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 C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]

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« s i . v e r s a i l l e s »
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    ANDROGYNE
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Titre : Abbé de Saint-Seine - Comtesse des Barres - les yeux et les oreilles de la Cour...
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MessageSujet: C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]   05.10.13 17:02



    « Le péché vaut encore mieux que l'hypocrisie. »
    Madame de Maintenon

    Ciel ! Il y a tant à faire depuis le début de la guerre ! L'abbé de Choisy et la comtesse des Barres ne savait plus ou donner de la tête… Entre la gestion intensive du domaine de Saint Cloud, les messes, les confessions, flâner dans les salons (car oui c’est important !), sa correspondance (vitale) avec Philippe d’Orléans et venir en aide aux miséreux… Thimoléon avait un emploi du temps chargé !

    Mais le jeune homme/femme n’avait pas peur de relever ses manches (en dentelles) ! Car malgré tout ce qu’on pouvait raconter sur lui, il aimait venir en aide envers son prochain. Il avait récemment fondé une institution pour s’occuper de quelques orphelins et il n’en était pas peu fier. Aujourd’hui la mission était tout autre. Son archevêque lui avait demandé s’il voulait venir donner de son temps aux miséreux et aux malades. C’est donc bien décidé, sa bible, son chapelet et sa foi (à temps partielle) sous le bras qu’il se rendit auprès de ces pauvres gens, prêt à leur donner toute sa bienveillance (mais pas trop non plus…il ne faut pas abuser des bonnes choses, n’est ce pas ?).

    Olympe était vêtu sobrement. Pas question d’arborer quelques bijoux en diamants et autres pierres ou métaux précieuses. Olympe était bonne mais pas idiote ! C’est donc habillée d’une robe aussi sombre que celle d’une nonne qu’elle parcourait les chambres des malades en compagnie d’une sœur-infirmière, donnant sa main gantée au malade comme la Sainte Vierge bénirait un agneau ou en souriant de la façon la plus bienveillante du monde. La jeune femme/homme connaissait la misère pour avoir plusieurs fois perdue sa fortune aux jeux, elle/ll se sentait proche d’eux malgré les kilomètres de noblesse qui les séparaient. Parfois elle n’hésitait pas à engager la conversation avec quelques uns, les rassurant du mieux qu’elle pouvait. Oui, malgré la langue de vipère dont pouvait faire preuve Olympe ou François-Thimoléon, personne ne pouvait remettre en question la sincérité de leurs actes lorsqu’il s’agissait de la charité… Jusqu’à ce jour.

    C’est alors qu’au détour d’un couloir, la comtesse eut la surprise de se retrouver nez à nez avec la jeune duchesse d’Alençon, Elisabeth qui était également abbesse de Remiremont. Celle-ci avait la réputation d’être une fervente dévote et elle n’était pas en très bon terme avec son cher ami Philippe. Cependant, Olympe ne le laissa point paraitre et lui adressa un sourire ravi :

    « Madame d’Alençon ! S’exclama-t-elle. Si je m’attendais ! C’est la première fois que je vous croise pendant mes bonnes œuvres : quelle chance ! Vous venez souvent donner de votre temps ? »

    En réalité, Thimoléon/Olympe avait tout sauf envie de croiser cette bigote. Néanmoins, dans un élan de chaleur chrétienne, la comtesse se disait que la saluer n’était qu’une simple formalité… D'autant plus que la duchesse était une cousine royale. Si seulement elle savait comment cela allait finir… Alors qu’elles échangeaient les politesses, la sœur infirmière s’éclipsa pour les laisser seules. Faire semblant n’était pas chose facile pour tout le monde, mais c’était un sport de haut niveau au sein de la cour de du Roi de France. Et Olympe avait bien l’intention de jouer le jeu jusqu’à ce qu’elle soit débarrassée de la jeune femme. On ne se permettait pas d’envoyer promener n’importe qui n’importe comment. La comtesse se disait que sa chaleur amicale pouvait faire fuir Elisabeth qui connaissait bien ses fréquentations. Passant son bras à celui de la dévote, Olympe lança avec un sourire radieux :

