s’endormir déjà. Et bien évidemment, la joute ne pouvant cesser entre Isabelle et Cédric, celui-ci avait répondu à sa provocation :

-Hé bien … On m'a bien dit de lui remettre directement. Je ne sais pas ce que c'est mais les règles sont les règles.

Isabelle rit sous cape. Evidemment. Une bouteille de vin, deux verres, et le petit salon, à peu près tenu confortablement, seraient leurs accessoires pour cette nuit qui s’annonçait longue. Pourtant, Isabelle préférait presque cela à retourner dans ces draps glacés qu’elle avait dut quitter, le sommeil ne venant pas dans cette chambre moite où le feu semblait incapable de donner le ton dès qu’on s’éloignait d’un pas de son aura. Et Isabelle n’était point assez Cendrillon, cette héroïne de Perrault, pour décider de dormir dans la cendre tiède. Elle céda le passage à Cédric et entra dans la pièce à sa suite, le laissant prendre place, alors qu’elle servait les deux verres de vin et en tendit un à Cédric.

-Tu ne saisis pas la chance d'être ici … du moins au chaud. Tu aurais pu partir au front avec ton double. Où est-il sensé être d'ailleurs ?

Elle porta un verre à ses lèvres et sourit, amusée de la question.

-Est-ce là la seule pensée qui te vient à l’esprit à l’instant ?

Elle s’installa en face de lui dans la chaise longue aux couleurs assorties, et tout autant défraichies, que celles du fauteuil où il avait prit place, avant de soupirer.

-Louvel a la bonne idée d’être parti espionner en Lorraine au service de Monsieur Colbert. Cela a l’avantage d’être un rôle que personne ne pourra lui contester en revenant de la guerre, au risque de trahir sa qualité d’espion du royaume.

Elle leva son verre en la direction de Cédric, avant de le porter à ses lèvres.

-Je pourrais presque pensé que tout était orchestré pour que je reste. Le baron endormi ivre, toi toujours éveillée, ce vin … on va dire que je suis flatté.

Un rire désabusé franchit les lèvres de la jeune femme.

-Tu peux l’être, le baron ne reçoit jamais qu’aux frais de l’armée, pingre comme il est – j’y suis sans doute pour quelque chose, ajouta-t-elle, d’un air faussement angélique, et ce vin vient pourtant de sa réserve personnel.

Voleuse ? Nul doute. Ce n’était pas la première et n’était certainement pas la dernière fois. Le silence se fit un instant. Isabelle fixa Cédric, réfléchissant intensément, brûlant de questions qu’elle n’osait lui poser. Allait-il bien ? Avait-il été blessé ? Vivait-il dans de bonnes conditions ? Mangeait-il à sa fin ? Ne souffrait-il pas trop du froid ? Toutes ces questions qu’elle avait perdu le droit de poser, si ce n’était le jour où il était parti, du moins celui où elle avait tenté, dans la panique de son retour, de le faire tuer. Autant pour se réchauffer que pour se donner du courage, elle finit son verre d’une traite et se leva pour se resservir. Se saouler lui paraissait à l’instant comme la meilleure chose qu’il pouvait lui arriver dans cette soirée qui était passée de franchement ennuyeuse à presque désagréable, pour devenir un rien pesante. Restant debout, elle s’approcha du fauteuil de Cédric, à côté duquel elle se plaça, mais de manière à regarder par la fenêtre située derrière le fauteuil. Au loin, les feus de l’armée signifiaient la présence des forces françaises et de leurs alliés. Certains auraient pu trouver cela rassurant, mais la présence de l’armée signifiait qu’ils pouvaient être attaqués à tout instant, angoissant un rien la jeune femme. Elle posa sa main sur le dossier du fauteuil, sentant le vin faire son effet, rapportant couleur et chaleur à ses joues. Reportant son attention sur Cédric, elle tenta de toujours faire bonne figure, posant ses questions de manière détournée.

-Tu n’as pas l’air trop mal, de ton côté. Un peu amaigrie peut-être… Et le sommeil te manque, à n’en pas douter. Quant à ton rasage…

Elle arrêta sa phrase en son milieu, sa main posée sur le fauteuil ayant glissé à quelques centimètres du visage de Cédric, comme pour caresser sa joue mal rasée. Il lui suffisait de déplier les doigts. Pourtant elle n’osa pas, restant ainsi, sans aller plus loin mais non plus reculer. Puis, doucement, son index se délia et effleura la joue de Cédric, et sa peau qui commençait seulement à se réchauffer à l’intérieur de la vieille demeure.

