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 Quand la vengeance se transforme en scandale

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« s i . v e r s a i l l e s »
Côté Coeur: Je l'ai fermé par sa faute. Seul lui pourrait le rouvrir un jour ...
Côté Lit: Je ne suis pas de celles qui se couchent pour un sourire. A peine pour un diamant, mais souvent pour la passion.
Discours royal:



♈ LA BELLA FARNESE ♈
Più bella cosa non c'è

Âge : 24 ans
Titre : Princesse Farnèse, Princesse Chimay par mariage
Missives : 1402
Date d'inscription : 03/09/2011


MessageSujet: Quand la vengeance se transforme en scandale   20.09.13 23:52



« La vengeance est plus douce que le miel. »
Homère


précédemment...


    Ah la chienne! La traitresse! Sofia ne perdrait rien pour attendre! Se jouer ainsi de l’ambassadeur était la goutte de trop qui faisait déborder le canal. On le trainait dans la boue à la moindre occasion, on l’insultait, on le bafouait… Et tout cela pour le rire de ces ridicules demoiselles. Il y avait déjà la Longueville avec sa gueuse et maintenant Sofia et sa folle psychopathe! Alors cette gamine voulait donc jouer? Et bien Son Excellence lui réservait un divertissement de tout les diables! La Farnèse était prête à le tuer (en vain) il y a quelque mois, maintenant elle montait des scandales de toute pièce. La peste ne reculait devant rien pour le pousser à bout. Cette fois, Francesco avait un tour imparable dans sa manche. Ce petit quelque chose que Sofia ne semblait pas voir… Elle le connaissait bien mal finalement, s’étonnait Francesco.

    Debout devant la fenêtre donnant sur le parc de la Sérénissime, il sonna son valet Paolo qui accourut aussitôt, connaissant l’impatience légendaire de son maître. L’air pensif, sans même jeter un regard au domestique, Francesco lui ordonna d’un ton dur et froid :

    « -Va donc à Versailles me dénicher ce jeune libertin sans cervelle qui se cache parfois dans les jardins. J’ai une mission de la plus haute importance à lui confier. Presse-toi ! »

    Sans échanger un mot de plus, le valet s’inclina puis quitta sans attendre le manoir pour galoper jusqu’au château du Roi.

    Quelques heures plus tard, le valet revenait dans le salon où se trouvait Francesco avec à ses côtés un jeune gentilhomme au physique des plus avantageux. Un sourire carnassier se dessina sur le visage de l’ambassadeur. Tout cela serait parfait !

    « -Je vous en prie, Signore Morosini, installez-vous ! s’exclama Francesco en invitant le jeune homme à s’asseoir.

    -Merci Votre Excellence, fit l’invité. C’est un plaisir de pouvoir de nouveau travailler avec vous.

    -Mais tout le plaisir est pour moi, poursuivit le vénitien plus mielleux que jamais.

    -Alors ? Quelle est la nouvelle mission que vous me proposez ? demanda Mario Morosini avec un petit sourire mesquin.

    -Tout d’abords mon ami, fit le Contarini en l’arrêtant d’un geste. Si nous voulons réussir, nous devrons faire preuve de tact, de respect et d'une bonne dose de charme. expliquait l’ambassadeur en parcourant le salon d’un air passionné avant de faire volte-face vers son acolyte. C'est pourquoi vous devrez me laisser parler, moi !

    -Je serais muet comme la tombe: je vous écoute. »

    Ainsi, après lui avoir exposé les détails exacts de son entreprise, les deux hommes s’échangèrent une poignée de main avec un sourire aussi diabolique qu’entendu en se donnant rendez-vous aux festivités données par Madame le surlendemain.

    ~~~~~~~

    C’est donc à la date prévue que Francesco se rendit, fier comme un paon, aux fêtes d’appartements données à Versailles. Une chance que la République de Venise n’est pas prit part au conflit qui opposait actuellement la France avec le reste de l’Europe. L’idée de partir au front répugnait Francesco, qui était bien plus à l’aise avec les affaires de cour ! C’est élégamment vêtu d’un habit bleu brodé d’argent et décoré de sa chaîne d’ambassadeur pendant à son cou que le vénitien entra d’un pas conquérant dans un salon noir des courtisans encore présents à la cour de France. A peine était-il rentré qui croisait déjà le regard de sa jolie victime/ennemie. Son air contrarié et ses regards noirs qu’elle lui lançait en disait long sur sa pensée. Francesco était ravi. Il saisit une coupe de champagne au passage d’un serviteur avec un plateau avant de chercher si son complice était déjà là. C’est alors que Sofia arriva comme une flèche dans son champ de vision en lui jetant sèchement au visage avec un sourire narquois :

    « Je vais finir par croire que j'attire les rats à force de te voir près de moi.

    -C’est toujours un plaisir de te voir », fit l’ambassadeur en levant sa coupe de champagne sur son passage.

    Il se délectait d’avance de ce qu’il réservait à cette idiote ! Après quelques minutes à saluer les uns et les autres il finit par voir arriver Morosini qui s’était habillé avec beaucoup de soin comme à son habitude. Le vénitien appréciait de travailler avec ce jeune lion car ils partageaient le même souci du détail. Les deux hommes se saluèrent brièvement avant de s’éloigner de quelques regards et oreilles trop indiscrètes (notamment Sofia qui n’était pas si loin).