    « Et si nous donnions de notre temps ensemble, ma chère amie ? Il n’y jamais assez de mains tendu pour les plus faibles ! »

    Continuant de déambuler dans les couloirs et dans les chambres, priant pour les uns, rassurant les autres, Olympe jetait à Elisabeth des regards entendus comme pour dire « Nous œuvrons si bien pour le Seigneur ! » mais n’en pensais pas moins qu’elle trouvait rapidement la jeune femme énervante avec ses sourires convenues et ses yeux compatissants. Pour qui se prenait-elle ?

    Cette visite qui partait d’un bon sentiment mais commençait à sentir un parfum étrange… mais lequel ?

    « Je suis si contente de faire cela avec vous, dit Olympe à la duchesse avec un sourire aussi faux que le fait elle soit une femme.Nous devrions faire cela plus souvent qu’en dites-vous ? » demanda-t-elle en posant sa main gantée sur son bras.

    Poursuivant leur mission de répandre la parole du Seigneur parmi les malades, orphelins et autres petits gens, les deux femmes (enfin une femme et demie serai plus exacte) se retrouvèrent dans un grand réfectoire où l’on servait de la soupe bien chaude. C’est alors que la comtesse eut une idée. Elisabeth d’Alençon voulait être la plus pieuse d’elle deux, hein ? Elle allait voir à qui elle avait affaire ! Sans perdre un instant, elle se tourne vers sa nouvelle amie/ennemie avec un petit sourire pincé :

    « Vous m’excusez un instant ma chère ? »

    Puis la voilà qui s’éloigne presque en sautillant dans sa robe pour aller retrouver les sœurs qui s’occupaient du service auprès des pauvres. Elle vient près d’une sœur et lui demande si elle peut prendre sa place quelques instants. C’est ainsi que Olympe se retrouve à servir la soupe aux petits légumes aux plus de gens qu’elle pouvait en leur lançant son sourire le plus compatissant. Elle ne se gêna même pas pour lancer un regard vers Elisabeth en prenant un air faussement désolé comme pour lui dire « Je n’ai pas pu résister à l’appel du Seigneur »

    Non cette situation ne sentait pas la soupe mais la compétition ! Et cela ne faisait que commencer… Olympe avait une adversaire de taille !

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« J'ai connu une Madame Monsieur jadis ! »




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MessageSujet: Re: C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]   13.11.13 1:33

La charité faisant partie des plus belles vertus chrétiennes – et surtout étant encore la meilleure méthode pour montrer aux plus sceptiques des courtisans qu’on possédait une foi sans limites – il était évident que cela faisait partie des passe-temps favoris de la duchesse d’Alençon. Elle pratiquait la charité comme d’autres pratiquaient la chasse : avec méthode et prévoyance. Elle s’y adonnait quotidiennement. Tandis qu’elle se préparait le matin, elle prévoyait toujours beaucoup de pièces qu’elle portait dans une petite bourse en soie dépourvue de tout artifice : en bonne pratiquante de la charité, elle savait que celle-ci s’accomplissait sans ostentation. En se rendant à l’église où elle aidait le prêtre à répandre la bonne parole à qui voulait – ou non – l’entendre, elle distribuait avec parcimonie chacune des pièces qu’elle avait avec elle.

Mais depuis le début de la guerre, il y avait tant à faire que la duchesse était plus qu’heureuse : elle se rendait tous les jours à l’église adresser des prières pour les soldats se faisant bien voir apaisant la douleur des veuves ou des épouses et mères qui voulaient que leur homme ou leur fils rentrent sain et sauf à la maison. Ensuite, Elisabeth, qui ne pouvait pas coudre à cause de son handicap à la main, faisait faire par Catheau et quelques duègnes des chemises et des manteaux de pluie pour les soldats et les faisaient envoyer – non sans avoir bien indiqué par son nom et ses armoiries pour ceux qui ne sauraient pas lire, que tous venaient de la généreuse duchesse d’Alençon.