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Dernière édition par Isabelle de Saint-Amand le 28.09.15 12:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   27.09.15 23:22

Est-ce là la seule pensée qui te vient à l’esprit à l’instant ?

A dire vrai, il en avait d'autres … Mais ce fut la plus pertinente à dire à haute voix en cet instant. Et puis après tout, c'était sous le traits de son double masculin qu'il l'avait retrouvée, par hasard dans Paris. Autant demander de ses nouvelles, savoir quelle ruse Isabelle avait trouvé pour coller à la réalité. Le coup de l'espion, bien pensé, Cédric hocha de la tête en signe d'approbation de cette idée bien tournée, où personne ne pourrait le contester car une affaire de cette importance requérait une grande discrétion. Et comme personne n'irait interroger Colbert sur ses espions … Elle lui semblait bien loin la jeune fille qu'il serrait dans ses bras, presque fragile dans certains instants. La femme devant lui, qui levait son verre avant de boire, avait bien plus d'assurance, ce qui n'était pas déplaisant. Alors qu'il levait son verre aussi, Cédric savait que lui aussi avait bien changé, il n'était plus le jeune homme pleins de rêves de devenir un mousquetaire aguerri. Son lui de passé serait sans doute effrayé de savoir qu'il deviendrait un mercenaire sans aucune peur de la mort, à s'être allié au cousin du roi de France pour renverser Louis XIV de sont trône. Comme quoi, tout le monde peut changer.

Pendant ce temps là, la conversation prenait un tournant amusé de la situation, eux tous deux dans un manoir, à boire aux frais d'un baron endormi à quelques pas de là.

Tu peux l’être, le baron ne reçoit jamais qu’aux frais de l’armée, pingre comme il est – j’y suis sans doute pour quelque chose, et ce vin vient pourtant de sa réserve personnel.
Comme quoi les radins peuvent avoir bon goût, lâcha t'il avant de boire une autre gorgée.

Parlait-il du vin ou de la fille ? Un peu des deux. Le vin n'était pas trop fort en bouche, assez délicat pour être apprécié par des palais avertis, ce que n'était pas Cédric mais cela ne l'empêchait pas d'en aimé le goût. Quant à la fille … Non, il ne voulait pas y penser. Les souvenirs de cette tentative d'assassinat, de cette colère lorsqu'il l'avait trouvée après cela, puis le désir à cette soirée masquée … Tout un tas de sentiments mélangés qu'il n'arrivait pas à canaliser, ni mettre de côté. Sans vouloir paraître prétentieux, Cédric avait connu de nombreuses femmes, très souvent de passage, aucune n'avait eu autant d'importance qu'Isabelle à l'époque. La seule qui pourrait s'approcher de cela serait sans conteste Marie-Louise de Chevreuse, mais encore, c'était dans une veine différente, plus machiavélique.
Pendant que cela tournait dans sa tête, dans le silence de la pièce, le bruit du tissu d'Isabelle et ses pas résonnèrent comme jamais pendant qu'elle avançait à ses côtés, lui ne la quittait pas des yeux, sans pour autant lever la tête, mais difficile de ne pas la regarder dans la grâce de ses déplacements. Elle se tenait près de lui, le regard tourné vers la fenêtre derrière lui. Ils ne regardaient pas dans le même sens mais se trouvaient bien plus proches que la bienséance le voulait, il n'avait même pas besoin de tendre le bras s'il voulait attraper sa main, juste à le lever.

Tu n’as pas l’air trop mal, de ton côté. Un peu amaigri peut-être… Et le sommeil te manque, à n’en pas douter. Quant à ton rasage…
Qu'a t'il, mon rasage ?

C'est tout ce qu'il put répondre, sentant la main de la jeune femme proche de lui, il suffisait d'un geste. Pendant de très longues secondes, le temps fut suspendu, le touchera t'elle ou le touchera t'elle pas ? Comme rarement, Portau sentait son cœur battre plus fort, il avait chaud, même si la pièce n'était pas des plus chauffée et … soudain le contact. Son cœur rata un battement, elle avait osé. Que faire ? Continuer de parler comme si de rien n'était ou saisir une occasion ? Par prudence, lui qui choisissait rarement cette solution, Cédric préféra la première.

Je pensais que la guerre ne serait pas plus difficile que mon quotidien parisien, côtoyer la mort, ce n'est rien. J'avais tort. On va dire que ce soir, c'est une parenthèse. Une vraie demeure, du bon vin … même ta compagnie en devient plaisante …

Sans même y réfléchir, comme toujours quand il s'agit d'Isabelle, il porta la main à la sienne et la caressa délicatement, sans dire un mot.

