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 Après la victoire : que faire de la hache de guerre ? ~ Avril 1667

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• DON JUAN •
Revenu des Enfers


Âge : 27 ans
Titre : Nobilis Homo vénitien, Ambassadeur déchu, Banquier de la Main de l'Ombre & bras droit de Victor d'Amboise
Missives : 710
Date d'inscription : 16/01/2011


MessageSujet: Après la victoire : que faire de la hache de guerre ? ~ Avril 1667   16.04.14 3:14


« Ma vengeance est perdue s’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue.  »




    Francesco jubilait lorsque parvint dans son courrier du matin une missive de son amie Gabrielle de Thianges. Sofia Farnèse était déchue. Le scandale de ses ébats en plein château de Versailles n’avait pas tellement plu à la reine de France, bigote comme personne. Celle-ci l’avait chassée avec véhémence d’après les dires de son amie. Etendue sur une méridienne en mordant dans un croissant, le Contarini savourait allègrement sa victoire, n’hésitant pas à relire encore et encore la lettre qu’il avait reçue. Au fur et à mesure il finissait par la connaitre par cœur. Il se délectait de tous les mots, de la ponctuation, des courbes de l’encre sur le papier. Après ses semaines à déprimer sec depuis les pièges tendus par Gabrielle et Sofia, le Contarini retrouvait tout son entrain et sa joie de vivre. Au grand dam de son valet Paolo, qui connaissait pour la première fois depuis longtemps un peu de répit.

    Une fois fini son petit déjeuner de la victoire, Francesco s’empressa d’appeler son domestique pour l’habiller prestement et dans ses plus beaux atours ! Son Excellence sortait ! Il y a trop longtemps qu’il n’avait pas mit le nez dehors.

    « Pronto ! Pronto ! » faisait l’ambassadeur vénitien à l’intention de son valet en claquant des doigts pour qu’il accélère la cadence.

    Le valet lui passa une chemise d’un blanc éclatant, lassa un pourpoint bleu de Prusse brodé d’or, lui passa les hauts-de-chausses qu’il ferma avec des canons en dentelle, un baudrier, puis les bas, les souliers et vint discrètement agrémenter la tenue bleue de son maître avec des galantes de mêmes couleurs sur les épaules. Ce n’était pas un simple costume pour Francesco, c’était son armure de guerrier triomphant qu’il enfilait là.

    « Ne suis-je pas splendide pour fêter ma victoire, Paolo ? demanda modestement Francesco en se contemplant dans son miroir en terminant d’enfiler ses gants avant de passer son chapeau.

    -C’est parfait, seniore, fit le valet à contre cœur en levant les yeux au ciel sans même regarder son maître.

    Ce qu’il pouvait être insupportable ce Contarini lorsqu’il était heureux pensa Paolo tout en rangeant la chambre de l’ambassadeur.
    Francesco était si heureux qu’il ne relevait même pas les insolences de son valet souffre-douleur. Il se saisit de sa canne et quitta ses appartements en marchant sur un petit nuage. Comme la vengeance était douce ! pensait-il en dévalant les escaliers de marbre avec souplesse. Animé d’un feu nouveau, le jeune homme n’hésita pas à être d’une courtoisie terrifiante avec sa sœur qu’il croisa au détour de l’escalier. Son comportement était tellement surprenant que Raphaëlla se figea quelques instants dans l’escalier pour suivre du regard son frère qui allait vers l’entrée du manoir. Elle était médusée. Tout le monde au Manoir de la Sérénissime se demandait ce qui avait bien pu piquer Son Excellence pour être aussi... agréable ? Associé à l’ambassadeur vénitien, ce mot donnait la chair de poule à tout le monde !

    Pendant ce temps-là, Francesco montait en voiture pour rouler vers l’assaut finale ! Oui, aussitôt vaincue, il voulait s’empresser de rire au nez de son ancienne fiancée. Quoi de mieux pour l’achever ?... Sans cœur vous dites ? Evidemment, il ne sait même pas à quoi cela ressemble ! Pendant que son diabolique vaisseau l’emmenait auprès de la geôle dorée de sa victime préférée, le Contarini ne manqua pas de siffler son enthousiasme tout le long du chemin en admirant le paysage (Son cocher cru d’ailleurs à une farce !).