Et puis, il y avait les hôtels-dieu où il y avait tant à faire pour soulager la misère humaine qu’Elisabeth se sentait plus proche de Dieu lorsqu’elle s’y rendait. Elle savait qu’il n’y avait rien de plus admirable qu’une noble dame qui se salissait les mains afin d’aider les pauvres gens. Elle aimait particulièrement ces endroits, y passait une heure par semaine et les quittait ensuite avec la conscience sans tâches, sûre d’être la femme la plus vertueuse de Versailles. Ce qu’il y avait de bien avec l’hôtel-dieu, c’est qu’elle pouvait s’y rendre même en dehors des périodes de guerre mais elle se sentait l’âme plus charitable durant ces heures sombres. C’est donc vêtue d’une robe simple de serge gris perle, coiffée sobrement d’une guimpe afin de ne pas céder à la frivolité des coiffures de l’époque, et totalement dépouillée de ses bijoux qu’Elisabeth se rendit ce matin-là auprès des malades. Elle était, bien entendu, accompagnée de sa fidèle Catheau et de ses deux adorables chiens qui aimaient s’ébrouer entre les lits, dispensant leur lot de joie à tous les amis des animaux.

Leur maitresse d’ailleurs, n’était pas en reste. Elle entra dans la bâtisse avec l’air d’un ange annonçant la résurrection de Jésus et, après s’être assurée qu’on l’avait bien reconnue et que tous iraient dire que la duchesse d’Alençon était une femme merveilleusement charitable, elle se rendit auprès des malades et entreprit de prier avec eux et de leur distribuer des paroles encourageantes concernant leur guérison qui était certainement imminente. Alors qu’elle venait de récupérer Ferdinand qui avait été plutôt généreux en léchouilles et caresses auprès d’un orphelin toussotant, elle entendit une voix qui la tira de sa béatitude :


- Madame d’Alençon ! Si je m’attendais ! C’est la première fois que je vous croise pendant mes bonnes œuvres : quelle chance ! Vous venez souvent donner de votre temps ?

Il s’agissait de la voix de l’exubérante comtesse de Barres, une femme qu’Elisabeth n’affectionnait pas beaucoup. En effet, il y avait quelque chose de peu chrétien chez cette femme qui la dérangeait profondément. Certains à la Cour allaient prétendre qu’il s’agissait d’un homme mais la duchesse n’avait jamais prêté foi à ces rumeurs : en effet, on la disait très pieuse et Elisabeth refusait de croire qu’un fervent catholique s’adonnerait à ce genre de pratique pour le moins hérétique. Aussi était-elle sûre et certaine que le problème ne venait pas de là mais de bien autre chose. Il faut dire que la duchesse d’Alençon avait la fâcheuse manie de ne pas voir ce qu’elle refusait d’admettre à moins que l’évidence ne lui saute aux yeux, comme cela s’était produit avec son cousin d’Orléans. Et puis, elle voyait que Ferdinand et le Lorrain jappaient joyeusement autour de la comtesse et elle avait une confiance aveugle en l’instinct de ses chiens : s’ils estimaient qu’elle était fréquentable, la duchesse pouvait faire un effort. Mais tout de même, elle avait entendu parler de ses fêtes qui étaient assez outrancières et elle restait sur ses gardes.

- Effectivement, il est curieux que nous ne nous soyons jamais croisées chère comtesse. Je n’ai jamais assez de temps à consacrer à ces pauvres âmes, elles ont droit à toute mon attention.

Une façon de rappeler que si l’une des deux devait recevoir des leçons de charité de l’autre, ce n’était certainement pas elle. Elisabeth frémit quand même d’effroi lorsque la comtesse la prit par le bras pour lui proposer de faire la tournée des malades ensemble.

- Mais quelle charmante idée ! s’exclama-t-elle faussement tout en prenant un minimum de distance avec sa compagne.