Sans doute avaient-ils l'air stupides d'un point de vue extérieur, mais c'était sans doute la plus grande avancée depuis qu'ils s'étaient revus. Vu leur passé commun et leurs parcours en solo, montrer leurs sentiments n'étaient pas ce qu'ils faisaient au quotidien, au contraire même. Enfin, il leva la tête vers Isabelle, la regardant dans toute sa hauteur, et en même temps dans une certaine vulnérabilité.

Tu ne devrais pas rester ici. Retourne à Paris dés que tu peux, tu y seras bien mieux. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer ici.

Et pour une fois, ce n'était pas une menace …

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   06.10.15 21:50

Cela paraissait presque irréel. Elle, Cédric, dans la même pièce, seuls, dans un endroit aussi désolé, à des centaines de lieues de Versailles, et pourtant, c’était bien le cas. Entre le calme du dehors et celui de l’intérieur de cette ruine, ils auraient presque cru être seuls au monde. Seule, au loin, la lueur des feus du camp français, attestait d’un signe de vie à la ronde. La nuit, tout est permit, ou presque. Espérer ? Espérer quoi ? Tout effacer et revenir en arrière ? C’était impossible, ils portaient tout deux trop de cicatrices, et quand bien même elle l’aurait voulu, Cédric aurait-il envisagé la même option ? Elle en doutait fortement. Revoir Cédric la ramenait à chaque fois à la jeune femme désespérément naïve et insupportablement fleur bleue qu’elle avait été. Cela lui ouvrait le champ des possibles, des « et si… ». Et s’il n’était pas parti, s’il lui avait écrit, répondu à cette lettre désespérée qu’elle avait fini par lui écrire, oubliant cet orgueil qu’elle n’avait pas tant encore à l’époque, si elle avait attendu encore quelques semaines… Trop de possibilités et de choses qui n’avaient pas été. Dire qu’elle était heureuse dans sa vie actuelle aurait été une hyperbole. Mais tout était à peu près stable avant que Cédric ne revienne. Trop de questions, qui l’avait fait réagir de manière totalement démesurée, elle le savait bien maintenant. C’était la seule solution qu’elle avait trouvée pour se protéger, et avait faillit payer de sa vie l’incompétence d’un imbécile, qui ne vivait plus pour le regretter.

La situation devait être cocasse d’un point de vue extérieur. Les deux anciens amants en tête à tête, dans cette pièce, après des années de silence et des retrouvailles… ombrageuses – le terme était faible. Et pourtant cela ne semblait presque pas les perturber. Presque, toute la nuance du monde était contenue dans ce petit mot, quelques lettres tout au plus. Cela donnait envie d’essayer de nouvelles choses. A moins que cela soit l’alcool, dont la jeune femme avait déjà abusé pour tromper son ennui lors de la soirée, alors que ces messieurs les officiers jouaient aux cartes et qu’elle avait refusé de jouer pour ne pas mettre sa couverture en danger. L’alcool excusait bien des choses, il avait bon dos. Se serait sans doute lui qu’Isabelle accuserait le lendemain, après avoir été aussi proche de Cédric, et d’avoir, ô folie, osé lui caresser la joue du bout des doigts. Mais il ne s’était pas défilé, ne l’avait pas repoussée, n’avait pas cherché à esquiver le contact. Isabelle se tenait toujours à son côté, et n’avait pas retiré sa main. A quoi bon ? Nier que cela s’était passé, comme lors de ce bal masqué ? Inutile. Ils n’avaient pas l’excuse des masques et de l’obscurité cette fois-ci. Elle avait ignoré la réplique sur son rasage. Cela lui allait plutôt bien, à vrai dire, ce côté négligé. Il avait quelque chose d’attirant, comme, à l’époque, son côté premier de la classe impeccable dans son uniforme des mousquetaires du roi. Mais quelque chose de plus sauvage et de plus dangereux. Cela faisait-il écho au propre changement d’Isabelle ?

-Qu'a t'il, mon rasage ?

Elle hésita à répondre, puis décida de ne pas le faire. Après tout, elle n’aurait pas su elle-même ce qu’elle voulait dire par là, et n’avait pas envie de briser cette entende cordiale – le terme était sans doute un peu faible – qui venait de s’installer entre eux. Ses doigts s’attardèrent quelques secondes sur la joue de Cédric, avant qu’elle ne laisse sa main retomber sur son épaule, proche, mais pas autant qu’elle ne l’avait été. Elle détourna de nouveau le regard qu’elle avait fixé un instant sur son geste vers la plaine plongée dans l’obscurité, alors que Cédric reprenait, d’une voix étrangement … mélancolique ?