    « Vous lui avez envoyé une missive galante comme convenu ? demanda le Contarini en laissant glisser son regard d’azur sur la foule.

    -Oui, acquiesça le libertin avec un sourire coquin. Je m’en suis chargé dès que je suis rentré à mon hôtel.

    -Y’a-t-il eu une quelconque réponse de sa part ?

    -Absolument rien, s’excusa Mario.

    -Au contraire, sourit Francesco. C’est le signe que vous l’avez au moins flatté, ce qui n’est pas rien : croyez-moi. »

    Ce plan serait un véritable succès. L’ambassadeur vénitien n’avait pas l’ombre d’un doute. C’est alors que le signore Morosini jeta à son compatriote italien un regard intrigué :

    « Dites-moi Votre Excellence : est-ce l’œuvre de quelques jalousies qui vous pousse à tourmenter cette femme ?

    -Oh ! s’exclama Francesco. Mais pour être jaloux, il faut être amoureux. Et ça, mon cher, j’en suis préservé depuis longtemps ! indiqua-t-il avant de donner une tape sur l’épaule de son complice. A présent c’est votre tour de rentrer en piste : faites-moi rêver, mon ami », ricana-t-il avant de boire une gorgée de champagne tout en observant au loin sa victime tomber dans son piège infâme.

    C’est avec l’habilité d’un fauve que Mario Morosini s’approcha de la Farnèse. Ils entamèrent la conversation. Les minutes, les heures et les verres d’alcool filèrent doucement. Et peu à peu, voilà que la jeune femme impitoyable se faisait de plus en plus biche aux airs égarés. Francesco jubilait tandis que la foule commençait à jaser sur les toutes nouvelles frasques de la princesse italienne. C’était parfait ! Restant bien à l’écart du reste de la fête, l’ambassadeur put aisément observer successivement l'avancée de Mario et les réactions des courtisans. C’est alors que Mario, après avoir passé une majeure partie de la soirée à faire boire la princesse, se retira discrètement du salon tout en lançant un clin d’œil à son complice vénitien. Plus que quelques minutes et Francesco pourrait donner la touche finale à son exquise vengeance. Scrutant la Farnèse d’un regard perçant, il put la voir quitter à son tour le salon d’un air bien trop léger pour être dans son état normal. Aaaah qu’il est bon de faire le mal, se dit le vénitien en se mêlant de nouveau à la foule.  

    Les courtisans riaient, jacassaient, parlaient de choses et d’autres… Mais Francesco leur réservait un nouveau sujet de conversation des plus délicieux. C’est ainsi que le Contarini prit la liberté de s’approcher d’un groupe de courtisanes qui avaient la réputation d’être de vraies commères. Il prit place près de l’une d’elle qui était occupée à écouter une autre conversation et il se pencha discrètement à son oreille. La bombe serait lâchée dans 3… 2… 1…

    « Avez-vous vue la princesse Farnèse entrée dans ce salon près de l’escalier d’Orléans ? Dieu sait ce qu’elle peut bien y faire ! » dit-il d'une voix outrée.

    Et sans même attendre une réaction de la cocotte, il se leva et disparut dans la foule. Il était temps de laisser la « magie de Versailles » opérer !  

    C’est donc à la vitesse d’une trainée de poudre que son murmure, le bruit, la rumeur, courrait à travers l’assemblée présente à la fête.

    Ainsi, dans un fantastique bourdonnement, un mouvement de foule des plus suspects se créa près de la porte par laquelle Sofia et Mario étaient disparuent quelques minutes plus tôt. Piqué par la curiosité et par l’amusement, le vénitien ne put s’empêcher de s’approcher et fendre la foule de courtisans qui semblaient s’entasser en file indienne jusqu’au fameux salon dans lequel devait se trouver le scandale du jour. Plus le Contarini avançait et plus il entendait des bribes de sa propre rumeur déformée par des versions successives. Il ne pouvait s’empêcher de rire face à tout ce capharnaüm et la folie, si importante, que cela avait entrainé. C’était une surprise de taille qui réjouissait Francesco. C’est alors que jouant une dernière fois des coudes avec les derniers courtisans qui lui barraient la route, il pût constater de l’ampleur du scandale qu’il avait lui-même orchestré. Son complice était si vile et pervers qu’il avait réalisé le coup de maître de choisir un salon avec… une porte vitrée. Toute la cour pouvait profiter du spectacle d’une princesse italienne complètement ivre dans les bras d’un homme, s’adonnant à des plaisirs lubriques. Les gens riaient, certains partaient pour aller chercher d’autres courtisans pour leur montrer le spectacle du soir tandis que d’autres en profitaient pour simplement regarder. La cour était si perverse !

    Francesco, plus enjoué que jamais, tourna le dos à la porte vitrée et quitta la soirée en laissant Sofia à son triste sort. La voilà toute occupée à son scandale, laissée en pâture à la cour française, si cruelle. Elle voulait le voir tomber ? Lui pouvait la faire descendre en enfer ! Ce que ne savait pas encore le vénitien c’est qu’il venait bien malgré lui de déplacer une pièce maitresse de son existence sur échiquier de la vie.


    TOPIC TERMINE

______________________


La modestie des orgueilleux est odieuse, insupportable.


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