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 Les fleurs du mal rencontrent parfois des Julien Sorel {Xavier & Elena}

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MessageSujet: Les fleurs du mal rencontrent parfois des Julien Sorel {Xavier & Elena}   Les fleurs du mal rencontrent parfois des Julien Sorel {Xavier & Elena} Icon_minitime26.11.13 0:15

Quelle surprise vraiment, d’avoir reçu cette soudaine permission de la part de la princesse de Lillebonne ! Xavier l’avait relue plusieurs fois avant de la soumettre à ses supérieurs. Que valait ce papier signé de la main d'une femme, n'ayant aucun grade militaire ? Pourtant, au vu de sa haute position et de son influence sur son mari, ceux-ci cédèrent. Pourquoi contrarier les puissants, lorsqu'on a bien d'autres soucis en tête ? Ils le laissèrent donc se rendre à l’endroit désigné par la lettre. En effet, cette autorisation de quitter le camp lorrain avait été accompagnée de l’ordre express de rejoindre Nancy. Il y avait même plus, non seulement il lui fallait gagner la ville mais il devait aussi se présenter au palais, sous les deux jours. Voilà qui était d’autant plus curieux ! Certes, Xavier côtoyait les grands du Saint Empire depuis son adolescence, mais être ainsi réclamé par l’équivalent d’une sommation avait de quoi surprendre !  En particulier, lorsqu’il s’agissait de se rendre auprès de la dame à l’origine même de cette guerre !

Sur le front, elle n’était guère appréciée d'ailleurs à cause de cela ! Les soldats écrivaient des chansons cinglantes, qu’ils fredonnaient loin des oreilles des officiers et surtout de son époux, qui était chef d'état major ! En tout cas, Xavier reconnaissait bien dans son écriture le style lapidaire de la princesse ! Si elle n’avait pas fait preuve de diplomatie avec Louis XIV, pourquoi en ferait-elle avec un simple caporal ? Le vicomte avec une telle attitude, la pensait laide et acariâtre, comme une dame peu comblée par son époux, n’ayant plus que son ambition à satisfaire à travers un mariage décevant ! Il était loin du compte à propos de son aspect physique, mais voyait plutôt juste du point de vue des aspirations d’Elena de Sotomayor et ce sans la connaître.

Quoi qu’il en soit et puisqu’il lui fallait obéir, Xavier prit un maigre bagage avec lui, se mit à cheval et prit la direction de la ville.  Il y parvint avant l'aube du second jour imparti, littéralement exténué par une nuit blanche. Pourtant si le vicomte, légendaire insomniaque loua donc une chambre, ce ne fut pas pour y dormir mais bien pour y faire un brin de toilette nécessaire. La nuit pâlissait lorsqu’il ressortit de son auberge, parfumé et bien apprêté. Mais l’heure très matinale ne le fit pas reculer et il demanda à être reçu au chambellan du palais. Après tout, la missive stipulait qu’il pouvait être introduit de jour comme de nuit. Il lui était même demandé de venir sans délai. D’ailleurs, c’était bien ce détail qui l’avait interpelé et avait attisé sa curiosité. Il fallait que l’affaire soit d’importance ! Pourtant il se mit à prier que ce ne soit pas là qu'un simple caprice de femme.

Tandis qu’il longeait les longs couloirs, en suivant l’homme qui allait l’introduire, les pensées de Xavier se bousculaient dans son esprit. Et il n’y avait pas que les motifs de la convocation de la princesse qui l’intriguaient. En effet, à admirer les tableaux des ducs de Lorraine accrochés au mur, le jeune homme si porté sur le surnaturel, se sentit parfois poursuivi par des ombres. Sans doute s’agissait-il de ces hommes morts depuis des siècles. Ce palais et cette ville étaient si remplis d’histoire, de mystère et par conséquent de fantômes à n'en pas douter ! Des frissons le parcouraient comme à son habitude, tant son imagination était débordante. Il n’aurait su expliquer, ce qui pouvait autant le fasciner dans la simple notion de l’au-delà.  Cela se ressentait voilà tout, et peut-être se rendrait-il après son entretien, sur les remparts de la cité. C’est là qu’était mort tragiquement Charles le Téméraire, maître jalousé de la Bourgogne, des Flandres et de Bruxelles bien sûr. Son souvenir et surtout son héritage étaient encore bien présents, puisque Charles Quint et ses descendants après lui, avaient pris possession de toutes ses terres. Le grand ennemi de Louis XI, était tombé au combat en tentant de reprendre Nancy. On disait qu’un violent coup de hache lui avait été porté à la tête, et toujours d’après la légende, il aurait été dévoré à moitié par les loups sauvages de la région. Comment, en temps de guerre qui plus est, cet épisode n'aurait-il pas pu le toucher ?

Ses fantasmes de croiser le revenant du grand-duc d’Occident, durent malgré tout s’évanouir à l’instant même, où il passa la porte d'Elena de Sotomayor. Et décidément, les surprises s’enchaînaient les unes aux autres. Après cette permission tombée des cieux, voilà qu’il était reçu non pas dans une antichambre, mais bien dans les appartements privés de la dame. Qu'est ce que ce traitement de faveur pouvait bien signifier ? La princesse était assise dans une position presque lascive, sur un trône. Oui sur un trône, telle une reine ! Tout autour d’elle respirait le luxe, du moindre bibelot posé sur des meubles de choix, aux bijoux qu’elle pouvait porter.

Xavier s’avança, exécuta un salut protocolaire et put admirer à loisir l’insolente perfection physique de son interlocutrice. Combien d’hommes s’étaient déjà damnés pour cette femme ? Sans doute, autant que ceux qui tombaient jadis aux pieds de la reine Aliénor d’Aquitaine. Cette dame-là, avait fait parait-il tourner, jusqu’à la tête de son propre oncle : Alphonse de Poitiers. Elena possédait véritablement la beauté du diable, elle aussi !  Et c’est justement pour ça, qu’il s’en méfia dès cette minute. Cette femme devait être dangereuse, envieuse et par un succès certain auprès de la gente masculine, imbue d’elle-même très certainement. Mais son cœur à lui ne s’était jamais emballé et n’était pas prêt à tambouriner, il avait toujours été pragmatique en matière de sentiments. La raison, encore la raison et toujours la raison le dominait.

- Madame, vous m’avez fait demander ? Aussi comme tout bon soldat,  je viens au rapport. Hélas, les nouvelles ne sont guère bonnes au front, les Français nous ont attaqué par surprise à Verdun. Et ce matin, je crains le pire car un soleil rouge se lève, beaucoup de sang a dû couler cette nuit. Mais je n'apprends sans doute rien à votre Seigneurie malheureusement et je gage, que ce n'est pas pour mes talents de gazette, que vous m'avez fait venir. Que puis je faire pour votre service ?

Il était tout ouï, allait-il enfin savoir ce que cachait cette permission ?
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