-Je pensais que la guerre ne serait pas plus difficile que mon quotidien parisien, côtoyer la mort, ce n'est rien. J'avais tort. On va dire que ce soir, c'est une parenthèse. Une vraie demeure, du bon vin … même ta compagnie en devient plaisante …

Elle allait rire, et répondre quelque chose de mordant, quand, à la place, un frisson la parcourue. Elle sentit les doigts de Cédric contre sa paume, l’effleurant, sans rien dire de plus, dans le silence qui s’installa entre eux mais qui, depuis la première fois depuis leurs retrouvailles, n’était pas froid, bien au contraire. Cela dura quelques instants, et remua tant de souvenirs que les yeux d’Isabelle se voilèrent un instant de quelques larmes, celles de la jeune fille follement avait été, mais larmes vites ravalées qui ne laissaient là que des yeux brillants bien plus qu’à l’accoutumée. Yeux qu’elle tourna vers Cédric, toujours assis, qui la regardait intensément.

-Tu ne devrais pas rester ici. Retourne à Paris dés que tu peux, tu y seras bien mieux. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer ici.

Pas de menace dans sa voie, au contraire. De l’inquiétude ? Etait-ce possible ? Elle avait du mal à y croire. Mais elle se contenta de hausser les épaules, sans fuir son regard.

-Ne t’inquiète pas, ce sera chose faite dans quelques jours tout au plus. Je n’ai pas l’intention de rester ici une minute de plus. Ni de rester plus longtemps avec le baron…

Ces derniers mots lui avaient échappés. Cela ne le regardait pas, elle était vulnérable ce soir là… Mais c’était bien la vérité. Ni le baron, ni plus aucun autre, ou du moins plus autant, ni aussi longtemps. Elle en avait assez de cette vie. Sa peur panique de se retrouver à nouveau dans le ruisseau lui était passée, elle avait assez d’argent désormais, et des projets, à commencer par remettre sur pied le château familial. Elle songeait même à enterrer Louvel à jamais. Sans doute ne se marierait-elle pas, elle était considérée comme trop âgée désormais, et sa réputation n’aidait pas, à part peut être un coureur de dote qu’elle éloignerait sans ménagement. Des projets qui pouvaient se concrétiser, même si elle restait seule. Mais seule, ce soir, elle ne l’était pas.

-Tu pourrais venir avec moi… laissa-t-elle aller.

C’était une proposition idiote, elle le savait, ressemblant fort à ces plans qu’ils faisaient plus jeunes pour disparaître aux yeux du père de Cédric qui n’aurait sans doute jamais trouvé Isabelle assez bien pour son fils. A peine cette phrase sortie, elle la trouva ridicule et niaise, deux choses qu’elle n’était plus depuis longtemps. Et elle ne voulait pas l’entendre le dire, aussi posa-t-elle un doigt sur les lèvres de l’officier.

-Chut, ne répond pas. C’est idiot.

Elle aurait aimé l’interroger, savoir pourquoi il ne lui avait jamais écrit, ce qu’il avait fait toutes ces années… Mais elle n’osa pas. Ca aurait brisé le charme, et donné une discussion bien trop sérieuse, dans ce cadre qui ne l’était pas moins. De son doigt sur ses lèvres, sa main glissa sur sa joue, dans un contact beaucoup plus profond que celui qu’ils avaient eut jusque-là. Isabelle se pencha vers lui, lentement, attirée comme un aimant, et déposa ses lèvres sur les siennes. En oubliant totalement où et qui ils étaient.


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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   21.02.16 20:01

Que s'était-il passé ? Depuis que Cédric avait retrouvé la belle brune, les choses ont évolué à une vitesse folle : tout d'abord la surprise, puis les reproches, une tentative d'assassinat, une violente dispute, puis des moqueries à peine voilées avant de s'embrasser masqués, et aujourd'hui … après l'ironie, place à une certaine inquiétude. Oui, il s'inquiétait pour elle, lui le solitaire, le sans cœur, la Mort pour certaines personnes, qui ne craignaient pas la grande Faucheuse car il en était son bras droit, le voilà à avoir peur pour une personne, à vouloir la protéger. Rester si près du front pouvait s'avérer dangereux, on ne savait pas si les ennemis d'en face avaient de nouvelles ressources, combien de temps ce combat allait durer. Puis un boulet de canon perdu arrivait si vite … Un jour, ce genre de boulets tomberaient du ciel par des ennemis comme les germaniques d'en face et tueraient des populations civiles, comme à Londres par exemple. Il ne pouvait pas imaginer qu'Isabelle puisse mourir dans de tragiques conditions. Qu'elle puisse mourir tout court même.

