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 En amour, trompe qui peut!

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: pas encore de problèmes cardiaques, merci de vous en préoccuper
Côté Lit: Surprise, ça bouge!
Discours royal:



En toute modestie
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Âge : 26 ans
Titre : Prince-héritier de Saxe, Duc de Saxe-Weissenfels
Missives : 883
Date d'inscription : 07/02/2012


MessageSujet: En amour, trompe qui peut!    22.09.13 23:08

A l'attention de Madame la Marquise de Ballybay,
Toul, Mars 1667


Toul. Le nom de cette localité ne vous évoquera rien mais elle restera dans nos mémoires associée à un fort sentiment de honte. Nous sommes repartis la queue entre les jambes et nombre de mes camarades sont à présent aux mains de l’ennemi. C'était ma première bataille, ma première défaite également.

Avant de me battre aux côtés de tous ces soldats, je n’avais jamais vu autant d’émotions défiler en si peu de temps sur la face d’un homme.L’angoisse, la peur, le désespoir, et la panique, ils étaient tous là réunis dans ce grand bal de l'horreur. Quoique je tente, quoique je fasse, impossible de leur échapper. ILs me cernaient, envahissant les visages autour de moi et les rongeant jusqu'à les déformer, tout aussi sûrement que la vigne vierge dévore les façades des maisons jusqu'à les rendre méconnaissable. Un bien triste spectacle que ces faces grimaçantes, guignolesques à souhait.

Le bon sens me glisse au creux de l’oreille que c’est là une image banale en temps de guerre. Et bien la banalité est dans ce cas quelque chose de plus effrayant encore qu'un tête à tête avec un vénitien dans une gondole flottant au beau milieu d'une eau stagnante . Je parierai que vous en rêvez à l'instant même?!L'image pourra en effet vous sembler plaisante - exception faite de la qualité de l'eau-. Peut être même romantique.

J'ai alors le déplaisir de vous annoncer que ce à qui/ à quoi je la référence vous échappe donc totalement. Il ne me reste alors plus qu'à vous féliciter de vos sages fréquentations! Lorsque vous aurez perdu de votre candeur, laquelle m'est chère, la lumière se fera sans doute dans votre esprit , mais Dieu merci, nous sommes encore loin de là. Le vice incarné n’a pas encore pu de ses mains sales ternir votre peau d’albâtre et je ne vous en aime que plus, vous précieuse perle sans pareille.

Ne croyez pas que je galvaude le verbe « aimer», on ne peut détester une femme comme vous, on ne peut pas non plus lui rester  indifférent et personnellement, je ne crois pas que la demie mesure ait sa place dans les sentiments. Comprenez là ce que vous voudrez mais je vous crois assez intelligente pour cerner mon propos.

Vous croyez lire là le fruit du délire inconsistant d’un homme qui ayant vu trop d’horreurs, trop de laideur, s’empresse de penser à l’antithèse de ce tableau affligeant qui se trouve devant lui. A ce visage d’ange, empreint de bonté, qu’il a laissé derrière lui ? Vous me pensez fou sans doute. Peut être vous moquez vous même de moi à la lecture de ces mots, partageant le contenu de cette lettre avec vos amies, étranglée par un rire incontrôlable. Je vous reconnais bien là, décevante créature que vous êtes, vous qui ne montrez votre cruauté qu’à votre brave Benedikt!

Vous méritez bien votre fiancé! Seule une femme sans cœur refuse à un homme qu'elle ne reverra peut être plus que recouvert d'un linceul- oserais je dire un ami? c'est là malheureusement le seul titre que je suis en droit de convoiter-une dernière faveur. Un dernier adieu à la faveur du clair de lune, c’était là tout ce que je vous avais demandé, et vous m’avez dédaigné.

Je vous ai attendu en vain ce jour là, j’ai veillé jusqu’au petit matin,  une fleur à la main, le cœur dans l’autre. Quand je m'en suis allé, votre traitrise m'avait drainé de toute joie et de tout amour de la vie, mais votre mélodieuse voix de sirène, dont je ne parvenais pas à me débarrasser ,me hantait toujours.

Rien n'y a fait, pas même la profonde rancoeur que je nourrissais à votre égard. Il faut croire qu'on n’éteint pas un feu destructeur par la seule force de son amertume! Ce que j'ai vu et vécu m'a fait réfléchir et j'ai alors compris. Compris que je ne pourrais pas lutter contre vous malgré tous mes efforts dans ce sens.

Aussi me demandé je si à mon retour vous consentiriez à faire amende honorable et à vous rattrapez à l' égard du pauvre soldat sans gloire que je suis ? Vous ne pouvez me le refuser, votre conscience vous indique j'en suis sûr la réponse la plus juste.

Vous doutez de me revoir peut être.... Vous devez me trouver  bien présomptueux à penser ainsi que la grande faucheuse ne m’attrapera pas. Je le suis en effet mais c’est tout naturel, car  que peut un  boulet de canon ou le fer acéré d’une épée face à  votre victime, déjà passé de vie à trépas, car oui, l’honnêteté me gagne et je dois vous dire que vos beaux yeux, belle marquise, d’amour m’ont déjà  fait mourir.

Un mot de vous sera tout ce qu’il me faudra pour vous pardonner, car je suis bien faible face à vos charmes, dangereuse ensorceleuse que vous êtes .


Votre serviteur,

Benedikt Von Brühl.

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