Et les voilà parties, déambulant parmi les lits, offrant un peu de leur temps et de leur compassion. Voyant la comtesse ne cesser de lui distribuer des sourires pieux, Elisabeth se disait que la foi de madame de Barres devenait presque écœurante. En vérité, la duchesse était profondément vexée d’avoir été attaquée sur son terrain, et ce, par une femme qui possédait une si mauvaise réputation. Certes, en temps normal, elle se serait simplement dit qu’elle avait mal jugé la courtisane et lui aurait accordé une seconde chance mais la simple idée qu’on puisse dire qu’il y avait à Paris une femme tout aussi voire – pire – encore plus charitable que la duchesse d’Alençon la rendait bouillante de rage. Dieu lui accordait ses bienfaits pour ceux qu’elle accordait aux malades et ce, à elle seule. Sa bonté était son loisir favori et elle tenait à y exceller sans aucun rival !

- Je suis si contente de faire cela avec vous. Nous devrions faire cela plus souvent qu’en dites-vous ?
- Certainement, quatre mains tendues valent mieux que deux, nous sommes parfaitement d’accord ma chère !

Même si elle savait au fond d’elle-même que ça aurait dû être le cas, Elisabeth refoulait sa fureur. Comment osait-elle être assez généreuse pour vouloir partager son altruisme ? Cette femme avait tous les toupets ! C’est alors, qu’elles arrivèrent dans un grand réfectoire. Immédiatement, les deux chiens se précipitèrent près de la marmite de soupe et se dressèrent sur leurs pattes arrières pour en réclamer auprès de la personne qui servait. Alors qu’elle les regardait d’un air attendrit, la comtesse de Barres en profita pour saisir une louche et servir de la soupe aux malades. Mais comment osait-elle faire preuve d’une telle impudence ? Elisabeth se sentit tout d’abord outrée, puis finalement menacée sur son propre terrain de chasse. Il lui fallait réagir et vite. La vue d’une vieille grand-mère toussant et crachant lui donna une idée. Observant les mains gantées de la comtesse qui tenait toujours sa louche d’un air satisfait, elle ôta ses gants, s’approcha de la grand-mère et, comme si elle faisait fi de la crasse qui recouvrait la malade, posa sa main sur elle.

- Venez avec moi ma bonne dame !

Elle la soutint et fut aidée par une bonne sœur à l’allure étrange, une certaine sœur Nicole. Elisabeth n’avait jamais eu de contacts avec elle mais elle lui sembla sympathique : comme elle, elle n’était que de passage ne fut-ce qu’une heure par semaine à l’hôtel-dieu :

- Madame la duchesse est vraiment quelqu’un de miséricordieux !
- Oh mais je ne fais que mon devoir de chrétienne ma sœur, répondit Elisabeth.
- Et si modeste avec ça ! Sans compter votre joli minois, ma foi, c’est donc vrai que le Seigneur pare Ses anges de toutes les grâces !

Elisabeth remercia la sœur en se disant qu’elle était vraiment aimable même si le battement de cils qu’elle lui adressait en la quittant lui sembla tout de même exagéré.
Elle installa la grand-mère sur une chaise, partit lui chercher un bol de soupe, prit son air le plus innocent en passant devant la comtesse.

- Excusez-moi mais cette pauvre dame n’aurait jamais pu arriver jusqu’à vous, si vous aviez attendu, elle n’aurait jamais eu de soupe. Mais ne vous en voulez pas, il est très difficile de faire attention à tout le monde. Il était normal que je m’en occupe, dis donc, on n’est pas venues ici pour beurrer des sandwichs !Il faut également aider les gens à les manger ensuite sinon cela ne sert à rien!

Ensuite, elle retourna auprès de la grand-mère et l’aida à manger. Elle l’interrompit lorsque celle-ci se confondit en remerciements :

- Ce n’est rien, étant donné que j’ai moi-même de gros problèmes à la main qui me donnent toutes les difficultés du monde, je ne comprends que trop ce que vous ressentez et il est normal que je vous vienne en aide. Nous vivons la même chose ma pauvre dame, et il faut être infirme soi-même pour savoir ce que c’est.