Et cette crainte, il la formula à voix haute, demandant à Isabelle de partir d'ici au plus vite. Malgré leur proximité en ce instant, elle aurait pu l'envoyer paître, même lui mettre une gifle, refusant de se laisser dicter sa conduite par lui. Mais non, la brune longiligne allait dans son sens.

Ne t’inquiète pas, ce sera chose faite dans quelques jours tout au plus. Je n’ai pas l’intention de rester ici une minute de plus. Ni de rester plus longtemps avec le baron…
Tu as bien raison, et puis il paraît que tout le plaisir de l'amour est dans le changement. Mais il n'avait plus l'âme à la plaisanterie. Tu seras plus en sécurité à Paris et … mais elle le coupa
Tu pourrais venir avec moi…

Il la fixa un long moment, interdit. Avait-il bien entendu ? Elle lui parlait de quitter le baron, lui proposait de partir, quel changement vraiment ! Il aurait bien plusieurs réponses, et allait en donner une quand Isabelle posa doucement son doigt sur la bouche du mercenaire.

Chut, ne répond pas. C’est idiot.

Continuant de la fixer, il ressentait trop d'émotions dans ce corps habitué au froid et à la mort. Pourtant des filles, après Isabelle, il en avait connu quelques unes, avait vécu des nuits délicieuses, mais cette douce main sur sa joue lui procura plus de sensation que jamais. Alors quand elle s'approcha pour l'embrasser, Cédric se laissa faire et après un instant d'hésitation, répondit à son baiser avec plus de tendresse qu'il ne pouvait s'imaginer. Drôle de sensation que de repartir presque dix ans en arrière, à l'époque de leurs amours clandestines, où ils faisaient des plans sur la comète, à s'imaginer ensemble. Ses mains cherchèrent son corps et lorsqu'il trouva sa taille, l'enserra pour la faire basculer sur lui, sur le fauteuil. Dans cette intimité si familière et à la fois toute nouvelle, les deux pouvaient se laisser aller à  ce feu qui ranimait leurs cœurs trop longtemps oubliés au profit de calculs politiques et financiers. Il n'y avait plus de courtisane et mercenaire, mais juste Cédric et Isabelle, deux personnes à l'aube de la trentaine, qui redécouvraient l'amour …

Ce baiser et ces quelques caresses chastes durèrent de longues minutes, en oubliant où ils étaient, et le danger si proche au dehors. Avec grande peine, le jeune homme détacha ses lèvres de celles de sa belle, et la fixa intensément. Il la trouvait plus belle encore, sans savoir pourquoi. Il paraîtrait que le cœur à ses raisons que la raison ignore … Il lui passa doucement la main dans ses cheveux, puis rompit ce long silence.

Je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe là … La dernière fois qu'il s'est passé ça, je ne t'ai plus revu, j'ai perdu jusqu'à l'envie de poursuivre la vie. Et voilà qu'aujourd'hui, ça recommence. Où étais tu toutes ces années, Isabelle ?

La question était lancée comme un pavé dans la mare. Après tout, aucun des deux ne savait la véritable histoire. Cédric avait écrit ardemment à sa belle pour lui raconter que son père l'avait ramené dans leur domaine des Pyrénées, plusieurs autres lettres avaient suivi, toutes sans réponse. Qui aurait pu croire que son père interceptait son courrier ? Aucun n'y avait pensé.

Mais pas vraiment le temps de discuter, un bruit se fit entendre dans une pièce adjacente. Le baron avait tenté de se lever et était tombé, en même temps que quelques verres donnant ce bruit de fracas. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir, le valet courant vers son maître. Ca y est le charme était rompu une nouvelle fois. Il fallait se séparer …

Je ne devrais pas rester là … sauf si tu as une idée.

Le solution la plus intelligente serait de laisser le mot pour le baron à Isabelle, partir par une porte arrière ou la fenêtre et rejoindre le campement. Mais rester avec la belle serait bien plus agréable, si cela était possible bien sûr …