    Ils parcoururent quelques kilomètres encore avant d’entrer dans la ville de Versailles où se trouvait l’hôtel Farnèse. Pendant que la berline était légèrement secouée par le cahot des pavés, Francesco tournait et retournait ce qu’il allait bien pouvoir dire pour écraser sa belle compatriote. Son sourire carnassier redoublait d’intensité lorsque la voiture fit son entrée (enfin) dans la cour de l’hôtel. Il osa savourer encore les quelques minutes qui le séparaient du verdict dans la voiture, attendant qu’on vienne lui ouvrir. On engloutissait pas derechef une si bonne pâtisserie comme celle là ! Francesco savait qu’on n’en avait pas tout les ans.

    Il descendit de voiture avec la souplesse d’un lion qui s’apprête à chasser puis se dirigea joyeusement vers l’entrée de l’hôtel Farnèse. Un valet le fit entrer tandis qu’un second le débarrassait de sa cape et de son chapeau.

    « Qui dois-je annoncer ? fit le premier valet en refermant la porte derrière l’ambassadeur.

    -Oh n’en faites rien, fit Francesco d’un ton guilleret. Je connais la maison, dit-il avant de s’élancer sans la moindre invitation dans l’escalier qui menait au premier étage sous la protestation faiblarde des valets.

    N’ayant mit les pieds dans cet hôtel que bien des années auparavant, les domestiques ne le connaissaient pas. Il faut bien avouer que ce n’est pas les bonnes manières qui étouffaient Son Excellence. Il passa par un petit couloir avant d’arriver dans une antichambre où il trouva Graziella, la fidèle domestique de Sofia. Surprise de son arrivée, elle le fixa un instant avec des yeux éberlués, les mains pleines d’un plateau repas avant de se précipiter à l’intérieur des appartements de sa maitresse pour la prévenir. Amusé comme jamais par son petit effet, il laissa le temps à la camériste de faire la commission, pendant que Francesco entendait vaguement chuchoter à l’intérieur des appartements de Sofia. Quelques instants plus tard, Graziella en ressortit, les joues roses de honte en passa son chemin sans même jeter un regard au vénitien, préférant regarder la beauté du plancher.

    C’est donc d’un pas conquérant que Francesco ouvrit en grand les portes des appartements de Sofia pour faire son entrée royale dans le petit salon. Il y trouva un léger désordre, comprenant que la belle devait chasser systématiquement quiconque pénétrait ici. Ne voyant pas sa fiancée d’antan, il vit une porte dérobée ouvrant sur une grande chambre d’où il ne distinguait que le bout d’un grand lit défait. Elle ne devait sans doute pas être encore présentable. Francesco frétillait presque sur place tellement la confusion ambiante l’amusait.

    « Pardonnez cette visite impromptue, mia cara, fit Francesco, l’air de rien en examinant le salon. J’ai entendu dire qu’il vous était arrivé des ennuis des plus fâcheux… Quel dommage, glissa-t-il sans l’ombre d’un regret ou d’une pitié.

    La princesse ne se montrant toujours pas, Francesco redoubla d’effort pendant qu’il observait quelques chinoiseries en porcelaine posées sur une console.

    « J’espère que je ne vous interrompe pas dans quelques activités de premier ordre, mia cara. Vous devez être sollicitée de toute part entre Paris…Versailles….Parme..., dit-il en prenant le temps de bien appuyer sa prononciation sur chaque mots comme des coups de marteau sur une enclume.

    -Votre mère vous a-t-elle causée des soucis ? reprit-il ensuite. Aaaah tua madre è così piena di vita! Haha ! Je m’en souviens bien ! riait-il au souvenir de l’impitoyable mère Farnèse.

    Ne laissant pas le temps à la princesse de pouvoir respirer entre ses paroles, Francesco poursuivait son matraquage minutieux. Il parlait de choses plus ou moins anodines accolées les unes aux autres dans l’unique but de faire sortir Sofia de sa cachette.

    -Et votre frère ? Comment va-t-il ? Je n’ai point eu l’occasion de le croiser dernièrement. J’ai entendu dire qu’il s’est porté mal ces dernières semaines, continuait le vénitien tout en se servant sans la moindre permission une tasse de café avec le service encore chaud qu’il trouva sur une table basse. Vous prenez du café ? ajouta-t-il en se tournant vers la porte ouverte qui donnait sur la chambre.

    C’est là que se trouvait Sofia, debout, la mine défaite. L’italien resta quelques secondes à la regarder en silence avant de rouvrir la bouche :

    -Avez-vous… besoin de quelque chose ? demanda alors Francesco d’une voix étonnamment blanche.

    La dernière fois qu’il l’avait vu dans cet état : il venait de lui briser le cœur. C’était il y a neuf ans déjà.


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La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.


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Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
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♈ LA BELLA FARNESE ♈
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MessageSujet: Re: Après la victoire : que faire de la hache de guerre ? ~ Avril 1667   20.04.14 22:05