Elle avait parlé suffisamment fort pour que les gens des tables autour l’entendent et se mettent à l’écouter religieusement. Ils lui firent tous des signes.

- Dès que j’aurai terminé avec cette brave dame, je viendrai vous aider également ! Ah Seigneur, si seulement Tu m’avais donné deux bras en plus, j’aurai pu nourrir plus de gens ! Qu’est-ce qu’une apparence effrayante lorsqu’on peut aider son prochain ? Il n’y a rien de plus précieux que cela !

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MessageSujet: Re: C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]   14.04.14 21:17

    Alors qu’Olympe s’auto congratulait mentalement tout en servant la soupe aux miséreux sous les yeux des bonnes sœurs, elle entendit la voix de la duchesse pleine de compassion dans la foule.

    - Venez avec moi ma bonne dame !

    La comtesse leva les yeux de sa marmite fumante et vit la jeune femme soutenir (à mains nues !) une vieille femme qui marchait difficilement. Elle fût d’autant plus vexée lorsqu’elle constata que son amie Nicole Reine lui prêtait main forte ! Tous regardaient Élisabeth d’Alençon avec admiration comme si ils étaient en présence de la Sainte Vierge. Les joues d’Olympe devinrent en feu mais elle ne laissa rien paraitre de son embarras (et de sa jalousie) continuant vaillamment son ouvrage tandis que la duchesse passait sous son nez en lui lançant l’air de rien :

    - Excusez-moi mais cette pauvre dame n’aurait jamais pu arriver jusqu’à vous, si vous aviez attendu, elle n’aurait jamais eu de soupe.

    -Oh ma chère amie ! s’exclama Olympe. Jamais je n’aurai laissée cette pauvre femme de côté voyons !

    -Mais ne vous en voulez pas, répliqua simplement la jeune femme. Il est très difficile de faire attention à tout le monde. Il était normal que je m’en occupe, dis donc, on n’est pas venues ici pour beurrer des sandwichs ! Il faut également aider les gens à manger ensuite sinon cela ne sert à rien !

    Puis, surement très fière de son petit effet sur la foule et Olympe, la duchesse la quitta pour aller s’installer avec la vieille femme. La garce ! C’est elle le sandwich ! pensa Thimoléon au fond de son esprit. La comtesse se demandait bien ce qu’elle pourrait faire. Elle réfléchissait intensément à la suite des opérations tandis que la duchesse poursuivait son grand numéro de noblesse de cœur. Philippe aurait honte de mon comportement pensa Olympe en imaginant le prince de France se moquer d’elle/lui. L’énervement aidant, la comtesse pleine « d’altruisme » remplissait les bols et les gamelles à une vitesse folle tout en jetant des petits regards furtifs vers son « amie ». Celle-ci s’en donnait à cœur joie pour attirer les regards et les compliments. Olympe trouvait la manigance de moins en moins discrète. Alors que la vielle femme adressait moultes remerciements à la duchesse, elle lui répondit d’une voix claire et distincte au dessus des bruits du réfectoire :

    - Ce n’est rien, étant donné que j’ai moi-même de gros problèmes à la main qui me donnent toutes les difficultés du monde…

    Gna gna gna gna gna ! Olympe allait lui en coller des problèmes à la main tiens ! Elle en avait assez entendue. Cachant sa fureur, elle rendit la louche à une sœur puis elle passa son chemin à travers le réfectoire en cherchant une solution à son problème de « charité », soulevant nerveusement ses jupes pour avancer.

    -Ah Seigneur, poursuivait la duchesse d’Alençon, grande tragédienne. Si seulement Tu m’avais donné deux bras en plus, j’aurai pu nourrir plus de gens !

    Tout à coup, alors qu’elle atteignait presque le bout de la grande salle, la comtesse des Barres eut l'illumination.

    « Ooooh ! Soupira-t-elle bruyamment en posant sa main sur son cœur. Le pauvre petit ! dit-elle en accourant auprès d’un petit garçon recroquevillé seul dans un coin, à moitié nu, grelottant de froid et de faim.