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   22.03.16 23:04

Isabelle détestait son cœur autant qu'elle détestait sa raison. Elle s'était jurée jadis de ne plus jamais dépendre de personne, d'être libre, à sa manière, bien qu'enfermée dans les carcans de la cour de France, et surtout, surtout, de ne plus jamais tomber amoureuse. Hors, le premier battait véritablement plus vite en présence de Cédric de Portau. D'abord par haine et ressentiment en le voyant reparaître dans sa vie, désormais plus à l'écho des sentiments passés. Dix ans. Avait-elle jamais cessé de l'aimer, ou s'était-elle contentée de s'en persuader? Mystère... elle-même n'arrivait pas à connaître la réponse. Sa raison, elle, lui disait qu'elle était bien folle d'oser, dans ce pavillon à demi en ruine, en présence d'une parti de l'Etat Major français, et notamment son amant du moment qu'elle exécrait pourtant, se laisser aller dans les bras d'un autre qui n'avait rien à lui offrir et ne lui proposait rien. Rien de plus que ce qu'il lui promettait il y a dix ans, peut être même moins. Mais, comme dix ans auparavant, elle aurait été prête à tout laisser, là, sur un coup de tête, pour le suivre, à Paris, comme elle l'avait suggéré, ou même ailleurs, loin de tout ceci, et qu'on les laisse enfin en paix. Doux rêve, comme à l'époque. Douces illusions perdues avec leur innocence, sans doute. Laissées et lassées de et par l'inconstance de la jeunesse. Il ne lui avait jamais écrit, n'avait pas même répondu à ses lettres. Et pourtant il était là et c'était comme une parenthèse qui se refermait.

Elle avait cédé à son instinct et à son désir en se penchant vers Cédric pour déposer un baiser sur ses lèvres. Cela aurait pu ne mener à rien, cela aurait du ne mener à rien. Cela n'aurait même pas dus arriver. Pourtant, Cédric d'abord surpris sans doute, répondit pourtant rapidement, sa main passant le long de la taille de la jeune femme et la faisant basculer sur ses genoux. Il n'y avait plus ni joute, ni pique. Rien que cette impression, alors que dehors, il faisait froid et humide, que la mort rodait, et qu'il fallait faire au plus vite ce qu'on avait hésité à faire jusque-là pour ne pas avoir de regrets. Isabelle étouffa un cri de surprise contre les lèvres de Cédric en le sentant l'attirer à lui, mais une fois sur ses genoux, blottie contre lui, chose ô combien inattendue, elle n'aurait voulu être nulle part ailleurs. Elle l'avait voulu mort, elle aurait même adoré appuyer elle-même sur la détente. Il avait voulu se venger, et puis, ils en étaient là. C'était à ne plus rien y comprendre pour qui ignorait que jadis, ils avaient faillit tout fuir, du moment qu'ils auraient été ensembles. Isabelle aurait même pu être prête à embarquer pour la Nouvelle France s'il le lui avait demandé. Impression fugace d'être passée à côté de sa vie, une vie simple, différente. Il n'était peut être pas trop tard pour recommencer? A n'importe qui d'autre, Isabelle aurait mit une gifle, lui reprochant d'être horriblement naïve. Mais elle n'arrivait plus à se raisonner. Tout paraissait possible...

Isabelle le laissa cesser le baiser, alors qu'il lui caressait la joue et lui passait la main dans les cheveux. Tout ceci paraissait si irréel... C'était impossible. Cette situation ne correspondait à aucun des deux. Cédric passa sa main dans les cheveux de la jeune femme, dans un geste qui lui parut douloureusement lointain et familier à la fois. Il l'attirait toujours autant, et plonger son regard dans ses yeux bleus - étrange reflet des siens - lui rappelait tant de souvenir... Elle craignait toujours de s'y noyer. Le temps l'avait affecté lui aussi, mais lui donnant une assurance qui la chamboulait. Un sentiment de danger, d'être prêt à tout...

-Je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe là … La dernière fois qu'il s'est passé ça, je ne t'ai plus revu, j'ai perdu jusqu'à l'envie de poursuivre la vie. Et voilà qu'aujourd'hui, ça recommence. Où étais tu toutes ces années, Isabelle ?


Isabelle détourna les yeux, fuyant le contact de cette main qu'elle recherchait encore quelques secondes auparavant. Ces mots résonnaient trop durement en elle. Pourquoi avait-il fallut qu'il appui là où ça faisait mal, maintenant, alors que, dans quelques heures, lorsque le soleil se lèverait, tout ceci n'aurait plus d'existence, et ne pourrait même pas être un souvenir. Si le corset de sa robe et ses jambes coincées sur l'accoudoir n'avaient entravé ses mouvements, elle se serait sans doute levée pour s'éloigner et remettre une distance entre eux qu'elle avait volontairement brisée. Elle se mordit les lèvres, avant d'affronter son regard, redevenue plus ferme, plus déterminée:

-J'étais là où tu m'as laissée. Je n'avais pas bougée...

Leur début d'explication cessa avant même d'avoir véritablement commencé. On entendait des voix et des chaises racler le sol, accompagnées de pas lourds, dans la pièce voisine. Ces messieurs se réveillaient. Isabelle fronça les sourcils. Il ne manquait plus que ça...

-Je ne devrais pas rester là … sauf si tu as une idée.

La réflexion était sensée. Mais Isabelle n'avait pas la moindre envie de laisser le comte s'en aller ainsi.

-Aides-moi, intima-t-elle, faisant un effort pour se lever.

Elle maudissait à la fois sa tenue, la mode, et les fauteuils vétustes qui entravaient les mouvements. Avec l'aide de Cédric, elle réussit à se remettre sur ses pieds, et lissa rapidement coiffure et cheveux. Elle jeta un bref coup d'oeil à son reflet dans les vitres sales de la salle, avant de se diriger vers la porte. Au moment de sortir, elle retourna vers Cédric et tendit la main:

-Donne-moi la lettre. Et attends moi là, je reviens.

Se saisissant du bout de papier, elle quitta la pièce quelques instants, au moment où le baron et ses hommes claudiquaient et titubaient jusqu'aux escaliers.

-Ah, ma mie, vous voic...

-Non, vous ne m'aurez pas ainsi. Vous et vos hommes êtes une disgrâce pour l'armée de notre roi. Je ne manquerai pas d'en faire état à la Reine en rentrant à Versailles, vous pouvez m'en croire.


Le coup de la maîtresse délaissée fonctionnait à chaque foi. Question de pratique. La moue de douleur du baron était claire: il avait déjà mal au crâne, il ne ferait pas le difficile.

-En attendant, sachez, monsieur, que je ne suis pas votre postière. Et puisque vous me préférez le jeu et la boisson, allez donc cuver votre vin et votre dette de jeu, seul, et il est inutile d'attendre que je vous rejoigne, ou de tenter de me rejoindre! Je serai partie à l'aube.

-Mais, ma douce...

Isabelle était déjà partie, tournant les talons après lui avoir jeté le pli transporté par Cédric au visage. Elle entra à la volée dans le salon où elle avait laissé Cédric et claqua la porte derrière elle, avant d'y coller son oreille, faisant signe au comte de Gan de rester silencieux. Il y eut des bruits de pas, de voix, et puis finalement, tout ce petit monde se dirigea vers les escaliers. Par précaution, Isabelle attendit de longues minutes, avant de se saisir d'un chandelier allumé, et de prendre Cédric par la main.

-Tu parlais d'une autre idée, non?

Discrètement, mais rapidement, elle l'entraina vers sa chambre à l'étage que le baron n'aurait jamais songé à forcer, avant de refermer la porte à clef derrière eux pour être certains que personne ne braverait la porte. Une fois en sécurité, Isabelle se jeta au coup de Cédric et l'embrassa désespérément. Après tout, le lendemain, elle serait de nouveau sur les routes de Versailles, et tout ceci ne serait qu'un souvenir, ou un rêve, allez savoir...

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MessageSujet: Re: « What are we waiting for ? » ♤ Cédric   26.08.16 21:14

Peut être était-ce cela l'amour ? Se chercher, se fuir, s'embrasser, s’entre tuer, se pourrir la vie pour finalement s'embrasser à nouveau. A part Isabelle, jamais le mercenaire n'avait connu l'amour. Persuadé qu'elle l'avait laissée tomber alors qu'il partait pour la Gascogne, il lui avait écrit sans jamais avoir de réponse. Il lui en avait voulu avec une certaine violence, au point de ne plus rien ressentir et de fermer son cœur. Du moins, c'est ce qu'il avait cru durant ces dix années. Quand son cœur aurait-il pu s'imposer alors qu'il jouait les hommes de l'ombre du Valois, qu'il ne jurait que par cette cause, peu importe ce qui se mettait en travers du chemin. Puis comme il avait un don pour tuer, il avait aussi fait carrière dans le crime. La mort était un business sans fin, toujours une personne pour tuer un rival, un parent, un ancien amant, … Sans être riche, il avait gagné un peu sa vie. Au milieu de la mort, il n'y avait pas de place pour l'amour.