    Olympe se hâta auprès de lui, n’hésitant pas à s’agenouiller à même le sol souillé par la boue et la poussière. En d’autres circonstances, elle aurait véritablement pitié pour cet enfant et aurait surement agi de la même façon mais sans la moindre arrière pensée… C’était sans compter sur la présence de la duchesse qui mettait les nerfs chrétiens d’Olympe dans tous leurs états !

    Elle dénoua le grand châle qui recouvrait ses épaules et le passa autour du corps maigrelet du petit. L’état de sa peau en disait long sur sa santé. Ne prenant pas peur du malade, Olympe n’hésita pas à ôter ses gants pour les passer sur les mains pleines d’engelures du garçon avant d’interpeler les gens autour d’elle, notamment les nonnes :

    « Quelqu’un aurait-il une couverture, un remède pour cet enfant ? Il meurt de froid, vite ! Il lui faut des soins et un lit ! »

    Sans attendre elle serra l’enfant contre elle et il se laissa porter mollement dans ses bras, trop faible pour pouvoir se mouvoir seul. Telle une Marie portant un Jésus lors de la descente de croix, elle traversa le réfectoire avec un air des plus dignes avant de le confier aux bras d’une infirmière qui l’emmenait pour lui trouver un lit. Elle se trouvait bien évidemment à quelques mètres de la duchesse qui était toujours à planter sa cuillère dans la bouche de la vieille. Et la comtesse faisait comme si de rien n’était, que la duchesse n’était pas le témoin privilégié (et visé) de son geste chrétien. A peine peut-elle poser une main sur son cœur, émue, en regardant partir le garçon qu’une femme s’approcha à grands cris en boitant auprès d’elle en fendant la foule en pleurs.

    « Mon fils ! C’est mon fils ! hurlait-elle en arrivant aux pieds d’Olympe avant de lever son regard larmoyant vers elle plein de reconnaissance. Que le Seigneur m’entende et vous bénisse, Madame. Vous l’avez sauvée ! Je l’ai perdue des yeux un moment et… et…

    -Ne me remerciez point
    , fit « modestement » Olympe en aidant la mère à se relever. Il est bien normal d’aider son prochain, surtout quand celui-ci est en détresse, ajoute-t-elle avec un sourire maternel.

    -Nous vous en sommes éternellement reconnaissant, Madame ! Que pouvons-nous faire pour vous ? fit la mère boiteuse en prenant les mains d’Olympe entres les siennes.

    Olympe arrêta les paroles de la femme d’un petit geste de la main.

    -Vous ne ferez rien, croyez-moi, dit-elle pleine d’une bonté (hypocrite ?) rayonnante. Tout ce qui compte, c’est que vous puissiez être auprès de votre fils.

    La foule de malheureux qui entourait la scène bénissait davantage la comtesse du regard. Olympe se croyait dans une histoire toute droit sortie de la Bible ! Après qu’elle fit des adieux chaleureux auprès de la mère du garçon, elle se retrouva entourée de mains tendues pour attirer son attention. Au milieu de tout cela, Olympe interpela enfin la duchesse d’une voix émue et les yeux brillants :

    « Il nous faut absolument redoubler d’efforts à la cour pour avertir les bonnes âmes ! Comme vous dites : nous n’avons pas assez de bras pour tous leur venir en aide. »

    Quel cirque ! On pouvait difficilement parler de charité chrétienne devant un tel conflit d’orgueils. Très satisfaite de son petit effet de foule, Olympe vint s’installer auprès de la duchesse pour aider à son tour un vieillard édenté et tremblant à manger sa soupe. Elle lança alors à la duchesse un regard de biche :

    « Je pense que je pourrai passer ma vie ici à aider ses pauvres gens, pas vous ? »

    Passer sa vie dans cet auspice était une chose, avoir le dernier mot sur son "amie" en était une autre.



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MessageSujet: Re: C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]   Aujourd'hui à 15:18

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C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! [Thimo x Elisabeth]
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