Alors que faisait-il là, assis sur ce fauteuil, Isabelle dans ses bras et contre sa bouche ? Il n'en savait rien, ce cœur endormi avait retrouvé vie auprès de celle qui le faisait battre. Et dix ans après, elle était toujours aussi belle, beaucoup plus femme et sûre d'elle, et pourtant ses baisers avaient toujours le même goût, et sa peau était si familière. Quand il la regardait, il se plongeait toujours dans ses immenses yeux bleus. Dans ce silence, ils étaient biens, parler aurait peut être été de trop. D'ailleurs, quand Cédric posa la question qui lui brûlait les lèvres, il vit un changement dans l'attitude de la jeune femme, à fuir sa caresse, détourner son regard. L'environnement devint un peu plus lourd, un malaise planait. Il avait envie de savoir pourquoi, autant profiter de cette intimité, qui sait demain où il sera …

J'étais là où tu m'as laissée. Je n'avais pas bougé …

Il fronça les sourcils, cette réponse restait trop vague. Si elle était restée à Paris, à la même adresse, alors pourquoi n'avoir pas répondu aux nombreuses lettres ? Mais cette conversation devra être remise à plus tard, si Cédric revenait vivant du front bien entendu, car du bruit se faisait entendre dans le couloir. Il aurait du partir, cela aurait pu se finir ainsi, mais après avoir aidé Isabelle à se relever, lui tendit la lettre comme elle lui avait demandé et attendit là, debout, seul dans ce salon un bien trop classe pour un homme de son rang, et en même temps, en y regardant bien, on voyait que l'endroit n'était pas soigné, rongé par l'humidité à certains de pans. Il entendit la baron, puis Isabelle parler sans comprendre ce qu'il se passait. Pourquoi devait-il rester ? Il s'approcha un peu vers la fenêtre, prêt à partir, sait on jamais, comme un voleur.

Puis elle revint et claqua la porte, avant de coller son oreille à la porte. Il l'observait, intrigué, et pourtant restait silencieux comme elle lui avait demandé d'un geste de la main. En écoutant bien, on entendit râler puis monter les escaliers. Sans doute le baron accusait le coup d'un trop de vin et de faire ceinture ce soir. Autant de raison de se coucher seul et de ronfler comme un saoulard … Elle prit le chandelier allumé et lui saisit la main.

Tu parlais d'une autre idée, non?

Ils se comprirent dans un demi-sourire. Isabelle avait renvoyé son amant pour un autre, et tous deux se dirigèrent sans bruit jusqu'à la chambre de la belle. Après avoir fermé à clé, elle se jeta dans ses bras, et il l'accueillit avec tendresse. On aurait pu croire qu'ils s'étaient quittés il y a un mois, pour un des entraînements de Cédric chez les mousquetaires, et qu'ils se retrouvaient. Pourtant, dix années étaient passées … Il la serra contre lui comme si elle pouvait lui échapper d'un instant à l'autre et l'embrassa encore et encore, pour rattraper le temps perdu. Une nuit ne serait jamais assez mais il voulait en profiter jusqu'au bout.

Tu m'as tellement manqué …

Ce murmure était la confession la plus sincère qu'il a pu faire de sa vie, il n'était lui-même qu'avec cette femme à ses côtés, qu'il continuait d'embrasser, avant de lui enlever les nombreuses couches de vêtements qu'une femme de qualité revêtait pour avoir l'air convenable, pour l’étreindre encore plus près de lui, peau contre peau.

Cette nuit là, il y eut peu de mots échangés, on ne voulait plus parler ou se remémorer des souvenirs, répondre à des pourquoi et provoquer une dispute. Non, ce soir, ces deux là voulaient revivre dans leurs étreintes, des sensations qu'ils ne pensaient plus jamais connaître. Une fureur de vivre et d'aimer comme on en voit rarement. Même l'un contre l'autre dans ce lit, il suffisait d'entendre le souffle et sentir le cœur de l'autre battre pour être satisfait, avant de sombrer dans un profond sommeil.

Il faisait encore nuit lorsque de Cédric ouvrit les yeux, pas un filtre de lumière ne passaient au travers des rideaux. A côté de lui, Isabelle dormait à poing fermé, ses cheveux bruns en cascade sur l'oreiller. Il la contempla quelques instants avant de décider à se lever et se rhabiller. La parenthèse enchantée était terminée, place au quotidien, et retour à l'armée. Mais ne voulant pas partir comme un voleur, il avisa un petit écritoire pour laisser un bref mot, il n'était pas vraiment doué pour les grandes lettres.

Isabelle,

J'espère que le destin ne mettra pas dix années avant de nous retrouver. Prends soin de toi à Paris et, je t'en prie, pleure moi si je ne reviens pas, je saurais au moins que je manquerais à quelqu'un. Je pars le cœur lourd, mais l'esprit envahi par ce moment de bonheur que tu sais toujours créer.

A bientôt,

C.

Puis il dévérouilla doucement la porte et referma, il entendit ronfler dans la chambre du baron, et descendit les escaliers sans bruit. Sorti de la demeure, il prit son cheval et partit pour le campement, le soleil montrait à peine ses premières lueurs à l'horizon, celles d'un nouveau jour. Un beau jour pour mourir …

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